L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Figurant parmi les mondes les plus connus de toute la galaxie, Corellia est pour beaucoup synonyme de technologie et de voyage spatial. Pour d'autres cette planète est le symbole des fauteurs de trouble et de tout ce que l'univers compte de hors-la-loi.
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By Hayley Curwee
#32981
    Des cendres à l’ascendre



14:30, heure locale
Corellia - Bureaux de la CTC


Coldplay - Clocks


    Blouson de cuir, jean noir et bottines, on aurait pu croire que la Jedi se rendait dans un squat du Secteur Bleu avec pour objectif de se défoncer avec tout ce qui pouvait passer de plaisirs interdits : alcool, sexe, drogue et sans oublier le rock’n’roll, bien sûr !

    Perdu, on était loin de la fête remplies de punk anar’ qui vouaient un culte à la binouze et à la “golden brown”, bien au contraire, son entrevue, elle l’avait obtenu avec Jim Antilles, patron de la CTC et diktat actuel de Corellia. Elle restait partagée, peut-être aurait-elle mieux fait de venir mieux fringuée, non ? Mais sortir en tenue de Jedi n’était peut-être pas forcément la meilleure des idées, du moins pour le moment, pas tant qu’elle n’avait pas décroché l’officialisation de la création de son nouveau chapitre.

    Elle se souvenait de sa première rencontre avec le diktat, un souvenir tellement marquant qu’il lui revenait presque à chaque fois qu’elle lui faisait visite : elle avait fait irruption en compagnie de son père, à l’époque, affrontant l’ire d’une secrétaire mal embouchée pour se faire insulter par le patron. Oh, l’entrevue n’avait pas été si mauvaise que ça, elle y avait obtenu sa nationalité à l’époque, son père la reconnaissant grâce à l’aide de l’homme qui dirigeait en sous-main Corellia et sa rébellion. La rencontre d’après avait été moins joyeuse puisqu’elle avait revu le charmant corellien à l’enterrement du vieux Ian. Ils s’étaient croisés ensuite au gré des actions de l’Alliance, quand elle l’avait rejointe. Leur dernière rencontre avait été il y a quelques années, chacun avait pris des nouvelles de l’autre, puis elle avait fait part de sa volonté d’ouvrir un chapitre corellien, ce qu’il avait encouragé. Il avait appuyé le fait que c’était un lien tranché entre la spiritualité et les corelliens qu’il voulait régénérer, un avis qu’elle partageait.

    Bien du temps était passé depuis, elle avait suivi un chemin bien éloigné de ce qu’elle projetait, déviant de son objectif et du projet que les deux corelliens avait fondé, elle avait peut-être même trahis ses espoirs ? Soucieuse, elle se dit que c’était peut-être une mauvaise idée de revenir là, maintenant, après tout ce temps passé et ces échecs accumulés, elle n’avait pas travaillé à réaliser leur vision, pas au moment qui a suivi celui où il en a parlé et elle le regrettait. Elle ne serait peut-être pas accueillie aussi chaudement que précédemment, peut-être même avait-il appris qu’elle avait sombré dans le Côté Obscur pendant un moment et jugerait-il que l’entreprise était trop risqué, surtout s’il en laissait la responsabilité à la Jedi.

    Elle s’apprêtait à se relever pour sortir du bureau, posant un lapin à un homme déjà tant sollicité, espérant y éviter l’humiliation d’un refus, mais son geste fût interrompu par la voix nasillarde de la secrétaire d’Antilles :

      - Il est prêt à vous recevoir. Si vous voulez-bien vous donner la peine.

    Elle acquiesça et se dirigea en direction de la porte ouverte du bureau du directeur de la CTC. Elle y fût accueilli par l’homme, installé dans son bureau, le nez enfoui dans ses tablettes de données, n’en sortant que lorsqu’elle s’éclaircit la gorge pour signaler sa présence. Il devait y avoir un manque de coordination certain entre l’homme et la secrétaire. Ou bien c’était une mise en scène pour la jauger ? Il bondit hors de son fauteuil, allant à la rencontre d’Hayley qu’il invita à s’installer dans le confortable divan tandis qu’il prenait place en face d’elle. Elle prit la parole, sur les encouragement de Jim :

      - Cela faisait longtemps. La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, nous étions installés au même endroit, nous partagions le même genre de conversation et nous abordions un objectif, celui de voir renaître l’Ordre de Corellia.

    Elle fit une pause, visiblement triste :

      - Je...je n’ai pas été à la hauteur de ce projet à ce moment, je me suis peu à peu enfoncé dans l’abîme. J’ai cédé au Côté Obscur, j’ai quitté la scène galactique et fuis mes responsabilités pour m’enterrer sur Impératrice Têta.

    Elle n’osait plus le regarder dans les yeux, mais elle devait continuer son histoire, coûte que coûte :

      - Je ne vous ferais pas l’affront de vous faire croire que j’ai conservé une part de lumière en moi pendant tout ce temps, j’étais consumé par la traque de Darth Oxious, celui qui avait assassiné mon père, ainsi que le petit corellien il y a plus de 15 ans, cette tâche restait à jamais dans ma mémoire, une faute que je ne pouvais pas oublier mais que je voulais laver.

    Elle releva la tête, essayant de planter ses yeux embués mais ardents dans ceux de Jim tandis que son coeur battait à tout rompre :

      - Je suis venu vous dire que j’ai réussi. Darth Oxious n’est plus, il n’a pas été tué de ma main, mais j’ai participé à sa fin et avec celle-ci j’ai pu trouver le repos dans mon âme, celui qui m’avait été refusé depuis l’affrontement qui eût lieu à Coronet, celui que j’ai perdu lors de la funeste nuit de Nar Shaddaa.

    Elle était sincère, il lui était impossible de mentir de toute manière.

      - J’ai essayé de faire amende honorable et Luke Skywalker m’a cru digne de son pardon et de celui de l’Ordre. Mais à présent je viens ici vers vous pour chercher le votre, pour n’avoir pas su être à la hauteur, pour avoir laissé mes problèmes personnels me guider vers la tourmente. Mais je suis aussi venu vous demander de croire à nouveau en moi, je n’ai pas perdu foi en ce que nous avons essayé d’imaginer et je suis revenu vers vous afin de le réaliser, avec votre soutien et votre assistance.
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By Amertume
#32989
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Parce qu'on a du style ou on n'en a pas.


Etre le PDG de la CTC et le Diktat de Corellia impliquait d'avoir assez peu de temps libre chaque jour qui passait. Chaque seconde de la journée était précisément calculée pour servir à quelque chose et il n'était pas question d'en gaspiller une seule sauf si c'était prévu dans l'emploi du temps. En l'occurrence, en cette belle journée de début d'été, alors que le soleil inondait la belle Coronet de sa lumière douce et magnifique, ça n'était malheureusement pas le cas ce qui était bien dommage. Le prince corellien soupira, debout devant les vitres menant à son penthouse personnel, contemplant avec envie l'extérieur.

Parfois, cela lui manquait d'être simplement un citoyen parmi d'autres et de pouvoir profiter de la vie comme dans sa jeunesse. Mais le temps, l'accident et le joug impérial avaient mis fin à cela, aussi surement que la Guerre Civile et le soutien secret de Corellia lui avaient enlevé cette possibilité. Puis la victoire l'avait plongé dans un travail plus grand encore lorsqu'il avait fallu assumer le fardeau du commandement de tout le secteur. Et puis il fallait dire qu'il n'avait plus vraiment eu de raison de s'accorder du temps pour lui depuis que Leia avait... Mais peu importe, ce qui était fait était fait, inutile de revenir dessus.

Une longue réunion avec le conseil d'administration de la CTC venait de prendre fin et elle avait été relativement irritante. Oh, tout se passait bien au niveau financier, le chiffre d'affaires annuel était excellent et les prévisions de l'année fiscale à venir crevaient le plafond. Mais comme d'habitude, les investisseurs avaient insisté lourdement pour qu'il songe à lâcher du lest pour se concentrer sur sa carrière politique. Son père lui avait appris à gérer ce genre de choses, ça n'en restait pas moins barbant et fatiguant à la longue.

