L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

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By Darth Varadesh
#29835
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PNJ : Sabina


La silhouette dégingandée et foutrement en mauvais état du petit vaisseau filait hors de la sinistre Korriban. Enfin, elle disparaissait lentement à sa vue, enfin elle était libérée de ce monde dangereux et responsable de ses cauchemars récurrents et affreux dont elle ne se souvenait que trop bien à chaque fois qu'elle s'éveillait. Finies les visions de Bane, finie la peur de ne pas comprendre ce qu'elle voyait.

Soupirant d'aise autant que pour se libérer d'un poids qu'elle portait depuis trop longtemps, Sabina alla s'installer comme elle le put derrière le pilote. Le raider était en train de se débattre avec ces cochonneries de commandes, aussi mal en point et pas entretenues que le reste du vaisseau. Le cockpit était si étroit qu'à eux deux ils avaient du mal à y tenir.

L'homme tourna brièvement la tête vers elle, il avait enlevé le foulard qui recouvrait son visage et elle voyait distinctement les tâches de rousseur sur ses joues, les cicatrices profondes et vilaines sur ses pommettes et les dents pourries. Elle faillit en reculer de dégoût mais se contrôla. Elle avait vu bien pire durant son passé d'esclave et mieux valait ne pas éveiller les soupçons du bonhomme.

L'homme activa le pilote automatique et fit basculer son siège pour se retrouver face à elle, ses yeux bleus froids lui lançant un regard tranchant comme du silex. Il croisa les bras et détourna les yeux sur les côtés, cherchant vraisemblablement à repérer le sac qui contiendrait prétendument ses trouvailles des tombeaux de la Vallée des Seigneurs Noirs. Manque de bol...


Bon, maint'nant qu'on s'est tirés d'ce trou tu vas m'montrer c'que t'as trouvé?
J'me sentirais plus à l'aise si on s'tirait déjà du système et qu'on s'taillait ailleurs tu vois.
T'en fait pas, l'vaisseau s'dirige sur le cargo corellien YT 1200 d'mes potes et moi. Ensuite on s'tire direction Nar Shaddaa. Tu vas montrer c'que t'as ou j'vais d'voir l'faire moi-même?

Et voilà, on y était finalement, le moment qu'elle avait redouté et qu'elle aurait préféré ne jamais voir venir. Celui ou son mensonge serait éventé. Elle prit seulement alors conscience qu'en ralliant le pilleur de tombes, elle n'avait fait qu'échanger une situation délicate contre une autre. Comment allait-elle se tirer de ce mauvais pas? Elle prit un ton hésitant et légèrement désolé comme pour tenter d'apaiser l'inévitable réaction qui allait suivre sa réponse.

'Coute euh... S'est passé un truc pendant que j'me cassais d'là-bas pour t'rejoindre. T'as vu ces trucs en forme de rochers là. Ben y en a un qui a failli m'arracher la caboche, y m'a loupé mais l'a réussi à m'arracher mon sac. Celui qui cont'nait mon trésor. J'ai pus rien là.

Le silence qui suivit fut assourdissant et la rendit vraiment nerveuse. Elle craignait de l'avoir vraiment énervé au point qu'il se jette sur elle, ce qui n'aurait pas du tout été de son goût. Finalement, lentement, son expression, sans s'adoucir -faut pas déconner- devint moins rude, presque détendue. Il hocha la tête pour indiquer qu'il comprenait, toute trace de colère disparue.

Ce fut sa première erreur. Elle aurait du, à ce moment, comprendre que la colère était toujours là, simplement en train de couver de manière intense mais sans exploser. Elle aurait du se rendre compte qu'il se jouait d'elle. Mais elle ne le comprit pas.


Tu peux m'filer l'hydroclé qu'est derrière toi steuplait? Faut que j'répare un coup un truc à l'avant.

Acquiesçant, la jeune femme se retourna... Et s'écroula lorsque un formidable coup la frappa à la nuque. Alors qu'elle sombrait peu à peu dans l'inconscience, elle eut la force de relever la tête pour le voir qui la dominait de sa taille, le regard fixé sur elle, fou de colère.

T'as cru j'allais t'laisser profiter du voyage comme ça? Que dalle. Dans ma bande on s'rend tous utiles, les parasites on les lâche par-dessus bord. J't'ai d'jà prév'nu Syn en plus. C'était ta dernière chance et tu l'as grillée.

Il lui arracha le foulard qu'elle avait porté, révélant son visage et la couleur de sa peau qui montrait qu'elle n'était pas une humaine. Ses yeux brillaient maintenant d'une lueur qu'elle ne connaissait que trop bien et qu'elle avait espéré ne jamais jamais revoir dans les yeux de quelqu'un qui la regarderait.

Mais t'es pas Syn. Ooooh j'sais pas qui t'es mais c'est clair qu't'es plus bandante qu'elle. On va t'trouver un moyen de t'faire payer l'voyage en dédommagement ma belle...

Elle sombra finalement dans l'inconscience, sa dernière pensée fut de songer qu'elle aurait peut-être dû rester dans l'académie en bas.
Modifié en dernier par Darth Varadesh le jeu. 31 août 2017 13:34, modifié 1 fois.
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By Darth Varadesh
#29842
Les étoiles dansaient devant ses yeux en un ballet sans fin. C'était un spectacle à la fois magnifique et étrange, d'une beauté à couper le souffle par sa simplicité et troublant, tant on ne s'attendait pas tout les jours à voir ça. Et puis elle se rendit compte que ça n'étaient pas les étoiles qui bougeaient mais bien autre chose. Elle ouvrit alors péniblement les yeux et s'aperçut qu'elle voyait les étoiles par le hublot face à elle.

Grognant, elle émergea avec difficulté de l'inconscience qui l'avait frappée juste après que ce fichu pilleur n'en ait fait de même. Et elle se souvint alors. Elle avait sous-estimé la situation, croyant stupidement qu'elle n'avait rien à craindre, et en avait payé le prix. A présent elle était prisonnière de ce fêlé qui avait des projets fort peu réjouissants pour elle. Et quelque chose lui disait que c'était pas le pire.

