L'Astre Tyran

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Les défaites de Yavin et Endor n'ont pas entamé la foi du gouvernement de Yaga Minor dans la doctrine impériale. La Nouvelle République suppose d'ailleurs que les quartiers de l'Ubiqtorat sont toujours dissimulés au fond des grottes et des forêts de cette planète qui abrite également de puissants chantiers navals.
Gouvernement : Empire
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By Ars Dangor
#39567
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Yaga Minor. Capitale factice de l’Empire, chef-lieu du Sur-Secteur Braxant, siège du très secret Ubiqtorat, la planète produisait par ses gigantesques chantiers navals une part importante du tonnage de la Marine Impériale. Les huiles de l’Empire avaient voulu en faire un véritable modèle de l’Ordre Nouveau. La nature, d’apparence intouchée, était en réalité savamment façonnée par l’ingénierie impériale et ne servait qu’à mettre en valeur les grandes structures d’où se décidait soi-disant le destin de l’Empire. A travers la gestion habile du Grand Moff Keithel, industries et centres financiers s’étaient installés pour côtoyer les monuments célébrant les gloires et grands hommes de la faction sous lesquels paradaient régulièrement les troupes revenues victorieuses des frontières. La planète formait un ensemble cohérent qui se voulait représentatif de tous les acteurs participant à la cohésion et au développement de la société impériale. Sous l’œil vigilant des Rangers Sectoriels et Stormtroopers en patrouille, la population, dans son immense majorité intimement acquise au régime autoritaire, bénéficiait de cette concentration d’opportunités et d’investissements rappelant les mondes richissimes du Noyau.

Pour autant, comme chaque monde développé de la Galaxie, Yaga Minor avait également une part d’ombre que les autorités locales s’évertuaient à dissimuler. Les Yagai, espèce native et main d’œuvre principale des chantiers navals, ne jouissaient pas encore des mêmes chances que la population humaine dominante malgré les promesses qui suivirent l’abolition de l’esclavage en Empire. Ils vivaient à l’écart des quartiers vitrines, entassés dans leurs ruches modestes dont seul le travail sur l’anneau spatial pouvait les extirper et rimer avec une chance de jours meilleurs. Mais il y avait un autre tabou sur Yaga Minor, bien plus sinistre et inavouable, une souillure sur l’image ordonnée et utopique de la prétendue capitale. Loin des centres urbanisés, au sein d’une chaîne de montagnes difficile d’accès, se trouvait l’un des camps de concentration impériaux. Leur existence n’était qu’une rumeur sur les lèvres les mieux informées de la Galaxie, mais ici, au cœur de l’Empire, subsistait bel et bien un vestige des excès de la répression impériale. Il renfermait des sensitifs capturés par le BSI ou les RI depuis l’avènement de l’Empereur Astellan qui, comme une grande partie des dirigeants impériaux, vouait une immense méfiance – presque paranoïaque – envers les manieurs de la Force, accusés par la propagande de dégénérescence et d'être responsables des défaites du passé.

La surprise fut donc de taille lorsque le souverain impérial ordonna au Conseiller Dangor de superviser la renaissance de l’Inquisitorius, dissout il y a sept ans par la Triumvir Thoryn dans un bain de sang. Ars aimait à croire que les recherches de la station Arkoh Adasca et la lobotomisation du sensitif TH-739 avaient finalement convaincu Astellan de l’intérêt de la Force comme arme potentielle de l’Ordre Nouveau, mais les intentions réelles de l’Empereur, inaccessible depuis plusieurs mois, restaient insondables. Ce nouvel Inquisitorius devait être dirigé par la conseillère théologique Helera Kor'rial, elle qui fut aux commandes de l’organisation lors de sa destruction. Pouvait-on accorder la confiance de l’Empire à celle dont il fut responsable de l’exil ? Le désir de revanche n’obséderait-il pas le moindre de ses actes ? Ces questions taraudaient Ars depuis plusieurs semaines, car le risque était grand. Les manieurs de la Force ne s’étaient jamais gênés pour s’immiscer dans les affaires de l’Empire et l’utiliser à leurs fins ; Dangor y avait assisté, impuissant, trois décennies durant. Le fichier personnel d’Helera indiquait cependant la fondation d'un Ordre Gris sur Arkania, désormais allié sûr de l’Empire, des interventions musclées dans l’Espace Hutt, puis enfin la désintégration de l’Ordre par un membre proche. Ces informations l’aideront à mieux cerner les intentions de Kor'rial, pensa-t-il.

Un soir, à la suite d’une réunion tardive, Ars enclencha le début de ce projet de longue haleine et contacta Helera sur Nelvaan par holotransmission cryptée.


Dangor : " Mes respects, Conseillère Kor'rial. "

L’hologramme sembla s’incliner.

Dangor : " Ici le Conseiller Dangor, en provenance du Sur-Secteur Braxant. Je vous contacte pour vous informer que l’Empereur Astellan vous a attribué une mission d’importance capitale et de nature hautement confidentielle. Je ne puis vous en dire davantage pour le moment, mais vos talents et connaissances dans la Force seront d’une aide précieuse pour assurer la protection du peuple impérial. Rendez-vous dans exactement quinze jours sur Yaga Minor, au sein de la résidence privée du Baron Ragez D'Asta. Nous y aborderons naturellement vos… contreparties.

A bientôt, Conseillère.
"

Les préparatifs achevés, Ars grimpa dans la prochaine navette pour le système Yaga. L’importance du projet requerrait sa présence dans sa phase initiale, et il souhaitait rencontrer Helera personnellement pour mieux comprendre son approche. Miraj avait été sans équivoque : il n’y aurait aucun droit à l’erreur.
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By Helera Kor'rial
#39587
PROLOGUE


« La paix est un mensonge, il n’y a que la Passion.
Par la passion, je gagne la Force.
Par la Force j’obtiens le Pouvoir.
Par le pouvoir j’ai la Victoire.
Par la Victoire je brise mes chaînes. La Force me libérera.
»


Le regard d’azur se balada dans l’assemblée, sa voie couverte par les heurts des morceaux de bois les uns contre les autres.

« Il n'y a pas d'émotion, il y a la paix.
Il n'y a pas d'ignorance, il y a la connaissance.
Il n'y a pas de passion, il y a la sérénité.
Il n'y a pas de chaos, il y a l'harmonie.
Il n'y a pas de mort, il y a la Force.
»


« Apprenez ces codes. Imprégnez-vous de leur essence et de la portée de leur signification. Puis mettez-les de côté, car ils sont les adages de nos ennemis. »

La femme aux cheveux blancs, fermement attachés sur son crâne, passait dans les rangs. Son uniforme de conseillé sur les épaules, sa casquette sur le front. Elle jetait des regards ça et là aux femmes et aux hommes qui joutaient contre des soldats en armure légère. Leur visage étant caché par leurs masques si caractéristiques.

