L'Astre Tyran

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Monde natal des Harchs, Secundus Ando est un monde de type désertique. Néanmoins il fut un monde de type continental avant l'urbanisation massive de la planète. En effet l'augmentation de l'industrie minière et de la croissance démographique conduisit à un assèchement de la planète. Les anciennes ruches Harchs laissèrent alors la place à des grattes-ciels et des villes toujours plus importantes. Et l'on vit également l'apparition de canyons géants. Toutefois une partie des anciennes jungles au Nord et au Sud survécurent à ce changement radical. La planète a rejoint la Nouvelle République.
Gouvernement : Nouvelle République
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By Hayley Curwee
#36693
    Qui est la proie ?



11:30, heure locale
Secundus Ando - Bas-fonds de la capitale


Nujabes - Latitude(Remix) (Feat. Five Deez)


    Il faisait chaud, une chaleur étouffante et même le tissu clair qui la recouvrait n’aidait pas à atténuer les effets de cette chaleur. A l'atterrissage de l’As de Pique II elle s’était vite rendue compte qu’une telle chaleur n’était pas adaptée à sa tenue habituelle, elle avait donc troqué son habituelle blouson de cuir pour un ample manteau de voyage dont l’avantage principal était une capuche dissimulant assez habilement son visage. Dans d’autres endroits cela aurait pu éveiller la suspicion mais là où elle s’était posée le secteur était clairement cosmopolite et elle était loin d’être la seule à vouloir conserver l’anonymat de ce qu’elle pouvait en juger.

    Les rues étaient bondées et bruyantes, parcourues par des Harch majoritairement mais également d’autres races, ce qui l’aidait là encore à passer inaperçue, ce qui était un point assez important aux vues de la notoriété qu’elle avait acquise, devenant une figure publique des Jedi et ce, même pour les habitants de la Bordure Extérieure, une gêne dont elle se serait bien gardée avec le recul surtout pour l’effet que ça avait eu, certes elle avait à l’époque aidée à améliorer l’image des Jedi mais ce bénéfice n’avait été que de courte durée, grâce à l’habileté de Gwindor Morelion à intervenir dans des endroits qui ne le concernait pas avec une subtilité digne de l’Empire lors de ses heures de gloire passées. A cette pensée, elle leva les yeux au ciel, autant par réaction à cette pensée que par la chaleur qui semblait promettre de l’étouffer à terme. Un point qu’elle aurait aimé éviter. Cette même chaleur lui imposa la pensée d’Harlon, le petit nexu qu’elle avait recueillie et qu’elle avait dû laisser dans son A-Wing, ce n’était pas une idée qui lui plaisait tellement mais elle n’avait pas tellement le choix, emmener le félin avec elle aurait été prendre un risque inutile, surtout vu à qui elle allait avoir affaire. Elle se consolait en se disant que le vaisseau était à l’ombre, atténuant bien plus la chaleur pour la rendre plus supportable que celle qu’elle-même affrontait.

    Elle fût bien vite tirée de ses pensées alors que sa rue débouchait sur ce que les Harch appelait “la Place de la Victoire” qui avait également un nom officieux bien plus utilisés par les locaux : “l’Agora des Séparatistes”. Un ancien pied-de-nez des Harch aux Républicains, devenu un symbole de résistance pendant les sombres années de l’Empire et on comprenait pourquoi. Devant elle une immense place voyait se réunir un nombre impressionnant de personnes venant de tous horizons. La vue d’une foule aussi bigarrée provoqua un temps d’arrêt, non qu’elle n’avait jamais vu ce genre de choses, ça non, mais plutôt qu’elle ne s’était pas attendue à une telle chose si loin du centre de la galaxie, Secundus Ando étant légèrement excentrée elle n’aurait jamais pensée à voir autant de passage sur la planète.

    Se déportant sur sa gauche pour profiter d’un coin d’ombre, l’endroit lui donnait une vue surplombant la place et les différents commerces qui la jouxtait. Son contact se trouvait dans une cantina nommée “Le Républicain Douillet”, un endroit qu’elle supposait mal famé pour qu’elle laisse les pires vauriens de cette galaxie agir à leur guise. Cela ne l’inquiétait pas outre mesure, le monde du Crime elle le connaissait bien et ce, même si elle n’avait pas eu affaire à lui depuis un bout de temps, il marchait toujours de la même façon : capitalisme et vendetta. A partir de là, il suffisait de manier les leviers correctement pour obtenir ce que l’on souhaitait. Et si cela ne suffisait pas, elle avait la Force avec elle. Et c’est prestement qu’elle se dirigea vers la cantina qu’elle venait de repérer, non sans s’être assurée au préalable qu’il n’y avait pas de danger immédiat à l’extérieur du commerce.

    Elle passa l’entrée, se délectant de la fraîcheur que le bâtiment de pierre offrait, l’intérieur était sombre mais était composé d’une grande pièce traversée par un bar disposé en cercle et servi par deux barmen : un harch et un devaronien. Tout autour gravitaient de nombreuses tables rondes qui étaient occupées de manière hétéroclite et son entrée provoqua automatiquement une vague de regards lancés à son endroit. Quant à elle, elle s’arrêta, à la recherche de son contact, ce qui s’avérait plus compliqué que prévu à identifier puisqu’il était censé être un harch et que des harchs, il y en avait un paquet sur Secundus Ando. Légèrement dépitée, elle essayait de repérer parmi les différents clients de la cantina quelqu’un qui pourrait potentiellement correspondre à un criminel, elle savait avoir le feeling pour les reconnaître mais elle n’eût pas le temps de chercher plus : un droïde IG-86 venait de poser sa main métallique sur l’épaule de la Jedi. Le droïde s’exprimait en binaire, expliquant que l’étrangère devait la suivre et la menant jusqu’à une table isolée et dissimulée de l’entrée par le bar, ce qui n’étonnait pas vraiment la Jedi. Une fois arrivée devant la table elle faisait face à un Harch au poil rougeâtre dont l’une des mandibules était réduite de moitié, probablement coupée en deux lors d’un affrontement de ce qu’elle pouvait en juger. Bien qu’elle avait pour credo de ne pas juger une créature à son aspect physique, elle devait reconnaître que les harchs étaient impressionnants et quelque peu...inquiétants. Son contact prit la parole, cliquetant quelques mots dans un basic plutôt bien maîtrisé qu’elle supposait être le fait d’un contact régulier avec des étrangers :

      - Ksss… Vous êtes Nexu Rouge ?
      - Oui.
      - Ksss… Bien, avant de commencer nous devons nous assurer que ksss… vous n’êtes pas armée.
      - Bien sûr que je le suis, vous me voyez traiter avec une organisation comme la vôtre sans prendre mes précautions ?
      - Ksss… Vous allez devoir me remettre vos armes en ce cas, confiez les à mon droïde IG-86, ksss… elles vous seront bien entendus rendue lorsque notre entrevue aura porté ses fruits.

