L'Astre Tyran

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#40453
Ambiance


Image« Équipe de soutien opérationnel à Frégate mark 2, transmissions des codes d’amarrage. »

Ladite équipe de soutien inaugurait l’une de ses premières missions. Une équipe réduite de huit personnes, convoyée à travers une navette Lambda comme l’on en voyait des milliers dans l’empire. Toutes étaient emmurées derrière des armures noires que l’on n’avait pas revu depuis une dizaine d'années, à l’époque où la grandeur de l’empire ne se comptait pas en quelques territoires grignotés. C’était un temps où les vaisseaux triangulaires voguaient en maître absolu sur l’espace interstellaire, où les armées de soldats blancs patrouillaient sur tous les mondes de la galaxie et où la Force était maîtrisée et contrôlée par une puissante branche. A l’époque, cette organisation était crainte notamment par le chef, le très redouté Darth Vador. Une fois, elle avait tenté de renaître de ses cendres après la défaite cuisante d’Endor. Une tentative abrogée par le Triumvirat corrompus formés par la grande Moff Chiss Thoryn, la cheffe des renseignements Isard et le Moff Melios. Tous trois ayant troqué les valeurs ancestrales de leur empire pour de fallacieuses relations avec les rebelles, nouvellement autoproclamés république. Mais cette fois encore, ressurgissaient des méandres les plus obscurs de la bureaucratie impériale, les quelques germes d’un ordre nouveau. Mieux soutenu que le précédent et dont la tête dirigeante ne fut autre que l’apprenti du dernier ordre, la très mystérieuse Haute Inquisitrice. Peu d’informations avaient été distribuées dans les hautes sphères impériales et ce secret défense était jalousement gardé par quelques élites responsables du projet. L’inquisitrice en elle-même était une ombre au service des intérêts impériaux, troquant le rôle que l’Executeur se devait de maintenir.

Le groupe avait été dépêché en urgence après le repérage d’activités illégales aux abords de mondes sans aucune importance stratégique. Ces mondes, en plein coeur de l’espace Morellian, s’ajoutaient à ces tas de cailloux dont les quelques vestiges archéologiques sur la planète étaient la seule preuve de leur intérêt. Cependant, quand les rapports avaient commencé à se diluer dans les strates et que le premier groupe d’intervention militaire, petite flottille séparée de la flotte de défense sectorielle de Belderonne, fut missionné, ordre fut modifié d’attendre l’arrivée de nouveaux renforts. Des renforts qui en apparence n’étaient en rien utiles pour une mission de maintien de la paix basique sur ce genre de système. Pourtant, lesdits renforts ne donnèrent aucune explication particulière et ils arrivèrent sur place à l’horaire prévu. La navette se posa dans le hangar tout en relâchant des gaz pressurisés de part et d’autre du cockpit de l’appareil. La rampe s’ouvrit au niveau du ventre et les huits silhouettes émergèrent. De toute évidence, six soldats se distinguaient par leur armure similaire et leurs fusils dans le dos. La deuxième portait également une armure du même type avec la tête à nue. Sa peau rose ne laissait alors aucune interprétation possible, c’était une alien. Quant à la silhouette en tête, totalement dissimulée derrière armures et toiles noirâtres pendant à chacun de ses mouvements, son identification ne laissait aucun doute.

« Conduisez-moi à votre capitaine. Fut sèchement ordonné par la voix métallique à l’officier qui se présenta en premier. »

Suivant la procédure, l’inquisitorius emboîta le pas de l’officier, pressé d’en avoir terminé avec ces gens dont la simple vue lui donnait la nausée. Helera ne jeta que très peu de regards autour d’elle, ni à son équipe et encore moins à Sarah. Elle lui avait expliqué tous les tenants et aboutissants de la mission, véritable baptême du feu pour la zeltronne. C’était l’occasion de s’illustrer et de montrer de quoi elle était capable, tant dans sa capacité de commandement que dans ses talents de pugiliste. Car elle était effectivement seconde dans cette mission, et les soldats lui devaient tout autant obéissance qu’à l’inquisitrice, dans l’ordre de hiérarchie. Elle lui avait expliqué la subtilité de leur objectif et la manière de procéder avec les forces occultes dont ils allaient probablement avoir à affronter.

Quand le groupe arriva enfin sur le pont de commandement, les six soldats se répartirent autour de la fosse et seules les deux femmes patientèrent sur le seuil. Helera s’inclina respectueusement avant de déclarer :

« Nous avons été envoyés pour vous assister dans l’appréhension des criminels aux abords du système Korriban. Permission de pénétrer sur le pont. »
#40460
Velvet se surprend une fois de plus à observer son reflet dans la porte réfléchissante de l'ascenseur, une manie qui lui revient à chaque nouvelle promotion. Elle se doit d'être impeccable afin de légitimiser sa fonction à bord de cette frégate hors de prix. De sa nervosité, rien ne doit paraître. La plaque sur son buste lui paraît un peu trop large avec ses deux rangées. Cela demandera un temps d'adaptation.

La porte s'ouvre finalement sur le pont supérieur, effaçant le reflet de son visage au profit de celui - fort perplexe - de son lieutenant de bord. Le fait d'avoir une femme pour supérieure provoque toujours quelques remous dans les rangs, à plus forte raison lorsque celle-ci n'a guère plus de trente ans. Les meilleures apparences ne suffisent malheureusement pas à convaincre les plus dubitatifs, et le lieutenant Brygg en fait partie. Pour ceux-là, la seule option est de faire ses preuves.

"Rapport," demande la capitaine en entamant sa marche vers le centre de commandement.

"Nos renforts viennent d'arrimer," l'informe l'officier en prenant sa suite. "Huit hommes. Ils nous rejoindrons dans les cinq minutes."

"Huit ?" répète Vixxen, fronçant un sourcil suspicieux. "En renfort d'une frégate et de son équipage ?"

Mobiliser un tel bâtiment pour intercepter un simple vaisseau de contrebande relève déjà de l'exception, songe-t-elle. Ce groupuscule réduit doit être l'escorte de quelqu'un d'important. De son côté, le lieutenant Brygg se contente d'acquiescer.

"Nos demandes de précisions sont restées sans réponse," enchaine-t-il d'un ton neutre. "Peut-être se montreront-ils plus généreux en information de vive-voix."

