L'Astre Tyran

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By Darth Varadesh
#33811
    Quelque part dans le secteur Hydien


Elle s'éveilla brusquement, ouvrant les yeux et essoufflée avant de respirer à grandes inspirations précipitées, tentant de se calmer du mieux qu'elle pouvait. C'était difficile et elle avait le plus grand mal à calmer le torrent furieux de ses émotions. Les dernières semaines avaient été riches à tout point de vue, peut-être même trop. L'expédition au demeurant hasardeuse sur Yavin avait fini par produire l'effet attendu et elles en étaient reparties les bras chargés d'un trésor inestimable qu'elle désirait ardemment depuis sa visite à l'Académie de Korriban des mois plus tôt.

Mais il avait ensuite fallu mettre leurs plans en pause pour se rendre à Mirial dans le sanctuaire que des espèces de religieuses Mirialans gardaient. Ce voyage n'avait pas été motivé par quelque machination complexe surgie de l'esprit tortueux de son maître mais d'une nécessité dont chacune se serait bien passée : l'accouchement de l'apprentie. De tout cela, elle gardait un souvenir qui lui paraissait doux-amer. Bien qu'elle répugnait à l'admettre, la vue de sa petite fille dans ses bras avait éveillé en elle de la tendresse et de la joie malgré la difficulté qu'il y avait eu à la mettre au monde.

Mais à peine avait-elle repris des forces qu'il était temps de repartir. Patiente, la Dame n'en était pas moins peu disposée à rester là, attendant dans le vide et gaspillant un temps précieux pour elle et ses plans. Et son apprentie, consciente de ce qui les attendait, n'en était pas moins impatiente de s'en aller également. Le temple la mettait mal à l'aise et plus encore la prêtresse qui le dirigeait et en partant elle n'avait pu se défaire de la sensation que tout cela finirait mal.

Je devrais prendre des nouvelles.

Mais elle savait qu'elle ne pourrait pas le faire, pas maintenant. Le vaisseau filait à l'heure qu'il était tout droit vers son objectif, Thule, monde lié aux Sith depuis des millénaires, depuis l'exode suite à la faite de Naga Sadow contre la République. Sa récompense, son obsession depuis qu'elle avait appris son existence, la clé de son avenir autant à elle qu'à l'Ordre, elle en était persuadée. Combien serait fière Ranath lorsqu'elle apprendrait qu'elle avait réussi, tout comme elle l'avait été sur Yavin.

A ce souvenir, la Pantoran sourit, enchantée malgré elle. Un fossé s'était creusé entre maître et apprentie, qui ne cessait de s'élargir au fur et à mesure du temps qui passait. Elle ressentait des émotions complexes et contradictoires envers la Mirialan et ne savait plus ou elle en était. Et de fil en aiguille, cela lui fit repenser à leurs aurevoirs lorsqu'elles avaient quitté Mirial. Ranath avait dit qu'elle avait à faire de son côté et l'avait chargée de se rendre sur Thule examiner la situation et rallier ce monde.

Ensuite de quoi elle avait fait un signe derrière elle, postée devant le Poing de l'Ombre et en était sortie une silhouette, celle d'une humaine pas beaucoup plus vieille que Varadesh. Elle s'appelait Jeny et allait l'aider dans sa quête sur ordre de la Dame Sombre. Il avait naturellement été inutile de questionner cette décision et c'était sur ça qu'elles s'étaient quittées. Après ça, l'inconnue et elle n'avaient pas beaucoup parlé, Varadesh se contentant de lui expliquer rapidement l'agencement du vaisseau et de la laisser se trouver ses quartiers parmi les quelques chambres à bord.

Jeny. Une bien curieuse personne. Le peu de contact qu'elles avaient eu ne l'avait pas empêché de sentir qu'elle était sensible à la Force, ce qui expliquait du coup l'insistance de Ranath à l'accompagner pour l'aider. Et elle avait pu sentir qu'elle semblait puissante, pas autant que la Dame Sombre ou Odion mais au-dessus d'elle. Cette pensée la fit se renfrogner, fallait-il qu'elle rencontre toujours des individus qui lui étaient supérieurs ? En tout cas son aspect physique en disait long sur son état mental. Vêtue de guenilles sales, elle avait posé un regard mort sur le vaisseau comme si rien ne l'intéressait avant de se retirer.

Il semblait que ceux qui usaient du Côté Obscur étaient condamnés à être tous plus ou moins dérangés.

L'apprentie se leva de son lit et entreprit de s'habiller simplement d'un débardeur noir, un pantalon et des bottes de terrain mais après réflexion, elle enleva les bottes et s'assit en tailleur sur le lit, prit l'objet dans sa table de chevet qu'elle déposa devant elle et ferma les yeux. C'était un vieux sabre laser offert par Exar Kun dans son tombeau sur Yavin 4 et il était en mauvais état, rien d'étonnant à ça. Elle avait examiné son trésor et entrepris de trouver ce qui n'allait pas.

Le cristal semblait fonctionnel mais la cellule d'énergie était morte depuis des millénaires, la poignée du sabre à moitié défoncée et elle en oubliait encore. Le fait était que le sabre remontait à une époque si lointaine qu'il ne correspondait tout simplement plus aux standards actuels. Il allait falloir moderniser autant l'aspect visuel que pratique, remettre un sacré coup de neuf. Pas une mince affaire mais elle s'y employait depuis plusieurs jours déjà, rassemblant avant le voyage vers Thule les composants nécessaires.

Il fallait juste qu'elle prépare l'opération de réparation proprement dite comme il faut, sous peine de voir le cristal exploser et la tuer sur le coup. Une fin bien pitoyable pour une apprentie Sith s'il en aurait été. Sachant qu'elles disposaient de quelques heures de voyages avant d'être en vue du système, Varadesh entreprit de se mettre au travail.
#33813
Le métal, froid. Le vent ? Inexistant. Tout était artificiel. Cette sensation … si particulière contre sa peau. Chaque centimètre carré réagissait différemment. Chaque partie sa propre plaie, toutes autant différentes les unes que les autres. Certaines parties irradiaient jusqu’au plus profond de son corps, d’autres n’étaient plus du tout sensibles. Certaines encore la démangeaient. Pas au point de lui tirailler l’esprit et lui faire trembler les mains. Juste lui rappeler de leur présence au moment où le froid intense de la matière pénétrait son cœur. Assise contre le sol, les jambes désormais libres de tous tissus irritant, la bouche entre ouverte d’un air béat, la sensitive regardait le plafond avec insistance. La salle de bain avait de ces airs de méchant de série. Et l’on aurait pu créer du porno avec tous ces fils qui sortaient du pommeau. Jeny sortit les mains de la douche et les posa sur les vitres qui l’entouraient. Ses grigris, anneaux de récupération, os ? Et autre matériaux frappèrent en rythme avant de se stabiliser. Son regard s’arrêta finalement sur le pommeau, puis vers le robinet qui actionnerait le mécanisme.