    Hayley jeta un regard au droïde dont l’expression difficilement identifiable semblait vouloir être neutre. Elle finit par lui tendre ses deux blasters DL-22 qu’elle gardait toujours sur elle en arborant ce qui semblait être une expression de mauvaise grâce, ce qui conforta le harch dans l’idée qu’elle avait donné toutes ses armes.

      - Ksss… Je vais vous faire confiance et ne pas demander à mon ksss… droïde de vous fouiller, mais sachez que ksss… au moindre geste brusque vous serez abattue sans sommation.
      - Ca me va.
      - Ksss… Si vous voulez bien me suivre.

    Le harch se redressa, quittant son siège et passant devant la Jedi, elle fût invitée par le droïde à suivre immédiatement le harch, il fermerait la marche, lui permettant de pointer son arme sur le dos de la corellienne afin d’éviter tout coup fourré. L’étrange groupe quitta la cantina, s’engageant dans des ruelles sombres jusqu’à déboucher sur ce qui semblait avoir été une énorme artère maintenant abandonnée menant à un building lui aussi laissé à l’abandon à en juger par son état de délabrement, vu d’ici il semblait même prêt à s’effondrer. Néanmoins il en fallait plus pour décourager la Jedi qui suivit le harch et ce, même si l’ombre menaçant du gratte-ciel la recouvrait peu à peu, menaçant de l’engloutir pour ne jamais la recracher. Le harch se traînait lourdement jusqu’au bâtiment, visiblement pas fâché d’être arrivé sans encombre, sans doute s’était-il attendu à un piège ou une quelconque difficulté qu’elle aurait pu poser, une seconde nature méfiante qui se construisait par la force des choses dans le monde du crime. Elle n’avait rien de prévu, pas de coup fourré, pas de plan pour doubler les criminels, si elle était venue ici c’était en suivant la piste des Harpies après un indice qui menait jusqu’aux Enfants de Secundus Ando, un groupe de l’ombre qui semblait détenir une information capitale sur les Harpies, un élément que la Jedi se devait d’obtenir tant il semblait capital pour la progression de son enquête.

    Elle fût tirée de ses réflexions par son arrivée aux abords du bâtiment, si l’endroit paraissait désolé, elle savait qu’il n’en était rien, comptait sur ses réflexes et son sens de l’observation autant que sur son expérience, elle savait que des gardes étaient dispersés dans les ruines, profitant des ombres pour les observer et surveiller toute entrée dans la passoire de sécurité qu’était ce bâtiment. Elle progressa donc parmi les décombres, toujours à la suite de son contact qui la menait à un ascenseur rudimentaire dont on eût pu difficilement affirmer qu’il était encore en état de marche aux premiers abords. Pas vraiment rassurée, elle pose le pied sur la plaque de métal rouillée qui servait d’ascenseur, accompagnée du harch et du droïde. Son contact cliqueta quelques mots, sûrement pour faire la conversation de ce qu’elle pouvait en juger tandis que l’ascenseur commençait à s’élever péniblement dans les hauteurs de la tour :

      - Ksss… C’était autrefois une tour des forces de l’ordre de la planète, avant qu’ils abandonnent le quartier faute de budget, nous avons su profiter de cette ksss… aubaine. Qui irait nous chercher ici ? Ksss…

    Elle fit un signe de tête, acquiesçant à ses dires.

      - Ksss… Nous nous rendons au soixante-dix septième étage, c’est là qu’est l’objet que vous ksss… recherchez.

    Et il leva ses quatre plus petits yeux vers les hauteurs tandis que ses deux autres principaux étaient tournés vers Hayley, la jaugeant.
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By Adrix
#36744
    Le progrès était une arme à double tranchant, capable tant de mener vers un nouvel âge d'or que de pousser les populations à leur propre destruction. Que ce soit par la puissance d'armes toujours plus poussées vers des excès de destruction ou l'inéluctable destruction de l'environnement, les espèces intelligentes se faisaient toujours un devoir d'emprunter la voie les condamnant tous. Peu d'endroits l'illustraient aussi bien que Secundus, jadis une planète recouverte d'une riche végétation, aujourd'hui guère plus qu'une carcasse fumante. Un monde stérile, défiguré par l'urbanisation et l'exploitation minière, vidée de sa substance par ses propres habitants... Beaucoup y verraient un message, un avertissement quant aux dangers d'une poursuite non contrôlée du gain. Mais dans la foule dense qui arpentait les rues étroites de la métropole, il était un individu qui trouvait cette ode à l'autodestruction des plus... exaltantes.

    La silhouette massive de Darth Odion se distinguait aisément dans la marée compacte d'aliens.
    Grand, drapé de noir, le Seigneur de la Force ne faisait guère d'efforts pour se fondre dans la masse. Une précaution qui aurait été bien inutile, au vu du peu d'intérêt que lui portaient les passants. Ces derniers faisaient en effet un effort conscient et notable pour l'ignorer. Dans ce secteur de la cité, il semblait de notoriété publique qu'un individu sage ne se mêle pas des affaires d'autrui. Une sagesse commune qui arrangeait fort bien les affaires de l'Egorgeur. Depuis qu'il avait fait atterrir son infiltrateur dans un recoin de la ville, il avait profité d'une tranquillité rare...