Velvet soupire intérieurement. C'est le propre de l'Empire que de centraliser son renseignement aux sphères les plus hautes, de sorte que la main droite ignore ce que fait la main gauche. Il est attendu de ses éléments une obéissance complète, et souvent aveugle.

"Préparez l'équipage à reprendre l'itinéraire prévu," commande la militaire. "Vous attendrez mon signal. Oh, et lieutenant Brygg..."

L'homme grisonnant, qui s'apprétait à changer de trajectoire, interrompt sa marche.

"Oubliez encore une fois de saluer votre capitaine, et il y aura des sanctions," assène sa supérieure avec un regard glaçant.

Velvet reprend le chemin de la fosse centrale d'un pas impérial, abandonnant l'officier au visage déconfit. Si tôt se présente-t-elle devant la fosse que les nouveaux venus sont annoncés. Tout de noir vêtus, ceux-ci se répartissent sur le seuil, et déjà quelques regards curieux se tournent dans leur direction. La zeltronne à la peau rosée attire l'oeil, mais c'est bien la présence masquée à ses côtés qui dégage le plus d'autorité. Celle-ci est la première à s'exprimer, saluant avec un respect dont certains se dispensent trop vite. Velvet salue en retour d'un mouvement du menton, sans cacher son incertitude vis à vis de ces inconnus. A défaut d'être égale, cette conversation aura au moins le mérite de se passer de sexisme.

"... Permission accordée," offre-t-elle avant de se présenter. "Capitaine Velvet Vixxen, au rapport. Notre unité est prête à rejoindre sa destination."

La militaire s'autorise un hochement de la tête vers la non-humaine, qui de par sa position doit être sa seconde. Velvet s'étonne qu'une alien ne soit pas requise de porter un masque, en particulier lorsque le reste de sa compagnie s'y emploie. Une marque d'originalité, peut-être ?

"Puis-je connaître votre identité ?" se hasarde la rouquine en nouant ses mains dans son dos. "Tout complément d'information de nature à faciliter notre collaboration est bienvenue. Je dois admettre avoir été surprise par votre requête."

Extraire des renseignements peut s'avérer être une tâche ardue, aussi Velvet s'y prend-elle avec tact. Korriban est et reste un système hostile par nature. Si l'Empire décide d'y accorder de nouveau de une attention aussi solide, ce doit être pour de bonnes raisons. Du reste, elle ne souhaite pas déclencher la colère d'une entité fantôme qui pourrait bien le lui faire payer.
#40465
Le vaisseau filait à toute allure, emportant avec lui une petite poignée de soldats d’élites, près à accomplir de nombreuses missions pour l’Empire. Les hommes embarqués se ressemblaient tous, dans des armures sombres identiques, des carrures quasi similaires, un armement standard… Et parmi eux, une jeune alien, qui se sentait bien étrangère à la situation.
Assise, le dos courbé, elle regardait dans ses mains la visière de son casque. Un acte courant chez elle, mais avec celui de sa mère. L’heaume qu’elle avait devant elle lui était inconnu, presque incompatible. La protection mandalorienne lui exprimait une histoire, des sentiments, certains heureux, d’autres tristes. Mais celui-là ne dégageait rien de plus que du vide, de la froideur. Pire, elle avait l’impression d’observer un reflet qui n’était pas le sien. Rapidement, Sarah posa sur le côté cet accessoire effrayant et intrusif. Elle bougea sur place, ayant du mal à s’habituer à sa tenue. D’ordinaire, ces armures sont composées de cuirs moulants, protégés par des plaques de duracier par-dessus. Ici, la mandalorienne se sentait serrée, presque étouffée, par ce manque de souplesse. Une question d’habitude, sans doutes. Sa poitrine, entièrement recouverte pour une fois, étant écrasée contre son torse. Car en plus de la cuirasse, elle portait une tenue en-dessous, les plaques n’étant pas prévues pour toucher directement la peau de son utilisateur.

Mais tout cela était loin d’être le pire. Elle qui n’était pas un soldat, portait un ensemble de trooper identique à ses voisins. Impossible de les différencier. Sarah, excentrique, avait horreur de la conformité, plus proche de la machine que de l’être vivant. À son retour, elle comptait bien demander à Helera l’autorisation de personnaliser son armure, avec l’aide d’Agatha si possible, afin de la rendre plus personnelle tout en gardant l’esprit impérial. En outre, son nom avait été caché pour la mission, remplacé par un code. Fort heureusement, cela n’était que temporaire, et restait bien éloigné des matricules que portaient les troopers.

Pour le moment, sa seule distinction avec les autres soldats de la brigade fut ses formes, étant la seule femme du groupe, à l’exception bien entendu de la conseillère. Elle avait beau être dans la moyenne par sa grande taille, son corps trahissait son genre malgré l’armure. Enfin, une caractéristique, qui fut rapidement complétée par une autre encore plus visible, appuyant davantage sur la première…

En effet, lorsque la navette se posa à bord de la frégate, une des silhouettes attira bien plus le regard que les autres, et pour cause: Sarah gardait son casque sous son bras, comme elle le faisait depuis des années dans son ancienne vie. Ne supportant pas d’en porter, se contraignant à le faire en cas de danger imminent, elle avait reçu l’autorisation de sa supérieure, un caprice de sa part certes, mais qui permettait de garder son moral sous contrôle. Désormais le visage à découvert, elle afficha son traditionnel sourire malicieux. La zeltronne n’appréciait guère garder un visage de marbre et, à moins qu’elle ne soit réellement agacée par une situation, restait souriante en toute circonstance.
Pour autant, la chasseuse de prime évitait au maximum de croiser les regards du personnel, qui l’observait avec étonnement, parfois dégout. Il est vrai qu’une alien, même proche humaine, de sexe féminin en armure de trooper d’une classe aussi spéciale, et qui par dessus-tout osait le montrer au monde, tout en souriant comme rien n’était… Une scène surréaliste, et pourtant. Personne ne savait qui étaient ces personnes, abordant sur des tenues étranges le symbole impérial, avançant sans dire mot tandis que tout leur était accordé. Par leur assurance et leurs autorisations, nul n’osait protester, ou critiquer la présence de la créature rose qu’ils désiraient autant qu’ils méprisaient…

Concernant la mission, Sarah avait tout ce qu’elle devait savoir. Une simple commission, qui avait une importance particulière à Helera, mais encore plus à Sarah. Car, si pour la plupart ce n’était qu’exercice de broutille, dans le cadre de la formation de la zeltronne cette tâche était sa toute première collaboration avec l’Empire, sa première mission réalisée conjointement avec les troupes impériales. Si arrêter des criminels était son quotidien, le faire avec cette autorité était différent. Elle devra suivre des règles, des ordres, un protocole… Tout ce que Jessa détestait, mais que Sarah devait désormais travailler. Elle avait l’occasion de faire ses preuves sur le terrain, et de mettre à profit ces semaines d’entraînement intensif.

