L'Astre Tyran

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Taris est un monde densément peuplé, urbanisé et pollué à l'extrême. Les classes supérieures occupent les sommets des gratte-ciels tandis que les plus pauvres vivent privés de lumière dans les couches inférieures. Loin du sommet des bâtiments, la surface est principalement composée de marais nauséabonds et de champs d'épaves de vaisseaux.
Gouvernement : Empire
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By Ranath
#35799
      « Je m'en étonne. Mirial est une planète impériale... Le devoir d'un citoyen de l'EMpire est de dénoncer tout pratiquant sensitif aux autorités. Vous auriez pu indiquer sa cache, tout en dissimulant votre propre nécessité d'être arrêtée. En fait, vous dénoncer aurait peut-être valut une réduction de peine, voire conduit à une amnistie. »

    C’était du vent, parler pour ne dire. Faire semblant de connaître un dossier sans l’avoir même ouvert. Darth Ranath imaginait très bien pourtant le genre de note qui avait pu être portée à son propre fichier : CHEVALIER JEDI. Et tout un tas d’autres choses qui laissaient à penser qu’elle n’était vraisemblablement pas citoyenne impériale. Elle haussa un sourcil tant elle trouva la remarque dépourvue de pertinence. Il perdait en crédibilité. Mais cela pouvait arriver à tout le monde, après tout.

      « Tous les Mirialans sont-ils nés sur Mirial ? Tous les Mirialans sont-ils citoyens de l’Empire ? »

    Sa fourchette suspendue un instant au-dessus de son assiette, elle s’autorisa une seconde pour observer son interlocuteur. C’était l’introduction. Des mots en l’air.

      « Mais bref, je vous serais gré de communiquer à mes services l'endroit exact où il se cache. Votre dossier s'en trouvera particulièrement allégé.

      - Je n’y manquerais pas. »

    Il n’y avait plus rien à y trouver. Le traître avait, semblait-il, décampé depuis longtemps. Il devait être mort. Ne restait que la vision de son apprenti. La Sith chassa cette pensée, mieux valait pour elle de rester concentrée.

    Sa question ne trouva aucune réponse, comme attendu. Aussi la Dame Sombre passa sur le sujet. Le sort de John ne la concernait pas et ne l’émeuvait pas outre mesure. Du moins le pensait-elle, jusqu’à ce qu’on vint tisser un lien entre lui et elle. À l’accusation, elle ne broncha pas. Tout ce qui parvenait à ses sens était méticuleusement traité. Elle préférait paraître lente que de se trahir par des réactions trop impulsives. On ne jouait pas aux échecs, on marchait sur un fil. La Sith se savait surveillée, piégée ici, entre l’Empereur et une rangée de canons chargés. Un faux pas, peut-être une réponse déplaisante, et ce serait vite fini. Il ne lui restait de sixième sens que son senseur crânien. Tout au plus, il la préviendrait d’un mouvement hostile, mais ne lui ferait pas éviter une balle.

    La fourchette se planta dans la chair du poisson.

      « Il faut être fou ou idiot pour vouloir pénétrer votre palais. »

    Elle ne se trouvait pas encore idiote, pas encore.

      « Si je voulais vous assassiner, j’attendrais que vous quittiez le couvert de votre forteresse, et je prendrais l’apparence d’un individu apte à vous approcher. Malgré tous les efforts de sécurité, il est bien un moment dans l’année, où vous êtes à découvert. Je ne chercherais pas à vous poignarder bêtement, ou à vous trouer le torse d’un coup de blaster. »

    Elle fit mine de réfléchir.

      « Je pense que je procéderais à une hypnose rapide. Ca ne prend que quelques secondes, je n’aurais même pas besoin de vous toucher. Une manipulation mentale, qu’aucun de vos lézards ne saurait défaire. Une fois l’esprit reprogrammé, il n’est plus question de Force. »

    La Mirialan sourit doucement.

      « En fin de compte, pourquoi vous assassiner, si je puis vous contrôler ? Mais il me faudrait infiltrer votre entourage pendant des mois, connaître votre emploi du temps, vous tenir toujours à ma portée. C’est extrêmement risqué. Trop risqué. Impossible de vous contrôler donc. Et pour un assassinat efficace, il me faudrait avoir sous la main un pantin influent et susceptible de vous succéder. Malheureusement, je n’en ai pas. »

    Elle n’avait jamais vraiment réfléchi à tout ceci. Du moins, pas concernant l’Empereur. Astellan n’avait jamais été une cible. Pas encore, c’était trop tôt, trop gros.
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By Harlon Astellan
#35807
Terrain pentu. Equilibriste confirmé, aux pieds entraînés aux sons d'orgue de "L'Art d'avoir TOUJOURS raison", ouvrage inculquant à chacun les méthodes se passant de l'élémentarité des faits et de la logique, au profit d'un gain aux débats par la pulsion verbale et l'enchaînement de frappes de harcèlement. Mais parfois, sur le terrain pentu, l'Empereur avait la surprise d'y croiser un dahut. A défaut de le faire danser, il restait encore une méthode pour le faire dévaler toute la pente : le croc-en-jambe. « Mademoiselle. Les Mirialans sont au nombre de deux cents cinquante-trois millions sept cents vingt-mille trois cents deux personnes au dernier recensement. » Un recensement fini il y avait sept mois. Un chiffre dont il se souvenait encore très bien. « Il est estimé encore entre zéro virgule zéro sept et un virgule trois de ce précédent chiffre la part de Mirialans expatriés, et donc potentiellement titulaire d'une nationalité tierce. » On trouvait fatalement plus de Mirialans sur Mirial qu'ailleurs. « Autrement dit, j'avais à minima quatre-vingt-dix-huit virgule sept pour cent de chances de vous trouver une nationalité Mirialan... et donc impériale. » Il n'irait pas plus loin que cela sur ce terrain. Mais... « J'imagine que les... Mirialans apatrides sensitifs n'y connaissent rien aux principes de Coefficients de Confiance dans les Sciences Statistiques. » Il rejeta sa propre bouchée. Il n'avait guère faim de toute manière. « De fait je présuppose que vous n'êtes même pas citoyenne. Ce qui vous interdit de tout égard auquel a droit un citoyen. »

Il claqua des doigts. Passa sa main sur l'assiette en face de lui. Un commando arriva, le pas martelant le sol lourdement. Fusil à l'épaule, la main sur la poignée, doigt sur la gâchette. Il tendit son bras gauche, le posa avec lourdeur sur la table... et balaya tous les couverts de la femme. La nappe se froissa, mais l'Empereur garda son côté intact. Des tâches apparurent sur le côté Mirialan, et la nourriture qui n'avait pas fini sur les cuisses de l'invitée se retrouva étalée par terre. « Excusez mes troupes. Ils sont un peu rustres. » Un regard, sans broncher, vers son commando. « Voyons, je ne vous signalais que le besoin de débarrasser son plat. » La fourchette suspendue : signe qu'on avait fini, non ?

