L'Astre Tyran

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By Ranath
#31460
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    Comtesse


    De la maison, il ne restait que des cendres volatiles. Le feu avait tout dévoré, absolument tout. Les poutres de bois, les cloisons de plâtre, le mobilier, la décoration, les indésirables. De leur corps, il ne restait pas même les os ni les dents. Cette seule pensée procura à Isabo un frisson d’effroi. Depuis le portail de fer noir, elle observait le personnel du muséum extraire les oeuvres de la galerie. Cette annexe de la maison avait survécu à l’incendie grâce à la redondance des systèmes de sécurité. Les flammes obscures avaient bien tenté d’y entrer, mais l’épaisseur des murs, les vitres coupe-feu ignifugées, le revêtement inert de la toiture, et la présence du gaz incombustible, plaçant ainsi en surpression la galerie chérie, avaient repoussé les intruses. Quand les soldats du feu avaient tiré la porte du bâtiment, ils avaient découvert un environnement hostile, tout aussi mortel que le feu, et un extraordinaire entassement de sculptures, de peintures, de vases et de bijoux. Daerenth était un fou.

      « Tu pourrais garder tout ça. »

    D’un hochement de tête négatif, la rouquine répondit silencieusement à la suggestion de son amie arrivée la veille sur Dargul. Après sa mésaventure sur Ziost, Mya n’avait pas tardé à reprendre contact avec Isabo. Certaines choses se devaient d’être dites et entendues. L’Humaine avait accepté les explications, posant parfois des questions. Ce qui lui importait réellement, était d’avoir retrouvé Mya, et son empreinte dans la Force ne mentait pas. Même si la Mirialan avait radicalement changé, elle était de nouveau elle-même. Le reste n’avait pas vraiment d’intérêt. Et quand s’était posé la question d’Helera, Isabo avait haussé les épaules. Je ne sais pas.

    La rouquine traversa le jardin pour jeter un oeil à l’inventaire qui s’étalait sur des centaines de lignes. L’huissier les faisait lentement défiler à mesure qu’on sortait les pièces d’art et qu’on les emballait dans les caisses de transport. L’homme s’intéressa un instant à la propriétaire des lieux.

      « Il y en a pour des millions … C’est un geste généreux. »

    La jeune femme lui offrit un triste sourire. Elle ne voulait plus de tout ça. Cette collection était un boulet qu’elle trainait depuis des années. À quoi bon s’accrocher à toutes ces antiquités, son grand-père y avait déjà dédié toute une vie, c’était bien assez. Le muséum de la Principauté en ferait bien meilleur usage, c’était certain. Isabo fit demi tour, invitant Mya à la suivre.

      « J’ai rendez-vous au palais, tu m’accompagnes ? »

    Un signe positif, les deux femmes quittèrent le jardin abandonné. La rouquine avait loué les services d’un taxi qui se présenta à l’heure. En voyant arriver le speeder, la gamine tenta un trait d’humour.

      « Pas de cargo cette fois. »

    Pour seule réponse, elle obtint une moue désapprobatrice.




    Le palais, construit sur l’une des collines de la ville, toisait la capitale de sa hauteur. La place qu'il surplombait était noire de monde. Une foule hétérogène et sans discipline qui se mouvait sans règle au gré des envies individuelles. Le peuple était cordialement invité à éprouver l’élégance et le raffinement des moulures de la blanche façade. Point d’intérêt touristique que le duo féminin n’aperçut même pas. En effet, le taxi déposa ses clientes à quelques pas de l'entrée administrative, devant laquelle s’étirait une longue file de plaignants. Isabo s’identifia auprès du représentant de la sécurité et on la fit entrer sans patienter.

    Dans la salle d’attente du secrétariat principal, Isabo trépignait. Les minutes s’écoulaient lentement et l'heure du rendez-vous était déjà depuis longtemps dépassée. Finalement, on vint la chercher, elle seule, sans son accompagnant. Mya attendit une longue heure, réfléchissant au déroulement prochain de ses affaires. Les choses s’avéraient plus complexes qu’elle ne l'aurait cru et il lui faudrait des mois encore pour mettre la main sur l’objet de ses désirs. Un soupir discret, cette pensée la travaillait jour et nuit. La rouquine revint finalement, l'air fatigué. Elle expliqua rapidement que son entrevue avec la Princesse s'était réduit à un entretien avec le secrétaire de la Princesse. Il ne fallait pas rêver, la demoiselle n'avait pas que ça à faire. Mais au moins, Isabo avait, pour sa grande générosité, obtenu quelque récompense. Elle l’agitait désormais sous le nez de la Mirialan.

