L'Astre Tyran

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By Ranath
#30283
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    Résumé du RP :
      Krayt et Wyyrlok ont disparu, certainement partis pour les Régions Inconnues.
      Odion s'en retourne seul de son côté avec ses troupes.
      Le Nouvel Ordre Sith est dissout.

    Acquis à la fin du RP :
      Propriété du YT-2.000 Poing de L'Ombre
      Découverte du pouvoir Illusion
      Coordonnées de Dromund Kaas, Athiss, Ziost

    Pouvoirs utilisés :
      Soresu
      Déflexion
      Djem So
      Jar'Kai
      Vague de Force
      Illusion
      Jar'Kai
      Téléportation

    J'essaierais, dans la mesure du possible, de reposter le RP dans son intégralité.

    EDIT : Merci Amertume !!
Modifié en dernier par Ranath le lun. 13 nov. 2017 11:17, modifié 1 fois.
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By Ranath
#30284
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    Le Poing de l’Ombre filait à toute vitesse. Voilà à peine trois heures qu’il avait entamé son saut. Quand Ranath avait reçu le message de son maître, elle n’avait pas hésité une seule seconde. Pendant tout ce temps, elle ne l’avait pas cherché. Occupée à sauver la peau de Sabina, puis à semer la panique au cœur d’une réunion de résistants trop optimistes. Mais il venait de refaire surface, lui demandant de se présenter au plus tôt à bord du Rédemption. En bon chien, Ranath accourait.

    * * *


    Assise à la place du pilote, la Dame Noire réfléchissait. Dans sa main droite, l’holocron, qui brillait d’un pâle éclat viridien. Elle lui connaissait habituellement une étincelle émeraude, et ne savait expliquer cette humeur terne. La Mirialan souleva le petit cube à hauteur d’yeux.

      « Tu fais c!#?r. »

    Oh, oui, c’était ennuyeux. Depuis ce carnage à bord du DSI fantôme, Ranath n’avait pas pris le temps d’interroger à nouveau Harvk. Pourtant, elle avait bien des questions à lui poser. La Sith ferma les yeux un instant, son emprise sur l’artefact se précisa. Il frémit doucement et son aura, au sein de la Force, s’étendit autour de sa frontière physique. Ranath ouvrit à nouveau les yeux. Rien n’avait changé, en apparence. Il était pourtant éveillé, et elle pouvait sentir sa présence.

      « Pourquoi me faire payer une « bonne » action ? »

    Le concept de bonne action était vraisemblablement incertain, mais Harvk comprenait bien de quoi il était question.

      « S’opposer aux volontés de la Force a un prix. »

    Il avait cette voix éthérée, légèrement sifflante. Le cube, en son cœur, scintillait désormais d’un éclat plus vif.

      « Ça c’est la volonté du Tout Puissant, pas de la Force.
      Sais-tu interpréter les lignes de la Force ? »

    Ranath ne répondit pas. Non, elle ne savait pas. Alors …

      « Puisque sauver une vie n’est pas nécessairement le bon choix … Comment savoir et faire les bons choix ? »

    Mais Harvk n’apporta aucune réponse. Il ne s’était pourtant pas rendormi. La Sith soupira et posa l’holocron sur le siège du copilote. Le regard artificiellement bleu de la Mirialan se posa au centre du tunnel d’étoiles.

    La Force avait-elle voulu que le Prince soit blessé ? Était-il puni pour un excès de confiance en ses capacités ? Et tenter de soigner la blessure était donc une façon de s’opposer à la leçon donnée ? Ou bien fallait-il qu’il porte en lui le venin mortel pour contaminer et purger la Galaxie ? Le dessein des Sang-Purs coïncidait-il avec celui de la Force ? Le Tout Puissant savait-il, lui, interpréter le tracé des lignes de Force ? Peut-être, en fin de compte, cette invasion n’était-elle que l’accomplissement d’un destin divin ? Résister, tout comme soigner le Prince, s’avérait alors être un acte impie …

    Ranath se laissa aller en arrière, jusqu’à ce que son dos soit confortablement accueilli par le siège.

      « Merci Harvk. »

    Lentement, la présence du maître s’amenuisa, puis enfin disparue. La Mirialan attrapa l’holocron et le rangea. Il lui fallait désormais prévenir Sabina. Elle n’usa cette fois pas de télépathie, trop fatiguée pour s’adonner à cet exercice pourtant si simple. Elle se contenta d’enregistrer un message qui serait envoyé sur la fréquence que le maître et l’apprentie partageait désormais. Sabina trouverait le message et l’écouterait quand elle en aurait le temps.

      « Sabina, mon Maître m’a convoquée. Je suis en route pour le rejoindre. Je t’en donnerai bientôt des nouvelles. Prends soin de toi. »

    Le choix de certains mots était important. Et le ton laissait supposer que Ranath n’avait pas apprécié ladite convocation. Il était également nécessaire de noter que Sabina n’était pas conviée, ni par le Seigneur Krayt, ni par Dame Ranath. Qui plus est, il était sous-entendu que la novice devrait se tenir à l’écart de la petite réunion. Et, enfin, il y avait rupture, « mon maître », et non pas « notre maître », comme Ranath l’avait si souvent dit pendant l’entrainement de Sabina sur Korriban. Si l’apprentie percevait tout cela dans les quelques mots de la Dame Sith, alors elle savait ce qu’il adviendrait.

    Une fois le message enregistré et envoyé, la Mirialan consulta le plan de vol. Encore douze heures. Une bonne sieste. Elle se devait d’être en pleine forme pour retrouver Krayt. Mais pendant toute la durée de cette nuit artificielle, les songes de Ranath furent envahis par la colère. Elle revivait la réunion, la souffrance du Prince, l’intervention du Tout Puissant, sa griffe pointée vers elle. Le Tout Puissant … Dans le noir complet de sa cabine, la Sith ouvrit les yeux. C’était évident !

    Ranath s’assit dans son lit. La douleur lui poignardait les tempes. Si bien qu’elle appliqua machinalement ses paumes de chaque côté de son front, comme pour apaiser le mal. Mais rien n’y faisait, l’idée était là, ancrée si profondément … Il fallait voir au-delà … Les paupières fatiguées de la Mirialan s’abaissèrent à nouveau sur les deux cercles azurés. La lente introspection reprenait.

