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| | | [Chronique] Les Abîmes du Jedi | |
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Sid Kürto Novice

Nombre de messages: 204 Age: 20 Date d'inscription: 28/03/2011
Personnage Crédits: 2 758 600 Crédits Métier: Ancien Jedi Sentinelle, actuellement Jedi Noir Blessures: Aucunes
 | Sujet: [Chronique] Les Abîmes du Jedi Jeu 26 Jan - 3:33 | |
| [HS : Je fait des nouvelles chroniques. Sid a carrément changé de personnalité, les anciennes ne lui correspondent plus vraiment. Celles ci ne sont que la suite des anciennes ] Chapitre 1 : La Confusion Le Chevalier Jedi Irandar Bosta, plus généralement connu sous le nom de Sid Kürto, mû par un projet insensé, contacta la vaste organisation d’espionnage qu’est le Bothan Spynet. Sous sa demande, des informations furent trouvés concernant un important convoi impérial transportant une considérable cargaison d’Hollinium valant plusieurs millions de crédits… espérant ainsi détourner et dérober le vaisseau de ces biens. Bien que n’étant nullement intéressé par son propre profit, il comptait bien investir les éventuels bénéfices de cette mission dans la construction d’un futur Temple Jedi sur Ossus, où il serait aidé d’un vénérable Maître Jedi Mon Cal du nom de Mantell Qual. Comprenant les risques d’une telle mission, et que malgré son statut d’utilisateur de la Force il ne pourrait y réussir seul, il dut se résigner à faire également appel à des criminels endurcis et autres mercenaires pour mener à bien ce projet. Malheureusement pour eux, tout ne se passa pas exactement comme prévu… et le convoi impérial finit par s’écraser sur la planète de Christophsis, au beau milieu du désert. Les seuls survivants du crash furent les compagnons du Jedi et lui-même. Bien que miraculés, ils ne durent leur salut qu’à l’intervention d’une bande de pirate qui, moyennant une importante commission sur les biens retrouvés dans les décombres du vaisseau, les ramenèrent à la civilisation où ils purent se remettre sur pied… Seulement Sid n’était plus pareil. Le choc du crash de l’appareil avait enfoui profondément ses souvenirs tandis que ses émotions les plus obscurs, contrôlées depuis des années par sa discipline Jedi, remontaient soudainement et violemment à la surface, le rapprochant dangereusement du Côté Obscur … Le Chevalier Jedi autrefois si bon était désormais méconnaissable…
Six mois déjà que le crash a eut lieu, les six plus longs mois de ma vie mais surtout les plus enrichissants. Un minuscule appartement sur Fondor comme lieu d’habitation temporaire, un droide à la pointe de la technologie pour seul compagnon et un datapad dernier cri pour confident. Voilà en quelques mots ce qu’est désormais mon quotidien. Malgré tout, je suis loin de me plaindre au contraire. Ceci n’est que le début de mon long parcours, j’atteindrai un objectif qui me mènera lui même vers un but plus grand. Désormais je vois clair, je ne suis plus obstrué par des visions réfractaire appartenant à un passé aujourd’hui éteint, car devant mes yeux s’étalent cette vue magnifique, ce futur que je construirai de mes mains entachées du sang des martyrs et des meurtriers. Je vois avec précision mes objectifs et comment je dois y arriver… ce n’est pas par gaieté de cœur que je me tourne vers des solutions radicales pour parvenir à résoudre les obstacles auxquelles je serais confronté, mais la bataille dans laquelle je vais me plonger est insidieuse, longue et éprouvante ; où chaque tournant peut s’avérer comme le dernier, mes ennemis n’hésiteront aucunement à me faire payer de ma vie le coût de ma lutte… Il faut combattre le Mal par le Mal… et pour cela je n’ai pas le choix, je dois me plonger dans les abimes de la Force pour la maîtriser, la contrôler…
Quelques jours venaient de passer depuis l’accident. Le vaisseau que nous voulions détourner, mon équipe et moi, s’est crashé en beau milieu du désert de Christophsis. Pour dire vrai, vu la violence du choc, j’ai du mal à comprendre comment cela se fait-il que nous n’ayons pas été transformés en un petit tas sanguinolent. La seule explication que je vois à un tel miracle est que la Force nous a protégée. Elle avait un plan bien précis à notre égard… du moins devrais-je dire à mon égard. Ce fut la première fois, après des années d’errance, où la Force me fit un véritable signe. Mais je n’étais pas encore capable de le comprendre à ce moment là, et c’est pourquoi sans doute je perdis la mémoire. Incapable de me souvenirs de quoi que ce soit de mon ancienne vie, entouré par des gens que je ne reconnaissais plus, face à des pirates Weecquay qui en voulaient à mes biens, torturé par la douleur lancinante de ma jambe brisée et doté d’un pouvoir que je sentais au plus profond de moi mais dont, à l’époque, je ne parvenais pas à me rappeler la source… évidemment que j’étais confus, comment aurais-je pu l’être autrement ? Le Code Jedi, qui jusqu’alors avait rythmé ma vie, n’était plus là pour me soutenir, me laissant réellement seul avec moi-même. J’étais confronté, sans le savoir, à ma première épreuve : l’introspection.
