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 Chroniques d'un être libre

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Ordolann Metnor

Novice dans l'Âme



Nombre de messages: 108
Age: 18
Date d'inscription: 21/06/2010

Personnage
Crédits: 200
Métier: Chasseur de primes, mercenaire, coursier, etc
Blessures: Légères

MessageSujet: Chroniques d'un être libre   Dim 25 Juil 2010 - 4:57

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{C'est aujourd'hui, il faut partir... Un message, une intuition? Toutes ces années d'exil récompensées... Coruscant, au centre de tout, elle m'y guide... maintenant.}
Ordolann rassembla en hâte ses effets personnels et quelques caisses de nourriture, jeta un dernier coup d'œil à sa chaumière spartiate où il avait vécu durant 14 longues années, et l'incendia, ne laissant aucun trace de son passage. Il se dirigea d'un pas résolu jusqu'à un bosquet voisin et s'arrêta devant un étrange monticule végétal. Se concentrant à l'extrême, il tendit ses bras devant lui, comme pour saisir quelque invisible objet, puis soudainement les leva au ciel. Le tumulus s'ébranla tout entier, et dans un bruissement de feuilles froissées et de branches cassées, s'écroula, découvrant une bâche moisie, rongée par la verdure. Attrapant l'une de ses extrémités, le Terellien tira d'un coup sec, faisant apparaître un antique CR-20 dans un majestueux mouvement de cape.
- Outfielder... vestige d'une époque révolue. Voltigeons à nouveau de concert, murmura-t-il en laissant glisser sa main le long de la coque tout en se dirigeant vers la soute d'embarquement.
Le transport quitta l'atmosphère, l'exilé enclencha l'hyperpropulseur. Il resta assis sur son siège, songeur, se laissant emporter par le déluge enivrant des lumières subspatiales et de ses pensées tortueuses... remontant le court du temps, retournant des années en arrière...

Trame:
- Arrivée sur Coruscant [Terminé]
- Rencontre explosive (Convoi impérial) [Terminé]
- Le siège de Bespin [En cours]
- Un ciel de guerre [En cours - absence du joueur]
- Nid I - Eagle Star One [En cours]
- Tri Nox Samoni [En cours]



I]Prime enfance, temps d'insouciance

La vie est un apprentissage, une amélioration de soi constante,
mais l'émotion, elle, n'est que le réconfort illusoire des faibles,
qui dans leur inepte irrationalité, pensent trouver un sens à la leur.


Les lumières de la ville tapissaient la plaine, telle une pâle imitation de la voûte céleste, apportant un quelconque réconfort et la sensation de sécurité à ceux qui, ce soir, dormaient seuls, sans chez soi.
Dans un terrain vague, en marge d'un quartier pauvre, voletait un essaim de lucioles, milliers de lampions gardant en échec l'obscurité angoissante. Leur ballet hypnotisant tenait en haleine son auditoire, un groupe d'enfants sans attache, sans avenir.

- Magique..., lança l'un d'eux, tel un cri du cœur. Car c'est de cela dont il s'agissait, de magie, de rêve... le bonheur qu'ils ne connaîtraient pas, la joie qui leur serait à jamais interdite... Simples rêves....


Le doux voile de la nuit s'éclipsa, laissant place à la déchirante lumière du jour.
Ordolann se réveilla, emmitouflé dans une couverture de fortune. Une nouvelle journée d'errance s'annonçait. Il devait approcher des 12 ans, mais il savait déjà voler... et survivre.

- Allez les gars, pas le temps de glandouiller, c'est l'heure de grailler!
- Les gars... parle pour toi, grogna une jeune Terellienne en se levant. A l'instar de quasiment tous les enfants du groupe, elle ne possédait qu'un surnom: Rubis, bientôt 14 ans, habillée comme une contrebandière: de chaussures renforcées, d'un pantalon découpé au niveau des genoux, d'une légère brassière "blanche" (ou du moins qui dût l'être autrefois), d'une petite veste de facture corrélienne à manches courtes s'arrêtant au dessus du nombril et d'un fin bandeau dans ses cheveux d'un rouge ardent, n'empêchant pas une mèche rebelle de lui retomber sur son charmant minois. Elle était en effet la seule fille de la bande et doté d'un certain magnétisme naturel.. presque animal. Tous les autres Terelliens du clan en était donc fatalement amoureux et suivaient ses moindres ordres à la lettre... sauf Ordo, ce qui avait le dont d'exaspérer la petite chipie et avait installé une certaine rivalité complice entre eux. Au fond, elle lui ressemblait tant, avide de liberté et d'indépendance.
- Qu'est-ce qui se passe Ordo? Encore tiraillé par ton estomac? fit un membre de la bande avant de manifester lui aussi sa faim à grand renfort de gargouillis, euh ouais bon... moi aussi du coup. Il s'agissait là de Buddy, doté d'une corpulence supérieure à celle de ses amis, il était le "pote déconneur et facile à vivre" par définition, ce qui lui avait valu son sobriquet.
- Bien parlé ça! A la bouffe! Entrait Ramos, "Ramos le vif", l'excité de la bande, toujours partant, toujours premier, jamais fatigué, aussi inépuisable qu'un droïde Gonk. Il n'avait même pas 11 ans, c'était le plus jeune d'entre eux.
La clique comptait aussi
Jug, à peine 13 ans mais déjà doté d'une carrure taillée dans le roc, Seneth, la quinzaine, un visage creusé par la fatigue, la drogue et la haine envers la société et étant l'un des rares Terelliens, à l'instar d'Ordolanna, à arborer des cheveux noirs.