Mais cette mise à l’épreuve avait déjà commencé, à l’instant où elle avait posé les pieds dans le vaisseau. Helera ne lui avait donné aucune consigne, conseil, ou explication sur ce qu’elle devrait dire, faire, ou comment se comporter en présence d’officiers supérieurs. Si la mandalorienne avait mémorisé les informations sur la hiérarchie, il y avait presque aucune chance que l’une des rares personnes à qui elle doit obéissance autre que la conseillère se trouve à bord de la frégate. Devrait-elle saluer respectueusement le capitaine ? S’incliner ? Ne rien faire ? Le rôle de soldat était tout un métier, des années d’études qu’elle n’a pas eu…
Tout comme un autre problème qui survenait: celui de commander. Diriger une équipe nécessitait un apprentissage qu’elle n’avait pas. Si elle est cheffe d’un équipage, ces derniers l’écoutent par amitié et respect, et non par devoir. La zeltronne connaissait ses amies, leurs points forts, leurs points faibles, et surtout elle leur laissait une grande liberté d’action. Les trois jeunes femmes étaient au même niveau. Tout l’inverse de la situation présente. Des personnes qu’elle connaissait certes, avec qui elle avait passé du temps, mais leur relation n'était pas aussi forte. Ces hommes étaient une élite, endoctrinée par la vision impériale. Comment allaient-ils réagir ? Accepteront-ils sans manifester d’être sous les ordres d’une femme, alien de surcroit, une criminelle qui n’était parmi eux depuis quelques semaines seulement ?

Tant de questionnement, d’appréhension, mais l’heure n’était plus à la rêverie. Sarah se retrouvait seule avec Helera, la différence de carrure pouvant faire penser à une garde du corps si la plus petite des deux n’était pas considérablement plus forte que la grande dans tous les domaines. Sans dire mot, elle changea d'expression, passant de la malice à un simple sourire, inclinant la tête d’un geste mimique pour saluer leur hôte. Une magnifique impériale aux cheveux roux, qui par son air autoritaire possédait un certain charme. La volonté de dépasser le masque, de connaître la véritable “elle”. Mais si encore une fois Jessa aurait sans hésiter réalisé un geste déplacé, Sarah ne pouvait se le permettre, encore moins avec la présence de la conseillère à ses côtés.
À la place, la zeltronne se mit à “analyser” l’environnement, en se concentrant sur le flux d’émotion qu’elle sentait depuis son arrivée. Au delà des évidents étonnements, craintes, haines et négations, ce que cherchait la jeune alien fut plus profond: Comment se sentaient les hommes à bord de ce transport impérial ? L’amour fanatique était quelque chose, mais parfois certaines émotions restent bien encrées, si bien que leur posséssaire ignore même leur existance. Et en effet, si certains étaient heureux d’être ici, d’autres s’étaient engagés par contrainte, pour subvenir aux besoins de leur famille, ou pour éviter les camps de travail. D’autres encore se mentent à eux-mêmes, s’inventant des vérités qui n’existent pas.
Puis sa curiosité la poussa à se concentrer par la suite sur la troisième femme. Ironique par ailleurs que les trois plus hauts gradés présents parmi des milliers d’individus soient des femmes, dans un monde aussi misogyne…
C’est surtout cet aspect qu’elle voulait étudier. On dit que dans un environnement discriminatoire, les victimes qui obtiennent un peu de pouvoir sont encore plus horribles.
Derrière ce visage froid, autoritaire, Sarah sentit un peu d’angoisse, de préoccupation. Plusieurs facteurs pouvaient expliquer cela, comme la présence d’un corps inconnu devant elle par exemple. Ou alors la peur de commettre une erreur. Selon certaines rumeurs, il était très facile d’être sanctionné par ses supérieurs au moindre problème, pouvant aller jusqu’à la mort du fautif. La zeltronne ne put s’empêcher de se sentir désolée pour elle. Être au commande d’un bâtiment aussi grand et coûteux, avoir la vie d’autant de personnes à ses ordres… Et encore une fois, le fait d’être une femme n’arrangeait rien, bien au contraire, certains seraient même heureux d’utiliser la moindre complication contre elle afin de la nuire. Cette capitaine restait avant tout un être vivant, qui s’était présentée sous un nom complet. Ce faisant, malgré son expression, sa gestuelle et sa voix, la mandalorienne l’a trouvait plus chaleureuse que les soldats silencieux…
Modifié en dernier par Sarah Aka’spai le dim. 27 mars 2022 16:27, modifié 1 fois.
#40472
L’inquisitrice garda les mains dans son dos quand autorisation lui fut accordée. Son regard se balada au travers des différents membres d'équipage. Tous s’affairaient dans leur tâche. Ou plutôt, faisait mine de travailler à quelque chose qui n’existait pas encore. Seuls peut-être les analystes restaient concentrés sur le radar de proximité, comme seul lien les raccrochant à l’espace. Ils savaient qu’une erreur et ce serait la vie de tout l’équipage qui était en jeu. Les autres furetaient quelques regards dans leur direction, baissant la tête quand par malheur, l’un d'eux croisait le regard de l’inquisitrice. Quant à la Zeltronne, elle procédait exactement comme on le voulait d’elle. Une analyse à son tour méticuleuse des êtres vivants, et en particulier du capitaine. Cette femme faisait parti des rares privélgiés à ce poste et, tout comme Ysanne, Daala et d’autres, devait prouver que sa poigne était de fer et sa volonté de duracier.

Quant aux membres de leur escouade, Sarah les connaissait personnellement pour s’être entraînés avec eux. Ils étaient tous de jeunes soldats dans la fleur de l’âge, tous prêts à donner leur vie pour l’empire. Travailler qui plus est avec une alien ne les dérangeait pas, car ils l’avaient tous assimilés comme l’une des leurs. La petite dernière un peu bizarre qui avait une droite à faire trembler un sensitif. Ce n’était pas rien pour ce genre de soldats dont l’objectif était de traquer les Jedi. La Furie Rose avait démontré sa capacité à se battre, avait prouvé sa force et mainte fois sa volonté de progresser. Les soldats respectaient cela. Mieux encore, ils étaient prêts à la suivre et suivre ses ordres.