Heureusement, un rendez-vous de dernière minute allait égayer un peu la journée. Une vieille connaissance perdue de vue il y a longtemps, qui revenait presque littéralement d'entre les morts. Vicki, sa secrétaire plus compétente que la moitié de ses chefs de départements, toujours présente et toujours travailleuse, appela à son bureau.

Vous avez rendez-vous avec une certaine Hayley Curwee, elle a insisté en disant que c'était urgent malgré le fait que vous ayez déjà un planning très chargé cet après-midi.
Hayley Curwee vous dites ? Eh bien, voilà qui est une bonne surprise. Dites-lui qu'elle peut entrer et tant que vous y êtes, reportez mes rendez-vous pour après-demain Vicki, vous serez adorable.
Mais, monsieur, cela fait déjà 2 fois que vous les reportez.
Eh bien jamais 2 sans 3 comme dit le proverbe non ? Je plaisante, vous me connaissez depuis le temps ! Dites-leur que pour me faire pardonner je serai bien plus coulant sur leurs propositions, ça devrait les apaiser un peu. Et prenez donc votre après-midi après ça, vous n'avez pas pris de congé depuis au moins 4 ans, respirez un peu !

La sulfureuse et dévouée Vicki se leva et s'adressa à la demoiselle qui attendait, elle avait semblé prête à mettre les voiles mais n'en eut pas le temps. Comme on l'avait dit, pas de temps à faire perdre au Diktat, quand on voulait le voir, on assumait jusqu'au bout ou on s'abstenait de le faire. Elle fut prévenue que le Gouverneur Général l'attendait. Ensuite de quoi, la secrétaire resta à son poste, bien décidée à attendre la fin de leur entrevue pour en savoir un peu plus. D'une certaine manière, Vicki était devenue avec le temps très territoriale et n'appréciait guère de voir de belles femmes entrer dans ce bureau. Appelez ça jalousie professionnelle.

Jim observa la Jedi le rejoindre, elle semblait quelque peu nerveuse et fuyait son regard malgré un sourire fragile. Il avait bien du mal à reconnaître là la jeune femme un peu hyperactive de leur première rencontre ou même de leur dernière, 4 ans auparavant. Quelque chose avait changé chez elle, elle semblait plus sérieuse mais aussi plus fragile, ce qui était loin d'être le qualificatif qu'il aurait pu lui donner. Il lui adressa un sourire confiant, il fallait qu'elle se sente à l'aise, il n'y avait pas besoin de cachotteries ou de faux-semblants entre eux.

Faites comme chez vous Hayley, et ne faites pas attention au désordre, j'ai encore laissé traîner quelques vieux dossiers en souffrance et voilà ce qui se passe quand on attend trop...

Ils s'assirent non pas sur leurs chaises de part et d'autres du bureau mais chacun sur un des canapés luxueux et furieusement confortables dont il disposait. Cela aidait après tout de faire des petites siestes par ci par là pour se requinquer. Ensuite de quoi, il resta silencieux le temps que la Jedi lui explique la raison de sa présence et lui confie tout ce qu'elle avait sur le cœur. Lorsqu'elle en eut terminé, un long silence suivit ses confessions, uniquement brisé par le bruit de l'air conditionné. Le Corellien resta sans mot dire, songeur et observant le visage de la jeune femme, le visage insondable.

Ensuite de quoi, il se leva, alla ouvrir un tiroir de son bureau qui cachait un petit mini-bar et sortit une bouteille de whisky corellien avant de leur servir un verre chacun - à moitié plein pour elle, seulement le minimum pour lui, on était quand même en début d'après-midi tout de même - et trinqua avec elle.

Acceptez ce verre Hayley - si si, j'insiste - on ne peut pas revenir d'un coin comme Impératrice Têta ou ils ne servent que de la piquette de basse-qualité sans se rincer un peu la gorge, c'est une question de sûreté médicale.

La bouteille resta sur la table entre les 2 canapés et Jim but rapidement son verre avant de le poser à côté. Il fut finalement temps de dire les choses.

De la manière dont je vois les choses, vous avez commis des erreurs, vous avez lourdement payé pour ça et vous avez finalement connu une chance de les réparer et vous racheter. Une vie gâchée par la vengeance, une nouvelle offerte pour la rédemption. Et de savoir que le monstre qui avait fait de si gros dégâts dans notre belle ville est maintenant avec ses semblables 6 pieds sous terre me suffit, peu m'importe comment vous avez fait.

Vous savez, je connais plutôt bien le Grand Maître Skywalker et il nous est arrivé de discuter une ou 2 fois de son Nouvel Ordre Jedi. Il a pu mentionner avec regret votre disparition et ne tarissait pas d'éloges sur vous, même s'il faut tempérer un peu cela. Après tout il tient bien pour meilleur ami une fripouille comme Solo, ha !


La tentative d'humour pouvait paraître un peu forcée, l'essentiel était qu'elle devait fonctionner et apaiser un peu la conscience de la Jedi. Le passé était le passé, il était temps qu'elle avance et laisse tout ça derrière elle. Après tout, qui ne commettait jamais d'erreur ? Lui-même dans sa jeunesse avait bien connu... Hum bon, ça n'est pas très important. Et si Luke l'avait jugée digne de redevenir une Jedi, Jim n'allait pas lui faire l'affront de l'envoyer promener après tout.

Vous avez mon pardon Hayley, même si je ne suis pas sûr d'être vraiment digne de vous le donner, nous nous connaissons assez peu et je pense que vous êtes une âme brave et bonne, vous avez simplement trébuché pour mieux vous relever. N'en parlons plus voulez-vous, ne vous mortifiez plus avec tout ça. En ce qui concerne votre demande maintenant... Si je ne me trompe pas, vous devez faire allusion à cette proposition il y a 4 ans de refonder les Jedi Corelliens ?

Je pensais l'affaire abandonnée après votre disparition mais Maître Morelion est venu l'an dernier pour solliciter ma bénédiction en ce sens. Je vais donc vous faire la même réponse que je lui ai faite. N'étant pas moi-même sensible à la Force, je ne saurais me prétendre capable de juger de la gravité de la situation ni objectivement apte à statuer sur celle-ci. En revanche, et je pense que vous le comprenez, j'apprécie l'idée que Corellia renoue avec une de ses plus nobles et anciennes traditions. Les Jedi Corelliens ont longtemps été une source de fierté pour tout le secteur et un symbole d'espoir et de courage.

Mais vous devez le savoir, ainsi que je l'ai signalé à Maître Morelion, je n'accepterai pas que l'Ordre de Corellia, s'il doit renaître, ne soit qu'un faire-valoir du Nouvel Ordre Jedi. Corellia ne soutiendra que Corellia avant toute autre chose. Si des Jedi Corelliens il doit y avoir, ils obéiront avant tout à l'un des leurs. Ce que vous ferez ensuite de votre autorité avec votre Ordre ne regarde que vous. Mais en aucun cas je ne pourrais soutenir un chapitre qui ne soit ni Corellien de pure souche ni capable de se gérer indépendamment de Coruscant.

Si ces conditions vous agréent et satisfont le Conseil, nous pouvons continuer cette discussion. Dans le cas contraire, j'ai bien peur que vous n'ayez fait du forcing auprès de Vicki pour rien.


Si le ton de Jim avait été au début chaleureux et affable, il avait progressivement changé pour devenir plus neutre et professionnel. Sans être froid ni cassant, le message était clair : Corellia avant tout, même la République, même les Jedi, malgré ses liens avec ces 2 entités.
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By Hayley Curwee
#33005
    Elle s'était enfilée le verre de whisky corellien cul sec, autant pour faire bonne figure que pour l'aider à calmer sa nervosité. L'alcool brûlant lui racla la gorge et elle avait l'impression de le sentir se diffuser à travers ses veines, sensation entêtante s'il en était. La blague sur Impératrice Têta lui arracha même un timide sourire, elle ne préférait pas s'appesantir sur cette partie de sa vie toutefois, si elle avait comporté une période de calme non négligeable, cela n'avait été qu'une demie-vie où elle s'était contentée de refaire les mêmes choses chaque jour dans sa semaine et ce, pendant près d'un an et demi. Une aliénation.