Pas besoin de la Force pour se rendre compte qu'elle était enfermée dans une pièce d'un vaisseau, sans moyen de sortir ni s'enfuir puisque dans l'espace, et que le type ne devait pas être tout seul pour manœuvrer le tout. Et si ses copains étaient aussi affamés qu'elle le craignait, ça n'allait vraiment pas être un moment agréable pour elle. La peur menaçait de revenir, celle de ces jours lointains mais toujours présents dans sa mémoire.

A la vérité, elle ne pourrait jamais oublier cette partie de sa vie. Elle avait pu être en paix avec, mais la cicatrice que ça avait laissé, et la douleur qui y était liée, ne partiraient jamais et ne la laisseraient jamais en paix.


La vie est douleur.

Qui parlait? Encore Bane? Il ne voulait toujours pas lui foutre la paix? Fallait-il qu'il soit encore là, quelque part, à la surveiller et la hanter, moqueur? Mais non, ça n'était pas lui. C'était la voix d'une femme, une voix qu'elle n'avait plus entendu depuis très longtemps.

M... Maman?
Oui ma fille. C'est bien moi. Tu m'as tellement manqué.
Est-ce que je rêve? Je dors encore en fait? Comment est-ce possible? Je ne comprend pas...
Tu as vu le potentiel de la Force. Peux-tu croire alors qu'il est idiot de se dire que tu peux voir mon fantôme?
Je...
Chut ma douce. Je comprend, c'est un choc pour toi. Ne t'en fait pas.
Pourquoi m'apparaît-tu? Pourquoi après tant d'années? J'ai tout perdu ce jour-là...
Les préceptes des Jedi, inculqués par les Maîtres Kenobi et Skywalker lors de leur passage sur Pantora, disent qu'on doit se réjouir de ce que l'on a et d'accepter la volonté de la Force.
Accepter... La volonté?
Oui ma fille. Tu ne dois pas ruminer ce que tu as perdu. Accepte que rien n'est éternel, que tu n'aurais rien pu faire ce jour-là, que ce qui est arrivé devait arriver.

Le fantôme de sa mère, resplendissante dans sa robe d'une blancheur immaculée avec des touches par ci par là de bleu foncé, s'accroupit auprès d'elle, sa main venant caresser les cheveux de sa fille avec tendresse.

Tu es devenue une si belle jeune femme. Je suis fière de voir que tu as su t'en sortir.
Maman, aide-moi. Je ne supporterai pas une seconde fois d'être traitée comme je l'ai été. Je dois m'enfuir, quelque chose, ne me laisse pas...
Tu n'as pas écouté ce que j'ai dit? Il faut savoir accepter qu'on ne contrôle pas les choses. Ce qui doit arriver arrivera.

Soudainement, les yeux de l'apprentie se verrouillèrent sur ceux de sa mère et la fureur les embrasait.

Ce qui doit arriver arrivera? Comment oses-tu me dire une chose pareille? Tu me suggères de rester immobile pendant qu'ils useront de moi à leur bon plaisir? De redevenir la soumise que j'étais? Plus jamais tu m'entends? Plus jamais!
Sabina je...
Tais-toi! Je refuse ça! Personne ne fera de moi et ne me fera ce que je n'aurais pas accepté. Tu n'existes pas! Les Jedi n'étaient pas là pour m'aider! Ils ne nous ont pas sauvé quand nous avions besoin de leur aide!

Longue pause suivie d'un silence inconfortable durant lequel le fantôme semble incapable de parler, éberlué par la rage que manifeste la chair de sa chair.

Si tu ne peux pas m'aider, alors tu n'as rien à faire là. Va t'en. Je n'ai pas besoin de toi. Je n'ai pas besoin de ta pitié ni de ton réconfort. Nous sommes tous seuls. Nous souffrons tous. Mais ceci n'est pas une excuse pour se cacher la tête sous le sable et se laisser brutaliser par la vie. Je plierai le destin et le façonnerai à ma convenance. Je refuse cette doctrine de l'inaction que tu me tends avec tant de gentillesse.

Ils vont venir me chercher. Je le sais. Je le sens. Tous ensemble, ou par un, ils vont entrer dans cette pièce et ils vont vouloir assouvir leurs plus bas instincts. Parce que tout les êtres vivants sont fondamentalement mauvais et choisissent délibérément le mal comme mode de vie si on leur laisse le choix. Nous sommes tous des monstres. Et puisqu'agir comme un ange n'apporte jamais rien, alors je vais devenir le monstre moi aussi.

Je rejette en pleine connaissance de cause celle que j'étais, la petite Pantoran apeurée et toute gentille qui aimait jouer dans la neige avec ses parents, celle qui voulait visiter Naboo et ses paysages qu'on disait magnifiques. Mon nom et mon passé ne signifient plus rien, ils n'ont plus aucune valeur. A présent et jusqu'à la fin, quelle qu'elle soit, je ne serai rien d'autre qu'une Sith. Disparaît de ma vue. Tu n'as rien à m'apporter qui puisse m'aider.


Elle détourna alors la tête à dessein en un mouvement plein de dédain. Lorsqu'elle regarda de nouveau, le fantôme avait disparu. Il ne restait plus qu'elle, seule dans la pièce, menottée à une poutre métallique. Impossible à casser. Alors le sas s'ouvrit, et le pilleur responsable de son malheur apparut, torse nu, en sueur, la bave aux lèvres. Elle savait très bien ce qu'il avait en tête. Le dégoût et la rage ne cessaient d'enfler en elle.

Sans qu'elle ne put rien faire, il s'approcha d'elle et sans ménagement, lui enleva le pantalon de sa combinaison, laissant apparaître la peau bleutée de ses jambes. Elle aurait voulu lui hurler dessus, l'injurier, le mordre, le griffer, le tuer, mais elle ne pouvait rien faire. Une idée lui traversa alors l'esprit, infâme mais néanmoins sa seule chance de peut-être s'en sortir.