« Dois-je souffrir ? »

La fumée s’enroula autour d’un de ces bras jusqu’à se reposer dans sa main et de s’évanouir. Depuis Prakith, depuis le test, elle ne l’avait pas quitté. Elle sentait toute la puissance qui émanait d’elle, de son propre corps. Pourtant, ce n’était pas un symbiote, ce n’était pas un corps étranger. C’était vraiment elle qui le contrôlait. Mais cette fumée avait des airs d’amie. Une amie à laquelle parler, et qui dans un mouvement inexorable formait des objets, des sensations, des … choses. Alors on pouvait les interpréter et créer un dialogue. Sauf que ce n’était qu’un dialogue avec soit. Jeny le savait, elle n’était pas idiote. Elle se parlait de plus en plus souvent, depuis que la fumée était apparue, depuis que le pouvoir avait été débloqué … A quel prix … Celui du sang. D’un geste ferme, elle l’attrapa, la dispersant entre ses doigts. Cette fumée, elle pouvait la matérialiser, la rendre malléable. Créer des pointes perçantes, qu’aucune armure ne pouvait contenir. L’ombre était tout, et c’était Mya qui le lui avait donné. Un cadeau pour sa croyance, pour sa piété. Jeny lui avait offert sa vie en offrande, et elle l’avait récompensée. Son culte devait être étendu. Elle en était persuadée. Pour que d’autres comme elle puisse avoir accès à tout cela. Pour qu’ils puissent … émerger de leur vie morne.

Mais pour le moment, il n’y avait que ce robinet et ce pommeau sous lequel elle se tenait, assise dans une douche bien trop grande.

« C’est toi qui va le faire. »

Jeny regarda son corps en lambeau et le tissu dans le même état qui le recouvrait par endroit. C’est-à-dire là où régnait son intimité bafouée. Pour le reste, ce n’était que des colliers trop grand, des bracelets avec tout et n’importe quoi. Cela l’habillait, en quelques sortes. Puis la couche de la peau, parsemés de multiples blessures, plaie, ecchymoses et autres lésions. Devait-elle tout enlever ? Pas besoin. De toute manière il n’y avait pas assez pour retenir l’eau. La jeune fille ferma les yeux et tendit la main. La fumée s’enroula tel un serpent et à partir du bout de ses doigts s’envola jusqu’à la poignée qui se leva lentement. Le liquide se mit alors à couler lentement sur elle. Jeny serra les dents de toutes ses forces et l’ombres disparut aussitôt. Ses poings se serrèrent, sa gorge se noua, et la chaleur irradia son corps. D’un mouvement de la main, elle poussa le robinet jusqu’à la fin de la course sur la gauche. La vapeur d’eau remplaça la fumée. La buée commença à se former sous ses gémissements de douleur. Cela brûlait. Plus par la présence que par la température. Mais elle tint bon, et ce n’est que quelques gémissements qui s’échappèrent. Seulement des gémissements … Une opération qui était en train de la faire sortir de ses gonds. Lui faisait oublier où elle était et pourquoi. La vapeur prenait place petit à petit, sa peau rougissait, l’eau en sortait noir. Au bout de cinq minutes, elle arrêta tout et prit une grande inspiration. Elle était haletante, extenuée. Comme si elle venait de faire un exercice intense. La tête dans les jambes, rapatriée au niveau de son torse, elle pleura d’abord.

Cinq autres minutes de larmes et de tristesse. Sachant pertinemment pourquoi, mais sans vouloir y mettre des mots ou des pensées. Tout était caché par l’eau, cela avait au moins ce mérite. Que ce soit les larmes ou la rougeur du visage. Puis en un mouvement d’avant-bras, elle chassa tout cela, le laissant dans un coin de son esprit. Alors elle chercha le liquide pour la suite des opérations. Un truc qui sentait bon. Indépendamment de ce qu’il contenait. Un flacon au hasard, une odeur qui lui convenait, qui lui rappelait d’étranges souvenirs d’une histoire où elle était blonde et où elle défendait des gens qu’elle ne connaissait pas. Une histoire pour les enfants … Elle s’en versa et réitéra le procédé avec l’eau. Cette fois, il n’y avait pas de douleur, pas de tristesse, pas de rougeurs. Il ne restait que la rage, l’ombre et Mya. Ce qui était, l’était. Ce qui allait venir, serait pire. Sa vie détruite fut reconstruite autour de l’obscurité. Maintenant, il ne restait plus que le culte et Mya. Mya et l’ordre Sith. Les Sith et leur avenir. L’avenir et le chaos.
#33843
C'était pas tout d'avoir les composants, encore fallait-il trouver comment s'en servir. En principe il aurait fallu qu'elle désosse délicatement la bête jusqu'à exposer ses entrailles à vide avant de pouvoir y appliquer les greffes et les modifications à l'intérieur mais cette méthode avait un inconvénient, elle ne tenait pas compte du fait que c'était un sabre laser. Et que donc il fallait user de la Force pour se faire tant l'opération était délicate, risquée et nécessitait que l'utilisateur "fusionne" avec son arme.

Heureusement, elle connaissait le processus de construction, elle l'avait déjà pratiqué sur Korriban une fois déjà. Ce ne serait pas si difficile que ça, il suffirait juste qu'elle se plonge dans une transe méditative semblable et qu'elle répète l'opération... En tenant compte des particularités consistant à modifier, non assembler. C'était presque pareil. Elle se mit au travail sans plus attendre, prenant une grande inspiration, fermant les yeux et se concentrant pour invoquer la Force.