    Le Sith ressentait un vague sentiment de nostalgie en parcourant les rues encadrées d'immeubles titanesques. Laissant danser son regard sur le paysage urbain et aride, il lui semblait revoir sa chère Géonosis... Du climat jusqu'aux habitants insectoïdes tout semblait fait pour lui rappeler la terre qu'on lui avait dérobée. Admettre ce chagrin nostalgique eut été un affront que son égo ne lui aurait jamais autorisé, mais il n'en était pas moins vrai. Cependant, plus que le vague à l'âme pour un foyer perdu, le cyborg sentait bouillonner en lui cette rage qui jamais ne tarissait. Cette rage brûlante doublée de haine envers ceux qui lui avaient tant pris. Envers celle dont le spectre continuait de le narguer même par-delà le voile de la mort. Envers ces créatures faibles et rampantes qui gangrénaient la galaxie de l'intérieur de leur médiocrité. Et enfin, envers l'être détestable qu'était Darth Odion, condamné par sa propre avidité à vivre dans un cercueil de métal qui le coupait de toute sensation. Même la chaleur ambiante, il n'en avait conscience qu'au travers des capteurs indiquant la température. Il méprisait chaque instant de cette existence incomplète autant qu'il s'enivrait de la puissance qu'elle lui apportait. Et c'était justement pour en obtenir davantage qu'il était ici.

    “Le Républicain Douillet”... Une cantina empestant la criminalité comme il en existait des milliers à travers la galaxie. Le Sith pouvait au moins apprécier l'humour du nom. Très vrai d'ailleurs. Il n'y avait pas plus fragile que les convictions d'un sénateur, menés qu'ils étaient par une dinde. A peine en avait-il franchis le seuil qu'Adrix fut assailli par le vacarme et les regards méfiants. Criminels de haute et petite envergure se rassemblaient ici pour échanger, ou simplement noyer les maux de leur âme dans un cocktail douteux sans doute peu mérité. Il n'y avait pas pire ramassis de rats. Mais les rongeurs savaient se faire petit face au chat et c'est exactement ce que fit cette assistance colorée. Eux même ignoraient pourquoi mais quelque chose dans les tréfonds de leur instinct animal leur murmurait de détourner les yeux.
    Odion n’eut pas à attendre longtemps pour que le comité d’accueil ne vienne le saluer. Un droïde IG-86 l’invita à le suivre vers son commanditaire : un harch bedonnant installé à une table isolée. Ses traits creusés trahissaient un âge vénérable et il semblait peu habitué à ne pas être le plus grand dans une conversation. Quand bien même, ni la taille ni l’allure de Darth Odion ne semblaient l’impressionner outre mesure. Pire, le Sith croyait deviner dans son regard le même mépris que nombre d’organiques réservaient aux vulgaires droïdes.

      « -Kssss… Nous vous attendions plus tôt, Sir Nodo… »

    Les mandibules émirent une série de cliquetis que le cyborg supposait être un rire moqueur envers le souverain déchu. Adrix avait un temps caressé l’idée de donner un faux nom, mais dissimuler son identité quand on a un physique comme le sien, et qu’on a été une figure royale pendant près d’une décennie serait un exercice de temps perdu. Quiconque se mettrait en tête de le démasquer y parviendrait sans grande difficulté.

      « -J’ai été retardé par d’autres affaires. Mais je constate avec plaisir que vous sut trouver du temps malgré tout.

      -Kssss… Le plaisir est réciproque. Avant de continuer je vous demanderai cependant de remettre vos armes à mon droïde. Simple mesure de sécurité, vous comprenez certainement. »

    L’IG tendit une main métallique vers Odion, attendant le précieux butin. Le Sith lui lança un regard mauvais et un silence pesant s’installa entre les deux êtres de métal. Quelque chose de mauvais prenait forme dans l’air entre eux. L’IG n’avait ni cœur ni visage, mais pendant un bref instant, son maître aurait pu jurer voir un sentiment pourtant étranger chez son serviteur mécanique… de la crainte. Sans en avoir reçu l’ordre, la machine à tuer retira sa main comme pour l’éloigner d’une flamme. Quelque chose venait de toucher son programme, une conviction qui surclassait chacun des protocoles profondément ancrés dans son système : celui qui se tenait devant lui était absolu. Il était drapé d’une autorité comparable à celle d’un monarque devant lequel le droïde ne pouvait que courber l’échine. Cela défiait toute la logique qui gouvernait d’ordinaire son comportement. Mais qu’est-ce qu’un vulgaire pion tel que lui pouvait bien comprendre à l’obscurité infinie de la Force ?
    Adrix esquissa un sourire son masque de fer. Le Mechu Deru faisait de lui le maître incontesté de toute forme de machinerie. Il avait pris l’habitude d’étendre sa volonté aux systèmes autour de lui, du simple speeder au complexe appareil de guerre. L’IG ne pouvait que se soumettre à sa puissance, comme chacun de ses compères. Les organiques finissaient toujours par faire de même… Leur faible capacité de compréhension les rendait simplement plus lents à comprendre l’évidence.

    Le harch semblait fort contrarié par la désobéissance soudaine de son droïde. S’il ne comprenait le pourquoi de ce revirement, il était assez malin pour constater que le Sith n’accédait pas à sa requête.

      « -Ksss… La République paierait cher pour obtenir des informations vous concernant, vous sa… »

    La fin de sa phrase s’étrangla dans sa gorge alors qu’une main invisible se refermait sur sa trachée chitineuse. Odion restait impassible de l’autre côté, annonçant la suite sur un ton glacial. Les yeux de l’insectoïde étaient prêts à exploser hors de leurs orbites. Ses longs bras poilus remuaient dans le vide, essayant comme de nager à la surface en quête d’air.

      « -Peu importe ce que vous me retirez, il n’y a rien que vous puissiez faire pour me rendre incapable de briser le cou de tous les individus rassemblés ici. »

    La pression autour de la nuque fragile se relâcha, le harch émit un sifflement alors qu’il remplissait enfin ses poumons. Son regard se tourna vers les deux blasters que portaient son serviteur… avant que la réalisation ne vienne agiter sa colonne vertébrale d’un frisson glacée.

      « -Ksss… B-Bien sur, je plaisantais simplement.

      -Bien sûr. Pouvons nous continuer ?