Prenant une pose lascive et très suggestive, un sourire aguicheur, battant des cils d'un air innocent, elle cambra ses jambes pour lui chatouiller le torse avec. En réponse, il les enserra autour de sa taille et lui déposa un baiser répugnant sur les lèvres au point qu'elle en sentit son haleine fétide. Elle profita de l'occasion pour lui murmurer à l'oreille.


Libère-moi une main et je t'assure mon bel homme que je te ferai te sentir comme tu ne l'as jamais été...

Il la regarda, incertain, hésitant clairement à prendre ce risque mais elle lui mordilla la joue, sa langue laissant une promesse de volupté sur sa peau couturée et aux relents de sueur infects. Finalement, un sourire goguenard et répugnant aux lèvres, il libéré sa main droite. Après tout il était costaud, bien plus qu'elle, et pouvait très bien se permettre de la maîtriser si elle tentait quelque chose.

La rage n'avait cessé de monter en elle, menaçant de la submerger. Elle ne voulait pas simplement l'assommer ou le neutraliser ni même juste le tuer. Elle voulait le faire souffrir, horriblement, durablement, afin qu'il ressente ne serait-ce qu'une fraction du mal qu'il causait depuis sa naissance. Ce sentiment trouva une résonance dans la Force. Le pouvoir était là, à sa disposition. C'était chaque fois plus facile de tendre la main et le saisir. Il suffisait d'accepter d'en payer le prix.

Un prix qu'elle payait avec joie. Sans discuter, sans hésiter. Sa main s'approcha de la gorge du pilleur, au point qu'il redevint instantanément méfiant. Oui, elle savait ne pas pouvoir l'étrangler d'une seule main menue comme elle l'était. Mais elle pouvait canaliser la Force dans sa main, peut-être pour le repousser. Ou pour un usage plus sombre encore.

Les halètements de l'homme devinrent de plus en plus accentués et de plus en plus hachés. Ses yeux étaient exorbités et une expression stupide de surprise se lisait sur son visage quelconque. Il ne comprenait pas, bien sûr que non, il était aveugle au véritable pouvoir de cette galaxie, comme elle l'avait été jusqu'à peu. Ranath lui avait appris à l'utiliser, à sentir ce flux qui la parcourait.


Mon mignon, tu voudrais faire une petite chose pour moi? Donne-moi ta vie.

Son dos s'arqua dans un craquement de mauvaise augure et l'homme s'écroula sur le côté, à ses pieds, ses mains tentant vainement de réprimer la pression infernale qui régnait sur son cou et sa trachée. Ses gémissements étouffés et ses mouvements sporadiques étaient pathétiques et ne lui inspiraient que du mépris. Levant sa main droite, elle la referma alors en un poing serré, broyant les os, le tuant finalement après de longues minutes d'agonie insoutenable qu'elle avait savouré.

Pas un seul de vous ne survivra.

Elle avait murmuré cette phrase sur un ton rageur, elle avait apprécié cette mort dont elle était responsable. Mais elle avait terriblement surestimé ses forces. L'utilisation de la Force l'avait laissée presque ivre de fatigue. Elle ne pourrait probablement pas tous les tuer, dans l'hypothèse ou elle n'était pas seule dans le vaisseau. Peu importe, elle ne se rendrait pas et ne se laisserait pas prendre vivante. Elle remit le bas de sa combinaison et vola la clé de ses menottes sur le corps. Se relevant avec difficulté, titubante, elle se rendit jusqu'au sas fermé de sa cellule.

Il fallait maintenant essayer de trouver un moyen de se tirer d'ici.


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By Mya Tellis
#29858
      « Réponds-moi ! »

    La Mirialan se leva brusquement, traversa le cockpit, revint finalement face aux commandes. Elle frappa à nouveau le tableau de bord avec rage. Rien. Aucune réponse. Pas un signe de vie. À croire que l’académie était vide. Un silence de mort. Et Krayt, toujours absent et muet. Cette sale sensation la démangeait depuis des jours. Il s’était produit quelque chose. Il n’y avait plus aucun doute là-dessus désormais. Le poing crispé de la Sith s’abattit une fois encore devant elle.

      « m&?!e ! »

    Désemparée, elle se laissa basculer en arrière, jusqu’à ce que son dos soit arrêté par le dossier de son siège. Elle avait quitté Korriban après la venue du Khommite. Par peur, elle avait fui, se jurant de contacter Sabina dans les jours suivants. Mais il avait fallu se précipiter sur Dargul pour secourir cette gamine paumée.

      « Pourquoi tu m’as amenée là-bas ?! Tu fais c!#?r ‼ »

    Ranath criait, elle hurlait, seule, assise face à l’interminable défilé d’étoiles. Où était Sabina maintenant ? Le contact était rompu. Retourner sur Korriban ? Peur. Trop de peur. Que c’était-il passé sur Korriban ? Rien, peut-être rien. Le silence était un hasard. Une défaillance. Korriban allait bien. Et les autres ? Tous les autres ?! De ci, de là, on avait répondu. Mais la réponse était toujours la même : en attente, pas d’information. Abandonnée. Elle se sentait abandonnée. Elle, Ranath, abandonnée. Qu’avait-elle fait pour qu’on l’abandonne si soudainement ? La Mirialan s’abîmait dans un ouragan d’angoisse rageuse. Trop vite, ça allait trop vite. Non, elle ne voulait plus bouger. D’une main fébrile, elle commanda au vaisseau de quitter l’hyperespace, puis elle stoppa les moteurs, plaçant ainsi le cargo en état de veille. Ranath se recroquevilla sur son siège. De longues minutes passèrent ainsi, sans qu’elle n’émette plus un son, ni ne batte des cils. Lentement, elle s’éteignit.