    Ranath avait d’elle-même une représentation toute particulière …

    Il y avait cette enveloppe infranchissable, l’écrin de toute une vie. Elle scintillait comme un dôme d’or massif. Elle était parfaite. En apparence. Là, ici, imperceptible, il y avait la cicatrice … non, la plaie, encore suppurante, laissée par l’esprit intrusif du Tout Puissant. Il fallait la regarder, l’étudier. C’était la clef. Mais quel effroi … franchir la frontière … découvrir, redécouvrir, les secrets de Mya Tellis. Et … et sa conscience ? La conscience de la Jedi ressurgirait-elle par le même biais ? Ou Ranath serait-elle intacte ? Comment se préserver d’un passé et d’une morale qu’on ne cautionne pas ? Comment accéder au lien, sans réveiller la culpabilité ?

    C’était une guerre. Une guerre avec soi-même.

    Ranath ne ressentait aucune trace de dualité. Mya, si tant est qu’elle avait bien été Mya, faisait entièrement partie d’elle. Et pourtant … elle se persuadait que la Jedi avait eu des principes bien différents des siens actuels, et que se tourner d’intérêt vers cette vision de la vie, n’apporterait que souffrance à la Sith. Il n’y avait aucune honte ni aucune culpabilité dans le mode de vie de Darth Ranath. Elle tuait et manipulait sans remord. Si les souvenirs et conceptions des Jedi surgissaient soudain … quel effet sur cette volonté de fer ?

    Pourtant il était là … elle le savait. Il était passé par là !

    Ranath coupa court à l’exercice, en sueur, épuisée. Elle se laissa retomber sur le lit, contemplant longuement le plafond qu’elle distinguait à peine dans l’obscurité de la cabine close. Elle attendit ainsi pendant un temps qu’il lui fut impossible de mesurer. Enfin, le tableau de bord bippa, annonçant l’arrivée imminente à destination. La Sith se leva tant bien que mal, se prépara, lentement, et se tint prête à rejoindre son maître.

    * * *


    Image Il se tenait droit et fier, toisant Ranath qui approchait. Darth Krayt s’avança de quelques pas, laissant son apprenti Wyyrlok en arrière. La Dame Sith salua son maître avec déférence. Son accoutrement à elle n’avait jamais été si sombre et si austère. Elle affichait un air grave tandis que Krayt tentait de discerner en elle ce qui causait un tel renfrognement.

      « Maître. »

    Un sourire entendu tordit la bouche de Seigneur Noir, qui invita ses deux serviteurs à le suivre dans les entrailles du croiseur.

      « Nous avons bien des choses à nous dire. Je requiers toutefois la présence du Seigneur Odion que nous attendrons quelques jours. Profitez de ce lapse de temps, Dame Ranath, pour entretenir votre art. Il me semble desceller quelques faiblesses que je ne saurais tolérer. »

    Le Maître s’isola ensuite, laissant Wyyrlok et Ranath à leur entrainement, jugé plus que nécessaire.

    Après quelques échanges, récits de leurs aventures respectives, les deux compagnons d’armes se remirent au travail. Ils s’accordèrent tous deux un temps méditatif. Pour Ranath, il s’agissait surtout de vider son esprit de toute pensée parasite. Elle avait tant de questions, tant de doutes … mais il ne fallait pas laisser entrevoir d’éventuelles failles. Il était hors de question que son maître ne mette son nez dans cette histoire. Alors elle travaillait, à ne pas penser.

    Quand chacun se sentit suffisamment apte et reposé, ils s’armèrent, l’un face à l’autre, dans une salle d’entrainement du Rédemption. Wyyrlok se jeta le premier dans le combat. Son nouveau bras lui donnait une puissante tout à fait appréciable, mais la rééducation n’était pas totalement finie, et l’on sentait bien que certains demeuraient imparfaits.

    Ranath, sur la défensive, observait son adversaire. D’un Soresu bien maîtrisé, elle parait toutes les attaques, si violentes fussent-elles. Parfois, il était nécessaire de dévier les agressions du Chagrien. Mais la Mirialan ne tenta rien de plus, à la grande surprise de son adversaire. Quand ils mirent fin à l’entrainement, il n’y avait ni vainqueur, ni vaincu. Les deux apprentis du Seigneur Noir s’observèrent un instant, lames éteintes, sans un mot.




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By Ranath
#30286
    Le lendemain, le Chagrien se montra bien moins cavalier, également sur la défensive, se doutant que le comportement de Ranath n’était pas habituel. Il avait combattu au côté de la Mirialan de nombreuses fois. Au début, elle avait la retenue d’un Jedi, le contrôle excessif, et une absence trop manifeste de cette rage avec laquelle on se lance dans le combat. Puis elle avait rapidement appris à écouter cette part de son instinct, qui la poussait à la violence efficace et nécessaire. Mais hier, Ranath avait joué un jeu tranquille, elle avait ménagé son adversaire, elle ne lui avait porté aucun coup. Décevant ? Peut-être … mais surtout surprenant. Il la savait hargneuse, lunatique et retors. Méfiance.

    Après quelques politesses courtoises, Wyyrlok et Ranath se placèrent de nouveau face à face. La Mirialan dardait un regard froid sur le Chagrien. Il était bien décidé à ne pas attaquer le premier, cette fois. Alors c’est Ranath, assurée qu’il n’engagerait rien, qui s’élança subitement. Trois longs pas rapides au cours desquels la lame améthyste quitta son refuge. Elle était déjà au contact. La lame du Chagrien jaillit à son tour. D’un pas sur le côté, Ranath évita le coup favori de son adversaire, facile à anticiper, car largement usité par le combattant. Cette esquive lui laissa le champ libre pour asséner un violent coup d’épaule à Wyyrlok, contraint de retrouver son équilibre avant de se retourner.

    Ranath pivota également vers sa cible, avec un léger temps d’avance, décrivant de sa lame un large cercle qui aurait pu finir en décapitation si le Chagrien ne s’était pas baissé au dernier moment, forçant une chute en avant mal aisée. Par cette manœuvre, il avait drastiquement réduit la distance qui le séparait de la Mirialan qui l’attendait avec un coup de coude rageusement envoyé dans la mâchoire. Wyyrlok recula cette fois, maintenant fermement sa garde. Toujours méfiant. Il venait de subir quatre attaques consécutives, et Ranath posait toujours sur lui ce regard assassin.