La curieuse équipe partit déambuler dans les rues, à la recherche de nourriture ou autres bibelots à voler. Il faut dire qu'ils étaient passés maîtres dans l'art du larcin, chacun à sa manière. Si Rubis se chargeait de créer des scandales tous plus originaux les uns que les autres, Buddy se contentait de distraire les cibles pour qu'Ordo et Seneth puissent passer à l'action, Jug débarquait lorsque des problèmes se profilaient à l'horizon et Ramos quant à lui volait généralement plus... "ouvertement", comptant sur sa vivacité pour rapidement déserter les lieux. Mais tous étaient des Terelliens, dotés d'une agilité naturelle bien supérieure à celle des humains, tous étaient des chapardeurs nés.
Après s'être procurés de quoi se rassasier en traversant un marché des quartiers populaires, ils s'arrêtèrent devant un regroupement singulier, au détour d'une rue passagère mais peu fréquentée par les autorités. Ils se rapprochèrent avec curiosité, tout divertissement étant bon à prendre à cet âge-là. A mesure qu'ils se frayaient un chemin parmi la foule de badauds, des cris se faisaient entendre de plus en plus distinctement. Ils arrivèrent enfin en vue de la scène: une bande de voyous qui s'étaient fait connaître ces derniers jours saccageaient une épicerie célèbre dans ce quartier.

- Bon sang, ils s'en prennent même aux magasins des grandes rues maintenant! s'indigna Ramos. Le visage de Rubis s'était assombri, on pouvait y lire la rage qui bouillonnait en elle, le propriétaire était son ami, son mentor. Mais c'est celui du vieux Cab!
- Oui, affirma-t-elle, une colère contenue sensible dans sa voix. Cela inquiétait Ordolann, il savait à quel point elle était impulsive.
- Y a une porte dérobée ou quelque chose du genre dans ce magasin?
- Une sortie à l'arrière dans la ruelle et une trappe sur le toit. Il étudia la situation: deux malfrats gardaient l'entrée principale, il y avait aussi Cab et... il essaya d'écouter attentivement les voix, de visualiser la pièce, il ne parvenait qu'à entrevoir de vagues fluctuations d'énergie mais il distingua au moins trois ou quatre truands et plusieurs clients apeurés. Il rouvrit les yeux, il était dans les bras de son amie et de Seneth.
- T'as pu voir quelque chose?
- Oui, l'entrée secondaire n'est pas gardée mais ils sont un bon paquet là-dedans!, répondit-il, pantelant.
- Okay... bon mais préviens-nous la prochaine fois! Tu nous fais toujours le coup, on sait jamais c'qui t'arrive!, le houspilla-t-elle, même si pour lui cela trahissait surtout l'affection qu'elle portait à son égard.
- Si tu t'inquiètes tant pour moi, viens donc on va s'occuper d'eux, Seneth viens aussi, à trois on devrait s'en sortir. Jug, Buddy vous restez là et vous viendrez nous aider quand ces deux types rentreront dans le magasin. Ramos, t'es le plus rapide, si quoi que ce soit d'imprévu se produit, tu nous rattrapes pour nous mettre au jus! Tout le monde a saisi? Okay, alors on y v..
- Depuis quand tu donnes les ordres toi? le coupa-t-elle d'un ton manifestement offensé.
- Depuis quand tu t'y connais en plans? répondit-il désinvolte, un petit sourire amusé en coin.
La foule était bien trop dense et bruyante pour que leur petite équipée aient été repérée, il se glissèrent discrètement dans la ruelle arrière, et arrivèrent près de la porte, au moment même où celle-ci s'ouvrait.

- Attention! Les trois amis se cachèrent derrière une benne à ordures, mais le braqueur les avait entendu, il s'approcha avec suspicion. Rubis saisit un datapad brisé qui gisait sur le sol et l'envoya de l'autre côté de la venelle, dans un tas de détritus. Le bandit fut momentanément distrait par le bruit soudain, assez longtemps pour qu'Ordo se hisse sur la benne et y prenne appui puis bondisse tel un félin sur sa proie. La tête du Terellien frappa violemment le sol, l'assommant sur le coup.
- Un de moins.. mais les autres viendront sûrement voir pourquoi il ne revient pas.
- Alors on ne doit pas rester là. Entrons par la voie d'accès du toit, on peut passer par ces escalier de secours, fit-il en montrant le-dit escalier au-dessus. Ses deux compères opinèrent du chef, ils se préparaient à monter lorsque Ramos déboula dans la ruelle.
- Hé y a les chtars qui se ramènent les mecs!
- Bon ben.. on continue. Ram', dis-leur qu'on en a estourbi un et qu'on l'a planqué dans la benne là, et qu'ils surveillent l'entrée arrière! Nous on passe par le toit pour s'infiltrer en plein milieu pendant que les condés les encerclent!
- D'acc! Bonne chance! et il repartit aussi sec dans l'avenue pour prévenir les autorité, dont les sirènes se faisaient déjà entendre au loin.
Les trois enfants entreprirent de gravir la première échelle de l'escalier et entendirent le bruit de pas résonnant sur le métal, les malandrins tentaient de couper tout accès à l'épicerie et l'un d'entre eux remontait l'échelle rétractable du deuxième étage. Il entrevit Rubis en tête de file grimpant sur celle d'en dessous et attrapa immédiatement son fusil blaster en bandoulière, il n'eut cependant pas le temps de viser, les infiltrés passèrent immédiatement de l'autre côté de l'échelle, se retrouvant hors de son champ de vision.