    Mais Jim avait tout fait pour la mettre rapidement à l'aise et à la tirade d'Hayley sur sa propre chute et la déception qu'elle avait dû être, il répondit par la sympathie et le pardon, quelque chose qu'elle avait espéré mais auquel elle n'avait jamais réellement cru.

      - Je vous remercie de m'accorder une seconde chance. Ce... je sais que ce n'est pas quelque chose de facile à faire, bien au contraire. Même si l'on s'est croisé régulièrement, je ne pensais pas être digne de mériter ça.

    L'émotion l'étreint, elle ne voulait pas exprimer cette émotion qui la taraudait, lui imposait de se laisser aller. Ne cède pas ma fille, essaye de garder une image de Jedi, ce que tu t'apprêtes à lui demander ne souffre pas la moindre erreur de ta part. Venait le temps des négociations, Hayley était venu avec un projet : celui de faire ouvrir un chapître Jedi corellien, uniquement composé de sensitifs venant du secteur mais, ayant toujours un lien direct avec le Nouvel Ordre Jedi, comme un subordonné, ainsi allaient les choses pour elle. Une première pierre d'achoppement venait de se glisser sur son chemin, il faudrait convaincre Jim qu'elle ne comptait pas faire de ce chapître un subordonné aux NOJ tout en gardant une certaine filiation à celui-ci, la tâche s'annonçait ardue, connaissant combien il semblait attaché à cette question. Elle hocha la tête :

      - Oui, c'est Maître Morelion qui m'a rappelé que j'avais pris des engagements à ce sujet, même si ce rappel tenait plus de la simple formalitée vu que j'avais déjà pour projet d'accomplir ce que je n'avais pu faire à l'époque. Je savais que j'avais quelque chose à réparer, que j'avais pris un accord auprès de vous. Je tenais à le mener à bien.

    Elle ôta son blouson de cuir, dévoilant un t-shirt déchiré et troué à plusieurs endroits et laissant entrevoir sur les côtés son soutien-gorge. Rien qui ne la gênait le moins du monde, à ce qu'il semblait, mais elle collait bien au look punk-rock qu'elle s'était dessinée :

      - Le Nouvel Ordre Jedi ainsi que moi-même n'avons jamais caché notre intention Jim, c'est un chapître du Nouvel Ordre Jedi que nous voulons ouvrir ici.

    Elle s'était permise de l'appeler par son prénom, une familiarité qu'elle n'avait pas souvent et pas avec tout le monde d'ailleurs. Elle espérait ainsi briser une barrière - celle de la distance - pour peut-être le convaincre.

      - Corellia mérite de retrouver une partie de ce qui faisait alors sa toute puissance, cela passe par des sensitifs du secteur qui songent à protéger le secteur, mais pas uniquement et pas au détriment du Nouvel Ordre Jedi.

    Elle le fixa droit dans les yeux, fronçant légèrement les sourcils, elle se doutait bien qu'il serait difficile de faire passer l'idée, mais il fallait essayer.

      - J'ai retrouvé Matarmeno Krahnn, il était aux mains d'un groupe très dangereux, des activistes politiques, à ce qu'il semble.

    Elle quitta le confort du divan, s'avançant en direction de la baie vitrée du bureau de Jim, observant par celui-ci les fourmis qui s'agitaient en contrebas, faisant leur chemin sans se soucier des problèmes qui troublaient la Jedi et le diktat.

      - Je les ai vus en action, ils sont organisés et ils ont un but bien calculé sous-tendant leurs idéaux nauséabonds.

    Pause. Pourquoi avait-elle dérivé du sujet ? Pour mieux y revenir :

      - Vous allez avoir besoin de nous Jim, je sais que la plupart du temps nous ne nous mêlons pas de politique, mais nous ne pouvons pas laisser cette gangrène s'installer.

    Si la Ligue Humaine s'installait, voilà qui mettrait fin à l'espoir d'apporter l'harmonie dans un secteur qui se remettait doucement du mal qu'avait fait l'Empire. Elle se retournait vers lui, hochant de la tête en parlant :

      - Vous avez besoin de nous et nous avons besoin de vous. Et je sens à travers la Force que ne rien faire pourrait briser la paix relative de ce secteur. Cette Ligue Humaine prends de l'ampleur et elle peut être une menace autant pour nous que pour vous. Retenir Matarmeno n'était qu'une première étape, je ne serais pas étonnée qu'ils s'en prennent par la suite autant à nous qu'aux aliens.

    Elle se rapprochait de lui, s'installant à demi sur son bureau :

      - C'est pourquoi il vous est nécessaire d'accepter et avec moi vous aurez l'appui du Nouvel Ordre Jedi. Nous ne pouvons pas couper ce lien.

    Elle ne le voulait pas, surtout. Elle voyait ça comme une trahison envers Luke Skywalker, l'un des seuls qui lui avait tendu la main et lui avait permis de revenir parmi les siens. Il fallait impérativement qu'elle le fasse changer d'avis sur le sujet. Mais retirer son indépendance à un corellien était quelque chose de fichtrement difficile…

      - J'ai de grands projets pour ce chapître, de quoi redorer le blason d'un ordre oublié, aider la population locale, donner un sentiment de fierté à tous, mais il ne peut pas se faire hors du cadre que je vous offre.
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By Amertume
#33010
Jim écoutait attentivement le plaidoyer de la Jedi sans mot dire. Et plus il entendait, moins tout cela lui plaisait. Oh, il comprenait très bien le point de vue du Nouvel Ordre Jedi, il était bien normal qu'ils n'aient pas trop envie de concéder l'existence d'un Ordre en tout point semblable au leur mais totalement indépendant et sans autre filiation que leur nom et leurs croyances. Cela, Jim pouvait le comprendre sans problème. Mais il était aussi et avant tout un Corellien. Son soutien à l'Alliance puis la Nouvelle République avait beau être total, sa patrie avait compté, comptait et compterait toujours avant toute chose. Là était le problème.

Et c'est bien là le souci Hayley. Car vous ne pourrez pas bâtir un chapitre du Nouvel Ordre Jedi ici. Ça n'arrivera pas.

Et il ne lâcherait rien sur ce point. Le Gouverneur Général était un homme d'affaires acharné et vif qui n'avait pas pour habitude de dévier de ses objectifs quand il se les fixait. Et encore moins quand il s'agissait de la quiétude spirituelle de ses concitoyens. En revanche, la suite fut bien moins à son goût et il savait reconnaître un avertissement lorsqu'il en entendait un. Il ne fit aucun commentaire lorsqu'elle se mit à son aise mais s'autorisa un sourire amusé en voyant plus en détail son style vestimentaire.

Pas du tout l'image d'une Jedi telle que je me la représentais, vous ressemblez plutôt à ces jeunes Corelliens du temps de ma jeunesse qui aimaient à faire la fête dans les boîtes de nuit les plus huppées de Coronet.

Le prince corellien se leva également du canapé pour aller à son bureau. Là, il y consulta un datapad classé confidentiel silencieusement tandis que la Jedi lui expliquait ses aventures. Puis il soupira. Evidemment, il n'aurait pas dû être surpris de la concordance entre ce rapport et les allégations de la jeune femme. Luke avait jadis plaisanté sur le côté casse-cou de sa compatriote mais le côté positif c'est ce que ça confirmait qu'elle était bien une Corellienne pur sang.

Ceci, est un rapport qui m'est parvenu ce matin même de la part du commissaire de la CorSec, Rafael Eridan. Il y est fait mention de la découverte dans le Secteur Bleu d'un complexe de la Ligue Humaine qui aurait été dévasté par on ne sait qui. Les quelques survivants qui ont été interpellés ont avoué leur appartenance à ce groupuscule et ont affirmé que des ennemis invisibles avaient pris d'assaut leur complexe pour en sortir quelque chose. J'imagine que votre histoire a un lien même ténu avec tout ceci.