« Ces dogmes cachent en réalité des attentions politiques et dangereuses. Les Sith cherchent la destruction de tous ceux qui ne leur portent pas allégeance. Les Jedi sont les philosophes politiques d’une république qui nous reconnait comme l’ennemi galactique. »

Les mains croisées dans le dos, elle marcha lentement jusqu’à l’allée centrale de la salle en plein air. C’était un ancien centre panoramique civils réaffectés par l’armée. A l’origine donnant sur un immense parc de Yaga Minor, il avait été réquisitionné quand ce même parc était devenu un détachement de la milice civil avec une aile pour la sélection dans ces locaux des meilleurs éléments. Un tri précautionneux pour grossir les rangs du corps des Stormtroopers. Devant le changement de panorama, l’état-major avait dû condamné l’endroit par mesure de confidentialité. Ne restait alors que le sol de pierre froides que leurs pieds nus foulaient et où leur sueur perlait.

La Conseillère s’arrêta jusqu’au bout de l’aire, face aux soldats, eux même dos au décor.

« Repos. » Souffa-t-elle. Ils se mirent en position. Les soldats de l’escouade se sépara des initiés et se répartirent de part et d’autre, entourant les élèves. Comme des condamnés à mort, des roués de la société, les soldats semblaient les observer au travers de leur casque de plastacier.

« Chacun de ces ordres meurent pour leur idéologie. Se battent pour leurs idées et détruisent tout ce qui ne leur ressemble pas. Est-ce que c’est notre cas ? Non. Nous ne nous battons pas pour nous, pas pour notre évolution sociale ni pour la richesse matérielle. Cette voie est celle qui vous conduira vers la déchéance de l’obscurité, vers le côté le plus sombre de vous-même. Vers la perte de contrôle de votre âme et votre mise à mort. »

Elle fit une pause, scrutant les humains en tenu de lin, flottant sur les corps fatigués des élèves. Pour une fois, elle n’avait pas d’enfants, mais bien des adultes, d’un âge même avancé pour certain.

« Nous sommes des citoyens de l’empire et nous n’existons plus en tant qu’individus, mais comme l’écran entre le mal de l’extérieur et le peuple. Nous n’appartenons à aucun Moff, Général ou même tête dirigeante impériale. Nous appartenons au peuple de l’empire et aux institutions qui le constituent. »

L’air de l’oratrice s’apaisa et elle étira un fin sourire.

« Mais surtout, nous ne sommes pas des bêtes de foires, des erreurs de la nature. Votre force se trouve dans votre tête. Dans la droiture de vos principes et la richesse de votre âme. Votre famille de cœur se trouve à côté de vous et vous ne faites qu’un avec elle. Des questions ? »

Un silence se posa sur l’aire d’entraînement, accompagné par une petite brise fluette et le hululement d’un hautparleur lointain. Une main se leva :

« Conseillère, il y a des rumeurs qui circulaient dans l’empire et nous sommes plusieurs à avoir regardé l’holonet à l’époque. Des rumeurs qui vous présentaient tantôt comme une Sith, tantôt comme une Jedi, mais surtout comme l’ennemie de l’empire. Qu’en est-il réellement ? »

Les bras dans le dos, Helera ne bougea pas d’un cil, observant son interlocuteur avec intensité. Sans colère ni haine, sans compensation ni amusement non plus. Quelques visages masqués de Stormtroopers se retournèrent et leurs esprits résonnaient dans la Force.

« Pourquoi suis-je ici acolyte, selon vous ? »

L’intéressé se redressa et bomba le torse.

« Vous avez été appelée par l’Empereur. Pour nous entraîner à devenir … »

« … à devenir des chevaliers impériaux. J’ai touché effectivement à tous les penchants de la Force, pour comprendre, apprendre. Les gouvernements me considèrent comme une traîtresse. Tous les gouvernements. Pourquoi ? »

« Je… Je ne sais pas, conseiller. »

« Parce qu’aucun ne comprend, aveuglés par leur peur. Par l’inconnu dont ils se cachent. Cette même peur qui bloque leur réflexion. L’empereur Astellan a été le premier à ouvrir son esprit et à se poser cette simple question. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que la galaxie la rejette ? Pourquoi est-ce que dans mon empire, des gens avec un si fort potentiel, sont parqués comme des bêtes ? Pourquoi … je ne comprends pas ? »

Helera fit quelques allés et retours.

« Ce questionnement si simple a permis à notre empereur de développer un nouveau rayonnement. Il vous a placé, vous, au centre de nouvelles préoccupations. Ne vous fourvoyez pas, vous n’êtes pas les héros de l’histoire. Vous ne serez jamais considérés dans l’empire ni ailleurs. Vous êtes également des traîtres à l’existence, des erreurs de la nature préétablie, décadent d’une société standardisée. »

Elle haussa le ton.

« Mais vous n’en avez rien à faire, car votre mission dépasse bien au-delà les considérations du peuple. Vous êtes des citoyens de la galaxie, des protecteurs de l’empire ! Votre volonté est l’extension de la Force et nous tous sommes la partie d’un même être. Ensemble, nous combattrons les ennemis de la liberté. Nous protégerons nos confrères, nous repousserons le mal ! Est-ce que vous êtes avec moi, acolytes »?

« Oui, conseiller ! »
Hurlèrent-ils à l’unisson.



1 Mois plus tard


Invitation originale que fut celle envoyée par son compares. Rendez-vous dans une résidence privée, en compagnie de gens dont elle ne connaissait rien. Et dont, bien évidemment, elle n'était pas certaine d'avoir envie de connaître davantage. Ce genre de réunions, pourtant, elle y assistait régulièrement. Souvent pour flatter les quelques égaux impériaux, parfois pour assouvir de la curiosité mal placée. Elle en avait désormais fait une routine. Habillée dans son costume réglementaire, son sabre laser comme à son habitude, en travers de son bassin dans son dos. Elle paraissait comme l'on pensait qu'elle devait être.

La jeune femme aux cheveux de neige descendit de la rampe de la navette par laquelle elle était venue, attendant son jugement.
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By Ars Dangor
#39734
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L’aube perça les cieux de la vallée encore endormie, injectant de reflets orangés la mince brume glissant sur les eaux sombres reposant en son sein. C’est là, dans cet écrin sauvage au bout du monde, loin de la civilisation et de ses industries rugissantes, que la famille D'Asta demeurait. Tout ici en ce bassin cerclé de montagnes aux arrêtes acérées appartenait au baron et les siens. Un éden où la nature semblait maîtresse et inviolée, où le rythme des êtres de raison n’avait pas court. Pourtant, dans les hauteurs, bâti sur un promontoire rocheux, un manoir aux formes modernes et teintes sobres surgissait au-dessus de la vallée. De là-haut, celle-ci semblait s’étaler aux pieds de la résidence comme un parterre d’offrandes aux dieux éternels de Yaga Minor. Rappel constant, figé dans le granite, que l’humanité y étendait son empire malgré les apparences.