« Le dessert. » Il n'annonça pas son contenu. C'était très simple. Profiteroles, sur base d'eau purifiée des neiges éternelles de Rhen Var. Un petit avant-poste impérial sur place avait trouvé, via le concours d'une étudiante en sciences qui voulait devenir glaciologue, un taux de pureté si exceptionnel qu'ils avaient théorisé le moyen d'en faire une source d'eau pure destinée à l'export. La production était faible, mais elle rapportait assez pour offrir un peu de confort sur place. Avec la bénédiction de l'Etat, bien entendu... Devant le vide de couverts, le serveur sembla un peu perplexe. « Inutile mon ami, » fit remarquer l'Empereur en voyant l'embarras du jeune pingouin, « ... notre amie trouvera bien un moyen de manger sans cuiller. » Ou de laisser fondre glace, crème sucrée et chocolat fondu - une rareté exceptionnellement bonne - devant ses yeux. « On dit les Sith plus proches de l'Animal que de l'Homme. » Il était curieux de voir ça. « Mangez-vous avec les doigts ? Décharnez-vous la viande à pleines dents ? Ne vous sentez alors pas offensante de gober vos pâtes à chou. » Il ne s'en offusquerait pas. Il se faisait son idée sur la civilité de ce qu'il avait en face de lui.

Quelque chose d'inférieur. Une sous-espèce. Une bourrasque énergétique qui avait prit une vague forme humanoïde. Une boule de verdure mal embouchée, mal éduquée, tout juste bonne à se tenir correctement. Un Oeuf de Fabergé habillant du crottin d'Eopie. La suite acheva de le convaincre... elle le prenait pour autant, voire pire. Et même pour un idiot. Elle débitait là son plan complet. Ses ambitions pour lui. "Hypnose rapide". "Infiltration sur plusieurs mois". Elle eut un mérite : lui tirer un frisson d'angoisse. Il eut du mal à contrôler son visage. Il estima n'avoir rien laissé paraître. « Gardes ! » Les commandos s'approchèrent tous de concert. « Faites-la conduire dans les cachots. Faites venir le Docteur Mo'Tazin. » Un nom qui n'évoquerait rien à la Mirialan. Il était entre autres un des chefs programmateurs de troupiers impériaux classés secret-défense. « Qu'il... procède. » Manu militari, le repas prit fin. Les caisses noires suivirent, et Mya fut interrompue de son souffle, le temps qu'on lui glisse deux coups secs dans le ventre. On la traîna par les bras, bien encadrée, laissant traîner les pieds par terre.

Harlon, lui, finit seul son repas, dans le plus grand calme. Il acheva son dessert, ordonna le nettoyage complet de la salle, puis fit appel à son pilote. Il repartait ce soir pour Yaga Minor.




On remit Mya aux fers. Traitement spécial. Champ antigrav, caisse noire, comme à son réveil. Un spot lumineux au-dessus d'elle, à fond dans ses yeux. Une alarme, de celles qui retentissent en cas d'incendie majeur, à sonner toutes les demie-heures, juste derrière ses oreilles. Ration d'eau et de nutriments toutes les 24 heures. Le minimum vital. Une semaine de délai avait-on dit. Ensuite, c'était l'arrivée du Docteur Mo'Tazin. On ne lui dit pas qui c'était. Les commandos sur place n'en savaient rien de toute façon. Il fallait travailler dans le complexe sur Nirauan pour le savoir.

Mo'Tazin était un chirurgien et programmeur informatique, qui avait entre autres enseigné la technique d'ablation partielle du cerveau, pouir remplacer les parties manquantes par un programme intensif aux combats de corps à corps. Il était, en quelques sortes, le créateur du projet TerrorTrooper.

Et il était convié, pour dans une semaine. Pour... procéder.

Il fallait une vision aux alliés de la Sith le plus tôt possible.




Harlon vécut dans l'angoisse. Son entourage, les aveux étaient clairs, avait été infiltré. Mais où ? Et qui ? Par qui ? Il contacta la Voix, son club privé, et demanda à ce qu'on dresse une liste de tous les arrivants depuis un an dans les cercles les plus élevés de l'organisation. Il passa des ordres analogues à son gouvernement. Mais, surtout, c'était le besoin de vérifier ses alliés qui l'inquiétait...

Il voulut une compilation des rapports sur les castes dirigeantes de tous les alliés impériaux. Les entourages, les têtes pensantes, les nouveaux riches, les conseillers venus, ou revenus... Il ordonna ainsi la liste des dirigeants récents depuis un an sur Arkania, Tion, Le Secteur Corporatif, et les trois maisons alliées Tapani. L'Empereur allait purger. Même si cela demandait de sacrifier des innocents...
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By Ranath
#35865
    Pour sûr, il l’avait mal pris.

    Elle ne bougea pas le temps de la petite démonstration. Il n’avait plus que ça. Il jouait dans son petit théâtre une pièce qui n’impressionnait que ses serviteurs. Jouer la colère pour ne pas dévoiler le doute. Et plus que les promesses de la Sith, c’était son regard qui devait faire pâlir intérieurement l’Empereur. Car dès lors qu’il avait esquissé un début de réaction, le regard obscurci de la Dame Sombre s’était posé sur lui. Un regard d’or, rongé par le venin du pouvoir. Peut-être Astellan avait-il déjà subi l’hypnose. Peut-être était-il trop tard. Peut-être était-ce dans cinq minutes. Peut-être demain. Peut-être dans un mois. Ce regard souriait, quand les lèvres sombres de la Mirialan demeuraient pincées. Elle se délectait de cette réaction, quand elle préférait rester immobile et muette.

      « Gardes ! »

    Ce regard noir fut le dernier échange entre eux. Tu verras. Une promesse.

    Deux coups de poing dans le ventre, et rideau.

    * * *

    La Sith retrouva ses esprits bien plus rapidement qu’elle ne l’aurait imaginé. L’alarme força les synapses à une reconnexion expresse. Il lui fallut quelques minutes pour reprendre conscience d’elle-même, de ses pensées, de ses membres, et de son absence de Force. Le silence total, après l’alarme. Les souvenirs des événements de la journée profitèrent de cet instant de calme pour envahir les pensées à peine vivaces de la Mirialan. Une rencontre fort intéressante, à n’en point douter. Un sourire étira les lèvres de la Dame Sombre. Ce sourire persista quelques minutes, et disparut de lui-même, lentement, tandis que la réalité du danger prenait le pas sur les bons souvenirs du dîner.

    La lumière éblouissante, juste au-dessus, empêchait toute exploration visuelle de la pièce ou du plafond. L’environnement de la Sith était restreint à ce halo éclatant. Dès lors, pieds et poings liés par le champ de force, la seule distraction résidait en l’écoute de ses propres pensées. Elles étaient désormais légion. Murmurant parfois une idée, ou criant une mise en garde. Paradoxalement, Ranath se sentait ici relativement en confiance et libre de laisser aller ses pensées. La plus grande menace étant déjà présente, elle ne pouvait en effet redouter pire que ce qui semblait l’attendre en fin de semaine. Elle s’était, au début, interdit d’imaginer la suite. Puis, les alarmes passant, s’était laissée aller à quelques hypothèses, toutes des plus sordides, sauf une, stupide, qu’elle chassa dans la seconde.