Vous savez Hayley, les agissements et les exactions de la Ligue ne me sont pas inconnus. Depuis mon entrée en fonction, je lutte contre ce groupe terroriste et je lutte pour que tout nos concitoyens corelliens restent soudés. Il y a des hauts et des bas mais jusqu'ici, rien ne semblait aller trop loin, ils étaient plus une épine dans notre pied qu'un vrai danger. Et maintenant... Vous voyez ou je veux en venir n'est-ce pas ? Ce sont peut-être vos actes qui vont les pousser à monter d'un cran dans leurs attentats.

Dites-moi, que suis-je censé faire si Eridan m'apprend que parmi les enregistrements trouvés dans les ruines, vous apparaissez ? J'imagine que vous n'avez en prime pas agi seule, quoique je ne serais pas si étonné que ce soit le cas vu votre réputation explosive.


Un silence songeur de nouveau. Les paroles de Jim seraient peut-être dures à entendre mais elles n'en seraient pas moins catégoriques. Et son clin d’œil appuyé contredisait son air sévère. Il n'était pas question de se critiquer l'un l'autre ou se cracher des insultes, juste de mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes.

Je ne souhaite pas plus que vous couper tout lien avec le Nouvel Ordre Jedi. Mais vous êtes Corellienne comme moi, vous pouvez comprendre ce que je dit. J'ai toujours lutté pour que le secteur soit indépendant et se débrouille sans l'ingérence de puissances extérieures dans ses affaires. En si bons termes que je puisse être avec le Grand Maître, je ne peux pas faire d'exception. Pour personne.

Vous aviez raison, je ne suis pas sensitif comme vous mais je sens que nous aurons besoin de nos Jedi Corelliens pour affronter la Ligue. Mais justement, des Jedi Corelliens. Je ne peux pas accepter de financer, de protéger et de soutenir un chapitre d'une puissance étrangère, qu'elle soit amie ou non. Il n'y aura aucune ingérence du Nouvel Ordre Jedi dans les affaires de l'Ordre de Corellia, ou il n'y aura pas d'Ordre de Corellia. Rien ne vous oblige à couper votre lien avec Coruscant, mais Coruscant ne dirigera rien sur notre secteur.


Non négociable. Hayley pourrait bien essayer tout les arguments qu'elle avait, même contacter Luke pour l'aider, ça ne prendrait pas. Ce rêve qu'ils avaient tout deux eu à ce même bureau, 4 ans auparavant, lorsque les choses étaient plus simples, ne mourrait pas pour satisfaire le besoin de s'étendre du Nouvel Ordre Jedi. Corellia accueillerait ses Jedi dévoués avant tout à leur patrie ou n'accueillerait personne.
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By Hayley Curwee
#33020
    La réponse de Jim avait été aussi sèche que le claquement du couperet qui tranche une gorge. Ainsi donc il n’y avait pas de place sur Corellia pour un chapître du Nouvel Ordre Jedi. Ce n’était du moins pas ce que le diktat qui présidait à l’heure actuelle désirait. Elle tourna la tête sur le côté, évitant de fixer Jim pour essayer de réfléchir à une solution, sa bouche se tordant tandis qu’elle réfléchissait à un moyen de le faire plier. Il n’y en avait aucun, elle le réalisait, elle n’était certes pas en position de faiblesse pour négocier, mais elle n’avait toutefois pas la supériorité qu’elle s’était imaginée. Que faire alors ? Repartir auprès du Nouvel Ordre Jedi la queue entre les jambes, en expliquant que le coin n’était pas prêt à accepter leur implantation ? Ou rester et accepter ses conditions ?

    Elle offrit un sourire malicieux à son compère quand il revint sur la drôle d’histoire qui avait prit place dans le Secteur Bleu. Un sourire qui avouait sans détours que c’était là son oeuvre, même si elle n’avait pas été seule à prendre part à cette affaire. Mais la rouquine répondit avec autant d’effronterie que d’aplomb :

      - Si d’aventure il devrait vous parvenir quelque chose concernant cette sale affaire, je doute que quoi ce que soit trouvé sur place ne puisse m’accuser directement d’y avoir participé. A dire vrai la seule chose qui pourrait l’être pourrait être la chose ou la personne que quelqu’un aurait pu venir chercher sur place, à supposer que ce soit bien ça qu’on y est venu trouver.

    Bien sûr qu’elle avouait à demi-mots, n’était-ce pas le mieux de toute manière ? Jim était son seul tremplin sur place pour la fondation de quelque chose, tout ce qu’elle avait imaginé, tout ce qu’elle avait construit avait Jim Antilles pour départ : argent, accès… S’il voulait que les Jedi reviennent ici, il avait besoin d’elle, si elle voulait pouvoir les installer ici, elle avait besoin de lui.

      - Il est possible effectivement que ce soit le titillement de trop pour la Ligue, mais en les forçant à entrer dans la lumière, ils seront plus faciles à trouver, ne croyez-vous pas ?

    Mais elle ressentait de la culpabilité à ce propos, si à l’avenir des personnes devraient subir le mal de cette faction, elle y serait mêlée de près ou de loin, elle en serait l’un des points de départ. Un nouveau péché à porter à son crédit, en ce cas.

      - Que nous nous entendions bien sur vos conditions et que chacun dise les mots clairement : la condition sine qua none de l’implantation de Jedi sur ce secteur est qu’il soit indépendant du Nouvel Ordre Jedi, c’est bien ça ?

    Mais elle savait déjà qu’il allait dire oui, parce qu’il l’avait déjà dit avant même si c’était moins brutal. Autant acter les choses si c’était ce qu’il voulait. Elle avait travaillé trop dur pour abandonner si près du but. L’Ordre Jedi de Corellia avait toujours été indépendant, même sous l’Ancienne République, ça n’avait pas empêché les Jedi Corelliens de voir le Nouvel Ordre Jedi comme des frères. Mais elle doutait...cette condition, elle avait du mal à croire que le Conseil l’accepterait sans sourciller, deux ou trois maîtres en particuliers seraient certainement contre. Que faire ? En parler au Conseil et aviser ? Cela semblait le plus sage, mais quoiqu’il arrive elle doutait de voir ce dernier parvenir à faire plier l’homme. Pouvait-elle prendre le risque de ne plus obtenir une autre chance concernant cette possibilité ? Et si le Nouvel Ordre Jedi l’avait envoyé, c’est qu’il lui faisait confiance pour régler les choses, le jugement d’Hayley était donc primordial sur le sujet. Et puis Maître Morelion avait déjà eu affaire à Jim Antilles, ce dernier lui avait déjà clairement exposé les choses. Que pouvaient-ils espérer de plus ? Elle réfléchissait à toute vitesse, il semblait qu’une décision devait être prise maintenant. Rien n’empêchait de négocier les choses pour qu’il n’y ait que peu de distances entre l’Ordre de Corellia et le Nouvel Ordre Jedi. De toute manière, il y avait un préalable qu’elle devait discuter avec Jim Antilles :

      - Si nous devons créer un Ordre indépendant du Nouvel Ordre Jedi et que je dois en faire partie, je refuse de couper les ponts avec eux, nous tendrons la main à mes amis, je ne veux pas qu’ils croient que c’est une séparation qui se crée car c’est une amitié qui commence, suis-je claire ?

    Mais cela ne réglait pas l’un des premiers problèmes qu’elle entrevoyait dans la proposition de Jim :

      - Au niveau politique, comment allez-vous faire ça ? La loi constitutionnelle de la Nouvelle République concernant la religion Jedi est très claire, si nous continuons sur cette voie il va nous falloir nous faire reconnaître ou…

    ...quitter la Nouvelle République ? Elle avait du mal à croire que le Sénat Républicain approuverait cette séparation pour créer un autre Ordre Jedi, quand bien même Corellia et son secteur était influent et pesait dans le jeu politique. Le Sénat y verrait certainement la volonté pour Corellia de se distinguer, voire même de faire un premier pas vers la sécession. Certes, la constitution de la Nouvelle République ne prévoyait pas de forcer ses adhérents à appliquer ses lois si l’on s’en référait à l’article 9 mais...c’était clairement une pirouette politique et cela pourrait provoquer un tollé dans le Sénat.