    Après ce court moment de répit, le Chagrien était de nouveau combattif. D’un saut magistral, il fondit sur Ranath qui ne l’évita que de justesse. Wyyrlok attaqua de nouveau, obligeant cette fois son adversaire à parer. Il usait largement de son bras mécanique pour faire basculer le rapport de force en sa faveur. Mais la Mirialan lâcha brusquement prise, créant ainsi un léger déséquilibre dont elle profita pour se dégager de la ligne de Wyyrlok et lui envoyer un coup de pied au niveau de son épaule amputée. Le Chagrien grogna.

    C’est ce moment que Darth Krayt choisit pour rejoindre ses deux apprentis et assister à une partie de leur entrainement afin de superviser leurs efforts. Il se posta dans un coin de la salle, attentif.

    Plein de rage, Wyyrlok attaqua encore, taillant de bas en haut, puis tranchant de gauche à droite. Ranath esquiva, quitta la ligne, revint à la charge avec une nouvelle estoque qui fut violemment parée. Ils étaient de nouveau très proches l’un de l’autre. La Mirialan imposa son pied entre ceux de son adversaire, bloquant sa jambe avant de frapper à nouveau avec l’épaule. Cette fois, le Chagrien perdit l’équilibre et tomba sur le côté. Il leva juste à temps sa lame pour parer le coup que donnait déjà Ranath. Elle désengagea néanmoins, laissant le temps à Wyyrlok de se relever. Le combat reprit tout aussitôt.

    Le Seigneur Noir suivait l’affrontement avec beaucoup d’intérêt et de satisfaction. Les forces tendaient à s’égaliser. Wyyrlok s’acharnait, chaque nouveau coup était plus puissant que le précédent. Il repoussait toujours plus violemment les attaques de Ranath qui donnait davantage dans la ruse et le coup-bas. Enfin, alors que le combat trainait en longueur, la lame améthyste franchit la garde de son ennemie rouge vif. Les deux lames glissèrent l’une contre l’autre, l’une à la verticale, l’autre à l’horizontale. Ranath donna une brusque impulsion sur son arme et le laser vint se ficher dans la synthéchair du bras mécanique. Dans la salle aux parois métalliques résonna un crissement strident, suivit par le cri de Wyyrlok, un cri de rage, pas de douleur.

    La Mirialan recula vivement, le Chagrien était désormais parfaitement enragé. Et elle sentait, de l’autre côté de la pièce, poindre l’agacement de son maître. Wyyrlok se précipita, vindicatif. La violence de l’attaque fut telle que Ranath fut contrainte de lâcher son arme qui roula sur plusieurs mètres. Le second coup effleura la cuisse de la Sith qui en était réduite à fuir la haine de son compagnon d’arme. Ce bras était un souvenir douloureux et trop récent pour le Chagrien. Il n’avait pas fallu grand-chose pour le faire définitivement sortir de ses gonds.

    Ranath profita d’un temps mort pour dégainer sa seconde arme, au moment propice, alors que Wyyrlok ne s’y attendait pas. Elle le désarma à son tour, forçant un pivot au niveau de la garde de son adversaire. Le coup de pied qui suivit envoya le Chagrien au sol. Ranath avança brusquement sur lui, frappant le dernier coup, fatal.

    La lame émeraude s’interposa pour sauver le crâne de Wyyrlok et repousser violemment son agresseur.

      « Assez ! »

    Le maître et l’apprentie s’échangèrent un regard plein de haine. Le poing de Ranath raffermit son emprise sur la poignée de son arme. C’était suffisant pour déclencher la fureur du Seigneur Noir dont la seconde lame surgit pour se jeter à l’assaut de la Dame Noire.

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By Ranath
#30287
    Ranath n’avait qu’une lame à opposer aux deux armes de son maître. Et les assauts incessants de l’Humain l’empêchaient de rappeler à elle son sabre laser. Les parades de la Dame Sith étaient chancelantes. Plusieurs fois, elle se dégagea de justesse, tandis qu’une lame frôlait sa nuque ou son dos. Darth Krayt ne lui laissait aucun répit.

    Les deux lames du maître s’abattirent brusquement au-dessus de la tête de la Mirialan, contraignant un blocage inespéré. Elle tenait son arme des deux mains pour contenir la force du Seigneur Noir qui investissait toute sa rage dans la petite leçon d’autorité. Krayt dégagea sa main droite, il allait frapper le flanc. Ranath repoussa sa garde à gauche pour l’emmener vers une nouvelle parade. Mais la seconde lame du maître avait déjà trouvé une nouvelle cible et s’apprêtait à frapper d’estoque. Il ne lui laissait aucune chance.

    Aucune issue. Le regard de Ranath se posa sur le sabre laser jeté à terre plus tôt. Impossible de se dégager. Le piège allait se refermer. Plus que tout, elle voulait se saisir de son sabre, brandir la lame améthyste au-dessus d’elle et l’abattre sur le crâne de l’Humain. Le sabre. Ranath inspira brièvement. L’arme de Krayt fondit sur les côtes de la Mirialan mais ne les trouvèrent pas.

    Le Seigneur Noir se tourna instinctivement vers son apprentie, qui, cinq mètres derrière lui, ramassait son arme. Il avait l’habitude de ce petit tour, mais se laissait toujours avoir, la Dame Sith le maîtrisait avec une grande précision.

    Darth Ranath, ses deux armes en mains, se mit lentement en garde. Elle jetait à son maître un regard dédaigneux qu’il lui rendit volontiers. Le combat reprit de plus belle. Darth Krayt offrait une époustouflante démonstration de Jar’Kai que la Mirialan peinait à apprécier tant elle devait reculer, esquiver et contrer. Elle survivait néanmoins, et les quelques ripostes qu’elle eut l’occasion d’esquisser déridèrent son maître.

      « Trop faible. »

    D’un violent coup de taille, Ranath s’appliqua à contredire l’Humain forcé de reculer à son tour. Il revint à la charge sans se faire prier, repoussant les ridicules initiatives de son adversaire.

      « Trop de contrôle. Où est la passion ? »

    Il accompagna sa pique verbale d’une estoque de justesse déviée.