    La Sith émergea de sa torpeur après une bonne heure d’inactivité. Elle n’avait pas dormi, pas pensé, absorbée par le vide spatial, dévorée par la peur. Ne restait qu’une idée fixe. La Pantoran, retrouver la Pantoran. Les yeux résolument clos, Ranath observait l’image qu’elle avait de son apprentie, le souvenir encore frais qu’elle en gardait. Son ambition, son talent, sa volonté à toute épreuve. Et la Dame Noire ne désirait qu’une chose : entrer en contact avec son apprentie. Dès leur rencontre elle avait établi le lien télépathique. Plusieurs fois elle avait utilisé ce biais, pour lui communiquer un ressenti, lui souffler une astuce, attirer son attention sur un point. Elle avait tenté d’entretenir ce lien, et Sabina s’était toujours montrée réceptive. Mais à cette distance, c’était une autre affaire.

    La représentation que Ranath avait de Sabina était très précise. Elle savait reconnaitre sa silhouette, identifier ses mimiques, et gardait en mémoire une partie de sa gestuelle. Sous ses paupières closes, le visage de la Pantoran avait quelque chose d’étonnement réaliste. Et plus la Sith se concentrait, plus elle ressentait la présence de Sabina. La contacter, elle voulait simplement la contacter. Effleurer son esprit. Se lier à elle. Il n’y avait plus ni vaisseau ni espace, mais seulement Sabina. Elle était si proche désormais. Malgré la distance, et le vide infini qui les séparait, la Mirialan entrevoyait le pont qui reliait son esprit, à celui de la Pantoran. Elle espérait de tout cœur que Sabina l’entendrait.

      Où es-tu, Sabina ?


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By Darth Varadesh
#29859
Ils ne peuvent pas nous séparer


La fatigue était intense et menaçait de la faire basculer face contre terre pour s'effondrer comme une poupée de chair et sombrer dans l'inconscience. Mais il ne fallait pas, sombrer c'était mourir. Elle ne savait pas si elle était seule dans le vaisseau et en doutait fortement d'ailleurs. Il y avait de bonnes chances que les autres résidents aient pu entendre les bruits grotesques qu'avait fait ce gros porc.

Le sas était fermé et verrouillé. Marmonnant un juron, elle alla s'accroupir auprès du cadavre et fouilla les poches, partout, mais rien. Probablement ne pouvait-on entrer qu'en ouvrant de l'extérieur. Mesure de précaution bien foutue qui la mettait dans de beaux draps. Cette fois il était venu seul et ce n'était que par cette pure chance qu'elle avait pu le liquider et se libérer, mais s'ils venaient à plusieurs, c'était fini.

Et il y avait cette maudite sensation, ce mal de tête qu'elle avait depuis quelques minutes, comme un bourdonnement incessant dans son crâne. Elle aurait voulu pouvoir le chasser de là rien qu'en secouant la tête mais c'était peine perdue. Les murmures étaient revenus, incompréhensibles, intangibles mais pourtant bien là. Les voix la harcelaient encore et encore, certaines murmurant des promesses qui ne mèneraient qu'à la folie, d'autres des menaces.


Fermez-la! Laissez-moi en paix!

L'avait-elle hurlé, ou simplement pensé? Elle ne savait plus. La fatigue, les émotions intenses provoquées par sa fuite, sa vision de Bane, son emprisonnement par les raiders et le meurtre, tout ça menaçait d'exploser et de libérer un raz-de-marée qui dévorerait tout. Il y avait pourtant une voix, douce, caressante, presque chaleureuse, qui l'appelait loin d'ici.

Cette voix. Elle connaissait cette voix. Elle l'entendait jadis chaque matin après le réveil et chaque soir avant d'aller se coucher. Elle lui avait appris à devenir forte. A faire table rase de la souffrance, à canaliser la douleur qu'elle ressentait constamment, à attiser le feu qui la brûlait sans qu'il ne la consume. Un nom flottait dans les méandres de son esprit, qui était un concept et un souvenir tout à la fois.

Ranath.

Elle était là, quelque part, elle l'appelait, la cherchait, voulait la contacter. Mais comment faire pour lui répondre? Elle ne savait absolument pas comment s'y prendre. Canaliser le pouvoir de la Force en une action c'était une chose, mais là on entrait dans le royaume de l'intangible et du nébuleux.


Maître. Je t'entends. Tu es là. Je... Suis si fatiguée... Seule. Vidée. Pas... La Force. Le pouvoir.

Le lien entre le Maître et l'Apprentie, tissé depuis le premier contact ce fameux jour sur Korriban des mois auparavant s'était forgé et nourri de lui-même, avait grandi, s'était affiné. Il était encore plutôt grossier si on le comparait à un lien forgé pendant des années, mais c'était déjà ça. Ce serait, peut-être, assez pour que l'une localise l'autre.

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Si seulement tu t'étais montrée plus prudente, jamais tu n'aurais été ainsi piégée par ce type.

Elle se retourna, à moitié avachie par terre. La femme, un peu plus grande qu'elle, aux cheveux longs blonds et le même genre de tatouages que Bane autour des yeux. Elle se souvenait d'elle, elle l'avait vue dans un de ses premiers cauchemars. Elle avait affronté le Seigneur Noir et l'avait vaincu, l'embrochant sur son double sabre-laser.

C'est exact, j'ai tué mon Maître en duel et ai fait miennes ses possessions. C'est ainsi que fonctionnent les Sith. C'est ainsi que nous nous assurons que l'Ordre, et nous-mêmes, restons Forts.
Je ne suis pas toi, je ne suis pas Bane. Je refuse votre héritage. Je refuse même l'idée de devoir un jour assassiner mon Maître. Elle m'a recueillie. Elle m'a aidé. Elle m'a donné un but, une raison de vivre. Elle m'a permis de me regarder dans un miroir sans honte.
Elle est une Sith, comme toi. La trahison est ancrée dans notre façon d'être. Tôt ou tard, l'une de vous trahira l'autre, pour le pouvoir, pour la survie, pour son égoïsme. Tu ne peux pas le nier.
Non, elle est différente. Je le sens, je le sais. Elle n'est pas comme toi et Bane. Nous pouvons créer ensemble un Ordre Sith qui ne répétera pas vos erreurs et transcendera ses limites.
Tu te berces d'illusions petite. Je vais te laisser avec une leçon que tu ne pourras pas ignorer. Si elle tenait tant à toi, pourquoi t'aurait-t-elle laissée seule sur Korriban à affronter la tempête tandis qu'elle était bien en sécurité ailleurs?