« Négatif. » Trancha la conseillère. « Nous ne sommes pas autorisés à vous fournir cette information. Pour » cette mission, je serai Ombre, elle sera Furie et nos soldats seront nommés de 1 à 6.

Helera n’aimait pas ce genre de secret, mais il était nécessaire, maintenant plus que jamais, pour cette mission délicate. Son ton ne laissa cependant pas la place à la négociation, leur relation n'ayant pas pour intérêt d’être facilitée.

« Nous avons été envoyés pour assurer la sécurité de votre mission. Peut-on parler en privé ? »

Quand l’autorisation fut donnée, Helera s’écarta devant le passage du capitaine. D’un geste de la tête, elle intima à la Zeltronne de la suivre, tandis qu’elle leva sa main vers les autres soldats. Ils acquiescèrent d’un hochement de tête et restèrent en position. Connaître l’efficacité impériale était une chose, la voir en action en était une autre. Les mots étaient autant de palabres inutiles que la confiance pouvait aisément contrebalancer. Elle emboîta enfin le pas de la rousse à travers les coursives du bâtiment de guerre aux côtés de sa comparse au sourire aguicheur. Un sourire qui aurait tôt fait de disparaître quand elle aurait goûté aux premiers sangs du combat. Même si la gamine avait connu des tragédies, elle était loin de se douter des forces contre lesquelles elle se battait. Pour le moment, l’inquisitrice ne disait rien. Dans d’autres circonstances, elle l’aurait effacé elle-même. L’empire ne pouvait tolérer ce genre de digression éternellement, même pour un corps atypique comme le leur. Quand elles furent dans la salle de brieffing, avec toutes les personnes dont le Capitaine Vixxen jugerait utile, Helera commença :

« Tout ce que je dirai à partir de maintenant est confidentiel. Votre rapport très détaillé de la situation fait état d’un groupuscule de pilleurs aux abords du système Korriban. Cette planète gelée au sable rouge abrite une multitude de sites archéologiques de grandes importances. Ces sites sont le reflets décadents d’une civilisation aujourd’hui sur le déclin, chassée du monde connu. »

La conseillère récupéra une clé de stockage qu’elle introduisit dans le lecteur holographique. La planète rouge apparut. A côté, une forme humanoïde à la peau rougeâtre apparue, race bien trop connue par la crainte qu’elle inspirait.

« Cette civilisation ne fut autre que les Sith de Sang pur, dont les escarmouches de ces dernières années mirent à mal les défenses de l’Empire. Cette planète, a l’exemple d’Ithor, est totalement corrompue et toute présence au sol est totalement interdite. Pour cause, les énergies ésotériques utilisées par les Sangs purs ont imprégné les lieux et, dans le meilleur des cas, auront tendance à rendre fou ceux qui s’en approchent trop. Aussi l’extraction d’objets de la planète est strictement réglementée. »

Pour ne pas dire interdit, en définitif. La voix robotisée, inhumaine, offrait un parallèle avec le timbre du Seigneur Vador, illustre exécuteur, chef de l’inquisition en son temps. Un parallèle qui n’était pas anodin, car que ce soit de Vador ou d’Ombre, il émanait de leur aura respectueuse une crainte fiévreuse. Une menace dont l’esprit tentait de se protéger un érigeant des barrières mentales, tout aussi veines. Ces silhouettes noires portaient la marque de l’implaccabilité, du travail réalisé, quel qu’en soit le prix. Aussi l’Alien rose à ses côtés n’en portait pas moins les stigmates de cette oppressante aura. Son sourire appuyé pourtant joli hors de ce contexte, apparaissait malsain, dissimulant une folie sous-jacente, comme l’on pouvait le voir sur le visage de condamné ayant vécu trop longtemps à l’ombre. En plus de cela, les effluves naturelles de la Zeltronne n’allait pas en arrangeant l’état mental des personnes à proximité. Normalement ayant pour objet le désir, il amplifiait les sentiments de ceux qui le respiraient trop longtemps. Autrement dit, la peur et la crainte n'étaient plus que les seuls sentiments qui dominaient. Ils n’avaient pas le droit à l’erreur, car que ce soit de la femme en armure ou de son accolyte rose, il semblait certain qu’elles le feraient très cher payé.

« Capitaine Vixxen, nous sommes à vos ordres sur cette mission. Avez-vous pu identifier les forces en présence, leur statut actuel, leur nombre ? Avez-vous un plan d’attaque ? »

La seule certitude avec ces questions, c’était qu’il ne fallait pas se tromper. Tout comme Vador avant elle, l’inquisitrice pouvait très vite … “se passer de ses services”.
#40492
Sans surprise, celle qui se présente comme "Ombre" réaffirme la nécessité de s'en tenir au silence. Velvet devra donc se contenter des pseudonymes clinquants et des numéros que l'étrange peloton veut bien lui donner. Cela lui est désagréable pour plusieurs raisons, la première étant idéologique, la seconde purement pratique. Comment commander efficacement une poignée de soldats dont elle ignore à la fois la fonction et la compétence ? Soldats qui pourraient à tout moment s'affranchir de son autorité et se retourner contre ses hommes pour remplir un objectif dont eux seuls ont le secret. Bien entendu, la militaire ne s'autorise aucune protestation, mais son expression tendue laisse deviner son train de pensée.

La requête de la femme au masque est immédiatement validée d'un signe de tête, Velvet ne pouvant ignorer l'opportunité d'en apprendre d'avantage. Son regard accroche inopinément celui de la zeltronne tandis qu'elle la dépasse. Un parfum subtil de lavande et de miel lui effleure les sens, causant des remous invisibles au plus profond de son être. Le trouble engendré creuse une ride dans son front qu'elle conserve le temps de la marche.

Que vient-il de se passer...?

La question restera sans réponse. Une fois l'alcove atteinte, l'Ombre reprend la parole, et le sentiment étrange est éclipsé. Les informations s'enchaînent avec l'appui d'un support holographique, évoquant la planète maudite de Korriban et les immondicités qu'elle recèle. Un malaise indescriptible se fraye un chemin dans la poitrine de la militaire. La guerre conventionnelle est un art qu'elle maîtrise sur le bout des doigts, mais aucun manuel n'explique comment intégrer l'éternelle variante qu'est la Force. L'idée qu'une population entière puisse baser son existence sur une chose aussi insaisissable... Cela l'incommode. Heureusement que leur affaire dans le secteur se limite à l'arrestation de contrebandiers faits de chair et de sang.