C’est dans cette retraite, sur une terrasse exposant une vue à couper le souffle, qu’Ars discutait des nouvelles de l’Empire à l’invitation du baron. Il était un homme à la probité reconnue, profondément acquis à l’Ordre Nouveau, féroce homme d’affaires, et nostalgique – bien que ne l’avouant qu’avec peu de facilité – du règne éphémère de Darth Sidious. Son affection intense et caractère particulièrement protecteur envers ses proches, notamment pour sa fille, Feena, dénotait cependant un patriarche sensible et foncièrement bon, loin des sociopathes narcissiques que l’Empire avait don de cultiver à outrance. L’estime réciproque qu’éprouvaient le conseiller et le magnat remontaient aux derniers soubresauts de la république, lorsque le chancelier Palpatine s’entoura d’individus compétents chargés d’assurer la docilité du sénat – l’alliance informelle avec le secteur D'Astan représenta une des plus belles prises de Dangor.

Un domestique en livrée vint discrètement interrompre la conversation des deux acolytes en se penchant à l’oreille de son maître et lui annoncer l’arrivée imminente de la dénommée Kor'rial. Ragez hocha de la tête et se tourna vers une sorte de tour aux vitres teintées sur le quadrant nord-ouest de la gentilhommière à qui il fit signe d’inactiver momentanément les défenses automatisées des lieux. Les canons à ion et batteries laser fondues à même le roc s’abaissèrent le temps qu’une Navette Lambda descende des cieux et vienne se poser sur le petit astroport privé.


D'Asta : " Nous voilà au complet… " lança-t-il au serviteur courbé en silence " Faîtes-la venir sans attendre. "

Une fine silhouette fit bientôt irruption dans le jardin. Assurée, gracile, elle correspondait à la description qu’Ars avait consulté dans le rapport confidentiel du BSI. Sa chevelure, que l’on disait naguère d’un noir de jais, était devenue d’un blanc aux reflets argentés. Dangor ne pouvait distinguer de sabre laser sous le costume ample de l’invitée mais en suspectait la présence. Ce n’est pas tant qu’il y avait à craindre de la conseillère, mais plutôt d’un sith ou jedi qui aurait eu la fâcheuse idée de la traquer pour quelque désir obsessionnel de revanche ou de rivalité. L’histoire galactique était trop criblée de règlements de compte ou grands duels entre sensitifs pour que le natif de Naboo ignore leur propension au combat soudain et destructeur.

D'Asta : " Bienvenue, Conseillère Kor'rial. Je suis le baron Ragez D'Asta, et voici le Conseiller Ars Dangor. " déclara l’homme richissime d’un ton posé " Désirez-vous un rafraichissement ? Mettez-vous à l’aise, car désormais... "` il fit un geste englobant la propriété et le val en contrebas " ...ce refuge est également le vôtre. "

Le buste légèrement incliné, Ars salua à son tour la nouvelle arrivante. Son regard perçant n’avait cessé de la quitter, comme épiant le moindre réflexe trahissant ses pensées véritables.

Dangor : " C’est un honneur, conseillère. L’Empereur Astellan n’avait jamais trouvé opportun d’unir nos aptitudes sur un même dossier. " déclara-t-il les traits exprimant du regret " Jusqu’à aujourd’hui. "

Il porta une coupe de vin à ses lèvres et enchaîna dans le vif du sujet.

Dangor : " Sa Majesté avance que les manieurs de la Force pourraient finalement se révéler utiles à l’Empire. Qu’ils pourraient même le préserver de ses ennemis traditionnels tout autant que des menaces insidieuses venant de l’intérieur. Qu’en est-il véritablement, conseillère ? Après les siècles d’abus et de corruption infligés par la secte jedi sur la Galaxie, le peuple impérial peut-il accorder sa confiance aux individus possédant vos... facultés ? Qu’apporteraient-ils à l’Ordre Nouveau ? "

En proférant ces mots, le visage de l’Éminence Grise se fendit d’une expression ingénue. Où comptait-il donc en venir ? Peut-être n’était-ce là qu’un moyen de tester la jeune femme à l’emprunte puissance dans la Force.
Modifié en dernier par Ars Dangor le mer. 12 janv. 2022 03:00, modifié 1 fois.
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By Helera Kor'rial
#39736
Les mains dans le dos, elle patientait sur la plateforme, tandis que son regard parcourait les sommets enneigés qui les entourait. Elle se permit un écart au protocole en quittant son escorte patiente pour admirer plus nettement la vue qui les entourait. A perte de vue, les montagnes dominaient, toisant le ciel de part leurs pics, cherchant toujours à atteindre le ciel. En bas, des valons de verdures, des ruisseaux tortueux et quelques forêts éparses, pour terminer vers une ville de métal au loin. Même ici, sur ce sommet, l’humain avait posé son empreinte. L’architecture même de l’habitation n’avait rien à envier au style global impérial. La structure provoquait la gravité, s’étendant plus que nécessaire dans le vide, pour en permettre une vue totale sur les alentours prouvant leur domination absolue, d’une part. Mais également l’attrait pour cette famille riche du centre impérial à la nature, d’autre part. Ou peut-être n’était qu’une façade pour montrer une image, car même l’immense manoir se détachait comme un furoncle de cette pauvre montagne. Jamais n’était aussi simple, évidemment, et il y avait sans doute les raisons se croisaient. Toujours est-il que la vue ne la laissa pas indifférente et l’air frais lui faisait le plus grand bien, vivifiant les pores de sa peau qui prenait une légère teinte rosâtre. Son costume impérial ne la protégeait pas de l’air frais des hauteurs mais pourtant la reine avait toujours refusé de s’habiller davantage. « Une excentricité des forceux », comme disait-on dans son dos, lorsque l’on pensait qu’elle ne pouvait entendre. Mais elle entendait tout.

Et elle voyait tout à l’avance également, alors elle sut qu’elle dû se remettre au centre de ses deux soldats quand vint se présenter le domestique, à qui elle inclina la tête. Après un cours échange de banalité, il la conduisit sur le pont qui les séparait de la véritable bâtisse. Ils passèrent alors devant la porte richement décorée de l’entrée, mais n’y entrèrent pas. En revanche, ils firent le tour, par un petit escalier de pierre. Une haie parfaitement droite les attendait un peu plus haut et forgeait la bordure du chemin, derrière laquelle ruisselait une fontaine blanchâtre entouré d’une herbe probablement traitée et entourée de banc de marbre blanc. Enfin, elle termina sa promenade devant une cour entouré de fleurs aux multiples couleurs et dont le centre était sobrement agrémenté d’une table, de quelques chaises, mais également d’un salon de jardin permettant de ne rien louper de la vue imprenable. Helera s’inclina, comme l’empereur le lui avait appris et récités les paroles qu’il fallut pour combler le protocole, sans trop de raideur, ni familiarité. Sans trop sourire, ni paraissant fermée.