      « C’est le défaut des Jed… »

    Non ! L’attaque de la Mirialan ne laissa pas à Krayt le temps de terminer son insulte. Il était facile, constata-t-il, de déchainer la colère de son apprentie. Elle s’acharnait désormais, envoyant des coups puissants. Malgré la fatigue et la douleur, elle se battait, de toutes ses forces, contre cette image. Un Jedi.

    Après quelques échanges, le maître ne put que remarquer que le répertoire de l’apprentie se diversifiait. D’abord maladroitement, puis avec de plus en plus d’assurance. Très vite, il comprit que son élève l’imitait. Cette phase de semi-passivité n’était peut-être qu’à mettre sur le compte de l’observation. Les passes accéléraient. Chacun y investissait toute sa colère, son désir de vaincre.

    Le Jar’Kai requérait cependant une grande concentration. Darth Krayt profita d’un moment d’inattention de la Mirialan pour la désarmer, frappant violemment ses poignets avec le pommeau de ses armes. Le coup de pied qu’elle reçut ensuite dans l’abdomen la jeta à terre, souffle court. Ranath tendit désespérément la main vers son arme, mais déjà le coup tombait vers elle. Elle se vit à la place de Wyyrlok, louchant sur la lame sang qui lui fendrait bientôt le crâne et brûlerait la peau de son visage.

    Ranath, à terre, n’eut pas le temps de reculer. Quand la lame fut sur le point de l’atteindre, un cri rageur lui échappa. Non ! Toute sa colère, sa frustration, son désespoir ressurgirent avec violence. Toute son émotion explosa, repoussant le Seigneur Noir et son attaque.

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By Ranath
#30288
    Le maître se releva avec un grognement à peine audible. Il attira ses deux armes à lui et les rattacha à leur place habituelle. Ranath avait rouvert les yeux, elle discernait à peine la silhouette de l’Humain qui la toisait avec dédain. Elle n’était plus en mesure de se battre, l’achever aurait été chose aisée. Mais le Seigneur Noir, finalement, se détourna, quittant la salle d’entrainement. Son apprenti, Wyyrlok, ne tarda pas à lui emboiter le pas.

    Ranath se laissa aller en arrière. Son crâne buta contre la froideur métallique du sol. Sa tête glissa lentement jusqu’à ce que ses épaules, ses omoplates et tout son dos soient finalement plaqués à terre. Et tandis que son rythme cardiaque s’apaisait, que ses poumons s’emplissaient à nouveau d’un volume d’air appréciable, son regard trainait au plafond, entre les nombreux rivets qui faisait du Rédemption un tout uni. Après de longues secondes de contemplation, les paupières de la Sith se fermèrent sur les deux iris azurés sertis chacun d’un anneau d’or. Le silence, complet, le doux vrombissement des moteurs n’était pas même perceptible, pourtant, quelque part sous des tonnes d’acier trempé, les moteurs tournaient avec régularité.

    Une fatigue immense submergea la Mirialan qui observait ses forces l’abandonner. Instinctivement, ses pensées se tournèrent vers Sabina. Son dernier ancrage dans cette si éprouvante réalité. La gamine n’avait donné aucun signe de vie depuis son départ. Elle était peut-être aussi fausse que les autres après tout. Krayt avait beau se targuer d’être fier de ses apprentis, il n’en était pas moins condescendant et inutilement autoritaire. Mais Sabina … Méfiance. Son beau sourire, ses airs aguicheurs n’étaient que de redoutables attraits pour duper. Alors pourquoi ne pas duper aussi son maître ? Sabina n’était peut-être pas si fidèle que Ranath s’oubliait à l’imaginer. Méfiance.

    La Sith rouvrit brusquement les yeux. La salle d’entrainement lui parut soudainement immense et dangereuse. Elle sentait, partout autour d’elle, des regards qui l’observaient. Et elle, au milieu de cette foule invisible liguée contre elle, perdue, qui cherchait désespérément des yeux un soutien. Le doux visage de Sabina avait disparu. Seule. Depuis toujours. Elle était seule.

    Prise d’une peur irrépressible, la jeune femme se releva. Elle tendit la main droite vers l’arme du Jedi. L’arme répondit à son appel et vint se nicher au creux de son poing. Elle tendit la main gauche vers l’arme du Sith. L’arme vola jusqu’à elle pour se plaquer contre sa paume. Les deux poings fermement serrés sur les sabres, Ranath poussa un cri de rage. Les deux lames jaillirent simultanément. Il n’y avait plus de douleur. Il n’y avait plus de fatigue. Seulement le métal froid et sombre sur lequel se reflétaient le rubis et l’améthyste.

    Et Ranath frappait, et frappait encore, les voyeurs invisibles qui la traquaient. Les deux lames tranchaient l’air en hurlant. Dans cette valse acharnée, la jeune femme répétait, inlassablement, les enchainements qu’elle venait d’apprendre de son maître.




    La lourde étoffe ébène tomba d’une traite sur le sol. Les doigts fins de Ranath se débarrassèrent ensuite de la ceinture multipoche solidement accrochée à ses hanches. Avec minutie, les mains d’émeraude s’affairèrent ensuite à dévêtir leur maitresse. Elles ne laissèrent que le nécessaire. Et d’un geste las, l’un des deux pieds chassa le tas informe de vêtements abandonnés sur place. Après un bref instant de réflexion, la Sith s’accorda une douche.

    Ranath s’assit ensuite sur sa couchette. Du regard, elle explorait la cabine. Cet espace minimaliste dans lequel elle trouvait refuge aussi souvent que nécessaire pendant ce trop long séjour en compagnie de ses congénères. Finalement, la Sith glissa sur le côté. Elle avait vidé son esprit de toute pensée parasite. Et pendant de longues minutes, elle apprécia le silence cérébral qu’elle s’était ménagé.

    C’était comme la surface d’un océan au repos, un jour au cours duquel le vent ne soufflait pas. Il n’y avait que cette immense plaine bleue et lisse. Sans vagues, sans remous, sans courant. L’immobilisme le plus total. Et cette vaste étendue scintillait simplement, réfléchissant les rayons d’un soleil doux et bienfaisant.

    La Mirialan s’endormit sur cette pensée chaleureuse.