    Pour son estimable don à la Principauté de Dargul,
    Mademoiselle Isabo Daerenth
    reçoit en ce jour l’honorable titre de
    Comtesse et Protectrice des Arts Darguléens.


    Suivait tout un tas de documents variés, des certificats, des reconnaissances, et un acte de propriété. Un manoir, dans un quartier côté, pas tout à fait chic, mais plaisant et au cachet indéniable. La petite Daerenth, en se débarrassant de son fardeau, en avait gagné un autre, bien plus reluisant à ses yeux, et qui lui accorderait tout le loisir de mener à bien son projet.
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By Destin
#31467
L'ensemble des oeuvres qui avaient vu leur existence frappée dans le temps n'avaient pas toutes eues le loisir de réchapper à la faim dévorante des langues sanguines qui avaient léché les mélanges acryliques et mordu les pigments, transformant en croûtes sèches et roussis ce qui autrefois avait fait l'objet d'un barbouillage calculé d'un obscur maître créateur. Mais ce qui avait subsisté s'éparpillait maintenant entre deux collections dans deux musées d'arts de Dargul, en plein centre de Dargul City et dans sa périphérie immédiate. En récompense additionnelle, on nomma une aile secondaire du musée secondaire au nom du défunt grand-père de la donatrice de l'instant. Une plaque de cuivre fut même apposée sur le "Mur d'Honneur" du musée principal, histoire que le nom de la belle soit immortalisé au milieu d'un millier d'autres donateurs, dont la féerie de noms allaient planter un clou plus certain encore dans leur anonymat.

Au moins le manoir n'était-il pas fait de toc. De facture moderniste, l'édifice se dressait sur un assemblage en double-couche de briques brunes, les joints refait à la chaux hydraulique teintée d'ocre. Si la profondeur et la longueur n'en donnaient pas large, la hauteur, elle, admettait une dizaine de pièces situées sur 3 étages, sans compter la cave qui s'étendait sur deux niveaux. Un décès sans héritier avait-on expliqué. Sans réclamation, l'édifice était passé au domaine municipal deux ans après l'heure du décès d'un vieil homme amateur de grands crûs. Qui étaient restés en place. Isabo héritant d'une autre fortune qui aurait pu se négocier à bon prix en milieu oenologue.

Les meubles sentaient bon la naphtaline et le bois wookiee, aux couleurs claires et aux nervures saillantes, les courbes harmonieuses construisant une harmonie végétale dans l'ensemble mobilier, alliant parfois quelques parties travaillées en cuivre où se déposait un ver-de-gris artificiel décoratif. Libre à la rousse de refaire la déco si elle le voulait.

Pour l'heure, elle était propriétaire d'un manoir de 130m² habitables, plus une cave de 60m² pleine de 287 bouteilles format standard, 6 magnums et 1 Nabuchonodosor, de tout le mobilier nécessaire, et d'un titre de noblesse très honorifique. A noter que la taxe foncière restait à sa charge.

Gain des SWOR Awards validé. Félicitations !
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By Ranath
#31796


    Isabo, pièce après pièce, explorait le manoir. Son manoir. Mya, à pas plus lents, accompagnait le mouvement. Parfois la rouquine revenait en arrière pour jeter un coup d'oeil par la porte et constatait que son amie traînait. Après le quatrième retour sur ses pas, Isabo interrompit la visite.

      « À quoi penses-tu ? »

    Elle n'obtint pour réponse qu'un vague haussement d’épaule. Le regard de la Mirialan se posa enfin sur l’Humaine.

      « Que vas-tu faire maintenant ? »

    Isabo aurait volontiers rendu la monnaie de sa pièce à la cachotière, mais elle était en vérité trop pressée d’exposer ses projets. Aussi attira t-elle son amie jusqu'à un couple de fauteuils aux ressorts fatigués pour entamer la discussion.