    Finalement, après quelques heures d’inconfort, de questionnement, et de suggestions silencieuses, la voix de la Sith retentit dans la cellule.

      « Je crois comprendre que ma situation n’ira pas en s’arrangeant. Dans ces cas là, on n’a pas le droit à un genre de dernière volonté ? J’imagine que certains doivent demander un dernier verre, une dernière cigarette, un dernier mot à leurs enfants. J’ai droit à une dernière volonté ? »

    Elle tendit l’oreille, sans savoir si une réponse viendrait. Elle n’était même pas sûre de ne pas être seule, bien que la chose l’aurait fortement étonnée.
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By Harlon Astellan
#35880
La réalité tombait brusquement. Elle était seule. La cellule ne contenait aucun autre sifflement que le sien. Les bandages de sa poitrine comprimaient l'air de ses poumons, la position rendant tout acte, même aussi trivial que respirer, d'une complexité sans égale. Les âmes errantes à son pied valaient pour vaines vermines, juste aptes à grouiller, happer, déposer les poussières sur leur passage millénaire. Au jeu de l'arrogance, c'était celui qui avait les moyens d'être violent et physiquement dominateur qui l'avait emporté. Fallait-il être sûr de soit pour infliger un châtiment aussi bas à un ennemi ainsi truffé de potentiel. La fuite de la bête signait un arrêt de mort pour l'Empereur, mort d'angoisse à l'idée de faire attendre l'arrivée du docteur. Il aurait fallut l'atteindre, tout de suite, maintenant. La mettre hors d'état en une minute. Ne laisser aucune vengeance en suspend.

Il contint sa peur avec une efficacité légendaire. Marbrier émotionnel depuis sa plus tendre enfance, il composa un message que personne n'aurait prit pour un acte de désespoir, prit dans l'urgence des décisions de phases paranoïaques. « Annulez la venue du docteur. Tuez-la simplement. Par strangulation. »




Mya Tellis, Dame Noire des Sith, maintenant paquet de chair verte étendue comme un drap récalcitrant après lavage, n'était pas réellement seule. Micros et caméras quadrillaient la pièce, à l'affût de toute chose à même de faire mine de servir à la libération des prisonniers. Emsar avait été emmené déjà. Il allait être transporté... ailleurs. Le temps de savoir quoi en faire. La Sith posait le problème de la Force, des capacités martiales générales, comme en attestait son corps taillé par l'exercice, et par la durée qu'allait mettre sa mise à mort. Mais pouvait-on ignorer son appel ? « Je crois comprendre que ma situation n’ira pas en s’arrangeant. Dans ces cas là, on n’a pas le droit à un genre de dernière volonté ? J’imagine que certains doivent demander un dernier verre, une dernière cigarette, un dernier mot à leurs enfants. J’ai droit à une dernière volonté ? » Dans la chambre de surveillance, les discussions allaient bon train. « Pas question ! Nous avons des ordres de l'Empereur, et je ne me risquerai pas à les contredire en lui offrant une dernière volonté ! » Sur les trois, de rang égal, chacun avait une vue différente de la chose. « Quel mal à ça ? Elle veut juste quelque chose avant de mourir... On pourrait... - On pourrait le faire sous condition. » Si elle n'était point dans les canons de beauté de Sa Haute Majesté, certains, plus en bas de l'échelle, le corps gâté par la nature, pouvaient y trouver une pièce à leur dégustation. Obèse, chauve et célibataire, le troisième gardien avait caressé d'emblée l'idée de laisser ses mains balader le corps découvert et vulnérable, le stimuler aux bons endroits, et faire implorer une grâce toute cruelle.... asticoter les parties génitales avec un taser à bétail par exemple. « On peut bien lui demander ce qu'elle veut. Ça n'engage à rien. » Chacun se rallia à cette position. « Je vais aller lui... demander... - Que le Diable m'emporte si tu t'approches à un seul mètre de la prisonnière, Stariss... » Lequel n'en rajouta plus. « Hey ! Laisses donc les clefs et ton arme ici, tu as perdu l'esprit ? » Le jeune maton, pas l'air mauvais, avait en effet en ceinture la clef de la cellule et son blaster réglementaire. « Elle est prise en champ de force... qu'est-ce qu'on risque ? - Non, il n'a pas tort... laisses tes effets là, on t'ouvrira à la fin. » Risque minimum. Le cadet sortit de la chambre, et s'en allait déposer ses affaires dans son armoire... « Mais qu'est-ce qu'on risque... » A l'insu des autres, il cacha clef et arme dans la doublure de sa veste et descendit les volées de marche pour aller à la cellule.

Il ouvrit le battant doucement, referma derrière lui, jusqu'au CLAC sonore... se tint les oreilles quand l'alarme passa, et se rapprocha doucement du champ de force. Il pencha la tête et observa. Il avait déjà observé des tueuses. Souvent des tueuses à gages, des femmes trompées, et des femmes au plus grand désespoir. Celle-ci ne ressemblait à aucune. Elle avait l'air... si douce, à première vue. Son regard était or, et ne contenait aucune méchanceté. Son corps était noueux, mais ne semblait pas trahir de sang giclant sur lui. Ses mains étaient calleuses, comme celles d'une honnête paysanne de Nez Peron. « Vous vouliez quelque ch... »

On entra à la volée derrière lui. « Ca sera tout, Agent. » Le visage fut reconnu. L'agent partit en trombe sans demander son reste. « Changement de programme. Vous êtes condamnée à mort par strangulation. Dès maintenant. » Une paire de botte s'avança lourdement. Elle entendit un fil qu'on tire et qu'on ajuste. Quelqu'un passa derrière elle. Il fit garder les lumières, mais se pencha franchement dessus.

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« Un horrible gâchis m'est avis. » Il quitta le champ de vision, et désactiva avec fermeté le champ de force. La caisse noire resta en place, mais la barrière physique gravitationnelle, les lumières et l'alarmes cessèrent d'exister. L'homme était plus visible maintenant. En uniforme blanc, il semblait avoir la moitié du visage fondue, comme des rillettes laissée sur un générateur de Destroyer. « Vous avez fait peur à l'Empereur. » Visiblement, lui ne se laissait pas impressionner. « Excusez-le. Il est à cran en ce moment. » Il rangea son filament dans sa poche, et fit apercevoir les StormTroopers avec un liserai gris sur les bras et le casque. « Aujourd'hui, à cette heure vous êtes morte. Strangulation. » Il pointa la caméra du doigt. « Vos gardiens l'attesteront. En ce moment même ils vous emmènent au compacteur à ordure. » Il garda les bras ballant, le temps de laisser l'information circuler. Après quoi il mis les mains derrière son dos. Un rictus difforme commença de barrer son visage, le rendant aussi énigmatique que laid. « J'ai horreur de laisser un tel potentiel de côté. » Il claqua des doigts, et fit livrer une combinaison pliée, qui sentait le neuf. Ce n'étaient pas les vêtements de Mya à son arrivée. Mais on reconnaissait le principe de la robe à capuche large, un ensemble de tissus résistants et légers permettant les gestes amples, ainsi qu'un ensemble de sous-vêtements de sport. « Vos vêtements sont désinfectés en ce moment même. Vous les retrouverez une autre fois. » Il ordonna qu'on grimpe des caisses sur le dos de certains des hommes en blanc tâchés de gris, qu'on l'escorte une nouvelle fois.