      -Ksss… Si vous voulez bien me suivre. »

    Le harch, suivi de prêt par « son » droïde formaient un bien étrange cortège alors que le criminel guidait son invité vers les restes de ce qui avait jadis été un glorieux gratte-ciel. Tentant tant bien que mal de dissimuler son malaise, l’insectoïde se fraya un chemin dans le dédale de ruines et de coins sombres, lançant des coups d’œil terrifiés aux soldats qu’il savait dissimulés tout autour. Implorer leur aide eut été suicidaire. Le blaster que braquait l’IG avait beau pointer le dos de l’Egorgeur, il savait qui en recevrait le tir si les choses venaient à se gâter. Il n’avait qu’une envie : expédier cette transaction au plus vite. Tout au long de sa carrière il avait déjà eu affaire à des clients dangereux, mais aucun jusqu’ici ne s’était montré capable de l’étriper à la seule force de la pensée. Il préférait ces histoires de Force dans les légendes, plutôt que dans son dos. Et puis le bruit métallique des serres du cyborg à chacun de ses pas sonnaient bien trop proches à son goût.
    Leur petit groupe s’arrêta devant un genre d’ascenseur rudimentaire, qui semblait prêt à vaciller au premier impact.

      « -Ksss… Votre marchandise se trouve là haut.

      -Je vous suis. »

    Odion prit place alors que la machinerie mugissait douloureusement pour commencer son ascension. Enfin, il touchait au but. Trouver cet endroit n’avait pas été chose aisée. Il avait puisé dans les bases de données de son équipage droïde ainsi que dans les archives récupérées en son temps de souverain pour trouver une piste. Après quoi, le jeu habituel de rumeurs, de négociations et de menaces l’avait guidé pas à pas jusqu’à ce trou. Les amateurs de technologie séparatistes n’étaient pas rares, mais ce que cherchait le Sith l’était bien plus. Fort heureusement, pour ceux qui ont les moyens il existe toujours un chemin.
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By Hayley Curwee
#36769
    Elle avait un mauvais pressentiment, pas quelque chose d’assez solide pour s’accrocher à l’estomac, mais quelque chose de plus diffus mais en même temps assez ténu pour qu’un léger malaise s’installe. La Force cherchait certainement à la prévenir de quelque chose, mais quoi ? Etait-ce les Enfants de Secundus Ando qui lui tendait un piège ? Ce n’était pas un hasard si elle avait donné un pseudonyme plutôt que sa vraie identité, son exposition publique lui rendait la vie difficile pour rester incognito à présent et elle se félicitait d’avoir pour habitude de changer régulièrement de coupe et de couleur de cheveux, cela lui permettait de tromper déjà quelque peu la vigilance de ceux qui n’avait que trop peu prêté attention à l’interview de cette maudite Jedi. Elle doutait d’avoir été percée à jour par cette bande de criminels de bas étage, elle avait connu des factions criminels qui opéraient sur des secteurs entiers alors que ces derniers étaient réduit à rester à échelle localisée, son passé de pirate ne pouvait s’empêcher de la faire se sentir légèrement supérieure sur ce point, néanmoins elle restait sur ses gardes, on ne savait jamais ce qui pouvait bien se passer.

    L’ascenseur de métal avançait lentement, oscillant parfois dangereusement, menaçant presque de se retourner et d’entraîner ses trois occupants dans sa chute, mais cela ne troubla pas Hayley, ayant constaté que le harch ne bougeait pas d’un iota et ne faisait pas état d’une anxiété particulière.

      - Je suis toujours là.

    L’Autre avait posé sa main sur l’avant-bras d’Hayley, lui offrant un sourire malicieux tandis qu’elle tournait autour du droïde assassin et de l’harch. Après quoi elle leva la tête vers les hauteurs, croisant les bras derrière son dos.

      - C’est long, c’est très long… Et on se demande bien pourquoi on va supporter tout ça, non ?

    Regard interrogateur de ce phantasme projeté par son esprit dans une quête de survie à sa propre folie.

      - On devrait tuer et brûler et tout serait bien plus simple, je te le promets.

    Et, joignant le geste à la parole, elle s’approcha du harch, faisant mine de lui transpercer l’abdomen pour ensuite décapiter le droïde. Mais ce n’était qu’une projection de l’entité, son action sur le monde réel était par trop minime depuis qu’Hayley l’avait encagé dans les tréfonds de son esprit. Pas assez profondément toutefois pour s’épargner le déplaisir de la voir faire ses commentaires sur le monde qui l’entourait tout en interpellant la Jedi.

      - Ksss… On y est, si vous voulez bien me ksss… suivre.

    Cette intervention avait fait sursauter la corellienne, perdue dans ses pensées quand elle n’était pas distraite par les fausses interactions de l’Autre avec le monde qui l’entourait.

      - Oui...oui, aucun problème, j’arrive.

    Et elle passa sur le sol du soixante-dix septième étage, pas fâchée d’enfin quitter l’ascenseur qui semblait toujours aussi inquiétant même en n’était plus ‘dedans’ (exagération quand on considérait le fait que ce n’était qu’une simple plaque de métal rouillé sans murs ni plafonds). Les couloirs était à la hauteur de l’état de délabrement de la tour, dont les murs n’étaient parfois que des débris troués qu’on avait même pas pris la peine de déblayer, ici où là des inscriptions parsemaient les murs encore en état, ce qui lui songer que l’endroit avait sûrement dû être un repaire à camé pendant un temps avant que les Enfants n’en prennent possession. Le petit groupe croisait également régulièrement des harchs qui patrouillait, lui lançant des regards peu amène tandis qu’elle suivait le guide en arborant un visage neutre quoique légèrement fermé. Au bout d’un temps qui lui parut bien long - peut-être une dizaine de minutes en réalité - ils parvinrent dans une grande salle circulaire aménagé pour l’occasion afin d’être ce qui semblait un hall de réception, sûrement pour accueillir les ‘hôtes de marques’ de l’organisation, Hayley jeta de rapide coups d’oeil à celle-ci, repérant les issues potentielles, les faiblesses et dressant une carte mentale des lieux pour la relier au reste de l’endroit. Un trou dans le mur assez grand pour laisser passer un speeder donnait directement sur le vide, quoiqu’elle apercevait un rebord sur le côté, un endroit potentiellement intéressant en cas de complications, dangereux mais pas impraticable pour une Jedi, surtout quand ledit Jedi était aussi casse-cou qu’elle. Une dizaine d’harchs se tenaient là, montant la garde ou devisant, elle repéra instantané celui qui semblait le plus important des lieux, un harch volumineux et musculeux, installé dans ce qui devait être un trône de fortune. Fait intéressant, des rangées de magnagardes tapissaient les murs, visiblement deconnectés, un problème potentiel de son point de vue puisqu’ils avaient la réputation d’être des droïdes plutôt efficaces dans la traque des Jedi. Elle grimaça, une mauvaise surprise, assurément. L’endroit lui faisait penser à une zone de guerre plus qu’à un refuge et peut-être n’avait elle pas tort au final, tant les arachnoïdes semblaient sur le qui-vive, prêt à s’emparer de leurs armes pour la moindre raison, elle prit soin de ne pas faire de gestes brusques du coup.