L'opération fut quelque peu complexe même si simplifiée par son expérience précédente. Il fallut doucement désactiver le mécanisme du sabre puis enlever chaque couche l'une après l'autre. Le tout flottait dans l'air, chaque élément du sabre étant placé dans le vide. L'effort demandé était énorme et elle suait abondamment sous la concentration. Lorsqu'elle eut entièrement disséqué l'arme, elle ouvrit lentement les yeux pour mieux observer puis les referma après avoir pris le temps de mémoriser chaque composant.

Chaque nouvel élément prit la place de l'ancien et elle y ajouta ceux qui faisaient défaut à cette vieille version millénaire. Ce fut difficile et elle faillit bien échouer à plusieurs reprises mais, serrant les dents, elle s'évertua avec acharnement. Il fallait continuer et réussir. Seul le cristal de sabre n'avait en définitive pas été changé par rapport au sabre d'origine. Il était de couleur orange dont la lueur était à peine affaiblie par le passage du temps. Quand elle le pourrait, elle trouverait un moyen de le remplacer par un autre, plus à son goût. Pour l'heure, il faudrait s'en contenter.

Si, sur Korriban, le travail lui avait pris une journée entière pour concevoir son propre sabre, cette fois il lui avait fallu seulement 4 ou 5h pour tout arranger. Conséquence toutefois, elle était exténuée et sale comme pas permis. Il faudrait qu'elle prenne un peu de repos avant qu'elles arrivent à destination mais avant, une bonne douche ne lui ferait pas de mal.

L'apprentie quitta sa chambre et se dirigea vers la salle de bains du vaisseau. En passant elle se servit une barre de rations protéinées pour casser la croûte rapidement. Elle allait rentrer lorsqu'elle crut entendre un bruit bizarre à l'intérieur. Elle s'immobilisa, la main sur la poignée de la porte. On aurait dit... Un sanglot ? C'était quoi ça ? Il n'y avait qu'elle et la fameuse Jeny à bord, sans compter son astromech qui de fait ne pouvait pas pleurer. Elle fronça les sourcils. Entrer ou partir ? Oh et puis zut, c'était son vaisseau après tout.

Elle ouvrit d'un geste vif et entra, pour découvrir l'humaine recroquevillée dans la douche, la tête dans les mains. Maintenant qu'elle la voyait de plus près, Varadesh fut frappée de constater son triste état. Elle voyait une collection de cicatrices sur la peau sans protection des bras, des jambes, du ventre, presque partout. L'autre releva la tête en l'entendant entrer. Elle semblait prise d'une émotion indéfinissable mais se contrôla rapidement. Il y eut un silence gênant durant lequel la Pantoran eut presque l'impression d'être une intruse.

Euh... Ça va comme tu veux ?

Question stupide, vu l'état de cette fille, elle devait aller aussi bien que l'Empereur Palpatine après avoir été descendu en orbite de Kuat. Jeny semblait trempée, ça faisait combien de temps qu'elle était là, sous l'eau, à faire elle ne savait quoi ? Qui était donc cette fille et pourquoi Ranath l'avait envoyée avec elle alors qu'elle semblait complètement siphonnée ? Elle avait bien envie de lever les yeux au ciel mais se maîtrisa. Au lieu de quoi, elle prit une serviette disponible dans le coin et la lui tendit.

Si tu te sèches pas, tu vas attraper un sacré rhume. Sors de là, essuie-toi et va te réchauffer un peu, c'est pas bon pour ta santé de rester là.

Et en plus faut que j'aille prendre une douche moi aussi, songea-t-elle. Espérons qu'elle n'ait pas vidé tout le ballon, sinon elle allait l'entendre.


#33844
Haineuse et terriblement enragée, Jeny serrait les poings, les yeux fermés, son corps tremblaient sous les impacts de l’eau. Ses tatouages, brûlures de peau laissés par l’ombre, luisaient d’une aura noirâtre. Une sorte de violacé assez discret, qui scintillaient avec les petites particules noires. Jeny récitait inconsciemment les paroles de l’autre langue. La langue qui contrôlait l’ombre. Non, pas qui la contrôlait. Qui lui permettait de la focaliser, elle. Le commun aurait très bien pu faire l’affaire, mais son niveau de maîtrise n’était pas assez suffisant. Ni dans cette langue dont le sens lui échappait, ni dans l’ombre dont elle ne venait que de découvrir le potentiel. La porte s’ouvrit d’un coup, faisant sursauter la petite. Tout se relâcha d’un seul coup et s’évapora aux grés de l’eau fumante. Jeny garda ses yeux sur la Pantoran. Mya ne lui avait jamais parlé de celle-là d’ailleurs. Sa seule indication fut qu’elle n’avait pas le droit de la manger. Elle commençait à douter d’ailleurs dans la volonté de Mya de la nourrir. Cette mission verrait alors toute l’étendue de sa faim. Pas vu, pas pris. A sa première question, elle ne répondit pas. Restant de marbre. Elle renifla l’air plusieurs fois dans sa direction puis prit une grande inspiration. Un froncement de sourcil, et elle se leva.

Etait-elle gênée ? Jeny pas du tout. La gêne n’existait plus. Elle n’avait plus honte de rien, ni n’avait peur de quoi que ce soit. Au moins pu-t-elle s’en convaincre. C’est grâce à cela qu’elle ne lâcha pas son regard. Insistant, silencieux et inquisiteur. Qui était cette petite qu’elle devait suivre ? La seconde de l’ordre de Mya ? Comme elle-même fut la seconde de l’ordre gris. Celle qui était responsable de leur destruction, sous l’annonce du défi lancé par le général. Cette petite bleue serait-elle la responsable de la fin de cet ordre-là ? Peut-être bien. Peut-être pas. Jeny finalement n’en avait rien à faire et n’était pas attaché à l’ordre de Mya autrement que grâce à Mya elle-même. Tout le reste, cela ne l’intéressait pas. Deuxième phrase. Jeny haussa un sourcil et tomba le regard vers la serviette qu’on lui tint. Elle revint vers la bleue et inclina la tête de côté. Finalement, elle récupéra la serviette et sortit de la douche toute dégoulinante.

