L'Astre Tyran

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Aussi loin que remonte l'histoire du voyage interstellaire, Coruscant demeure la planète-capitale, le centre politique de la Galaxie. Entièrement recouverte d'une vaste mégalopole, elle ne produit aucune denrée, et le trafic aérien dédié à la nourriture remplit à lui tout seul le ciel de la planète.
Gouvernement : Nouvelle République
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By Ménoï Vashins
#40209
1/3: Le point de vue d'un zabrak



Le couloir était long, étroit, et douché d’une lumière blanche si crue que la réverbération qu’en faisait les murs clairs rendait le lieu presque immaculé, et angoissant.
Cela n’empêchait pas la poussière et les moutonnades d’offrir au petit bataillon de droïdes souris un travail incessant, les poussant dans un ballet grotesque auquel seule la lecture de leur programmation pourrait donner un sens logique.
Depuis l’élévateur transparent dans lequel il était monté en compagnie d’une grande twi’lek à la peau bleu azure, le sergent-instructeur Takon eu tout le temps d’observer comment les petites poubelles sur pattes se bataillaient à trois ou quatre pour se jeter sur les quelques miettes, couinant et bipant follement les unes aux autres…
Avant de se détourner brusquement en se suivant à la queue leu leu, sans qu’aucune d’elles n’ai ramassé le fouillis de poussière.

La porte vitrée s’ouvrir au moment où les petits droïdes s’échappèrent eux-mêmes vers une bifurcation lointaine, laissant voleter dans leur sillage poils et micro débris, sous le regard suspicieux du militaire.

Une voix robotique désenchantée annonça d’une voix fausse enjouée : « 3ème étage, cellule d’observation », tandis que la twi’lek quittait en premier l’ascenseur qui les contenait tout deux.

Ses gestes étaient fluides et assurés sous son costume noir classique à la coupe cintrée, elle paraissait être une jeune femme sage avec ses lekkus tombant de chaque côté de sa tête dans une grâce simple et sans coquetterie déplacée, et pourtant le zabrak était tout sauf à l’aise en sa présence.

Elle était plus grande que lui de quelques centimètres, mais il aurait pu la briser comme une allumette entre ses mains de combattant.

Elle semblait souriante et aimable là où lui-même ressemblait à une boîte de conserve laissée vieillir trop longtemps à l’arrière de l’étagère du garde-manger.

Elle tenait délicatement dans sa main un datapad dernier cri avec une manucure impeccable, des ongles longs et fins, peint d’une couleur bleu marine dans lequel se dessinait une petite fleur en blanc ; là où le quarantenaire qu’il était avait des calles aux doigts à force d’entraînement physique, les ongles courts retenant un peu de saleté par moment en dessous, et les doigts forts mais trapus, comme tout le reste de sa silhouette.

Mais derrière toute la beauté et la douceur qui émanait de la physionomie de la twi’lek, et sous les sourires et les regards qui alternaient entre sensualité, compréhension et appréciation, il y avait de la glace.
Glace blanche dans ses dents rondes comme des perles dans cette bouche fine de petite vipère, glace turquoise dans ses yeux qui sous ses longs cils de biche se montraient terriblement inquisiteurs !

Glace cachée sous la veste noire, le veston, la chemise boutonnée jusqu’au col, la cravate et l’épingle à cravate, le sous-pull et la brassière.
On lui avait sans doute dit que dans son métier, il fallait se montrer « polissée », car Takon se souvenait d’elle, il y a une dizaine d’années, lorsqu’ils travaillaient encore ensemble, et pas les uns contre les autres.
Et il se souvenait qu’alors ses canines étaient un peu plus longues et pointues.

Le zabrak avait également quitté l’ascenseur de transparacier, qui s’élevait à présent à un autre étage, et l’ambiance était plus que fraîche, dans cette saleté de couloir à la lumière si crue qu’il avait l’impression qu’on lui brûlait les yeux.

Peut-être la grande twi’lek confondait son mutisme avec l’étonnement face au comportement des droïdes souris et de leur manque apparent d’efficacité, aussi sa voix claire et féminine s’éleva pour répondre à une question qu’il ne s’était même pas posée :

-« Nouveau prototype d’espionnage de terrain… Ils servent à analyser les fragments de terres et de poussières provenant des semelles pour tenter de retracer la provenance des individus… Ils sont en période de test… »

La voix était douce, à peine plus qu’un murmure, fraîche et d’un timbre agréable et terriblement sensuel…
Pourtant il pouvait sentir les poils sur ses bras se dresser de désapprobation et de malaise !

Le sergent-instructeur empêcha la grimace qui lui montait aux lèvres de transparaître, creusant dans ses joues avec ses molaires comme pour retenir les muscles de se crisper de dégoût, préférant détourner le regard en projetant un acquiescement facile à servir face à cette information donnée d’un ton badin, à une question qui n’existait pas.

La twi’lek n’avait répondu à aucune de ses demandes depuis des heures.
Cela faisait une éternité lui semblait-il qu’elle lui extorquait informations sur informations, professionnelles comme personnelles, balançant entre les sous-entendus et l’apports de fausses rumeurs pour voir s’il essayerait d’en profiter pour lui mentir ou non.
Ils courraient dans des couloirs vides qui ne donnaient que sur d’autres couloirs vides, et Takon savait qu’elle le promenait en long et en large, sans rien pouvoir y faire !

-« Et comment va ta femme Takon ? »
-« J’espère que tu vas bien depuis notre dernière rencontre »
-« Elle s’appelait Rea, n’est-ce pas ? C’était un charme, je l’adorais… Vraiment quel dommage »
-« Depuis quand es-tu branché sur l’écoute de Shiu Yan ? »


A la vexation de devoir répondre en boucle, encore et encore, l’humiliation et le chagrin venait le frapper, tout comme la culpabilité.
La twi’lek savait très bien comment allait sa femme, vue qu’elle en était la supérieure hiérarchique depuis une décennie maintenant. Et que comme son épouse, il se devait, en tant que conjoint d’un agent secret, de se laisser dépouiller de sa moindre intimité.
Même si, pour ses raisons-mêmes (les micros cachés partout dans leur appartement, la surveillance constante pour s’assurer de la discrétion et de la fidélité des deux parties), l’homme allait beaucoup moins bien depuis leur divorce, bien qu’il garde de bonne relation avec son ancienne compagne.
Rea aurait dû être leur fille. Une petite zabrak adorable qui leur ressemblait à chacun.
A cause d’une indiscrétion du bureau qui avait fuitée à l’ennemi, l’enfant avait été la cible d’un chantage odieux, et odieusement sacrifié pour le secret…
A cause de la twi’lek.
Sa femme avait voulu poursuivre sa mission malgré le poids de plus en plus lourd que faisait porter le rôle d’agent secret.
Lui, le militaire fidèle à la République, n’avait pas pu.
Ils c’étaient séparés, ne pouvant supporter le vide laissé par l’enfant…
Et Takon apprit plus tard que c’était la twi’lek qui avait finement manipulée sa femme pour qu’elle le quitte, et qu’elle abandonne toute forme d’attachements à autre chose qu’aux secrets et qu’à la République.

Shiu Yan, c’était le nom qu’avait repris son ex-compagne, un nouveau nom de code, un nouveau rôle qu’on lui demandait de jouer, comme une poupée qu’on habille et qu’on déshabille à son gré, dépouillée de tout.

Ca faisait des heures, les mêmes questions, les mêmes réponses qu’il donnaient, sans relâche.
Il connaissait le jeu, il pensait ne pas faire de fautes, et pourtant Takon se retrouvait là, sans cesse harcelé par les mêmes questions.

La twi’lek bleue et le zabrak recommencèrent leur ronde incessante, marchant dans le couloir en silence.

Le silence le tuait, avec cette lumière, avec ses non-dits.
Et pourtant lorsque, pour la énième fois, la voix sirupeuse de la femme s’éleva de l’air, Takon savait qu’il aurait préféré le poids du silence :

-« Et alors Takon, comment va ta femme ? »

-« ASSEZ !!!! »

Son poing s’est fiché dans le mur, à quelques centimètres de la tête arrogante de la twi’lek, brisant l’aspect lisse et brillant du couloir.
Il était épuisé psychologiquement, il était à bout de nerf !