    Finalement, après que son guide se soit approché du chef présumé et lui ait murmuré quelque chose dans un dialecte qu’elle identifia approximativement comme de l’aqualish (mais peut-être se trompait-elle ?), le chef tourna vers elle des yeux impérieux, parlant dans un basic impeccable quoique troublé comme pour les autres par les bruissements des crochets :

      - Ksss… Vous êtes Nexu Rouge, hein ? Ksss… C’est la première fois que j’entends parler de vous, d’habitude nous ne ksss… faisons pas affaire avec des inconnus. Mais aux vues de la ksss… somme que vous avez à proposer… Ksss… Je serais un imbécile de refuser.
      - 100 000 crédits pour une information et des coordonnées, ce n’est effectivement pas rien.

    Cela venait-il d’elle ou y avait-il une certaine tension dans cette pièce, elle percevait les regards de la plupart des harchs posés sur elle, et ce, quand bien même ceux-ci cherchaient à rester focalisé sur leurs occupations apparentes. Cette étrange impression qu’elle avait eût plus tôt dans l’ascenseur semblait par ailleurs prendre un peu plus corps en elle, comme si quelque chose d’imminent allait lui exploser à la bouche. Elle n’aimait pas ça.

      - Ksss… Donnez-nous la somme, nous vous transmettrons ce que vous voulez. Vous avez ma ksss… parole, la parole de Chtren, lieutenant des ksss... Enfants de Secundus Ando.

    Elle leva la tête vers l’harch qui la dominait du haut de son trône, puis sortit de l’une des poches une puce de crédits, qu’elle tendit à l’un des harchs qui s’en empara pour la donner au lieutenant Chtren d’une démarche presque solennelle (ce qui donnait à la scène un côté assez ridicule qui faillit faire éclater de rire la corellenne). Chtren examina la puce puis la rendit à son homme de main qui s’avança vers une machine pour commencer le transfert de fonds, pendant ce temps il revint à elle, qu’il apostropha d’un ton calme :

      - Ksss… A moi de tenir ma part du marché, alors ! Laissez-moi vous dire que ksss… vous vous attaquez à un groupe très ksss… dangereux. J’espère que vous en avez conscience. Ksss… Vous souhaitez en apprendre plus sur le ksss… passé des Harpies ? Vous trouverez vos ksss… réponses sur la planète Iridonia, foyer des ksss… zabrak.

    Les zabrak, bien entendu, elle aurait dû y penser plus tôt, c’était évident. Quelle idiote ! Chtren fouillait dans ses propres poches, pour finalement en tirer un bloc de données qu’il tendit à un autre de ses sous-fifres qui vint le donner à Hayley. Le lieutenant continuait à s’expliquer :

      - Ksss… Sur ce bloc de données est notée les ksss… coordonnées d’un lieu très précis qui fût celui dans lequel elles ksss… fûrent élevées. L’endroit semble abandonné mais ksss… je ne m’y fierais pas à votre place. De nombreuses ksss… rumeurs courent sur cet endroit, des rumeurs de ksss… fantômes.

    Il semblait vraiment craindre quelque chose, ce qui fit volontiers lever un sourcil à la Jedi, trouvant étrange qu’un criminel puisse se laisser impressionner par de telles histoires. Celui-ci s’était tourné vers son compagnon qui s’occupait du transfert de fonds, compagnon qui lui confirma d’un signe de tête que tout était ok, après quoi il revint à la corellienne :

      - Ksss… Bien, il va sans dire que ksss… nous n’avons jamais eu cette entrevue. Je ne tiens pas à ce que ksss… les Harpies se mêlent de nos affaires. Vu ?

    Elle acquiesça d’un signe de tête.

      - Ksss… Binak va vous raccompagner.
      - Merci.

    Binak passa devant elle, toujours accompagné de son droïde, l’invitant à le suivre, ce qu’elle s’apprêtait à faire lorsqu’elle constata que, subitement, tout les magnagardes qui tapissaient la pièce venait de s’activer, quittant leurs socles tout en déclenchant des claquements furieux de crochets venant des harchs. Se retournant, elle eût la vision d’une sorte de colosse de métal aux formes aussi fines qu’aiguisées. Un frisson parcourut son échine tandis qu’elle sentit ses poils se hérisser, par réflexes.

    Elle connaissait bien là le sombre individu qui venait de pénétrer. Darth Odion

HRP
    Les crédits (100 000) seront décomptés de la Fiche Eco de l'Ordre Vert.
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By Adrix
#37020
    La lente montée de l'ascenseur s'effectua dans un silence gênant. Le Sith et le trafiquant n'avaient ni grand-chose à se dire ni n'étaient du genre à échanger des banalités. Ce dernier faisait même un effort conscient pour faire oublier son existence à son dangereux client. L'IG corrompu continuait de le braquer sans un mot, ses capteurs fixés sur celui qu'il appelait maître il y a moins d'une heure. Maudite machine, l'insectoïde avait toujours cru que les droïdes étaient plus loyaux que les êtres de chair, le voilà bien attrapé. S'il s'en sortait vivant, le harch se jura mentalement de mettre ce tas de ferraille à la casse. En attendant, il devait se concentrer sur la satisfaction du monstre à ses côtés. Plus vite le harch en aurait terminé avec ce contrat plus tôt il pourrait mettre cette histoire derrière lui et passer à autre chose.
    Pour ce qui est du monstre en question, il n'en avait que faire des états d'âme de son guide. Il était perdu dans ses pensées, le regard perdu dans le paysage. D'ici il pouvait voir l'immensité de la ville qui s'étendait tout autour de lui. Les immeubles s'étendaient jusqu'à la cime, grouillant de plus de vie les uns que les autres. Combien d'âmes grouillaient dans son champ de vision en ce moment même ? Des centaines ? Des milliers ? Et tout ça n'était même pas un grain de poussière en comparaison de l'immensité de l'univers. A cette pensée, Adrix sentait une étrange sensation monter au creux de ses entrailles. Lui qui contemplait quotidiennement des systèmes solaires entiers avait parfaitement conscience de l'immensité de l'univers. Des légions entières d'individus avec leurs rêves, leurs espoirs et leur futur. Comment ne pas se sentir humble et insignifiant face à l'infini cosmique ? C'était à vous en faire tourner la tête. La Force était pareille, au-delà de la compréhension de simples mortels. Face à cette réalisation, Darth Odion n'avait qu'une pensée.