- C'est du suicide, commenta Seneth d'un ton péremptoire.
- Non.. c'est du courage.. et un peu de folie, répondit Ordolann en lançant un regard lourd de sens à ses deux amis. Tandis qu'il laissait passer Rubis en-dessous de lui, leur regard se croisèrent, et ils n'eurent pas besoin d'y ajouter le moindre mot.
Ordo monta jusqu'à pouvoir toucher l'étage supérieur de l'escalier, il croisa ses jambes entre les barreaux, et s'étendit de tout son long vers l'extrémité extérieure de celui-ci, l'attrapant du bout des doigts. Il n'avait pas eu le temps de se préparer à affronter la mort, il ne s'était jamais entraîné au combat, il n'avait jamais eu de pistolaser pointé sur lui, il n'avait jamais eu à tuer, jamais eu à... Non. Il ne devait pas céder au doute, il devait faire confiance en ses capacités, il devait trouver la foi, la foi en cette force qui chaque fois lui permettait de se surpasser, cette puissance bouillonnante qui sommeillait en lui, cette énergie qu'il sentait sans pouvoir pleinement la libérer.
Et alors il en prit conscience, il pouvait... la sentir, il pouvait... percevoir cette vibration constante, ce flux illimité, tout autour... pendant quelques secondes, il ne fit plus qu'un avec cet océan illuminé, avec le Tout, il entra subitement dans un état de plénitude, d'exaltation totale, il eut l'impression de s'élever, à une vitesse fulgurante, de transcender toute chose... Puis brusquement, il revint dans cette ruelle, rouvrit les yeux, et retourna à sa condition de simple être vivant, pendu de façon grotesque à cette échelle...... Mais il avait appris, il avait compris, et maintenant il était prêt.
Tendant de nouveau ses mains et saisissant le rebord par dessous, il puisa dans cette énergie, lâcha l'échelle de ses jambes, y prit impulsion, et effectua un saut périlleux arrière grâce à cet état de conscience nouvellement acquis, se laissant couler dans ce bond majestueux sans se soucier de la gravité jusqu'à l'étage supérieur. Il y était presque, il le sentait, il sentait son adversaire, son étonnement, sa surprise, sa... peur... Et dans cet effroi, dans l'incompréhension de son ennemi devant son... pouvoir, il sentit la jubilation du prédateur, la jouissance suprême du maître, il se sentait tout-puissant, exalté, et cette confiance en lui, d'une implacable puissance, effaça la moindre parcelle de doute qui résistait encore en son sein. Il avait douté de lui, il avait compris qu'il était plus fort, et maintenant il savait qu'il était le meilleur d'entre eux. Il leva lentement la tête, croisa le regard du bandit terrifié, et esquissa un sourire... le sourire du tueur. Une phrase jailli en son esprit:

- Et tombent les anges de l'enfer... Il saisit le fusil, l'arracha avec une violence sans nom, déchirant sa large bandoulière de cuir, le fit tournoyer dans un ample mouvement avant d'asséner un coup de crosse à la cuisse de son adversaire. Puis au tibia, aux côtes droites, au menton, aux gauches, au torse, au front, dans un enchaînement méthodique, dans une grâce calculée, dans une froideur mortelle... Le Terellien s'écroula, Ordolann vérifia son pouls: il vivait. Un coup de blaster résonna dans les rues avoisinantes.

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- J'ai entendu du bruit à l'étage...
- Ben sûrement Hyve qui revient, ou des vermines qui grouillent dans le débarras du vieux débris.
- Ouais, et ce coup de blaster c'était quoi? Tu vas me dire qu'il s'amusait à tirer des mynocks peut-être?
- Mais il a peut-être tiré en coup si des flics se pointaient en bas pour les impressionner.. Boh... de toutes façons il a probablement remonté l'échelle de secours, même si y a du eu du grabuge, personne d'autre se ramènera d'en haut.
- Ils ont déjà eu Tev putain! Et c'était avant que les condés débarquent!! C'était pas une bonne idée cette opération, on était pas encore prêts pour ça!
- Raah mais la ferme Lurn! On le sais que t'es qu'un péteux, pas la peine de nous remettre au jus à chaque casse qu'on se coltine avec toi bordel!
Ordolann attendait depuis une petite minute déjà derrière la trappe de la remise. Le chef de la bande s'occupait de trouver la combinaison du coffre de Cab, celui-ci avait été assommé.. probablement par ce dernier, qui semblait des plus impulsifs. L'idiot... rater un casse en se laissant submerger par ses émotions... il avait ainsi perdu de précieuses minutes. Celui qui gardait les otage semblait plus calme et réfléchi que ses confrères, mais le plus dangereux était potentiellement celui qu'ils appelaient "Lurn", le garde de la porte secondaire. Angoissé, imprévisible, le plus prompt à mitrailler toute la pièce à coup de blaster au moindre bruit suspect, le plus prompt à répandre la confusion dans la salle cependant... mais les tirs perdus, ceux que l'on attend pas, sont les plus dangereux.
Il entra dans la salle, accroupi, le fond de la pièce regorgeait de cartons et emballages divers, idéaux pour couvrir sa présence. Lurn était à quelques pas devant lui, juste à gauche. Il chercha un objet, quelque chose à lancer.. un datapad! Décidément... Il le lança à sa droite, par dessus les rayons, ce dernier atterrit non-loin des otages. Le bandit apeuré se retourna, Ordolann espéra, celui-ci avança en direction du bruit, passant presque devant lui sans même le remarquer. L'infiltré s'approcha donc de lui, subrepticement, sa cible avait le fusil au bras. Il fallait le récupérer en une fraction de seconde... déstabiliser son opposant, il fallait de la rapidité, de la fulgurance, un choc! Il donna un coup de pied sous le canon, agrippa celui-ci lorsqu'il passa quasiment au-dessus de la tête de son possesseur, lui fit terminer son tour complet, et pressa la gâchette, carbonisant le dos du Terellien, le tuant sur le coup.
Une rapide roulade sur le côté tout en tirant une rafale et il atteignit le truand stoïque à la hanche et au bras droit.