« Je n’attrape pas de maladie. »

C’était un gros problème cela. Pendant un moment, elle avait espéré par son hygiène de vie, tomber malade et mourir. Etre libéré par ces petits microorganismes que l’on ne voyait pas. Mais même cela, on le lui avait refusé. La mort avait d’autres projets pour elle et lui refusait la maladie. Ou peut-être que c’était l’ombre qui depuis tout ce temps était terrée en elle et détruisait les envahisseurs ? Il y avait une myriade de possibilité, mais elle ne mourrait pas. C’était la seule conclusion. Etrange petit être qui se souciait de son bien-être. Jeny sortit de la salle de bain, quand la porte claqua et se ferma. Ah ? Voilà la vraie raison. Elle esquissa un sourire pour elle-même, sa serviette toujours en main, sans l’avoir utilisé. Les Sith étaient tous les mêmes.

« Tu as faim ? Moi aussi. Bientôt nous mangerons. »

Chuchota-t-elle à l’ombre qui s’était remis à tourner autour d’elle. Les cheveux plaqués sur sa tête, elle les ouvrit sur son visage comme on ouvre un rideau. Où aller ? Dans la cuisine. Elle avait vraiment faim. C’était son estomac qui le lui disait cette fois. Dans le réfrigérateur, rien de particulier. Elle récupéra quelques gâteaux et s’installa vers la table à manger. Par terre, en revanche. Elle disposa les sablés les uns sur les autres, devant ses genoux en tailleurs. Jeny mangea le premier tout en regardant dans le vide devant elle. Puis le second. Le bruit et la texture restait collé aux dents. Ce n’était pas tellement agréable et elle aurait préféré des trucs plus grouillants. La bleu fit son apparition au troisième gâteau. Elle la regarda, Jeny fit de même, elle avait arrêté de manger quand elle était arrivée, se figeant sur place. Elle reposa le gâteau sur la pile. Il n’en restait plus que deux.

« T’es qui au fait ? Comment elle t’a recruté Mya ? »

De la même manière qu’elle avait récupéré le petit chat qui pensait qu’à manger. Il était comme elle ce Togorien. Il ferait un bon soldat, s’il ne meure pas dans les cinq prochaines années.
#33850
Elle n'obtint pas de réponse à sa question mais ça n'aurait pas dû la surprendre. L'étincelle qu'elle avait surprise dans les yeux de la donzelle à moitié nue et au corps lacéré de partout en était une qu'elle savait reconnaître pour l'avoir vue déjà dans les yeux d'autres filles qui avaient été esclaves comme Varadesh l'avait été. Un mélange de folie et d'insouciance, non, pas d'insouciance mais plutôt un genre de vide comme s'il n'y avait rien en elle, pas une seule étincelle de vie, seulement un automate qui avançait et agissait par réflexe plutôt que par envie quelconque.

En repensant à l'allure de cette Jeny, ça lui semblait tout à fait convenir. Laquelle quitta la salle de bains avec la serviette sans faire mine de l'utiliser. Varadesh s'enferma à clé, par simple précaution et parce qu'elle avait besoin d'un peu d'intimité aussi. La douche lui fit un bien fou, l'eau était à température plus chaude que ce qu'affectionnaient les humains habituellement, conséquence de son organisme habitué à vivre dans de basses températures, elle appréciait la sensation de chaleur plus encore. Alors qu'elle fermait le robinet et sortait pour se sécher corps et cheveux, elle songea à la tâche qui l'attendait.

Ça n'allait pas être facile, elle ne savait pour ainsi dire quasiment rien de Thule si ce n'était quelques bribes de savoir payées à prix coûtants dans l'Académie. Des réfugiés de l'Empire Sith y avaient pris racine et soumis la population, créant une société à leur image et se cachant de la République. Elle ne savait même pas quelle était la situation actuelle, s'il existait une nation florissante là-bas ou seulement quelques sauvages en haillons, incapables de se souvenir de leur glorieux passé et vivant comme des animaux. En repensant aux Massassis de Yavin, elle songea avec tristesse que c'était très possible.

Secouant la tête pour chasser ces pensées, elle enfila un débardeur noir, passa un pantalon simple, confortable et ne gênant pas les mouvements et des bottes de terrain avant de sortir, toute ragaillardie bien qu'encore un peu fatiguée. Elle découvrit en sortant que la jeune femme s'était posée par terre, pas loin de la table de la salle à manger et occupée à grignoter les jambes croisées des provisions quelconques. Le spectacle la fit froncer les sourcils quelques instants puis elle se rapprocha avant de venir s'asseoir en face de Jeny, l'observant en silence.

Elle mangeait et se comportait à peine mieux qu'un animal au point que ça en devenait gênant. Malgré tout, Varadesh ne lui fit pas de remarque, en partie parce qu'elle s'en moquait et un peu aussi, même si elle ne l'aurait jamais avoué, par peur. Cette fille la rendait nerveuse, il y avait quelque chose d'indéfinissable chez elle, quelque chose de mauvais, s'il fallait y mettre des mots. Étendant doucement son champ de perception à travers la Force, l'apprentie se heurta de plein fouet contre l'aura de la jeune femme. Plus qu'obscure, elle n'était qu'un puits de ténèbres dans lequel mieux valait ne pas se noyer.

Ainsi donc, elle appelait la Mirialan par son ancien nom. C'était quelque peu étonnant et tendait à lui faire penser que ce nom signifiait quelque chose pour la Dame. Une idée intéressante qui mériterait qu'elle la creuse un peu. Peut-être Jeny pourrait-elle l'y aider, il faudrait être prudente toutefois, elle ne savait pas grand-chose sur elle - ce qui semblait réciproque d'ailleurs - et notamment jusqu’où allait sa loyauté envers la Sith.

J'imagine qu'elle ne t'a pas briefé.

Ou alors, tout aussi probable, l'autre était tellement défoncée dans sa tête qu'elle n'avait rien entendu et/ou rien compris. Ce voyage commençait vraiment bien, coincée seule avec une espèce de folle qui avait grand-peine à maîtriser les bases de la bonne tenue.

Je m'appelle Varadesh, je suis son apprentie, l'apprentie de Darth Ranath, la Dame Sombre. Ça doit te parler ça quand même.