"Les renseignements font état d'un cargo lourdement modifié escorté de quatre chasseurs," établit la capitaine en s'efforçant de demeurer impassible. "Nos cibles privilégient la mobilité et la discrétion à la puissance de feu. En temps normal, l'intervention d'une frégate aussi conséquente que celle-ci provoquerait une reddition immédiate, mais ces criminels s'attendent de toute façon à une peine capitale. Un baroud d'honneur n'est pas à exclure."

Velvet joint ses propres images holographiques à l'exposé, listant les vaisseaux employés et leurs armements. Des informations quantifiables, rassurantes, qui la soulagent de l'attention sinistre d'Ombre à ses côtés. Quelque chose dans cet entretien la rend nerveuse.

"Nos options sont multiples," reprend-elle. "La première serait d'intervenir directement en surface afin d'immobiliser les véhicules incriminés durant leur chargement, puis de livrer un affrontement au sol. Cela éliminerait entièrement la possibilité d'une fuite, mais le terrain ne nous est pas familier, et nous courrons le risque de provoquer une réponse des autochtones."

Ses yeux azurs se posent sur la silhouette translucide du Sith, songeurs. Une planète isolée peut difficilement s'opposer à une opération impériale, mais Korriban joue selon ses propres règles. La simple idée d'exposer des soldats à son atmosphère vicié lui est désagréable.

"L'autre option est une interception des plus classiques. Nous devrons incapaciter le cargo avant qu'il ne puisse entrer en hyperespace, puis défaire son escorte avant de le tracter pour un abordage. Cette stratégie expose notre flottille à d'avantage de dommages matériaux, mais nous évite un passage sur la planète."

La rousse pivote en direction de la femme masquée et de son acolyte avant d'esquisser un pas en arrière. Toutes deux lui paraissent un peu plus grandes qu'il y a un instant. Quelque chose vibre fébrilement en elle. Il n'est plus seulement question de gagner le respect de ses hommes, Velvet le sent dans ses tripes : c'est avant tout l'Ombre qui lui faut satisfaire.

"... Je gage que votre unité s'intéresse d'avantage à la cargaison qu'au sort des criminels ?" Avance-t-elle en relevant le menton. "Si tel est le cas, vous avez certainement un avis sur la meilleure approche pour la sauvegarder."

C'est une étrange situation que de se sentir intimidée par ceux qui se prétendent sous ses ordres...
#40590
Helera écoutait les bras croisés, la tête haute et le torse bombé. Aussi impérialement digne que son rang le lui imposait. Les images holographiques des ennemis apparurent, montrant les détails d’un vaisseau cargo ne ressemblant à aucun standard galactique. Pour cause, l’on reconnaissait les traits des très célèbres YT corellien, mais pourvu de multiples modifications le rendant presque méconnaissable. Presque, car l'œil de l’ingénieure Kuati qu’elle fut dans une autre vie ne pouvait la tromper. Le râle que produisait son masque ponctuait le discours de son interlocutrice tandis qu’elle déroula les différentes options dont ils étaient pourvus. Des options qui commençèrent bien mal devant l’inexactitude des renseignements dont cette flottille avait à disposition. Comment en vouloir à cette officier qui n’avait à sa disposition qu’une poignée d’informations vérifiée. La majorité étant consignée dans des rapports confidentiels que seuls certains élites pouvaient consulter. Des élites ou des aventuriers assez fous pour risquer leur vie pour glaner quelques connaissances aux quatres coins galactiques.

« La première option est incorrecte. Le vaisseau cargo n’aura pas la possibilité de transporter des véhicules de terrain. Au mieux quelques unités robotiques de transport. De plus, il n’y a pas assez d’artefacts sur place pour la nécessité de si grands moyens. Quant aux autochtones, soyez rassurés, ils n’existent plus. Les seuls illuminés que vous trouverez ici sont des fous ou des Sith à la recherche de pouvoir. Rien qui ne doit occuper la justice impériale. »

Pour cause, l’un ou l’autre devrait être abattu à vue, aussi simplement que cela. Korriban était pourrie jusque dans la croûte terrestre et la moindre parcelle de cette planète avait rejeté la vie. Si elle en avait les capacités, elle aurait vitrifié cette planète maudite. Même contre le désaccord des maîtres Sith qui hantaient son esprit. La capitaine se tourna enfin vers elles, non sans cacher son appréhension et sa peur. Deux sentiments qui transpiraient de tout son être, comme si elle se savait coupable de quelque chose. Est-ce que leur mission les conduirait à purger également cette petite flottille de patrouille de son officier supérieur ? Helera resta interdite quelques instants, laissant planer dans la pièce une tension que seul le râle de sa respiration robotique venait perturber. Enfin, la grande inquisitrice continua :

« Ne gagez pas Capitaine. Ces criminels doivent répondre de leur crime. Les charges sont nombreuses, infraction de niveau 4 pour atteinte physique aux personnes. Port illégal d'armes de calibre militaire et bien évidemment, flagrant délit. »

L’on percevait l’avenir comme une évidence. Les infractions étaient énoncées bien avant qu’elles ne soient commises, dans la certitude qu’elles allaient l’être.

« Quant à cette cargaison, elle ne doit pas quitter cette planète. Elle est extrêmement dangereuse. Vous le comprendrez quand nous l’aurons récupérée. »

L’inquisitrice décroisa les bras et pianota pour afficher une trajectoire entre leur flottille et celles des pillards.

« Votre option deux semble la plus correcte. En envoyant la chasse, vous pourrez submerger les capteurs et détruire leur escorte. Une escadron de bombardiers pourra en profiter pour immobiliser le vaisseau tandis que votre vaisseau capital ionisera le cargo. L’affrontement commencera quand nous aurons récupéré le vaisseau à bord. Nous nous occuperons de l’extraction de la cargaison et des prisonniers à ce moment là, tandis que vos équipes sécuriseront le hangar. »

Elle croisa les mains dans son dos.