    Le claquement métallique des pas dans le couloir tira Ranath de son sommeil. Accompagnait le tapage une présence bien connue. Krayt stoppa devant la porte de la cabine. Son apprentie ouvrit la porte avant qu’il ne frappe son troisième coup. Elle s’était précipitamment emballée dans son épais manteau. Du regard, elle interrogea son maître.

      « Le Seigneur Odion nous rejoindra bientôt. Venez. »

    Sans un mot, la Mirialan pivota, tournant la tête jusqu’à ce que son regard désigne aux yeux de son maître le tas de vêtements laissés là plus tôt. Krayt hocha rapidement la tête et s’en alla attendre dans le couloir. Ranath s’habilla sans trainer et rejoignit son maître qui la mena jusqu’à une salle annexe de sa propre cabine. La pièce était habituellement réquisitionnée par le Seigneur Noir pour y méditer de longues heures durant. Le duo s’installa, ils étaient l’un en face de l’autre. Pendant le silence qui régna un instant, Ranath l’observa avec attention, jusqu’à se rendre compte que son maître la sondait à distance respectueuse.

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By Ranath
#30291
    Le maître et l’apprentie se tenaient tous deux en tailleur, à même le sol. Ils avaient pris soin de préserver entre eux une distance confortable. Chacun n’ayant ainsi pas à souffrir de l’oppressante proximité d’un individu tiers. Darth Krayt mit à profit ce bref instant pendant lequel ils s’installèrent pour épier les gestes de son apprentie et guetter les raisons de l’animosité qu’il avait observé quelques heures auparavant. Ranath se redressa finalement à son tour pour planter dans les yeux de son maître un regard glacial. Le Seigneur Noir ne laissait rien transparaitre. Sa voix brisa enfin le silence.

      « Vous doutez de moi. »

    La Mirialan ne chercha à formuler aucune réponse.

      « Nos récents déboires vous affectent. »

    Krayt pouvait sentir toute la colère et la frustration de son apprentie. Un tumulte de sentiments au cœur duquel était enfouie la vérité qu’il cherchait. Malgré son courroux, l’apprentie s’enfermait dans le silence. Elle observait son maître avec attention. Tous deux s’étudiaient avec soin.

    Ranath avait bon nombre de reproches à formuler. Le Seigneur Noir, de son point de vue, avait commis des erreurs, faisant ainsi perdre à l’Ordre Sith de nombreux avantages, dont des possessions, des alliances, des connaissances. Des voies leurs étaient désormais interdites à cause des choix faits par Darth Krayt. Certains de ses actes, allaient à l’encontre même des préceptes de l’Ordre. Et la Dame Noire condamnait les récentes décisions de son maître. Il avait mis l’Ordre en danger.

    La Mirialan n’était pas de taille à affronter le Seigneur Noir dans un duel armé. Elle pouvait lui tenir tête de longues minutes, mais l’Humain aurait toujours l’ascendant. Il était plus puissant, plus fort, avait une bien meilleure maitrise de la Force et de ses arts. Seule une stratégie vicieuse pouvait venir à bout du maître.

      « Mais de ces échecs, j’ai appris bien des choses, et j’ai fini par trouver les réponses dont nous avions besoin. »

    Krayt et Wyyrlok s’étaient lancés, après avoir quitté Korriban en toute hâte, déclarée indéfendable, dans une quête à l’objectif incertain. Et le Seigneur Noir avait ramené de son exploration une lubie, nourrie de visions toujours plus précises. La Force lui intimait un nouveau voyage. Ch’hodos n’était qu’un entrainement, une mise en jambes. Comment défendre Korriban, comment fonder un Empire, comment …

      « Au Nord se trouvent les clefs d’un savoir bien plus grand, essentiel à notre salut. »

    Le Sith était parvenu à éveiller la curiosité de son apprentie.

      « Il faut aller chercher au-delà des mondes connus. »

    Pour une poignée de secondes, le silence s’installa. L’on était proche du dénouement. Ranath l’attendait, opposant à son maître un regard insistant.

      « Je dois entamer ce voyage. »

    Ce fut la douche froide pour la Mirialan. Un éclat de stupeur illumina son regard, le temps d’un battement de cils.

      « Qu’irez-vous chercher ? »

    La question était légitime.

      « Les fondements de notre Empire. »

    Dans la Force, il avait entraperçu un avenir glorieux, un règne nouveau pour les Sith.

      « Seul ? »

    C’était de la folie. Au nord, dans les régions inconnues. On soupçonnait les Sang-Purs de venir du nord, des régions inconnues.

      « Darth Wyyrlok m’accompagnera, et j’emmènerai avec moi toute ressource utile à l’accomplissement de ma tâche. »

    En prononçant ces mots, l’Humain scrutait la réaction de son apprentie. L’annonce était clairement faite, Ranath ne faisait pas partie du voyage.

      « J’ai besoin de vous ici. Je vous sais loyale. Vous préparerez mon retour et maintiendrez l’Ordre pendant mon absence.
      C’est une lourde responsabilité …
      »

    La phrase était suspendue, incomplète. Planait un doute, un résidu de méfiance, qui avait toujours existé entre eux.

      « Mon Maître, par deux fois vous m’avez sauvé la vie. Je vous suis dévouée et sers la cause que vous défendez. Je protégerai l’Ordre. »

    Ce n’était pas qu’une promesse vide de sens, pour endormir l’attention du Sith. Ranath devait la vie à son maître. Et malgré toutes les tares qu’il avait développées récemment, il n’en restait pas moins son guide et son sauveur. La rancune de la Mirialan ne pouvait altérer la profonde reconnaissance qu’elle éprouvait pour son maître.

    Une correction était toutefois nécessaire, mais la condamnation serait plus facile à prononcer une fois le coupable perdu dans l’immensité de l’espace infini. C’était lui planter un couteau dans le dos, mais de manière bien plus légitime que s’il était resté à sa place, auprès de l’Ordre. Il les abandonnait, pour les rendre plus forts, une bien noble cause fort peu critiquable. Mais l’Ordre sombrait. Tout ce qui avait été bâti avec tant d’efforts, serait bientôt perdu. Il n’était pas temps de partir. Il les abandonnait au plus mal.

