L'Astre Tyran

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By Zeph Mathuin
#39792
IDENTITE


Nom du Personnage : Zeph Mathuin
Race : Ruusanien
Âge : 34 ans
Planète d'origine : Ruusan

PROFIL


Métier : Chevalier Jedi en herbe
Faction : Nouvel Ordre Jedi
Description : En tant que Ruusanien, une branche presque-humaine ayant divergé de façon quasiment indécelable de l'humanité originelle, Zeph est physiquement semblable à des milliards de milliards d'humains lambdas. La peau blanche quoique légèrement plus pâle que la moyenne – la faute au climat quelque peu rigoureux de son monde natal – habille une chair plutôt pas à plaindre. Relativement musclé, le bonhomme n'est pas pour autant dénué de graisse, la faute à une tendance à profiter de la vie quelque peu éloignée des tradictions moniales voire austères diraient certains de ses compatriotes Jedi. Une barbe relativement fournie lui donne un air vaguement vaurien tandis que ses cheveux longs rattachés en une queue de cheval à l'arrière lui offrent une allure bien plus propre sur lui. Enfin, entre les yeux vairons qui peuvent mettre mal à l'aise pour qui n'est pas habitué à ce genre de spectacle et un visage toujours souriant et accueillant, on obtient là un individu respirant le paradoxe ambulant. Contraste profondément présent dans les tenues qu'il porte. S'il doit officier au sein du Temple de Coruscant ou quelque autre lieu « officiel », le Jedi s'échinera à porter bure et tenue Jedi sans discuter. Mais sortez-le du cadre strict de son boulot et vous le verrez préférer des tenues décontractées rappelant au choix un gangster du dimanche ou un joyeux lurron qui n'a aucun goût en matière de fringues. Inutile de dire qu'on se demande ce qu'il peut bien foutre au sein d'un ordre aussi féru d'apparence digne et de bienséance... Une question que le bougre se pose d'ailleurs souvent, au demeurant. Et n'a toujours pas la réponse au bout de 34 ans d'existence, on est pas rendus.
Histoire :

Le vent soufflait avec une telle force qu'on pouvait plutôt dire qu'il hurlait dans la vallée. L'hiver était tout proche, même si ça ne voulait plus dire grand-chose ici depuis un bon millier d'années au moins. En tout cas selon les anciens, les vieux qui vous racontaient leurs histoires aussi incroyables que terrifiantes, aussi géniales que bizarres, le soir au coin du feu, pendant que les tasses de synthécafé étaient en train d'être préparées par Tatie Cléclé et Oncle Doj. C'étaient ses moments préférés de la journée, le soir venu, après que le dîner eut été consommé, la vaisselle nettoyée, les devoirs terminés et que la nuit venait finalement jeter son manteau de minuit sur la voûte céleste de Ruusan. Alors il savait que le moment était venu et qu'enfin, corvées et obligations prenaient, temporairement, fin pour laisser place au partage et à la joie. Ce moment ou Oncle Doj, sans cesser de marmonner et maudire le vieux Qu'un-Oeil, conteur, grand-père et pique-assiette invétéré de son état, lui tendait le substitut de chocolat chaud tandis que Tatie Cléclé pour sa part, versait une généreuse rasade de la bibine locale – d'un incroyable mauvais goût au demeurant – à Qu'un-Oeil pour l'encourager.

Alors, quand il levait sa petite tête de gosse paumé et encore innocent vers le visage salement égratigné du vieil homme, quand il voyait dans l'unique orbite existante du bonhomme luire cette lueur qu'il avait appris à reconnaître aisément avec le temps, il savait que cette nuit encore, il parviendrait à s'endormir sans trop de mal. Les cauchemars ne le hanteraient pas, ni plus que la peur qui pourtant ne cessait jamais de le quitter en journée. Murmures et promesses se tairaient grâce à une simple petite histoire, ce simple moment de partage convivial qui avait une valeur que bien peu pouvaient soupçonner. Pas même les jurons marmonnés à voix basse pour ne pas que le gosse ne les entende ni ne les mémorise – vaine tentative, ça faisait bien longtemps que c'était le cas – d'Oncle Doj ni les régulières crises de ronflement de Qu'un-Oeil – qui effectivement s'endormait toutes les 5 minutes sur place, la faute à la bibine et le grand âge certainement – ne pouvaient entacher l'enthousiasme et l'impatience du mouflet.

Allez Qu'un-Oeil! Raconte-moi encore cette histoire !
Encore ? M'enfin p'tit gars, ça fait bien la millième fois que je te la raconte ! Tu t'en fatigues donc jamais ?
Non, je veux l'entendre encore et encore ! Elle est trop stylée !
Bon, si t'insistes gamin...

C'était alors là que la magie commençait d'opérer, quand le vieillard prenait soudainement une pose qu'il voulait probablement sage et un peu intimidante mais qui rendait passablement comique et ridicule le pauvre hère avant de se mettre à adopter la voix d'un conteur chevronné. Qu'un-Oeil, malgré tous ses défauts de vagabond sans le sou, d'ivrogne invétéré et d'arnaqueur effroyablement mauvais, savait comme personne raconter une histoire. On lui prêtait un passé de barde, même si personne au demeurant n'avait jamais pu lui expliquer ce que c'est qu'un barde. Pour Zeph, ça sonnait comme un genre de magicien ou sorcier. Ce qui, fort logiquement, le rapprochait indubitablement de ces héros qu'il avait appris à vénérer et dont il raffolait d'entendre exploits et légendes de la part dudit Qu'un-Oeil.

Alors le vieillard commença de raconter son histoire. Il parla d'un temps ancien de Ruusan ou la terre comme le paysage avaient été luxuriants et agréables. Forêts et océans paisibles abondaient en ce monde qui était d'une tranquillité rare. Les gens y vivaient en paix et s'il y avait parfois quelques conflits entre voisins, jamais ils n'allaient plus loin qu'insultes et éventuellement bagarres brèves. Les riches métaux dans le sol de leur monde leur permettait de vivre convenablement et nul, au demeurant, n'aurait pu penser qu'un jour les choses changeraient. Génération après génération, on vivait heureux et en paix.

Comme à chaque fois, le petit garçon se prit à rêver de cette belle époque depuis longtemps révolue. Il essayait de s'imaginer comment Ruusan devait être aussi belle qu'agréable à vivre mais peinait à se la représenter. Du haut de ses 6 ans, il était tout simplement trop jeune pour y parvenir, son imagination bien que fertile n'était pas suffisante pour combler les trous. Mais cela ne le décourageait jamais à essayer, quand bien même c'était vain. Ainsi en allait-il chez les enfants, jamais à court d'énergie et de raisons de la gaspiller, surtout si c'était dans le vide.

Puis Qu'un-Oeil évoquait alors l'Ombre avec un gros O qui avait finalement posé ses yeux jaloux et envieux sur leur monde. Il parlait de ces méchants hommes et femmes qui avaient désiré tout ce qu'était Ruusan parce que, selon lui, eux-mêmes ne l'avaient pas et ne supportaient pas que d'autres l'eussent en abondance. Là non plus, Zeph ne comprenait pas, bien qu'il ne mit jamais en doute les paroles du conteur. Pourquoi donc ces méchantes personnes voulaient-elles prendre ce que les siens avaient ? Il eut été plus simple de demander à partager, non ? Il ne doutait pas que s'ils l'avaient fait, le problème aurait été réglé rapidement et sans soucis.

Selon Qu'un-Oeil, les gens de l'Ombre n'avaient cure de tout cela. Ils ne voulaient ni partager ni demander. Ils prenaient ce qu'ils voulaient, à qui ils voulaient, comme ils le voulaient et quand ils le voulaient. C'était pour ça qu'ils étaient de l'Ombre après tout. Et ils avaient pris sans se gêner, le vieil homme prenait alors un ton sombre tout en toussant pour évoquer les multiples maléfices magiques, moqueries et mauvais tours dont ils tourmentaient les habitants de Ruusan. Dans leur jalousie, disait-il, ils étaient résolus à faire souffrir ceux qui avaient ce dont ils manquaient et à leur rendre la vie dure.

Tant les images évoquées par Qu'un-Oeil que son récit très imaginatif de ce que ceux de l'Ombre infligeaient aux natifs ne cessaient jamais de terrifier le gamin qui se mettait à trembler si fort qu'il fallait toujours l'intervention de sa tatie pour le calmer. Assez pour que le récit reprenne. Ce que l'enfant n'osait pas avouer, n'oserait jamais avouer à quiconque, c'était qu'il parvenait à se représenter parfaitement ce dont parlait le conteur. Il n'aurait su dire comment mais dans sa tête se formait une vision très précise de ces hommes et femmes de différentes races, engoncés dans leurs armures d'un noir plus noir que la nuit et de leurs épées rouges vibrantes de colère. Il voyait leurs yeux d'un jaune malfaisant et leurs sourires mauvais tandis qu'ils pointaient leurs épées en avant, condamnant par ce geste ses ancêtres innocents. Et le feu et la mort tombaient irrémédiablement du ciel comme la pluie tombe des nuages, causant mort et destruction. C'était cela, bien plus encore que les mots du conteur, qui terrifiaient toujours l'enfant.

Puis venait le retournement, quand Qu'un-Oeil, sitôt qu'on l'eut une nouvelle fois réveillé, racontait ces guerriers de Lumière, ces hommes et femmes d'un blanc étincelant, qui arrivaient eux aussi, comme ceux de l'Ombre, du ciel au-delà de leur ciel. Eux ne partageaient ni la cruauté ni la malveillance de ceux de l'Ombre dont ils étaient les ennemis. Et bien qu'ils maniaient également des épées brillantes, les leurs étaient du bleu et du vert de la plus grande pureté. Quand ils posaient leurs yeux sur les habitants de Ruusan, c'était la pitié, la compassion et la gentillesse qui s'y lisait. Ils comprenaient la douleur des pauvres gens et étaient là pour les aider. Pour les protéger. Pour les sauver.

« Cette guerre de la Lumière contre les Ténèbres se terminera ici même sur Ruusan mes frères et sœurs. Et notre devoir est, comme il le sera toujours, d'en protéger les faibles et les innocents afin que jamais plus ils ne souffrent. »

Tels étaient les mots, selon Qu'un-Oeil, du légendaire chef des chevaliers de Lumière le jour de son arrivée. Des mots qui avaient profondément touché le petit garçon dès la première fois qu'il les eut entendus. Chaque nuit durant, il se prenait à rêver combien ce devait être fabuleux d'être l'un de ces paladins de la Lumière, ces preux chevaliers et chevalières qui protégeaient leur prochain contre les terribles et cruels gens de l'Ombre. Il s'imaginait lui-même avec sa proprée épée de lumière, bravant le danger et les méchants, vivant de grandes aventures trépidantes.

Par la suite, Qu'un-Oeil se fendait d'un ton quelque peu triste, racontant les longues et nombreuses batailles entre les forces de la Lumière et de l'Ombre pour le contrôle de Ruusan. Les premiers voulant tant la défendre qu'en défendre les habitants tandis que les seconds voulaient tout anéantir. Puis venait irrémédiablement la plus grande et la plus terrible des batailles entre toutes, la dernière. Celle qui avait permis de vaincre les guerriers de l'Ombre mais à un terrible prix. Ruusan en avait été ravagée et transformée à jamais tandis que nombre de ses habitants n'y survécurent pas, particulièrement les Bondissants. Les guerriers de la Lumière eux-mêmes payèrent cher cette victoire mais ils ne s'en plaignirent jamais pour autant. Leur devoir de protection était accompli et ils repartirent, laissant les natifs reprendre leur vie après leur avoir porté assistance le temps que les choses s'arrangent suffisamment.

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Je m'aperçois avec le recul, en repensant à cette époque, combien j'étais aussi naïf que stupide. Un gamin ignorant de tout, de la galaxie évoluant autour de son petit monde insignifiant à son propre monde natal. Pourtant, je n'arrive toujours pas à me le reprocher. Après tout, comment en vouloir à un gamin de s'imaginer tant les plus terribles que les plus belles choses ? Jamais les choses ne sont aussi simples ni ne l'ont jamais été. Et je me prend souvent à le regretter. Ce rôle qui nous incombe à nous autres est un lourd fardeau que nous acceptons pleinement mais bien peu d'entre nous comprennent réellement tant les sacrifices que les devoirs qui nous incombent. Je soupçonne que même parmi le Conseil, cette vision des choses est parfois perdue de vue.

Maître Mathuin ?
Hein ? Ah, pardon, excuse-moi, que disais-tu jeune Boubou ?
Maître !
Oh, tu n'aimes pas ce surnom ? Je ne vois pas ce que tu lui trouves pourtant, il est mignon. Et il te va bien en plus. On ne peut pas en dire autant de ton camarade Mather. Il paraît qu'on le surnomme Gobelin, imagine un peu vivre avec ça...
Maître Mathuin, pourquoi vous n'êtes pas gentil avec moi ?
Parce que ça ne fait pas partie de mon boulot de formateur. Du reste, je ne vois pas comment tu pourrais trouver meilleur que moi. Bref, ou en étais-je déjà ?
Vous parliez de Ruusan...
Exact. Et la jeune padawan parfaitement éduquée que tu es va donc pouvoir m'en dire un peu plus n'est-ce pas ?

