L'Astre Tyran

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Aussi loin que remonte l'histoire du voyage interstellaire, Coruscant demeure la planète-capitale, le centre politique de la Galaxie. Entièrement recouverte d'une vaste mégalopole, elle ne produit aucune denrée, et le trafic aérien dédié à la nourriture remplit à lui tout seul le ciel de la planète.
Gouvernement : Nouvelle République
#40512
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Les rues étaient devenues bien silencieuses après ce massacre à la chevrotine qui avait secoué les ruelles... Starrk n'avait visiblement pas menti, les cadavres encore chauds qui servaient de repas aux mouches et aux cafards étaient les derniers de l'immense armée de l'homme machine, à présent il ne restait plus que le souffle du vent et quelques gouttes de pluie venues des canalisations des étages supérieurs pour tenir compagnie à nos deux tueurs professionnels. Ils se tenaient silencieusement à plusieurs mètres l'un de l'autre au milieu d'un genre de square désaffecté... Difficile de savoir s'il était désaffecté d'ordinaire ou si la bataille qui y avait eu lieu il y a quelques minutes avait convaincu la populace de se tenir à carreau, mais le coin était empli d'un calme presque solennel au vu des regards que les deux guerriers se jetaient. Tout avait déjà été dit dans la ruelle, il y avait rien à rajouter et, pour être franc, tenter de parler à nouveau ne ferait que créer une gêne et un embarras qui risquaient de tuer ce moment de respect et de silence. Ils n'avaient pas discuté de la modalité du duel ou de l'affrontement ni de son déroulement, mais ils semblaient déjà avoir une idée claire de comment cela allait se passer... L'un avait la main à quelques centimètres de son holster, l'autre avait déjà un couteau de lancer gorgé de poison dans la main et attendait le moment idéal pour le lancer. Ce genre de confrontations pouvait paraître simple en apparence, le plus rapide des deux l'emportait quasi systématiquement, mais ça serait oublier que celui qui dégaine prend le risque de la contre attaque en cas d'échec. Il fallait donc lire l'adversaire, trouver chez lui l'instant d'inattention ou de nervosité qui l'empêcherait de répliquer...

Mais dans le cas où le visage du Noghri était au moins aussi calme et impassible que la visière froide et métallique du mando, il fallait lire avec beaucoup plus de finesse que cela. Les soubresauts, le bruit de la respiration, le tremblement dans les mains, les variations du regard étaient les derniers indicateurs qui pouvaient traduire le stress de l'adversaire... Mais si même ces signaux ne pouvaient être découverts, il ne restait plus qu'à prier pour être le plus rapide. La nuit venait de tomber, ça ne changeait pas vraiment grand chose d'un point de vue lumineux, dans les bas fonds tout était obscur, mais point de vue bruit et ambiance c'était l'opposé total... Presque plus de rugissements de véhicules ni de cris ni de discussions résonnant dans les rues, seulement les miaulements des créatures étranges qui vivaient dans les égouts et les canalisations, parfois les couinements de quelques rats malchanceux qui s'étaient fait attraper dans les carcasses de speeder. Il y aurait eu moyen de discuter et de se courroucer de l'état lamentable des services publics qui étaient incapables de rénover ces parties oubliées de la ville où le crime et la délinquance étaient les derniers phares pour les pauvres gens qui y vivaient... Mais ce n'était pas l'heure pour ça. L'heure était au duel. Pourtant aucun des deux ne semblait vraiment décidé à faire le premier pas. Cela sembla durer une éternité... Puis les paroles de Tseh résonnèrent dans la ruelle, et le Noghri se laissa distraire, c'était le moment.