      « Vous avez toujours suivi mes enseignements avec brio. C’est pourquoi je vous lègue une partie de mon savoir, le savoir des Seigneurs Noirs. J’ai placé l’holocron d’Ajunta Pall, le premier des Seigneurs Noirs, en sécurité sur Ziost. Il vous sera utile dans votre tâche. Retrouvez-le. »

    Une épreuve plus qu’un cadeau. Ou bien un moyen de se débarrasser d’un élément envahissant. Krayt peinait à déterminer si l’assaut contre Wyyrlok était du domaine de l’entrainement ou davantage de l’agression. Et ce mépris, cette haine qu’elle avait dirigée contre lui. Le Sith s’interrogeait et ne trouvait aucune réponse. L’apprentie se montrait toutefois docile quant à l’annonce des projets du Seigneur Noir. Elle obéirait. Elle avait toujours obéi.

      « Il est une dernière chose que j’aimerais vous transmettre. »

    Autour d’eux, les ombres des recoins de la pièce se firent plus menaçantes, la lumière qui émanait des néons s’amenuisait, plongeant les deux Sith dans une obscurité aux attraits verdâtres. Sur le mur, les lignes de rivets se déformaient lentement, si bien que Ranath croyait presque entendre le crissement de l’acier contraint par l’effort. Et derrière le Seigneur Noir, s’élevait pesamment l’imposante silhouette d’un dragon Krayt.

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    Le dragon se dressait devant Ranath pour poser sur elle un regard envieux. Il tendit vers elle son lourd museau d'écailles, et tandis que sa proie reculait prudemment, entrouvrit la gueule afin de lui dévoiler les plus tranchants de ses crocs. Le dos de la Mirialan qui s'était relevée buta contre la paroi métallique de la pièce. Le contact glacial la figea, elle reprit conscience de la réalité de ce huis clos, de l'acier qui les entourait, et de tout le vaisseau qui les portait dans le vide spatial. La silhouette du dragon devenait incertaine. Son image finalement s'estompa. Darth Krayt se tenait debout face à son apprentie, un léger sourire étirait ses lèvres pâles.

    Ranath considérait son maître avec un mélange d'effroi et de stupéfaction. Ses émotions étaient largement trahies par son front plissé et son poing crispé sur la poignée de son sabre. La jeune femme appréhendait à peine ce qu'il venait de se produire.

      « Une illusion. »

    Elle savait son maître très friand de ce genre d'effets. Comment instiller la peur dans l'esprit de sa proie. Comment désorienter son ennemi pour mieux lui planter une lame dans le coeur. Comment tromper les sens d'un adversaire émérite. Ranath s'était laissée prendre au piège, malgré tout.

      « Nous ne pouvons pas toujours trouver refuge dans l'ombre. Il nous est parfois nécessaire d'user de subterfuges plus convaincants. L'illusion est un excellent stratagème. »

    Ranath, avec lenteur, se redressa, le dos toujours plaqué contre le mur. La pièce avait retrouvé un aspect normal, incitant l'apprentie à replacer son arme sur son attache.

      « Vous maîtrisez l'art fourbe de l'assassinat. Perfectionnez votre pratique en ajoutant ce tour à votre répertoire. »

    Le maître avait raison, comme bien souvent pendant les leçons. Ranath jouait avec les ombres, sautant de l'une à l'autre avant de bondir sur sa victime pour l'achever d'un seul coup de dague. Mais bien souvent, les proies cherchaient à localiser la menace. Elles tournaient sur elles-mêmes, se balançaient d'un pied sur l'autre, traquant des yeux le moindre remous dans l'obscurité. Créer une illusion c'était attirer l'attention de la cible et la détourner du véritable danger. C'était désorienter l'ennemi pour mieux l'abattre.

      « Apprenez-moi. »

    Le sourire du Sith s'étira davantage.

      « L'illusion est une image qui prend forme dans l'esprit de la cible. Une image que nous lui imposons. Elle est ainsi forcée de voir ce que nous voulons qu'elle voit. »

    C'était une sorte de télépathie. Mais il fallait traduire la pensée en image. On pouvait, avec la télépathie, simuler des sons dans l'esprit d'un interlocuteur, leur donner un sens et former des phrases. Avec l'illusion, il s'agissait de donner naissance à un véritable rêve éveillé. Il fallait alors avoir une idée très précise de ce qu'on voulait montrer à la cible.

    Krayt expliquait avec clarté les concepts liés à l'art de l'illusion. Puis d'un geste évident, il invita la Mirialan à faire un premier essai.

    C'était une silhouette. Tordue et instable. Une silhouette à l'apparence d'une ombre. Sans visage. Sans bras. Avec des jambes incertaines. De temps à autres, la forme s'estompait, disparaissait, puis apparaissait à nouveau, forçant la novice à plisser davantage le front et à froncer un peu plus le nez. Malgré tous ces efforts, la chose ne ressemblait qu'à un obscur amas de fumée noire. Alors que dans les pensées de Ranath, la silhouette était nette, précise, c'était un guerrier, fièrement campé sur ses appuis et prêt à se lancer dans une grande bataille.

    La Mirialan acheva son premier essai après une heure de gymnastique cérébrale. À forcer l'esprit pour qu'il ne construise que cette image. Mais la pensée ne se fixait jamais vraiment et les parasites venaient gâcher l'exercice. Le maître prit un temps pour faire constater à son apprentie que la concentration devait être absolue dans ses premiers pas vers l'illusion. Alors la jeune femme chassa ses pensées. Une à une, elle les mettait de côté. Tout ce qui se présentait était remisé dans un coin de tête. Toutes les images qui emplissaient ses songes, toutes les questions qui embrumaient son esprit. Krayt percevait déjà la confusion se dissiper. Le doute et la colère s'étaient tus. Elle obéirait.

    Pour de longues et nombreuses minutes encore, Ranath travailla sur l'illusion qu'elle voulait présenter à son maître. Quand elle se sentit prête, elle tendit son esprit vers lui, comme pour initier un dialogue télépathique. Mais au lieu de partager avec lui une pensée, elle lui imposa la vision qu'elle avait préparé. C'était toujours cette même silhouette. Et Krayt la discernait mieux maintenant. Il avait lui aussi préparé son esprit à recevoir une telle sollicitation, si bien qu'il était plus réceptif à l'illusion et avait moins tendance à la rejeter, la sachant fausse. Le maître et l'apprentie communièrent ainsi jusqu'à ce que le comlink annonce l'arrivée imminente du Seigneur Odion.