Les vêtements étaient d'une facture exceptionnelle. Le tissu était noble et sûrement coûteux, respirait la fabrication manuelle artisanale, et portait la marque du sur-mesure. On voulait habiller Mya comme une vraie Dame Noire des Sith. « Nous nous rendons à mes quartiers. J'aimerais vous parler. »




L'homme ne disait pas son nom, ni sa fonction. Il ne portait aucun insigne. Mais on baissait la tête sur son passage, et ça, c'était pour peu qu'on ne chercha pas à l'éviter. Il faisait croire que Mya était morte. A l'Empereur aussi ? L'Empereur était-il du genre démonstratif pour ensuite développer quelque plan en secret ? Ou tout cela lui était caché également ? Les caisses posées sur le côté, Mya vêtue à la mode des Anciens Sith, l'homme proposa un verre d'eau, et s'en servit un lui-même. « J'imagine quelles difficultés l'Ordre Sith doit traverser pour mener une guerre contre des ennemis... trop bien cachés. » Lesquels ? « Fussent-ils en leur temple, ou cachés au large d'Esfandia. » Jedi et Sith de Sang Pur. « L'Empereur finira par entendre raison. Mais j'aimerais d'abord le convaincre de vous laisser en paix. Mais un juste retour de politesse de votre part serait bienvenu dans nos services. » Il poussa son verre sur le côté. « Il nous faudrait un chef Jedi ou Sith, pieds et poings liés, devant nous. » Il pianota sur la table, le visage figé. « De quoi auriez-vous besoin ? D'argent ? De troupes ? D'une flotte et d'un équipage ? »
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By Amertume
#35896
Quand l'Empereur ordonnait, on ne perdait jamais trop de temps pour obéir et le satisfaire. Ordre fut donné de vérifier alibis et dossiers de chaque membre de la haute société impériale d'abord qui soit nouveau venu depuis un an. Sachant qu'on ne savait guère ce qu'on devait chercher, à savoir si l'un d'eux avait été approché et retourné par l'Ordre Sith clandestin, difficile de dresser un portrait tel que le souhaitait le petit père des impériaux. Oh, ça on en avait trouvé des choses sur la liste de milliers de personnes, pour sûr. Et des pas très jolies en prime, entre les atteintes aux lois de l'Empire, les fraudes, les propos séditieux voire carrément traîtres, les violations des lois sociales, les secrets vendus, les pots-de-vins et j'en passe des meilleures, il y avait de quoi faire sans aucun doute.

Mais à la question de "est-ce que Mordicus l'un de ces imbéciles a décidé de cracher sur son serment d'allégeance envers le saint patron de l'Empire pour accepter l'argent, les promesses ou les menaces de ces pourritures de Sith ?", on était bien forcés de répondre que... Non. Bon, si toutefois l'Empereur voulait quand même purger, il y en avait un sacré paquet que le BSI serait ravi d'envoyer en enfer. Et inutile de dire qu'il attendait impatiemment que l'ordre fut donné. Loin de nous l'idée de vouloir dresser un portrait de fanatiques sadiques et allumés du Bureau de la Sécurité Impériale. Ils n'ont pas besoin d'aide pour ça.




Du côté d'Arkania, rien à signaler depuis que la future Impératrice avait rendu les clefs de son gouvernement au Dominion. D'après ce que les Renseignements avaient déniché, la belle avait opéré un adieu fracassant devant l'Assemblée en leur disant leurs 4 vérités avant de proposer une solution qui avait le mérite de satisfaire (plus ou moins disons) autant les clans nobles que les nouveaux riches et autres ambitieux exécrant la mainmise absolue du pouvoir par les clans nobles dynastiques. En bref, on pouvait dire que la promise de l'Empereur avait mis ses affaires en ordre, et optionnellement probablement donné envie à quelques nobles arkaniens de lui exprimer leur façon de penser de manière radicale à la demoiselle. Gageons qu'il n'y avait rien à craindre de ce côté, n'est-ce pas.

Du côté de Tion, le calme plat. Bill Carson restait le Despote en place, régnant avec le soutien considérable de Sienar, partenaire privilégié s'il en est de l'Empire, tout le monde semblait content (on avait noté une forte baisse des manifestations depuis 2 ans maintenant), les riches restaient riches et les pauvres... Pauvres. En bref, tout allait bien dans le meilleur des mondes. Pour l'instant.

Du côté du Secteur Corporatif, le Direx et l'Autorité se portaient très bien merci à eux. Les réunions succédaient aux cocktails bien arrosés qui succédaient aux réunions de conseils d'administration qui succédaient aux réunions du Direx, avec parfois quelques petits imprévus de temps en temps. Les espions des Renseignements indiquaient qu'il n'y avait rien à craindre de l'Autorité, un conflit ou une tentative d'enfiler l'Empire n'engendrerait que des pertes considérables et l'argent était tout pour l'Autorité. On fit tout de même l'effort de lier aux rapports une liste des Prexes, Vice-Prex, Auditeur Général, personnes du Direx actuels représentant les corporations membres et tout l'organigramme global. On y joignit même les noms des favoris pour les prochaines élections au poste d'ExO, Vice-Prex et Prexes, si jamais ça intéressait quelqu'un. Y figuraient des noms aussi célèbres que les Investisseurs Jim Antilles de la CTC, Amaury Korsh de la RSD, Nessa Bourah de Cybot Galactica, Valeria Kuat de CNK, aux totalement inconnus Entrepreneurs Lijah Cuu, Jack Crypston, Ana Curth... Et la liste était trop longue.

En revanche, du côté de Tapani, les choses devenaient intéressantes. On passera rapidement sur le décès quelques mois plus tôt du regretté Rhonan Calipsa qui avait joui d'excellentes relations avec l'Empereur (je ne mens pas, jamais). La Maison Mélantha se portait bien, le jeune Lucius Tapani, fils de l'ex-Grand Amiral Octavian Grant, continuait de jouer des pieds et des mains pour tenter de prendre possession par la politique et la loi de toutes les Principautés, en tant que Principe Tapani. Trône qu'il avait dû céder 2 ans plus tôt par faute de pressions des autres Maisons mais bon, quand on goûte à un tel pouvoir, difficile de le laisser vous échapper.