La Pantoran ne trouva rien à lui rétorquer, frappée par ses paroles. La femme disparut aussi soudainement qu'elle était venue, comme ça, laissant seule avec ses doutes la jeune femme. Oui... Pourquoi était-elle seule sur Korriban, laissée en retrait, dans l'ignorance? Pourquoi? N'avait-elle pas prouvé qu'elle était digne de confiance? Qu'elle méritait d'être considérée?

Le doute, empoisonné et nocif, se resserrait sur son esprit. L'incompréhension, la douleur, la colère, tout trouvait un écho en elle, et touchait le lien qui l'unissait à Ranath. Et la question résonnait à travers ce lien, remontant jusqu'à la Mirialan.


Pourquoi m'as-tu abandonnée?
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By Mya Tellis
#29861
    Là, vibrante, l’émotion de Sabina. Et bientôt, sa pensée, hésitante puis plus affirmée. La Pantoran était bien vivante, mais il était encore trop tôt pour la localiser. Ranath partageait sa fatigue, sa colère, et son doute. La déception suite à la trahison et l’abandon. Sabina avait été abandonnée sur place. Le constat engendrait une foule de questions dans l’esprit de la Mirialan. Elle avait quitté une Korriban stable, refuge de l’Ordre Sith, avec l’appréhension néanmoins que la venue du Khommite était synonyme de menace. Que s’était-il passé sur Korriban pour que Sabina se sente si éprouvée …

    Ranath tentait de garder son calme, pour préserver leur connexion.

      Une affaire que je ne manquerai pas de te raconter.

    Cette ineptie sur Dargul lui avait fait perdre un temps précieux. Nul besoin de se déplacer, il aurait suffi de laisser Helera se débrouiller avec la gamine. Pourquoi aller là-bas ? Pour quoi faire ? Sabina était digne d’intérêt. Sabina était … Sabina. Et Isabo n’était rien. Pourquoi du rien était-il si important ? La douleur lui transperça aussitôt le crâne, plantée d’une tempe à l’autre. Cette même douleur qui avait précédé l’intrusion mentale du Tout Puissant et la révélation de tout un pan de mémoire, laissé pour compte, irradiant sans cesse de souvenirs incertains. La peur. Elle la chassa, tentant de préserver sa concentration et son contact avec Sabina.

      Je te pensais avec Darth Krayt … Où est-il ?

    Lentement, la colère montait en Ranath, la Pantoran pouvait le ressentir. Sabina se serait-elle sentie abandonnée si Krayt s’était inquiété de veiller sur l’apprentie ? Ou bien avait-elle encore besoin de faire ses preuves pour être considérée comme un membre à part entière de l’Ordre ? N’était-ce point d’ailleurs le concept même de l’Ordre que de briser cette chaine insensée et de veiller les uns sur les autres ? Si Krayt avait quitté Korriban, pourquoi n’avait-il pas emmené Sabina ?

    Ranath, sans s’en rendre compte, s’était levée, poings serrés, mâchoire crispée. Calme. On s’emballait. Peut-être Sabina était-elle simplement déçue de ne pas avoir suivie son maître dans une de ses promenades de santé … Après tout ... Pourtant …

      J’ai eu tort. Je viens te chercher.

    La Dame Noire se tourna entièrement vers son apprentie. Elle voulait simplement la retrouver. La Force vibrait doucement autour d’elle. Et bien qu’elle n’en fût pas sûre, il lui sembla percevoir quelle était la direction à suivre.

      Où es-tu ?

    Ranath, déjà, rallumait les moteurs.
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By Darth Varadesh
#29864
La voix, elle l'entendait de nouveau. Elle l'assaillait de questions, ou était passé Krayt, pourquoi n'était-elle plus sur Korriban, ou était-elle elle même? Tant de questions auxquelles elle n'avait pas de réponse. C'aurait du pourtant être simple que d'y répondre, mais non. Parce qu'on l'avait maintenue dans l'ignorance, parce qu'elle avait du se débrouiller entièrement seule.

C'était insoutenable, cette sensation de déception et de désillusion qu'elle ressentait. C'était donc ainsi que faisaient les Sith? Les maîtres décidaient et savaient, ceux en dessous d'eux ignoraient tout et obéissaient aveuglément? Quelle différence avec sa vie d'esclave alors? Avait-elle troqué une prison pour une autre? Pourrait-elle vraiment croire qu'ils étaient dignes de confiance?


Personne n'est digne de confiance. Tout le monde ment. J'ai eu tort de croire en eux. Je ne peux me fier à personne d'autre que moi. C'est terminé, plus de loyauté aveugle, plus de confiance éperdue. Ils sont tous mes ennemis.

Mais était-ce la vérité? N'était-elle pas en train de laisser les mensonges du fantôme de la femme l'empoisonner, comme une tumeur qui se répandait et corrompait ce qu'elle touchait? A qui se fier? Qui croire? Qui rejeter? Qui haïr? Elle? Ranath? Krayt? Cain? Tous?

Il fallait qu'elle sorte de là, rien d'autre ne comptait. Les interrogations, les reproches, les hurlements, tout cela viendrait plus tard, quand elle serait suffisamment en sécurité pour pouvoir se ronger avec ça. Pour l'heure, quitter cette pièce, passer de l'autre côté. Trouver un moyen de quitter ce vaisseau et partir loin, très loin d'ici. Mais comment faire pour sortir alors qu'elle n'avait nul moyen d'ouvrir le sas?


Cette envie absolue que tu avais de gagner, de me porter un coup, de créer un effet de surprise, tu l’as exprimé par la Force. Se téléporter derrière ton adversaire est le meilleur moyen de le surprendre. Et je suis très surprise de voir que tu as réussi.