      - J’ai peur que votre volonté ne vous porte préjudice, si nous continuons sur cette voie, vous serez dépeint en sécessionniste, rappelant les heures les plus sombres de l’Ancienne République, certains se demanderont même certainement si vous ne jouez pas le jeu de la Ligue Humaine, pour ceux qui auront connaissance de son existence. C’est extrêmement risqué et ça va vous apporter plus d’ennemis que d’amis au niveau politique, je crois. Vous êtes prêt à assumer cette possibilité ?

    C’était son dernier argument pour essayer de le ramener vers la raison, essayer de lui expliquer combien son choix était risqué et coûteux, mais elle connaissait Jim Antilles un petit peu, il était plutôt timoré, elle doutait donc que ce genre de craintes ne l’effleurent réellement, mais elle voulait être sûre également que s’il s’engageait dans cette voie qu’il voulait qu’elle prenne, il serait à ses côtés jusqu’au bout, elle refusait de devoir faire ça sans soutien, ce serait au-dessus de ses forces.

    Elle s’avança vers la bouteille de whisky, se versant un nouveau verre à elle et à lui, pour lui apporter à son bureau, sur lequel elle se réinstalla, sa conduite était claire et toute sa gestuelle le laissait deviner, s’ils s’aventurait sur ce terrain là, il n’y aurait pas de retour arrière.
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By Amertume
#33049
A son effronterie et ses manières malicieuses, le prince corellien sourit d'une manière qui aurait pu rappeler un certain ex-contrebandier coquin et charmeur. Comme quoi il se pouvait bien que c'était un trait qui venait simplement de leur patrie à tous. Il appréciait la Jedi et pas uniquement parce qu'elle était séduisante et à son goût. Ceci en l'occurrence était un détail bonus, il n'avait pas l'habitude de sortir avec ses partenaires de travail, ça ne donnait jamais rien de bon à long terme. Il l'appréciait pour son franc-parler et son attitude bien éloignée de la solennité typique des Jedi qu'il trouvait passablement fatigante par moment.

Je ne sais pas trop Hayley, vous avez été dans l'Alliance, avez-vous l'impression qu'en ayant été dans la lumière après Yavin nous ayons été plus faciles à abattre ?

Un contre-exemple qui valait ce qu'il valait mais avait le mérite de montrer qu'au petit jeu de qui aurait le dernier mot, le Gouverneur Général se débrouillait aussi bien voire mieux que sa camarade aussi entêtée qu'impulsive. Le ton de la réplique avait été plus convivial que précédemment. Sous sa carapace de businessman et politicien vétéran, Jim savait se montrer tel qu'il était, juste assez pour confondre ses interlocuteurs.

Vous avez bien compris, l'Ordre de Corellia n'obéira qu'à lui-même et surtout à un Maître Jedi Corellien, ni plus, ni moins. Vous êtes libres de garder un lien avec le Nouvel Ordre Jedi, je serais bien injuste et culotté de vous ordonner de vous en séparer. Vous pouvez même les inviter à venir résider dans votre temple si cela vous importe tant et ils sont libres d'échanger avec vous. Mais la direction de l'Ordre ne devra pas souffrir l'ingérence de quelque puissance étrangère que ce soit.

Venait la partie la plus délicate du projet. Elle semblait résignée et même d'accord sur les termes de leur arrangement mais abattait sa dernière carte, pour le faire plier ou l'avertir. Oui il était évident que cela risquait de faire grincer quelques dents au Sénat voire parmi le Haut-Conseil. Mais peu de membres de la Nouvelle République pouvaient se prévaloir du rôle central joué par Corellia durant la Guerre Civile et au service de l'Alliance. Jim fit un geste méprisant de la main comme pour balayer de côté ses inquiétudes.

Je suis déçu de vos si maigres connaissances sur votre patrie Hayley. Premièrement, Corellia jouit d'un statut particulier au sein de la Nouvelle République et d'un certain nombre de libertés accordées seulement à nous pour notre aide passée. Deuxièmement, l'article 4 précise bien que toute religion est librement reconnue par le Sénat et que chacun est libre d'adhérer à celle de son choix. En principe, vous resterez des Jedi quand bien même vous seriez indépendants, il ne sera donc pas forcément obligatoire d'obtenir la permission du Sénat. Du moment que le Conseil ne vous rejette pas, nous ne devrions pas avoir de difficultés à convaincre le Sénat ou les dilettantes de votre appartenance.

Oh, il se pouvait qu'il y ait quelques éclats de voix et quelques sénateurs qui hurleraient au scandale et autres joyeusetés. Mais en toute franchise, Jim ne pensait pas qu'ils puissent obtenir grand-chose contre Corellia. Quand à ceux qui auraient dans l'idée de venir l'accuser de fomenter une sécession, il les attendait de pied ferme. L'un des signataires du Traité Corellien n'avait pour ainsi dire que peu à craindre à ce niveau.

Pour être honnête Hayley, j'aime profondément la Nouvelle République mais j'aime encore plus mon secteur. Si je devais avoir à choisir entre les deux, vous savez surement quel serait mon choix. Mais je suis prêt à affronter d'éventuels hurlements des chacals aux abois. De fait, si nous en venons à de telles extrémités et accusations, je crains que cela n'en dise beaucoup sur l'état de la République. Je ne m'en fait pas trop, avec quelqu'un comme le sénateur Bel Iblis pour nous représenter, il n'y a pas de quoi avoir peur.

Le prince corellien accepta le verre que sa compatriote lui tendit, rempli, et en but une gorgée ou deux en la remerciant d'un hochement de tête. Il était maintenant temps de discuter des détails.

Maintenant, en ce qui concerne notre projet, je peux mettre à disposition de l'Ordre un budget alloué de 5 millions de crédits par mois que vous pourrez utiliser pour vos besoins. Il va de soi que vous devrez rendre compte de ce que vous en ferez, simple mesure de confiance vous comprenez. Dans les faits, vous resterez libre d'en user comme bon vous semble mais étant donné qu'il s'agira d'un fond d'aide du Diktat, mon administration aura besoin de traces. Les joies de la bureaucratie, vous vous en rendrez vite compte.

Et également, mon gouvernement s'engagera à vous fournir protection et assistance en cas de besoin. En contrepartie, vous devrez assurer la renaissance de l'Ordre, le recrutement de jeunes Jedi Corelliens et leur formation et surtout, vous préparer à assumer vos tâches de gardiens et protecteurs du secteur. Oh et il faudra que vous travailliez un peu votre image, parce que vous allez également devoir vous faire connaître du public si vous voulez que la population renoue avec ses anciennes traditions.


Ce qui voulait dire : une campagne marketing à prévoir dans tout le secteur pour vanter les mérites des Jedis Corelliens. Sans oublier la reconstruction de l'Ordre en parallèle. Il fallait espérer que la belle Jedi ne comptait pas avoir de vie privée ni de temps libre dans les mois - voire années - à venir parce qu'elle n'en aurait probablement quasiment pas.
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By Hayley Curwee
#33075
    Bon. Et bien ça n’avait pas réellement fonctionné. Dommage. Elle fit une moue un peu gênée et s’enfila le nouveau verre de whisky cul sec. Sa gorge la brûlait mais cette fois-ci la brûlure était devenue un peu plus agréable. Le deuxième godet était toujours le meilleur, la gorge avait eu le temps de s’habituer au passage, il n’y avait plus de choc, on pouvait savourer pleinement l’alcool à partir du second verre.