- Arh MERDE! C'est mort les gars revenez on a besoin de vous on nous attaque!!! Les deux acolytes qui gardaient l'entrée principale, faisant face aux forces de sécurité dans l'attente, débarquèrent dans l'épicerie.
- Où?
- Là-bas au fond!
Ordolann renversa un rayon , qui en entraîna un autre dans sa chute, dans la confusion la plus totale, il envoya une salve et en reçut une autre en guise de réponse. Il avait pu astucieusement changer de position au nez et à la barbe de ses pisteurs. Ceux-ci se dirigèrent en effet vers le coin d'où étaient partis les tirs, ils ne savaient pas que leur futur meurtrier se trouvant dans la rangée d'en face, du moins jusqu'à ce qu'il les abatte dans le dos. Il se rapprocha de l'entrée, le chef était derrière le comptoir plus loin et à gauche, le braqueur blessé plus loin à droite, tenant les otages en respect avec son blaster qu'il portait maintenant de la main gauche.
- OH MER... furent ses derniers mots, ses trois tirs fébriles et maladroits passèrent à côté de sa cible, mais pas ceux de ce dernier. Il fallait maintenant déloger le dernier membre de la bande, retranché derrière son abri de fortune, terrifié par l'efficacité du tueur. Il n'eut qu'une idée pour se sortir de là:
- Eh mon gars, tu sais que si tu t'approches tu te feras dégommer... alors tu vas devoir rester là des plombes avant que je me décide à sortir ou que je me colle un tir dans la cafetière... Mais écoute, j'ai une proposition pour éviter ce genre de petit désagrément... un duel, réglo cela va de soit, à mains nues. Ça ira plus vite et ça sera sûrement plus amusant, hein tu crois pas?
- Réglo... Ordolann savait que son adversaire tricherait, quand il s'agit de sauver sa peau, les lâches ne s'embarrassent pas de fioritures telles l'honneur, mais il n'avait pas vraiment le choix.
- C'est d'accord, amène-toi qu'on en finisse.
- Une belle journée pour mourir, non? railla-t-il en jetant son pistolaser par terre.
- Tu vas faire silence pour l'éternité... autant t'y mettre tout-de-suite, rétorqua le jeune Terellien en faisant de même. Son rival éloigna l'arme d'un coup de pied, il l'imita.
Ils restèrent immobiles quelques instants, se jaugeant du regard, réfléchissant au moyen de se défaire mutuellement le plus rapidement possible. Soudain le chef de bande eut un sourire malsain, il sortit une vibrodague de sa manche. Un duel réglo.
Il disposait d'un avantage, il fallait compenser la balance. Aucune arme potentielle n'était assez proche... aucune...? Mis à part la plus dévastatrice de tout l'univers. Ordolann ferma les yeux, amplifia son empathie, se laissant aller tout entier à cette puissance qu'on ne pouvait que ressentir et entra progressivement en résonance avec cette vibration, cette pulsation universelle. Il perçut son ennemi, plus clairement que jamais, il ne le percevait plus seulement avec ses sens, mais à travers la Force.

- Je... je peux... te voir...? Frappé d'incompréhension, son adversaire, croyant être la cible d'une quelconque moquerie, se rua sur le nouvel adepte de la Force avec un sourd cri de rage, la lame parée à porter l'estoc final. Il arriva à portée, son bras fendit l'air, une infrangible poigne le saisit et, s'aidant de son élan, l'envoya valser au loin. Un duel réglo. Rien ne surpasse la Force, il ne s'agissait plus de savoir qui remporterait le combat désormais, mais en combien de temps. L'enfant ne se retourna même pas pour faire face à son ennemi, il n'en n'avait plus besoin, il avait de nouveau appris, il avait de nouveau compris, il atteignait maintenant un nouveau niveau de conscience. Se relevant avec difficulté, le dernier braqueur se rua derechef sur sa cible, amorçant une attaque verticale. Avec un calme déconcertant, Ordolann saisit son bras en pleine course, tel le chauve-faucon ses proies. Il le retourna, infligeant une douleur suffisant pour faire abandonner son arme à son adversaire, la récupérant de sa main droite libre en prise inversée, et la planta en plein cœur.
Ne daignant même pas jeter un dernier coup d'œil à sa victime, le tueur marcha droit vers l'entrée, devant laquelle s'étaient massés tout un groupe d'intervention et de nombreux landspeeders des forces de sécurité. Le jeune Terellien couvert de sang marcha lentement jusqu'au cordon de sécurité, à une dizaine de mètres de la porte d'entrée, sous le regard ahuri des forces de l'ordre. Ses amis, tous réunis dans l'attente, l'observèrent avec une lueur d'effroi dans le regard. Même Rubis semblait angoissée par cet être nouveau. Éreinté par ces recours à la Force répétés, Ordolann perdit connaissance, et seule son amie le rattrapa dans sa chute. Il lui lança un regard aimant et soulagé, mais celle-ci ne put retenir une larme qui perla sur sa joue azure. Était-ce parce qu'elle s'était fait du soucis pour sa vie... ou comprit-elle avoir perdu l'Ordo qu'elle connaissait?


{Quelque chose en moi s'était brisée, quelque chose en moi était née. Ou bien n'était-ce que l'enveloppe superficielle qui laissait enfin apparaître la froideur de mon cœur au grand jour...}

Spoiler:
 


Fiche de présentation ~ Chroniques et trame
Je n'ai ni maître ni servitude, si ce n'est la liberté.