Ils avaient à peine discuté de Vashins et des deux chasseuses de primes que le militaire lui avait amené, le zabrak n’avait reçu aucune réponse.
Le sergent-chef avait rapporté tous les détails, tous les renseignements qu’il avait pu noter ou apprendre sur les chasseuses de primes et sur sa propre recrue.
Comment Vashins se trouvait instable dans son rôle de soldat mais était plus que loyale envers la Nouvelle République.
Comment la chasseuse de prime zeltronne, Jessa (juste « Jessa ») était effectivement un dangereux cocktail explosif mais se trouvait être une potentielle mine d’or en informations et en possibilité sur le terrain, elle qui vivait dans les bas-fonds de Coruscant (information dûment vérifiée).
Comment sa compagne, Erza, serait un parfait moyen de pression sur elle, tandis que Vashins permettrai plutôt de l’apaiser.

Au lieu d’un dialogue édifiant, ou d’une stratégie à adopter, d’un défilé de questions sur les probabilités, Takon se retrouvait avec…
…Juste des mots secrets pianotés du bout des doigts manucurés de la twi’lek sur son datapad rutilant et neuf, et des questions sur des questions sur des questions, qui n’avaient rien à voir avec la mission pourtant importante sur laquelle il espérait qu’on glisse Vashins et l’autre zeltronne.
Parce que dans toute la dangerosité que pouvait représenter cette mission, Takon avait été persuadé qu’on leur confierait une tâche simple.

Son regard était fou et sa respiration grondante à quelques centimètres du visage serein de la twilek.
Il n’en pouvait plus, il voulait des réponses !

A la place, la femme en face de lui lui a offert un sourire, ce genre de sourire triomphant qui exècre les gens qui le reçoivent.

Et puis comme si de rien n’était, la twi’lek a fait un demi pas sur le côté, s’extirpant du peu de contrôle physique qu’il essayait d’exercer sur elle, en dernier recours, et c’est remis à tapoter son son datapad, avec le bruit des ongles qui claquent sur la surface : clac clac clac clac.

La fureur laissa place à une forme de découragement, de désespoir.
Il n’obtiendrait rien de la twi’lek.
En tout cas, rien qu’elle ne veuille pas lui donner d’elle-même…

Le zabrak avait cru qu’il aurait pu jouer un coup d’avance cette fois-ci face à l’espionnage.
Pour y entrer à nouveau, par les portes dérobées, avec des opportunités comme la chasseuse de prime en poupe, et tenter de gagner du galon, à nouveau…
Et de retrouver Lakoo, alias Shiu Yan. Même si elle avait accepté de se limer les cornes pour ressembler à une humaine et de mieux rentrer dans la peau de sa nouvelle identité, Takon pensait qu’elle serait certainement toujours belle, même à quarante ans…

En désespoir de cause, voyant bien qu’il avait perdu, le zabrak ploya, et plaida.
Sa voix enrouée de stress et de fatigue témoigna de son désarroi autant que de la victoire insidieuse de la femme azure sur lui.
Il avait perdu.
Tout perdu !

Y compris maintenant le peu de contrôle qu’il avait sur ses propres pions, et sur son propre comportement.

-« Moira, s’il vous plaît… Qu’allez-vous faire de Vashins ? »

Pas la peine de demander après Lakoo, il savait hélas que ce serait très mal perçu...

Le bruit exaspérant de ses saletés d’ongles peinturlurés de vernis qu’il avait envie de lui arracher des doigts, et puis le silence à nouveau.
La twi’lek, Moira, venait d’ouvrir une autre page sur son datapad, projetant une touche de couleur sur son visage bleu pâle, et sur le mur derrière elle.
Un sourire aussi fleuri sur ses lèvres, un sourire avec les dents arrondies, même si Takon savaient qu’autrefois elles avaient été pointues, ces dents-là.
Moira avait de toute façon toujours eu les dents longues, cela ne changeait pas !

Et, pour la première fois depuis des heures, pour la première fois depuis le début de ce qu’il n’osait pas appeler un entretient, la femme twi’lek retourna son datapad vers lui, affichant un dossier qui portait un nom.

-« Sais-tu, Takon, ce qu’est l’hyperémotivité ? »

La voix, tellement fraîche qu’elle le glaçait jusque dans les veines, malgré le sucre et le miel qui s’accrochait aux syllabes.

Il n’a rien fait, rien dit : c’était la première fois depuis des heures que Moira changeait de disque, et le sergent instructeur était heureux de laisser faire.
Face à la docilité de sa victime, Moira reprit :

-« L’hyperémotivité n’est pas une maladie, mais un trait de caractère. Chez notre nouveau sujet -la twilek retourna vers lui le dossier de Vashins- il semble cependant presque maladif…"

Le sergent instructeur se contenta de hocher la tête, ne sachant que faire de cette information.

Tapotement des ongles, silence, blanc éclatant de la lumière sur le mur tout aussi blanc.
Moira lui présenta un nouveau dossier :

-« Et sais-tu, Takon, ce qu’est le TSPT ?

Par réflexe, il répondit, morne dans la voix, mais curieux malgré lui :

-« Trouble du Stress Post Traumatique ? »

-« Exactement ! » s’exclama joyeusement la voix de la twi’lek, soyeuse comme de la soie, rieuse comme une enfant…

Ils se fixèrent sans rien dire, le visage rond et harmonieux de Moira se déformant de plus en plus jusqu’à devenir une moue agacée et odieuse :

-« Je veux que tu saches ce qui va se passer, mais tu n’en sauras pas plus qu’elles. Tu assisteras aux débriefings que je vais avoir avec chacune d’elles-trois, tu entendras les ordres de missions que je leur confierai…»
-« Elles seront techniquement ta responsabilité, puisque c’est toi qui me les a amené, mais saches, Takon, saches que tu n’auras pas le droit de les voir, pas le droit de leur adresser la parole, pas le droit de quoi que ce soit ! Si ça fonctionne, le bénéfice est pour moi ! Si ça rate, tout te retombera sur le dos ! »


La glace venait de sortir de sous le costume trois pièces de la twi’lek, ses pics glacés prenant la forme de deux lekkus excités s’enroulant de colère l’un contre l’autre, furieux et menaçant presque de le frapper.
Les yeux de Moira lui jetaient des éclairs depuis leurs iris cristallines, et elle reprit, assenant sa punition suprême :

-« Interdiction pour toi de sortir des locaux ! Tes supérieurs sont prévenus que tu es avec nous, mais tu n’as le droit à aucun contact avec qui que ce soit, de l’intérieur ou de l’extérieur, pendant tout le temps que durera cette mission ! Est-ce que je suis bien claire ? »

De nouveau, il hocha la tête, abasourdi par le changement de ton.

Moira ne perdait jamais son sang-froid, elle était d’ailleurs réputée pour ça, et c’est ce qui la rendait si terrible, derrière ses allures de jeune femme bien comme il faut !

-« Suis moi ! » Ordonna-t-elle, tentant de reprendre le contrôle de sa propre voix.

Mais la twi’lek avait définitivement laissé voir une partie de la face cachée de l’iceberg !

Le zabrak la suivie dans le couloir illuminé de blanc brûlant, jusqu’à ce qu’enfin, pour la première fois depuis des heures, ils bifurquent dans une autre partie du bâtiment.
Là se trouvait un ensemble de bureaux insonorisés, plein d’ordinateur et de matériels de pointe en tout domaine.

Lui a été amené dans une arrière salle sombre, où se trouvait déjà vissés à leur chaise deux humains, casque sur les oreilles, regards vrillant sans ciller un immense écran qui faisait tout le mur de la pièce…
Non, pas un écran, une vitre !

Non, pas une vitre…

Un miroir sans-teint !