    Il réduirait ce monde en cendres.

    Ce qu'il ressentait, c'était une excitation fébrile mêlée de dégoût. Insignifiant ? Minuscule ? C'étaient là des considérations réservées à ces cancrelats aveugles qui fourmillaient un peu partout. Les vermines comme celles avec qui il partageait cet ascenseur en ce moment même. Ils étaient aveugles aux merveilles de la Force, du Côté Obscure, de vulgaires aveugles condamnés à une existence pathétique. Odion était différent. Il avait affûté son corps et son esprit jusqu'à transcender sa condition. Il était un dieu dans un monde de larves, débarrassé du fardeau de la mort. Courir après un trône était une chimère stupide, bonne pour les tyrans à l'esprit étroit, manquant cruellement d'envergure. A l'image de cet ascenseur, Adrix cherchait à s'élever bien au-delà de ces considérations de bas étage. Il allait purifier cet univers pour le purifier du virus de la faiblesse. Et lorsque les civilisations se seraient de son courroux pour mieux retomber dans la décadence... Il recommencerait. Son rôle serait celui d'éternel arbitre et de bourreau. Et il allait en adorer chaque minute.

    Dans un claquement métallique sinistre, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent sur la destination du trio singulier. Il s'agissait d'une grande salle de réception qui jadis devait déborder d'un luxe décadent. Aujourd'hui il n'en restait guère plus des miettes poussiéreuses, rafistolées ici et là pour reconstituer le spectre décousu d'une gloire passée. Les sens de l'Egorgeur envahirent la zone, explorant mentalement chacun des recoins sombres en quête d'un quelconque piège. Mines, armes dissimulées, ce ne serait pas la première fois qu'Odion était confronté à de piètres tentatives d'embuscade. Il n'en était rien cette fois, juste quelques gardes ici et là. Quand bien même, Adrix doutait que cette bande puisse faire quoi que ce soit pour l'inquiéter, même en déployant des trésors de fourberie. C'était presque dommage. Il se languissait un peu d'action et les défis à sa mesure se faisaient rares.
    Cet endroit lui rappelait sa propre salle du trône, lui arrachant une grimace sous son masque. Les débordements de luxe l'avaient toujours débecté, même s'il avait fini par les accepter comme une partie intégrante et poisseuse du jeu politique. Afficher sa fortune aux visiteurs était une façon d'exposer sa force et son influence. Les hatchs faisaient de même en cet instant, d'où cette parodie ridicule de trône au fond de la pièce. Mais ce qui faisait de l'effet à des contrebandiers de bas étage ne faisait qu'agacer le Seigneur Sith. C'était une partie du quotidien de monarque qui ne lui manquait en rien. Le Sith toisa un instant celui qui devait être le chef de ses yeux écarlates. Méprisable petite créature. Faible. Fragile. Deux doigts suffiraient à rompre le cou de cette chose décadente, niché dans sa forteresse en ruines.

    Odion se désintéressa presque instantanément de ses hôtes et de leur demeure. L'objet de ses désirs était ailleurs. Ils étaient là, droits et silencieux. Soldats fidèles, ils sommeillaient en attendant l'heure de reprendre les armes. Les Magnagardes, les reliques laissés par feu Grievous. Il avait nombre de projets pour ces merveilles. Les trouver n'avait pas été facile, ces modèles n'étant été produits qu'en petite quantité. Mais ils faisaient partie des rares droïds à la carcasse suffisamment puissante pour mériter d'accueillir une fraction de ses pouvoirs. Ces machines conçues pour chasser les Jedis étaient plus dignes d'intérêt qu'aucun de ces bandits ne le serait jamais.

    ... Non, il y avait autre chose. Une présence. Les doigts griffus de l'Egorgeur dansèrent fébrilement sur la poigne de son sabre. Des flashs de souvenirs déplaisants passèrent dans l'esprit du cyborg. Chacun d'entre eux attisait un peu plus les flammes d'une rage froide, refoulée pendant bien trop longtemps. La fête. La confrontation. Le Sénat. Le duel. Les Jedis... Autant de cristaux de haine brûlant dans les profondeurs de son âme.
    Adrix avait du mal à se contenir. Un cyclone, une tornade. Son aura était sur le point d'imploser en un torrent de haine. Elle était là. Juste devant lui. L'une de deux responsables à qui il devait ce délicieux exil qui avait ruiné plus d'une décennie de projets. Au nom des préceptes stupides de leur Ordre, ils avaient anéanti sa vie, ils l'avaient chassé comme un moins que rien, une vermine. Ce jour, cette galaxie l'avait traité comme un monstre. Ce jour, il s'était fait le serment de ne pas la décevoir.
    Mais il devait retenir ses ardeurs. Encore un peu. Il était trop tôt. Cette Jedi… Il gardait d’elle un souvenir vaguement moins putride que de son compagnon. Un vin qu’on a laissé matûrer se savoure. Autrefois elle avait un début de potentiel. Il les avait laissé vivre ce jour-là en partie dans l’espoir qu’un jour elle devienne une proie à sa mesure. Elle avait l’air changé. Etait-elle enfin obtenue la puissance nécessaire ?

      « - Ksss... Conformément à notre accord, nous vous remettrons la clé d'activation une fois la marchandise chargée et le paiement... »

      « - Inutile. »

    La conscience d'Odion s'était déjà infiltrée dans chacun de ces fantassins métalliques, à la manière d'un poison. Leurs circuits palpitaient de la force de sa volonté, imprégnant le moindre recoin de leur carcasse des relans du Côté Obscure. Le harch était inutile. Ils s'animèrent comme un seul homme, frappant le sol de leur bâton pour saluer la venue de leur nouveau souverrain. A partir de cet instant et jusqu'au jour où ils retourneraient à la poussière, ces machines seraient des extensions de sa volonté. Ainsi le voulait la Force. Ainsi le voulait Odion.
    Les harchs étaient terrifiés, leurs mandibules s'agitaient au rythme de piaillement ridicules. Odion les aurait presque trouvé amusants si toute son attention n'était focalisée sur la proie devant lui.