    Elle acquiesça, elle avait bien compris les conditions tout comme elle en comprenait les raisons. Jim voulait juste protéger Corellia et une certaine idée de l’indépendance qu’elle avait toujours connu. Elle ne pensait pas que c’était la meilleure solution, pour elle un mauvais signal était envoyée à la Nouvelle République et il était fort probable que dans l’ombres certains conspireraient pour tirer parti de cette demande. Mais en tout état de cause si elle voulait voir s’implanter des Jedi dans ce secteur c’était la seule solution qu’elle avait. Quelque chose clochait, lors du passage de Maître Morelion il devait y avoir eu une discussion entre le Jedi et le diktat, elle doutait que Jim ne lui ait pas fait la même réponse qu’à elle, dans ce cas pourquoi il n’en avait pas fait mention quand il lui avait demandé de retenter sa chance pour implanter un chapître ici-même ? Voulait-il la voir échouer ? Pensait-il qu’elle parviendrait à persuader Jim qu’un chapître du Nouvel Ordre Jedi serait le mieux pour lui ? Dans le second cas, il avait eu tort. A la déception que Jim affichait concernant la méconnaissance du particularisme corellien elle répondit par un geste vague :

      - Oh, vous savez, moi la politique…

    Ca lui passait bien au-dessus, au delà même de l’idéologie elle suivait ses propres principes humanistes et tant mieux s’ils rejoignaient un mouvement déjà existant. Tant mieux pour le mouvement s’entend.

      - Ma foi si vous pensez que ce sera une partie de plaisir de ce côté de la barrière, je ne me défilerais pas de mon côté.

    Il semblait que le destin la conduirait inéluctablement à affronter le Conseil, encore une fois. Elle doutait que la grande majorité de l’institution Jedi ne prenne la nouvelle avec un sourire complice accompagnée d’une tape sur l’épaule pour l’encourager. Oh ça non. Et cela ne la réjouissait pas tellement d’en arriver là. Elle lança un regard implorant à Jim, l’espace d’une seconde, juste le temps pour elle de lui faire comprendre que cette position dans laquelle il la mettait ne lui convenait pas vraiment, mais ce regard avait disparu aussi vite qu’il avait existé.

    En tout cas Jim était bien un homme d’affaires, cela déclencha un sourire en coin sur le visage de la Jedi quand elle constata qu’il allait droit au but sur la question du budget alors qu’elle-même envisageait de parler du statut. Et de compléter la chose en arguant que Hayley devait être la pierre angulaire de ce Nouvel Ordre Corellien et que, pour cela, elle devrait se mettre en avant. L’idée n’était pas pour la mettre à l’aise, bien au contraire, Hayley n’avait jamais aimé attirer la lumière sur elle, autant dû à son caractère qu’à sa fonction d’Ombre Jedi. Elle avait toujours préféré rester dissimulée et imprévisible. S’exposer c’était donner du grain à moudre à ses adversaires, prêter le flanc à toutes les attaques. Et puis devenir un personnage public allait probablement l’entraîner dans une bataille de tous les instants avec les journalistes, ce qui l’épuisait d’avance.

      - Je vous remercie de votre proposition, je n’en attendais pas tant je dois bien l’avouer. Le mécanisme de contrôle budgétaire que vous souhaitez mettre en place est plus que compréhensible et il ne me pose aucun problème. Néanmoins je veux qu’il soit écrit noir sur blanc que cette dotation ne nous contraint en rien au service du gouvernement du secteur mais bien au service du secteur lui-même en accord avec les principes Jedi de paix et d’harmonie.

    Elle aussi voulait un levier de contrôle. Elle connaissait le dirigeant présent de Corellia et elle le savait droit et juste au plus haut point. Mais elle voyait à long termes : qu’arriverait-il si le prochain dirigeant n’était pas de cette trempe. Si des membres de la Ligue Humaine venait à prendre le pouvoir ? Impossible pour elle et les Jedi Corelliens de suivre un tel gouvernement.

      - Si une séparation doit avoir lieu d’avec le Nouvel Ordre Jedi, il est primordial que nous convenions d’affirmer que nous sommes une organisation soeur et que nous voulons avant tout les assurer de notre amitié. Ils auront le droit de fouler notre sol et de nous venir en aide si nous le demandons. Si vous en convenez je songeais à leur allouer une partie de la dotation que vous nous fournissez, ne voyez pas ça comme un tribut ou je ne sais quoi d’autre, mais plutôt la volonté de se remonter ensemble en se serrant les coudes.

    De toute manière elle doutait que l’argent ne suffise à acheter la tranquillité de ce qu’il avait projeté de créer.

      - La priorité va être de reconstruire le Temple Jedi de Corellia, mes amis ont pu y faire un tour, l’édifice semble en ruine depuis que l’Empire y a fichu son nez. Je ne serais pas contre quelques hommes de la CorSec pour appuyer la défense du Temple dans un premier temps, il ne va pas falloir se leurrer, les Jedi présents ici ne pourront pas protéger l’endroit avant au moins une bonne vingtaine d’année pour ce qui est de l’autonomie. Du reste avoir un personnel formé est toujours bon à prendre, le Nouvel Ordre Jedi à ses rangers antariens, la CorSec n’a certes pas de nombreux sensitifs comme les antariens mais leur expérience nous aidera, si vous nous le permettez bien sûr. Il va falloir également réfléchir à l’aménagement du Temple mais si vous le souhaitez je pourrais prendre l’initiative de vous produire quelque chose, j’ai déjà de nombreuses idées à ce sujet.

    Courte pause, juste le temps de fixer Jim dans les yeux, pour s’assurer qu’elle ne faisait pas fausse route.

      - Il va falloir lancer un appel, des survivants de l’Ordre de Corellia aurait pu ne pas répondre à l’appel du Nouvel Ordre Jedi par patriotisme, tout comme Matarmeno Krahnn. Et enfin… Si nous voulons refonder l’Ordre il va nous falloir étudier la possibilité de faire des tests au nouveau-nés et de légiférer sur la question…

    Elle ne voulait pas arracher des innocents aux bras de leurs parents, aussi faudrait-il trouver un compromis viable.
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By Amertume
#33076
Jim haussa un sourcil, l'air faussement offensé.

Vous ne croyez tout de même pas que je vous propose un budget alloué pour faire de vous une simple force politique destinée à renforcer mon pouvoir ? Voyons Hayley, vous devriez vous rappeler que je suis un politicien honnête.

Un oiseau rare donc. Il était évident que l'Ordre de Corellia ne serait pas cantonné à un simple rôle de faire-valoir, pour le coup ils pouvaient être sûrs que ni le Sénat ni le Nouvel Ordre Jedi n'apprécieraient la blague et Jim n'était pas stupide ni fou au point d'en arriver à de tels extrêmes. Il ne cherchait pas à obtenir du pouvoir en plus - après tout il dirigeait déjà tout un secteur, l'un des plus riches de la galaxie - ni se faire bien voir. L'objectif serait tout autant de permettre de renouer avec les traditions de leurs ancêtres que d'offrir plus de sécurité à ses compatriotes.

Bien sûr, cela prendrait du temps, beaucoup de temps.

Ce que vous ferez de l'argent qui vous sera versé ne regardera que vous, quand bien même le Diktat en sera constamment informé. Si vous pensez que verser une part de cette aide à votre Conseil les apaisera, faites donc. Vous devriez aussi discuter avec le Conseil au plus tôt afin de leur expliquer les termes de notre accord et mes conditions.

Et tant pis si ça puait bien trop la corruption de bas étage à son goût. Jim n'était pas naïf au point de croire que personne n'était incorruptible ni n'avait ses moments de faiblesse, même si ça cassait un peu l'image qu'il s'était faite des Jedi depuis leur ralliement à l'Alliance une décennie plus tôt. Le Corellien resta songeur en réfléchissant à la suite des propos de sa compatriote.

Je peux m'arranger avec le commissaire Eridan pour qu'il assigne quelques hommes et femmes de la CorSec à la protection de votre temple. Ne vous attendez pas non plus à des centaines de troupes dans votre périmètre, entre la gestion des affaires courantes et la traque de la Ligue, disons que les effectifs sont pas mal nécessités un peu partout. Quand à votre temple et son aménagement, faites selon vos idées, cela ne regardera que vous. Au pire, je peux vous mettre en contact avec Eridan pour qu'il vous apporte son aide dans la conception de défenses du temple. En fait je vais même organiser ça immédiatement maintenant que j'y pense.

Le prince corellien sauta de son bureau et se dirigea vers la sortie, ouvrit la porte et vit que malgré ses instructions, sa jeune secrétaire était toujours à son poste. Il poussa un soupir faussement attristé, il aurait dû se douter qu'elle resterait là. Même l'autorité du Diktat avait ses limites en matière de cœur. Il offrit un de ses sourires étincelants à la jeune femme.