Elle se leva et alla chercher une bouteille d'eau dans le frigo avant de boire à grandes gorgées. Elle tendit ensuite la bouteille à Jeny, par pure politesse malgré sa méfiance chaque seconde plus croissante. On ne devait jamais baisser la garde, encore moins devant quelqu'un d'aussi... Singulier.

Et toi tu t'appelles Jeny de ce qu'elle m'en a dit. Tu es là pour m'aider. Je dois considérer qu'elle t'a dit ce qu'elle attend de nous ou je t'explique rapidement ?

On avait le temps après tout. Il devait rester assez de temps pour ça avant d'arriver en vue. En revanche, elle allait surement devoir faire une croix sur la sieste. Bah tant pis, elle aurait toujours le temps de se reposer quand elle serait morte.

Et toi, quelle est la nature de ta relation avec Mya ? Apprentie, amie, disciple ? Autre ?

Elle peinait à croire que la Mirialan puisse avoir plusieurs apprentis en même temps, non par respect pour la Pantoran car en tant que Dame Sombre elle en aurait été bien capable, avec son esprit tortueux et fourbe, mais bien parce que ça lui semblait contradictoire avec les propos qu'elle avait pu tenir sur la Règle des Deux et sa volonté de changer le fonctionnement de l'Ordre Sith. Mais allez donc comprendre votre maître...
#33854
La bleue vint s’assoir face à elle. Jeny ne l’avait pourtant pas invité à se poser si près de son espace vitale. Elle se recula légèrement en jouant des hanches, attirant à elle les gâteaux. Il fallait observer une certaine distance. Ses bijoux et bibelots cliquetèrent à chaque mouvement. Puis elle se redressa et une fois ses gâteaux en sécurité, retourna son attention vers son interlocutrice trop entreprenante.

« Si, elle m’a dit de te suivre et de ne pas te tuer. »

C’était tout ce dont elle avait besoin de savoir. Il y avait aussi l’histoire d’un monde Sith, de ce genre de choses, de faire les méchants tout ça. Rien de bien nouveau sous le soleil. Mais au moins, cela garantissait un festin de roi. Jeny croqua dans un autre gâteau, un air totalement désintéressé par la propre menace qu’elle venait de proférer. Faut-il dire que par le nombre de mort qu’elle avait à son actif, elle ne comptait pas vraiment plus. Question rhétorique suivit, avant qu’elle ne se lève. Jeny avait beau réfléchir et elle ne semblait pas avoir déjà entendu cela. Des titres, des noms, et de l’artifice Sith lui furent balancé au visage. Tout ce genre de chose qui faisait des Sith les maîtres de la décoration après tout. La petite ne pouvait pas leur en vouloir après tout.

« Non. Je sais qu’elle s’appelle Ranath, c’est son nom de code Sith. Qu’elle s’habille souvent en noir aussi. Je ne savais pas qu’elle avait une apprentie non. Elle fait ce qu’elle veut, moi j’m’en fou. »

Répondit-elle, pendant que son interlocutrice franchissait les derniers mètres les séparant. Elle lui proposa la bouteille, qu’elle refusa. Ce n’était pas d’eau dont elle avait envie … Elle en avait assez eu pour aujourd’hui. La discussion continua, comme deux bonnes copines, assises l’une en face de l’autre.

« Je suis là pour te garder en vie. Du coup tu reviendras en vie. »

De gré ou de force. La relation qui les liait les deux, Jeny s’en contre fichait. Elle avait eu ses ordres, point. Pour cette ancienne militaire, cela n’avait jamais été aussi clair. Elle était désormais son bouclier face à ce qui les attendait là où elles allaient. Quant à savoir où c’était, ça …

« On va où ? »

Par pure curiosité. Un nom qui ne lui servirait pas à grand-chose, parce qu’elle ne saurait pas ce qu’il représente. C’était histoire de se sociabiliser avec sa nouvelle baby-sithée. Et puis ce n’était pas comme s’il y avait beaucoup d’autres choses à faire dans ce vaisseau. La question lui fut retournée. La nature de sa relation …

Apprentie ? Elle se souvint de sa main qui lui empoignait la chevelure et qui écrasait son visage contre un banc. Pour la laisser sanguinolente sur ce même banc, aux portes de la mort. Ce qui la encore lui fut refusé. Heureusement qu’il y avait eu cette personne qui avait cru bon de lui porter assistance. Si elle ne l’avait pas mangé, elle aurait sûrement été lasse pendant un bon paquet de jour.
Amie ? Nouveau flashback dans lequel elle ressentie une nouvelle fois la douleur de la dague qui s’enfonçait entre ses côtes. La lame froide qui pénétra son corps et déchirant tout ce qu’il rencontrait. Disciple ? Non, là elle n’avait plus de souvenirs en réserve.

« Heu … Je sais pas. Elle m’a montré l’obscurité et m’a relevé d’entre les morts. Je suis son prophète ! Ou un truc dans le genre. »

Jeny réfléchissait à quelque chose d’autres, mais ne voyait pas. L’index sous le menton, le regard vers le haut, elle prit une pause théâtrale puis haussa les épaules. Elle termina son dernier gâteau et se recula davantage jusqu’au mur. Elle s’y arrêta et récupéra sa dague à sa ceinture. Elle s’amusa alors à jongler avec d’une main, la jetant en l’air et la récupérant par la suite, s’entaillant les doigts tous les deux lancées.

« Elle t’a récupéré où ? Moi c’était sur Nar Shaddaa, je massacrais un vieil ennemi, ses sbires, les mercenaires qu’il avait appelés, la police qui était venue en renfort et quelques passants trop curieux. Ils ne vont pas manquer d’emploi là-bas, ça c’est sûr. »

Elle étira un sourire à l’adresse de son interlocutrice. Lui faisait-elle peur ?

« J'te fais peur ? J'te dégoutte ? »

Haussement de sourcil.
#33856
A peine commencée, la conversation s'annonçait déjà comme étant fatigante et déplaisante. Jeny se comportait comme un animal et semblait avoir le plus grand mal à fixer son attention sur quoi que ce soit plus de quelques instants. La lèvre de la Pantoran se retroussa de dégoût. Qu'est-ce qui avait bien pu passer par la tête de Ranath pour qu'elle lui assigne cette espèce de dégénérée ? Était-ce un genre de test pervers consistant à voir si elle parvenait à se contrôler et contrôler cette folle ? Connaissant la Mirialan, c'était possible.