Le bruit d'un blaster résonna dans les ruelles alors que Tseh galopait au travers des rues, ce qui ne manqua pas de faire paniquer Ssaw quelques secondes... La cavalcade des sabots de la jument mena le padawan et celui qui se tenait à l'arrière jusqu'à Sareth. Il se tenait seul avec qui sait quel sentiment mélancolique au fond de la gorge face au corps sans vie du vieux Noghri allongé au sol. Il n'avait pas prononcé le moindre mot, pas hurlé une seule fois ni murmuré le moindre soupir lorsque son torse avait été transpercé par le tir du blaster lourd. Fut-ce par respect professionnel ou par pudeur, mais le mando se risqua à s'approcher de son corps pour calmement fermer ses paupières, évitant ainsi d'exposer aux autres le regard globuleux du pauvre macchabée. Il comptait en rester là, mais voyant qu'un rat se sentait pousser des ailes en tentant de manger l'orteil du vieillard, Sareth poussa un soupir empli de fatigue psychologique... Cela lui coûtait de l'essence dont il pourrait avoir besoin mais il n'en avait cure, d'un coup de lance flamme il mit le feu à la dépouille de son adversaire, préférant le voir en cendres plutôt qu'à servir de nid aux vers. Lorsqu'il se retourna vers Tseh en constatant qu'il était derrière, c'est avec une voix mi mélancolique mi froide qu'il lui adressa la parole.

    - Ah, c'est toi... Désolé, j'ai eu un accrochage, j'ai pas pu t'aider, mais je vois que tu t'en es très bien sorti tout seul, bien joué.

En général la mort ne le choquait pas plus que ça, elle faisait partie de son paysage, il vivait avec et la côtoyait avec un certain cynisme propre à sa profession... Non pas qu'il allait tuer quiconque le croisait par plaisir, le meurtre en lui même ne l'amusait pas. Mais à ses yeux c'était un travail à faire comme n'importe quel autre métier pénible, et il pouvait parfois y prendre du plaisir quand l'adversaire était redoutable, un peu comme le boxeur sur le ring. Il se voyait donc au côté des éboueurs, des bûcherons, des métallurgistes, des mineurs, des soldats, des prostituées et de tous ceux qui avaient un job éprouvant physiquement ou psychiquement... Un job sale qui avait son lot de critiques et de détracteurs, mais un job nécessaire que peu avaient les tripes de faire. Mais parfois il arrivait qu'on soit mis face à quelque chose qui pouvait émouvoir et qui allait au delà dudit travail... Dans le cas de Sareth il y avait évidemment les innocents, en particulier les enfants, et il y avait également les vieillards, en particuliers ceux qui comme lui avaient choisi de tuer des gens pour remplir le frigo. Quand il devait en tuer un, il ne pouvait s'empêcher de penser à son père, aux regrets et à la fierté qu'ils devaient emporter avec eux dans la tombe, eux qui avaient eu le privilège d'aller au bout de leur vie sans être emportés en plein milieu. Cela le rendait un peu maussade... Aussi se contenta-t-il de marcher à côté du cheval jusqu'à atteindre Ahsoka sans rien dire, le temps de réfléchir, de se calmer, de profiter de ce silence pour se reconcentrer paisiblement sur la mission, le regard perdu on ne sait où.

La guerrière était là, un sabre laser à lame blanche encore à la main, par sécurité... Lorsqu'elle vit le chasseur de primes et son padawan sain et sauf, elle se permit un instant de répit et rengaina son arme. Le silence était toujours le maître dans les rues, les sabots de Ssaw, les éperons de Sareth et le cuir des bottes d'Ahsoka étaient les seuls bruits qui donnaient le tempo d'un lieu aussi tranquille... Une tranquillité malsaine et qui laissait planer son lot de doutes et d'appréhensions. On appelait ça le calme avant la tempête. L'énorme immeuble aux lumières violettes d'Eisenhorn n'était pas loin, on ne voyait que lui au beau milieu de ces rues pauvres et jonchées d'ordures. Nul doute que cet immeuble de malheur devait être bien gardé et être truffé de pièges. Ça n'allait pas être une tâche facile que d'y pénétrer, et Gradio, s'il y était toujours enfermé, ne devait pas se trouver dans un coin facile d'accès... Il observa les fenêtres à l'aide du zoom de sa visière... A l'exception des énormes panneaux publicitaires mauves qui entouraient le bâtiment, tout était éteint, tout était laissé à l'abandon.