Les paroles de Ranath lui revinrent en mémoire. Ce jour-là, pendant leur entraînement, frustrée de son manque de progrès et ses échecs, elle avait utilisé la Force d'une manière inconsciente, jamais exprimée jusque-là. Le maître avait appelé ça la téléportation. Oui, elle pouvait peut-être le refaire qui sait. Juste assez concentrer le pouvoir pour passer de l'autre côté. Et ensuite... Elle aviserait.

La fatigue s'était quelque peu calmée depuis qu'elle avait tué l'autre, quoique persistante. Elle vint se tenir devant le sas et, posant la main sur la surface dure, ferma les yeux. Surprise. Créer une opportunité. Se couler à travers la Force pour passer d'un point à l'autre. Oui. Ses yeux se rouvrirent, entièrement jaunes et elle invoqua une fois encore la puissance enfouie en elle.

Elle concentra sa volonté sur son désir de revanche et de mort. Elle voulait passer de l'autre côté pour tuer, pour punir ceux qui avaient voulu lui faire du mal. Plus encore, elle voulait qu'ils souffrent et regrettent leur bêtise. Et pour cela elle devait se téléporter. Viens à moi, Force. Plie-toi à mes désirs. Il y eut une accumulation de pouvoir puis ce fut fait. Elle était de l'autre côté. Elle voyait par le verre du sas le corps immobile du raider de l'autre côté. Elle avait réussi.

Elle n'eut cependant pas le temps de s'en réjouir qu'elle s'écroula par terre et se mit à vomir. Trop solliciter la Force l'avait amenée au bord du gouffre. Elle n'avait plus guère l'énergie de faire plus. Elle s'était piégée toute seule en en faisant trop. Quelle idiote. La voix de Ranath persistait dans sa tête, voulant savoir ou elle se trouvait.


Je... Pas loin. Je te sens, proche. Hnghn. Si fatiguée. Peux plus continuer.

Il le fallait pourtant, car elle n'était pas le moins du monde tirée d'affaire. Relève-toi. Allez. Plus vite. Tu ne peux pas rester là, trop dangereux. Allez, BOUGE!

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By Mya Tellis
#29885
    Pas loin, c'était vite pensé. Néanmoins, Ranath suivrait son intuition. Le vaisseau repartit plein gaz pour tomber aussitôt en hyperespace. Un tout petit saut, peut-etre deux, et le maître aurait rejoint son apprentie. Si la direction était la bonne. Sabina devrait se maintenir entière jusqu'à ce que ... on verrait bien. La Mirialan percevait de son apprentie, qu'elle était épuisée, vidée de toute énergie. Il était pourtant nécessaire qu'elle fournisse encore un effort.

    Le Poing de l'Ombre surgit d'hyperespace à bonne distance du cargo des pillards. En toile de fond, le ventre rond d'une planète, manifeste destination des malfrats qui amorçaient déjà leur lointaine approche de l'astre tellurique. Sabina était là, elle n'avait jamais été aussi proche.

      Trouve les capsules de sauvetage et sors toi de là.

    C'était, à vrai dire, la seule option que Ranath parvenait à envisager. Mentalement, elle encourageait l'apprentie. Elle lui accordait toute sa confiance, persuadée que la novice franchirait cette dure épreuve avec brio, comme toutes les épreuves qui lui avaient été imposées jusque là. Sabina méritait son sabre et son titre, elle les avait obtenus après bien des efforts, et son maître regrettait de ne pas avoir concrétisé l'ascension de son élève avant de quitter Korriban. Si Sabina le permettait, Ranath réparerait ses erreurs. Le lien n'était plus que fierté et confiance. La Pantoran était brillante, son succès ne faisait aucun doute.

    Quand l'apprentie aurait rejoint une capsule, elle s'éjecterait de sa prison mobile et entamerait la descente vers la terre ferme, suivie de près par le Poing de l'Ombre. En attendant, Ranath se tenait prête. A entrer en contact avec les pillards, à entamer une manoeuvre agressive, voire à ouvrir le feu. Pour l'instant, elle se tenait à distance, ne voulant pas provoquer de réaction prématurée de la part de l'équipage adverse.

    Si Sabina ne parvenait pas à quitter le cargo avant l'atterrissage, s'ensuivrait un carnage sanglant. Ranath récupérerait son apprentie coûte que coûte, et peu importait le nombre de rats qui s'y opposeraient.

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By Darth Varadesh
#29887
Ranath lui avait soufflé ses instructions. Dans sa tête, cela avait résonné bas, si bas, à peine plus qu'un murmure, comme une petite voix dans sa tête. Mais ça n'était pas la sienne, c'était bien celle de son maître. Et malgré les doutes qui continuaient de la ronger, malgré la fatigue, malgré la rancœur qu'elle éprouvait à son égard et envers tout ceux qui l'avaient abandonnée, elle savait ne pas pouvoir ignorer cet appel.

Unghn. Je dois... Me relever. Continuer. Vite... Avant... Qu'ils ne me trouvent.

Elle était si fatiguée. Pourtant, par un effort de volonté suprême, elle trouva la force de se relever de là ou elle s'était effondrée, retroussant le nez à l'odeur du vomi. Les alentours semblaient présentement déserts mais elle savait que ce n'était qu'une question de temps. C'était déjà un miracle que personne ne soit venu inspecter le coin pour voir ce que foutait le raider. Peut-être avaient-ils convenu de se laisser chacun une heure ou deux de bon temps avec leur prisonnière.

Si c'était le cas, c'était une grossière erreur qu'elle comptait mettre à profit. Elle aurait voulu rester et tous les tuer, ne laisser aucune âme vivante à bord, mais elle n'en avait pas la force ni le temps. Entre se venger et survivre, elle avait fait son choix. Titubante, elle entreprit de progresser lentement mais surement pour explorer un peu le vaisseau. Impossible de dire à quel point il était grand, quel modèle c'était, ou étaient les capsules de sauvetage. Elle emprunta un couloir, puis un autre et encore un autre. C'était un vrai labyrinthe sans fin et elle était bien en peine de dire ou elle se trouvait et par ou elle était passée.