Vicki, puisque vous êtes encore là, vous pourriez être adorable et prévenir le commissaire Eridan qu'il a rendez-vous pour... Regard interrogateur vers la Jedi. Disons dans 2 jours, à 9h30 ? Ça devrait faire l'affaire je pense. Avec la Maître Jedi Curwee, dans mon bureau ce sera plus simple. Et ensuite, de grâce, prenez donc votre après-midi !

De retour dans le bureau après avoir fermé la porte, un sourire exagérément contrit à l'attention de la Jedi, Jim alla se rasseoir face à elle, croisant les jambes, mains croisées, offrant l'image du playboy décontracté. En vérité il réfléchissait à cette dernière question.

Ma foi il me paraît évident que pour qu'il y ait un Ordre de Corellia, vous devrez recruter de jeunes sensitifs corelliens. La difficulté proviendra peut-être de ce que je ne sais pas vraiment comment le Nouvel Ordre Jedi fait pour discerner les sensitifs des autres. Si vous êtes au courant, cela nous aidera beaucoup. Pour le reste c'est assez simple : il sera hors de question de forcer quiconque à faire partie de votre Ordre contre son gré. Les Jedi Corelliens doivent être volontaires et sincèrement attachés au devoir qui sera le leur sinon ça ne servira à rien.

Une campagne de sensibilisation me semble une bonne idée, avec vous pour expliquer devant les médias votre projet. Dans le cas ou vous trouveriez des enfants qui soient sensibles, il vous faudra l'accord des parents pour se faire, dans le cas contraire vous y renoncerez. Je ne sais si les Jedi sont autorisés à garder des liens avec leur famille même après leur intronisation ? Un point qui pourrait vous aider en cas de problèmes avec les parents de potentiels candidats. Au besoin signalez-leur qu'ils ne partiront pas jouer les héros avant quelques années de formation.
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By Hayley Curwee
#33093
      - Ca me conviens parfaitement.

    Cela lui laissera même le temps d’y réfléchir et de présenter un projet viable au chef de la sécurité, elle l’avait envisagé comme un objectif lointain jusqu’alors, rien qui ne lui avait permis d’étudier la chose sérieusement donc.

      - Concernant le recrutement des plus jeunes nous sommes sur la même longueur d’ondes. J’ai acquis la certitude que ce type de recrutement avait pu avoir un impact sur la perception qu’ont les gens des Jedi, c’est probablement une des raisons qui a fait que nombres de personnes n’ont pas remis en question la propagande de l’Empire suite à l’Ordre 66, nous étions déjà peut-être perçu comme des voleurs d’enfants par certains…

    Rapide pause, le temps pour elle de déterminer si elle faisait là une erreur qui la précipiterait vers le tombeau et celui des Jedi Corelliens.

      - Il n’y a pas d’autres moyens, c’est le seul qui nous permette de récupérer efficacement les sensitifs. La méthode reste relativement simple : il suffit de déterminer le nombre de midi-chloriens dans cellules sanguines, un simple prélèvement de sang lors des naissances nous donnera la réponse quant à la sensibilité, car plus le taux est élevé, plus le potentiel est grand. Il va falloir mettre ce protocole en place, mais pour cela il faut l’accord du secteur entier.

    Et elle lui lança un regard interrogateur qui exprimait clairement sa question : “Vous pensez pouvoir y arriver ?”.

      - Si cette ‘formalité’ est acceptée, nous aurons le moyen de savoir qui pourra devenir un Jedi ou non. Je mettrais en place des recruteurs pour parler avec la famille et mettre en place un climat de confiance, les gens doivent savoir que cet Ordre se fait avec eux, pas contre eux. Quant au lien entre un élève et sa famille…

    Elle laissa la phrase en suspens. Que faire ? Les Jedi de l’Ancienne République recommandaient de couper tout liens avec les proches pour éviter le Côté Obscur. Mais on voyait où ça les avait menés. L’Ordre de Corellia avait toujours été un ordre familiale, même par le passé, des générations et des noms illustres avaient jalonné l’histoire de cet Ordre et on ne pouvait pas renier cette partie du particularisme corellien.

      - Nous maintiendrons un contact avec la famille, contrôlé certes, surtout pour le début de l’apprentissage, mais nous apprendrons à la nouvelle génération à contrôler ce lien et le rapport qu’elle entretient avec lui. La privation d’une chose ne permet pas de mieux s’en protéger, l’Histoire nous l’a cruellement apprit. En leur apprenant à être à l’écoute de leurs émotions ils pourront mieux les maîtriser, je le pense sincèrement.

    Le destin se chargerait de lui administrer une cuisante leçon si sa foi en ce principe était une erreur, de cela elle était assurée.

      - Nous allons devoir faire la promotion de cela, mais nous devrons la faire ensemble. Ce projet nous concerne tous les deux, nous y sommes impliqués du début jusqu’à la fin. Cet Ordre ne m’appartiendra pas, il n’appartiendra pas au gouvernement du secteur. Il appartiendra aux Corelliens avant tout.

    Son regard était ardent, comme animé par la passion de quelque chose qu’elle avait imaginé depuis longtemps mais qu’elle n’avait pas pu réaliser :

      - Avec les moyens que vous nous offrez nous pourrons faire de grandes choses, j’avais déjà réfléchis à de nombreuses possibilités qui nous permettront de rester en contact avec la population et de ne pas être considérés comme une faction oligarchique perdue dans sa tour d’ivoire. Nous pourrons mettre en place un vaisseau qui parcourra le secteur, se déplaçant de planètes en planètes pour aider les gens dans le besoin, appuyer les hôpitaux et aider les gens en grandes difficultés. Nous ouvrirons un pôle au sein du Temple pour les recevoir et leur permettre de trouver assistance auprès de nous.

    Courte pause, de nouveau.

      - La Force est un don, pas une caractéristique élitiste dont seuls certains devraient pouvoir bénéficier, le secteur Corellien doit savoir que les Jedi sont autant au service de la Force qu’à leur service, cela passera par une assistance régulière aux plus démunis.

    Ce projet, elle le mûrissait depuis de nombreux mois, voire même des années, il s’était ancré en elle comme une nécessité, la volonté de partager avec autrui les fruits de la Force, de démontrer à ceux qui les avaient abandonnés que les Jedi avaient toujours été là pour le bien de tous, pour défendre et servir le Côté Lumineux de la Force mais aussi de l’âme humaine.

    Restait-il des choses à aborder ? Rien ne lui venait à l’esprit, mais peut-être que Jim avait d’autres choses à voir :

      - Avons-nous oublié quelque chose ? Ou avons-nous fait le tour ?

    Toute la question logistique avait certes été occultée mais la Jedi n’envisageait pas d’y passer un temps fou.

      - Je me tiens à votre disposition pour tous les spots que vous voudrez réaliser, ainsi que d’éventuels discussions avec des représentants du secteur si besoin est. Je vous transmets également au plus vite la méthode de détection des midi-chloriens. Je vais me tenir prête également pour discuter de la reconstruction et de la sécurité avec M. Eridan. Et une fois que nous aurons fait le plus gros… Je tâcherais de discuter de tout cela avec le Conseil.

    Qui ne serait probablement pas simple à convaincre.
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By Amertume
#33100
La chose l'étonna quelque peu. C'était donc aussi simple que cela ? Ainsi donc, la chose la plus mystérieuse, la plus étrange et la plus merveilleuse qui soit dans cette galaxie se mesurait simplement en faisant une prise de sang et en observant les données ? Eh bien, voilà qui démystifiait fortement tout cela et dans un sens ça enlevait un peu de beauté à la Force. Jim ne s'était jamais senti spécialement amateur de théories théologiques, il était avant tout un homme pragmatique qui croyait en ce qu'il voyait et ce qui était tangible.

Les mystères de la Force ne l'intéressaient que dans une certaine mesure. Il y portait une curiosité légère mais guère plus. Son côté businessman et politicien surement, on n'avait pas vraiment le temps de se préoccuper de ce genre de choses quand on avait une vie aussi bien remplie que la sienne malheureusement. Enfin bon. La méthode était simple, restait à songer à comment la mettre en place, il avait quelques idées déjà.