Chez Mecetti d'ailleurs... On apprit que le maître de maison, Lord Segamore Tiberia, avait succombé l'an dernier à une crise cardiaque foudroyante et malheureuse, peu surprenante vu son âge avancé, laissant derrière lui son jeune fils Balor Tiberia comme héritier et nouveau chef de maison. Evidemment, les Renseignements se firent fort d'en apprendre plus sur ce décès si soudain. Ils en apprirent plus mais pas autant qu'on aurait pu le croire. Le fait était que le secret Ordre de Mecrosa faisait bien son boulot et verrouillait la Maison Mecetti aux indésirables et aux intrus dans sa surveillance vigilante. Ainsi, les Renseignements apprirent que le Lord était mort durant une vente aux enchères privée organisée par ses soins et ayant pour thème des objets "ésotériques de moult horizons". La liste des invités avait pu être subtilisée et on avait ainsi vérifié les identités de chaque nom. La plupart avaient utilisé leur vrai nom, confiants en la discrétion de Tiberia.

Ceux-là étaient innocents de toute collaboration avec les Sith. Quant aux autres, qui avaient utilisé de faux noms... Dur à dire. Il était possible que parmi eux figurent des traîtres voire même des Sith, qui sait. Mais l'emploi de faux noms compliquait la tâche, en plus des Mecrosa qui empêchaient toute enquête plus profonde chez Mecetti. A moins bien sûr que l'Empereur voulut en savoir plus, dans ce cas on ferait ce qu'on pourrait, qu'il y ait une secte secrète de sensitifs ou non. Les Renseignements ne pouvaient être stoppés par personne.




Tandis qu'était étranglée sur son ordre la fameuse Dame Sombre, en bas dans les cachots, le rapport était transmis à son droïde personnel, lequel transmit via datapad à l'Empereur. Il en prit connaissance sitôt remonté, à lui de décider si sa paranoïa était soulagée ou allait empirer. Toutefois, il y avait un annexe au rapport tout en bas. Et ce qu'il disait n'avait rien d'anodin.

Sullust est tombée. On ignore encore pratiquement tout de ce qu'il s'est passé car la totalité de nos agents sur place ont tous disparu ou sont morts. Ce que nous savons se borne à leurs derniers rapports datant d'il y a 4 mois et ce que nous venons d'apprendre. La planète a subi une catastrophe mystérieuse qui l'a dépossédé de plus de 90% de sa population. D'après les images qui nous parviennent, c'est un vrai cimetière là-bas, il y a des cadavres partout, les villes sont en ruines, les gens réduits à l'état d'épaves hurlantes et gémissantes. D'autres agents ont été envoyés avec pour ordre d'en apprendre le plus possible.

Les rumeurs fusent de partout à l'heure ou vous lisez ce rapport, Votre Majesté Impériale. On pointe déjà du doigt l'Empire pour ça, ainsi que la Nouvelle République, la CSU, les Sith... Même ce dégénéré de Sovv figure au banc des accusés... Quoiqu'il s'y soit passé, il est clair que cela risque de faire bouger les choses sous peu. Certains au Commandement songent déjà à préparer les flottes pour en profiter, d'autres pensent qu'il y a une occasion à saisir sur le plan humanitaire. Je laisse cette décision entre vos mains. J'attirerai toutefois votre attention sur la possibilité que cela pourrait être le fait des Sith... Au moment même ou l'une d'elle tente de vous atteindre. D'aucuns y verraient une coïncidence, d'autres... Une opportunité.

Herklir





Seule avec l'individu sans nom ni identité, la Dame Sombre se trouvait tirée d'affaire pour ce qui était de son exécution sommaire, pas forcément pour ce qui était de s'en sortir, coincée avec un oiseau comme celui-là. Et tandis qu'il proposait un marché mutuellement profitable, pouvait-on croire, il se produisit une toute autre chose dans l'esprit de la Sith. Surgie de nulle part, une intense douleur emplit son crâne. Et elle eut la certitude que celle-ci ne venait pas de la charmante discussion avec l'Empereur ou ses tortionnaires mais d'une toute autre chose, bien plus sombre. Dans son esprit se forma la vision d'un monde à l'agonie, irradié par une étoile qu'elle ne connaissait que trop bien et qui se mourait.

Les cris des morts menacèrent de la faire basculer dans la folie, remplacés tout aussi vite par ceux qui étaient le plus à plaindre, les survivants. Alors vit-elle ce que son coreligionnaire Égorgeur avait contemplé un instant avant que tout ne se brouille aussi brusquement que c'était apparu. Un tourbillon d'images et de sensations confuses étaient tout ce qui restait de la vision qu'elle avait eu, brouillée par quelque chose qui bloquait son lien avec la Force. Ne restait qu'une sensation d'effroi et de menace et la certitude glaçante que le pire était finalement arrivé.
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By Ranath
#35899
    Personne ne répondit à l’appel. Il n’y eut pas un son dans la cellule. Entre les oreilles de la Sith, il n’y avait que ce sifflement strident. Il était un résidu de l’alarme qui venait de se taire. Et, lui, ne s’arrêtait jamais. Au début, elle avait compté, une sonnerie, deux sonneries, trois sonneries. Finalement, elle s’était lassée. À quoi bon. Maintenant, elle avait une dernière volonté. Une première dernière volonté. Une idée, qui lui courait sur les synapses, tandis qu’on sapait ses dernières forces. Mais encore fallait-il que quelqu’un l’ait entendue, et qu’il répondît. Il y avait bien quelqu’un qui la surveillait, même derrière un écran. Pouvait-on l’entendre, seulement ? Oh, si ce petit jeu ne prenait pas, on avait d’autres réclamations à formuler. Toujours rien. Allez ! La serrure claqua, la porte couina, et l’alarme se mit à hurler. Elle se tut, et il fallut encore quelques secondes à Ranath pour percevoir le bruit des pas de celui qui s’approchait. L’espoir ! Imbécile.

      « Vous vouliez quelque ch... »

      « Ca sera tout, Agent. »

    Non ! Elle l’avait, elle était sûre de l’avoir. Cet idiot aurait fait le pigeon parfait. m&?!e ! Il avait filé. Quoi encore ?!

      « Vous êtes condamnée à mort ... »

    L’annonce procura à la Mirialan une sensation étrange, et nouvelle. On lui avait promis la mort mille fois. Mais de tous ses ennemis, c’était cet homme-là qui était désormais le plus à même de lui nuire définitivement. Et c’était étrange. Il se pencha au-dessus d’elle pour déblatérer les provocations d’usage. Les quelques derniers mots avant de laisser tomber la lame. On en disait toujours trop dans ces moments-là. On ne pouvait pas s’en empêcher. Et la Sith imaginait alors que la victime, elle aussi, se laissait aller à quelques suppliques, ou ultimes insultes. Ses victimes à elle … de mémoire … Avait-elle déjà prolongé une mise à mort au point d’avoir à supporter l’arrogance de son adversaire ? La question demeura en suspens.