L'humaine semblait la fixer comme si c'était elle l'intrus en son vaisseau et non l'inverse, ce qui eut le don d'agacer quelque peut l'apprentie. Tout ça annonçait vraiment du lourd pour la suite, elles n'étaient même pas arrivées que déjà ça partait en vrille. Merci beaucoup pour ce fardeau, ça fait toujours plaisir quand on vous facilite la tâche.

J'imagine que je dois lui être reconnaissante que tu n'aies pas le droit de tenter de me tuer.

Comme si ça pouvait arriver tiens. La fille aux cheveux bruns pouvait bien être aussi dangereuse qu'elle la soupçonnait de l'être, elle ne ferait pas le poids face à l'apprentie. De cela, elle en était certaine. De l'arrogance ? Evidemment, on n'était pas Sith sans se considérer au-dessus de la mêlée après tout.

On va sur Thule, dans le système Thurra, SurSecteur Hydien. Il y a là-bas quelque chose dont je crois que ça nous sera très utile pour l'Ordre. Au choix, un monde entièrement loyal aux Sith ou des ruines contenant technologies et armes. Dans les 2 cas ça risque pas d'être ennuyeux comme voyage, on va s'amuser.

Oh oui, ça allait être amusant de se balader avec un chien fou sans collier qui voudra mordre tout ce qui bouge. Rien que d'y penser, elle en était impatiente d'avance. Pour couronner le tout, voilà que Jeny se mettait à jouer avec un couteau qui rien qu'à le regarder avait visiblement beaucoup servi ces derniers temps. Et surement pas à couper des légumes, considérant son propriétaire. Elle avait l'impression que cette démonstration était un petit numéro ridicule pour l'intimider mais peut-être plus simplement était-ce dans la nature de l'humaine de se comporter ainsi.

Quelqu'un que je respecte a découvert mon potentiel dans la Force et la connaissait, ou connaissait quelqu'un à qui elle était liée. Il m'a amené là ou elle résidait et elle a accepté de me prendre sous son aile. Et c'est tout ce que tu as besoin de savoir en ce qui me concerne.

Elle ne racontait pas sa vie à la première inconnue qui le lui demandait, ça ne regardait qu'elle. Et Jeny n'avait rien dit sur son propre passé alors hors de question de prendre le risque d'être vulnérable si elle n'avait pas de son côté de quoi la faire flancher en cas de besoin. Telle était la manière de faire des Sith, toujours chercher les points faibles de l'ennemi, sans arrêt à l'affût. Varadesh étouffa un bâillement, quelque peu fatiguée mais plus guère disposée à fermer l’œil à présent qu'elle cernait mieux le spécimen qui y résidait bon gré mal gré.

Elle esquissa un sourire sarcastique à la dernière question. C'était si visible que ça ?

Tu avoueras que tu n'es pas trop du genre rassurante, rien qu'à te regarder je me demande bien si je peux te tourner le dos sans prendre le risque que tu me plantes ton joli couteau entre les omoplates. Enfin, j'imagine que je vais devoir faire avec. Et au fait, pourquoi tu as tué ce fameux vieil ennemi ? Il avait critiqué ta tenue ou ton odeur ?

Une petite pique pas bien méchante, du reste la fille semblait se soucier de son aspect autant qu'Odion avait pu se soucier de la protéger dans le tombeau de Bane. Alors qu'elle s'apprêtait à poursuivre la conversation avec sa nouvelle meilleure copine - et plus si affinités, sans aucun doute - elle entendit un bip caractéristique, annonçant que son astromech l'appelait. Sans ajouter un mot, elle se dirigea vers la cabine de pilotage, sentant le regard de Jeny sur son dos. Elle songeait peut-être à lui planter ? Ou bien elle était déjà repartie dans son propre monde en ignorant ce qui se passait.

R7V3 était aux commandes et s'assurait que le programme de pilote automatique ne fasse pas n'importe quoi. Le petit droïde bippa de manière répétée lorsqu'elle apparut, tout content de la voir. Il semblait toujours malheureux et perdu lorsqu'il était seul, ce qui l'amusait toujours lorsqu'elle revenait et qu'il était fou de joie. Elle s'installa et examina les données. Elle sourit intérieurement et parla assez fort pour que l'autre puisse l'entendre malgré les quelques pièces les séparant l'une de l'autre.

On n'est plus très loin de notre destination. Si tu as quelque chose à faire avant qu'on se lance, c'est maintenant.
#33861
Jeny haussa les épaules. Reconnaissante n’était sans doute pas le bon mot. Mya était de ses personnes qui lui refusait de tuer. Et ce au nom d’une quelconque tenu à tenir. Mais Jeny ne tuait par plaisir, c’était plutôt par pulsion. Et parce qu’elle avait faim et que son corps mourrait. Tout le temps, continuellement, sans s’arrêter, autant de synonyme pour exprimer à quel point elle le sentait. Les multiples coups de dagues n’étaient qu’une des innombrables marques qui attestait de sa piteuse condition. Elle en était contiente et flirtait avec la mort, sa seule amie dans toute cette histoire.

« On va s’amuser ? »

Comment un sith s’amusait ? C’était sans doute ennuyeux. Jeny ne s’amusait pas. Elle mangeait, tuait, mangeait et tuait. Et puis elle accumulait le savoir pour se rapprocher de sa salvation. Pour contempler le pouvoir de l’ombre. Emerger à travers le culte de Mya pour toucher du doigt l’absolution, et enfin retourner à la Force. Combien de morts devraient être suffisant ? Autant que nécessaire. Voir peut-être même plus. Le chaos était une chose, la vie des gens en était une autre. Il ne fallait pas lancer de mauvaises idées sur de mauvais concepts. Jeny haussa de nouveau un sourcil.

« Tu connaissais quelqu’un qui connaisssait Mya, dont tu n’étais pas sûr de la liaison avec Mya. Il t’a ensuite donné à Mya ? Tu es une ancienne esclave ? »

La dague s’arrête, autant que le temps.