La petite Mirialan, du haut de ses 11 ans, était aussi adorable qu'on pouvait s'y attendre. Quand il la regardait, il voyait l'avenir de l'Ordre. Une vie si fragile mais si pure, si empreinte d'un potentiel infini. Comme lui l'avait été en son jeune temps. Elle était comme un chrysalide en formation dont émergerait un jour prochain une magnifique créature. Il n'avait pas de doute sur la padawan, elle deviendrait un jour une authentique Chevalier Jedi digne de ce nom qui porterait avec fierté son titre et aiderait à rendre la galaxie meilleure pour tous. Il trouvait toujours profondément amusante la façon dont elle fronçait les sourcils lorsqu'elle réfléchissait intensément comme elle le faisait actuellement. Il voyait à son maintien raide comme un piquet qu'elle se débattait avec ce qu'elle voulait dire, incertaine de donner ou non la réponse qu'il attendait d'elle.

Yvraine, dit-il avec douceur et sur un ton paternel, je te sens quelque peu inquiète. De quoi as-tu peur ?
Je ne suis pas certaine de savoir ce qu'il faut répondre, Maître.
Avoir peur, c'est normal, Yvraine. Mais tu n'as rien à craindre de moi tu le sais. N'aie pas peur d'agir, agis. Ne pense pas trop, fais. Il n'y a pas d'émotion, il y a la paix. Une mauvaise réponse est toujours mieux que pas de réponse du tout. C'est en essayant et en échouant que tu t'amélioreras. Je t'écoute.
Ben, j'ai lu quelques holodisques dans la bibliothèque sur le sujet mais ça n'en disait pas grand-chose. Je crois que c'était le lieu d'une grande bataille entre les anciens Jedi et les Sith il y a un peu près 1000 ans c'est ça ?
Exact, jeune padawan. Tu vois, tu n'avais pas à craindre de mauvaise réponse. Peux-tu me dire pourquoi ils s'y sont affrontés ?
Oh, ça je crois que c'était précisé ! Euh... Parce que c'était situé à un carrefour strat... Stratr... Stratégique ?
Oui mais non. Je ne te demande pas pourquoi ils se sont affrontés sur Ruusan, je te demande pourquoi ils se sont affrontés.

L'incompréhension emplit les yeux de la Mirialan.

Je ne comprend pas Maître.
Pourquoi Jedi et Sith se sont affrontés, padawan Yvraine ?
Parce que ça a toujours été comme ça entre eux et nous, non ?

C'était et ça n'était pas une bonne réponse. Mais elle avait le mérite d'être pertinente. Et cette interrogation à la fin signifiait que la jeune fille se posait elle-même la question, ce qui était bon signe. Savoir se poser les bonnes questions était toujours une excellente chose dans la vie de tous les jours et plus encore chez un Jedi.

Et pourquoi est-ce que ça a toujours été comme ça au juste ?
Parce que nous sommes gentils et eux méchants ?
Haaaa, jeune padawan, comme j'aimerais que les choses soient aussi simples. Disons que tu n'as pas complètement tort dans le fond mais sur la forme par contre...
Que voulez-vous dire Maître ?
J'imagine que tu connais un peu l'histoire tant des Jedi que des Sith. Tu sais qui ils sont et quels sont leurs objectifs tout comme pour nous. On a dû te l'apprendre en classe.
Maître Vos a évoqué le sujet à de nombreuses reprises oui.
M'étonne pas, cet ancêtre nous enterrera tous au train ou vont les choses... Euh oublie ce que je viens de dire, faudrait pas qu'il en ait vent.
Mais je ne comprend pas pourquoi ils sont comme ça, Maître.
Les Sith ? C'est plutôt simple. Que ressens-tu lorsque tu utilises la Force ?

Nouveau froncement de sourcils trahissant la réflexion. Il faut dire que demander à un enfant, même un padawan formé par de talentueux Maîtres et Chevaliers Jedi, de décrire ce qu'il ressentait, encore plus dans un domaine aussi abstrait que la Force, était rien de moins que de tenter de décrocher la lune.

Je sais pas trop Maître. Je me sens... Bien ? Contente ? Je trouve ça excitant et super cool en fait ! C'est pas bien ?
Il n'y a pas de honte à l'avouer. C'est toujours ainsi au début, particulièrement à ton âge. Tu sais pourquoi tu ressens ces choses ?
Non Maître.
Parce que tu réalises, outre le fait que c'est génial de pouvoir soulever un petit caillou dans l'air d'un geste de la main, que ça fait de toi quelqu'un d'unique. D'incroyable. Tu n'es pas comme la plupart des autres et c'est quelque chose d'indescriptible. Tu réalises, sans pouvoir y mettre les mots, combien ce pouvoir qui est en toi te rend différente et supérieure aux autres. Et c'est là qu'est le piège, là que réside la différence fondamentale entre Jedi et Sith.
Comment ça ?
Nous sommes tout à fait conscients du pouvoir qui est le nôtre, de la puissance que nous seuls parmi tous, pouvons manier. Nous savons qu'elle fait de nous des êtres à part. Les Sith le savent aussi. Mais là ou ils choisissent d'y voir une preuve de leur supériorité, de leur bon droit à faire ce qu'ils veulent à qui ils veulent comme ils le veulent, nous y voyons une responsabilité. Nous croyons que ce pouvoir doit être manié avec parcimonie et respect, pour le bien des autres et non le nôtre. Nous acceptons de servir et protéger, pas de dominer et abuser. Tu comprends ce que j'essaie de te dire ?
Je crois, vous voulez dire que c'est pas parce qu'on peut faire voler un caillou que ça nous donne le droit de le lancer sur notre voisin sous prétexte qu'il a pas voulu nous donner son goûter !

Zeph gratifia la Mirialan d'un sourire éclatant et bienveillant, presque paternel. La jeunesse avait une innocence et une honnêteté qui ne laissait jamais de l'amuser et le surprendre. Que n'aurait-il pas donné parfois pour retourner à cette époque de sa vie et redécouvrir une chose qui lui manquait chaque année un peu plus.

Excellent jeune padawan, tu as bien appris ta leçon ! Et maintenant, que dirais-tu de passer à la pratique ? Montre-moi combien de temps tu peux soulever ce coussin en te concentrant. Si tu réussis bien ce petit exercice, il est même possible que je me laisse tenter de t'emmener faire un tour dans l'un de nos chasseurs...
[b]Oh oui alors ! Je vous décevrai pas Maître Mathuin !


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Ils étaient finalement venus le prendre, comme Oncle Doj et Tatie Cléclé avait toujours dit que ça finirait par arriver. Même un endroit aussi paumé et ignoré que Ruusan ne pouvait éternellement rester à l'abri de leurs oreilles. Un lieu aussi chargé d'histoire n'avait pu que leur revenir en tête et il n'avait pas dû leur être difficile de réaliser combien, par sa valeur symbolique, ce monde pouvait être un excellent refuge pour les proies qu'ils pourchassaient inlassablement. Rien d'étonnant à ce qu'ils furent parvenus à semblable conclusion au fond. Entre les colonies de Bondissants capables d'user de la Force d'une façon bien mystérieuse et la Vallée des Jedi, mémorial de l'ultime et terrible bataille entre l'Armée de la Lumière et la Confrérie des Ténèbres, Ruusan avait été marquée par l'empreinte de la Force. Une attention dont ses habitants se seraient bien passés. Tout gamin qu'il était, il avait une nuit surpris l'Oncle Doj évoquer leur nom à voix basse tandis qu'il discutait avec sa tatie du meilleur moyen de le protéger. Les Inquisiteurs de l'Empire. Si isolée que fut Ruusan et laissée livrée à elle-même, il lui aurait été impossible d'ignorer ce qu'était l'Empire. Après tout, elle en faisait partie bon gré mal gré. Oh bien sûr, en dehors d'une très petite garnison et d'un Moff, il n'y avait guère de présence impériale à la surface. C'aurait été purement inutile que de laisser plus de troupes pour un monde si peu peuplé et qui n'avait cure de qui tenait les rênes tant qu'on le laissait tranquille. Une chose rare pour la plus grande tyrannie galactique et qui, curieusement, avait eu lieu.

Pour les Inquisiteurs en revanche, c'était plus difficile à dire. L'Empire en lui-même était déjà un dirigeant lointain et assez nébuleux alors autant dire que son fonctionnement comme ses institutions étaient un vrai mystère. Et bien plus encore l'étaient ses plus secrètes organisations. Mais, il ne savait comment, Oncle Doj en savait un peu sur eux. Pas grand-chose, des rumeurs au plus. Mais bien assez pour savoir que son neveu était en danger et le serait toujours tant que l'Empire vivrait. Ou tant que lui-même n'aurait pas trouvé un endroit sûr ou s'en cacher. Pieux vœu mais bien irréalisable hélas.

Il n'avait jamais su exactement ce qui avait décidé son oncle à agir. Des suppositions à partir de souvenirs, des années après les faits, l'avaient mené à penser que peut-être, quelqu'un avait parlé du gamin et ses petits tours de passe-passe innocents aux mauvaises personnes. Et que celles-ci avaient transmis l'info à qui de droit, les poussant à faire le déplacement. Toujours est-il qu'à ce moment, Zeph était déjà loin, à l'autre bout de Ruusan en compagnie d'une vieille femme dont il ne savait strictement rien, pas même le nom. Oncle Doj et Tatie Cléclé lui avaient simplement expliqué que dorénavant il lui faudrait partir avec elle.

Pour combien de temps ? Avait-il demandé. Pour toujours, lui avait-on répondu. Quand reviendrait-il alors à la maison ? Jamais. Il avait aperçu à ce moment les flocons de neige qui se déversaient sur les joues de sa tante et avait réalisé qu'elle pleurait silencieusement en s'efforçant de le cacher. A ce moment, en se concentrant, il avait ressenti une profonde peine dont il avait été certain, sans bien savoir comment, qu'elle était tant la sienne que celle de son oncle et tante. Cela lui avait brisé le cœur de les voir dans cet état à cause de lui. Il réaliserait plus tard que ce n'était pas lui le fautif mais ça n'en rendrait pas les choses plus faciles à accepter.

Il n'avait jamais su non plus ce qu'ils étaient devenus. Ils avaient refusé de venir avec lui, arguant que si on ne trouvait plus personne chez eux, les soupçons se porteraient immédiatement sur eux. La vieille femme avait acquiescé mais pour Zeph, ça avait semblé complètement idiot. Si c'était lui qu'on cherchait chez eux, qu'ils fussent présents ou non n'allait rien changer aux soupçons des étrangers, à partir du moment ou lui-même n'y serait pas. Ce n'était que des années plus tard, une fois qu'il aurait suffisamment grandi, qu'il comprendrait. Son oncle et sa tante avaient simplement décidé de le protéger en se sacrifiant pour brouiller les pistes. Ça non plus ça n'avait pas été facile à accepter. Qu'est-ce qu'il avait de si spécial qui valut qu'on y perdre la vie pour le protéger ?

Tu représentes l'avenir, Zeph. Nous sommes le passé. Sans toi, il n'y aura plus rien.

La vieille femme dont jamais il n'avait su le nom, qu'il avait fini par surnommer Croyance avec le temps, lui avait dit cela lorsqu'il lui avait posé la question alors qu'ils se cachaient au fond d'une grotte parmi les montagnes, du côté le moins hospitalier de Ruusan. Sans doute ceux à leurs trousses avaient-ils cru qu'ils iraient se cacher aux environs de la Vallée des Jedi, un lieu autrefois saint mais maintenant à l'abandon, entre autres à cause des superstitions en vigueur depuis des générations mais qui n'auraient nullement effrayé leurs traqueurs. Pourtant, pas une fois Croyance n'avait-elle fanfaronné ni fait la surdouée, bien au contraire. Ployant sous le joug d'un poids invisible qu'elle seule semblait voir, à ce qui lui semblait, elle n'avait cessé de l'encourager, non sans une certaine douceur, à ne pas regarder en arrière et aller de l'avant.

La douleur c'est difficile Zeph, je le sais bien. Mais tu leur rendras service autant qu'à toi en les laissant dans tes souvenirs. Tu dois les oublier. J'aurais souhaité qu'il en soit autrement mais cette galaxie n'est pas tendre avec nous. Et elle ne nous laissera aucun droit à l'erreur.

Plus facile à dire qu'à faire un pour un gamin d'à peine 10 ans dont on venait de l'arracher au seul foyer qu'il ait connu, pour une raison obscure et pour le plonger dans un nouveau monde dont il ne savait rien, avec une étrangère qui lui faisait peur. Non qu'elle fut une harpie avec lui. Elle le traitait avec sévérité mais sans cruauté, n'était jamais injuste ni violente. En fait, chaque fois qu'il faisait une bêtise ou allait à l'encontre de ses instructions, elle semblait d'autant plus ployer sous ce poids invisible, fermant les yeux comme pour se concentrer et refouler la douleur. Il ne manquait jamais de s'en rendre compte et, chaque fois, de ressentir cette souffrance comme si elle la sienne. Dans ces moments, il croyait percevoir le fardeau qu'elle portait et combien sa vie n'avait pas dû être facile. Alors tout naturellement il s'excusait et promettait que jamais il ne recommencerait, qu'il ferait mieux maintenant. Invariablement, il venait enlacer la vieille femme de ses petites mains enfantines, le visage triste, les yeux en larmes, honteux de son comportement. Ils restaient ainsi l'un contre l'autre, silencieux, comme craignant de briser ces moments en bougeant ou prononçant un mot.