    Les poings de la Sith se crispèrent autour d’une prise invisible. La tension gagna ses épaules, son dos. Impossible de bouger.

    L’homme disparut soudain. Elle l’entendait encore se déplacer, guettait son retour. Elle craignait s’éteindre sans avoir été avertie. Au moins, elle voulait pouvoir apprécier l’instant dans son entièreté. Voir la mort arriver, la comprendre, et mourir. Elle ne voulait pas d’une balle dans le dos. Sa dernière dernière volonté venait de changer. Elle chut soudain. Comme happée, tirée vers le bas. Un écho de la caverne de Ziost lui apparut, un bref flash qui s’évanouit tout aussitôt. C’était fait.

    Son bassin heurta le sol en premier, forçant l’air à quitter brusquement ses poumons. Le choc fut sans douleur. Pourtant ce béton était bien réel. Le regard de Ranath se promena un instant autour d’elle, trouva la paire de bottes, remonta jusqu’au visage fondu. Il était toujours là. Plus que de la surprise, on pouvait lire sur les traits de la Mirialan de l’incompréhension. Ce qu’il dit ensuite avait presque moins d’importance que les crampent qui s’emparaient de ses muscles et les picotements qui lui couraient sous la peau. Elle comprit cependant l’essentiel, et laissa la suite venir à elle, encore incapable d’aligner une pensée.


    * * *


    Mya Tellis était morte. Tuée par l’Empire. La stupeur passée, la Sith se trouvait comblée. Quel retournement de situation exaltant. Un coup du destin ? Une volonté de la Force.

    L’homme qui l’avait sortie de sa cellule ne s’était toujours pas présenté. Elle l’avait suivi, et se tenait désormais devant lui, observant son visage hideux, sans ciller. Il s’adonnait à une démonstration de pouvoir ordinaire, qui semblait désormais ordinaire. Après tout ça, ces jours passés dans ce trou, l’attente, un fond de peur, il en fallait beaucoup pour créer la surprise. Pourtant, l’inconnu n’était pas en reste. L’Ordre Sith. La Dame Sombre assimila la proposition. Il n’était plus question de refuser. Mais elle s’interrogeait néanmoins, pourquoi tant de détours. Elle avait annoncé traquer les sensitifs, pourquoi attendre dix jours pour lui demander de simplement continuer ? Elle passa sur le malentendu distrayant qui l’avait ramenée en cellule, ravie d’avoir pu rencontrer l’Empereur.

    C’était ça. Un chef Jedi ou Sith, pieds et poings liés.

    Elle eut envie de tendre les mains, poings fermés, poignets serrés, en direction de l’homme. Voilà. Mais n’en fit rien. Sa pensée divagua un instant. Combien de sensitifs avait-elle sous la main ? Combien de sensitifs crédibles ? Darth Vkoh, Darth Varadesh, pour les plus faciles. Darth Odion, pour une prise plus audacieuse. Kor’Rial … pour une belle occasion de rompre encore une promesse d’amitié. Koress, peut-être encore plus facile que les deux autres tarées. Ca comptait ? On pouvait amener du tout cuit ? Le souvenir de Mirial lui bondit soudain au visage. Une vengeance parfaite … Mais c’est son adversaire le plus récent qui emporta la palme. Imril. Dès lors qu’il s’était présenté devant elle … Le poing, habituellement armé, de la Sith se serra.

      « J’ai besoin d’une identité qui me permettra de franchir les frontières. Toutes les frontières. Je dois pouvoir aller partout. »

    À dire vrai, c’était peut-être la seule chose dont elle avait besoin, soit avoir la paix. Ne plus jouer des coudes, ruser, tricher, pour poser le pied à la surface d’une planète. Si on lui permettait de ne plus tenir compte des frontières, d’aucune frontière, si son vaisseau pouvait se poser partout, sans restriction …

      « D’un vaisseau simple, rapide et discret, pouvant accueillir une équipe restreinte, et muni d’un hangar pour un chasseur deux places, dont j’ai également besoin, d’apparence sans affiliation. »

    La douleur frappa soudain. Elle piqua le senseur crânien de la Mirialan qui ne put retenir sa réaction. Elle porta la main à sa tempe, tandis que la douleur gagnait le front, comme un pieu lui transperçant le crâne de part en part. Elle crut d’abord à un traumatisme de son séjour en cellule. Mais la peur s’empara aussitôt d’elle, elle lui noua la gorge, lui enserra le cœur. Elle la vit alors, cette planète morte. Et cette étoile. Sullust. C’était arrivé. Komus. Elle comprit alors, et par delà la peur, par delà la douleur, elle appréciait le résultat. Elle l’avait vu, elle l’avait dit, et c’était arrivé. Une fois encore, elle n’était pas folle. Et elle se félicitait d’avoir fui Sullust et son chaos. Elle se félicitait de laisser voir au monde la destruction qui l’attendait s’il continuait d’ignorer la menace. L’autre main de la Sith alla chercher appui sur la table.

      « Et … j’ai besoin de mon arme. »

    Son sabre laser.

      « Et d’une de ces boîtes, avec le lézard. »

    C’était étrange d’ailleurs, elle qui vivait coupée de tout depuis des jours … la Force était partout, avec elle en ce moment, même sous le couvert des boucliers de l’Empire.
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By Harlon Astellan
#35912
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« Tiens. » Passaient-ils juste devant quelques consoles qu'ils croisèrent un être, jeune et singulier, un uniforme d'agent et des menottes aux poignets, tiré, dans son incrédulité, par deux StormTroopers au liserai gris. « Mais... quoi, les gars... Vous voulez bien me dire ce que j'ai fait au moins ? C'est une erreur, c'est sûrement juste une erreur... » Herklir ne broncha pas. Il fit claquer sa langue dans un bruit de succion molle, avant de désapprouver d'un sifflement grave et continu. « Jeune homme plein de bonne volonté. Trop naïf. Venir dans une cellule avec arme et clef. Tss tss tss. » Le pauvre allait payer son envie de répondre en confiance à la dernière volonté d'une détenue.