Dernière édition par Ordolann Metnor le Sam 6 Nov 2010 - 16:12, édité 4 fois
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http://www.swor-jdr.com/9642-chroniques-recits-9642-f105/chroniques-d-un-etre-libre-t10114.htm
Ordolann Metnor

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MessageSujet: Re: Chroniques d'un être libre   Jeu 26 Aoû 2010 - 0:57

II]Fin de l'innocence, heure d'errance
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La liberté induit le sacrifice,
la liberté induit la souffrance,
la liberté induit le combat,
mais la liberté est l'aboutissement de l'être
qui grâce à elle transcende ses limites.

Une douce lumière filtre à travers une petite fenêtre donnant sur une ruelle. Un enfant est assis, bientôt indiscernable, entouré qu'il était de toutes ces piles d'hololivres sortis de leurs rayons. Cela faisait bientôt quatre ans qu'Ordolann étudiait. Lors du braquage de l'épicerie, il avait considérablement accru sa maîtrise de ce flux, dont il avait appris qu'il était appelé "la Force" par la majorité. Ce nouvel état de conscience avait insufflé en lui une soif de connaissance sans précédant, il passait depuis des jours entiers à cultiver ce lien, à lire, s'entraîner, méditer, apprendre, comprendre. Il l'avait toujours eu en lui, simplement fut-il bridé.
Mais cette volonté nouvelle fut dans un premier temps ternie, souillée comme il disait, par ce qu'il avait fait: cette révélation ne s'était pas présentée sans contrepartie. Il avait tué.. non, massacré six des braqueurs, sans sourciller, sans remord aucun. Cette pulsion de meurtre l'avait grandement tourmenté, il était devenu froid, amère, renfermé. Son amie, Ruby, ne pouvant le laisser sombrer ainsi, avait "enquêté" de son côté, auprès des services médicaux. Elle découvrit finalement que tous avaient survécu à leurs blessures: des décharges de blasters bridés pour la plupart, un coup de vibrodague qui avait évité de le cœur de sa victime d'à peine un centimètre pour le chef du groupe.

Mais même si ces criminels avaient survécu, Ordo le savait: il les avait tué. Le résultat était réconfortant, mais l'acte était sans appel. Savoir ces Terelliens sains et saufs ne l'avait finalement que peu apaisé. Mais le temps guérit toutes les blessures, et celle-ci, comme toute autre, fut oubliée, refoulée là où il n'irait pas la chercher.
- Hep! Ordo, elle arrive, planque-toi! Vite! La jeune stagiaire de la bibliothèque venait d'apparaître au détour du rayon, c'était elle qui avait appris à lire à l'enfant, émue par ce lascar des rues qui malgré tout s'intéressait à ces fontaines de savoir que sont les livres, tout en le cachant toutes ces années de la propriétaire des lieux (beaucoup moins enclin à laisser ce genre de vaurien s'approprier toute cette culture).
L'intéressé ne se fit pas prier et, rangeant l'hololivre qu'il tenait dans son sac à dos, ouvrît la fenêtre adjacente pour bondir sur le mur d'en face, s'agrippant à ses aspérités et l'escaladant jusqu'au toit. Enfin un endroit calme. Rafraîchi par une légère brise, adossé à une cheminée, il entreprît de terminer sa lecture dans la sérénité ambiante. Depuis quelques semaines déjà il avait commencé à rechercher tous les ouvrages traitant d'une aptitude relative à la Force qu'il avait éprouvée durant le braquage. Cette sorte de synergie qu'il avait vécu durant quelques secondes, cette osmose fugace, cette sensation de ne faire qu'un avec le Tout. Mais jusqu'à maintenant, en vain.
Il feuilleta l'écrit de part en part... une fois de plus sans résultat, mis à part quelques vagues récits anciens relatant une philosophie de la Force tombée dans l'oubli. Le Terellien posa l'hololivre et se mit en tailleur. Un nouvel échec, mais il ne perdait pas espoir. Il observa la mer de toits, s'étendant jusqu'à des kilomètres, mélancolique. Depuis bientôt un an sa mère se mourrait. Fille de joie, lâchée par son mac, elle n'avait plus aucun revenu, aucune épargne, plus rien pour se payer à manger ni pour acheter de quoi se soigner... et de quoi soigner les maladies relatives à sa profession. Celles-ci la tuaient à petit feu.

- Toujours dans tes bouquins.
- Salut Rub'.
- On t'a encore pas vu aujourd'hui... Voyant qu'Ordo ne lui adressait qu'un silence en guise de réponse, elle continua: tu comptes faire quelque chose ce soir?
- Rentrer... et m'occuper de ma mère.
- Hmm... ça te dit une p'tite course jusqu'à chez toi? Rubis faisait son possible pour lui remonter le moral, et il en était conscient. Il lui adressa un sourire amical qui laissait malgré ses efforts transparaître la profonde tristesse qui le rongeait.
Ils se levèrent d'un bond, s'étirèrent tels des athlètes et s'échangeant un regard complice, partirent comme de véritables torpilles à proton. Usant de la souplesse, de l'adresse et de la dextérité inhérente aux jango jumpers , ils volaient littéralement de toits en toits, multipliant les sauts de précision, sauts de bras et autres passe-murailles, escaladant les façade avec une redoutable efficacité, et une aisance ahurissante. Lorsqu'on est enfant des rues et Terellien, la course reste l'un des rares jeux n'impliquant pas larcin ou autre filouterie. Et encore aujourd'hui, alors qu'elle était devenue femme, Rubis affectionnait tout particulièrement ce passe-temps. Elle emplissait de son rire frais et pétillant cours intérieures, venelles et agora où celui-ci venait résonner, tel un panache de joie qu'elle répandrait sur son passage.