« Vous pourrez même prendre part à l'affrontement. Cela vous semble-t-il correct, Capitaine ? »

Ce qui n'était pas courant, pour un capitaine de frégate, plutôt habitué à combattre à distance et superviser. L'inquisitrice laissait un choix, après tout et cherchait à déstabiliser assez son interlocutrice pour tenter de percer son esprit.
#40613
Les agents en noir semblent déjà savoir comment s'y prendre. L'Ombre est clairement la véritable décisionnaire de la pièce. Velvet sent une certaine rancœur grimper dans sa poitrine mais n'en dit rien. Ce vaisseau est sous son autorité, elle n'apprécie ni le ton ni l'attitude de ces nouveaux arrivants. Force est pourtant de constater que ses options sont minces : quelque chose lui dit qu'un mot de travers pourrait lui coûter cher.

Ainsi, la cheffe du groupuscule désigne son choix et le complète selon ses propres méthodes. La capitaine se prépare mentalement à endosser le rôle d'exécutante pour le reste de la mission lorsque son interlocutrice décide de frapper en plein terrain sensible. "Prendre part à l'affrontement," les mots sont prononcés comme un défi, ou du moins c'est ainsi que la rouquine les entend. Sa gorge se noue. Elle tarde à répondre alors que son esprit s'emballe à la recherche d'une bonne excuse. Il n'y en a pas. Velvet le sait. Son manque d'implication sur le terrain lui a déjà valu des commentaires d'examinateurs par le passé. Elle ne peut se permettre de refuser.

"Certainement," glisse l'officière à travers sa mâchoire serrée. "Les tâches importantes nécessitent d'être traitées personnellement, comme votre présence le démontre. Je vous accompagnerai."

C'est une belle tuile, mais peut-être aussi une opportunité d'obtenir un peu plus de crédit auprès de son équipage encore indifférent. Si les agents d'Ombre sont si efficaces, il est même possible que Vixxen n'ait pas à se salir les mains. Dans ce genre de situation, elle se contenterait normalement de tirer quelques coups de blaster au détour d'un couloir pour marquer le coup, sans vraiment prendre le temps de viser. Cependant, si l'inconnue masquée est réellement décidée à surveiller ses prouesses, cela risque d'être un problème. Velvet n'est pas une guerrière, elle ne sait pas prendre une vie en fixant un adversaire dans les yeux, et n'est aucunement pressée de céder la sienne. Le chaos des combats rapprochés est simplement trop différent des affrontements spatiaux.

Qu'importe, il est trop tard pour reculer. La militaire vient poser sa paume contre le manche de son blaster. Ca ne peut pas être si différent des champs de tir, se dit-elle pour se rassurer. Sauf que les cibles sont armées.

"Si nous sommes d'accord, je m'en retourne diriger l'assaut auprès de mon personnel," achève-t-elle en redressant le menton. "Je vous rejoindrai devant le hangar une fois la cible incapacitée. Vous pouvez, naturellement, venir profiter de la vue sur le pont."

L'officière se maudit immédiatement pour cette politesse insensée dont l'objet ne l'enchante guère. Elle se passerait bien du regard oppressant d'Ombre, de même que celui de son acolyte, tout aussi distrayant à sa façon. Velvet déteste se sentir évaluée durant son travail.

La rousse claque du talon et quitte la pièce après un salut militaire strict. Il ne lui faut que peu de temps pour se remettre dans le bain du commandement, un soulagement après une entrevue aussi étrange que celle-ci. Même une fois son tête à tête avec l'Ombre terminé, sa présence inquiétante continue de hanter une part de ses pensées. Elle lui fait peur, tout simplement. Ce n'est pas un sentiment si rare lorsque l'on travaille pour l'Empire, mais ce n'est habituellement pas aussi viscéral.

Une fois l'embuscade mise en place, il ne reste plus à l'équipage qu'à attendre. Les contrebandiers n'ont pas bougé d'un cil pour le moment. Cela ne saurait tarder, si Korriban est à la hauteur de sa réputation. Personne ne voudrait y trainer plus qu'il n'est nécessaire. Aussitôt sortis de l'atmosphère, le filet devrait se refermer sur eux avec la plus grande facilité.

Le véritable défi, encore une fois, se déroulera à bord...
#40614
La réponse la surprit. Non pas dans la portée de ses mots, mais plutôt dans la l’opacité qui entoura son esprit à ce moment-là. L’inquisitrice laissa durer cet instant tandis qu’elle observait en silence les méandres synaptiques hors de sa portée. La capitaine ne s’était pas laissée démonter, ni par sa présence, ni par l’imposition d’une telle idée pourtant impensable pour le corps dirigeant. Cela augurait une force d’esprit solide et une capacité de contrôle à tout épreuve. Deux qualités indispensables, selon Helera, pour survivre et diriger dans leur empire. C’était la cicatrice d’une femme forte qui avait dû se battre et souffrir pour arriver à ses fins. L’inquisitrice aimait ce trait de caractère. Son langage corporel resta très discret et seule sa main vint toucher le manche de son arme, comme pour se rappeler de la sensation. Et à en croire l'état, il n’avait pas vraiment servi. Ce n’était pas un mal, fondamentalement parlant. Tout le monde n’était pas taillé pour combattre. Et pourtant …

L’inquisitrice ponctua le discours du capitaine d’un signe de la main, paume vers le haut, accompagnée d’un hochement de tête.

« Cela serait un honneur, Capitaine. »

Son accord avait été donné, tout comme l’invitation à laisser les membres de l’inquisition ensemble. Helera plaça ensuite ses mains dans son dos et l’observa quitter la salle de briefing. Quand la porte se referma, le casque se tourna vers Fury.

« Durant l’intervention, tu ne la lâches pas une seconde. Protège-la comme si ta vie en dépendait et … Évite de te mettre devant son blaster. »

L’inquisitrice sourit derrière son casque, consciente que sa comparse percevait la surface de ses pensées. La mort d’une capitaine de Frégate ne ferait pas très joli sur leur état de mission et Sarah était tout indiquée pour la suivre. La connaissant, elle en prendrait même du plaisir…




Sur le pont, l’inquisitrice garda un silence religieux, les bras croisés, observant la planète maudite dont l’immensité spatiale était le seul gouffre qui l’en séparait. Elle sentait ce petit quelque chose dans son esprit qui l’appelait. Un picotement léger derrière son crâne, qui parcourait son derme et descendait dans sa colonne jusque dans son estomac. Cette excitation née des connaissances infinies et du pouvoir divin qui reposait muet dans les tombeaux scellés. Mais Helera le savait, cette planète était tout autant le siège du pouvoir, que celui des pièges les plus insidieux. Il était bien trop tôt pour s’y mesurer… En revanche, son attention se retourna sur le point lumineux qui y venait et observa avec intérêt toute la situation qui suivit. L’inquisitrice ne fit aucun commentaire, terrée dans l’ombre du pont. Elle observait la capitaine œuvrer là où elle excellait et ne chercha, ni à lui faire peur, ni à se montrer trop présente. Le cargo fut vite maîtrisé par la machine impériale et le plan se déroula comme elle l’avait prévu. Les rayons tracteurs s’activèrent et la frégate goba le vaisseau sans autre forme de procès.