Mais la balade ne fut que trop courte. Dans cet endroit froid et noir, où les identités se détachaient d'une plaque colorée épinglée sur le torse, le temps s'étirait, mais les discussions ne duraient pourtant jamais longtemps. « Nous disions donc... - J’ai besoin d’une identité qui me permettra de franchir les frontières. Toutes les frontières. Je dois pouvoir aller partout. » Herklir hocha la tête, fermant doucement les yeux. « Une Mirialan vient rarement d'ailleurs que Mirial. Même si certains natifs, ou certaines natives, pensent pouvoir affirmer le contraire. » L'Empereur était au courant qu'il était sur écoute. Pour aider à décrypter après coup ce que son oeil averti ne percevait pas sur l'instant. « Mais des fois, ils naissent ailleurs... ou parfois même ils émigrent et prennent une nouvelle nationalité. » Il tapota sur la table de son index. « Vous aurez votre identité d'ici quelques heures. Avec une histoire à apprendre par coeur. » Elle allait bénéficier de la création d'une identité, comme celle qu'on préparait pour les Renseignements Impériaux. Le Bureau était maître dans l'art des faux sans faille également, mais ils s'occupaient surtout des identités à l'intérieur des frontières. « Vous resterez dans nos locaux quelques temps. Je vous mènerai aux bons endroits ensuite. » Mais les exigences de la Dame n'allaient pas s'arrêter là. Comme si elle n'avait pas connu de pause entre ses deux phrases, elle enchaîna directement, pointant du doigt son envie d'en finir, avec ses conditions, et de partir de là. « D’un vaisseau simple, rapide et discret, pouvant accueillir une équipe restreinte, et muni d’un hangar pour un chasseur deux places, dont j’ai également besoin, d’apparence sans affiliation. » Herklir ne cilla pas, mais fini par hocher la tête. « Accordé. »

ELle sembla défaillir un instant. La main sur la temple, l'autre sur la table... avec une sorte d'envie de vomir visible sur les pupilles dorées de la Mirialan. Tiens ? Pas question de demander si cela allait. Ca n'allait pas. Ni de proposer quoi que ce soit. Les Sith étaient de la race des prédateurs. Leur proposer de l'aide, c'était les vexer, et surtout, c'était perdre son temps. « Et ... j'ai besoin de mon arme. - Avant que vous ne rembarquiez. » Surtout pas avant. La suite allait se corser. « Et d'une de ces boîtes, avec le lézard. » Herklir pencha la tête en avant. « Pourquoi demander cela si vous connaissez la réponse. » Hors de question. On allait déjà l'arroser d'une identité de grande envergure, ainsi que d'un vaisseau qui collerait à son image. Donner accès à une créature qui était utile contre ces assassins de Korriban... « Vous pourrez aller en salle de repos. Je viendrai vous chercher quand tout sera prêt. » Il fit signe aux gens à l'entrée de l'accompagner en salle de repos, en réalité une autre cellule, plus grande, avec de quoi se relaxer, mais avec un avantage : si des caisses noires avaient été disposées derrière les murs, la Force pouvait opérer au centre de la pièce. On pouvait sentir la terre sous les dalle de sol, et un plafond épais par-delà la tête, dans le cas où Mya voulait tenter une évasion. Sinon, c'était couchette une place avec matelas en latex, deux oreillers, une vapodouche et un coin de toilette. Pas de paroi, mais pas de caméra. Juste des micros très sensibles.

Cela allait durer cinq heures.




Herklir fit aussitôt entrer un subalterne. « Vous avez vu ses vêtements. Sa condition physique. Vous avez quelque chose ? » Le subalterne avait l'air fatigué. Presque absent. Il cligna des yeux et se lança sur une voix monocorde. « Les vêtements qu'on lui a fourni en font quelqu'un de riche. Les riches aiment parfois avoir des loisirs. L'escrime en fait partie. » Herklir approuva. « On peut la mettre nouvelle riche d'une planète du Secteur Corporatif. Une enquête approfondie là-bas sera difficile. La vie privée des entrepreneurs s'apparente au secret des affaires. » Pas faux. « On a quelques logements de luxe en attente là-bas par le biais des Renseignements. On peut leur demander un transfert. » Herklir secoua la tête. « Ils ne voudront jamais nous aider. Envisagez plutôt un transfert de compétences et la redonner comme agente, à ce stade... » Le subalterne haussa les épaules. « On ne peut pas juste faire ça comme ça. Il va falloir leur demander un accès. » Herklir réfléchit une seconde. « Je vais m'en occuper... Pour le vaisseau ? » Autre haussement d'épaules. « On a capturé un Yacht à une étoile montante de la drogue. Le modèle conviendrait parfaitement. Il suffira de l'immatriculer dans le Secteur Corporatif et le tour sera joué. » Herklir ne cilla pas. Il finit par hocher la tête après une grosse minute de réflexion intense, qui donnait toujours à voir palpiter les veines de sa tempe fondue. « Bien. Fabriquez cette identité de nouvelle riche télosienne. »

Ce fut lancé. Herklir passa quelques communications. Il allait avoir besoin d'emprunter un atelier qui servait de façade, et un appartement luxueux sur Télos.




Cinq heures après, on vint cogner à sa porte. On lui demandait de se rhabiller si ce n'était déjà fait. Herklir se permit ensuite d'entrer. « Venez avec moi. » Il partit en avant, laissant la Sith lui emboîter le pas, toujours bien flanquée de soldats avec une cage dorsale. Il finit par la faire atterrir dans une pièce sans fenêtre, éclairée aux néons, avec des postes de travail partout... Des armoires, des serveurs, des ordinateurs, des comlinks branchés par fils par centaines sur un terminal... des fils, des postes de soudure, des caisses de composants, bref... et au milieu, un homme dans la trentaine, barbe collier et cheveux roux, coupe en brosse et une tenue civile qui se composait d'une chemise et d'un polo à col en V. « Je le laisse vous expliquer. » Les soldats se disposaient bien. L'homme ne semblait pas être impressionné de la situation. Juste un peu endormi. Il glissa sur les roues de son fauteuil pour atterrir sur un plan de travail précis, puis refit rouler sa chaise pour aller devant la Sith. Il tendit une petite sacoche en cuir avec un fermoir élégant, en bon état, mais auquel on avait mit un peu de patinage et auquel on avait éraflée quelques endroits. « Vous êtes Ludmila Andura. Vos parents sont des émigrés de classe moyenne de Mirial venus faire fortune dans le Secteur Corporatif. Après vous avoir payé des études en ingénierie, vous avez monté un atelier de fabrication d'automates pour chaînes de montage. Vous avez votre atelier et un penthouse sur Télos. On vous a dégotté un Yacht Sorosuub de dernière génération. Immatriculé au nom de Souffle Solaire. Vous changerez de nom si ça vous chante. » Il céda la sacoche. « Vous y trouverez un récapitulatif. Ainsi que votre histoire. Apprenez-là par coeur. On va mettre en place un système de couverture, des fois que quelqu'un fasse une enquête sur vous. une contradiction, et votre identité vole en éclats. »

Herklir se disait qu'elle s'en fichait. Qu'elle n'allait pas s'embarrasser de devoirs d'un espion commun, par orgueil. Résultat, au premier soupçon d'un tiers, elle allait se mettre dedans, et probablement l'Empire avec. Elle serait traquée comme une chienne, abattue comme une chienne, jetée à la fosse à merdes comme une chienne. « Allons voir votre vaisseau, voulez-vous ? On va le laisser travailler. »




Le vaisseau était briqué, à la fourrière. Les soldats l'accompagneraient jusqu'à la rampe, selon les indications d'Herklir. Ce dernier donna une autre petite sacoche avant qu'elle ne parte. « Voici un compte bancaire situé sur Télos, sur lequel nous allons créditer 5 millions de crédits Corporatifs par mois. Vous gérerez vos frais, incluant pour le vaisseau et votre logement seule. Vous gérerez aussi les valeurs aux bureaux de change sur les marchés impériaux et républicains. » Se trouvaient dans la sacoche aussi de quoi accéder au compte bancaire, les identifiants biométriques calibrés sur elle, au nom de sa fausse identité, et une puce de débit chargée de deux mille crédits, pour son voyage de retour. « Laissez l'Empereur et l'Empire tranquille. Ce premier entendra raison et s'excusera de son geste, le second n'a rien à vous offrir. »

Ensuite, il la laissa partir. Les soldats la suivirent, et au bas de la rampe, l'un d'eux lui tendit son sabre laser. Ses anciennes affaires étaient restées dans les geôles impériales. Puis chaque impérial repartit.