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Ils arrivèrent dans le quartier des taudis. Au moins s'agissait-il de véritables bâtisses en durabéton, et pas de plaques de métal et de bois plus ou moins assemblés.
- Tu... veux peut-être que je te laisse seul avec elle?
- Oui. Rubis.. je... Il voulait lui dire à quel point il était reconnaissant envers elle, pour tous les efforts qu'elle déployait, pour la bonne humeur qu'elle lui apportait, la tendresse dont elle faisait preuve et l'abnégation qu'elle éprouvait... pour lui. Mais il ne parvint qu'à lui dire simplement: t'es... comme une grande sœur pour moi Rub'. Elle eut un sourire ému et ce qu'Ordo pensait être une petite larme, ou bien n'était-ce qu'une poussière dans l'œil, et le prit dans ses bras en fermant les yeux. Prends soin d'elle... mais prends aussi soin de toi Ordo, murmura-t-elle à ses oreilles avant de reprendre sa course et de disparaître au coin de la rue.
Le sourire du jeune homme disparut, il se retourna et fit face à sa demeure. Anéanti, il entra avec résignation. Elle était là, étendue, livide, sur un tapis miteux, enveloppée dans ce qui se voulait être une couverture, mais qui évoquait plus un lambeau de tissu moisi. Un linge humide lui recouvrait le front, Ordo l'enleva, le trempa dans une bassine d'eau gardée au frais puis lui apposa de nouveau sur la tête. Agenouillé à ses côté, il lui tenait la main, prenant son pouls au passage: il était à peine perceptible. Il partit chercher un coussin, se posa en tailleur dessus, dos contre un mur, et veilla sa mère. Dans le silence, il fit taire son âme, ses maux et ses tourments, et laissa place au vide... un vide assourdissant... un vide terriblement angoissant. Mais il s'endormit.
Un rai de lumière filtra à travers le trou du mur, faisant office de fenêtre, le jeune homme se réveilla, allongé aux côtés de sa mère. Il se leva, plongea à nouveau la pièce de tissu mouillé dans la bassine et la déposa délicatement sur son front. Instinctivement il prit son pouls. Mais il ne sentait plus rien. Il eut l'impression de sombrer dans un gouffre sans fond, de s'effondrer de l'intérieur, comme si là où se trouvait son cœur ne subsistait plus qu'un insondable néant. Il ne sentait plus ses émotions, ses sentiments... il ne sentait plus rien. Il avait l'impression d'avoir été vidé de toutes ces chaînes qui le retenaient. Il se sentait... libre.


Le soleil de Terellia était à son zénith. Ordolann avait terminé son ouvrage. Un simple trou en guise de tombe dans la petite cour intérieure, c'était suffisant, et c'était tout ce qu'il pouvait offrir. Il n'avait pas même pu lui reparler, elle était partie sans faire de vagues, modeste et discrète, comme elle l'avait toujours été. Ce fut une rupture brutale. Tout comme lors du braquage: quelque chose en lui était mort, une autre naissait. Il descendit au fond de la fosse, tenant le corps sans vie entre ses bras. Il le déposa doucement sur le sol meuble, collant son front au sien. Une larme perla, lentement elle se décrocha et tomba sur l'œil clos de sa mère, puis glissa le long de sa joue. Il remonta et entreprît de reboucher la sépulture de fortune. L'ancien Ordolann était désormais mort, un nouvel être venait de s'éveiller. Un être libre.
La petite bande s'ennuyait ferme, perchée sur un toit. Seneth fumait son joint, comme à l'accoutumée. Tug, Ramos et Buddy sirotaient leur bière. Rubis quant à elle semblait absente, le regard perdu dans le vague. Elle mis quelques secondes pour se rendre compte qu'une silhouette approchait depuis le bâtiment d'en face.

- Hey les gars, c'est Ordo!
- Haa pas trop tôt! Ça fait des jours qu'on l'a pas vu! Leur ami avait une mine étrange. Encore plus fermée que d'habitude. Froide, mais brûlante d'une passion et d'une énergie nouvelles. Ils comprirent immédiatement, sauf peut-être Seneth qui planait actuellement loin au-dessus.
- Si vous voulez visiter sa tombe, je l'ai enterrée dans notre arrière-cour, là où j'ai planté une dalle gravée...Il marqua une pause, son regard était vide et inexpressif. Puis il reprit, lentement, comme s'il cherchait lui-même à comprendre ce qu'il disait: je... vais partir. J'ai déjà trop attendu... j'ai laissé des choses de... côté... Je... vais partir mais je dois les... les régler... seul. Vous avez tous été des amis formidables... et je le pense. Sincèrement. Je ne crois... pas que je vous reverrai mais sachez que... je ne vous oublierai... jamais. Il les serra tous dans ses bras, chacun tour à tour, Jug, Ramos, Buddy, Seneth (qui ne comprit pas vraiment ce qui se passait) et Rubis. Ils n'essayèrent et pas de le dissuader, ils le connaissaient et savaient que cela ne servirait à rien. Seule Rubis, au bord des larmes, lui cria: Mais.. mais où tu vas bordel?! Pourquoi tu nous as dis tout ça?! Qu'est-ce que tu vas faire?! Et elle ne put retenir plus longtemps le flot de détresse qui l'accablait, fondant en pleurs. Elle n'eut aucune réponse, Ordo se retourna, et partit.