J’étais pris d’excès de colère incontrôlable, surgissant avec une telle violence qu’elle envahissait mon corps tout entier. J’avais comme l’impression d’avoir une boule d’énergie de haine pure et de frustration au creux du ventre. La confusion permanente me faisait prendre conscience a quel point j’étais faible, tout en sachant que j’avais une puissance en moi qui ne demandait qu’à être exploitée. Car malgré mon amnésie, ma maîtrise de la Force était restée intact. A quoi j’explique cela ? Je pense que mes longues années de formation Jedi sont devenues comme une seconde nature. Tout comme l’apprentissage du langage, la manipulation de la Force est ancrée dans son utilisateur. Quand bien même les souvenirs s’effacent, elle, au contraire, ne le quittera jamais.
C’est ainsi, dans cet ouragan qu’était le conflit interne auquel je faisais face, que se déroula les premiers jours de ma nouvelle vie. J’avais passé plus d’une semaine avec mes compagnons dans le repère des pirates, qui en échange d’une importante commission sur les biens retrouvés dans les décombres du Galion Stellaire avaient promis soins et retour à la civilisation quand notre état ne nous le permettrait. J’avoue avoir été le premier étonné que ces hommes aient tenus leur paroles, même si je n’ai éprouvé aucun remord à essayer de les tuer en usant de la persuasion de Force sur l’un d’eux… histoire qu’il se retourne sur le reste de ses compères. Heureusement pour moi, nul n’ait pu deviner que je fus l’auteur de cet acte, bien que mes camarades, connaissant ma véritable identité, n’aient pas pu s’empêcher de me lancer quelques regards soupçonneux. Ces mêmes regards qui allèrent en s’amplifiant les jours suivants, et de la part de tous, y compris les Weecquays. Il semblait évident aux yeux du monde que je commençais à perdre la raison, mes sautes d’humeurs et mes grognements finissant par confirmer leurs pensées. Seul Burukt, l’agent humain sous le service du Bothan Spynet, daignait me parler. Je voyais bien à ces yeux qu’il était réellement inquiet pour moi, mais je n’avais cure de ses sentiments, trop préoccupé par me renfermer sur moi-même, essayant de sonder mon âme en quête d’un quelconque indice sur ma personne mais où je n’y trouvais qu’un gouffre béant.
A la fin de notre séjour, quand il s’avéra que nous étions remis sur pieds, les pirates ne se firent pas prier pour nous mettre dehors, nous conduisant le plus rapidement possible vers l’astroport le plus proche. C’était un lieu perdu dans un désert cristallin, à l’image même de la planète, situé non loin d’une minuscule ville moisie où les habitants ne pouvaient rien être d’autre que des vermines en quête d’exil ou des fermiers d’exploitations diverses.