    Après ces efforts cérébraux, Ranath ressentait une grande fatigue. L'exercice avait balayé sans mal les quelques heures de sommeil qu'elle s'était accordées plus tôt. Il restait néanmoins une étape à franchir.

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By Ranath
#30294
    À l’appel du comlink, Darth Krayt quitta la salle de méditation, accordant quelques secondes de repos à son apprentie. Cette dernière se mit également sur pieds, repoussant ses limites. Elle aurait voulu, face à Seigneur Odion, se montrer en pleine forme, éclatante de santé. La réalité était bien loin de là. La Dame Sith avait le visage creusé, les yeux cernés et l’air acariâtre. Son maître revint rapidement. Il avait, pour elle préparé ce dont elle avait besoin pour gagner Ziost, et d’autres. Sur le datapad qu’il lui tendait, apparaissaient les coordonnées de trois planètes. Trois piliers de l’ancien Empire Sith. Il lui confia la précieuse information.

    Ranath, le datapad dans les mains, releva lentement les yeux vers son maître. Le Seigneur Noir était pressé. Il avait ce regard insistant, des gestes parfois brusques. Un comportement bien inhabituel pour Darth Krayt, qui toujours se couvrait de majesté. Lui aussi, semblait épuisé. Il savait ses erreurs impardonnables pour les Sith. Il plaçait toute sa confiance en la Mirialan. À tort, pressentait-il. Elle ne ferait pas mieux que les autres, des traitres sans loyauté. Darth Wyyrlok aurait fait un bien meilleur chien de garde, mais Krayt ne pouvait se permettre d’embarquer un ennemi potentiel à ses côtés. Wyyrlok était le seul compagnon de voyage qu’il pouvait s’accorder, irrémédiablement dévoué.

    L’arrivée du Seigneur Odion, comprit Ranath, était le dernier obstacle à franchir, le dernier affrontement avant le pèlerinage, un exil camouflé sous de beaux atours. Comment annoncer à l’Egorgeur, qu’après tant de défaites, il abandonnait son poste ? Alors, toute l’urgence de la situation apparut. Ils étaient trois, Krayt, Wyyrlok et Ranath, pour plier Odion à la volonté du Seigneur Noir.

      « Allons-y. »

    L’Humain et la Mirialan rejoignirent le Chagrien dans le hangar. Darth Odion entamait alors la descente de la rampe du vaisseau qui venait de se poser à bord du Rédemption. Le Seigneur Sith salua ses hôtes. Krayt s’enquit tout d’abord des récentes avancées du projet que menait Odion de son côté. Les choses prenaient une forme appréciable. Bientôt, une nouvelle académie.

    Tous les quatre s’enfermèrent dans une pièce qui se voulait être une salle de réunion pour les officiers du croiseur, mais aucun des Sith ne s’assit, chacun percevant les réticences de ses voisins. La méfiance qu’ils entretenaient les uns pour les autres était un obstacle que Krayt aurait dû abattre au plus tôt. Au lieu de cela, il s’était concentré sur des guerres inutiles, Tatooine, Sullust. Il n’avait pas perçu combien le doute était grand en ses comparses.

    L’annonce de son départ, ce voyage vers un monde inconnu, à la recherche d’un savoir plus grand encore, ne manqua pas de susciter l’intérêt d’Odion, toujours plus avide de pouvoir et de connaissance. Les yeux du cyborg brillaient d’une étincelle carmin. Oh que ce périple semblait passionnant. Mais Krayt l’envisageait seul. C’était un abandon, non assumé. Odion le réalisa soudainement. La colère monta brusquement en lui.

      « Le Seigneur Noir ne peut ainsi se défaire de sa responsabilité. L’Ordre repose sur ses épaules. »

    Malgré toute la rage qui bouillonnait en lui, les mots de l’Egorgeur résonnaient paisiblement dans le petit espace clos. Il toisait les trois humanoïdes de toute sa hauteur. Krayt, pour autant, n’était nullement impressionné par sa théâtrale prestance.

      « Dans la Force, j’entrevois le chemin que je me dois d’emprunter. Il me mènera au Nord. Le pouvoir que je rapporterai sera la clef de notre suprématie, Seigneur Odion, n’en doutez pas. Cette décision est irrévocable. »

    Le Seigneur Noir avait parlé, et distribué ses ordres. Le cyborg n’appréciait guère cette envolée autoritaire. L’air renfrogné qu’il affichait jusque-là devint narquois. Et avec dédain, il se positionna, menaçant.

      « Quittez votre trône, Seigneur Krayt, et s’en est fini du Nouvel Ordre Sith. Ce pourquoi nous bataillons ensemble, ce pourquoi je suis venu me joindre à vous. Quittez votre trône, et bafouez la confiance que le Conseil Noir a placée en vous. La vision d’un ordre puissant n’aura été qu’un songe lointain, un projet mort-né que vous piétinez de votre arrogance. Vous fuyez vos échecs pour ne pas perdre la face. Voilà qui est bien lâche, Seigneur Krayt. »

    L’Egorgeur porta sa main jusqu’à la poignée de son sabre. L’Humain, de l’autre côté de la table, fit de même.

      « Je suis le Sith’Ari ! Vous ploierez sous mon ordre ! »

    Les deux lames de la couleur du sang jaillirent simultanément.

      « Vous étiez le Sith’Ari. »

    Ils se jetèrent tous deux dans une bataille acharnée dans cette pièce aux parois métalliques qui ne leur donnait que suffisamment de place pour se mouvoir. Le combat, une fois la porte abattue, se poursuivit dans le large couloir du pont principal. Les Seigneurs Odion et Krayt en vinrent rapidement à dégainer une seconde arme. Commençait un duel violent entre les deux maîtres du Jar’Kai. En armure et enragés, leurs lames s’entrechoquaient avec rage, dans un concert de vrombissements surréalistes.

    Un hypothétique ordre télépathique invita Darth Wyyrlok dans la bataille, prenant Odion en tenaille, afin d’être sûr de pouvoir l’abattre. L’Egorgeur faisait ainsi face à deux adversaires bien décidés à le mettre en pièce, alors que sa seule cible se révélait être le Seigneur Krayt. Ce lâche, ce traitre. Séparer sa tête de son corps serait un merveilleux divertissement. Ce cloporte Chagrien était une gêne cependant non négligeable, l’éliminer en premier s’avérait être une bien bonne stratégie. Odion dirigeait désormais sa hargne contre Wyyrlok, qui ne faisait pas le poids face à ce bretteur incontesté. La situation laissait libre cours à la fourberie de Krayt qui porta un premier coup décisif, stoppé par la lame de Darth Ranath qui entrait à son tour dans la danse.