      « - Ksss... L'accord est annulé ! Arrêtez cette mach... ! »

    Son ordre s'étrangla dans sa gorge, remplacé par un râle douloureux alors qu'une main invisible lui broyait la trachée. Le blaster d'IG se chargea de convaincre leur escorte de ne pas interjecter avec le reste de la conversation.

      « - N'interrompez pas cet instant avec vos futilités, je vous prie. »

    Le message était passé. Odion aurait pu arrêter la strangulation d'une pensée paresseuse. Il aurait pu.
    Darth Odion s'avança vers elle d'un pas lent et assuré. Le claquement métallique de ses serres sur le sol de marbre résonnait au rythme des coups des magnagardes. Son aura rugissante suintait de tous les pores de son être, à tel point que même les non sensitifs en sentaient la noirceur. Il exsudait d'une furieuse et primaire envie de tuer. Il était le prédateur se délectant d'avoir trouvé un gibier. Il lui fallait des trésors de retenue pour ne pas l'engager dès à présent.

      « - Hayley Curwee... Il était inévitable que nos chemins se croisent à nouveau. J’espérais un cadre plus grandiose. »

    Son ton était calme, posé, mais chacun de ses mots trahissait un mépris presque palpable, qui s’étendait bien au-delà d’Hayley en tant que personne. Il haïssait ce qu’elle représentait. Il s’arrêta à ce qu’il estimait être une distance respectable pour engager l’inévitable combat à venir. Un sabre vola d’une pirouette vers la paume de sa main mais il ne prit pas la peine de l’allumer. Il ne se faisait pas d’illusion quant à la direction de cette rencontre et il n’avait aucune envie de cacher ses propres intentions en la matière. Mais quitte à s’entretuer, il n’était pas nécessaire de s’y prendre comme des sauvages. Il y avait quelque chose de différent dans l’aura de son interlocutrice, qui titillait la curiosité du cyborg. Il reprit, presque sur un ton de moquerie.

      « -Votre aura a changée… Et je ne vois pas votre désagréable maître hanter votre ombre cette fois. Dois-je m’attendre à le voir surgir d’un trou ? »

    Dans un tressaillement électrique la lame écarlate de l’Egorgeur apparut avec une lenteur calculée. La lueur rouge se reflétait sur le métal noir de son armure. Seul résonnait le flottement de sa cape portée par le vent et le ronronnement du plasma.

      « -Voulez-vous commencer ? »
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By Hayley Curwee
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    La monstruosité métallique se redressait face à elle, la laissant admirer toute son ampleur. Sa présence dans la Force était peut-être bien plus immense que ce que sa forme physique pouvait laisser deviner. Cette vague de ténèbres en imposait, laissant Hayley complètement démunie pendant un court moment, malheureusement un moment qui suffit à Darth Odion pour étrangler le chef des Harchs ici présent, laissant ensuite retomber son corps mollement au sol comme une poupée de chiffon qu’un enfant n’aurait plus trouvée si amusante que ça. A ses côtés, l’Autre était toujours là, lançant un regard terrifié à cet espèce de monstrueux droïde, pour revenir sur Hayley :

      - Il est...bien trop puissant ! Abandonne Hayley ! Fuis ! Je ne pourrais pas nous protéger, il est bien trop fort !

    Et savoir que son alter ego corrompu lui soufflait telle chose lui fit froid dans le dos, elle qui d’habitude était si arrogante, si sûre d’elle-même. La Jedi fit un pas en arrière tandis que la haine qui irradiait de Darth Odion se heurtait à elle. Le doute commençait à s’immiscer, subrepticement, voulant s’emparer de son être pour la faire envisager une autre solution. La fuite, elle était encore possible, quand bien même elle était risquée. Elle n’était peut-être pas assez forte, peut-être même que ce dont elle se targuait - être la traqueuse de Sith - n’était qu’un mensonge qu’elle se répétait, en espérant qu’à force, les autres, tout comme elle, finirait par le croire. Et que le croire en ferait une réalité. N’était-elle que ça ? Un ballon qui se dégonflait ? Son regard ne s’était pas détourné des flammes rougeoyantes qui servaient d’yeux à Darth Odion, et nul doute que s’il avait pu la pulvériser atomes par atomes avec ce regard, il l’aurait fait avec la plus grande des satisfaction.

    Elle retint son geste de recul et posa son pied en l’enfonçant bien profondément, comme pour y prendre appui. Et le regard de la Jedi se fit d’un coup bien plus intense, défiant ostensiblement la carcasse métallique de l'Égorgeur.

      - Vous devriez partir, cela ne vous concerne plus.

    Et ce faisant, les deux droïdes IG-86 se soulevèrent de terre, lâchant leurs armes tout en poussant une interjection sous la surprise, pour enfin être projetés l’un contre l’autre, provoquant un grand choc pour enfin les faire retomber, tas de ferrailles inertes. Un sensitif, c’était déjà compliqué à gérer, mais deux...ça devenait trop pour les quelques Enfants de Secundus Ando qui étaient restés dans la pièce, surtout avec les magnagardes qui s’étaient retournés contre eux. Ils décampèrent donc tous bien vite, sans demander leurs restes. Et c’était tant mieux, même si c’était des vauriens, elle n’aimerait pas avoir leurs morts sur la conscience.

      - Darth Odion…

    Elle continuait à le toiser du regard, un spectacle assez ahurissant pour la Jedi d’un mètre soixante faisant face à ce colosse d’acier de plus de deux mètres vingt.

      - Je m’attendais à vous voir plus tôt. Combien de temps s’est écoulé depuis que vous avez fui Géonosis ? Six ? Sept ans ?

    Un sourire malicieux commença lentement à s’épanouir sur son visage.

      - Vous n’aviez pas dit alors que “la Chasse est ouverte” ? Cela vous a pris du temps.