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Les nuages dans le ciel étaient visiblement chargés. A observer, on se doutait que ça allait bientôt barder. L'hiver était déjà rude sur Ruusan, en plus de durer très longtemps. Jadis, le climat avait été bien plus doux et agréable mais les guerres passées avaient changé cela il y avait bien longtemps. Croyance lui avait expliqué de nombreuses fois mais il lui était toujours difficile de réaliser. Cela avait été déjà un choc d'apprendre pourquoi il avait, des années plus tôt, dû quitter la maison. Elle lui avait expliqué aussi. Elle lui avait dit que les histoires de Qu'un-Oeil étaient la stricte vérité, du moins pour un profane. Lui avait parlé des Jedi et des Sith et même évoqué l'Empire lointain dans le ciel. Lui avait révélé qu'il était, comme elle, détenteur d'un talent rarissime, celui de manier la Force. Lui avait expliqué ce qu'était la Force. De difficiles et incroyables révélations qui l'avaient troublé comme rien d'autre encore ne l'avait pu.

Alors en fait les guerriers de la Lumière c'était des Jedi ? Et les guerriers de l'Ombre des Sith ? Comment ça se fait qu'on en parle plus que comme des légendes maintenant ?
Le temps a des effets de ce genre sur les histoires. Encore plus sur un monde laissé à lui-même comme Ruusan. Et l'avènement de l'Empire n'a rien arrangé.
Bah pourquoi ?
L'Empire a tout fait et continue de tout faire pour nous faire disparaître, nous autres Jedi.
Bah pourquoi ? Vous... On a fait quoi de mal au juste ?

Croyance nota le « nous » sans faire de commentaire. En son for intérieur, ce simple mot lui avait fait l'effet d'une bombe, même si elle n'en était pas consciente.

L'Empereur et celle qui lui a succédé sont des Sith, Zeph. Nous sommes leurs ennemis jurés, rien que ça était pour eux une bonne raison de nous faire disparaître. Et quand on veut instaurer une tyrannie, mieux vaut s'assurer que ses ennemis soient tous morts pour ne pas nous en empêcher.
Mais c'est super cruel !

Oui, ça l'était. Mais allez donc expliquer ça de façon compréhensible à un gamin approchant à peine de l'adolescence et bercé par les histoires à dormir debout sur les Jedi et leurs ennemis.

La vie est cruelle, si tu pensais que chacun reçoit ce qu'il mérite, que les gentils gagnent et son récompensés et les méchants punis, je crains de devoir te ramener au monde réel.
Eh, vous êtes pas marrante vous. Et vous respirez pas la joie de vivre non plus.
J'ai vu mes amis se faire massacrer, sans parler d'innombrables innocents. Je ne m'en suis sortie que de justesse et j'ai atterri ici après des « aventures » dont je porte encore les cicatrices. Ça m'a passé l'envie de rire à tout va tu vois.

On pouvait dire qu'elle savait plomber l'ambiance. Mais Zeph ne pouvait pas vraiment le lui reprocher quelque part. Lui qui avait perdu son foyer et sa famille pouvait comprendre. Ou au moins essayer.

Mais du coup, ça fait quand même un mois qu'on se cache dans ces montagnes perdues au milieu de nulle part. On va rester là longtemps ? On va faire quoi ensuite ?
On va s'occuper de t'apprendre à utiliser la Force, jeune padawan.

Il avait eu 11 ans quelques semaines plus tôt.

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Zeph se disait qu'il allait connaître une mort probablement désagréable sous peu.

Ce n'était pas sa faute, il avait vraiment essayé de tout faire comme elle lui avait dit. Se concentrer assez pour ressentir la Force partout autour de lui, ça c'était le plus facile, depuis des mois qu'il s'y entraînait et galérait comme un fou. Essayer de visualiser le flux de la Force, ça commençait à se corser à partir de là parce que bon, soyons sérieux 2 minutes, comment on peut « voir » un truc qui techniquement n'a aucune consistance ? Et ensuite, il fallait plier ce flux à sa volonté mais pas trop quand même parce que le respect tout ça ? Hein ? Et quoi après ? Il commençait à se demander s'il avait bien écouté quand elle lui avait expliqué les bases du maniement de la Force. Il avait mal dormi la veille alors peut-être qu'au fond il avait un petit peu piqué du nez pendant la leçon. Mais c'était pas sa faute, pas vrai ? On ne pouvait pas lui reprocher de ne pas être particulièrement attentif s'il manquait de sommeil, si ? Sans doute pas.

En tout cas ça n'allait pas empêcher qu'il allait probablement mourir aujourd'hui, dans peu de temps. Perspective peu agréable mine de rien, de son humble avis. La journée avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices... Si on prenait en compte que c'était la belle vie de vivre dans des grottes, cavernes et autres endroits isolés fort peu confortables. Zeph étant un incorrigible optimiste, il avait choisi de voir le positif : exit la pollution (sur un monde si peu industrialisé que ça n'avait absolument aucun impact) nocive pour la santé, fini de devoir aller à l'école (à la place on se levait en même temps que le soleil et on se lavait à l'eau froide voire gelée), finis les devoirs (et bonjour les corvées quotidiennes bien pesantes), adieu les gens pas sympas avec lui (coucou la vieille ermite renfermée exigeante comme pas permis)... Ouais, que de bons côtés à cette nouvelle vie au milieu de nulle part. Le plaisir à l'état pur.

Ça avait vraiment bien commencé, passées les corvées post-réveil, il avait enfin eu du temps libre pendant que Croyance s'en allait leur trouver du gibier. Il ne savait pas trop comment elle s'y prenait, parfois elle allait chasser et l'emmenait même, quoique rarement. Parfois elle disparaissait de longues heures au point qu'il se demandait si elle n'allait pas jusqu'à un village quelconque dans les environs, quoiqu'il ne dut pas y en avoir beaucoup vu l'endroit paumé qu'ils occupaient. Et comme chaque fois qu'il avait du temps libre, il le consacrait à... La méditation, bien sûr ! Toujours l'exercice préféré de la jeunesse, oui ma bonne dame, parfaitement !

Encore que, sur ce point, Zeph était là encore assez différent des autres moufflets de son âge. Quoiqu'il adorât lui aussi jouer à toutes sortes de jeux aussi stupides qu'incroyablement amusants (selon les notions quelque peu bizarres des gosses), il était d'un naturel plutôt calme et tranquille. La peur, toujours présente dans leurs vies quant à la possibilité de se faire un jour attraper par les suppôts de l'Empire, ne parvenait jamais à le tétaniser au point de l'empêcher de penser à autre chose. Croyance encourageait dans une certaine mesure ce trait de caractère, arguant qu'il lui fallait pouvoir vivre une enfance à peu près normale. Il avait toujours l'impression qu'il existait une autre raison dont elle ne disait rien à ses encouragements.

Il allait donc probablement mourir. Mais comment donc, me demanderez-vous ? Eh bien parce que, comme chaque jour, il était en tailleur, assis par terre, se concentrant comme le lui avait appris Croyance, tentant de faire le vide dans son esprit et de rester aussi calme qu'alerte. En général, ça marchait. Plus ou moins bien. Il était difficile, même pour un gamin tranquille comme lui, de faire le vide et rester concentré, surtout sur une longue durée. Parfois, ça ne marchait tout simplement pas malgré tous ses efforts. Dans ces cas-là, il savait qu'il lui fallait passer à autre chose parce qu'il n'arriverait à rien pour la journée. Ce jour-là, ça avait marché... Un peu trop bien.

Cela avait commencé par la sensation confuse d'une présence quelque part dans son esprit. Comme la voix d'un vieil ami qui lui manquait depuis longtemps mais dont il était incapable d'entendre ni de comprendre les paroles. C'était pourtant sans importance car il sentait qu'il pouvait ressentir ces mots, quoi que ça puisse bien signifier. Cette voix l'attirait à elle, toujours plus chaque fois qu'il l'entendait. Il avait pris conscience qu'en fait, chaque séance de méditation pratiquée depuis des mois, il l'entendait. Seulement maintenant était-il capable d'y réagir. Aussi, poussé par la curiosité, il tendit la main pour la toucher. En pratique, il étendit son esprit, sa pensée, d'une façon qu'il ne comprenait pas. Ou était la vieille femme quand on avait besoin de ses lumières ? Pas là.

Ce qui se passa ensuite, il lui faudrait attendre le retour de Croyance pour qu'elle le lui explique parce que lui n'en avait pas eu la plus petite idée. Toujours est-il que d'un coup, ouvrant les yeux, il s'était retrouvé au-dessus d'un des rochers du toit de leur grotte du moment, d'un coup, comme ça. Dans une position franchement pas confortable puisqu'il pouvait à tout moment basculer pour aller se casser la figure quelques mètres plus bas. Sous réserve qu'il ne glisse pas du mauvais côté, sinon là ça se compterait en dizaines de mètres. Tout va bien se passer Zeph, ne t'inquiètes pas.

Évidemment, l'affaire le rendit légèrement inquiet. Juste un peu, rien de bien grave. Après tout, mourir c'est la vie, y a rien de bien dramatique. Disons qu'heureusement pour son orgueil, personne n'était là pour voir le spectacle d'un gamin hurlant et pleurant à chaudes larmes tant il avait la trouille. Et toujours pas de signe de retour de la vieille bique sinon c'est pas drôle ! Après un long moment passé à se lamenter et à maudire la vie, l'univers et tout le reste (sauf lui) pour sa situation problématique, le gamin tenta de se concentrer de nouveau, fermant les yeux pour méditer. Après tout, c'était comme ça qu'il était quand ça avait commencé alors...

O miracle, l'effet inverse fonctionna et, d'un coup, après ce qui sembla une éternité à rester immobile, pas loin de tomber de haut à tout instant, il rouvrit les yeux et se découvrit de nouveau sur le sol de la grotte, sain et sauf. Ce n'était finalement pas aujourd'hui qu'il allait mourir. Ouf ! Quand il allait raconter tout ça à Croyance alors ! Elle n'allait pas le croire !

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Il s'avèra qu'elle le crut plutôt facilement en fait. Par contre elle n'apprécia pas particulièrement le fait qu'il ait réagi de façon aussi stupide et inconsciente. Il eut droit à un savon mémorable et il s'en fallut de peu qu'il finisse sans repas du soir. Bon, le fait étant que vu leurs vies plutôt dénuées, c'eut été mauvais pour sa santé et c'était surement la seule chose qui l'empêcha de le punir aussi sévèrement. Le gamin, bien entendu, ne comprenait pas du tout ou était le souci. Il trouvait après coup que ça avait été formidablement drôle et il avait plutôt hâte de recommencer. Mais il n'était pas non plus inconscient au point de ne pas comprendre que bon, il faudrait quand même penser à lever le pied la prochaine fois. Confirmation immédiate de la part de la vieille femme.

Tu te rends compte du risque tu as pris au juste ? Tu as vraiment eu de la chance de ne pas te blesser ou pire ! Bon sang Zeph, utilise un peu ton cerveau !
Mais enfin, je vais bien alors il est ou le problème ! Y a pas eu mort d'homme !
Ça aurait très bien pu, espèce de sale petit filou !

Elle semblait sur le point de jurer, chose qu'il ne l'avait jamais vue faire depuis presque un an qu'il vivait avec. Signe qu'il avait effectivement déconné dans les grandes largeurs ?

Ben explique-moi dans ce cas ! Comme ça je recommencerai pas !
Tu as utilisé la Force de façon instinctive. Tu as agi sans réfléchir ni peser les conséquences de tes actes. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Ce n'est pas comme ça qu'un Jedi doit se comporter.
Je suis pas un Jedi ! Je vois même pas comment je pourrais en devenir un d'ailleurs !
Parfois je me demande si tu n'es pas simplet. Je n'aurais jamais dû accepter de te recueillir...
Mais qu'est-ce que tu veux dire à la fin ? Comment veux-tu que je devienne un Jedi si j'ai personne pour m'apprendre à...

Oh. Zut. Il venait de piger. C'était pourtant tellement évident qu'il aurait dû le voir venir. Les pièces se mettaient en place. Ses rêves parfois durant son enfance. Ses facultés à ressentir certaines choses. La fuite de sa maison pour sa protection. L'incident de ce matin. Comment avait-il pu ne pas le comprendre.

Tu... Tu es un Jedi, c'est ça ?

A voix basse et sur un ton respectueux, légèrement apeuré. Pas de raison de la craindre pourtant mais réaction normale, à postériori.

Jadis, il y a bien longtemps. J'étais un Chevalier Jedi. Et puis l'Empire est arrivé, nous avons dû fuir ou mourir. Nous cacher pour survivre. Et voilà comment j'ai atterri sur Ruusan, dans ces montagnes reculées.

Elle lui raconta alors son histoire. Elle lui parla de l'Ancienne République. De la Guerre. De l'avènement de l'Empire. De la Purge avortée. Des Sith. Des Jedi. Elle lui raconta tout. Il sentait sa tête sur le point d'exploser sous le flot des questions qu'il mourait d'envie de lui poser. Quand elle eut enfin fini, faisant fi de sa fatigue et de l'heure tardive, il l'en bombardait sans s'arrêter. Il en était incapable. La curiosité propre à un enfant découvrant vivre avec un Jedi pouvant lui apprendre à en être était par trop inarrêtable. Elle lui répondit de son mieux, même si beaucoup de ses questions restèrent sans réponse ou incomplètes. Il en fut profondément frustré mais comprit qu'elle ne cherchait pas à lui berner. Il n'était pas encore prêt à tout comprendre, voilà tout. La seule vraie question qui comptait était celle dont il attendait et redoutait le plus la réponse.