Takon eut à peine le temps de se réjouir de sa découverte : celle qui consistait dans le fait qu’au lieu d’avoir tout perdu, comme il le pensait, il avait en fait gagné contre Moira (pour la première fois depuis longtemps).
Il avait d’abord cru que ses tours de passe-passe psychologique, dont chaque agent manager des renseignements recevait la formation, afin de percer assez vite les futurs déserteurs ou les agents devenus agents doubles (et pas pour le compte de la République, évidemment), avait pour but de lui arracher une information qu’il n’avait évidemment pas.
La situation aurait pu être meilleure. Il aurait préféré chapeauter Vashins lui-même, comme il aurait aimé que la fameuse Jessa reste sous sa surveillance, et que Pimprenelle (comme Takon avait décidé de la rebaptiser à la va-vite) reste à faire le pied de grue en cellule en attendant que sa camarade échoue probablement (le peu qu’il avait lu à leur sujet l’avait convaincu qu’elles n’étaient pas très fréquentables ni l’une ni l’autre).
Néanmoins le dernier éclat de voix de Moira avait montré son jeu réel !

La twi’lek était furieuse car le sergent instructeur lui avait damné le pion !
Lakoo, enfin, maintenant Shiu Yan, qu’il recommençait à voir malgré les interdictions, et dont il avait reçu les confidences involontaires par le biais d’un mouchard, avait raison.
Quel que soit cette fameuse mission dans les bas-fonds de Coruscant, les précédents espions c’étaient fait attraper, et, dans le moins pire des cas, exécutés.
Moira était sur les dents car lui, il avait ramené des recrues fraîches dont le Bureau manquait clairement, et qui serait, aux vues de leur situation respective, probablement facilement manipulables.
Il lui avait donc raflé la première mise.
Moira était d’autant plus furieuse que malgré les éléments perturbant des dossiers des trois candidates (hyperémotivité, TSPT, violence inadéquate, fouillemerde et on en passe), la chasseuse de prime connaîtrait probablement plus de recoin et de cachettes que les précédents imbéciles embauchés par le Bureau, et Vashins permettrai probablement de retenir les écarts de violences de la grande zeltronne.

Le militaire fut installé aux côtés des deux humains, et on lui prêta l’oreillette, afin qu’il puisse entendre, comme eux, l’interrogatoire à venir.

De l’autre côté du miroir sans teint, trois cellules juxtaposées.
Rectangulaires, neutres en couleur et exiguës, les cellules contenaient chacune une prisonnière.

La chasseuse de prime zeltronne à gauche.

La tueuse à gage humaine au milieu.

La soldat NR à droite.

Elles ne pouvaient pas se voir, ni s’entendre, ni se sentir, mais eux, cachés derrière le miroir, voyaient tout !

La twi’lek de glace lui jeta un regard furibond dans la pénombre de la pièce, avant de détourner le regard vers ses trois nouvelles victimes.

Trois nouveaux agents, vêtus comme elle d’un complet noir et d’une cravate, entrèrent à leur tour.
Ils échangèrent un signe de tête discret avec la twi’lek Moira, avant d’empreinter une nouvelle porte latérale.

Un humain blond se tint devant la cellule d’Erza, grand dandy dégingandé dans son costume sombre.
Un semi arkanien se retrouva devant la cellule de Jessa, la toisant de toute la hauteur de son port d’épaule altier.
Un harch aux six yeux scrutateurs se pencha vers Ménoï, l’observant attentivement.

-« Bonjour ! Je me nomme Moira. J’aurais quelques questions à vous poser… »

-« Bonjour ! Je me nomme Moira. J’aurais quelques questions à vous poser… »

-« Bonjour ! Je me nomme Moira. J’aurais quelques questions à vous poser… »

A l’abris, dans l’ombre de la pièce d’écoute, Takon fronça les sourcils.
Sa lèvre supérieure se retroussa sur sa canine gauche :

-« Vous avez fait des petits à ce que je vois … » siffla-t-il à la twi’lek.

Cette dernière le fusilla du regard, le faisant taire d’un geste autoritaire de la main et d’un lekku nerveux.

-« J’ai pris en grade… Et ce n’est certainement pas grâce à toi… »

-« Je ne me serais jamais permis pareil hérésie ! »

-« Arrête de me flatter, et observe ! »
Modifié en dernier par Ménoï Vashins le jeu. 27 janv. 2022 22:13, modifié 2 fois.
#40210
2/3 Le point de vue d'une twi'lek


Si elle devait être honnête, elle avait parfaitement horreur de cet endroit !

Tout semblait immense, tout semblait propre, mais tout était uniquement niché dans les apparences !

Les murs étaient si souvent repeint en blanc pour laisser croire à une parfaite propreté qu’on devait facilement avec perdu plusieurs centimètres carré dans les couloirs inutiles et totalement contreproductifs des locaux. Et les bureaux, malgré leur équipement fichtrement moderne et neuf, suintaient de l’humidité des bas-fonds de cette cité planète maudite.
Quoi de si étonnant ? Vu que cette annexe du Bureau, Le Bureau, se déguisait derrière l’aspect d’un pâté de bâtiments antédiluviens, probable ancienne raffinerie de choses…

Elle ne voulait même pas savoir !

Sous couvert de sa propre perfection, la twi’lek pestait intérieurement de se retrouver ici !
Certes, elle gérait l’organisation de cette petite succursale, mais elle aurait tellement préférée qu’on la nomme à la direction des quartiers supérieurs !
Ou alors qu’on la mute directement sur un autre territoire de la République !

Tout ça, finalement, c’était de la faute de cette sale bête de zabrak, ce militaire mal dégrossi qui n’aurait jamais dû sortir de ses sentiers rabattus à lui, et la laisser tranquille avec ses jouets à elle !

Si seulement Takon n’avait pas ressurgit de nul part pour venir proposer la denrée rare dont le service avait besoin, lui coupant l’herbe sous le pied, et lui remettant dans les bras les pires cas sociaux qu’elle n’ait jamais eu à traiter en termes d’agent sur le terrain !

Enfin il y avait bien eu Fred, pas franchement une lumière, le genre de type à avoir deux pieds gauches mal chaussés en prime.
Mais Fred, la twi’lek avait réussi à le gérer !
Parce que Fred était seul : un être unique en quelque sorte.

Paix à son âme, qui peut être avait rejoint la Force !

Et de force, ça oui la twi’lek azure allait en avoir besoin !

Parce que maintenant, ce n’était pas deux pieds gauches, mais six qu’il allait falloir surveiller !

Et pour ne pas avoir été à la hauteur de sa tâche par elle-même, pour devoir accepter avec gratitude le cadeau empoisonné d’un ancien conjoint d’agent du secret, la twi’lek avait été punie, remise à la remise…

Parce que clairement, ce bâtiment revenait du fin fond des âges, niveau confort et sécurité !

Salles trop petites ou beaucoup trop grandes, chauffage partiellement fonctionnel, infiltrations, mauvaises odeurs, pas de lumière du jour, rien !
La dèche, comme dirait ses collègues, plus proche de la canopée d’immeubles de luxes.

Au moins, ils étaient bien planqués, et suffisamment proche de l’action pour pouvoir agir rapidement…

Preuve en était que la fichue zeltronne était toujours en vie, et qu’ils avaient pu la sortir de son coma au bout de seulement trois jours.


On avait l’habitude de dire au Bureau que tout était négociable, que tout avait un prix, et que chacun avait le sien.
Tout le monde avait sa faiblesse, son point faible sur lequel il était facile d’appuyer pour obtenir une réaction satisfaisante.
Enfin, satisfaisante pour le Bureau en tout cas !

Recruter des petites mains pour faire le sale boulot de terrain, des petits riens qui viendraient se confondre avec les autres petits riens de la rue, normalement, ce n’était pas bien compliqué.
Ils voulaient de l’argent ?
On donnait de l’argent !

Ils voulaient des filles, ou des mecs, ou autre chose ?
Casse la tienne ! On se le procurait !

Drogue ? Epice ?
Tout pour eux, du moment qu’ils étaient tout à ceux du Bureau.

Plus compliqué était ceux qui avaient des idéaux.
Mais là encore…

Amoureux du crime déçu par leur patron ?
On offrait charitablement la protection, un meilleur job, une fausse reconnaissance.

Indécis sur leur chemin de croix morale ?
Il suffisait de ressortir les bons vieux tracts de propagande, et de faire un petit lavage de cerveau au passage.