A mon arrivée dans l’astroport, je me sentais déjà suffisamment agacé par le trajet et les reniflements incessants du larbin pirate qui nous servait de conducteur pour m’occuper des gens qui nous entouraient. C’est pourquoi je ne remarquai pas tout de suite cet alien Twi’lek a la peau verte qui me regardait comme si il voyait un mort revenir de l’au-delà. Sans avoir pu faire quoi que ce soit, l’individu me prit dans ses bras et me serra comme un acharné. Je cru comprendre à ce moment là qu’il s’agissait d’un signe d’affection, et seul ce qu’il me dit par la suite m’empêcha de le faire valdinguer à l’autre bout de l’astroport d’une poussée de Force : « Sid, mon ami ! T’es vivant ! Put… ! Je t’ai attendu en orbite de Tatooine pendant des heures avant d’entendre les informations sur l’Holonet… un convoi impérial écrasé sur Christophsis. Je suis venu aussi vite que j’ai pu et ce bled est le seul endroit habité au plus prés du lieu de l’accident ! Ca fait des jours que je suis là ! Mais alors quoi ! Parles, dis-moi ce qu’il y a eu ?! » Je regardais le Twi’lek dans les yeux, un sourcil levé signifiant à la fois mon regard interrogateur et mon agacement. Il parlait beaucoup… trop à vrai dire. Mais manifestement il semblerait que ce soit la seule personne dans cette galaxie qui ce soit soucié de ma disparition, aussitôt je compris qu’il devait être quelqu’un d’important pour moi. Avant même d’avoir pu lâcher un seul mot, le Twi’lek compris que quelque chose de mal s’était passé en moi.
« Je ne sais pas qui tu es, je n’ai plus aucun souvenirs. L’accident… le choc… » En quelques mots, je venais d’expliquer à ce qui était mon meilleur ami qu’il venait de disparaître de ma vie. Il me jeta un regard désemparé auquel je ne sus que répondre. La seule chose qui me trottait à l’esprit face à cet individu était que je n’avais que peu de chose a lui dire, sinon qu’il avait intérêt a me donner des explications au plus vite sous peine que je l’envoi balader. Fort heureusement je me suis retenu de faire le moindre commentaire, encore conscient que le Twi’lek était ma seule chance de retrouver mon passé. A l’heure d’aujourd’hui, je souris encore de savoir a quel point j’étais sur le point d’exploser et que ma rage n’était contenue que par les intérêts immédiats que je parvenais tout juste a voir. Heureusement aujourd’hui, j’ai appris à contrôler ses émotions jusqu’à alors réprimées par de longues années d’endoctrinement… mais soit, j’en parlerais bien plus tard.
L’homme aux lekkus m’emmena vers un vieux vaisseau YT-1300 dont les lettres écaillées sur le tas de ferraille formaient le mot « L’Ombre ». Le Twi’lek, se faisant appeler Jago Kr’ill, m’indiqua que le cargo n’était autre qu’à moi et que je lui en avais laissé les commandes pour le bien de la mission de détournement du convoi impérial. Jago était censé cueillir le commando avec les biens volés en orbite de Tatooine, et de là se faire la malle très loin pour échapper à l’Empire. Ce ne fut malheureusement jamais arrivés me dit-il, pour les raisons que l’on sait... Il me raconta alors comment nous nous étions rencontrés, lorsque je servais dans un équipage de contrebandier et qu’il en était le second du capitaine, comment il a découvert que j’étais en réalité un Jedi et encore bien d’autres anecdotes qui résument plus d’une dizaine d’années de notre vie. Je l’écoutais avec toute la patience dont je pus faire preuve, bien que la majorité de ses propos n’avait pour moi aussi peu de sens que l’hygiène n’en a pour un Jawa.