Je vais devenir un Jedi moi aussi ?
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By Zeph Mathuin
#39793
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Le jour était finalement arrivé. Celui ou il allait pouvoir prouver tant à lui-même qu'à Croyance qu'il était digne d'être ce qu'il rêvait de devenir. Au réveil, il bondit hors de sa rudimentaire couchette, aussi frais et dispo que s'il avait dormi toute une journée. Elle était déjà debout quand à elle et sentait l'excitation du jeune homme. Elle eut un faible sourire, il lui rappelait sa propre jeunesse il y avait bien longtemps de ça. Elle avait été comme lui à une époque. Naïve et impatiente de faire ses preuves. Désireuse de vivre les palpitantes aventures des Jedi. Le temps s'était bien chargé de lui ôter toutes ses illusions à ce sujet. C'était difficile mais elle s'efforçait de ne pas laisser paraître ses regrets et son amertume. Zeph méritait mieux que ça. Près de 4 années avaient passé depuis qu'elle avait réellement commencé à le former aux arts Jedi. La route avait été longue et semée d'embûches. Bien qu'il fut enthousiaste et avide d'apprendre, Zeph était souvent par trop impatient et avait du mal à se concentrer. Le gamin un peu empoté mais toujours joyeux était toujours présent, quoiqu'il était devenu un peu plus sérieux et attentif avec le temps. Du haut de ses 15 ans, on aurait eu du mal à le croire. Il avait toujours des difficultés à rester concentré et ses longues heures de méditation n'avaient pas franchement arrangé les choses même s'il s'efforçait de toujours donner le meilleur de lui-même.

C'est aujourd'hui que ça se passe Maître Croyance !
Oui Zeph, c'est aujourd'hui. Calme-toi un peu, qu'est-ce que je t'ai dit ? Il n'y a pas... ?
… D'émotion, il y a la paix ! Je sais je sais !

Le jeune homme prit un air renfrogné qui disparut bien vite de son visage pour être remplacé par une expression agacée avant qu'il ne se reprit. Mieux valait ne surtout pas donner de raison à son maître de le croire finalement pas encore prêt à passer l'épreuve. Ça faisait bien trop longtemps qu'il attendait cette fatidique journée.

Tu te souviens de ce que je t'ai dit n'est-ce pas ?
Oui, je dois faire bien attention à me comporter comme un paysan tout à fait normal si jamais je vois passer un véhicule quelconque et surtout si ce sont les impériaux. Baisser la tête et continuer ma route sans me préoccuper d'autre chose jusqu'à ma destination.
Ensuite ?
Chercher comme tu m'as expliqué une formation de cristaux et me laisser guider par la Force jusqu'à un site prometteur. Si mon destin est de trouver ce que je cherche, alors j'y arriverai.
Et quand ce sera fait ?
Revenir tout aussi discrètement jusqu'ici puis m'isoler dans la caverne de méditation pour m'y préparer et me purifier puis quand je me sentirai prêt, me lancer.
Bien. Tu es donc fin prêt jeune padawan. Vas-y. Je te fais confiance. Que la Force soit avec toi.

Le jeune homme sembla vouloir ajouter quelque chose, peut-être la rassurer ou se rassurer lui-même. Ou bien lui servir une platitude du style « tu sais je t'aime bien Croyance, tu es un peu comme la mère que j'ai jamais eue ». Il ne fit rien de tout ça, se contenta de hocher la tête pour dire au revoir, enfiler son manteau quelque peu usé par le temps et son sac à dos puis sortir de la grotte, entamant le début de sa longue route. Il reviendrait dans quelques jours ou ne reviendrait pas. En son for intérieur, elle craignait que la seconde possibilité n'advienne. Elle espérait, priait la Force de le guider pour que ce soit la première qui se réalise. Du reste, elle ne comptait pas intervenir dans cette épreuve que le garçon devait affronter seul. Pas directement du moins. Mais malgré son âge et les souffrances, elle était encore capable de quelques tours. Il ne le saurait pas mais elle serait toujours là, non loin. A observer et à guetter. Au cas ou.

Qu'il était étrange de se promener librement sur les plaines de Ruusan. Ce monde était le sien et pourtant il n'en connaissait pratiquement rien en dehors des montagnes et du vieux village ou il avait vécu enfant. Il se demanda si Oncle Doj et Tatie Cléclé y vivaient toujours. Étaient-ils même toujours en vie et bien portants ? Croyance avait toujours refusé de lui répondre quand il posait la question. Devait-il croire que c'était pour ne pas avoir à lui avouer que le pire était arrivé ? Ou bien pour empêcher qu'il ne soit tenté d'y retourner et les mette tous en danger ? Parfois, la tentation avait été grande mais il ne l'avait jamais fait. Il savait très bien que ça lui était impossible. C'était difficile mais il avait fini par réaliser qu'il ne les reverrait vraiment jamais, quoi qu'il soit advenu d'eux.

Le long chemin qui le mènerait aux cavernes de cristaux était monotone et un peu ennuyeux. Les conditions de vie dans les montagnes avec son maître avaient fait de lui jeune homme taillé pour survivre, avaient dessiné une silhouette tout en finesse, avec suffisamment de muscles et bien peu de graisse. L'entraînement physique intense auquel elle l'avait soumis y était également pour quelque chose. Ces dernières années l'avaient vu apprendre avec une voracité indécente tout ce qu'elle estimait nécessaire pour faire de lui un bon Jedi en devenir. S'il aimait particulièrement leurs séances de duel avec des épées de bois grossièrement taillées par la vieille femme, il avait appris à apprécier également leurs séances de méditation et celles plus théoriques sur la nature de la Force, les devoirs d'un Jedi et surtout, la meilleure façon d'utiliser ses pouvoirs. Il sentait pourtant avec le temps qu'il manquait quelque chose qui lui semblait vital à sa formation.

Elle lui avait appris à se défendre, à manipuler par la Force tant les esprits malléables des gens que son environnement. Elle lui avait appris, de façon plus théorique qu'autre chose faute de mieux, à piloter des véhicules. Elle avait commencé à l'instruire sur des sujets aussi divers que la politique, les autres cultures et races de la galaxie et tant d'autres sujets dont il n'était même pas certain qu'une partie lui servirait un jour ou l'autre. Mais elle ne lui avait toujours pas dit quand et comment il pourrait véritablement se rendre utile. Être un Jedi c'était bien beau mais si il devait être réduit à rester caché comme un rat-womp sur Ruusan, il ne voyait pas bien comment il pourrait faire son devoir ni aider la galaxie. Il serait parfaitement inutile à quiconque ici bas. Il était déterminé à lui poser la question une fois sa quête accomplie. Il commençait à trépigner à force de rester caché quand toute une galaxie d'aventures palpitantes et de nobles causes à défendre l'attendait. Il voulait se rendre utile. Il était, comme tous les jeunes de son âge, persuadé de sa propre immortalité et que rien de mauvais ne pouvait lui arriver.

Par chance, il ne croisa personne sur le chemin qui le mena aux cavernes. A l'intérieur pourtant, il fit une rencontre tout à fait inattendue et qui se révéla aussi bienvenue que surprenante. A peine mit-il les pieds à l'intérieur et commença-t-il à chercher un signe de cristaux qu'il vit une petite silhouette par terre se diriger vers lui à toute vitesse. Surpris, il bondit de côté, croyant qu'elle se jetait sur lui mais elle s'arrêta à un mètre de lui et le fixa de ses grands yeux. La petite créature était de forme ronde, n'avait pas de bouche ni d'autres membres que sa grosse tête. Elle se contentait de le fixer.

Toi ami ?
Hein ?

Il avait entendu une voix mais la bestiole n'avait pas de bouche, il en était certain. Pas plus que d'oreilles ni de nez. Juste ses grands yeux qui l'observaient avec un mélange de curiosité et de bienveillance. Ce fut alors qu'il comprit à quoi il avait à faire : un Bondissant.

Oh ! Dis donc toi, qu'est-ce que tu fais ici ? Comment tu t'appeles ? Moi c'est Zeph.
Moi Tobo. Zeph ami ?
N'aie pas peur, je te ferai pas de mal. J'ai toujours voulu rencontrer un Bondissant. Dire que je vis ici depuis 15 ans et c'est seulement maintenant que ça arrive. Bon, en même temps depuis cette foutue guerre il y a si longtemps vous n'étiez plus très nombreux...
Guerre ?
Hon ? Fais pas attention, je parle souvent tout haut et je dis des bêtises. Qu'est-ce que tu fais là petit Tobo ?
Zeph besoin d'aide.
Euh...

Il avait beau déjà apprécier cette petite boule de poils, il ne voyait franchement pas comment elle allait pouvoir l'aider à remplir sa mission. Il songea à expliquer au Bondissant que c'était gentil de sa part mais qu'il pouvait se débrouiller merci, tu peux rentrer chez toi maintenant c'était vraiment super de te rencontrer. Mais il s'en abstint. Quelque chose lui disait que Tobo le suivrait quand même et il n'avait ni le temps ni l'envie de le convaincre du contraire. Il pressentait que la seule façon de le faire partir serait de lui faire peur et il s'y refusait. Le Bondissant était certainement curieux et, d'une façon ou d'une autre, avait dû le voir de loin entrer dans les cavernes avant de le suivre.

Écoute, j'ai quelque chose à faire ici. Tant que tu me déranges pas tu peux venir aussi si tu veux.

Le Bondissant hocha sa tête ou son corps, difficile à dire ce qu'il en était au final puisque les deux semblaient un peu se mélanger chez ces créatures. Le garçon se mit alors en quête de ce pour quoi il était venu. Les résultats furent franchement décevants. Les cavernes étaient énormes et parcourues de multiples tunnels couvrant une grande superficie souterraine. Les explorer seul se révélait long et laborieux et s'il ne croisait aucun danger jusque-là, il ne trouvait rien de bien intéressant non plus. Frustration et impatience grandissaient au fur et à mesure de ses déconvenues. Parfois il trouvait bien quelques cristaux mais la plupart étaient comme morts. En tout cas ils ne correspondaient pas à la description que lui en avait faite son maître et quand il sondait tant avec la Force que ses mains, il avait le pressentiment de perdre son temps. Après des heures passées à chercher en vain, il s'avoua vaincu... Pour cette journée.

Bon, je reprendrai les recherches demain, il commence à se faire tard, faut que je me repose un peu histoire d'être frais pour demain. Il est temps de poser son camp et casser la croûte.
Croûte ?
Manger, Tobo. T'as faim ? Enfin je sais pas si vous mangez ni ce que vous mangez. Je te préviens j'ai pas grand-chose, on va pas crouler sous les provisions mais ça nous permettra de tenir demain.

Curieux, le Bondissant fixa la petite tranche de viande séchée qu'il avait sortie de son sac à dos. A l'évidence, il avait l'air de croire que c'était un jouet ou un truc du genre parce qu'il ne faisait pas mine de vouloir le croquer. Zeph le lui tendit plus avant et lui fit signe de se rapprocher.

Allez n'aie pas peur, c'est pas empoisonné. Viens donc près de moi pour manger. Promis juré, c'est mangeable. Quand à être bon... J'aime beaucoup maître Croyance mais entre nous, sa conception de la cuisine ferait certainement fondre en larmes un cuistot digne de ce nom.

Finalement, intéressé, le Bondissant se rapprocha puis ouvrit grand sa bouche pour avaler d'une seule bouchée le morceau. Au passage, il faillit bien engloutir sa main mais c'était assurément un détail. Le jeune homme l'ôta juste à temps pour ne pas finir handicapé.

Évite quand même de me bouffer au passage bougre d'âne !
Zeph en colère ?
Évidemment que je le suis, t'as bien failli me gober la main, empoté ! C'est quoi ton problème ? Tu comptes me... Oh et puis zut, laisse tomber, c'est pas la peine de revenir là-dessus. On va méditer un peu et ensuite dodo, okay ? Je savais que le programme de la soirée te plairait.

Cette nuit-là, ses rêves lui semblèrent particulièrement agréables, même s'il n'en garda aucun souvenir au réveil. Le Bondissant s'était lové sur son ventre pendant qu'il dormait. Le choc en ouvrant les yeux de voir cette boule de poils à quelques centimètres de son visage suffit à le réveiller pleinement et pousser un petit cri. Alerté, Tobo se précipita au loin pour se cacher. Passé le moment de panique, Zeph se mit à rire de soulagement puis, constatant qu'il avait effrayé la créature, s'approcha à pas lents pour la réconforter. Ce fut le seul moment positif de la journée.

Les 2 jours suivants furent tout aussi improductifs que le premier. Il n'y avait véritablement et vraisemblablement plus rien qu'il puisse utiliser. Plus aucun cristal qu'il puisse prélever, rien du tout. Chaque nouvel échec dans ses recherches le rendait toujours plus frustré et l'énervait. Au bout du 4e jour vain, le désespoir l'avait finalement envahi. Il était empli de honte à l'idée de devoir rentrer les mains vides. Qu'allait penser son maître de son incapacité à remplir une tâche aussi simple ? Comment pouvait-il se prétendre un Jedi en devenir s'il n'était même pas capable de retrouver un simple cristal qui lui permettrait de confectionner son propre sabre laser ? Peut-être qu'au demeurant il n'était finalement pas digne d'en être un. Peut-être que cette épreuve avait été un test pour s'assurer qu'il soit le padawan qu'elle attendait. Dans ce cas, elle risquait de subir une grosse déconvenue.