« Très enchantée Baron d’Asta, Conseiller Dangor. Je vous remercie pour cette invitation, ce lieu est idyllique permet assurément d’assurer convenable retraite. »

Des mots et des paroles, des tournures de phrases dont elle n’avait jamais aimé la formalité. Et pourtant, imposé quotidiennement depuis que l’empereur l’avait nommé à ce poste. Un bien maigre sacrifice pour que sa planète soit gardée en sécurité. Elle inclina la tête face à la proposition du baron, quand son regard azur croisa celui de son homologue. L’intérêt qu’il portait sur elle, il ne pouvait le cacher. Pas à elle. La reine ne changea pourtant pas de comportement, les mains le plus souvent dans le dos que possible. Conseiller de quoi ? Elle l’ignorait, comme beaucoup. Ils étaient souvent isolés les uns des autres et l’empereur préférait garder chaque responsabilité secrète, sauf la sienne, évidemment.

« Honneur partagé Conseiller. Je suis sûre que l’Empereur a su attendre le bon moment pour s’assurer de notre réussite. »

Même si elle ignorait de quoi il était question. La reine récupéra le verre qu’on lui tendit et le leva dans leur direction, portant un toast silencieux sans se défaire la liaison de leur regard. Helera avait ce regard naïf propre à tous les pantins, qui ne jugeait jamais, qui n’accusait pas. Un regard plein de compassion et de compréhension, peut-être plus proche des médecins que des véritables hauts gradés impériaux. Peut-être parce qu’elle ne se prenait que pour ce qu’elle était ? Ou qu’elle ne cherchait aucunement à assouvir un pouvoir sur autrui ? Difficile à dire, mais ce comportement, elle l’avait retrouvé chez les principaux grands pontes de l’empire.

« L’ordre nouveau a bien été instauré par un … manieur de Force. Puis par le biais de sa conjointe, grandir davantage jusqu’à assouvir une domination galactique. A l’époque, les inquisiteurs menaient une politique très ferme et très efficace, sous le commandement du Seigneur Vador. L’empire a su prospérer sous sa protection. »

Cours d’histoire inutile, qui rappelait tout de même que leur existence aujourd’hui n’était que et uniquement du fait d’un manieur de Force, aussi ignoble et terrible soit-il. Quant à son bras droit, il était inutile de souligner la peur qu’il instiguait dans le cœur de ses ennemis. Plus que les inquisiteurs, c’était la peur qui maintenait la galaxie au pas.

« Les gens auquel le peuple impérial accordera sa confiance ne sont autres que des citoyens impériaux eux-mêmes, souvent inconscients de leur capacité. Pire encore, se cachant pour ne pas être comparés aux jedi. Le manque d’information a conduit nombreux sensitifs à rejoindre l’ennemi. »

La reine but une gorgée, mais ne bougea pas outre mesure, tentant de répondre avec précision aux questions.

« Je suis intimement convaincue que la peur de notre peuple vient du fait de quelques Jedi encensés par la galaxie. Et les manieurs de Force impériaux ne sont que les tristes victimes de cette facile comparaison. Mais si nos concitoyens portaient la même croyance envers nos sensitifs, qu’ils portent à la marine, nous pourrions nous concentrer tous ensemble sur le véritable ennemi. Les inquisiteurs sont aux Jedi, ce que l’empire est à la république. »
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By Ars Dangor
#39751
A vrai dire, Ars s’attendait à une réponse différente. Ses innombrables heures passées auprès de la défunte Impératrice et de son sérail lui avait imprégné dans l’esprit une image bien distincte des manieurs de la Force. Ces derniers devaient, selon leurs propres dires à l’époque, s’insérer dans les affaires de l’Empire et de la Galaxie tout entière car il ne saurait en être autrement. C’était là un droit, même un devoir, que leur conférerait leur don inné au nom du " bien commun ". Les peuples, fébriles et inconstants, en proie aux facilités et mensonges politiciens, ne pouvaient trouver paix et stabilité que sous l’égide des sensitifs. Par l’obéissance et la prosternation devant ces véritables surhommes, les ouailles admettaient leurs limitations et cédaient leur destinée aux seuls êtres pouvant assurer leur survie dans un univers impitoyable. Le refrain avait toujours été le même, du moins l’avait-on entendu dans l’Empire de Darth Traetius. Cependant, le Conseiller ne fut jamais dupe. Ses yeux et ses oreilles eurent tôt fait de lui apporter la vérité sur ce discours hypocrite : la plèbe n’était qu’une ressource de plus à employer pour assister les manieurs de la Force, quels qu’ils fussent, dans leur quête constante de pouvoir.

Mais Helera n’avait pas déclamé l’antienne dans laquelle se drapaient souvent les gens de sa condition. Non, son approche était originale. Les sensitifs de l’Empire devaient représenter la facette méritocratique de la faction. Issus des rangs de la populace, formés par l’Empire, ils seraient la preuve que tout individu pouvait apporter sa contribution à l’Ordre Nouveau. Comme un Rodien dont les talents d’ingénieur lui ouvraient un boulevard dans les forces de la Marine, ou un Mrlssi dont le don pour la gestion lui assurait une opportunité de gouvernance sectorielle, le quidam né avec une affinité particulière dans la Force pouvait obtenir, à la sueur de son front, un rôle utile dans l’Empire : protéger les siens, la société, des agents du chaos. L’homme qui n’était rien, le grain de sable dans la multitude, pouvait s’élever vers un destin héroïque.


Dangor : " Même si l’avenir vous donne raison, il faudra du temps pour regagner l’adhésion et l’admiration d’une partie significative du peuple impérial, jusque-là accoutumé aux outrances des sensitifs. "

Le ministre se tourna vers une terrasse supérieure et hocha de la tête en direction d’un personnage vêtu d’une armure noire frappée du sceau impérial. Celui-ci descendit les marches jusqu’à passer à quelques mètres des gardes de Kor'rial, se positionnant immobile, en vigile, derrière le baron D'Asta et son associé. L’individu dégageait une emprunte dans la Force, mais elle semblait insolite et... muselée. A première vue, Helera pouvait penser qu’il tentait maladroitement de dissimuler son lien avec la Force. Mais il y avait comme une étrange perversion du pouvoir. En sondant plus intensément, l’on réalisait que quelque chose, ou quelqu’un, contenait sa connexion avec la Force avec une véritable chape de plomb.