    Une phrase qui l’avait particulièrement marquée, à l’époque. Cela avait été un duel éprouvant, lui révélant ses failles et les faiblesses de sa technique. Depuis, elle avait perfectionné son Vaapad, se destinant à être une bretteuse au talent équivalent à Mace Windu, voire à le surpasser un jour quand elle avait l’arrogance d’imaginer une telle chose. En tout cas, elle avait progressée depuis Géonosis. Son tableau de chasse parlait pour elle. Ne le quittant pas des yeux alors qu’il venait d’activer son sabre, sa main gauche s’empara de la dent de dragon krayt qui servait de manche à son sabre laser personnel, activant la lame d’une blancheur de nacre. C’est à ce moment également qu’elle révéla la profondeur de son aura, se plongeant dans la Force Unificatrice pour anticiper le combat, elle y percevait par petites touches quelques bribes de l’avenir et se délectait par avance de ce combat qui s’annonçait, rendant son aura complètement oxymorique : un calme tumultueux qui présiderait sa façon de combattre lors de ce duel, à n’en pas douter. Aucune émotion du côté d’Hayley, elle était plus que concentrée sur le combat, son coeur s’agitant tout de même en anticipant le danger qu’elle allait rencontrer, le tout l’excitant bien plus qu’elle n’aurait pu l’admettre.

      - Vous avez sentis mon aura, non ? Vous pensez que j’ai besoin d’un chaperon ?

    Et elle commença. Traditionnellement les Jedi se défendait et mener l’initiative d’un affrontement était hors de question, pour le Code. Mais tout était sujet à interprétation et Darth Odion avait bien activé son sabre en premier, ce qui, pour beaucoup, pouvait s’apparenter à un signe d’engagement. Le sabre blanc croisa le sabre carmin et il y eût un petit temps où il ne se passa rien, l’affrontement se limitant encore uniquement dans les deux regards. Puis elle fondit avec vitesse, forçant la défense pour tenter d’enfonçer son sabre dans le torse du monstre de métal, l’obligeant à reculer. Elle laissa tomber son manteau de voyage, révélant un débardeur dont elle abaissa légèrement le décolleté pour laisser apparaître une balafre horizontale juste au-dessus de sa poitrine :

      - Je n’ai pas oublié le souvenir que vous m’avez laissé sur Géonosis, Sith !

    Hayley aurait pu faire disparaître toutes ces cicatrices, simple et peu coûteux, de plus les Jedi disposaient de pouvoir de la Force qui permettait d’effacer ce genre de traces, autant que la douleur ou les blessures, mais elle avait tenu à les conserver. Chaque cicatrices lui rappelait combien elle était vivante après être passée à deux doigts de rejoindre la Grande Faucheuse. C’était les témoins flagrants du fait que la Jedi était une survivante.

    Et le bal des lames commença vraiment, un échange vif qui voyait la Jedi tenter de nombreux coups désarticulés, difficilement identifiables pour un oeil non aguerri et bien trop rapide, mais comme elle s’y attendait, Adrix Nodo était un adversaire redoutable, celui-ci avait déjà fait montre de capacités surprenantes sur Géonosis, mais cette fois Hayley n’était pas dupe, c’est pourquoi elle avait notamment gardé son second sabre à sa ceinture, si jamais l’envie venait au Sith de faire us de la même astuce, son Mechu Deru, pour désactiver le sabre d’Hayley.

    Assénant un coup puissant, l’Egorgeur força la Jedi à se reculer, déplaçant de fait le combat de l’encadrement de l’entrée jusqu’au centre de la pièce, là, comme animée par une seule volonté, les magnagardes firent cercle entre les combattants, témoins muets d’un combat d’un autre âge dont peu de personnes avaient eu le privilège d’être observateurs jusqu’ici. Les duellistes s’étaient séparés, profitant de ce laps de temps pour se jauger. Il n’y avait eu que quelques escarmouches jusque là, rien de bien impressionnant mais ils avaient chacun pu prendre la mesure de la progression de l’adversaire. Darth Odion était une bête massive dont la puissance semblait presque avoir décuplé depuis la dernière fois qu’elle l’avait affronté, mais peut-être la mémoire de la Jedi lui jouait-elle des tours. La haine qu’il utilisait pour combattre la Jedi était tangible, à tel point qu’elle aurait presque pu la toucher du bout des doigts et elle sentait qu’à travers cette haine le Côté Obscur de la Force se développait et tentait de l’envelopper, comme les ténèbres voulant étouffer la dernière lueur d’espoir. Pour autant, la lueur ne vacillait pas encore, loin de là et elle était bien assez lumineuse pour résister et repousser les ténèbres. Et justement…

      - Je sais ce que vous cherchez à faire, Darth Odion, mais ça ne marchera pas !

    Et elle avança sa main libre, la droite, paume en avant face à Adrix. Elle laissa la Force l’emplir, permettant au Côté Lumineux de celle-ci de se concentrer dans ladite main, y créant une lumière d’une pureté sans égale qui fit d’abord ricaner le Sith avant de lui décrocher une plainte : la pureté de la Lumière qu’elle avait créé avait repoussé la chape de plomb de l’aura du Sith, l’amoindrissant quelque peu, rendant plus difficile pour celui-ci ses possibilités de puiser dans le Côté Obscur.

    Elle en profita pour bondir sur lui, lui infligeant un coup de taille descendant d’une force assez surprenante pour une humaine si petite. La Jedi Corellienne était déterminée à repousser Adrix et à lui faire regretter ses méfaits. Néanmoins, le Sith avait bloqué de justesse, répliquant par un coup d’estoc qu’elle parvint à esquiver. Il enchaîna avec un nouveau coup de taille ascendant, forçant la Jedi à bondir en arrière mais c’était bien trop tard : la machine avait fait preuve d’une vitesse inouïe, la chargeant, l’envoyant valdinguer contre le mur de magnagardes qui ne réagirent pas, gardiens silencieux de la bonne tenue du combat.

    Hayley était affalée dos contre l’un des droïdes, une douleur vive lui traversant l’épaule qui avait pris tout le choc. Elle avait peut-être momentanément amoindrie la connexion du Sith avec le Côté Obscur mais elle avait sous-estimé sa bestialité. Elle se redressa, sentant un liquide chaud couler d’une coupure qu’elle s’était fait en s’effondrant contre le magnagarde. Son sang. A peine quelques minutes de combat et le Sith montrait déjà qu’il la dominait sur le plan de l’improvisation.

    Darth Odion serait peut-être bien le dernier Sith qu’elle affronterait.

Utilisation de la Force
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  • Télékinésie - Maitrisé
  • Lumière - Connu
Formes :
  • Forme VII - Vaapad - Maître

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