Il n'osait pas partir pour rentrer tant il avait honte de lui mais il ne voulait plus rester dans ces cavernes qui ne lui rappelaient que son échec. Le désespoir fit place à la fureur quand il réalisa que ses rêves n'allaient finalement jamais aboutir et lui resterait un gamin comme les autres, vivant une vie de reclus dans les montagnes, n'ayant pas même le droit de vivre normalement. C'était injuste ! Il n'avait rien fait pour mériter ça ! Rien du tout ! Les larmes se mirent à couler sur ses joues tandis qu'il sentait enfler en lui une rage folle. Il sentit également qu'elle lui apportait une forme de réconfort. La colère...

Zeph, calme.

Une furieuse envie d'injurier et frapper le Bondissant l'emplit avec une telle force qu'elle lui coupa le souffle. De quoi il se mêlait ce sale machin ? On lui avait pas demandé son avis à cette chose. Il n'avait été utile à rien à part lui siffler le peu de nourriture qu'il avait en réserve. Il aurait dû le chasser à coups de pieds pour être tranquille dès l'instant ou il l'avait vu. Ça pouvait encore s'arranger d'ailleurs. Il allait le faire, il allait lui montrer combien il l'avait mis en colère et combien il valait mieux éviter d'énerver un J...

La colère !

Titubant soudainement, comme sous le poids d'une force incontrôlable, Zeph se prit la tête dans les mains. Il n'y a pas d'émotion, il y a... Conneries ! La paix ne lui avait jamais rien apporté ! Est-ce que la paix lui avait permis de rester vivre au village avec sa famille ? Est-ce qu'elle l'avait aidé quand l'Empire s'était mis à le traquer parce que quelqu'un leur avait signalé qu'il était différent ? Est-ce que la paix l'avait aidé à vivre mieux dans ces montagnes pourries avec cette vieille folle ? Est-ce que la paix lui avait montré le chemin pour trouver ce foutu cristal qu'il cherchait désespérément ? Non !

La paix était un mensonge, voilà tout. S'il avait été plus fort, plus prompt à se battre au lieu de fuir, au lieu d'obéir sagement, s'il avait accepté de faire face à ses peurs au lieu de les fuir comme un lâche, il n'en serait pas là maintenant ! La paix ne valait pas un clou ! La paix ne lui avait rien apporté et ne lui apporterait rien ! La paix...

« Les guerriers de l'Ombre ne pouvaient finalement pas gagner contre ceux de la Lumière parce qu'ils étaient trop énervés pour voir combien ils avaient tort. Ils ne comprirent pas, dans leur folie furieuse, que leur dernière tentative pour vaincre leurs ennemis allait se retourner contre eux. Et ceux de la Lumière allèrent à la rencontre de leur destin le cœur en paix, sachant que leur fin était proche mais qu'ainsi, d'autres en seraient épargnés. »

La voix de Qu'un-Oeil lui revint en tête lorsqu'il se rappela ses vieilles histoires sur la Confrérie et l'Armée de la Lumière. Et il réalisa alors que ce souvenir ne venait pas entièrement de lui. Il ouvrit les yeux brillants de larmes de rage pour fixer Tobo. Le Bondissant le regardait de ses grandes prunelles, serré contre ses jambes. Sa fourrure tremblait légèrement, par à-coups. Zeph réalisa alors que la Force vibrait autour d'eux deux, particulièrement du Bondissant. Par une action qu'il ne comprenait pas, la créature semblait générer comme des vagues de paix et de pensées positives, qui rappelaient au jeune homme tous les bons moments qu'il avait passé au cours de sa jeune vie.

Zeph aller mieux maintenant ?

Le Bondissant le regardait, préoccupé, la voix dans sa tête, comme il l'avait réalisé, s'exprimant par télépathie. Respirant profondément, s'efforçant de retrouver son calme, le padawan prit dans ses bras la petite créature et la serra fort.

Oui ça va mieux, merci Tobo. T'es un vrai ami. Heureusement que tu es là.

Restait toutefois, le soulagement passé, que la réalité s'imposait finalement à lui. Il avait échoué et devait maintenant rentrer pour rendre compte à son maître. Il espérait que sa déception ne serait pas trop grande. Essayant au mieux de digérer ses regrets grandissants, Zeph se leva et fit mine de ranger son attirail pour reprendre sa route quand il vit le Bondissant se précipiter jusqu'à un effleurement de cristaux qu'il avait déjà examiné sans rien y voir d'intéressant.

Zeph venir.

Peu désireux de s'infliger une nouvelle désillusion, le garçon fut tout de même intrigué. Il décida de vérifier quand même, ça ne lui coûterait que quelques instants puis il partirait. Ce qu'il découvrit le fit pousser un cri de joie passé l'instant de stupeur, avant de prendre dans ses bras le Bondissant et se mettre à danser de façon frénétique. Si Tobo avait peur, il ne le montrait pas. Il semblait plutôt ne pas comprendre exactement la situation même s'il se laissa emporter par la joie du jeune homme.

Je l'ai Tobo, je l'ai ! Un cristal de sabre pour mon futur sabre laser ! On a réussi Tobo, on a réussi !

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Sîtôt le précieux trésor en main, le jeune homme eut du mal à conserver son calme et tempréer son excitation. Il n'en oublia pas de rester prudent tout le long du chemin de retour mais se sentait bouillir d'impatience et était exaspéré par la nécessité de progresser à un rythme suffisamment lent pour tromper d'éventuelles personnes qu'il croiserait. La fougue de la jeunesse, que voulez-vous. Lorsqu'il fut enfin en vue des montagnes, il s'en fallut de peu qu'il ne se mettre à gamberger comme un lapin. A la vérité, la simple présence d'un Bondissant à ses côtés aurait déjà dû largement intriguer quiconque l'aurait croisé sur la route. Fort heureusement, les routes de ce côté-ci de la planète restaient le plus souvent désertes.

Tout le long du trajet il n'avait cessé d'accabler la petite bestiole d'un flot constant de bavardages. Eut-elle été une personne qu'elle l'aurait depuis longtemps étranglé pour le faire taire. En l'occurrence, Tobo semblait aussi curieux qu'intéressé d'entendre tout ce que le jeunot avait à dire, quand bien même il n'en comprenait pas le quart. Zeph ne comprenait pas bien pourquoi le Bondissant avait continué à le suivre, ni même comment de base il avait pu arriver dans les cavernes au même moment que lui. Peut-être était-ce là la volonté de la Force après tout. Son maître aimait à lui rappeler que la Force influençait toute chose et qu'on ne pouvait jamais vraiment savoir quelle part de sa vie était due au hasard ou à l'influence subtile de la Force.

Il savait en tout cas que le Bondissant en usait d'une façon atypique, notamment pour communiquer. Il avait réalisé que lorsqu'il avait été au désespoir dans les cavernes, des projetions de ses meilleurs souvenirs l'avaient aidé à se détourner de la fureur et la folie furieuse qui avaient menacé de l'emporter. On disait de ces créatures qu'elles pouvaient projet des pensées et émotions positives pour aider et réconforter. Peut-être la Force lui avait-elle envoyé Tobo pour l'aider dans son épreuve. Pour lui rappeler qu'il y avait toujours de l'espoir. Il était déterminé à ne pas gâcher cette chance, qu'elle lui eut été produite par la Force, le destin, la chance ou un Bondissant curieux. Malheureusement, ce fut lorsqu'ils furent arrivés au pied de la montagne ou il vivait avec son maître que leurs chemins durent se séparer. La petite créature ne pouvait pas le suivre là-haut, faute de mobilité. Il l'aurait avec plaisir aidé mais Tobo semblait avoir peur de la montagne. La hauteur peut-être. Du reste, il lui projetait des images d'autres Bondissants, peut-être sa famille ou des amis. Il était clair qu'il devait aller les retrouver. Ce fut avec une profonde tristesse qu'il se trouva contraint de dire au revoir à la petite créature toute gentille qui avait tant fait pour lui. Et il n'avait même pas su le remercier comme il convenait ni lui rendre la pareille.

Zeph pas coupable, Tobo content.

Ce fut la dernière fois qu'il entendit la voix du Bondissant résonner dans sa tête. Et la dernière fois qu'il le vit lorsque la boule de poils s'en alla. Le cœur lourd, il songea que joie et douleur étaient visiblement mélangés de façon bien trop intime dans la vie. A peine s'était-il fait un ami qu'il appréciait sincèrement que déjà ils devaient se dire au revoir. Le danger de l'attachement dont ne cessait de le prévenir Croyance devait venir de là. Cette douleur était trop grande pour être supportable. Pourtant, quelque part, il n'était pas d'accord. La vie n'avait aucune valeur si on ne s'attachait à rien ni personne. C'était justement cette douleur issue de la perte qui rendait si précieux ces liens que l'on tissait avec des gens.

Heureux, malgré sa tristesse, d'avoir pu connaître Tobo, le padawan reprit son ascension jusqu'à la grotte ou l'attendait sa nouvelle tâche. Réunir tous les matériaux nécessaires à la confection n'avait pas été une sinécure, vu le trou paumé dans lequel ils vivaient. En vérité, il soupçonnait fortement son maître d'en avoir prélevé une bonne partie sur son propre sabre laser. Si c'était le cas, cela signifiait qu'elle avait dû sacrifier sa propre arme pour lui permettre de construire la sienne. Une preuve de confiance assez renversante dont il était honoré, malgré ses doutes sur le mérite qu'il en avait. Allait maintenant venir la partie la plus difficile de son épreuve mais il se sentait prêt. L'excitation le faisait légèrement trembler et il s'obligea à se calmer, s'octroya une méditation intensive afin de ramener la paix et la sérénité en lui. C'était vital pour la suite.

Quand enfin il se sentit empli d'une profonde tranquillité intérieure, il déroula le petit sac de toile contenant tout le nécessaire afin de pouvoir contempler chaque matériau. Chacun était le fragment d'un tout, qui pris séparément n'était ni impressionnant ni utile à grand-chose. Mais avec suffisamment d'astuce et de créativité, on pouvait tous les assembler pour créer quelque chose de bien plus important. L'esprit détaché et calme, Zeph se mit au travail, assemblant tant de ses propres mains qu'en communiant intérieurement avec la Force chaque partie de ce tout. Le travail lui prit des heures et le força à aller puiser jusque dans ses dernières ressources tant il s'efforçait de ne commettre aucune erreur. Pour lui, la création de son sabre laser n'impliquait pas uniquement d'assembler des trucs de ci de là. Il s'agissait de directement lier à cette arme une partie de son essence. L'arme d'un Jedi devait être l'âme de ce Jedi avant tout.

Quand enfin il eut fini, ce fut d'une main tremblante qu'il saisit la poignée du sabre, craignant presque de l'activer pour en contempler le résultat, retardant l'inévitable. Il s'amusa de contempler et absorber chaque microdétail de la poignée comme s'il craignait d'en perdre une miette. La fascination dont il fit preuve ne lui échappa pas et il finit par s'en amuser en gloussant. Finalement, presque à regret, il appuya sur le petit bouton au bout de la poignée et vit la lame d'un bleu intense se déverser depuis la poignée. Il resta interdit, fasciné par le spectacle de la lame. Il avait finalement réussi, il avait crée son propre sabre laser. A présent, il était vraiment un Jedi. Enfin, un padawan Jedi plutôt. Bon, ça sonnait moins glorieux c'est vrai mais ça restait une victoire.

Il se dépêcha d'éteindre la lame avant de se précipiter hors du sanctuaire. Il devait montrer ça à son maître immédiatement.

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Une victoire reste une victoire n'est-ce pas ? Particulièrement quand on est jeune et encore insouciant. Enfin, j'avais à l'époque bien compris les dangers que nous courions, Croyance n'avait pas cessé de me mettre en garde avec force détails après tout. Elle me félicita pour ma réussite, quoique sans enthousiasme exagéré. Elle était fière mais ne le montrait pas beaucoup. Parfois, je me dis que mon caractère enjoué s'est forgé en réponse au sien, plus renfermé et mélancolique. Bien sûr, je comprenais pourquoi elle était comme ça. Ce qu'elle avait vécu aurait brisé la plupart des gens, comme ses camarades Jedi rescapés de la Purge. Comme elle l'avait dit lorsque je l'avais rencontré, elle représentait le passé. Moi, j'étais l'avenir. Un avenir qu'elle craignait autant qu'elle espérait. Je pense que le traumatisme que les anciens avaient vécu les avait marqué au point de leur enlever quasiment tout espoir, même quand ils s'efforçaient d'y croire. Pouvait-on le leur reprocher ?

Mon apprentissage continua après cela. J'appris à me défendre au sabre laser. Je réalisai alors, lorsqu'elle m'expliqua le concept des Formes de combat et me les décrivit une par une, que je ressentais instinctivement un lien avec la Forme III, le Soresu. On pourrait croire qu'avec mon caractère enjoué et enthousiaste, j'aurais préféré une forme plus exubérante comme l'Ataru mais non. Je considère comme bien plus efficace le fait d'économiser au maximum ses ressources tout en épuisant l'adversaire jusqu'à finalement pouvoir lui placer un contre dévastateur. Je reconnais que je me bat sans aucune élégance mais en vérité, je m'en moque. L'efficacité d'abord, le fond primera toujours sur la forme. Je préfère laisser aux jeunes le soin de faire les marioles avec de grands mouvements exagérés et des bonds partout. Au final, ils s'épuisent vite et finissent par mordre la poussière, je reste debout.