Dangor : " Il reste la question du contrôle, conseillère. Admettons que l’Empire, dans son immense magnanimité, rétablisse la formation de sensitifs décelés à l’intérieur de ses frontières. Comment comptez-vous empêcher que certains n’échappent à votre supervision ? Qu’ils abandonnent l’Empire et s’offrent à l’ennemi ? Pire ! Que, dans leur quête de puissance, ils en viennent à tenter d’usurper les rênes de l’autorité légitime ?

Certes, nos médias, nos scientifiques et nos gouvernants ont acquis une précieuse expérience dans le formatage de populations récalcitrantes diverses et variées... "


L’œil acerbe, Ars fit un geste en direction du soldat posté en retrait, comme pour étayer ses propos. Était-il le résultat d’une énième expérimentation impériale ?

Dangor : " ... Mais ils ont leurs limites. Et un coût. Même un citoyen qui aura baigné durant toute son existence dans la propagande impériale pourrait se trouver enivré par les facultés de la Force et tenté par la soif de domination. "

Soudain, Helera put ressentir une voix sifflante mais distincte résonner sur la plate-forme, ne suscitant pourtant la réaction de quiconque. L'individu en tenue de combat semblait la fixer du regard derrière son casque impénétrable.

TH-739 : " La peur les enserre. "

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TH-739 :" Qui es-tu vraiment ? "

Inconscient de cet échange, le natif de Naboo se racla ostensiblement la gorge.

Dangor : " Alors, Conseillère ? "

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By Helera Kor'rial
#39754
Du temps, oui. Beaucoup de temps. Mais également des efforts et pas du peuple, mais de l’inquisition en elle-même. L’organisation se devant d’être exemplaire, de représenter les plus pures valeurs de l’empire de ce temps. Ils devaient inspirer le peuple, leur montrer la voie, de la même manière que les Jedi le font avec la république.

« Le peuple fait preuve d’un racisme inconscient, appuyé par la propagande de l’époque. Mais les inquisiteurs n’auraient pas besoin de l’admiration de tous, juste des élites impériales. Et ce, pour leur permettre d’accomplir leur devoir. Car nul d’entre nous ne recherche admiration ou applaudissement. Le simple fait de savoir le peuple en sécurité est déjà la plus grandes des victoires. »

Un discours bien souvent incompris des politiques, tout autant que de l’empereur lui-même. Helera était idéaliste et le savait, mais ne cessait pour autant de clamer haut et fort la puissance sensorielle du sensitif, sa capacité empathique et son sens du sacrifice. La reine esquissa un léger sourire, appuyant son propos par sa bonté infantile et naïve, puis porta les lèvres à son verre. Pourtant, elle n’y bu pas, car son esprit venait de l’alerter d’un danger immédiat. Lentement et tout en gardant le plus de prestance, elle arqua son bras à quatre-vingt-dix degrés, plongeant son regard vers l’armure noire qui se déplaçait silencieusement. Helera ne tenta pas de sonder l’inconnu mais le sourire se tarit pour laisser place à sa neutralité protocolaire. Elle savait l’empire dôté de sensitif dans la garde impériale, bien plus que ce que l’empereur voulait bien l’avouer. Elle savait aussi que Cir Delaviel avait déjà à l’époque nombre d’inquisiteurs, tous aussi noires les uns que les autres. Et pour ainsi dire, n’avait jamais entendu parler de leur destruction officielle, malgré les dires de sa compagne de l’époque. Aucun d’eux ne l’avait jamais approché quand elle eut annoncé la proclamation de l’inquisitorius, des années auparavant.

Son attention retomba vers le conseiller Dangor quand il continua son discours sur le contrôle. L’unique et récurrent contrôle de la population. Mais il avait raison de douter, lui qui ne savait pas de quoi il avait généralement affaire. Ou peut-être pas complètement, car la présence du nouveau sensitif venait d’ajouter une pièce supplémentaire à l’échiquier sur lequel on l’avait mené. Tout cela pouvait être autant un test qu’un piège, même si le deuxième était peu probable. La reine se prépara à répondre quand une intrusion mentale lui percuta l’esprit de plein fouet. Malgré ses barrières mentales, elle en chancela intérieurement, se caractérisant par un mouvement de recul et un regard qui fuit vers le sol. Ses deux gardes se regardèrent l’un et l’autre, mais elle leva la main en signe de laisser aller.

Image« Mes excuses, une petite fatigue passagère. »

*Il est imprudent de créer un lien avec une personne dont on ne connait pas l’affinité. *

L’esprit de la reine rétabli petit à petit ses défenses et comme un fer de lance, frappa celui de l’inconnu puis l’enserra, l’emprisonnant dans un étau psychique. Des fuites mentales irradièrent sa grande méfiance des autres sensitifs et son implacable volonté.

*Je suis conseillère théologique impériale et j’ai à cœur de protéger l’empire de tous les espions, fussent-ils externes … ou interne. A ton tour, et sois convaincant, car je n’aurai aucune pitié à confirmer mes soupçons. *

Lentement, la reine se retourna vers son homologue, son visage plus fermé que jamais. Elle avait toujours eu une sainte horreur des messes basses des sensitifs, et davantage quand ces derniers n’avaient pas eu la politesse de se présenter. Sa méfiance se rapprochait davantage de la paranoïa et tous ceux qu’elle n’avait pas elle-même identifiés comme sûrs pouvaient potentiellement être des ennemis de l’empire. Et par extension, de Nelvaan.

« Je me permettrai de répondre à votre question par une autre, Conseiller. Comment l’empire contrôle-t-il ses troupes ? Comment s’assure-t-il que ses éminents officiers ne désertent pas vers l’ennemi ? Le mythe du sensitif invincible est tiré de la culture populaire, lui-même ayant été propulsé par les exploits de Skywalker sur nos stations de combat. »

Cette fois, elle but une gorgée, néantisant totalement le garde derrière Dangor, mais resserrant toujours davantage son esprit.



« Notre empire se veut méritocratique et ne grimperont dans les échelons ceux dont la loyauté aura été approuvée. Et dont la puissance brute sera jugée compatible avec l’empire. Mais ne vous y trompez pas, un sensitif n’est pas immortel, il doit simplement être … éduqué, sur la teneur de ses pouvoirs. »

De nouveau, elle fit une pause plus marquée, son regard azuré plongé dans celui du Conseiller masculin. Non pas par défi, mais pour appuyer son propos lourd de sous-entendus.

« Pour vous donner un dernier argument, soyez certain que je veillerai personnellement à reconnaître et identifier tous les sensitifs impériaux. Mes expériences et mon entraînement rigoureux m’ont permis de côtoyer des limites que d’autres ne peuvent qu’imaginer. Je n’ai pas honte aujourd’hui de me présenter comme la sensitive la plus puissante de l’empire, et je n’aurai aucun problème à écraser les dissidents et les espions dans nos rangs. Car ma loyauté à l’empire est sans faille, quoi qu’en dise l’holonet. »

Elle appuya sa dernière phrase en tournant ses yeux vers le garde, lâchant d’un coup son esprit. Son visage si sérieux repris peu à peu de la couleur et un sourire sincère fendit sa petite bouche. Ses yeux de nouveau rieurs passèrent tour à tour du garde vers Dangor.