J'y arriverai pas Maître. Je trouve pas... Quelque part par ici...

Elle était ruisselante de sueur et tremblait de fièvre. Elle avait véritablement surestimé ses forces, quelle idiote elle avait été. Elle se promit de vraiment travailler son endurance une fois tirée d'affaire, elle ne devrait plus jamais se retrouver dans une telle situation.

Le décor tout autour d'elle était flou, comme dans un rêve, elle n'arrivait tout simplement pas à le mémoriser et le détailler des yeux. Ça et là un détail s'accrochait tout de même à sa mémoire. Un cutter à fusion abandonné ici, un droïde astromécano éteint par là. Au bout d'un temps qui lui parut une éternité, elle vit accolée l'indication à l'un des murs du vaisseau "baie de débarquement". C'était écrit en basic. L'information perça à travers son esprit embrumé et elle réalisa soudain que c'était précisément l'endroit qu'elle avait cherché.

Capsule d'urgence, capsule d'urgence... Ou es-tu... Ha te voilà. Elle dut s'y prendre à plusieurs reprises pour enfoncer le bouton d'ouverture. Alors qu'elle allait s'y effondrer, elle entendit une voix sèche l'apostropher et ça n'était pas dans son esprit cette fois.


HEY TU FAIT QUOI LA! LES GARS ELLE ESSAIE DE SE BARRER!

Cet imbécile avait perdu quelques précieuses secondes à lui hurler dessus au lieu d'agir. Qu'elle mit en pratique pour se jeter à l'intérieur de la capsule après avoir lancé le décrochage de celle-ci pour la surface. Le sas se verrouilla pile avant que le gredin ne se jette sur elle, son visage venant s'écraser sur la vitre, hargneux et furieux.

J'ai réussi Maître... Mais... M'ont repéré...

La capsule s'éjecta violemment du vaisseau, en chute libre dans l'espace, et Sabina vit alors en contrebas par le hublot la planète proche sur laquelle elle allait s'écraser. Seule dans ce minuscule morceau de métal qui était tout ce qui la séparait du vide, elle regarda les étoiles dans les profondeurs obscures de l'espace qui brillaient, si fort et si intensément.

C'était si beau. Elle avait pourtant été dans l'espace d'innombrables fois mais elle ne se lassait jamais de voir ce spectacle. Calme. Paisible. Serein. Rien penser. Juste profiter. Apprécier. Savourer. Elle ne se rendit même pas compte que la fatigue réclamait finalement son dû et lui fit fermer les yeux, la faisant s'étaler de tout son long. Elle sombra dans l'inconscience comme on s'endort après une longue journée de travail, épuisé mais satisfait du travail accompli et... En paix.

En dessous, la planète se rapprochait de plus en plus. Bientôt, la capsule atteindrait la stratosphère.
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By Mya Tellis
#29967
    Tous les efforts de Sabina payèrent finalement. La capsule fut éjectée du cargo à pleine puissance avec un éclat vif, bref reflet de l’astre solaire autour duquel se tenaient en suspens quelques planètes anodines. Là, à cette altitude, le globe rocher sous eux exerçait déjà son implacable attraction, et la petite capsule fondait résolument vers lui. On n’ignorait tout de la composition du nez de la capsule. Supporterait-il l’entrée en atmosphère ? Mais … cette planète avait-elle une atmosphère, capable de freiner, mais aussi de brûler vive Sabina dans sa chute ? La Mirialan, avec précipitation, interrogeait la base de données de l’ordinateur de bord. Coordonnées, automatiques. Système, on s’en fichait. Nom de la planète, on s’en fichait. Présence d’une atmosphère, oui. Composition, rien à faire !

    Ranath se désintéressait désormais totalement du cargo des pillards. Ils pouvaient bien se lancer à la poursuite de la capsule volée, le danger premier n’en resterait pas moins ce sol qui se rapprochait à toute vitesse. Il aurait fallu être vraiment borné pour s’accrocher, au point de quitter sa trajectoire, à un bref mais intense instant d’amusement. Mais après tout, ces pillards l’étaient peut-être, bornés. Et bornée, la Sith l’était plus encore. Le Poing de l’Ombre, lui, quitta brusquement sa trajectoire, en direction de la capsule dont le bouclier avant avait atteint les premières couches de l’atmosphère. À l’interface entre les gaz atmosphériques et le métal ignifugé, des étincelles jaillissaient déjà. L’abrasion avait commencé.

    Le cargo corellien, poussé à grande vitesse, réduisit rapidement à trois fois rien la distance qui le séparait de son objectif. Il le dépassa même et calla sa vitesse sur celle de la capsule. Progressivement, le vaisseau ralentit, jusqu’à ce que la capsule vienne buter sur la proéminence centrale du cargo. Peut-être perdrait-on la tourelle dans l’opération … La différence de vitesse entre les deux coques étant moindre, la secousse fut brusque, mais sans gravité pour Ranath. L’alarme hurlait pourtant dans le cockpit, et le pilote n’avait aucun visuel sur la situation véritable. À deux reprises, le contact devint instable, jusqu’à en faire décrocher la capsule, qui se remit à dégringoler selon sa propre trajectoire. La Sith répéta donc l’opération encore deux fois, au grand damne de l’alarme, et de cette tôle incurvée soudée, éjectée du voyage à peine un kilomètre avant l’atterrissage. Le cargo, toujours ralentissait, freinant la course de la capsule.

    Sans la vitesse, le sol approchant semblait bien moins menaçant. Mais pour Ranath, il approchait encore trop vite. L’impact pour Sabina serait tout de même violent. Le temps manquait. Et peu à peu, la Mirialan se déconcentrait. Il y avait de la peur. Il y avait un désert. Et la fin imminente. La chute pire que la mort. Sombrer dans l’inconscience et ne jamais revenir à la surface. La fin. La chute. Ranath redressa brusquement son vaisseau. Le Poing de l’Ombre frôla le sol, laissant la capsule s’écraser et arracher la terre de la lande sur des dizaines de mètres. Après une brève manœuvre, le YT revint se poser auprès de la carcasse bosselée.