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Un blaster DH-17 réglé en mode automatique à la main, le jeune Terellien sortit d'une ruelle malfamée, délesté de la quasi-totalité de ses économies. Le marché noir a l'avantage de fournir des armes introuvables autre part. Des armes jugées trop... efficaces. Assez puissante pour percer des plaques d'armure à courte distance, 500 tirs par munitions, il n'allait pas regretter son achat. Ne prenant même pas la peine de la dissimuler, il la glissa sous sa ceinture, n'ayant pas encore pu investir dans un holster. D'un pas résolu, il se dirigea vers la planque de Cod Norrad, l'ex-maquereau de sa défunte mère. Il n'était pas rongé par la vengeance, ce n'était pas la dernière chose à laquelle il se rattachait, contrairement à ce qu'aurait été la situation pour toute autre personne. Il avait toujours été différent, au-dessus de ce qu'éprouvait les autres, non... pour lui, il s'agissait simplement d'abréger les jours de ce type et... partir sans regret.
Il arriva devant la cachette du souteneur, trois Terelliens montaient la garde. Trois obstacles gênant.
Hey les lèche-culs! Ça a l'air de manquer d'action par ici? Si vous en avez marre de vous dorer la pilule aux frais d'la princesse, venez donc vous friter! A trois ça devrait être tout juste suffisant pour me divertir pendant un moment! Il faut avouer qu'il avait mis le paquet, et à sa grande satisfaction, obtint l'effet escompté: les trois gaillards s'amenèrent en ricanant. La meute habituelle de badauds commença à s'amonceler autour d'eux, formant un véritable petit ring de rue. "Que peut un gosse contre trois gros bras?" se demandaient-ils probablement. Mais ils faisaient erreur, la véritable question était: "Que peuvent trois gros bras contre un gosse aidé de la Force?" Et la réponse ne se fit pas attendre: le premier d'entre eux esquissa un crochet du gauche tandis que le second amorça un uppercut, le jeune homme n'eut qu'à saisir le bras de son premier assaillant et l'attirer vers lui: celui-ci subit le coup du second à sa place et s'écroula par terre, la respiration coupée. Ordo se mit en position de combat. Un direct, dévié, un second, contré: son agresseur se retrouva privé de ses bras, tous deux bloqués. Il tenta de lui asséner un puissant coup de crâne, mais son jeune adversaire leva le genou, le plaquant sur le torse et le coinçant à une distance juste suffisante pour être hors de portée. Effectuant un bon de Force, il passa au-dessus du malfrat, tenant toujours fermement ses membres antérieurs grâce à des clefs de bras, et ratterri dans son dos, lui brisant plusieurs os au niveau de l'épaule dans l'opération. Il se baissa promptement et esquiva un lourd direct du troisième garde, qui vint se planter en plein dans la colonne vertébrale du malfaiteur déjà désarticulé, lui arrachant un bref cri de douleur et le mettant hors combat.
Il fallait passer à la vitesse supérieure, ils restait encore deux adversaires en état de se battre. Il gratifia le premier assaillant qui tentait de se relever d'un franc coup de pied dans les mandibules, histoire de gagner assez de temps pour mettre le troisième hors course. Il savait que la Force permettait de frapper plus vite, plus fort, plus précis, mais cette énergie pouvait aussi sortir hors du corps. Il avait beaucoup de difficultés à s'en servir sur son environnement extérieur, mais il devait essayer: il se concentra uniquement sur son adversaire, le ressentant à travers la Force, décelant ses émotions, chacun de ses organes et ses.. pulsations cardiaques..? Oui! Une telle fragilité... un simple petit écrasement de Force allait suffire, il en était capable. Percevant son adversaire comme s'il l'était lui-même, il canalisa le flux autour de l'organe primordial et imprima de sévères pressions en parfaite opposition avec son rythme naturel, le stoppant au bout de quelques tentatives... et quelques hurlements de douleur. L'opposant s'écroula par terre en beuglant mollement, les bras crispés sur sa poitrine (évidemment la majorité des curieux présents ne comprirent pas de quoi il s'agissait et crurent simplement que le jeune garçon faisait preuve d'une chance insolente). Le dernier des combattants se relevait tout juste, le visage ensanglanté. Légèrement sonné, il tenta une attaque maladroite, facilement esquivée, ce à quoi Ordo répliqua par une petite frappe du plat de la main sur le plexus via laquelle il fit circuler un intense courant de Force, éjectant l'ennemi sur près de deux mètres. Trop secoué par le choc, le dernier garde perdit conscience. Le jeune homme eut un léger rictus et s'avança jusqu'à la porte de la planque: elle était ouverte, la voie était libre.