« A ce titre, je crois que nous n’avons pas été présentés ? Il est toujours si rare de nos jours de rencontrer des soldats si atypiques. »

Implacable face à l’ennemi, elle n’en restait pas moins la personne la plus douce face à ses amis, ses collègues et ses frères. Deux faces d’une même pièce.
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By Ars Dangor
#39839
La détermination d’Helera ne faisait aucun doute. Ses arguments auraientt été persuasifs pour le commun des mortels, mais Ars resta imperturbable. Trouver les bons mots, remporter l’auditoire, se hisser en position favorable devant le scepticisme ambiant… Le natif de Naboo en avait maîtrisé l’art durant ses décennies à servir l’Empire, à plier l’échine devant les souverains qui oubliaient bien vite ses bévues et apprenaient à reconnaître son caractère indispensable. Car c’était bien là la clef de la survie dans le coupe-gorge impitoyable que représentait l’administration impériale : être nécessaire aux desseins des puissants. Il en fallait donc plus au Conseiller pour prendre les dires de la sensitive comme argent comptant. C’était à elle qu’incombait de produire les preuves de ses dires. Et pour cela, il lui fallait naturellement être confirmée dans son rôle et dotée de moyens conséquents. Malgré tout, Ars avait beau avoir fait passer cette rencontre comme une sorte d’entretien d’embauche, voire, par moment, comme un interrogatoire, la vérité était que la décision n’était plus à prendre : Kor'rial prendrait la tête de l’Inquisitorius. Bastion en avait déjà décidé ainsi. Ars ne faisait que superviser la renaissance de cet organisme redouté jusqu’à ce qu’il jouisse d’une autonomie suffisante pour fonctionner de lui-même et devienne un énième rouage dans la machine de l’Ordre Nouveau.

Il suivit le regard de sa consœur se fixer sur l’individu armé posté en retrait et répondit dans une moue indifférente.


Dangor : " Ce spécimen est un exemple à ne surtout pas suivre. Une mise en garde permanente. Il représente ce à quoi doivent s’attendre les sensitifs qui oseront trahir vos enseignements et refuser la suprématie du trône impérial. Ce n’est désormais plus qu’une arme sans volonté propre, un condamné au service perpétuel de ceux-là même qu’il choisit de défier.

Voilà ce qui attendra les inquisiteurs renégats. Ça... ou la mort. "


Les derniers mots exprimés derrière le sourire carnassier du ministre résonnèrent comme une sentence entre les murs de l’opulente résidence. Pour tenter de briser le malaise ambiant, le baron indiqua à son personnel de poursuivre le service. Mais le garde avait maintenu toute son attention sur Helera, comme-ci il n’existait que leurs deux empreintes reluisantes dans la Force.

TH-739 : " Je suis... "

Au lieu de combattre l’étau mental que lui imposait l'Ainée, l’humanoïde la laissa au contraire sonder de plus en plus profondément ses pensées. Elles étaient floues et dissolues, semblant emmurées par quelque chose d’à la fois mécanique et psychique prodigieusement étouffant. Pourtant, à mesure qu’Helera investiguait sa psyché, les émotions du combattant semblaient devenir plus nettes et dessiner les contours de souvenirs lointains, jusqu’à ce que la conseillère se retrouve face à un véritable nexus de peur : le genre de terreur pétrifiante devant l’incompris qu’éprouvaient les enfants.

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Ils étaient six au milieu de ruines, tous vêtus tels des prêtres de temps anciens. L’un s’allongea sur un autel, les quatre autres s’accroupirent à chaque recoin en psalmodiant dans la langue du peuple sith disparu. Le sixième fit un grand geste incantatoire devant un brasero aux flammes occultes, puis plongea sa dague dans le corps de l’acolyte qui ne frémit pas. Le sang jaillit et fut récolté dans une écuelle à laquelle le clerc ajouta une poudre ocre. Il fit quelques pas et posa le rebord contre les lèvres d’un garçon maintenu dans une sorte de cocon parsemé d’amulettes. Le sang, désormais noir et bouillonnant, s’engouffra telle une rivière de feu dans la gorge de l’enfant tétanisé. Un voile sombre recouvrit ses pupilles. Et puis plus rien.

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Soudain, l’exploration mentale prit fin. La voie était clause. Une force qui n’était pas de la volonté du guerrier avait identifié l’intrusion et brusquement repris le dessus.


TH-739 : " ...T. H. Sept cent trente-neuf. "

L’individu choisit cet instant pour prendre congé en silence, faisant fi d'un saignement de nez derrière son masque. Ragez, ignorant tout comme le reste des invités, avait déjà dissipé l’atmosphère pesante en faisait passer parmi l’assistance un excellent millésime de la vallée.

D'Asta : " Maintenant que chacun mesure les enjeux et risques associés, il nous faut aborder un dernier point. Conseillère Kor'rial, il ne vous a pas échappé que la raison de votre visite n’est autre que la résurrection de l’Inquisitorius.

Vous disposerez pour cela d’une unique enveloppe de 100 millions de crédits en provenance de la trésorerie impériale. Le Grand Vizir Miraj a consenti à ce que je me charge d’assurer le contrôle des finances de l’organisation jusqu’à ce qu’elle atteigne l’autosuffisance. L’Inquisitorius devra disposer de son propre quartier général et approvisionnement en ressources – l’unique condition étant sa localisation à l’intérieur des frontières de l’Empire. Il est donc impératif que sa reconstruction aille de paire avec le développement économique du secteur qui abritera ses structures. Le but étant que cette institution puisse un jour ouvrir des bases sur plusieurs régions de la Galaxie.

Quel système planétaire et constructions prioritaires avez-vous en tête ? "
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By Helera Kor'rial
#39840
« Il y a des sorts bien pire que la mort. Mais dans le cas des futurs inquisiteurs, il ne pourra en être autrement. Le côté obscur est vile tentation qui les poussera tous vers la domination. Je saurai leur rappeler à qui ils doivent allégeance. »

Helera à son tour n’avait cessé d’enlever son regard du nouvel élément. Au début, elle avait pensé faire face à un infiltré Sith parmi le corps impérial. Dans un second temps, il était devenu évident que tout avait été prévu et encadré par le conseiller. La colère à son égard devient davantage de la pitié car cela la ramenait à sa propre condition, celle de l’esclave au service de l’empire d’Astellan. La reine s’était apprêtée à sortir de son esprit, quand celui-ci la retint et comme seule conversation, lui imposa une vision. Celle d’un espace onirique souverain en dehors des frontières connues. Là où résidait le malheur et la peur. Un espace où psalmodiait les paroles impies venues d’un empire déchu, marquant au fer rouge par la terreur de ses rites et l’absolutisme de ses choix. Il n’y avait que la table sacrificielle au centre de la pièce et aux alentours les aliénistes en robe. Le sang fut versé dans un silence monacal et mélangé à quelques substances ténébreuses. Puis l’enfant fut contrainte de prendre possession du sang et de perdre son esprit au profit de quelques esprits avides d’existences.