    Sept lames tournoyaient pour s’abattre les unes contre les autres. Difficile de discerner les alliances. Krayt contre Ranath. Odion contre Wyyrlok.

    L’Humain, par des coups violents et rapide, poussait la Mirialan à reculer. Elle eut tôt fait de se retrouver dos à dos avec Odion, qui lui dominait très sûrement son adversaire. Il donna cependant l’occasion à son alliée de fortune de souffler un peu. D’un large demi-tour coordonné, l’Egorgeur et la Mirialan échangèrent leur poste. Chacun put alors reprendre du terrain. Le combat s’équilibrait entre Odion et Krayt, tandis que Wyyrlok se voyait offrir une chance de prendre sa revanche pour les brûlures de la veille. Par télépathie, il tenta d’entrer en contact avec sa compagne d’armes, mais l’esprit de celle-ci lui demeurait clos, il n’obtint aucune réponse.

    Darth Ranath profita d’une ouverture dans la garde de son adversaire pour attaquer d’estoque, se jetant dans le même temps sur le Chagrien. La lame perça armure, tissu et chair de la cuisse de Wyyrlok qui s’en trouva déstabilisé. La seconde lame de la Mirialan balaya l’espace devant elle, frappant à nouveau son adversaire sans retenue, déchirant brusquement le torse du Chagrien qui chut sur le côté, lâchant son arme, éteinte. Ranath s’appropria immédiatement le sabre de Wyyrlok, l’attirant à elle pour qu’il ne puisse plus s’investir dans ce combat. Elle abandonna son comparse, à terre, trahi et râlant.

    Le duel entre Odion et Krayt battait son plein. Il était difficile pour Ranath d’envisager de s’interposer entre eux, déséquilibrant ainsi les forces en présence. Les deux bretteurs semblaient d’égal niveau. Le Seigneur Noir était cependant investi d’une rage plus grande encore que celle de l’Egorgeur. Il puisait sa puissance au cœur de l’obscurité. Il était le Sith’Ari. Et malgré tous les efforts du Seigneur Odion, de ces deux lames supplémentaires qu’il en vint à dégainer grâce à son exo-armure, Krayt prit l’avantage. Repoussant pour de bon l’assaut de son adversaire, forçant une retraite précipitée devant une attaque précise et véloce.

    Darth Krayt avait été un incroyable maître. Fier et majestueux. Soucieux des intérêts de ses apprentis. Il disposait d’un grand savoir et d’un grand pouvoir. Tant de connaissances que Ranath ne pourrait jamais plus exploiter. Les lames de la Mirialan s’éteignirent. D’un saut au travers de la Force, elle surgit derrière son maître, plaqua une main sur sa gorge, tandis que de l’autre main, elle glissa soudainement la lame d’une dague entre ses côtes. Avec un cri rauque, Krayt pivota sur son pied arrière, saisit le bras de son apprentie, et avec rage, la propulsa devant lui. Le dos de la Mirialan heurta brutalement le sol. La lame de Krayt s’abattit sur elle. Ranath n’esquiva le coup que par chance. Il tendit la main vers elle, et de son Étreinte comprima la trachée de sa victime.

    Une occasion pour Odion, de prendre la fuite et d’abandonner définitivement le Seigneur Noir à ses lubies. Mais il n’en avait pas fini avec lui. Il voulait le voir suffoquer à terre. Le sabre que lança l’Egorgeur manqua de peu sa cible. Krayt lâcha Ranath pour déchainer sa fureur sur Odion, à grands renforts d’Éclairs, jaillissant de sa main droite. Le cyborg les intercepta de sa lame, avec difficulté, laissant juste assez de temps à Ranath pour s’extraire de sa périlleuse situation.

    Darth Odion, loin d’être vaincu, jeta finalement un ordre à ses hommes, restés dans le hangar. Sa voix retentit dans les comlinks des soldats.

      « Sabordez le Rédemption ! »

    Sans une hésitation, toute la troupe s’activa, attaquant tout ennemi nouvellement déclaré à proximité. Le hangar où avaient atterri Ranath et Odion se muait en un terrible champ de bataille. Les menus vaisseaux encore en espace, et sous les ordres du Seigneur Odion, ouvrirent le feu sur le croiseur.

    Le sol du couloir tremblait. L’Egorgeur bondit sur son adversaire, lui opposant trois lames férocement dirigées vers son cœur. La parade fut sans appel, brutale également. Un chasseur, stationné dans le hangar tout proche, vola en éclat après réception d’un tir bien ajusté. La déflagration de son explosion arracha toute une partie de la paroi interne, les flammes s’engouffrèrent dans les couloirs ainsi mis à nu, contraignant les trois adversaires à fuir la zone sinistrée. À cet instant précis, le Seigneur Odion perdit de vue la silhouette du Seigneur Krayt. Il le chercha longuement dans les coursives adjacentes, il guetta sa présence dans la Force, armes à la main, prêt à lui trancher la gorge. Mais l’Humain ne reparut pas. Et ses soldats tombaient les uns après les autres. Devant l’urgence de la situation, Odion abandonna sa chasse pour rejoindre son vaisseau et s’extirper des entrailles du Rédemption.

    Ranath, de son côté, avait évité les flammes de justesse, franchissant la porte d’une salle accolée au couloir. Elle se mit également en quête de son maître, mais le lien était rompu. Krayt avait disparu. Par le même constat qu’Odion, la Mirialan se précipita à son tour aux commandes de son vaisseau pour lui faire quitter le hangar en proie aux flammes et victime à une escarmouche désordonnée. Le YT surgit du croiseur face aux vaisseaux d’Odion qui avaient ouvert le tir un peu plus tôt.

    Le Rédemption sauta en hyperespace, délaissant ses adversaires, perdus en plein espace. La maigre flotte de l’Egorgeur se retira à son tour. Le Poing de l’Ombre dérivait seul, au beau milieu de ce grand rien.



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