Bien évidemment, plus j'apprenais et plus je me posais la question qui me brûlait les lèvres : quand allais-je être prêt ? Quand pourrais-je enfin quitter la montagne et pouvoir me rendre utile ailleurs ? Croyance évitait toujours soigneusement le sujet lorsque je l'évoquais et par respect pour elle, je n'insistais pas. Mais plus le temps passait et plus ma frustration grandissait. Je savais que je ne serais pas prêt comme l'aurait souhaité mon maître avant des années voire plus. Je savais qu'en dehors de notre petit chez-nous, la galaxie nous était suprêmement hostile. Je le concevais. Mais j'étais jeune et je me croyais immortel. Je me pensais capable de me défendre seul et que rien ne saurait m'arrêter. Les Jedi sont des guerriers valeureux et des héros de légende après tout.

J'avais dépassé les 20 ans lorsque je trouvai enfin le courage de l'affronter de face. Je lui réclamai le droit d'enfin pouvoir me rendre utile ailleurs, là ou on le pouvait. Même un endroit aussi éloigné de tout que le nôtre ne pouvait nous isoler complètement. Nous recevions des nouvelles chaque fois que nous allions nous ravitailler dans les rares villages environnants. Nous savions que l'Empire avait essuyé un sérieux revers sur Yavin, vaincu par les Rebelles actifs depuis des années. Nous avions même appris que l'un des héros de cette bataille était peut-être bien un Jedi. Nous avions également appris que quelques années plus tôt, un nouvel Ordre Jedi, l'Ordre d'Ossus, avait tenté de rallier à lui en secret les rescapés de la Purge. Cela, c'était grâce aux contacts fugaces qu'avait mon maître avec les visions que lui prodiguait parfois la Force. Je pensais que le temps était venu.

J'affrontai mon maître pour lui affirmer que nous ne pouvions plus nous cacher ni rester neutres dans ce conflit. L'Empire n'était plus tout-puissant, nous pouvions, nous devions rallier les Rebelles et nos frères et sœurs Jedi qui s'étaient joints à eux. Nous devions faire en sorte que cette Guerre Civile Galactique s'achève par la victoire des Rebelles et des Jedi. Elle, bien sûr, ne voulait rien entendre. Elle voulait croire qu'effectivement l'impensable puisse advenir et les Jedi renaître de leurs cendres. Mais le poids du passé l'empêchait d'y voir autre chose qu'un rêve utopique. Elle s'accrochait au désespoir et à la peur d'une façon qui m'irritait passablement. Je me sentis obligé de lui rappeler le Code Jedi et les préceptes de notre Ordre comme si j'étais le maître et non l'apprenti.

Dire qu'elle n'apprécia pas la manœuvre relèverait de l'euphémisme. Mais elle consentit à m'écouter.


« Si nous restons cachés dans les ombres, comment pourrions-nous servir la lumière ? Si nous nous cachons, comment faire renaître l'Ordre et ses idéaux ? Vous m'avez appris qu'il n'y avait pas d'essai, seulement des actes ou non. De même, nous ne pouvons pas rester là à croire qu'en poireautant au milieu de nulle part, nous resterons des Jedi. La prudence était nécessaire pour notre survie mais maintenant, il est temps de rejoindre le combat. La Force nous a adressé un appel en envoyant ce Skywalker défaire l'Empire. Nous devons l'écouter et y répondre. »

Bien sûr, je ne savais rien sur Skywalker ni sa filiation. Je ne pouvais comprendre pourquoi ce simple nom faisait tant trembler mon maître et tous les rescapés de la Purge. Mais il fallait pourtant qu'elle réalise que si un Skywalker avait tout détruit, un autre pouvait tout reconstruire si on l'y aidait. La décision n'était pas facile, d'autant que nous n'avions aucun moyen de quitter Ruusan. Peut-être disposait-elle de quelque contact avec des rebelles ou un intermédiaire mais c'était bien tout. Ce serait dangereux et difficile. Il n'y aurait pas de retour en arrière. Mais nous pourrions y arriver. J'en avais la certitude.

Je la travaillais au corps, la harcelant chaque jour pour lui rappeler notre devoir et nos responsabilités. A force de persuasion et d'acharnement, je finis par la faire plier. Nous allions nous joindre au combat. Lorsque, des mois plus tard, elle m'apprit que nous allions joindre une cellule rebelle active sur Ruusan pour nous en aller rejoindre les Rebelles, je me sentis vivifié et soulagé. C'était comme une forme de légitimation pour moi. Nous allions partir. Enfin, mon destin de Jedi allait pouvoir commencer. Je me sentais prêt. Fort et impatient. Je pensais que rien ne saurait m'arrêter.

J'étais naïf.


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Le problème, quand on est jeune et qu'on croit tout savoir, c'est que la réalité se charge vite de vous rappeler combien on a tort. Et le plus souvent, elle n'y va pas avec le dos de la cuillère. Pour Zeph, on peut dire qu'il avait eu droit au grand chambardement. Si l'enthousiasme juvénile et la folle vivacité de la jeunesse l'avaient aidé à convaincre son Maître de prendre part à la Rébellion à présent qu'ils pouvaient faire pencher la balance, elles furent probablement les seules choses qui lui permirent de tenir durant les longues années de guerre et d'opérations de guérilla. Comme l'a dit un sage, la guerre est la plus horrible invention de l'homme et la guerre civile est la plus horrible des guerres. Des décennies d'un conflit larvé entre une dictature impitoyable et une rébellion aussi frustrée par ses efforts vains que déterminée à continuer ne pouvaient rien engendrer de bon.

Tous les moyens ou presque avaient été jugés bons par les rebelles pour financer la lutte et combattre le grand ennemi et l'Empire n'avait jamais manifesté la moindre limite dans ses actions. Cette dichotomie se révéla incroyablement difficile à vivre pour les rescapés Jedi ayant pris part au combat. Qui était le pire dans ces deux camps, le méchant qui ne se cachait pas de l'être ou le gentil qui pratiquait tant le terrorisme que le trafic d'armes et de drogue pour financer le soulèvement galactique ? Comment pouvait-on justifier pareils actes et les rationnaliser en tant que Jedi ? On lui avait appris une vision du monde et des choses qui était, au fond, terriblement manichéenne. Chaque jour passé dans la Rébellion brisait un peu plus cette dualité simpliste pour mettre en évidence combien il s'était fourvoyé. Et avec cette prise de conscience venaient les interrogations : étaient-ils dans le bon camp ? Pouvaient-ils vraiment justifier ce qu'ils faisaient ? L'Ordre Jedi saurait-il se relever d'avoir participé à un conflit aussi terrible après avoir dû endurer la Guerre des Clones et la Purge ?

Des questions auxquelles il ne trouvait pas de réponse. Croyance était rarement présente à ses côtés car la nécessité l'éloignait le plus souvent de son padawan. Les rebelles comprenaient bien qu'un maître devait rester avec son apprenti mais la Lutte, la Cause, exigeaient que chaque Jedi disponible soit utilisé au mieux. Les ressources étaient comptées et on devait faire du mieux possible avec ce qu'on avait sous la main. Cela n'avait jamais été plus vrai qu'avec les Jedi, seuls capables de lutter contre les agents Sith de l'Empire et les Inquisiteurs. Livré à lui-même, le jeune homme passa la fin de son adolescence et sa vie de jeune adulte aux côtés de soldats, espions, assassins, trafiquants, des individus tous dévoués à un même but commun mais pas forcément aux mêmes idéaux et dont chacun avait sa propre opinion sur le sujet. Il avait tenté d'en discuter avec quelques-uns. Le résultat avait été peu satisfaisant.

L'un expliquait que tous les moyens sont bons, la fin justifie les moyens, ce qui compte c'est de faire tomber ces saletés d'impériaux, peu importent les sacrifices et le prix. L'autre disait que, de toute façon, ils étaient dans le mauvais camp parce qu'aucun des camps n'était le bon. Celle-ci arguait que ce qui unissait vraiment les Rebelles c'était la haine de l'Empire et qu'une fois cet ennemi vaincu, les choses ne s'arrangeraient pas le moins du monde. Celui-là se révélait tout aussi raciste et peu ouvert que ceux qu'il combattait mais, par grief personnel, il mettait sa haine de l'Empire à profit, tant pis s'il lui fallait pour cela se battre aux côtés des aliens. Cette jeune femme avec qui il avait fricoté et auprès de qui il avait même obtenu son premier baiser - heureusement que Croyance n'était pas encore rentrée de mission pour le coup - lui avait dit en riant qu'à ses yeux, tout était secondaire en dehors de la vengeance sur l'Empire qui lui avait tout pris à elle et son peuple.

Même les Jedi, selon à qui on en parlait, ne suscitaient pas forcément une sympathie de tous les instants. Certains rebelles n'avaient aucune affection pour eux, d'autres allant bien plus loin. On leur reprochait l'échec d'avoir empêché l'avènement de l'Empire. Tous les maux du monde étaient de leur fait parce qu'ils n'avaient pas su en protéger la population et beaucoup pensaient que leur décimation était, sinon juste, une conséquence inévitable pour prix de leur échec et qu'on avait plus besoin d'eux pour reprendre les choses en main. Place aux gagnants comme on dit. Ce fut une période sombre pour lui mais aussi, d'une certaine façon, très instructive. Placé face aux contradictions de ses enseignements et aux différences entre l'éducation tranquille en montagne et la pratique pure et dure, il se retrouvait contraint bon gré mal gré de trouver comment intégrer tout cela à ses enseignements sans se renier.

La violence, par exemple, était abhorrée par les Jedi. Elle était, en un sens, le dernier refuge de l'incompétence selon eux. Elle ne devait être utilisée que si tout autre recours avait échoué. Lorsqu'il se retrouvait lancé avec des groupes de soldats sur le front ou dans un escadron de chasseurs avec pour ordre de tirer à vue les impériaux, était-il toujours un Jedi ?
Quand il couvrait un agent rebelle qui était en train de passer un marché avec quelque baron du crime local pour faciliter le passage de cellules rebelles avec leur matériel afin de préparer l'offensive à venir, était-il toujours un Jedi ?
Quand il dégainait son sabre laser et usait de la Force pour tuer, influencer autrui, était-il toujours un Jedi ?
Quand il agissait sous le coup d'émotions et de pulsions aussi violentes et exacerbées, quand il en était réduit à marmotter à voix basse et découragée le Code pour tenter désespérément de se rappeler qui il était, quand il sentait les vies qu'il prenait disparaître, quand il perdait foi en lui et en l'Ordre en voyant ce qu'ils infligeaient à ces mondes qu'ils prétendaient libérer, quand leur lutte entraînait toujours plus de mort, de souffrance et de destruction, était-il toujours un Jedi ?

Qu'était-ce, être un Jedi ?

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La conquête du Noyau par l'Alliance Rebelle se révélait être une opération vraiment moche, encore pire que toutes celles auxquelles lui et son maître avaient pris part depuis qu'ils avaient rejoint le mouvement. Et aucune opération ne s'était révélée plus moche que celle de la prise de Coruscant. La Capitale Galactique avait été un véritable cauchemar, tant dans les cieux qu'à la surface. Les impériaux n'avaient rien voulu lâcher, quand bien même ils savaient déjà ne pas pouvoir empêcher le siège d'être une victoire pour leurs ennemis et alors même qu'ils étaient en pleine débâcle depuis des années.

Le duo avait été au plus fort des combats. Des années de guerre avaient laissé leurs empreintes sur maître et apprenti. Croyance avait semblé de plus en plus distante, effacée et résignée. Une profonde lassitude s'était emparée d'elle au fil des opérations de guérilla et elle paraissait toujours plus renfermée et distraite. Il ne la reconnaissait plus. Quand à lui, la guerre avait achevé rapidement toutes les illusions qu'il s'en était faites. Il avait appris que la pitié face à l'ennemi était une erreur, que chaque petit avantage devait être exploité sans le moindre vergogne. A de nombreuses reprises, la tentation du Côté Obscur avait failli le perde et il s'en était fallu de peu. Chaque fois, l'aide de son maître s'était faite moins efficace et présente. Chaque nouvelle opération rebelle éloignait l'un de l'autre maître et apprenti.

Et le pire fut lorsqu'il apprit que, partout sur la ville-planète, les criminels les plus endurcis et les plus fous avaient été relâchés par des sabotages rebelles afin de compliquer d'autant plus la tâche aux défenseurs impériaux. Certes, il ne doutait pas que pour partie, l'œuvre fut également impériale mais la lutte aux côtés des rebelles lui avait montré qu'eux aussi en étaient capables. Les rues de Coruscants virent le sang couler, la folie et la sauvagerie s'exprimer partout sans distinction. Seule la Force l'empêcha de perdre la raison au spectacle des taulards fous furieux qui se jetèrent autant sur les envahisseurs que les défenseurs mais surtout, surtout, sur les civils désarmés et déjà mis à mal par le conflit. Ce fut là qu'il fut au plus près de basculer, lors d'une sanglante mêlée dans l'un des innombrables districts de la ville-planète.

Le feu et la mort partout, les cris et les hurlements qui montent, qui montent, se mêlent aux bruits de combats. Les tirs de blaster, les batteries de canons antiaériens, les explosions des bombardements et des grenades, la violence qui monte, qui monte, toujours plus grande. La soif de sang qui s'empare de chacun, la haine qui est jetée à la face de l'autre. Il n'y a plus de pitié à attendre d'un côté comme de l'autre, pas de paix, pas de raison. Il n'y a que la guerre. Je sens tout cela et je me demande comment je peux encore être sain d'esprit. Comment ai-je pu, plus jeune, désirer participer à tout ça ? A cette boucherie répétée sur des dizaines de mondes pendant des années, soit disant pour un but plus grand ? Existe-t-il quelque chose qui puisse justifier un spectacle pareil, celui de millions d'individus s'entretuant sans aucune retenue pour des raisons finalement bien stupides ? Comment avons-nous pu en arriver là ?