      « Je vais ouvrir une galerie. »

    Un sourire radieux, des étoiles plein les yeux. Mais son interlocutrice restait de marbre, attendant la suite.

      « Je vais évaluer et vendre les oeuvres des autres. J'ai suffisamment d’expérience dans le domaine. Je peux couvrir la peinture, la sculpture, le dessin holo et peut-être même certaines antiquités … Dargul est un environnement propice à l’épanouissement de ce genre d’activité. »

    Un silence. Cette fois Isabo exprima son désir de réponse par un haussement de sourcil.

      « Tu n’en as pas marre de tout ça ? »

    Voilà, elle était contrariée. La rouquine bondit sur ses pieds.

      « Et toi ? Quand est ce que tu décroches un peu ? »

    Comme un arrêt soudain à la dispute naissante, Mya leva ses deux paumes à hauteur d’épaules. Dans un mouvement continu, elle quitta son siège et s'éloigna, regagnant la terrasse qu’elles avaient déjà visitée. Loin de la tempête qui faisait silencieusement rage dans le petit salon, la Sith s’appuya de ses deux coudes sur la balustrade de pierre blanche. À quoi pensait-elle ? Il y avait un peu de tout. Passé. Avenir. Des projets. Des visages. Celui de Sabina supplantait les autres. Sa vision lui évoquait une peine diffuse, teintée d'une pointe de peur.

    De son combat sur Ziost, Darth Ranath avait gardé des souvenirs. La chute de son apprentie, et sa mort violente, était de ceux qu'elle n'était pas prête d’oublier. Il induisait de nombreuses questions auxquelles la Force n’apportait aucune réponse. Et plus le rêve se répétait, plus son émotion grandissait. Sabina, en son coeur, occupait une place de plus en plus importante. À regret, Mya constatait la chose, car Darth Varadesh semblait se garder d’éprouver une telle affection pour son maître. À qui jeter la pierre ? La réflexion, sur le pourquoi et le comment, n'était, elle, que source de nouveaux regrets. Le Général Koress en tête de liste. Aussi Mya s’abîmait-elle en un tourbillon de reproches et de remords. La douce caresse de la pensée d’Isabo stoppa la chute.

      « Je suis désolée. »

    La Mirialan pivota vers l’arrivante, s’adossant alors à la balustrade.

      « Je m’inquiète, simplement. »

    La gamine semblait hésiter.

      « Tu n’as pas l’air en forme, et puis … tu ne dors pas beaucoup. »

    La rouquine était curieuse, et l’inquiétude la poussait parfois à abuser de son don. Il était facile pour elle de différencier un esprit éveillé d’un esprit endormi, même quand un mur de béton lui faisait obstacle, même quand on s’entêtait à dresser contre elle des barrières supposées infranchissables. Elle trouvait toujours un chemin, et sans se faire repérer, s’approchait, comme un songe, disparu aussi vite qu’un courant d’air. Mya lui avait appris à développer cette sensibilité, à la maîtriser au mieux. Désormais, Isabo savait se rendre invisible, percevoir une émotion mal camouflée, une insomnie, une fatigue de longue date.

    La Sith se redressa. Sa main balaya soudainement l’air devant elle.

      « p#&!n, Isabo, qu’est ce que ça peut te foutre ?! »
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By Ranath
#32035
    Le silence s’abattit sur le duo. L'orage laissa place à une douce mélancolie. Isabo se laissa aller à pleurnicher, sous le regard incrédule de la Sith qui n'en revenait pas de la voir jouer ainsi ce numéro.

      « Ça me fout que tu es ma seule famille maintenant. »

    Le chagrin se mua en lourds sanglots. Mya se détacha de la balustrade pour rejoindre la Comtesse, qui pleurait comme une enfant. Elle l’enlaça de ses bras afin de faire taire les couinements disgracieux qu'était capable de produire ce petit animal.

      « Pardonne moi. »

    Très vite, la source se tarit. La rouquine, lentement, acquiesça d'un signe de tête. Je te pardonne.

      « Je vais rester ici un moment, j'ai besoin de repos. »

    Un autre hochement positif. Isabo respirait à nouveau calmement. Mya s’écarta pour poser les mains sur les épaules de la gamine.