« Nous vous suivons, Capitaine. »




Le vaisseau n’était autre qu’un long coursier ressemblant à un Y164, mais lourdement modifié par des canons plus lourds que les originaux. Ces derniers continuèrent à rejeter de la fumée quand le groupe d’intervention se présenta, comme les reliquats d’une terrible bataille à pein terminée. Quand ils furent dans le hangar, l’inquisitrice prit automatiquement la tête de l’assaut.

« Ils ne se rendront pas. Je passerai devant, Fury et le Capitaine en second et l’escouade ensuite. A l’intérieur, vous couvrez nos arrières et les allées latérales. “Un”, tu prends la tête. Force immobilisante en priorité. »

D’un geste de la main, elle leur ordonna de patienter, jetant quelques regards vers les autres corps armées du Capitaine, disposés à des endroits stratégiques autour du hangar. Pour l’instant, l’activité entourant le vaisseau était plutôt calme. Voir presque inerte. L’inquisitrice se présenta alors face à ce qu’elle conclut comme étant la porte d’accès, sur un des bords du vaisseau. Légèrement en contrebas, sans rampe déployée, elle dû lever la tête pour toiser d'hypothétiques contrebandiers qui l'observait, à une distance bien trop critique.

« Vous avez été intercepté sur un territoire réglementé de l’empire galactique et avez ouvert le feu contre un bâtiment impérial. Je ne vous ferai pas l’affront de citer vos chefs d’accusation. Sachez cependant que votre sentence pourrait être réduite si … »

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase, quand une poignée de tirs fusa du vaisseau dans sa direction. Parfaitement bien calibrés et à cette distance, ils auraient dû l’abattre sur le coup. Mais ses réflexes de sensitives lui permirent de les éviter de quelques mouvements de tête, sans réellement bouger ses appuis. Elle grogna à travers son casque et une aura ténébreuse se déversa petit à petit de sa silhouette noire. Ce fut comme regarder au travers de la fumée, car ses formes devinrent flous, tout autant que celles du vaisseau. L'atmosphère tout entière sembla se tordre de douleur. Alors, d’un geste de la main, elle arracha une partie de la porte et de la coque adjacente. Sans jamais toucher le vaisseau et avec une facilité telle que l’on aurait pu confondre le métal avec du papier.

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Derrière, deux pirates, surpris par la manœuvre, tétanisés. Assez de temps pour les chasser d’un autre mouvement de main, propulsés dans les airs, ils retombèrent de manière aléatoire dans le hangar. Ils furent rapidement neutralisés par les soldats blancs. Enfin, les morceaux de coque s'arrangèrent pour servir de rampe et elle y invita son escouade à la suivre. L’inquisition avançait.
#40621
Un résumé de la situation ? Énormément de discussion, et peu d’action. L’ambiance était si sérieuse que cela devenait presque anxiogène pour la pauvre zeltronne, forcée de se transformer en meuble pendant des heures, à devoir supporter stratégie sans pouvoir prendre la parole de risque d’ébranler un protocole quelconque. Elle qui était si expressive d’ordinaire, hésitait presque à remettre son casque pour ne rien trahir. La jeune mandalorienne commençait presque à comprendre quelques intérêts à cacher son visage en permanence…

Des gouttes de sueur perlaient sur son front tandis que le temps semblait passer au ralentit. Elle avait besoin de bouger, de parler, d’agir. Si elle était restée avec les autres soldats, elle aurait pu parler, se détendre, mais ici cela était impossible. La moindre action de sa part pourrait détruire la crédibilité de l’Inquisition, voire de Helera elle-même, aux yeux de la capitaine impériale. Ses poings la démangeaient, tandis qu’elle déplaçait son regard un peu partout, officiellement pour observer les infrastructures, officieusement car elle n’avait rien d’autre à faire, et espérait vainement se changer les idées, se focaliser sur une distraction quelconque. Quelque chose, n’importe quoi. Parfois elle lançait des appels à l’aide à la Grande inquisitrice à travers ses yeux.

Mais son calvaire approchait de sa fin, quand l’hôtesse des lieux quitta la salle, laissant seules les deux inquisitrices. Sarah ne put s'empêcher de lâcher sa tête vers l’arrière, poussant un bruyant soupir, avant de se rappeler l'existence du système de surveillance du pont.

« - Par pitié je t’en supplie, dis-moi que je n’aurai pas à revivre ça avant l’attaque, sinon autant me suicider tout de suite… »

Une touche d’humour pour se détendre, n’ayant pas d’autres options viables à portée. Pourtant, son supplice laissa place à une surprise des plus intéressantes. Le côté Jessa de la chasseuse de prime prit le dessus à l’idée de protéger l’officier impérial. Se battre, et en bonne compagnie… Un peu de nouveauté pour pimenter sa journée, avec également l’occasion pour la jeune alien de montrer son vrai visage à cette Vixxen, qui de son côté n’a vu qu’une alien femelle rester droite et immobile comme un piquet…



Après une nouvelle attente interminable, Sarah sentait enfin l’action arriver. Alors même que le vaisseau ennemi n’était pas encore attrapé par les rayons tracteurs, elle était prise d’une montée d’adrénaline, son corps n’attendant que ça depuis une éternité. Quand les protagonistes se dirigèrent vers le hangar, lieu établi de l’affrontement, la zeltronne se positionna comme convenu aux côtés de la rouquine, prête à tout encaisser pour protéger son joli visage. Sans mettre son casque, son sourire devint presque fou, les yeux grands ouverts, se craquant la nuque tout en cognant ses poings l’un contre l’autre, provoquant un son métallique caractéristique de ses gants. Parlant à voix basse, elle continua son petit rituel, semblant s’adresser à ses poings.