Quand elle revint à elle, l’iris de ses yeux clignotèrent entre l’azur et le pourpre avant de retourner vers la couleur originelle. Sans un mot, elle n’avait pas lâché le garde du regard, même quand il avait pris congé. Ses yeux d’abord durs ne furent plus que compassion.

« Cet enfant a vécu de terribles choses… » furent les seuls mots qu’elle posa à son égard alors qu’il disparut derrière quelques pilonnages de marbre.

Le baron quant à lui revint à la conversation initiale, non sans avoir resservi une nouvelle tournée d’alcool. Cela força la reine à reprendre attention sur ses hôtes, mais sans jamais laisser son esprit vagabonder dans le palais. Tel un voile désormais inoffensif, il n’était plus que caresse et douceur prêt à enlacer le seul être meurtri de cet endroit reculé. Mais la question du baron la poussa à recentrer son attention sur la suite. Les fonds avaient été débloquée, une peccadille bien suffisante pour gérer ce qui redeviendrait l’association de traqueur de sensitif la plus prolifique de la galaxie. Cette question souleva en elle une multitude d’interrogation tandis qu’elle sentit que la Force s’agita tout autour de son choix. Comme un point de levier, un pivot dans la suite que les évènements prendront. Un souffle à son oreille, une respiration et des énergies inconnues qui s’activèrent dans les flux. Beaucoup l’auraient sans doute senti, ceux qui en était capable du moins. Car la réponse fut sans équivoque :

« Prakith. »

Mais devant le questionnement de ses interlocuteurs, elle poursuivit.

« C’est une planète du Noyau dont la position a été jusqu’alors abandonnée, écartée. La Force m’a mené là-bas il y a quelques années. Cet endroit fut un des sièges de l’inquisitorius du Seigneur Vador. Les principales infrastructures s’y trouvent encore. »

Pourtant, ce n’était pas l’endroit qu’elle visait. C’était la planète de lave et sa lune du Sud Galactique. Bien loin des frontières de l’espace connu. Cet endroit de malheur qui avait vu perturber l’équilibre dans la Force et renaître le plus puissant sensitif impérial. Chaque chose en son temps, pensa-t-elle.

« J’ai besoin d’une flotte de protection et d’une garnison sur place. Pas n’importe laquelle. J’ai besoin d’homme et de femmes prêts à servir la Force et se battre contre leurs utilisateurs. Je superviserai la formation de ces soldats, pour en faire l’élite de notre armée. Mais surtout, j’ai besoin d’une carte blanche sur mes activités. Rien ne sera caché à l’empire, mais vous devrez faire confiance aux énergies ésotériques que vous pourrez trouver là-bas. »

Elle fit une courte pause avec une gorgée.

« Jadis, le Seigneur Vador a déclenché cette initiative pour rétablir la balance. Je compte bien reprendre ses travaux. »
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By Ars Dangor
#39902
Prakith. A l’évocation de la planète minière, D'Asta and Dangor s’échangèrent un regard complice. Le lieu était isolé tout en assurant une position centrale aux inquisiteurs dans la Galaxie. Son accès restait un secret dans l’espace néo-républicain et sa surface inhospitalière préviendrait quoi qu’il en soit toute invasion terrestre à grande échelle. Un tel éloignement des Régions Nord, le cœur de l’Empire, rassurerait certainement les pontes inquiets d’une énième mainmise des sensitifs sur la faction. Les édifices menaçants de l’Inquisitorius attendaient leur nouvelle heure de gloire dans le silence, balayés par un vent sec et âpre qui avait écorché ce monde où survivait une population mercantile et totalement soumise à l’Ordre Nouveau.

Mais les deux hommes voyaient aussi dans le choix de Prakith une opportunité de mettre en œuvre leur plan de transformation industrielle de l’Empire. Ils débuteraient localement puis étendraient leur expérimentation à l’entièreté du Sur-Secteur, sous le regard d’un Grand-Moff Fanrel trop heureux de recevoir l’attention que le Conseil lui avait longuement niée. L’Inquisitorius et les ressources nécessaires à sa résurgence se révéleront une couverture idéale.


Dangor : " Accordé. La flotte de défense sectorielle aux ordres du Grand Amiral Nhagy est postée dans le système mais ne prend naturellement ses directives que du Haut Commandement. En revanche... "

La main osseuse du ministre révéla un holoprojecteur qu’il actionna de son pouce. Une série de Stormtroopers aux armures sombres et non-reconnaissables défila sous le regard des invités. Certains arboraient des fusils DC-15 et E-11 modifiés, d’autres des bâtons ou marteaux électriques. Puis l’image se figea sur l’IRM d’un humanoïde dont le cerveau et les glandes endocrines avaient été sensiblement altérés.

Dangor : " Votre ordre bénéficiera de son propre détachement de Stormtroopers : les PurgeTroopers, tous issus du redoutable corps des DeathTroopers. Ces soldats sont dotés d’une taille et puissance physique supérieures, et de réflexes, d’une endurance et obéissance augmentés. En sus de leur entraînement d’élite, la formation des PurgeTroopers se focalisera sur le combat et la neutralisation des manieurs de la Force. Ils accompagneront l’Inquisitorius dans ses missions et constitueront son unité d’intervention tactique principale. "

S’il y avait pu avoir un doute sur la volonté réelle de l’Empire à rétablir l’inquisition dans sa puissance d’antan, ce scepticisme s’était désormais volatilisé. Ars avait manœuvré pour que Bastion ne lésine pas sur les moyens et que les ordonnances contresignées de la main de Miraj soient interprétées de la manière la plus généreuse qui soit. Évidemment, le natif de Naboo ne s’était pas investi à ce point dans ce projet par bonté de cœur, d’autant plus qu’il lui fut imposé en guise de sanction contre ses ambitions réformatrices. Non, il comptait sur l’aspect ingénue et influençable d’Helera pour faire d’elle une pièce supplémentaire à son échiquier. Car malgré les apparences, tout n’allait pas pour le mieux dans les hautes sphères de l’Empire. Chacun commençait à aiguiser ses longs couteaux, et celui qui s’y refusait ne faisait que précipiter sa disgrâce... ou bien pire encore.