      « On a une visite à terminer. Ensuite, on pourra dire que tu es officiellement propriétaire des lieux. »

    La Sith dirigea l’Humaine jusqu’à la pièce où s'était arrêtée la visite. Isabo reprit là où elle s'était arrêtée. Avec cependant une certaine timidité. La Mirialan, à son côté, suivait en silence, confortant la rouquine de sourires bienveillants.




    Cette nuit là était noire comme l'encre. Isabo avait difficilement trouvé le sommeil. L’Ombre rôdait toujours dans les parages lorsque venait le soir et qu'elle fermait les yeux. Elle rêvait alors de l’obscurité qui s’était abattue et des flammes brunes qui avaient dévoré sa maison. Cette fois cependant, les cauchemars étaient plus lointains. Mya veillait, assise dans un grand fauteuil, de l’autre côté de la chambre. Après deux réveils en sursaut, elle avait accepté de venir guetter les rats malfaisants. Maintenant que la gamine ronronnait, elle se laissait aller à songer.

    Une illusion.

    Darth Ranath tendit la main devant elle. La lumière nocturne qui filtrait par la fenêtre donnait un air blême à l’émeraude de sa peau. Sur cette main étaient autrefois tracés de fins tatouages, sombres arabesques entrelacées. La chair viride en était désormais vierge. Pour l’encrer de nouveau, la Mirialan devait se munir d'un petit pinceau, piquer dans le pot donné par Amyelle et dessiner elle-même les formes souhaitées. Elle s’aventurait rarement en de complexes courbes, préférant les géométries simples et traditionnelles susceptibles de donner à son visage un air de quelqu'un d'autre.

    Tandis qu'elle observait cette main, Darth Ranath songeait tatouages qui aujourd'hui lui auraient fait plaisir. En sa pensée, elle les visualisait, tout d'abord vaguement, puis avec de plus en plus de précision. Pourquoi pas … Projeter l'image, de la pensée vers le support. La Mirialan imaginait l’encre en bribes plaquées sur sa peau. Elle faisait courir le trait invisible sur le dos de sa main avec une telle conviction qu'elle crut apercevoir une ombre se mouvoir entre le majeur et l'index. La Sith ne se laissa pas distraire, persistant dans l’exercice mental, extrayant de sa pensée les détails les plus signifiants. L’ombre timide s'intensifia jusqu’à devenir un trait grisâtre dont la forme rappelait une virgule tremblante. Sa pointe glissa vers le poignet, puis se dédoubla pour remonter vers les phalanges. Ranath se rendit alors compte que le début du trait avait déjà disparu et qu'il lui était impossible de maintenir les deux branches en même temps. Sitôt qu'elle se concentrait sur l'une, l’autre s'estompait. En outre, tout ceci ressemblait davantage à un gribouilli d'enfant qu'au dessin d’un artiste de Mirial.

      « Tu ne dors pas ? »

    Ranath releva la tête. Isabo était réveillée.

      « Si je dors, je ne peux pas surveiller. »

    Après la remarque, le silence s’installa. La Mirialan préféra le chasser rapidement.

      « Quelque chose ne va pas ?
      Non, non, ça va … »

    La phrase demeurait en suspens, comme incomplète. La rouquine retenait une question. La Mirialan s’extirpa sans précipitation du fauteuil dans lequel elle était installée et se posta au chevet de la gamine.

      « Dis moi. »

    Un haussement d'épaules.

      « Je … j'aimerais bien apprendre. »

    Un haussement de sourcil.

      « Apprendre quoi ?
      Bah …
      Oh. »

    Isabo leva le nez vers la Sith, des étoiles plein les yeux.

      « Non. »

    Volte-face et retour au fauteuil.

      « Pourquoi ? »

    La Mirialan, désormais, était contrariée. Et bien qu'on ne put le constater dans l’obscurité de la pièce, l’Humaine le ressentait par le biais de la Force.

      « Ce que tu sais faire est déjà bien suffisant. Tu n'as pas besoin davantage d’emmerdes.
      Ce n'est pas à toi d'en décider.
      Si. Puisque c'est moi qui vient te tirer d'affaire quand il y a un problème, c'est moi qui décide ce genre de choses.
      Tant pis. Je demanderai à quelqu'un d'autre. »

    Ranath laissa échapper un soupir dédaigneux.

      « Si tu t'imagines qu'elle va … »


    Elle déchanta très vite, comprenant que l’allusion ne concernait pas Helera.