    - Pas un seul employé dans les locaux, pas une seule lumière d'allumée... Le champ de bataille est déjà prêt pour notre arrivée. Un traquenard peut nous attendre à n'importe quel détour, ce qui veut dire deux choses... De un, il a épuisé toutes ses troupes, ils ne doivent plus être très nombreux là dedans, de deux... Il ne reste que les meilleurs de ses mercenaires à l'intérieur, on va en chier.
#40515
Quelques années plus tôt,

Les guerriers de la tribu Iat étaient revenus victorieux. Ils traînaient derrière eux des prisonniers, des hommes issus d'une petite tribu nomade. Enfin la victoire avait eu un coût comme en témoignait les cadavres chargés sur des ânes. Tseh et Rovar regardaient la scène depuis le séchoir où ils entreposaient les bouses qu'ils avaient ramassés. Quand Taharqa leur demanda où étaient le reste de la tribu, les guerriers lui expliquèrent la raison. On racontait qu'ils avaient tout fait pour que le reste de le reste du groupe parte le plus loin possible. Les guerriers étaient cependant plus rapides et mobile. Mais au moment où certains avaient voulu atteindre les familles fugitives, ceux qui etaient partis à leur poursuite avaient été tués par le Maître des Serpents car ils avaient osé pénétrer sur son territoire. Les deux sensitifs pouvaient entendre le chef soupirer d'agacement. Enfin, ils avaient quand-même ramené des prisonniers malgré les pertes. Mais celles-ci venaient exclusivement de l'insaisissable ermite. La question était d'ailleurs pourquoi il s'en était pris aux guerriers et non aux fuyards ayant pénétré sur son territoire en premier.

Enfin, A-ha rejoignit son père, lui, avait l'air satisfait, il allait pouvoir se défouler. Il demanda tout de même où étaient les enfants. On lui répondit qu'au moment que les familles de la tribu avaient pénétré le territoire du Maître des Serpents et que celui-ci s'en était pris aux assaillants Iat qui s'étaient lancés à leur poursuite. Il se plaignit qu'il ne pouvait pas s'amuser avec les enfants, c'était ce qu'il préférait. Les guerriers indiquèrent au chef que désormais, ils pouvaient disposer des prisonniers. A-ha avait déjà une petite idée sur la question. Il ordonna à ce qu'on aligne les captifs à genoux devant lui, il fit appel alors à ses deux Anoobas qu'il avait fait dresser à tuer des humains. Taharqa avait été moyennement favorable à ce caprice, mais il avait quand-même cédé. Les créatures étaient bien plus massives que les autres Anoobas de la tribu. Les hommes qui tenaient les laisses des animaux peinaient les retenir tant ils étaient impatients. En face, les prisonniers semblaient réaliser ce qui allait leur arriver, l'un d'eux urinait, un autre fermait les yeux, et un plus jeune se mettait à pleurer. A-ha ordonna qu'on lâche les Anoobas. Aussitôt, les deux animaux se jetèrent sur les premiers prisonniers. Les hommes hurlaient de terreur. Peu à peu un bain de sang se formait sous les corps des prisonniers. Les tripes volaient, le sang giclait, les cris résonnaient.

Tseh était collé contre Rovar, il voulait pas voir la scène et ses mains se crispaient sur son maître. Le Jedi détournait également le regard. Beaucoup d'habitants faisaient de même. Des enfants pleuraient et le sensitif pouvaient en entendre demander pourquoi on faisait ça à des gens devant des parents embarrassés.


- Si ce petit con pourri-gâté était en position de faiblesse, il ferait moins le malin, je suis sûr qu'il serait le premier à implorer la pitié...

Mais à côté, Awnib avait une attitude bien différente. Il regardait la scène, enfin ça se voyait qu'il se forçait et il faisait de même pour son propre fils en lui disant qu'un homme devait supporter des choses aussi dures. Puis il montra son neveu collé au Jedi.

- Tu veux devenir un faiblard comme lui?! Alors comportes toi comme un homme et regardes !

Mais peu après Rovar remarqua Awnib dans un coin en train de vomir.

- Tsss... Et ça veut jouer les durs... C'est pas en se forçant à regarder des horreurs et y participer qu'on devient plus fort...
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Coruscant, dans le présent,

Faisait-il jour où nuit?! Ici, impossible de le savoir. Du moins pour un profane comme Tseh. Malgré tout, c'était bien plus silencieux depuis quelques heures. Le jeune homme avait retrouvé son maître et le Mandalorien. Celui-ci s'était excusé de ne pas avoir pu l'aider.


- Ce n'est pas grave, vous étiez poursuivis par d'autres types. Puis on s'en est sortis entiers... Enfin presque...