Pour les vrais gros durs bourlingueurs, les anarchistes purs et durs, les convaincus d’avoir raison, les incorruptibles et les indécrottables…
Il y avait toujours un proche à buter, une gamine à menacer, une femme à séquestrer, une mère à violentée.

Le Bureau n’avait aucune limite.
Le Bureau exigeait, et il fallait l’avoir !

Problème : le Bureau souhaitait quelqu’un qui sache, et on n’en avait pas trouvé.

D’un seul coup tous les drogués étaient devenus si siphonnés qu’ils en étaient inutilisables.
Les mendiants des rues manquaient de visions pour raconter ce qu’ils avaient bien pu voir.
Les gamins défroqués avaient arrêté de courir les rues.

Et surtout : le beau réseau d’espion, de voyeurs, de vieux et vieilles, de colporteurs, bref, tout ceux qui, de près où de loin, avait réussi à repérer les boîtes aux lettres…
Ces couillons c’étaient fait couillonner en premier !

Bizarrement la plupart avaient disparus.
Ca c’était un peu ennuyant, mais franchement pas grave !
Non, le plus ennuyant, c’est que les trafiquants de drogues que la twi’lek soupçonnait fortement d’héberger une cellule terroriste avait changer leurs habitudes en remarquant qu’ils avaient été suivis…
Et depuis on ne trouvait plus d’informations à ramasser par terre.

Leurs anciens entrepôts et planques étaient vides où reprit par d’autres groupes qui n’intéressaient plus que les stup’, les « employés » avaient été renouvelés, et même les codes avaient changé…

Surtout, le système de boîtes aux lettres mortes que leur petit groupe d’espion avaient réussi à retracer, avait lui aussi déménagé, en même temps que les trafiquants d’épices.

Avoir découvert les premières boîtes avaient été un énorme coup de bol, une chance improbable, qui avait aussi été le déclencheur du plan à plus grande échelle.
Le système était si cryptique, si inusité et poussiéreux qu’une fois repéré, il en devenait suspicieux !

L’utilisation des boîtes aux lettres mortes se faisait ainsi : une boîte quelconque, où un lieu de dépôt remarquable recueillait en son sein un filmsi ou un objet d’apparence anodine qu’une personne lambda déposait ou feignait de jeter ici…
A une heure précise, une tierce personne venait observer le lieu. Prenait ou ne prenait pas le filmsi ou l’objet, le modifiait ou non, échangeait, ne touchait à rien…
Et puis repartait.
Grâce à l’équipe du Bureau, il était arrivé qu’un gars à eux vienne surveiller les lieux et les objets déposés avant ladite tierce personne.

On en avait trouvé trois…

Et on avait pas eu la fin du message alors !

Maintenant on en avait plus du tout, mais on était certain qu’il y en avait probablement plus de trois !
Du moins, la twi’lek était très sûre d’elle à ce sujet.

Et les trois boites aux lettres mortes avaient été indiqué dans les locaux directs du cartel de drogue, où dans une ruelle sous leur tutelle.
Chose remarquable : impossible d’envoyer de droïdes, (possiblement plus discret qu’un être vivant de chair et de sang), des brouilleurs empêchaient de les envoyer seuls jusque-là.
Maintenant, à force de tourner dans le quartier, et dans celui d’à côté, et dans celui d’à côté encore, les équipes de la twi’lek avaient finalement senti, part endroit, une petite faiblesse dans leur connexion…
Voire des pannes sèches totales, avec des impossibilités de communiquer avec le reste des agents.
On avait donc restreint la zone…

Une zone dont la moitié des bâtiments et rues n’existaient pas sur les cartes, sur aucune carte…


Quelqu’un cependant, juste en face d’elle, pourrait connaître ce quartier, et enquêter pour elle…

Pinçant ses lèvres bleues, à l’abris derrière le miroir sans teint, Agad'kagih, alias Moira numéro 1, fusilla une chasseuse de prime zeltronne d’un regard de glace.

Takon lui avait mis des bâtons dans les roues, néanmoins Agad’ saurait utiliser à son propre profit les ressources qu’elle avait à portée de main.
Elle avait déjà à disposition deux points faibles contre la grande zeltronne.
Et comme ici, dans la République, on n’aimait pas les chasseurs de primes et les criminels, la twi’lek espérait sincèrement que la méthode musclée serait la plus efficace pour s’assurer que le travail serait fait, et bien fait !

Mais d’abord, une petite mise au point de sécurité, juste pour être sûre que ce raté de zabrak n’avait pas déformer la réalité : l’interrogatoire !
#40220
3/3 Le point de vue d'une zeltronne

Ménoï senti le drap sous son corps et l’humidité de la pièce avant même d’ouvrir les yeux ou de retrouver une forme de conscience.

Il fallut plusieurs longues et profondes inspirations avant que la jeune femme ne tente d’entrouvrir les paupières, pour les refermer immédiatement, le blanc brûlant de l’endroit dans lequel elle venait de se réveiller piquant ses rétines.
Gémissante, elle se recroquevilla sur elle-même, laissant sa lourde chevelure lui servir d’écran de protection, tandis qu’elle essayait de reconstruire ses souvenirs enfouit de la veille, la tête sur les genoux.
Ménoï se souvenait vaguement de s’être évanouit aux pieds d’une humaine après un bain de sang affreux dans une sorte de cave miraculeuse et bariolée de couleur où détonateur frôlait gentiment des pièces détachées de moteurs, des outils en tout genre, et des liquides à plus ou moins fort potentiel explosif.
Hormis le sang, cela rappelait à la jeune zeltronne une mauvaise soirée bien trop arrosée à l’université, l’une de celle où on finit au poste de police pour avoir voulu conduire un speeder à six ou huit alors qu’on ne pouvait normalement y monter qu’à deux, avec environ 2,5g d’alcool dans le sang.
Le tout sans casque de protection, évidemment !

La jeune femme ouvrit prudemment un œil, puis deux, observant l’espèce de box minuscule où elle se trouvait.
Trois murs blancs qui l’étriquaient, et un grand mur de transparacier derrière lequel se trouvait à environ deux mètres un miroir gigantesque.

Le souvenir de la grande zeltronne chasseuse de prime lui vola au visage en un instant, claquant dans ses veines une glace implacable, si intense que la jeune femme ne sut pas si elle avait l’impression de geler ou de brûler.

Et d’un coup, les flashs d’images s’alignèrent un à un derrière ses yeux, rematérialisant les souvenirs de la veille…

Ou d’un jour autre, appartenant à un passé assez proche.
Car Ménoï n’était plus du tout sûre de sa notion du temps.
Depuis combien d’heures ou de jours flottait-elle ainsi dans le néant accueillant de l’inconscience ?

Elle se souvenait de Jessa, la seule à être venue la voir dans sa solitude et embourbé dans ses problèmes.
Elle se souvenait de Jessa et de l’aide qu’elle essayait de lui apporter.

Elle se souvenait aussi de la violence soudaine, crue et déchirante qui avait traversé brusquement l’autre zeltronne, une part d’ombre qui avait explosé à la manière d’un feu d’artifice : lumière éclatante dans la nuit noire !

Et puis Jessa, blessée et anémiée, dans un état si lamentable que Ménoï se souvint ; ses dernières images, ses derniers souvenirs ; qu’elle n’était pas sûre que la chasseuse de prime ait survécu…

Malgré l’étrange mélange d’émotions et de sentiments que la grande zeltronne lui inspirait, de l’attachement enfantin à la terreur absolue lors de ses éclats d’agressivité flamboyant, Ménoï se senti soudain peinée et inquiète pour sa semblable.

Agitée, la jeune femme sortie précipitamment de la couchette trop dure qui l’accueillait depuis elle ne sait combien de temps, s’emmêlant les pieds dans le drap et se fracassant par terre.
Cela ne l’empêcha pas de ramper désespérément au sol jusqu’à s’extraire de sa gangue, pareil à un papillon se défaisant de sa veuille chrysalide.

L’endroit paraissait totalement clos, fermé et infranchissable !

Mais Ménoï voulait avoir des nouvelles de Jessa et d’Erza.
Elle se sentait responsable de ce qui était arrivée à la chasseuse de prime… Elle avait voulu l’aider après tout…

La jeune femme allait se précipiter vers un coin de la pièce, pour voir si elle pouvait trouver des indices, ou un moyen de sortir, n’importe quoi…
Lorsqu’une voix étrangement chuintante s’éleva dans l’air.