      « Non. »

    Le deuxième round avait commencé.

      « Tu ne peux pas m'en empêcher. Tu n'as pas le droit.
      En tant que seule famille qui te reste, et unique membre mature de celle-ci, je te l’interdis.
      Tu m'avais dit que … »

    Voilà qu'elle pleurnichait de nouveau.

      « Ça suffit. Je t'ai dit que je voulais bien le chercher. Pas te confier à lui pour on ne sait quelle abjection. »

    Isabo était en train de glisser doucement vers un grand n'importe quoi. Elle avait des idées toutes plus stupides les unes que les autres. Des projets très concrets, et d'autres complément stupides et dangereux. Il était facile d'imaginer que tout ceci devait lui donner un peu de consistance. Mais dans les faits, c'était simplement idiot ...

      « Tu ne m’en empêcheras pas. »

    … Et résolument ancré dans son petit crâne.

    Darth Ranath eut tout d'abord envie de hurler. Puis de l'abandonner à ses bêtises. Elle imagina ensuite la manipuler pour qu'elle se tint tranquille au moins quelques années. Et enfin, elle se souvint d'un petit détail. Une épine enfoncée dans la plante de son pied.

      « D'accord. Je vais le faire. »
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By Ranath
#32153
    Isabo se rendormit. Ranath demeura éveillée, pensive et inquiète, convaincue que son apprentissage détruirait la gamine.




    Le local était situé en plein centre ville, dans l'une des rues piétonnes fréquentées du quartier des artistes. Les murs de la pièce principale étaient blanc cassé et percés d'une part par la porte de la boutique, de l'autre par la porte de service qui donnait sur le bureau et la réserve.

      « Tu l'as acheté ?
      Non, je loue. Je verrai plus tard pour un achat, si les affaires tournent bien. »

    L’Humaine offrit un sourire radieux. Elle était ravie. Elle apercevait enfin une amélioration dans cette vie fade et plate, sans rebondissements. Elle avait obtenu de Mya ce qu'elle voulait et ouvrirait bientôt sa propre galerie d'art. Tout allait pour le mieux. Hormis le fait que la Mirialan posait sur elle un regard sombre.

      « Quoi ? »

    La Sith chassa la question d'un vague signe de main. Rien. Mieux valait laisser Isabo à ses rêves d'enfant. D'ici quelques jours, les premiers artistes avec qui elle avait passé contrat apporteraient leur chef-d’oeuvres, et dans le même temps, la Mirialan s’arrangerait pour lui faire regretter sa requête. Apprendre. Quelle idiotie. S'il y en avait bien une qui n'était pas faite pour ça, c'était la rouquine joyeuse qui piaffait d’impatience à l'idée de jouer avec les arts mystiques. Ridicule. Et Ranath restait persuadée que son enseignement ne correspondait pas aux attentes de la Comtesse. Bêtise.

    Isabo, tout sourire, fit également le tour de l’arrière boutique, montrant ici et là les recoins pour lesquels elle avait des projets spécifiques. Elle expliquait, non sans confusion, comment fonctionnerait la galerie et les ventes d'oeuvres. De quoi donner des idées à un Sith en mal de crédits. Mais Ranath coupa court à sa plus vile pensée. Non, pas Isabo. La Dame Sombre était prête à faire bien des sacrifices. En revanche, il lui était inconcevable d'utiliser la rouquine pour ses sombres desseins. Bien que cette boutique put offrir quelques avantages. Non.

    La visite était enfin terminée. Cela avait été épuisant pour Ranath qui se voyait bombardée de pensées vagabondes que l’Humaine partageait avec abondance. Une torture pour l'esprit fatigué de la Sith en proie à de nombreux tracas. En résultait toutefois une certitude : Isabo était en bonne voie pour une autonomie complète. La Mirialan espérait pour cette autonomie depuis qu'elle connaissait cette gamine sensible et maladroite. Maintenait qu'elle était sur le point de l'atteindre, Isabo réclamait de nouvelles chaînes. Apprendre. Et Ranath ne le comprenait pas. Le chantage dont elle avait été victime la répugnait. Mais le Rat la débectait davantage. Depuis le jour de l'incendie, elle n'y avait jamais vraiment songé. En revenant sur Dargul, les souvenirs avaient ressurgis. Peut-être, qu’au fond, préparer Isabo à accueillir ce genre d’individu n’était pas une mauvaise chose. Mais le développement de son lien avec la Force pouvait en amener d'autres, des Rats. Alors, il était de rigueur de se débarrasser du premier, de celui qui avait détruit la vie d’Isabo, et de ne rien apprendre à la gamine. La décision était prise.