Et c’est comme ça, après de très rapides adieux à mes camarades de missions, que je partis avec mon compagnon retrouvé et quittait, non sans soulagement, cette planète qui avait vu naître celui que je suis désormais. Mon regard n’était tourné que vers l’avant, là où je pourrais découvrir et me rappeler ce que j’avais été … En un clin d’œil, nous étions entré dans l’hyperespace… le premier pas vers la Vérité venait d’être franchit…A suivre... |
|  | | Sid Kürto Novice

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 | Sujet: Re: [Chronique] Les Abîmes du Jedi Ven 27 Jan - 1:53 | |
| [HS : Ce sujet est bien plus centré sur la légère reconversion de Sid, de la retrouvaille de ses quelques souvenirs et surtout de son nouveau compagnon qui jouera un rôle fondamental dans le futur] Chapitre 2 : Juste quelques souvenirs… Cela faisait déjà plus d’un mois que je tournais en rond dans cet appartement sur Eriadu. Je me trouvais dans le spacieux logement de Jago, où la décoration à la mode et les divers appareils tous aussi cher que récent parsemaient les lieux, leur donnant un air aussi bourgeois que superficiel. Mais manifestement c’était le goût du luxe de Jago et je ne pouvais rien faire pour changer ça. Encore en quête de moi-même, j’étais plutôt d’humeur à me retrouver dans un lieu austère et vide à l’image de mon esprit d’alors, mais il fallait me contenter de ce que j’avais et je n’allais tout de même pas me plaindre d’être logé dans un confort plus qu’appréciable.
Ces dernières semaines, le Twi’lek m’avait emmené dans l’entreprise que nous avions fondés sous le nom de Droid Engeneering Corporation. Comme son nom l’indique, c’était évidemment une firme de production robotique. Le business était assez prospère et j’étais relativement étonné que cela ait été fait de mes mains, mais mon « ami » me rappela rapidement que je n’étais que le propriétaire et que je lui avais laissé toute la gérance de l’entreprise. Je pouvais percevoir une pointe de fierté dans sa voix qui m’indiquait, sans qu’il n’en soit réellement conscient, qu’il ne me laisserait pas m’attribuer les mérites d’actes qu’il avait lui-même accompli. Soit, me dit je, garde ton entreprise je n’ai nul besoin de cette bâtisse de production de ferrailles ambulantes. Au fur et à mesure de mes visites dans l’usine, de très légers souvenirs se manifestaient sous formes de flash : le nom de tel employé, une anecdote à tel endroit, ou simplement des sensations de déjà-vu. Ce genre de visions se manifestaient de plus en plus fréquemment, et ce pour à peu prés tout comme lorsque Jago me racontait notre passé commun. Bien que la plupart du temps je n’avais aucuns souvenirs de l’amas d’informations que me donnait le Twi’lek, il arrivait que par moment mon cerveau fasse un déclic et parvenait à se resituer la scène qu’il me décrivait a l’instant.
Mais malgré mes progrès constants, mon humeur ne changea pas le moins du monde. Au contraire, j’étais encore plus frustré. Jago me décrivait une personne que je ne reconnaissais pas, un inconnu à mes yeux qui me faisait dire que le Twi’lek ne pouvait soit que mentir ou exagérer ses dires à mon propos. Etais-je vraiment cet individu, ce Jedi exilé qui avait viré contrebandier par peur de lutter contre le pouvoir qui l’avait chassé de son statut ; ce même pouvoir qui avait supprimé les siens de façon impitoyable ? A ce moment là je n’avais éprouvé qu’un certain dégoût, une honte envers le lâche que j’avais pu être et dont le courage ne s’est manifesté que bien trop tard pour finir prématurément dans le crash de sa première mission… Ces pensées ne me calmèrent en rien et je ruminais ma honte et ma colère pendant plus d’un mois.
Jago ne put vraiment m’expliquer ce que j’avais fait pendant ma vie de Jedi, il me disait que c’était un sujet sur lequel je m’étais toujours avéré très discret et dont la seule évocation me murait dans un silence interminable, une certaine tristesse pouvant se lire dans mes yeux… Je m’étais empêché d’avoir un rictus lorsqu’il m’eut dit ça… si vraiment j’en avais été affecté ça aurait du être l’un de mes premiers souvenirs à me sauter à l’esprit…
Voyant que mon mine grognonne ne disparaissait pas et que j’étais toujours d’une humeur exécrable – chose que Jago voyait pour la première fois en moi- il m’emmena vers un atelier un peu reculé de l’usine, à l’écart du reste des lieux de productions. Il me dit que ce que j’y verrais me ferais « peut-être plaisir pour une fois ». Je ne relevais pas le ton quelque peu réprobateur du Twi’lek, me disant a moi-même qu’il pouvait aller se faire fourrer par un bantha si il n’était pas content de mon attitude.