« - Ils vont pas piger ce qui va se passer. Allez mes chéris, je vais enfin pouvoir vous utiliser en situation réelle. Depuis le temps que j’attendais ça, on va tout casser ! »

Les tirs de défense du vaisseau allaient dans le sens des appréhensions de Helera, pour le plus grand bonheur de la guerrière. Alors que la sensitive arrachait des morceaux de vaisseau, la zeltronne attrapa au vol une plaque, et la posta entre elle et sa protégée comme d’un bouclier.

« - Ils ont intérêts à être nombreux et à savoir se défendre, sinon ça va chauffer. Enfin, dans tous les cas ils vont souffrir, j’ai de l’énergie à revendre et j’attendais l’action depuis trop longtemps ! »
#40626
De retour sur le pont, la capitaine Vixxen se sent en confiance, évoluant de nouveau dans un élément qu'elle maîtrise. Le succès de l'intervention paraît si évident qu'elle pourrait l'ordonner depuis sa salle de bain, la différence de puissance de feu ne laissant aucune place au suspense. Un gâchis de ses compétences, songe-t-elle, ainsi que de fonds militaires. L'équivalent impérial d'éteindre une bougie avec une lance à eau. Malgré cela, Velvet reste attentive aux rapports qui s'affichent sur l'écran holographique devant elle. L'Empire a déjà connu des humiliations par le passé, en particulier lorsque la Force était impliquée d'une façon ou d'une autre. Elle ne veut pas incarner le prochain cas d'école d'incompétence que l'on étudie dans les cours de stratégie militaire, ni servir d'argument pour évincer les femmes des postes de commandement.

"Nous n'attendons pas de reddition," précise-t-elle à ses subordonnés. "Nos chasseurs seront les premiers à ouvrir le feu, sans sommation, de front. La retraite adverse sera coupée par Korriban elle-même. Débarrassez-nous de l'escorte adverse et laissez les bombardier anéantir leurs propulseurs. Notre bâtiment tractera le cargo une fois celui-ci neutralisé. Tout fuyard doit être abattu sur le champ."

Joignant le geste à la parole, l'officière dessine les trajectoires de chaque escadrille, puis délimite la zone d'entrée critique déclenchant l'assaut. Chaque bataillon est placé de manière à couvrir son voisin d'en face. Les courbes et les vecteurs s'entrelacent avec une certaine harmonie qui ne laisse pas Velvet indifférente. C'est beau, une armée en marche.

Le temps n'est pas à la contemplation cependant : les radars détectent de l'activité en surface. Bien vite, les pirates percent l'atmosphère poussiéreuse de la planète et se détachent de sa gravité. Velvet observe l'affichage avec une expression neutre. Dans quelques secondes, le cargo franchira la zone critique soigneusement définie...

"Maintenant," annonce-t-elle d'une voix forte.

La machine impériale se met en marche. Les escadrilles se détachent du bâtiment et vrillent telles un essaim de guêpes sur un pic-nic. Les quatre chasseurs adverses, sagement disposés autour du transporteurs, ont à peine le temps de changer de cap avant d'être vaporisés. Velvet sourit. Elle déteste voir les affrontements spatiaux dégénérer en courses folles. Un front commun est toujours plus efficace.

Les bombardiers font leur travail à merveille alors que les défenses du cargo s'affolent. Les contrebandiers sont adroits, mais ils ne s'attendaient clairement pas à rencontrer une telle résistance, et ne savent plus où donner de la tête. Leur défaite sonne aussitôt le rayon tracteur posé sur eux. Ce sera bientôt au tour de l'Ombre et de ses hommes de finir la mission... A un détail près.

La militaire se râcle la gorge et fait volte-face, quittant le pont d'un pas faussement assuré. "Beau travail," lance-t-elle à destination de son équipage. Elle espère que ce ne seront pas ses dernières paroles en tant que capitaine.

Dans le hangar, la tension est à son comble. Les soldats de la frégate se tiennent prêts à agir en soutien, mais ce sont bien les agents en noir qui sont en première ligne. Plus exactement, l'Ombre elle-même fait office de première ligne, suivie de près par la dénommée Fyra et par Velvet elle-même. Cette dernière tient fermement son SE-14r entre ses mains, s'assurant que la sécurité ne lui fera pas défaut. La rouquine pâlit légèrement alors qu'elle réalise que la zeltronne à ses côtés n'est même pas armée.

"... 'Tout casser' ?" répète l'officière en la regardant frapper ses poings l'un contre l'autre, incrédule. "Vous ne comptez tout de même pas vous lancer dans un abordage à mains nues ?"

L'idée lui paraît si inconcevable qu'elle se laisse surprendre par la brusque ouverture de feu des contrebandiers. Ombre, apparemment aussi arrogante que sa seconde, s'est offerte à leurs tirs sans la moindre considération pour sa propre santé. La voila pourtant qui évite le plasma avec une vitesse qui défie l'entendement. Velvet écarquille les yeux face à la scène qui se joue devant elle. L'armature du vaisseau se déforme et se déchire comme du papier journal, sous l'influence apparente de la femme sous le masque. Le choc est tel que la militaire se trouve paralysée lorsque les tirs dévient dans sa direction, mais Fyra s'élance déjà pour la protéger sous un bouclier de métal improvisé.

"Oh, blast..."

Velvet sent ses jambes chanceler sous son poids tandis que le juron lui échappe. Elle n'est clairement pas à la hauteur de ses intrépides équipières dont les prouesses donnent déjà le vertige. Voir la Force à l'œuvre de ses propres yeux a quelque chose de tétanisant. Qu'est-elle bien supposée faire avec ce minable petit blaster ? La capitaine prend le temps d'une respiration. Malgré les battements affolés de son cœur, elle profite du couvert offert par Fyra et de la surprise des contrebandiers pour braquer son arme sur l'ouverture. Elle fait feu à deux reprises puis se replace sous la protection de sa voisine. Au loin, un homme pousse un râle d'agonie. Succès ? Peut-être. Pas le temps de s'en réjouir, les échanges de plasma reprennent. A ses côtés, la zeltronne semble jubiler d'une façon bien peu professionnelle.

"Qui peut bien "attendre" ce genre d'action ?!" questionne l'officière, recroquevillée derrière la guerrière rose. "Il y a bien trop de variables, pas assez de recul..."

Définitivement, le confort du pont lui manque.

Merci Helera, j'espère pouvoir rejouer avec ta Jen[…]

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