      « Tu écoutes ? »

    À l'air interloqué de la Mirialan, la rouquine comprit qu'elle n'avait rien suivi. Elle lui opposa une mine contrite et reprit de plus belle. La migraine guettait.




    Partout, il y avait des gens partout. À cette époque de l’année, sur Dargul, le doux climat offrait des après-midi ensoleillés dont l’on profitait à la terrasse d’un café ou le long des rues pavées. La ville avait un petit air vieillot qui n’était pas pour déplaire au tout venant. Après quelques emplettes, comme tout un chacun à cette heure-ci, Isabo et Mya s’accordaient une pause à l’ombre d’un parasol désuet aux abords de la Place des Cordes. La rouquine piaillait, comme à son habitude, jusqu’à en oublier le verre aux nuances orangées qu’elle tenait devant elle. La Mirialan la coupa en plein monologue.

      « Tu n’es pas assez concentrée. »

    La surprise figea l’expression de la gamine.

      « Comment ?
      Tu n’es pas assez concentrée pour apprendre. »

    Une nouvelle grimace.

      « Mais, nous ne nous entraînons pas, là. »

    Darth Ranath se pencha en avant, s’appuyant sur ses coudes en soupirant.

      « L’entraînement est continu. Tu dois être attentive tous les jours. »

    C’est de la peine qu’éprouva cette fois Isabo, et si elle s’entêta à ne pas grimacer, son émotion ne mentait pas.

      « Tu es trop exubérante. Hors de contrôle. J’ai du mal à voir comment tu vas y arriver. »

    Elle était maintenant sur le point de pleurer. Décidément, les qualités d’un bon apprenti lui étaient refusées.

      « Je vais essayer. »

    La Mirialan se laissa aller en arrière, ouvrant les mains pour illustrer son avis. Pourquoi pas, mais c’est perdu d’avance. Et pour le restant de la pause, Isabo touilla son jus de fruit sans plus piper mot. Enfin, le silence tant mérité.




    Le retour au manoir avait également été silencieux. L’Humaine se terrait en un mutisme mêlé de gêne. Elle avait peur, elle avait honte. Elle avait demandé une faveur à son amie, lui forçant consciemment la main. Elle commençait à comprendre désormais qu’elle regretterait rapidement son choix, mais qu’il ne serait alors plus possible de faire marche arrière. C’était maintenant ou jamais. Dès la fermeture de la porte d’entrée, le flot incessant reprit, sollicitant les sens de la Mirialan.

      « Je suis désolée. C’est vrai que je ne suis pas concentrée. Mais je voudrais tellement être comme toi. »

    Ce fut un choc pour Ranath.

      « Comme moi ? »

    Le pouvoir était enviable, voilà qui était compréhensible. Mais certains actes, certains choix, étaient critiquables, condamnables.

      « J’en doute, Isabo, sors toi ça de la tête. »

    La gamine ne lâcha pas l’affaire.

      « Oui. Tu es forte. Tu es libre. Tu peux faire tout ce que tu veux. Moi je suis faible, incapable de me défendre ! »

    Le problème était là. Les récents événements avaient été marquants, voire traumatisants, pour la rouquine. Le sentiment de sécurité fourni par un portail de fer forgé et quelques domestiques obéissants s’était envolé avec les cendres de sa maison. La Dame Sombre répéta alors la question, dégainant la lame du Sith, dont l’éclat rouge sang illumina le vestibule plongé dans la pénombre, pour la pointer vers Isabo.

      « Comme moi ? »

    L’Humaine sursauta, et d’un pas de recul, se colla dos contre la porte.

      « Veux-tu dire ... que tu souhaites devenir mon apprentie ? Veux-tu que je sois ton maître ?
      Sais-tu ce que cela implique ? Cela signifie m’obéir. M’appartenir. Veux-tu ?
      »



    Fin.

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