Jago alluma les lumières du petit atelier dans lequel nous nous trouvions. L’éclairage n’était que très faible mais suffisant pour voir ce qui se passait tout autour de nous. Aux murs étaient accrochés plus d’une trentaine d’outils de diverses sortes, du plus petits tournevis à la scie électriques en passant par la soudeuse. Sur des étagères se trouvaient des têtes de droides, des photorécepteurs et quelques processeurs usagés. La pièce sentait le métal rouillé mais l’odeur ne m’incommodait pas trop.
Et pour cause, au centre de la pièce, sur une large table se trouvait un droide d’un modèle que je n’avais jamais vu. Un châssis en duracier incroyable, des articulations soignés à la perfection et des photorécepteurs dernier cri. Jago se tourna vers moi, un sourire aux lèvres face à mon regard vorace envers cette pépite de technologie. Il m’expliqua mais je n’en avais pas besoin… je ne sais pas comment je me l’explique mais à la simple vue du droide je me suis souvenu : c’était moi qui l’avait conçu. Il était une véritable merveille particulièrement tout terrain et doté d’un processeur heuristique très développé. Mais surtout, je l’avais conçu pour être une véritable machine de guerre, principalement basé sur les droides séparatiste EG-05, ces robots qui se battaient comme des Jedi.
Aussitôt je compris que Hege –tel était son nom- me serait indispensable dans l’avenir, sans savoir pour autant qu’il serait le compagnon et l’instrument de ma Quête Divine. Jago appuya sur le bouton qui servait à activer le droide. Au même moment où ses yeux robotiques me regardèrent, sa voix inhumaine s’éleva : « Créateur ? »
Je crois que je venais de ressentir à cet instant, et surtout pour cet être mécanique, ma première pointe d’affection depuis l’accident… |
|  | | Sid Kürto Novice

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 | Sujet: Re: [Chronique] Les Abîmes du Jedi Dim 19 Fév - 20:58 | |
| Chapitre 3 : La Révélation
Les semaines qui suivirent furent en grande partie composés de longues et rudes séances d'entraînement au sabre avec Hege, mon droide, et d'intenses méditations, espérant ainsi retrouver grâce à la Force quelques souvenirs de mon ancienne vie. Il sembla que cette méthode était un peu plus efficace que de simplement attendre la "Lumière Divine" qui éclairerait les zones d'ombres de ma mémoire endommagées. Au plus je me plongeais dans les tréfonds de mon propre esprit, au plus la Force en dissipait les brumes et me permettait même parfois de revivre carrément certaines scènes de ma vie de Jedi.
Je sais qu'en tant que Jedi je ne devrais pas dire ça, mais si je n'avais pas été si en colère à ce moment là... si je n'avais pas été si apeuré de me retrouver sans identité, de voir dans la glace un homme que je connaissais pas, je n'aurais sans doute pas pu faire preuve d'une manipulation de la Force aussi habile. Les Jedi avaient tort, le Côté dit Obscur de la Force ne corrompt pas forcément, si l'utilisateur en a la détermination nécessaire... en fait, l'Ordre s'est privé d'une source de pouvoir inestimable pendant des millénaires, ne se rendant pas compte que l'essentiel de leur apprentissage ne devait pas se faire dans la répression des émotions mais bien dans leur contrôle parfait... bien qu'ils eussent affirmer que c'était ce qu'ils faisaient ... Je me targue aujourd'hui de pouvoir utiliser mes sentiments pour accroître ma maîtrise de la Force, et ce de façon impeccable pour la seule raison que mes objectifs sont ce qui empêche ma colère d'être hors de contrôle. J'utilise mes émotions non dans un but mauvais, mais pour le bien commun. Il est vrai par contre que j'utilise des moyens peu conventionnelles... pour ne dire à l'opposé de ce que la Doctrine Jedi m'a inculqué. Mais j'ai compris pendant ma convalescence qu'il faut parfois combattre le Mal par le Mal, et que certains dommages, bien que malheureux, sont nécessaire pour parvenir à un plus grand Bien... Mais soit, je parle trop, tout ceci ne viendra que dans la suite de mon récit.