Le jeune homme faisait allusion à sa vision des cadavres qui le marquait encore. Il se demandait toujours comment Ahsoka et Sareth faisaient pour supporter ça. Dans la rue qu'il venait de traverser, tous les habitants avaient fermé leurs stores, peut-être pour dormir sans être gênés par les lueurs des néons, enfin sans doutes aussi pour éviter à avoir à contempler le sinistre spectacle d'une rue jonchée de cadavres.

Le pilote de Swoop ayant tenu sa promesse fût autorisé à partir. Toutes manières, l'homme-machine devait avoir d'autres chats à fouetter, notamment encaisser la perte de tant de mercenaires. Il avait envoyé quasiment tout le monde. Cela pouvait paraître disproportionné pour trois personnes, mais au vu du résultat, on pouvait en douter. Malgré tout, les choses étaient loin d'être terminées.

D'après le pilote de Swoop, ils étaient arrivés à destination. Tseh regardait la grande tour aux écrits violets, vraisemblablement lumineux par le passé, comme un signe que ce bâtiment était à l'abandon. Donc c'était ici qu'ils détenaient le Rodien. Et d'après Sareth le pire restait à venir. De quoi rassurer le Padawan dont l'instinct le suppliait de faire demi-tour au plus vite. Mais Tseh ne pouvait pas. Il devait continuer, même s'il se sentait comme une bête qu'on allait conduire à l'abattoir. Le jeune homme avait un très mauvais pressentiment vis à vis de ce qui l'attendait.

Voyant que son apprenti était terrorisé, Ahsoka posa sa main sur l'épaule de celui-ci.

L'entrée était gardée par des tourelles automatiques. Même si elles semblaient plus marcher, Ahsoka lança son sabre afin de les désactiver par précaution. Là, ils avaient la certitude qu'elles ne risquaient pas de les mitrailler.

Ils entrèrent dans le bâtiment. Autour d'eux régnait un silence de mort. Ssaw suivait derrière. Le bâtiment était désespérément vide. Les rares néons encore fonctionnels qui faisaient office d'éclairage crépitaient par endroit donnant une ambiance tamisée sinistre, loin de l'aspect chaleureux d'un éclairage à la flamme. Cet endroit était bien en accord avec l'aspect artificiel et froid des bas-fonds de Coruscant.

Ahsoka proposa qu'ils se séparent en deux groupes afin d'explorer au maximum pour espérer trouver Gradio. Elle averti qu'ils se devaient d'être prudents. Tseh irait avec Sareth et Ssaw et la Togruta irait de son côté. Alors qu'ils parcouraient les couloirs déserts, le jeune homme restait silencieux, encore perturbé par ce qu'il avait vu. Ils commencèrent par arriver dans ce qui semblait être des vestiaires. Les mercenaires de l'homme-machine y entreposaient sans doutes leurs affaires personnelles, mais également des armes. Tseh y vit plusieurs blasters, grenades et autres vibrolames qui traînaient, parmi divers objets oubliés par ses hommes partis dans la précipitation.

Des vestiaires, on passa à un long couloir lugubre où les divers parasites y avaient déjà fait leur nid. Des limaces de duracier attaquaient déjà les murs. Ils croisèrent juste un petit droide souris un peu paumé et semblant défectueux. Surtout une odeur immonde vont soudain agresser les narines des nouveaux venus. Ça sentait la pourriture. Tseh se demandait si c'était pas un cadavre, lui qui avait déjà largement eu sa dose en terme de visions d'horreur. Le couloir étant trop sombre, sabre-laser et autres lampes torches étaient bien-sûr de sortie. Alors qu'il inspectait les lieux, le jeune homme constata que l'origine de l'affreuse odeur venait simplement d'un pack de canettes de soda à l'orange abandonné dont une des bouteilles percée avait finit par macérer donnant cette puanteur. Tseh devait reconnaître que c'était toujours mieux qu'un cadavre même si on pouvait se demander ce que ce genre de chose faisait ici. Il soupira se soulagement. Mais ça soulevait une question chez lui qui le taraudait depuis un moment. Ahsoka n'étant pas là, il demanda à Sareth.


- Comment vous faites... Pour supporter la vue d'autant de cadavres... De tuer comme ça...

De peur de vexer, Tseh tenta d'arrondir les angles.