« A une époque, j’étais une tueuse d’esclavagiste. Nous arpentions la galaxie à bord de nos immenses flottes, fiers et implacables, bourrés d’orgueils ! Ah ça oui, on en a tué des gens au nom de la liberté. Peut-être bien que j’ai tué un de tes maîtres ? »

Une époque qui lui semblait être une autre vie. La vie perdue d’une enfant des ombres. Une vie faite de lumière, de magie et surtout de mensonges. Des mensonges qui ont terni le drapeau, jusqu’à l’expulser vers le trépas. Ce n’était pas leur faute si elle était devenue comme ça. C’était son choix. Le choix de la facilité. Face à la dernière question, Varadesh se permit un trait d’humour. Nouveau haussement de sourcil, décidément. Jeny se regarda et leva ses grigris qui cliquetèrent sous ses doigts, puis passa ses doigts sur ses cicatrices abdominales.

« Et bien quoi ? Je ne suis pas à la mode galactique ? Ca m’offusque de savoir que je n’ai pas pris la considération des « gens ». »

Jeny roula des yeux et arrêta sa dague, lame dans sa main.

« Je l’ai tué parce qu’il était le chef des esclavagistes. Et que je devais terminer ce pourquoi j’ai été formé. »

Il n’avait pas resté grand-chose de Gan’or. Surement quelque morceau par ci par là qui ne ressemblait plus à grand-chose d’autre qu’à une mélasse. Beurk. Ca, pour le coup, ça puait. L’autre lui tourna alors le dos. Jeny se saisi la dague par la poignait et lentement mima le fait qu’elle la lui plantait. Elle ajouta un petit « piouf ». Varadesh était une sensitive, elle aurait pu tout suivre. Jeny esquissa un sourire et se releva finalement.

« Il faut que j’aille faire pipi. »Dit-elle en s’eclipsant de la cuisine.

En réalité, elle n’était pas allé faire pipi mais était directement allé dans le cockpit. Elle s’asseya sur la chaise de co-pilote, croisa les bras et jambes.

« Dès qu’on arrive on s’en fait deux trois histoire de se chauffer ? »
#33864
La question appelait à une réponse visiblement, mais cette réponse était plus difficile à donner qu'elle ne s'y serait attendue. Pourquoi donc ? Le passé était le passé et elle avait fait la paix avec le sien, d'autant plus depuis qu'elle avait pu assouvir sa vengeance et la savourer. Mais il y avait quelque chose chez cette Jeny qui la mettait mal à l'aise. C'était ridicule, elle semblait tellement tête en l'air que lui confier quelque chose ne risquait probablement pas de remonter dans les oreilles de quelqu'un d'autre.

D'un autre côté, la dernière chose qu'elle souhaitait était que Ranath entende parler de son excursion qui avait mal tourné sur son monde natal. Elle pensait que cela risquait de déplaire à la Mirialan, peut-être qu'elle aurait mal pris l'idée que son apprentie eut été en danger ou bien l'aurait-elle sévèrement réprimandé pour avoir pris autant de risques. Ou alors elle n'en aurait eu que faire, considérant que puisqu'elle était ressortie vivante, il n'y avait rien à en dire.

Esclave, objet, chose, propriété... J'ai eu tellement de dénominations que j'ai finir par en perdre le compte. Donc j'imagine que oui. Et il ne m'a pas "donné", j'ai eu le choix de la suivre ou non et je l'ai fait. C'était ça ou repartir avec lui et pour être franche, la vie qu'il menait ne m'attirait pas franchement.

Elle esquissa un sourire carnassier.

Oh peut-être oui. Si c'est le cas, j'espère bien qu'il a souffert atrocement. Tu leur faisais mal à l'époque ou tu réglais ça vite fait ? Je dois dire qu'user de l’Étreinte sur quelqu'un que je hais est une expérience vraiment très agréable. L'un de ces types a pu y goûter il y a presque un an maintenant, il n'a pas apprécié mais il a beaucoup crié avant de se taire définitivement.

Ce souvenir la réchauffait les nuits ou elle faisait encore des cauchemars, bien que ceux-ci étaient de plus en plus passagers, brefs et étirés dans le temps. Bientôt elle n'en ferait plus du tout, elle attendait ça avec impatience. Bien sûr, la fin de sa mésaventure sur Ordo Plutonia aidait aussi pour se sentir mieux au plus tard de la nuit... A peine avait-elle adressé son avertissement à la jeune femme que celle-ci arrivait déjà à l'intérieur. Visiblement ça avait été rapide le passage au petit coin, ou alors elle avait juste tenté de plaisanter, avec assez peu de réussite.

On n'attaque pas et on ne tue pas sauf pour se défendre, au moins tant qu'on sait pas ce qui se passe. Si il y a une société prospère en bas, c'est pas vraiment le meilleur moyen de les rallier à nous si on commence à les sabrer tous. Et... Attends, je rêve ou tu es en train de bouder ?

Elle en avait bien l'air. Quelle étrange femme.

Si c'est du sang que tu veux, rassure-toi, ça m'étonnerait qu'il n'y en aura pas. J'en sais assez sur mes semblables pour comprendre qu'avec nous, le sang finit toujours par couler...

Et beaucoup trop souvent à son goût. D'accord, un peu d'exercice ne faisait jamais de mal et un zeste de violence rendait les choses plus intéressantes, en plus de la faire se sentir vivante. Mais les carnages et autres folies dont semblaient raffoler les Anciens, très peu pour elle. Tuer n'était pas un acte anodin et si elle n'avait aucun problème à le faire pour sauver sa peau ou atteindre ses objectifs, elle n'était pas non plus adepte de la violence quand d'autres solutions étaient possibles.

Bon, on arrive. Accroche-toi, on sait jamais, la décélération après un voyage hyperespace peut parfois être un peu brutale. Et ce serait triste que tu ailles t'écraser contre la vitre.

Alors qu'elle finissait cette phrase, le couloir d'hyperespace devant elles prenait fin et l'Intrépide émergea alors de celui-ci pour finalement se trouver devant leur destination. Thule était au centre du système et les scans envoyés décrivaient un monde aride dont les températures semblaient facilement aussi hautes que la lointaine Tatooine. Voilà qui promettait, Varadesh appréciait ce genre de climat... Jusqu'à un certain point, elle était presque sûre que le trop chaud n'était pas au goût de ses semblables Pantorans. Elle allait être bientôt fixée.