Chaque fois que je lève mon sabre laser, c'est pour le plonger dans le corps d'un trooper impérial. Quand je tend la main, c'est pour invoquer la Force afin de violemment repousser un ennemi avant qu'il ne me tue, moi ou un de mes frères d'armes. Je suis passé de padawan Jedi idéaliste à vétéran blasé d'un conflit sans fin. Plus rien ne me semble avoir de valeur ni d'importance dans cette guerre interminable. Nous sommes là, sur Coruscant, nous reprenons la capitale galactique et, au bout du tunnel, je vois la possibilité de rebâtir le Temple Jedi et de retrouver mes frères et sœurs Jedi afin de reconstruire notre Ordre. De là, nous pourrons rappeler de toute la galaxie ceux qui se cachaient, trouver les jeunes enfants sensibles à la Force et les guider comme nous l'avons été.

C'était mon rêve quand j'ai poussé mon maître à nous engager dans le combat. Et aujourd'hui, je n'arrive même plus à m'en convaincre. Que pourrions-nous apprendre à ces jeunes ? Qu'avons-nous à leur offrir à part l'amertume d'un conflit qui ne finira jamais ? La certitude qu'au final, nous n'existons que pour endurer les souffrances et combattre, par les armes ou par les mots, ceux qui veulent asservir et détruire ce que nous représentons ? Que tout ça ne finira jamais ? La Force peut-elle vraiment être derrière tous ces terribles évènements qui secouent la galaxie ? Comment peut-on vénérer une chose pareille si c'est le cas ? Croyance m'a parlé des concepts de Force Unificatrice et de Force Vivante. Elle m'a expliqué que par la méditation on pouvait accéder à une forme de transcendance afin de voir l'avenir. Est-ce pour cela que l'Ordre a fini par succomber ? Pour des visions d'un avenir qu'il n'a ni vu ni pu changer ? Quel était l'intérêt ? Elle m'a finalement bien plus enseigné les principes de la Force Vivante et je l'en remercie. L'avenir n'a aucune importance si le présent est perdu. Et je me demande si nous ne sommes pas en train de le perdre malgré que nous gagnons cette guerre.

Est-ce que nous n'avons pas fait une erreur quelque part ? On nous enseigne que les Sith des monstres, assoiffés de pouvoir et de destruction, qu'ils veulent plonger la galaxie dans la guerre et la misère. Mais que sommes-nous en train de faire ici ? Qu'avons nous-déclenché partout dans cette galaxie ? En quoi sommes-nous meilleurs qu'eux ? Comment peut-on avoir engendré un tel massacre et prétendre que le sang et les cadavres qui nous entourent n'existent pas ? Ces morts et ces destructions, étaient-elles aussi "pour le plus grand bien" ? Comment un avenir meilleur pour tous peut-il advenir de tout ceci ? Comment bâtir un monde heureux et en paix avec des matériaux aussi médiocres ? On ne peut acheter la paix avec le sang de la guerre. Je regrette que Croyance ne soit pas là pour m'éclairer. Elle a voulu me prévenir sur Ruusaan quand j'étais impatient mais je ne l'ai pas écoutée et voici le prix à payer. A quel point suis-je responsable du carnage que je contemple de mes yeux ébahis ?

Je vois la mort, la haine, la violence. Je vois des voisins qui s'entretuent pour montrer qu'ils sont dans l'un ou l'autre camp. Je vois des soldats rebelles exécuter froidement des officiers impériaux, profitant du fait que leurs propres officiers sont surchargés de travail pour assouvir leur soif de vengeance sur une nation qui les a anéantis. Je vois des frères Jedi se ruer dans la mêlée en brandissant sabre laser et pouvoirs de la Force avec une volonté inébranlable mais je sens tant leurs doutes que leur désarroi devant ce qu'ils font. Je vois chasseurs et bombardiers anéantir des bâtiments et les faire s'écrouler sans se soucier des dommages collatéraux inimaginables qu'ils vont causer par la même. Je me sens horrifié quand je réalise que je participe à toute cette mascarade. Comment ai-je pu devenir ce tueur aux mains tâchées de sang que je suis devenu ?

Alors que nous sommes dans un immeuble résidentiel reconverti en poste de défense par les impériaux, je comprend avec horreur qu'ils n'ont pas simplement expulsé les habitants pour utiliser leurs appartements comme points de résistance, non. Ils les ont incorporé à leur défense, ce qui fait que chaque appartement contient une famille terrifiée et retenue en otage. Exaltés par la lutte et la victoire proche, mes camarades ne parviennent pas à prendre le temps de réfléchir et se ruent sans réfléchir à l'intérieur. Et ce que je craignais arrive finalement. Pris entre les combats, un grand nombre de civils sont abattus par l'un ou l'autre camp car bien peu de rebelles se rendent compte à temps de la situation et aucun n'est prêt à rendre les armes. Par un pragmatisme insensible mais compréhensible, ils savent que peu importent le nombre de morts, la victoire est à nous. Lorsque les combats à l'intérieur s'achèvent, je fais partie des secouristes, volontaire pour ma part. Ce que j'y vois me brise le cœur.

Je passe d'appartement en appartement, découvrant les corps encore chauds, mis en pièces par les détonateurs thermiques, froidement abattus par les tirs de blaster impériaux ou pris en tenaille lors d'une fusillade entre impériaux et rebelles. Il y a tellement d'innocents qui ne verront jamais le jour se lever sur cette sanglante bataille. Et parmi eux, tant d'enfants qui ne pourront jamais plus regarder le ciel et se dire "je veux aller là-haut et découvrir ce qu'il y a" comme je le faisais jadis. Je sens le chagrin, le désespoir, la honte m'emplir. Je deviens incapable de plus aider à secourir les blessés et les mourants et je m'enfuis, dégoûté. Je suis coupable de n'avoir pas su arrêter et calmer mes camarades pour leur faire réaliser la situation, de les avoir empêché de condamner ces gens. Jamais je n'ai plus ressenti aussi fort que dans cet immeuble le prix de la lutte, malgré toutes ces années de combats incessants et de guerre de l'ombre.

Agenouillé devant le corps sans vie d'une petite Togruta, je fond en larmes, laissant finalement s'exprimer le chagrin, la douleur et les émotions que j'ai réprimés depuis qu'on m'a arraché au foyer de mon oncle et ma tante. Je la prend dans mes bras et la serre contre moi et je lui demande pardon. Je pleure pour moi qui n'ai pas su la protéger, je pleure pour les milliards de vies détruites par cette guerre futile, je pleure pour les vies anéanties par l'Empire depuis son avènement, je pleure pour les Jedi morts, je pleure pour la Force qui a laissé faire tout ceci, je pleure pour tout ceux qui ne le peuvent ou ne le veulent pas, je pleure parce que c'est la seule réaction possible devant l'absurdité de ce conflit et de cette vie que nous sommes forcés d'endurer. Jamais je n'ai autant ressenti combien nous étions tous misérables et dénués de valeur. Me rappelant les prières de mon monde natal, je recommande son âme à un paradis ou, je l'espère, elle pourra être en paix, loin de cette existence injuste et tragique qu'elle a subi. Peu importe qu'on l'appelle la Force, le paradis ou autre, j'espère de toute mon âme qu'elle y sera tout comme les autres morts.

C'est la vision de ce petit corps aux yeux grands ouverts, le ventre défoncé par des éclats de shrapnels et le sang collant à sa peau, qui me fait prendre ma décision. M'engager dans la guerre a été une terrible erreur et jamais plus je ne m'y appliquerai. Si je dois de nouveau lever mon arme, ce sera pour me défendre ou pour défendre l'Ordre, jamais pour attaquer. Et si je dois être un Jedi dans le Nouvel Ordre à venir, je m'attèlerai à rester sur Coruscant pour essayer de reconstruire, pour la paix. Ce prix que nous avons tous dû payer, il ne doit pas l'avoir été en vain. Ce fardeau qui est le nôtre est librement accepté pour que d'autres n'aient pas à le subir. Nous incarnons l'espoir en un avenir meilleur, un temps ou les Sith ne seront plus un danger, mais pas seulement. Nous croyons qu'un jour viendra ou il n'y aura plus de guerre ni de conflit. Nous croyons qu'il faut avancer tous ensemble pour améliorer les choses et nous croyons fermement que c'est en déposant les armes, en éduquant, en conseillant et en soutenant que nous y arriverons.

Car la Force est feu. Si nous la transmettons à chacun, la nuit s'illuminera d'une infinité de lumières, chacune aussi brillante que sa voisine.
La Force est feu. Si nous laissons sa chaleur se propager, elle pourra réchauffer même celui qui meurt de froid, du moment que nous savons rester raisonnable quand à sa propagation.
La Force est feu. Si nous la laissons nous guider, elle nous libérera de nos passions et nos peurs et nous en serons tous plus forts.

C'est ce en quoi nous croyons, ce vers quoi nous tendons. Je ne peux effacer mes actes ni mes erreurs mais je peux faire amende honorable dès à présent, m'efforcer de rendre le monde meilleur. Je peux honorer le Code Jedi et apporter ma contribution à la mesure de mes moyens. Je peux aider mon maître à reconstruire et rebâtir. Il me suffit de la trouver.


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La boucherie que fut la prise de Coruscant sembla finalement achever Croyance. Quand la poussière des combats se dissipa et qu'il fut temps de pleurer les morts, éteindre les feux et rebâtir, elle n'était plus. Au plus fort des affrontements, il l'avait perdue de vue. Il retrouva son corps des heures plus tard. Elle vivait encore mais tout juste. En l'examinant, il réalisa qu'elle n'avait aucune blessure fatale ni même légère, bien qu'elle fut aussi sale que lui après des heures et des heures de rude combat. Il ne pensait pas non plus que c'était la faute à une maladie ou son grand âge. Il comprit en rencontrant son regard que le problème était ailleurs. Elle n'avait plus de volonté, plus la force de lutter. Elle ne voulait plus continuer à avancer. Trop d'horreurs elle avait vu de ses yeux et trop de gâchis, de drames et de sacrifices vains.

Sa foi en la Force et l'Ordre s'était consumée petit à petit. Dans sa hâte à rejoindre les Rebelles, à trouver la gloire, l'aventure et à écrire l'Histoire, le padawan n'avait pas réalisé le coût que cela avait représenté pour son maître, son amie, sa tutrice, sa protectrice. Par égoïsme, il avait négligé le devoir qu'un Jedi avait envers les siens et l'avait regardée dépérir petit à petit sans s'en rendre compte. Ou en ignorant le problème parce que c'était plus commode. Agenouillé près d'elle, il tenait ses mains fragiles et si froides entre les siennes. La tristesse menaçait de le consumer. Il devait se forcer à rester calme, se répétant les mantras qu'elle lui avait appris il y avait si longtemps.

Zeph ?
Oui Maître. Je suis là. Je suis avec vous.
C'est fini ?
Oui, nous avons gagné. Les survivants impériaux se replient en vitesse et nos flottes sécurisent le système. Les combats se poursuivent dans plusieurs secteurs de la planète mais les points stratégiques sont à nous. Le Sénat est de nouveau entre des mains républicaines. Nous avons permis cela, Maître. Nous...
Ils vont avoir besoin de toi Zeph. De toi et de tous les autres.
Maître ?
L'avenir, jeune padawan... L'avenir, c'est vous qui l'incarnerez. Vous allez devoir accepter le fardeau le plus grand qui soit... Reconstruire...
Maître, vous devriez vous calmer. Vous avez grand besoin de repos.
Du repos... Oui, très bientôt. Mais écoute, Zeph Mathuin. Il n'existe pas de plus grande responsabilité pour toi et tous les jeunes Jedi que les rescapés ont pu former. L'Ordre doit renaître de ses cendres.
Mais, Maître. Je ne suis qu'un simple padawan. Je... Je n'ai aucune idée de comment faire. Je ne sais rien faire d'autre que me battre. Je n'ai même pas su voir le mal que tout ça vous faisait.
Tu sauras. Aie confiance en la Force. En toi. En tous les Jedi. L'Empire et les Sith seront toujours là. Vous devrez rester vigilants et actifs.

Ses yeux semblèrent regarder dans le néant, vagues et troubles orbites aveugles. Mais soudainement, ils revinrent se poser sur le visage du jeune homme et le fixèrent avec gravité et quelque chose d'autre. De la fierté ?

Je remercie la Force pour m'avoir fait te rencontrer, Zeph. Tu as été mon salut d'une façon que tu ne peux pas imaginer. Souviens-toi, Chevalier Mathuin. Il n'y a pas de mort...

Elle se tut d'un coup. Ses mains glissèrent doucement de celles du Ruusanien. Silencieux, les larmes coulant librement de son visage, il les ferma avec une tendresse et une douceur infinies. Enfin, observant disparaître sous ses yeux le corps de son maître bien-aimé, il acheva pour elle le dernier et plus important des préceptes de leur Ordre.

Il y a la Force.

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Et ainsi la boucle était-elle bouclée. De simple padawan, je devins adoubé Chevalier par mon maître sur les champs de bataille trempés de sang et de cadavres de Coruscant. Je pris part à la création du Nouvel Ordre Jedi et prêtai serment tant de défendre la Nouvelle République que l'Ordre Jedi. Mais contrairement à bien de mes frères et sœurs, je renonçais pour un temps à me mettre en chasse de nos ennemis. J'en avais assez de la guerre, quand bien même je savais pertinemment qu'elle était loin d'être terminée. Pour nous, la guerre ne cesserait jamais. Tant qu'il y aurait des Sith, il y aurait des guerres. Ils n'existent que parce que nous n'existons nous-mêmes. Ils ne vivent que pour détruire ou dominer, quand nous existons pour construire et conseiller. Nous ne renoncerons jamais et eux non plus. Il n'y aura pas de quartier. Mais nous aurons toujours besoin tant de guérisseurs et mentors que de guerriers et traqueurs.