Une fois que vous aurez apporté la nouvelle au Conseil, nous pourrons nous mettre réellement au travail. Une campagne de sensibilisation auprès de la population permettra de préparer le terrain tandis que vous et moi paraîtrons devant Corellia Sector Newsfeed pour tout expliquer en direct. Les gens aiment mettre un visage sur ceux qui vont chambouler un peu leur quotidien et ça ne vous fera pas de mal. Ensuite, je chargerai la CorSec et les établissements hospitaliers de recueillir un maximum de prises de sang de tout les citoyens du secteur. Bien sûr, ça risque d'être plus facile à dire qu'à faire, les infrastructures sanitaires vont avoir pas mal de travail supplémentaire d'un coup. Je ne serais pas surpris qu'il y ait assez peu de résultats mais nous verrons ma foi.

Il remarqua avec amusement qu'à la mention d'une interview, la rouquine semblait très peu à son aise. Il sourit, lui qui devait négocier ce genre de tracas depuis son premier jour en tant que Diktat, il était bien mieux dans son rôle qu'elle. Mais cela viendrait naturellement, on la préparerait et on l'aiderait à se fondre dans le personnage en temps voulu.

Rassurez-vous, je connais assez bien la présentatrice vedette, Selina Kane est une connaissance, elle est très professionnelle et consciencieuse mais elle ne cherche pas le sensationnel pour son avancement personnel, rien que la vérité.

"Assez bien" était un résumé plutôt correct puisqu'après l'interview qu'il avait dû donner en guise de bilan de sa politique intérieure, il avait invité la belle à être sa cavalière le temps d'un gala de bienfaisance ou le général Solo avait été également présent tout comme Leia. S'ils ne s'étaient pas revus ni parlés depuis, Jim s'était pris à la trouver de très bonne compagnie et songeait depuis à l'inviter de nouveau mais 2 choses l'en avaient empêché. D'abord son emploi du temps très serré et ensuite, même s'il ne l'aurait jamais avoué, son exaspération à l'idée qu'Auvray ne le lâche plus s'il savait qu'il fréquentait quelqu'un.

Si vous avez besoin de quelques vaisseaux pour assurer les déplacements de votre Ordre dans tout le secteur, je peux m'arranger pour que la CTC ne vous en fournisse quelques-uns... Gratuitement. Après tout, il ne serait que justice que les plus grands acteurs du secteur agissent pour aider au retour d'une noble tradition.

Et se fasse de la publicité gratuite par la même, son sourire faussement espiègle ne laissait pas planer de doute sur l'arrière-pensée du prince corellien. Il n'y a pas de petits profits après tout et ça ne sera pas une arnaque mais donnant-donnant. Et gratuitement voulait dire ne pas payer les frais d'achat, en revanche l'entretien des dons serait à la discrétion des bénéficiaires évidemment. Généreux mais pas non plus bête.

Je pense que nous avons fait le tour. Je vais réunir mon gouvernement de mon côté pour décider de la marche à suivre. Quant à vous, préparez-vous pour rencontrer Raf... Le commissaire Eridan. Et ne soyez pas étonnée s'il parait bourru il est... Très occupé si j'ose dire. Un dernier verre pour la route avant de nous séparer peut-être ?

Ils trinquèrent de nouveau ensemble en silence puis Jim la raccompagna jusqu'à l'ascenseur, notant au passage que Vicki n'avait pas bougé de son bureau malgré ses recommandations. A en croire son regard furibond dirigé sur la Jedi, il avait comme l'impression qu'elle allait lui en toucher 2 mots sous peu. Il soupira discrètement, pas toujours facile la vie de célibataire dirigeant. Jim serra la main de sa compatriote avant de la laisser partir.

Ce fut un plaisir de vous revoir Hayley, cela faisait trop longtemps et vous êtes l'une des rares personnes que je connaisse suffisamment pour vous apprécier véritablement. Je vous souhaite une bonne journée et à très bientôt.



2 jours plus tard, à l'entrée de la Tour Antilles

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Il pleuvait sur Coronet. Le beau temps qui avait duré jusqu'à hier soir, digne d'un bel été resplendissant et aux températures plus qu'agréables avait laissé la place à un véritable déluge saupoudré de quelques risques d'orage dans certaines zones du continent. Dehors d'innombrables corelliens juraient devant ce changement de temps et de température si soudain tandis qu'ils allaient au travail ou vaquaient à leurs occupations dans le centre-ville. Voilà qui sentait la mauvaise journée pour le tourisme.
Marmonnant dans sa barbe, le commissaire Rafael Eridan sortit de son speeder de fonction, un véhicule d'aspect relativement austère et que le mauvais temps faisait paraître sinistre avec les averses qui se brisaient sur le métal du véhicule. Il avait oublié son parapluie chez lui, trop pressé qu'il était par ses obligations de la journée et l'esprit ailleurs. Il se dépêcha donc d'arriver jusqu'au seuil du gratte-ciel qu'était la Tour Antilles, siège du Diktat et PDG de la CTC puis prit le temps de s'essuyer les pieds avant d'entrer.

A l'accueil, il salua l'hôtesse qui lui demanda la raison de sa venue. Avait-il pris rendez-vous avec le Diktat ? Attendez monsieur le commissaire je me renseigne. Non, il n'avait pas pris de rendez-vous merci bien de vous donner cette peine, il était attendu pour une réunion avec une autre personne, une inspectrice commissionnée par le ministre de la Défense qui souhaitait vérifier avec lui les locaux de la CorSec. Patientez commissaire, vous pouvez vous asseoir en attendant nous faisons aussi vite que possible.

Au bout de 10 minutes passées à attendre, on le rappela pour lui dire que l'inspectrice l'attendait. Il fut quelque peu étonné car on lui indiqua de se rendre au 30e étage et non pas au bureau du Diktat ou du ministre de la Défense mais ne fit aucun commentaire. Finalement, il fut introduit à l'intérieur d'une salle de réunion aux stores fermés qu'il s'empressa d'ouvrir. Il préférait la vue déprimante de la pluie dehors que d'être à moitié dans le noir. Puis il attendit de nouveau. Au bout d'une durée indéterminée, entrèrent Jim et une jeune femme rousse à l'allure résolument opposée à ce qu'il s'était attendu à voir.

Regard perçant sur Jim puis la demoiselle et retour sur Jim. Incompréhension.

Jim, je peux savoir pourquoi je suis là ? A l'évidence pas pour rencontrer une inspectrice des locaux de la CorSec ou le standing a bien changé chez eux niveau uniformes de travail.
Désolé Raf', je préférais maintenir un peu de discrétion sur tout cela tant qu'on ne pourra pas l'officialiser. Je vous présente la Maître Jedi Hayley Curwee. Elle souhaite redonner vie à l'Ordre de Corellia et elle va avoir besoin de votre assistance pour ça.
Vous savez Jim, ce n'est pas exactement dans mon domaine de compétences que de recréer des chapitres Jedi.
Je pense que si, vous êtes même parfait pour ça. Hayley va vous expliquer. Je vous prie de m'excuser je ne peux pas rester plus longtemps, j'ai la ministre de la Jeunesse qui me tanne pour discuter avec moi de mesures révolutionnaires pour nos jeunes compatriotes... Je vous souhaite une bonne réunion, au besoin vous pouvez me contacter mais ne le faites que si c'est vraiment urgent. Comme par exemple un raid de l'Empire.

Le prince corellien les abandonna alors tout deux, lesquels s'observèrent d'abord sans mot dire. Eridan était sceptique, une Jedi, vraiment ? Il ne savait pas que les Jedi s'habillaient comme des ados punks rebelles du secteur bleu mais à dire vrai il n'en avait pas croisé beaucoup dans sa vie. Les apparences étaient souvent trompeuses et si c'était aussi le cas de cette fille, il était curieux de ce qu'elle pouvait bien cacher d'autre.

Enchanté de vous rencontrer Maître Curwee. Vous avez besoin de moi donc ?
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