Dangor : " Vous aurez carte blanche, conseillère. " dit-il d’un sourire complaisant " Mais avant toute chose, vous n’êtes pas sans savoir l’importance que porte l’Empire au cérémonial. "

Il se tourna vers le baron et lui signala d’un coup de menton que le moment était venu. Ragez acquiesça et fit un autre geste discret en direction de la tour de contrôle surplombant les jardins du manoir. Les domestiques et soldats des lieux se rapprochèrent jusqu’à former un cercle parfait autour de la conseillère théologique et sa garde rapprochée. C’est à cet instant qu’un droïde caméra dernier cri virevolta lentement pour se positionner au-dessus d’Helera et enregistrer la scène, projetant en outre une représentation géante de l’insigne de l’Empire Galactique s’imbriquant parfaitement dans l’anneau d’individus immobiles et silencieux.

D'Asta : " A genoux, Helera Kor'rial. A genoux devant l’Empereur Astellan et Ses sujets. "

Dans sa toge écarlate, les mains jointes à l’intérieur de longues manches, Ars enchaîna.

Dangor : " Grande Inquisitrice Helera Kor’rial, jurez-vous de rendre obéissance inconditionnelle à l'Empereur, d’exercer vos pouvoirs au service de l'Empire Galactique, et d’être prête, comme fidèle serviteur de l’Ordre Nouveau, à donner votre vie pour l’accomplissement de ce serment sacré ? "

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By Résilience
#39960
MODERATION


Le soldat se précipita sur l’homme qui se tenait droit au centre de la salle. Sa course était celle du désespoir. Il n’était pas le premier à avoir tenté un assaut sur le guerrier. Il les avait vu tomber un à un. Mais avait d’autre choix que d’attaquer ? Si il restait en retrait, la punition serait peut-être plus extrême que s’il prenait les devant. Il tentait donc le tout pour le tout. Et comme les autres avant lui, ce fut un échec. Les mouvements de sa cible étaient fluides et meurtrier. En combat réel, il savait qu’il aurait perdu la vie. Il sentit trois impacts. Nets et violents. Un sur le côté, un sur l’épaule et un sur le nuque. Pendant plusieurs secondes, il resta étendu au sol dans une position inconfortable. Il voyait encore, incapable de se mouvoir. Incapable de faire mieux, il observa deux autres soldats finir au sol. Le bâton d’entrainement ayant laissé une marque sombre sur le tenu de combat. Ce n’était qu’un exercice, mais leur commandant n’y allait pas de main morte. Il était le seul à rester debout, n’ayant pas pris le moindre coup. Le soldat au sol en venait à se demander si comme lui, d’autre combattants restaient allongés plutôt que de retenter leur chance. C’était peut être mieux ainsi.

    - Si c’est tout ce dont vous êtes capables, comment comptez vous protéger notre Empereur ?

L’homme prenait son rôle très au sérieux. Haut gradé de la garde impériale, c’était son devoir de protéger Harlon Hastelan. Et les hommes qui l’accompagnaient avaient intérêt à être à la hauteur. Leur échec ne serrait pas sans conséquence. Les entrainements à venir allaient être encore plus difficile. Leur chef n’hésitait pas à utiliser de vraies armes pour leur rappeler leur devoir.

    - Lamentable. Vous devriez avoir honte. Relevez vous.

Le soldat au sol s’exécuta. Il souffrait le martyr. Mais il savait ce qui arriverait s’il restait au sol. Il jette un coup d’oeil rapide aux soldats ne parvenant pas à se lever. Son casque cachait la pitié dans son regard.

    - Rompez. Votre entrainement reprendra dans les heures à venir. Tenez vous prêt. Pour les autres… Vous servirez d’exemple au début de l’entrainement.

Le soldat s’éloigna sans un mot. Il connaissait le sort réservé à ceux qui aidait les perdant. Il ouvrit la porte en premier, pressé de quitter le terrain. Mais un homme le devança dans l’autre sens, entrant et se dirigeant vers le chef. Il chuchota quelques mots à son oreille. Des mots qui n’étaient destinés qu’à lui.

    - Je vois. Ne les informez pas de ma venue. J’ai vais les rejoindre. Je n’ai plus rien à faire ici.

Il laissa trainer un regard plein de dédain sur les hommes au sol et s’en alla. Il revêtit sa cape d’un rouge étincelant avant de mettre son casque. C’était tout ce que méritait les faibles. Et c’était ainsi que Carnor Jax traitait ses hommes. Le garde impérial fit donc son chemin en direction du domaine de Ragez D'Asta, là où se tenait la réunion qu'il comptait bien interrompre. Un sujet de la plus haute importance l’attendait en ces lieux. Un sujet sur lequel il avait tous les droits et il comptait bien les utiliser. Il s'annonça donc au domaine, ordonnant qu'on le conduise aux trois comploteurs. Son laissé passé n'était autre que la missive de l'Empereur en personne. Bien que selon lui, son simple rang aurait pu suffire. Il pénétra donc dans les locaux, accompagné de gardes qui le conduisent à destination. Jusqu'à finalement arriver sur une terrasse du domaine. Deux hommes et une femme s’y trouvaient. Ils avaient surement été informés de son arrivé. Mais il n'en avait que faire. Carnor Jax savait de quoi retournait leur conversation. En tant que main de l’empereur, il avait eu connaissance de leur projet. Un projet qui le passionnait lui même et qui aurait dû lui revenir de plein droit. Pourtant, il n’y fit pas la moindre allusion. Il avait une mission autre. Une mission qui à la fin, pourrait lui offrir ce qui lui était du.

Il s’avança lentement. Puis il s’arrêta face à eux, marquant sa pause d’un silence long. Ils s'étaient tu à son arrivée. Surement espéraient ils qu'il n'ait pas eu vent de leur petite affaire. Il les observa un à un. Et son regard s’attarda un peu plus sur la femme aux cheveux blancs. Elle était la raison de sa visite impromptue. Finalement, il prit enfin la parole.

    - Bonjour conseillé Dangor, Baron d’Asta et conseillère Kor’rial. Son ton était faux. Pardonnez (ce qu’il ne pensait pas un seul instant) ma venue dans votre réunion. Il marqua un temps sur ce mot. Mais je suis investi d’une mission de la plus haute importance. Une mission, qui va bien au delà de la votre. Et il le pensait. J’aurais des questions à vous poser. Des questions au sujet de feu notre impératrice. Il se tourna vers Helera. Ne vous en faites pas. Je suis sur que vous n’avez rien à cacher et cela n’est qu’une formalité. Je dois m’y plier tout comme vous. Et cela ne me ravit guère. Mensonge. Quand avez vous vu l’impératrice pour la dernière fois ?

Sans plus tarder, l’interrogatoire avait commencer. Il se fichait bien de leur mission et leur prérogative. Son but était de trouver l’assassin de l’impératrice et il n’échouerait pas. Dans cet instant précis, il prenait un malin plaisir à les interrompre. Et si son casque le cachait, le sourire sur son visage était bien réel.
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