Le repaire de Cod ne consistait qu'en une antichambre précédant son bureau. Quatre gros bras sirotaient quelque boisson exotique ou feuilletaient divers magazines sans le moindre intérêt intellectuel. En même temps, ils n'étaient pas payés pour se cultiver. T'as un rendez-vous avec le patron pour être ici? fit l'un des mastars en se levant, l'air méfiant. J'crois pas avoir jamais vu ta gueule, et puis t'es encore qu'un môme?! Quel âge t'as?
- Un âge suffisant pour vous coller une raclée humiliante. Pensant infliger une bonne leçon à l'effronté, l'armoire ambulante attrapa une barre de duracier posée non loin de ces imposantes paluches et s'approcha, couvert par les gloussements de ses camarades. Il fit tournoyer son arme dans les airs et asséna un soudain coup vertical, aisément évité par une roulade de côté. Tout cela prenait trop de temps, Ordo dégaina son blaster et mitrailla transversalement la pièce, touchant trois des quatre vigiles. Près d'une vingtaine de salves étaient parties en l'espace d'à peine une seconde. Deux adversaires étaient tombés, l'autre n'était que blessé, dans un dernier baroud d'honneur, il prit appui sur un mur et bondit sur le jeune Terellien. Il fut fauché en plein vol par une seconde salve et se vautra au sol. Son sacrifice avait cependant permis au dernier de sortir une vibrodague et d'à son tour bondir sur son opposant. D'un ample coup de pied, il éjecta le DH-17 qui vola à l'autre bout de la pièce, et dans le même mouvement porta un estoc de sa lame qu'Ordolann ne put éviter.
La pointe de la lame toucha son front, une gouttelette de sang perla tout autour. Était-il mort? Il rouvrit les yeux, l'extrémité de l'arme avait tout juste atteint sa peau, il avait survécu? Son regard se posa sur ses mains: paumes contre paumes, elles tenaient en leur sein la lame, stoppée par la Force. Il avait arrêté une lame! Le bretteur était abasourdi, une vibrodague arrêtée à mains nues?
ON VA VOIR SI TU PEUX ARRÊTER CELLE-LA! éructa-t-il en la retirant, puis en frappant latéralement. Il avait pu bloquer une lame à mais nues, avec la Force il n'avait plus de limites il le savait. Se plongeant dans une concentration des plus intenses, il focalisa un maximum d'énergie autour de son avant-bras et l'amena sur la trajectoire de la lame. Mais ce ne fut qu'à l'ultime instant, juste avant que celle-ci n'atteigne son épiderme, que le danger déclencha chez lui un véritable électrochoc, libérant son potentiel. La vibrolame s'arrêta net. Ordo regarda son adversaire subjugué dans le blanc des yeux et, sans un mot, repoussa l'arme. Il effectua une rotation dans la continuité du mouvement et le frappa d'un souple coup de pied circulaire dans la tête. Ses adversaires étaient à terre, la porte du bureau avait été verrouillée par l'un des malandrins probablement lorsque l'escarmouche avait débuté. Il accumula le flux de Force dans sa jambe droite et frappa d'un coup direct, éclatant la serrure et l'un des gonds sous l'impact.
Personne... dommage, lui qui s'attendait à voir la face abasourdie de Cod. Il ne prit même pas la peine de chercher du regard un éventuel indice, il savait que ce ne serait qu'une simple perte de temps. Entrant en méditation légère, s'ajustant à la Force, il détecta divers résidus d'émotion... la colère... l'ennui... quelque chose.. dans le fond de la pièce... la peur.. l'excitation, le... mensonge? Il revint à l'état de conscience basique et s'approcha du mur, le palpa fébrilement... il ne trouvait pas. Augmentant son empathie au niveau des mains, il ressentit les émotions accumulées avec une précision accrue. Là quelque chose! Il appuya, un mécanisme s'activa, ponctué de cliquetis, et un pan du mur pivota sur le côté, laissant apparaître un sombre passage secret:
ce type a dû maté trop de films d'agents secrets, commenta-t-il. Il progressait lentement dans le tunnel, redoutant une quelconque embuscade. Cependant à mesure qu'il avançait, une musique entêtante.. aux accents sensuels et voluptueux se présentait à ses oreilles. Il arriva devant un mur et une petite poignée saillante sur le côté, il la tourna.

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Ordolann déboula finalement dans ce qui se trouvait être le bar-hôtel (aux services des plus.. "variés") connu sous le nom de la Twi'lek aventureuse. Un bar notoirement connu pour être sous la coupe de Cod, pas étonnant donc qu'il ait fait installer un passage dérobé jusqu'à son bureau. Il devait être dans les parages. Cette entrée avait au moins permis au jeune homme d'éviter le service de sécurité et de se faire remarquer une fois de plus. Il sortit d'une alcôve sombre qui débouchait dans la salle principale, dotée de nombreuses tables rondes et de banquettes de cuir rembourrées dans de petits renfoncements, le tout éclairé par des lumières rouges tamisées. L'endroit parfait pour un assassinat à vrai dire.
Il fit le vide en lui, recherchant Cod, se focalisant sur la signature émotionnelle qu'il avait senti dans le bureau. Là! Rouvrant les yeux, il se dirigea énergiquement vers sa cible, bousculant au passage les quelques clients qui n'eurent pas la riche idée de s'écarter de son chemin. Entiché de deux Twi'lek, le mac reconnut le fils d'une de ses ex-employées:
Hey Ordo! Quel bon vent t'amène mon petit? Attends.. me dis pas que t'as l'intention de me demander un job? J'ai justement une place de libre si tu v.. il s'interrompit en voyant le blaster pointé droit sur lui. Les deux beautés étouffèrent un cri. M-m-mais.. ooooh! c'est à cause de ta mère? A-a-attends on peut s'arranger je...
- Grâce à vous je suis libre. Il observa un instant la moue d'incompréhension et de profonde détresse de son interlocuteur. Et il fit feu. Le trait incandescent transperça son front et grilla une partie de la banquette derrière. N'exprimant pas la moindre émotion, le Terellien quitta le bar.

Un nouvel être était né, un être sans attache, un être pur, un être tout-puissant: un être libre. Du haut d'une navette de transport civil, il jeta un dernier regard à Terellia... une dernière pensée pour sa mère... et l'engin passa en hyperespace.
Sur la tombe était gravé ce simple épitaphe:
Disparue dans le silence pour que retentisse la voix de son fils.


Spoiler:
 


Fiche de présentation ~ Chroniques et trame
Je n'ai ni maître ni servitude, si ce n'est la liberté.
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http://www.swor-jdr.com/9642-chroniques-recits-9642-f105/chroniques-d-un-etre-libre-t10114.htm
 

Chroniques d'un être libre

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