Non sans qu'Herklir s'assure que le traceur était bien posé sur le vaisseau, histoire de vérifier son point de chute. Juste une petite curiosité. Rien de bien méchant.
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By Ranath
#35949
    Cinq heures d'attente. Cinq heures. Peut-être enfin un temps pour dormir. Paradoxalement, elle commençait à trouver le temps long. Si proche, et à la fois si loin du but. Elle avait fait peur à l'Empereur. La chose la contentait. Si elle avait pu le marquer, d'une quelconque manière que ce fut, elle s'en réjouissait, par orgueil. Il l'avait néanmoins également marquée, à sa manière. Il allait être difficile, après cette rencontre, de renoncer à mettre en application ce plan fou pour un contrôle discret de l'entourage de l'Empereur. Elle lui servait une mise en garde, il lisait une confession. Une provocation pour une autre. La Sith finirait par avoir le dernier mot. Vengeance.

    La Mirialan, après une pause derrière la porte, fit le tour de sa nouvelle cellule. Celle ci n'avait rien de spécial. Pas de caméras apparentes. Méfiance cependant. Elle revint se planter au centre de la pièce. Le choc fut terrible. Une explosion silencieuse, un éclat aveuglant. Tous les flux concouraient en ce point. Brusquement, à nouveau, les yeux de la Sith s'ouvrirent sur la Galaxie. Toute la Galaxie. Brutalement.

          Mya.
            Où es tu ?
        Mya.
          Ranath.
                Regarde.
              Mya.

    La nausée monta soudainement et Ranath dut s'asseoir, là, au centre. Elle se trouvait, d'un claquement de doigts, reconnectée à toutes les instances de sa structure sociale.

      Varadesh.

    Une haine violente l'envahit. La rage courut sur le fil de leur lien jusqu'à heurter la penser de la jeune Pantoran.

      Bien en vie. Ton maître est bien vivant.

    La rage devint force, le lien se chargea d'un tumulte obscur. Quelle joie de sentir à nouveau la présence de l'Apprentie. Et Isabo ? Et Jeny ? La Dame Sombre les passa rapidement en revue, tout aussi brusquement. Sa pensée courait sur la toile de de son influence.

    Marak. Il lui manquait. Il avait disparu depuis déjà trop longtemps. Reviendrait-il ? L'aimerait-il encore ? La colère surgit de nouveau.

    Iro. Mallow. Amyelle. Vekko. Odion. Komus.

    La peur l'envahit. Les mille visages. Les ténèbres, éternelles et immortelles. Il n'avait jamais été si fort. Komus. L'Astre Tyran. Les images s'imposèrent derrière les paupières closes. La flotte Sith détruite, anéantie par cette lune maudite. La douleur lui transperça à nouveau le crâne.

      Helera.

    Une planète en feu. Un chaos total et absolu.

      C'est arrivé.

    Un monde détruit, et trônant sur son cadavre, Komus.

    La Sith posa sa tête entre ses mains. Il y avait autre chose. Il rôdait une ombre. Un fantôme. Une empreinte insaisissable. Les mille visages s'imposèrent à nouveau, et quelque chose de nouveau lui apparut. Il était arrivé quelque chose d'autre, en plus de cette tragédie. C'était Odion. Ça venait de Darth Odion. La Dame Sombre ne l'avait jamais fait auparavant, elle se mit en quête de l'Egorgeur. En vain. Trop lointain, trop méconnu. L'écho ne lui revint jamais.

    Ranath passa le reste de ces cinq heures assise au centre de la cellule, à observer l'univers, son univers. Elle prit alors conscience, après des jours de silence absolu, que la lente rotation de la Galaxie lui devenait perceptible. Et c'était effrayant.





    Ludmila Andura. Télos.

    Ranath écoutait sans mot dire. Elle saisit la sacoche qu'on lui tendit et la garda en main. Il s'ensuivit une enfilade de couloirs, puis une autre sacoche. Il lui restait cependant une question.

      « Où dois-je ramener ma cible ? »

    On la laissa finalement libre de monter à bord du Souffle Solaire, on lui rendit son arme, et elle fut seule.
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By Harlon Astellan
#35991
L'homme balafré n'en rajouta pas plus, pas avant que la suite ne suive le sourire. Un sourire paralysé, hypnotique, où transpirait sa haine de son corps. « Contentez-vous de la capturer. » Il en rajouta seulement après lui avoir fait signe de partir. Un vague geste de la main droite, tandis que la gauche restait stoïque dans le creux de ses reins. Mais son départ ne se fit pas en si belle fluidité. Il cru bon de lui donner une dernière information. Il lui prit le poignet et termina enfin leur entrevue. « Quand vous l'aurez, nous viendrons la chercher. »




Ce n'est qu'une fois le vaisseau prenant son envol qu'on vint le voir en urgence. « Une information capitale ! Elle vient de Sullust. » Herklir en resta coi. « C'est du ressort des Renseignements, pas du Bureau. » On lui transmit néanmoins le message. Il déroula le flimsi en fac-similé, et ne découvrit aucune information susceptible de justifier sa propre intervention. Cela mentionnait Sullust, l'agitation dans la Nouvelle République, dans la Confédération... En bref, que des affaires extérieures.

Il froissa le flimsi et y mit le feu avec son outillage personnel.




L'Empereur reçut néanmoins le rapport.

SULLUST TOMBÉE. AGENTS SUR PLACE PORTÉS DISPARUS. + DE 90% POPULATION MORTE. TOUTES NATIONS ACCUSÉES. MOUVEMENTS DE FLOTTES AVEC CONCENTRATION ÉLÉMENTS HUMANITAIRES.

C'était tout ce dont il avait besoin. Il détruisit le flimsi également par le feu, fit nettoyer les cendres, et continua de ratifier un ordre de déplacement de garnison.




La procédure laissée à Mya comportait les détails. Sur un petit manuel compact d'une page.

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Et une petite note, sans majuscules : "procédures personnelles". Il pouvait y avoir deux sens : soit l'on enjoignait Mya à ne pas les divulguer, soit on la prévenait qu'elles n'étaient valables que pour elles seules, et donc qu'elle ne pourrait pas vendre les procédures du Bureau, à personne. Peut-être les deux à la fois. Qui sait ?

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