    Darth Ranath coupa les moteurs, se leva d’un bond et couru jusqu’à la rampe, qu’elle dévala, sans se rendre compte qu’elle était bien en train de courir. Elle aborda la capsule partiellement ensevelie sans précaution. Une chance pour elle, l’atmosphère de cette planète était gorgée d’oxygène et s’avérait parfaitement respirable … La porte de l’appareil n’offrait à Ranath aucune option d’ouverture depuis l’extérieur, si bien qu’elle tira machinalement son sabre pour en faire sauter le joint périphérique. La capsule, enfin, libéra sa prisonnière, que la Dame Noire extirpa à l’air libre.

      « Sabina … »
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By Darth Varadesh
#29970
Elle chutait dans le vide.

Sans prise nulle part visible, sans rien à quoi se raccrocher, elle chutait toujours plus vite, toujours plus profondément. Et elle ne voyait rien autour d'elle, le néant complet. Aveugle, incapable de stopper la chute, elle ne pouvait que se laisser faire. Accepter. Laisser couler. C'était si simple, une idée toute bête, ne pas lutter, laisser tomber, comme ça, on n'en parle plus.

Mais non. Ça ne l'était pas. Hors de question. Laisser aller? Lâcher l'affaire? Paroles de Jedi que voilà. Faibles, inutiles, absents quand on avait besoin d'eux. Ne jamais reculer. Ne jamais abandonner. Se relever, se tenir droit face à la difficulté, ne pas plier devant l'apparence d'impossible. Toujours affronter de face et vaincre. Toute autre décision ne ferait que mener à l'immobilisme, à la stagnation. A l'oubli.

Et l'oubli, la Pantoran ne voulait pas y succomber. L'anonymat, la solitude de l'individu noyé dans la foule, elle y avait déjà goûté. Moins qu'un individu, moins qu'une personne même. Plus jamais. Terminé. Elle agita de nouveau les mains, cherchant à ralentir ou stopper son inexorable chute. Quelque part il devait y avoir un moyen, une prise, quelque chose, elle en était certaine.

Ce fut alors qu'elle vit comme une lueur aveuglante au-dessus d'elle, luisante, brûlante. Se protégeant le visage d'une main, elle tentait de la toucher de l'autre...

Et se réveilla brutalement dans la capsule, allongée sur le sol. Le premier choc du réveil passé, les souvenirs revinrent et avec eux, la prise de conscience. Korriban, la fuite, le fantôme, le pilleur, la trahison, la femme, sa mère puis... Ranath. La voix de la Mirialan avait résonné dans sa tête et l'avait guidée malgré tout, jusqu'à la libération, jusqu'au moyen de fuir ces pervers sadiques.


Ou est-ce... Je me souviens de cette chute dans la capsule. Bon sang, fichue fatigue.

Oui, la capsule avait passé un sale quart d'heure dans l'espace tandis qu'elle descendait toujours plus vite à travers l'atmosphère puis à l'intérieur de la planète. Et enfin, le crash brutal et violent contre la surface. N'eut été la présence du cargo piloté de main experte par la Dame, pas sûr qu'il y aurait eu quelque chose à sortir de la capsule.

Un bruit, comme un bourdonnement, résonna soudainement. Sabina vit alors la cloison de métal sur un côté de la capsule se faire découper par la lame d'un sabre laser. Était-ce donc la fin qui était venue pour elle? Les raiders avaient-ils des sabres laser eux aussi? Ou bien, peut-être, un espoir fou, Ranath était-elle finalement arrivée à temps et venait-elle la sauver?

La cloison fut lourdement arrachée par la lame et la silhouette se découpant dans la lumière du soleil ne fut d'abord visible qu'en contours. Lentement, tout se précisa et la jeune femme vit alors qui se tenait devant elle, tendant une main pour l'aider, les yeux pétillant d'une émotion intense et contenue à grand-peine. De la peur? De la rage? Du soulagement? Peut-être un peu de chaque et peut-être aucun de tout ceci, qui pouvait savoir?


Maître... Tu es venue...

Et elle, devait-elle s'estimer heureuse de ce fait? Contente? Soulagée? Furieuse? Trahie? Les paroles du fantôme revenaient la hanter à présent qu'elle était face à sa tutrice, sa protectrice. Son amie? Quelle était la nature du lien qui unissait le maître et l'apprentie? Qui pouvait le dire en toute franchise? Y avait-il une véritable affection entre elles? Ou simplement une nécessité qui les avait liées? Ou commençait la relation maître/apprenti et ou s'achevait la relation sentimentale, si tant est qu'elle existât?

Trop compliqué tout ça. Malgré les doutes, malgré les questions pourtant, elle était contente de voir la Mirialan. De se rendre compte qu'abandonnée ou non, elle avait été retrouvée. Que finalement, elle comptait au moins assez pour quelqu'un dans cette galaxie pourrie. Qu'elle n'était pas seule. Alors, sans réfléchir, sans même prendre le temps de songer à ce qu'elle faisait, elle prit la Sith dans une longue étreinte, faisant peser l'ampleur de sa joie et de sa peine, de son soulagement et son fardeau.

L'étreinte dura seulement quelques secondes puis la Pantoran recula vivement de quelques pas, presque gênée. Elle ne savait pas du tout comment il fallait se comporter dans un moment comme celui-là en tant qu'apprentie. Tant de subtilités lui restaient encore inconnues, tant de variables à prendre en compte. Quelle douce ironie, elle comprenait comment obtenir ce qu'on voulait des hommes et des femmes en manipulant leurs désir les plus bas mais absolument pas comment se comporter hors de ce cadre vicié dans lequel elle avait grandi.


Euh... Désolée, c'est juste que... Ben je suis contente de te revoir, ça faisait un certain temps que tu étais partie donc je savais pas trop... Hum... Ça va?

Maladroite et pourtant tellement directe. Ah, qu'il serait difficile d'en faire l'héritière des Seigneurs Sith...
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