Je disais donc que peu à peu, grâce à la Force, je retrouvais ma mémoire perdue. C'est avec une certaine joie que j'accueillis mes progrès, première réelle émotion positive après mes retrouvailles avec Hege. Mais ce "nouvel" amas d'informations apportait avec lui également des souvenirs que je n'aurais sans doute jamais voulu revivre. C'est ainsi que, pour la deuxième fois, je revécût lors de mes méditations la terrible scène qui perturba ma vie a jamais : La Chute du Temple Jedi, mon maître Zabrak Baruul Zirko, que je considérait presque comme un père, à genoux et une large tâche de sang colorant sa tunique au niveau du ventre. Puis il tomba, face contre terre, tandis que mes yeux se relevaient pour regarder le meurtrier de mon Maître : Anakin Skywalker, l'actuelle et sinistre Dark Vador...
Ma méditation se finit dans les larmes de rage et de tristesse, et il ne me fallut à peine quelques secondes pour saccager entièrement la chambre dans laquelle je me trouvais. Mes phalanges furent rapidement brisées à force de marteler à coup de poing rageurs le mur que j'avais en face de moi, hurlant un cri venu du tréfonds de mon âme comme si un millier de démons me torturaient de la façon la plus brutale qui soit. Quelques minutes plus tard, je fut maîtrisé par je-ne-sais-qui et je sombra dans l'inconscience.
A mon réveil, dans une chambre d'hopital d'Eriadu, je retrouvait mon fidèle droide Hege et mon ami Jago Kr'ill. Tout deux étaient silencieux et attendait patiemment que je me réveille. Malgré mes yeux ouverts, ils n'avaient pas encore remarqué que j'avais repris conscience. Je jeta un bref coup d'oeil à mes mains, couvertes de bandages, puis leva les yeux au plafond, pensif. Je voulais profiter encore des quelques secondes de calme avant de signaler mon réveil...
La Galaxie entière était sous les ordres d'un pouvoir répressif et totalitaire, tuant sans vergogne des milliers d'innocents dans le seul but d'accroître le pouvoir d'une Impératrice mégalomane. C'était aussi dans cet objectif là que l'Empire avait réprimé la liberté d'expression, dans cet objectif là que tout les Jedi étaient mort afin de ne plus avoir aucune résistance à la puissance de l'Impératrice ... Les Jedi...
Le problème des Jedi est qu'ils étaient emplis des meilleurs intentions du monde, voulant faire le bien et défendant la veuve et l'orphelin... mais ils étaient naifs. Ils étaient devenus les simples marionnettes d'une République Corrompue, se prenant pour des Généraux de guerre alors que ce n'étaient pas la leur place. L'Ordre Jedi n'aurait jamais du être aussi intimement lié à la République, et surtout n'aurais jamais du servir d'arme pour elle... Et au final, tout cela pour quoi ? Pour voir l'avènement d'un Empire résultant de la machination d'un esprit diabolique qu'était la personne de Palpatine, aussi appelés Darth Sidious. Encore une fois, les utilisateurs de la Force avaient mis la Galaxie à feu et à sang... Peut-être qu'au final, la Force ne devait être connue et manipulée que par une seule personne. Un individu ayant la tête sur les épaules et n'ayant pour seul envie que le bien de la Galaxie, de ses sujets... qui ne succomberait ni à la Doctrine Jedi et à sa faiblesse, ni à l'individualisme brutale des Sith tout en ayant les avantages des deux... et cette personne ce serait ...
"Sid ! Tu es réveillé ! Enfin ! Je me faisais du soucis pour toi et ..."
Je lançais un regard vers Jago tandis qu'un énorme sourire vint à mes lèvres. Je compris à ses yeux qu'il avait l'impression que j'étais redevenu moi même, le Sid que j'avais été... mais non, je ne souriais pas pour lui, je souriais parce que désormais je savais ce que je devais faire, et j'avais un but dans la vie. |
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