Alors qu'elle regardait les infos météos qui faisaient état d'un genre d'épaisse couche nuageuse recouvrant le ciel dans l'atmosphère locale, des alarmes se déclenchèrent soudainement. Intriguée, elle chercha à voir ce qui se passait, R7 bipant comme un dément à côté d'elle pour signifier son inquiétude mais Jeny fut la plus rapide. Elle semblait parfaitement à son aise dans un cockpit, ce qui dénotait une habitude notable à piloter. Elle pointa du doigt d'abord sur l'hololithe avant de pointer avec son couteau par delà la vitre.

Contacts multiples, ils foncent à toute vitesse droit sur nous. Et à en juger par leur trajectoire ils seront sur nous dans une poignée de secondes. J'arrive pas à voir ce que c'est, on dirait des chasseurs, peut-être aussi des bombardiers...

Elle regarda sa compagne d'infortune et cligna des yeux.

Tu sais te débrouiller avec l'armement d'un rafiot comme celui-là ? On a 2 canons laser et une batterie quad-laser, tu penses que tu saurais assurer la défense si besoin ? R7 est pas vraiment à l'aise avec ces systèmes et moi je dois piloter.

Toutefois, avant qu'elle n'ait pu répondre, avant même qu'une décision ne put être prise, un bip sonore se fit entendre, prévenant le duo qu'on cherchait à les contacter. Varadesh autorisa le contact. Une voix sèche et cassante se fit entendre.

Vaisseau non-identifié, vous êtes dans une zone interdite d'accès. Rendez-vous immédiatement ou nous ouvrirons le feu pour vous abattre. Il n'y aura pas d'autre sommation.

L'apprentie se mordit les lèvres. Et maintenant ? Jouer patte blanche ou l'envoyer se faire voir ? Les 2 options étaient toutes tentantes. Elle marmonna un juron et jeta un regard éloquent à Jeny. Un avis ?
#33874
« »

Elle la provoquait intentionnellement. De toute manière, elles auraient à s’affronter tôt ou tard. La petite bleue se présentait apprentie Sith, alors le conflit, c’était son dada. Jeny n’en avait rien à faire mais était toujours partante pour mordre, littéralement.

« Lui n’a pas souffert. »

Varadesh lui fit tout un discours sur l’étreinte et la joie que c’était de faire souffrir quelqu’un. Mais … il y avait un truc qui la dérangeait dans sa phrase. C’était beaucoup trop appuyé, beaucoup trop caricaturé pour paraître vrai. Jeny commenta néanmoins.

« Tu es horrible, beurk. »

Non mais c’est vrai, un gars qui suffoque, ça fait des petits bruits tout bizarre et puis les yeux deviennent injectés de sang. On n’aimait pas tuer, c’était trop étrange. Surtout pour une gamine de son âge qui n’avait rien connu que le fouet. Non, Jeny n’y croyait pas. Et elle aurait l’occasion de la pousser dans ses retranchements.

Elle lui dit non, mais de toute manière Jeny allait en manger plein. Les paroles de l’apprentie n’étaient que paroles d’apprentis, alors il ne fallait pas se formaliser là-dessus. On parlait d’affrontement, c’est ça ?

« Tu ne sais pas ce que je veux. Mais tu le découvriras bientôt. »

Jeny ne souriait pas. Elle ne savait rien d’elle et déjà l’avait jugé selon son apparence. Mais il était des monstres bien plus terribles, qui n’étranglaient pas seulement leur victime. Qui ne choisissait pas toujours leurs cibles.

Finalement, le vaisseau pénétra en espace normal. Les deux femmes assises dans le cockpit purent observer la planète désertique. Du désert … Jeny détestait le désert. Aussi intensément qu’elle détestait la chaleur. Entraînement Gris oblige. Elle allait être en colère. Haineuse de traîner dans un bourbier de grains irritants qui se mêlent à la bouffe. m&?!e ! En réalité, elle n’eut pas vraiment le temps de penser davantage que sa haine était grandissante qu’elle ressentie des esprits hostiles dans la zone. Oh oui, de la chasse ! De la chasse avec un gros coucou comme ça. Qui l’avait déjà fait, levez la main ! Jeny leva la main. Et oui ! Avec le gros transporteur en sortant de Tatooine. Quand Varadesh lui adressa la parole, l’ex blonde fit mine de se gratter la tête et étira un sourire.

« Non, je ne sais pas faire. Va le faire toi, je vais piloter. »

Evidemment, c’était un mensonge. Mais qu’importe. Jeny était une pilote, la meilleure de tout l’ordre gris ! La meilleure de l’empire. Et puis elle avait envie de piloter. Sauf que son homologue n’avait pas l’air de vouloir lui laisser le manche.

« S’il te plait », articula-t-elle, avant de prendre sa place.

Jeny bougea ses doigts et plaça ses deux mains sur le manche. Elle ralentie sa vitesse et recula lentement, très lentement. Les communications furent ouvertes et … Elle parla dans une langue connue seulement d’un petit peuple sans histoire de la bordure. Les boucliers de leur cargo n’étaient pas encore activés. Par l’intercom, elle précisa.

« Ne bouge pas la tourelle, ne l’active pas non plus, on attend. Joue la morte. »

La réponse vint quelques secondes plus tard.

« Utilisez le langage basic, nous ne comprenons pas. Dernière avertissement, rendez-vous !
»

Une petite lumière émergea de son esprit. Un petit clinc qui venait du fond de sa tête. Pas de pilotage, en fait.

« J’ai une meilleure idée ! On se rend et on se fait aborder ! On va avoir de nouveaux chasseurs ! »

Jeny était toute excitée et éteignit tous les systèmes du vaisseau. Avec ou sans l’aval de la Pantoran. Par la verrière, elle vit le plus gros des vaisseaux qui s’approcha d’eux pour les aborder, tandis que les chasseurs naviguaient autour comme des mouches. Elle rejoint son homologue.

« En fait, t’avais raison, va piloter. Quand ils ouvriront le sas, éteint les systèmes électriques. C’est moi qui les accueille, je prends leur vaisseau et on se retrouve en bas. »
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