-« Bonjour ! Je me nomme Moira. J’aurais quelques questions à vous poser… »

Ménoï sursauta, se retournant dans tous les sens…
Jusqu’à apercevoir les six yeux ronds et noirs qui l’observaient comme des billes d’onyx depuis l’autre côté du transparacier, les pédipales remuant et frémissant de tous leurs poils courts et piquant, et les trois paires de bras articulés prenant la pause…

Sauf que la voix du harch, qui pratiquait un hachage systématique du basic, ne venait pas d’en face d’elle, mais d’en haut…

Ménoï détacha les yeux de l’étrange alien, les lèvres pincées, pour mieux observer le plafond…
Elle ne voyait rien de particulier, pourtant elle était presque sûre que la voix venait d’en haut…
Probablement y avait-il un ensemble de micros et d’enceinte, de caméras et autres, planqués dans les moindres pores des murs…

Dans quoi est ce qu’elle avait été embarquée ?

Et bon sang, où était Jessa ?

-« Vous vous appelez Ménoï Vashins, 24ans, née sur Zeltros, de genre féminin ? »

Le harch lisait sur son datapad, ses multiples pattes ouvrant et retirant plusieurs fichiers de son écran, ses yeux globuleux faisant des aller-retour presque invisible entre la zeltronne en face de lui et l’appareil entre ses pattes, jaugeant les réactions de la jeune femme.

Trop désarçonnée pour mieux étudier cette histoire de micro, Ménoï eut à peine le temps de répondre un maigre « oui » qu’elle se retrouva à nouveau noyé sous un ensemble de questions sans queue ni tête.

-« Vous pesez environ 48kilos, pour environ 1m53 ? Vous ne pensez pas être trop grosse pour votre espèce ? »
-« Quels sont vos liens avec votre famille ? Quel était le nom de jeune fille de votre mère ? Ah, elle n’est pas mariée ? Vous avez un compagnon ou une compagne vous-même ? »
-« Depuis quand êtes-vous sur Coruscant ? Vous avez été engagée par l’armée de la Nouvelle République il y a plusieurs mois ? Quelle est la couleur de vos sous-vêtements ? »
-« Enfin, plus exactement, vous vous êtes rendue de vous-même à la session de recrutement ayant eut lieu dans la capitale… Quel but poursuiviez-vous en effectuant cela ? »
-« Vous avez des connaissances approfondie en explosif artisanaux, et… j’ai ici un rapport écrit contre vous, pour avoir fait sauter le stock de poudre et de munitions de l’armée… Avez-vous été approchée par des terroristes ? Etes-vous une terroriste vous-même ? Vous êtes plutôt thé, café, chocolat chaud ou brandy ? »
-« Que faisiez-vous avant d’entrer comme recrue dans l’armée ? Je n’ai ici aucun papier me permettant de vous situer clairement pour les… au moins deux dernières années ! »
-« Vous avez été à l’université de Corellia, puis avez poursuivit vos études sur votre planète d’origine, pourquoi ? Avez-vous beaucoup fumé durant votre scolarité ? »
-« Que diriez vous de votre engagement envers la Nouvelle République ? »


Au début, Ménoï, qui se sentait comme prise en faute, avait fait de son mieux pour répondre aux innombrables questions que l’arachnide géant lui posait, n’allant pas plus loin que la monosyllabe, d’abord parce que la jeune femme était totalement prise au dépourvu et terriblement intimidée, ensuite parce qu’il n’y avait de toute façon pas le temps :

-« Bah, heu, j’en sais rien ? »
-« Oui mais je ne… »
-« je sais pas mais… »
-« Dites, vous voudriez pas ralent… »
-« Ah bah pour les détails je sais pas moi… »


Au bout d’un moment, la voix hachée de l’harch l’agaça tellement, avec ses questions qui arrivaient dont ne sait où, et qu’il lui assenait de plein fouet, Ménoï ferma la bouche, laissant ses yeux arrêter le focus constant sur l’araignée géante en face d’elle.
D’une voix atone, elle a commencé à réciter, dans un murmure inaudible, les premiers paragraphes de « Mœurs des cerceris », dont le poids rassurant du datapad était absent de sa poche.

De l’autre côté du transparacier, le grand harch commençait à s’agacer !
C’était lui qui devait déstabiliser leur pion, pas le pion qui devait le déstabiliser !
Qu’est ce qu’elle était en train de faire d’ailleurs ? Chanter ? Marmonner ? Psalmodier ?
L’arachnide parlait de plus en plus fort afin de se faire entendre, tandis que Ménoï passait du murmure à la récitation à tue-tête !

De plus en plus ennuyé, le harch asséna une nouvelle question, essayant de faire en sorte que ses mandibules d’arthropode ne déforment pas d’avantage ses phrases déjà sifflantes :

-« Comment décririez vous votre relation avec la chasseuse de prime dénommée Jessa ? Bonne, Très bonne, intime, mauvaise, très mauvaise ou sans opinion ? »

Au nom de Jessa, la jeune zeltronne tiqua, s’étranglant à demie sur son dernier mot.
Toussotant, elle se précipita vers l’archanide deux fois plus imposant qu’elle, oubliant momentanément la barrière transparente qui les séparait :

-« Jessa ? Où est Jessa ? Je veux la voir ! Est-ce qu’elle va bien ? »

Touché !
La jeune femme n’avait pas répondu littéralement à sa question, mais sa réaction spontanée oui !

Le harch reprit la parole :

-« Je répondrais à vos questions lorsque vous aurez répondu aux miennes ! »

-« Mais Jessa… »

-« Comment vous êtes vous retrouvée affilée à cette chasseuse de prime ? »

-« Est-ce qu’elle va bien ? S’il vous plaît je veux la voir… »


-« Répondez ! »

Ménoï eut beau insister, l’étrange Moira (qui n’était pas un nom d’araignée géante, elle en aurait mis sa main à couper) ne démordait pas.
Elle s’est mise à chouiner, à battre le transparacier des poings et des pieds (et à réussi à se faire mal au passage), à bouder, à supplier, mais rien n’y faisait.
Reniflant et de grosses larmes débordant des yeux, la petite zeltronne, qui ne faisait décidément pas le poids dans une telle situation de stress et d’incertitudes, finit par céder aux demandes du harch.

Jessa n’était pas réellement une amie, et même si elle avait vaguement compris qu’elle était chasseuse de prime, Ménoï ne la connaissait pas vraiment.
Mais pour raison que la jeune femme ignorait, Jessa lui avait offert sa confiance, et avait même essayé de l’aider, bien que le résultat n’ait pas été… très satisfaisant, pour aucun parti !
Mais face à sa réaction étrangement vertueuse à son égard, Ménoï s'y sentait attachée.

Depuis combien de temps est ce qu’elles se connaissait ?
Depuis quelques heures, à peine, enfin ça dépendait depuis combien de temps elle était évanouie, évidemment !

En quoi Ménoï était-elle fidèle à la République ?

La réponse fut un peu plus cafouilleuse.
Ca a commencé vaguement sur le fait que l’esclavage était inadmissible, que Zeltros était de toute manière républicaine, que la liberté ça sonnait vachement bien quand même…
Finalement, la petite zeltronne répondit, un peu rougissante :

-« J’aimais bien la princesse Leïa Organa… Elle avait une jolie voix, et j’aimais bien ses cheveux… »

Ménoï n’aurait jamais cru, malgré toute la véracité de cette dernière réponse, que se soit sur celle-ci qu’on la laisserai sortir !
Le harch avait parlé dans sa boutonnière sans qu’un bruit ne filtre dans son box trop blanc, et puis il c’était éclipsé, laissant la place à une grande twi’lek bleu clair qui était arrivée devant elle, de l’autre côté du transparacier, avec un sourire d’apparence gentil et presque maternel.

-« Je te présente mes excuses, Ménoï, pour t’avoir infligé cette petite scène. Mais nous ne sommes jamais à l’abris, et je me devais de prendre des précautions, même avec toi ma Belle. »

La voix était gentille, les yeux semblaient doux, et coupée comme elle l’était de l’autre femme, Ménoï ne pouvait s’appuyer que sur l’intonation de la voix et les éclats dans le regard de la twi’lek pour décider de ce qu’elle pensait d’elle.