Je préférai me consacrer à aider à éduquer nos younglings et padawans. Ils étaient peu nombreux au début mais avec les semaines et mois passant, il en arrivait par poignées. Nous étions bien peu à pouvoir leur apprendre ce que nous savions mais j'y étais résolu à faire ce que je pouvais. Je n'oubliai jamais mon maître et les leçons qu'elle m'avait inculqué. La Force est tout et nous sommes tous ses enfants. Il nous revient de partager le savoir restant avec les nouvelles générations, de les protéger, de les préparer. Les difficultés et les défis seront toujours là et notre tâche est de les aider à les relever, comme nos propres mentors l'avaient fait pour nous. Je suis fier et heureux de pouvoir me plier à cet exercice. J'aide l'Ordre de mon mieux, comme je le peux.




Psychologie : En tant que Jedi et malgré ce que la vie lui a balancé dans la figure – on ne remerciera jamais assez l'Empire et ses zigotos illuminés de serviteurs pour ça – Zeph est un incorrigible optimiste, toujours bienveillant envers son prochain (tant qu'il ne cherche pas à le descendre ça va de soi) et partisan de voir en chacun des qualités plutôt que des défauts. Ce qui ne l'empêche pas de savoir garder la tête froide et voir le monde tel qu'il est. Il ne faudrait pas, après tout, qu'il en vienne à ressembler à l'image de crétins dans leur tour d'ivoire complètement déconnectés de la réalité à laquelle on associe souvent les Jedi. Les jeunes ne respectent plus rien de nos jours. S'il n'hésite pas à foncer dans le tas et apprécie souvent les solutions les plus frontales et les moins subtiles – ne jugeons pas, les meilleures solutions sont souvent les plus simples... Et puis de toute façon si il y a des mécontents, le service réclamation du Temple est là pour ça oh – il préfère, tant que c'est possible, tenter une approche raisonnable et diplomatique des problèmes. Sinon, en voiture Simone comme disait l'autre !

Profondément critique tant envers ses propres frères et sœurs Jedi que la Nouvelle République qu'ils protègent, il leur est pourtant entièrement dévoué. Le fait est qu'avant d'être un Jedi, Zeph se considère avant tout comme un être vivant. Le credo du Code Jedi, même celui revu par Skywalker, lui apparaît bien souvent comme trop rigide et conservateur. Oui il y a des règles strictes et elles n'existent pas pour rien. Oui il faut savoir raison garder mais merde quoi, qu'y a-t-il de mal à vouloir profiter, de temps en temps, d'une petite soirée dans le bar du coin avec quelques amis (qu'il aura certainement oublié 5 minutes après) ? Tant qu'il ne zigouille personne et n'abuse pas de la Force, c'est ok non ? Non ?

En règle générale, son attitude franche et ouverte tendent à forger de lui une image bien tranchée auprès de ses interlocuteurs. Soit on le considèrera comme un bon samaritain quelque peu fêlé du bocal (ce qui décrit plutôt bien les Jedi on ne va pas se mentir), soit on le prendra pour un débauché ivrogne qui fait honte au Nouvel Ordre Jedi. Selon à qui vous posez la question au Temple, vous aurez en tout cas droit à l'une de ces opinions. Pour autant, sa loyauté est indéniable et jusqu'ici, inébranlable. Il a une foi absolue tant en les Jedi que la Nouvelle République et sa conception du Bien et de l'Ordre n'ont jamais vacillé. Bien qu'on lui prête une réputation quelque peu scandaleuse parmi les siens, tant ses aptitudes que son dévouement ont toujours prouvé qu'il n'abandonnera jamais son rôle et sa mission.

INVENTAIRE


Crédits : 2 000
Arme : Sabre laser à lame bleue
Equipement : Bure et tenue Jedi, fiole de whisky corellien en guise de remontant, paquet de cigarettes

Note : Le contenu original étant trop long, j'ai dû le couper en 2 posts, vous m'en voyez navré ! Je n'ai pas encore fait la fiche Force puisque je préfère attendre de voir si c'est déjà jouable avec le background offert de prétendre au rang de Chevalier. Bon courage à l'inconscient qui osera lire tout ça !
Modifié en dernier par Zeph Mathuin le lun. 25 oct. 2021 12:06, modifié 1 fois.
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By Résilience
#39869
Bonjour et re-bienvenue parmi nous !!!

Tout d'abord, je tiens à souligner que c'est une très belle fiche. Son histoire est longue mais elle se lit facilement. C'est assez agréable de découvrir l'histoire de Zeph. On comprend bien son caractère et la description du personnage.

Pour ce qui est des fautes, il y en a peu. Rien de très grave, des choses comme joyeux luRRon au lieu de luRon. Ou tradiCtion au lieu de tradition. Et encore, ce n'est que dans les description mentale et physique que j'en ai trouvé. Il y en a vraiment très peu dans l'histoire. Et ça fait plaisir ! Je t'invite à les corriger avec les indications qui vont suivre.

Je t'aurais donné la validation immédiatement si le rang que tu souhaitais obtenir était celui de Padawan. Mais il en faudra un tout petit peu plus pour le rang chevalier. Tu as déjà fait un contenu conséquent et c'est top. Mais il y a un passage de la vie de Zeph qui est abordé trop rapidement et qui nous a semblé être le point manquant pour te donner le rang de chevalier.

C'est la partie de sa vie après avoir quitté Ruusan et avant d'avoir récupéré le temple de Coruscant. En gros, on veut savoir plus en détail ce qu'il a fait pendant la rébellion. Tu en parles, mais il serait intéressant de développer un peu plus. Notamment ton rapport au code Jedi. Tu l'évoques avec pour objectif d'expliquer l'éloignement entre Zeph et son Maître. Mais la guerre ne va pas avec le code Jedi, prendre des vies aussi. Comment a réagi Zeph lors de la prise de Coruscant ? Quand les criminels ont été libéré par Mon Mothma. Comment a t il réagi face au carnage ? Quel enseignement en a t il tiré ?

En gros, profite de se passage pour approfondir le lien avec le coté lumineux de Zeph et ses questionnements sur les actes qu'il a vu et fait. Un peu comme une demande de passage du rang apprenti au rang chevalier :

- Quelle est la vision de la Force de Zeph et est elle en accord avec son alignement ?
- Ses faits en RP sont-ils en adéquation avec sa philosophie de la Force ?

N'hésite pas à indiquer quand tu auras fait tes changements ou à nous poser des questions !
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By Zeph Mathuin
#39964
Hello, j'ai rajouté quelques paragraphes relatifs à la carrière chez les rebelles et notamment la prise de Coruscant, en espérant que ce sera suffisamment pertinent ! (Oui ça fait 3 semaines mais bon, je ne suis plus tout jeune vous savez, je prend mon temps maintenant ! Peut-être un peu trop, certes :cool: )
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By Malice
#40015
Bien le bonjour à toi, Jedi qui en a bien trop vu dans sa vie !

Navré de tout ce temps d'attente mais ce n'est pas tous les jours que nous devons valider un perso au rang chevalier, et nous avons donc longuement débattu sur la marche à suivre pour finalement aboutir sur un compromis qui sera le même pour tous les personnages de ce genre à l'avenir. Outre l'ancienneté et la fiabilité du joueur qui est évidemment requise pour prétendre à un titre aussi prestigieux et long à atteindre, nous avons conclu que trois MJ minimum devaient donner leur validation au personnage pour que ce dernier rejoigne notre belle galaxie lointaine, très lointaine !

Je serais donc le premier à m'exprimer sur ton cas ! Pour ce qui est du personnage en lui même, beaucoup de soin et de temps ont été apporté à son histoire et à sa psychologie, il a un lourd bagage et du vécu en plus d'une vision de son Ordre et de sa philosophie bien tranchée... Il a sa propre façon d'aborder la force, ce qui est là encore un très bon point. En bref, comme le disait Résilience, c'est une très bonne fiche. Concernant le joueur je n'ai là non plus rien à redire, ton ancienneté et ta fiabilité ne sont plus à prouver et je te fais donc confiance pour que tu uses de cette opportunité dans l'optique de servir le cheval de bataille de notre forum : La littérature.

Je valide donc la fiche pour ma part, à mes chers collègues de donner leur avis !
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By Obsession
#40084
Bonjour et re-bienvenu sur SWOR ! C'est toujours un plaisir de voir un vétéran faire son retour parmi nous ! :c3pohd:

Tout comme mon collègue à l'étage du dessus, mille pardons pour cette attente au combien longue. Mais en tant que maître incontesté de cette discipline tant révérée qu'est le jetlag. Je me devais de défendre mon titre. Crime, Empire, Sith voilà que tu te frottes désormais au Nouvel Ordre Jedi ! Qui plus est au rang tant convoité de Chevalier ! Un vrai touche à tout ! Il est rare de voir un joueur prétendre à un tel rang dès la conception de sa fiche de personnage. Je me permettrai de paraphraser mon confrère en disant qu'il sera nécessaire d'avoir la validation de 3 Maîtres du Jeu pour donner suite à une telle requête.

Bien que la taille de ta fiche soit particulièrement conséquente, elle se lit facilement. Et ce grâce à une qualité d'écriture qui n'est plus à refaire. À titre personnel j'ai pris un plaisir tout particulier à lire cette histoire au combien marquée par la guerre. Guerre qui est trop souvent survolée. L'utilisation du "je" que j'exècre habituellement ne m'était pas familière avec toi et c'est une agréable surprise. Il est très appréciable d'avoir mis en avant le côté horrifique du conflit, chose qui est propre à toutes les guerres. Tout comme cette remise en question sur "ce qu'est-ce, qu'être un Jedi". Surtout lorsqu'il est question de participer à ce sanglant affrontement entre Empire et Rébellion. Un Jedi se doit de protéger la vie, faire montre de compassion, mettre son sabre laser au service des plus faibles. Mais tout cela fait t-il sens quand ses mains se voient teintées du sang des autres ? Quand sa lame vient à faucher plus vie que l'on peut en compter ? Une remise en question personnelle qui est tout à fait justifiée et cohérente. La psychologie du personnage va parfaitement dans le sens des évènements vécus.

Rien à redire sur une fiche qui se veut d'une qualité irréprochable. L'expérience qui est la tienne est incontestable et les nombreuses années qui font montre de ton ancienneté l'approuvent. Ayant joué dans de nombreuses factions ta fiabilité n'est pas remettre en question. Tu as donc toute ma confiance et mes encouragements pour la suite !

Obsession Maître du Jeu de la Faction des Vestiges de l'Empire donne son aval.

Il ne te reste plus qu'une validation et cette Galaxie lointaine très lointaine t'ouvrira ses bras !
Bon courage, et que la force soit avec toi ! :c3pohd:
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By Résilience
#40087
Bonjour !

Je vais tenter de ne pas me répéter, ni de répéter ce qui a été dit par mes camarades.

Et pour ça je reprendrais donc là où j'en été resté avec ma première modération. Il y avait quelques modifications à apporter à ta fiche et tu l'as fait avec brio. J'avais pris beaucoup de plaisir à te lire et ce passage à ajouté ce petit plus que j'attendais !

C'est une belle fiche : riche, complète et agréable à parcourir. Je continuerais donc sur la même lancée en validant moi aussi ta présentation. Tu as su montrer qu'elle était la vision de Zeph concernant la Force et le code Jedi. Et je n'ai pas de doute que tu réussiras à continuer sur cette lancée parmi nous !

Te voilà donc :saberg: Chevalier du Nouvel Ordre Jedi :saberb: Enfin presque... Il ne manque plus que ta fiche de Force que je me chargerai de valider et tu pourras te lancer. Je t'invite à la poster à la suite de nos messages et si tout est en ordre tu rejoindras ta nouvelle faction.

Si tu as besoin, n'hésites pas à me poser des questions !
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By Zeph Mathuin
#40134
FICHE FORCE



Nom : Zeph Mathuin
Faction : Nouvel Ordre Jedi
Grade : Chevalier
Voie : Savoir
Classe : Diplomate
Orientation : Lumineux

Pouvoirs :

Niveau Apprenti :

  • Revitaliser [Maîtrisé]
  • Compréhension [Maîtrisé]

Niveau Chevalier :

  • Etourdissement de Force [Connu]
  • Pouvoir 2 A venir
  • Pouvoir 3 A venir

Niveau Maître :

  • Pouvoir 1
  • Pouvoir 2
  • Pouvoir 3
  • Pouvoir 4

Niveau Aîné :

  • Pouvoir 1

Pouvoirs de Base :

  • Bouclier [Pratiqué]
  • Dissimulation [Pratiqué]
  • Divination [Pratiqué]
  • Empathie [Pratiqué]
  • Lévitation [Pratiqué]
  • Persuasion [Pratiqué]
  • Poussée [Pratiqué]
  • Saut [Pratiqué]
  • Sensibilité [Pratiqué]
  • Télékinésie [Pratiqué]
  • Télépathie [Pratiqué]
  • Traction [Pratiqué]
  • Vision [Pratiqué]
  • Vitesse [Pratiqué]
  • Voile [Pratiqué]

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