Un peu perdue et malmenée par l’interrogatoire du harch, la touche féminine et maternante de la nouvelle venue mettait un peu de baume sur les nerfs à vifs de la zeltronne.
Le fait que Ménoï soit mise dans la confidence que la twi’lek était la véritable Moira, mais que par sécurité elle devait se cacher derrière de nombreux homonymes attira également sa sympathie envers l’autre femme.
Ménoï fut presque entièrement à elle lorsque la véritable Moira, présentant un sourire amène avec des dents polies comme des perles, lui proposa de retrouver son amie zeltronne, qui se trouvait dans la pièce juste à côté.

Un pan du transparacier s’effaça devant elle, et sans oser la toucher malgré tout, la grande twi’lek l’invita d’un geste de la main à la rejoindre et à la suivre dans le maigre couloir qui bordait le long miroir.

Toute à sa joie de revoir Jessa, et de pouvoir témoigner de sa bonne santé, comme le promettait Moira, Ménoï ne nota pas le petit air moqueur et effronté que la twi’lek jeta en direction du miroir, ni comment Moira se déplaça entre elle et le transparacier, ses lekkus turquoises l’empêchant d’apercevoir Erza, dans la cellule accolée à celle qu’elle venait d’occuper.

Arrivées toutes deux au bout du couloir, Ménoï, trop excitée pour se rendre compte de l’évitement physique pourtant évident de la twi’lek dans une zone si restreinte, pu voir finalement la silhouette de Jessa apparaître derrière un nouveau mur de transparacier.

La chasseuse de prime avait l’air fatiguée, et peut être un peu excédée également, mais sa peau avait repris une saine couleur rose de zeltronne, et sa jambe, derrière le pantalon, avait un aspect bien plus normal que la dernière fois que Ménoï l’avait vu.
Il n’y avait plus la moindre trace de blessures où de coupures, sauf peut être quelques cicatrices aux endroits où les plaies avaient été les plus dramatiques, et Jessa était propre, vêtue d’un haut blanc et d’un pantalon militaire, prêt vestimentaire essentiel au vu de ce qu’il était advenu de son ancienne garde-robe.
Pas la moindre trace d’armure en revanche…

Mais Ménoï, trop heureuse de revoir sa semblable, ne s’en occupa pas non plus.
Elle se précipita dans la petite pièce au moment ou le transparacier glissait sur le côté pour lui laisser une ouverture, se retrouvant en arrêt devant la grande zeltronne avec un air ouvertement joyeux et en même temps inquiet.

Elle ne savait pas pourquoi, un instant elle avait ressenti comme une pointe de froid, qui l’avait empêché de courir directement dans les bras de la chasseuse de prime.
La jeune femme songea que c’était la prudence qui l’avait influencé, car malgré tout Jessa était peut-être encore blessée.
La petite zeltronne ne s’était pas aperçu que malgré les précautions de Moira, la précipitation qu’elle avait mise à franchir le pas de la porte avait provoqué un court contact avec la twi’lek.

Se tenant comme une enfant indécise devant la chasseuse de prime, Ménoï se balançait d’un pied sur l’autre, demandant d’une petite voix :

-« Jessa, tu vas bien ? »

Ton un peu rêveur, un peu joyeux.
Un peu inquiet aussi, de la réaction de la grande zeltronne face à elle.
C’était un peu de la faute de Ménoï aussi si elles se retrouvaient ici…

Elle ne se fit même pas la réflexion qu’on ne savait toujours pas où c’était, ici !

Le transparacier c’était remis en place dans son dos, coupant les deux zeltronnes de la twi’lek bleue.
La voix suave de Moira s’éleva dans l’air, à travers les enceintes du plafond :

-« Et je vous rends votre amie, Jessa ! Je vous laisse vous retrouver un instant. Nous nous retrouverons dans mon bureau après... Pour… Faire mieux connaissance ensemble ? »


La voix avaient pris des accents étranges, une tonalité plus… agressive que ce que Ménoï s’en souvenait.
La jeune femme resta intriguée un moment devant le départ de Moira, mais oublia rapidement la twi’lek, préférant se retourner vers Jessa.

Elle observa attentivement l’autre zeltronne, dans une expectative un peu maladive.

Elle avait tant de questions à lui poser :

Comment est-ce qu’elle allait ?
L’avait-on soigné ?
Où était Erza ?
Où est ce qu’elles se trouvaient même ?
Depuis combien de temps avait-elle dormi ?

Mais il y en avait une, dont la réponse, hormis celle sur la santé de la chasseuse de prime, devenait vraiment urgente.

Les mains jointes et cripsées l’une sur l’autre, les yeux réclamant autant la vérité que le pardon, Ménoï demanda à sa semblable :

-« Est-ce que tu m’en veux beaucoup… ? »
#40232
Pendant ce temps, avec Erza.


Le réveil fut difficile. Lorsque la jeune humaine retrouva connaissance, elle fut prise d’une vive douleur à la tête, comme si son crâne allait se fendre en deux. Pourtant, en mettant sa main, pas de sang, seulement une légère bosse. Les yeux rouges et vides de la tueuse professionnelle eurent du mal à s’habituer à la lumière de la salle, alors elle passa ses doigts sur son visage, et sentit quelque chose. Son nez. Ses lèvres. Ce n’était pas normal. Écarquillant les yeux, Erza repassa frénétiquement sa main sur son visage, tâtant son menton, son nez, ses joues… Son masque avait disparu !
Sa vision se troubla, sa respiration se fut de plus en plus forte et rapide, tandis qu’elle entendait son cœur battre dans sa poitrine. Elle se releva d’un coup, et se sentit plus légère. Son équipement avait disparu, son armure remplacée par des vêtements de civils, et surtout, plus de cape, plus de capuche.
Cette panique ne dura qu’un fragment de seconde, avant qu’elle ne reprenne ses esprits. Se mettant en position défensive, accroupie sur ses appuis, les bras préparés à toute éventualité, elle observa attentivement la pièce, cherchant la moindre issue, le moindre endroit d’où pourrait surgir quelqu’un, ou quelque chose. Puis, ses pensées allaient vers Jessa. Où était-elle ? Allait-elle bien ? La dernière chose dont elle se souvenait, c’était le corps inanimé de son amie, plongée dans un coma profond suite à un manque de sang. Il y avait aussi cette jeune zeltronne, la soldat qui avait aidé Jessa. Puis, le grand zabrak, hautain, méprisant, qui se moquait d’elles. C’est à ce moment qu’elle a perdu connaissance. Il était évident qu’il l’avait assommé, d’où la douleur au réveil. Certains pourraient se demander pourquoi une professionnelle comme elle avait tourné le dos à un ennemi potentiel. Peut-être qu’à force de cotoyer Jessa, on finit par s’humaniser. Elle voulait faire preuve de bonne foi, montrer au soldat qu’elle ne voulait pas se battre, qu’elle tenait vraiment à sauver son amie. Elle espérait trouver de la sympathie, de l’altruisme chez un représentant de la Nouvelle-République. Un pari extrêmement risqué, plus proche de ce que ferait la zeltronne que l’humaine. Et pourtant.

Soudain elle entendit une voix provenant du plafond. Une voix hautaine, excentrique, très maniérée. Elle vit alors de l’autre côté d’une vitre, un homme, grand, très bien vêtu. Il se présenta sous le nom de Moira. La tireuse d’élite comprit alors qu’elle était dans une cellule, pour y être interrogée. Voyant qu’elle ne pourrait s’enfuir, elle se dirigea vers le fond de la pièce, et s'assit contre le mur droit, ne regardant pas directement son interlocuteur. Son profil gauche, recouverte de sa vilaine brûlure allant de la tempe au menton, était face à la vitre, et elle fit mine de ne pas faire attention à la personne.

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“- Vous vous nommez Erza Quietshooter, je me trompe ?
- Hmm.
- … Je vais prendre cela pour une affirmation. 19 ans ? Ma foi, vous me semblez extrêmement jeune pour exercer une occupation comme la vôtre !
- …
- 175 centimètres, 69 kilogrammes… Dites-moi, c’est original la couleur de vos yeux ! Votre teint pâle fait bien ressortir la couleur ruby, certes, mais si vous voulez mon avis, vous devriez prendre un peu plus de soleil ! À moins que vous ne soyez malade, ce qui expliquerait également la blancheur de vos cheveux. Or, je n’ai pas la moindre information à ce sujet, ce qui est assez curieux je dois bien l’avouer.
- …
- Votre patronyme, serait-ce un jeu de mot ? Il vous sied parfaitement, une tireuse silencieuse. Ah ! J’adore !
- …
- C’est exactement ce dont je faisais allusion, ironique, n’est-il pas ? Enfin passons, je lis ici que vous êtes une dangereuse terroriste, recherchée pour assassinats notamment. Enfin excusez ma maladresse, j’aurai dû utiliser les bons termes. Une “résistante” de Doan, une enfant née de la guerre. Depuis combien de temps avez-vous quitté votre monde natal ? Que savez-vous de la géopolitique actuelle ?”

Ces questions intriguèrent légèrement Erza, qui, en guise de réponse, tourna son regard glacial vers l’homme.

“- Quel regard, j’en ai des frissons dans le dos ! Mais je vois que j’ai commencé à capter votre attention, cela est déjà un début ma chère. Votre masque, a-t-il une utilité quelconque ?
- …
- Et bien, votre petit ami doit beaucoup vous aimer !
[color=#F92C2C]- …

- Oh, toutes mes excuses, me serais-je trompé ? Et cette chasseuse de prime alors, Jessa, c’est bien cela ?
- … Oui.”
- C’est parfait, nous avançons, lentement certes, mais sûrement ! D’après mes registres, voilà presque une année que vous travaillez avec elle. Comment se comporte-t-elle ? Est-elle quelqu’un de fiable ? Soyez franche je vous prie.
- … Bien.
- … Bien ? Voyons ma chère, vous pouvez faire plus que ça ! Répondez, et vous pourrez revoir votre amie.”

Erza n’avait pas le choix. Regardant droit devant-elle, la tireuse d’élite finit par délier sa langue.

“- Jessa a ses idéaux, et moi je me contente de les suivre. Je me contrefiche de ce qui pourrait arriver au monde, ou à votre “République”. Nous sommes chasseuses de primes. C’est tout ce que vous avez besoin de savoir. Si Jessa vous aide, je vous aiderai. Si elle refuse, je refuserai. Si vous la tuez, je vous tuerai. Si elle meurt, je mourrai.”

Pendant ce temps, du côté de Jessa.


“- AhAH ! J’AI GAGNÉ !
- Arrête, je suis certaine que tu as triché.
- Bouuuuh ! Mauvaise perdante !”


Kate se jetta sur Jessa, et commença à lui chatouiller les côtes.

“- Mauvaise perdanteuh ! Mauvaise perdanteuh !
- Ok ok c’est bon j’abandonne !”

Les deux jeunes femmes continuèrent de rire, jusqu’à ce que ceux de Kate stoppèrent soudainement, laissant place à un air neutre, le regard vide, presque effrayant.

“- Kate ?”

Cette dernière tomba alors littéralement en morceaux, comme un squelette désarticulé, tandis qu’une vague de sang vint frapper la zeltronne au visage.

“- KATE !”

Jessa se jeta en arrière, tétanisée, devant ce qui reste du corps de son amie.

“- Tu m’as appelée Rosie ?”

Se retournant, elle vit la sociopathe, en un seul morceau, un grand sourire aux lèvres, avant de soudainement subir le même sort que quelques secondes auparavant. “Tout est de ta faute”, ce message fut soudainement écrit avec le sang encore frais, des dizaines et des dizaines de fois. Jessa se plia en deux, les yeux grands ouverts, vomissant ses tripes. Elle voulut reculer, mais tomba à la renverse en heurtant un buste de Kate. Elle voulut hurler, mais aucun son ne sortit de sa bouche. La zeltronne était comme paralysée, assise dans une mare de sang, quand une silhouette gigantesque apparut soudainement devant elle. Une femme, à la peau verte, les cheveux en bataille, et un sourire fou au visage. Elle regardait Jessa en éclatant de rire, la dominant de toute sa taille.

“- T’inquiète Jessa, je vole à ta rescousse !”

Une kate chevauchant un missile fonça en direction de l’immense apparition. La mandalorienne voulut l’en empêcher, lui crier de ne pas le faire, mais elle ne put. Elle ne pouvait détourner le regard, ni fermer les yeux, forcée à regarder Kate foncer vers la Miriulan, et se faire attraper au niveau du torse. Pire encore, son corps se leva tout seul, et partit en marche arrière. Elle tenta de s’arrêter, mais c’était peine perdue. “- Tu m’as humiliée” Dit-elle en arrachant un bras. “- M’arrêter ne t’a pas suffit, tu m’as volé ma dignité.” Un autre bras. À chaque membre arraché, Kate hurlait de douleur, criant à l’aide.

“- JESSA !!!!!!!!!!!!!!!”

Mais elle ne pouvait rien faire. Les larmes coulèrent, tandis que la géante continua son jeu macabre. “- Tout ça est de TA faute, et je te ferai payer chaque action que tu as menée au centuple ! Je vais te prendre tout ce que tu as !” Et dans un dernier rire fou, Jeane arracha la tête de Kate, avant de laisser tomber le corps au sol.

“- NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!”

Ses jambes répondirent enfin, et prise d’une colère aveugle, elle fonça en direction de son ennemie. Mais lorsqu’elle voulut lui mettre un coup de poing, c’était comme si elle heurtait un mur. Les rires continuaient, tandis que la zeltronne frappait encore et encore, espérant pouvoir la toucher, la blesser. Si physiquement elle se trouvait entre quatres murs, psychologiquement elle était perdue dans un cauchemar.

“- Kate ! Reviens ! Je t’en prie ! Je suis désolée ! JE SUIS DÉSOLÉE !”

“- Sors de ma tête. Sors de ma tête !”

Collant ses mains à son visage, la zeltronne se déplaçait dans la pièce, se collant au mur comme si elle tentait d’attraper quelque chose. Les rires s'intensifiaient, puis ce fut le visage de Jeane qui remplaça petit à petit les peintures, qui remplaça Kate.

“- Non… NON… SORS DE MA TÊTE ! SORS DE MA TÊTE ! SORS DE MA TÊTE ! SORS DE MA TÊTE ! SORS DE MA TÊTE !”

Hurlant en boucle cette même phrase, elle se planta les ongles dans les bras, se griffant, cherchant à perdre sa concentration, à penser à autre chose. Cela ne suffisait pas, alors elle continua de taper, taper, taper. Les images disparurent petit à petit, mais elle ne s’arrêta pas. Pleurant toutes les larmes de son corps, elle se détruisit les mains, n’arrivant pas à se débarrasser de sa tristesse.

“- Je suis désolée… sniff… Je suis tellement… tellement désolée Kate… Pardonne-moi… Je n’aurai jamais dû partir… Si j’avais été là… Si j’étais restée… “

Elle parlait à voix haute, mais d’une voix cassée, coupée de pleurs et de cris. Puis elle entendit une voix, mais pas de sa tête. Une voix extérieure, qui vint chasser toutes ses pensées. “J’ai des questions à vous poser”. La zeltronne donna un dernier coup de poing au mur, avant de regarder autour d’elle. De nouveau revenue dans la réalité, la chasseuse de prime chercha à comprendre sa situation. Les traces de vomissement au milieu de la pièce, le sang sur les murs... Où elle était, ce qu’elle faisait là… Son dernier souvenir fut de s’être évanouie près de la planque de Kate. Que s’est-il passé ensuite ?

“- Voyons… Jessa… Non, juste “Jessa”. Aucun nom, quelle surprise. De la vermine chasseuse de prime, sans aucune identité, ou d’origine. En sommes, vous n’êtes rien.

“- Où est Erza ?”

Jessa avait pris un ton sévère, presque colérique. Elle tournait le dos à la vitre, regardant les traces de sang laissées par ses poings sur le mur.

“- Ici, c’est moi qui pose les questions. Et vous feriez mieux de répondre à ce qui va suivre, criminelle Jessa. Déjà, voyons si le registre est à jour. Vous avez 23 ans, mesurez 1m85 pour 80kg, et vous vivez… Nul part, évidemment. Un déchet tel que vous ne sauriez vivre comme une personne civilisée. De ce que lis, vous n’avez aucune dignité, à consommer des relations charnelles avec toutes les personnes que vous croisez. Vous êtes une prostituée en somme, je ne devrai même pas perdre de temps ave…”

Jessa se retourna d’un coup, et se jeta sur la vitre, provoquant un bruit sourd lorsque ses poings heurtèrent le mur.

“- J’ai dis, où est Erza ?!”

Le regard de la mandalorienne était empli de colère et d’impatience, comme une bombe prête à exploser. Mais l’homme n’a pas reculé d’un millimètre, ni même haussé un sourcil. La regardant à peine, d’un air dédaigneux, il reprit.

“- Criminelle, vous avez été retenue coupable d'agression ayant menée à invalidité d’un grand nombre d’individu, de coup et blessure ayant mené à la mort d’individu, de trouble à l'ordre publique, et de tentative de corruption d’un agent des forces armées de la Nouvelle-République. Si cela tenait qu’à…
- J’en ai rien à foutre de ce que tu me dis, ni de ta sale gueule de merde ! J’ai pas envie de jouer, alors tu vas me dire où se trouve mon amie, sinon…
- Sinon quoi ? Vous n’êtes pas en position d’exiger quoi que ce soit. Alors retournez à votre place, à plat ventre, et peut-être que j’y réfléchirai.”

La zeltronne redonna un violent coup à la vitre, avant de cracher dessus, et de s’éloigner. Dans les paroles de l’Arkanien, des mots surgissent: “Agent des forces armées”. Menoï. Reprenant un ton légèrement plus calme, mais toujours très sérieux, Jessa regarda de toute sa taille son interlocuteur, se collant à la vitre.

“- Comment va Menoï ?”

L’homme laissa s’échapper un léger sourire satisfait.

“- Alors comme ça vous connaissez même son nom. Serait-ce une complice ? Dans ce cas, elle sera également exécutée.
- Touches à un cheveu…
- La Nouvelle-République vous a ramassé dans les bas-fonds, aux portes de la mort. Nous vous avons soigné, et vu vos crimes, nous aurions pu vous envoyer directement au procès. Dites-moi, que pensez-vous de la Nouvelle-République ?”

Jessa comprit qu’elle n’obtiendrait pas ce qu’elle voulait. Il était en position de force, inaténiable, mais elle révait de lui attraper le coup et de lui refaire le portrait.

“- Ce que je pense de la NR ?
- “Nouvelle République”
- Tsss… Vous êtes une bande d’hypocrite, voilà ce que je pense de vous. Vous vous prétendez comme étant les “héros” de la galaxie, les “gentils”, vous faites croire que vous vous battez pour le bien commun, mais ce ne sont qu’un ramassis de MENSONGES !!! Vous agissez seulement pour le bien d’une minorité de personne, ceux qui dirigent, ce qui rapportent le plus ! Mais le peuple d’en bas… Vous l’ignorez complètement ! J’ai vécu des années dans les bas-fonds de votre belle capitale, et je n’ai presque jamais croisé un seul membre des forces de l'ordre ! Les gens sont livrés à eux-mêmes, la criminalité dirige les rues… Il n’y a plus de justice, seulement la loi du plus fort. Des gens meurent par dizaines chaque jour, pas à cause de l’Empire, mais à cause DE VOUS ! Alors vous voulez savoir ce que je pense de la NR ??!! Vous n’êtes pas différent de l’Empire, à l’exception que eux ne cachent pas leurs crimes ! Vous prétendez les protéger de l’oppresseur, mais au final c’est vous qui les oppressez ! C’EST VOTRE PUTAIN D’ARMEE QUI A TUEE JUSQU’AU DERNIER TOUTE MA FAMILLE ! MA MERE ! SES FRERES ET SOEURS D’ARMES ! VOUS AVEZ FAIT DE MOI UNE PUTAIN D’ORPHELINE ! Et tout ça pourquoi ?... Pourquoi … ? Parce que nous étions des chasseurs de primes, et que vous nous détestez, juste par jalousie… Je vous hais… Je vous hais tellement…

Ses derniers mots furent prononcés avec mélancolie, et tristesse. Elle avait baissé le ton, presque comme un appel à l’aide, tout en faisant glisser sa main contre la vitre.

- Pathétique. Une anarchiste… C’est d’un vulgaire. Vous auriez pu être quelque chose de plus… Original, mais bon, qu’est ce que j’aurai pu attendre de quelqu’un comme vous.
- Tout ce que je demande… Tout ce que je veux, c’est vivre tranquillement ma vie, avec mes amies… Je veux voir Erza, je veux savoir si elle va bien…”

Sans vraiment attendre de réponse, Jessa s’écarta, et retourna au centre de la pièce. Elle était très inquiète, inquiète pour Erza, inquiète pour Menoï. Elle attrapa un oreiller, le fit voler en l’air, avant d’attendre qu’il fût retombé au niveau de sa taille pour y asséner un violent coup de pied circulaire, le propulsant contre la vitre.

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Quelques secondes plus tard, elle vit une porte s’ouvrir, puis une silhouette y entrer en courant. Une jeune zeltronne, plus petite qu’elle, mais enfin un visage familier. Lorsqu’elle vit Menoï s’arrêter à son niveau, lui demander timidement si elle allait bien, un très grand sourire se dessina sur les lèvres de la Mandalorienne. Elle voulut la prendre dans ses bras, mais se retint, ne sachant pas si elle accepterait.
Elle observa la soldate, cherchant la moindre blessure, si elle allait bien physiquement, et fut heureuse de constater que ce fut le cas.

Puis une voix se fit entendre, mais ce n’était pas celle de l’homme méprisable avec qui Jessa avait discuté. Non, cette voix était plus féminine, plus intrigante. Vu les termes employés, cette voix devait appartenir à une femme plus importante que ce “Moira”. Peut-être aura-t-elle enfin le fin mot de cette histoire.
Mais son attention revint par la suite à son amie, et surtout à sa dernière phrase. La chasseuse de prime la regarda avec tendresse, et lui répondit de sa voix douce retrouvée.


“- Est-ce que je t’en veux ? C’était ma décision de venir dans ce bar, je me suis mis moi même dans la merde, et surtout…”

Elle se rapprocha de Menoï, mettant ses mains sur ses épaules.

“- Tu m’as sauvé la vie, comment je pourrais t’en vouloir ? C’est plutôt moi qui suis désolée, de t’avoir embarqué dans mes galères. J’espère vraiment que tu n’auras pas de problème à cause de moi, je sais à quel point les chasseurs de primes ne sont pas… très appréciés ici, et je m’en voudrai toute ma vie si ta carrière ou ta vie soit entachée parce que tu m’a côtoyé…”

Mais alors qu’elle redressa la tête, Jessa cru voir dans le reflet de la vitre, le visage souriant de Jeana, suivit par une vive douleur au niveau de l’oeil gauche. Elle mit sa main dessus, fit deux trois pas en arrière. Mais le pire était à venir. Les rires étaient revenus, ainsi que les écritures de couleurs bleues et roses, qui apparaissaient et disparaissaient sans cesse, comme des flashs incessants. Elle ferma les yeux, les mains sur ses oreilles, tandis qu’elle continuait de reculer, marmonnant.

“- Non… Non… Vas-t-en.. Dégage…”

Se retournant contre le mur, elle lui redonna des coups, plus lents, mais plus violents que quelques minutes auparavant. La douleur s’intensifia, lui faisait décrocher un énorme râle d’agonie, la forçant même à s’arrêter. Les flashs se furent de plus en plus intenses, les voix de plus en plus fortes. La jeune zeltronne tomba à genoux, s’appuyant sur une main, tandis qu’elle se tenait le visage avec l’autre, hurlant de douleur.

“- Sors de ma tête !”
Epices et phéromones [PV Zong Asakya]

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