- Enfin, je veux pas dire que vous prenez du plaisir à tuer... C'est juste que ça a l'air facile quand on vous voit au combat... Je parle aussi pour mon maître... C'est pas la première fois que je suis confronté à la mort... Mais c'est assez rare que j'ai eu à la donner... J'étais pas bien à chaque fois après...

Ils entrèrent dans ce qui semblait être un ancien salon, des draps et des bâches couvraient le mobilier qui ne semblait pas avoir servi depuis des années. La poussière était maîtresse des lieux. Tseh remarqua des photos diverses, mais également des papiers. La première était celle d'une famille humaine, un père, une mère et leurs enfants. On pouvait voir des souvenirs de vacances, en montagne sans doutes sur Aldérande, dans une station balnéaire Corellienne, des souvenirs en apparence heureux, malgré tout, le jeune homme sentait quelque chose de forcé chez les enfants et la femme, comme pour cacher qu'ils souffraient en réalité. Ces photos semblaient très anciennes. Le Padawan en vit des un peu plus récentes, cette fois, l'homme était seul, il souriait, mais ça avait l'air forcé, presque mécanique. Et surtout son corps semblait déjà se couvrir de plaques de métal comme pour réparer diverses mutilations. Derrière, on voyait le bâtiment flambant neuf, comme pour traduire l'apogée de son pouvoir. Puis les photos les plus récentes le montraient totalement transformé en machine. Il avait sacrifié les siens et son humanité pour ça. Ce genre de chose dépassait Tseh.

- Il a sacrifié les siens, juste pour du pouvoir...

Ce type rappelait au jeune homme son oncle. Lui qui avait été prêt également à détruire des membres de sa famille qu'il voyait comme une menace envers son honneur. Il avait dénoncé son frère dont le fils était sensitif et n'avait pas hésité à pourrir ce dernier une fois son père mort. Il avait également tué sa propre fille car elle avait eu une relation avec un homme issus d'une basse-caste. L'échelle n'était pas la même, mais on restait sur des individus obsédés par le contrôle, pour Awnib, Roger l'avait compris très tôt, il se cachait derrière ses histoires à base d'honneur, mais en réalité, c'était juste une histoire de pouvoir. L'homme-machine ne jurait apparemment que sur les statistiques pour justifier ses actes et rien ne devait dévier de ses statistiques, mais cette obsession trahissait clairement la même chose que pour Awnib, mais à plus grande échelle.

- M'enfin, j'ai bien eu un oncle qui a détruit des membres de sa famille pour une chose aussi abstraite que son honneur... Il est tellement obsédé par ça qu'il en veut encore à mon père qui est mort depuis des années... Je comprendrais jamais comment on peut en arriver là...

Le jeune homme laissa les photos. À l'image des mercenaires envoyés à l'abattoir et de l'état du bâtiment, on sentait quelqu'un sur la fin, mais il voulait à tout prix s'accrocher à son pouvoir, garder le contrôle, même si c'était en train de le détruire tout en entrainant d'autres dans son gouffre. Dans son obsession de contrôle l'homme-machine était arrivé à un stade de destruction bien pire qu'Awnib. Sa famille ne semblait plus n'être qu'un vague souvenir. Tseh se souvenait qu'une fois Rovar avait prévenu son oncle qu'un jour, il allait devoir lâcher-prise et laisser ses proches tracer leur propre voie, car ça risquerait de se retourner contre lui. En tout cas, c'était plus ses affaires.

Le groupe quitta le salon pour atteindre un autre couloir lui aussi désespérément vide. Enfin pas totalement, Tseh vit un tir à ses pieds qu'il esquiva de justesse. Dans la panique, il se mit à couvert derrière une caisse. Ssaw se cabrait. Le jeune homme fit appel à la Force pour lui demander de se cacher derrière la caisse et de se coucher. Tseh avait déjà son sabre activé car il servait de lampe-torche, le seul souci, c'était que son Soresu était plus qu'approximatif. C'est alors qu'il remarqua à côté de la caisse un blaster abandonné, c'était pas très Jedi, mais être en première ligne, c'était pas sa tasse de thé. Il avait convenu que Sareth se chargerait de la seconde tourelle. Il attrapa le blaster, ce genre d'objet ne devait pas très plus compliqué à utiliser qu'un arc. En tout cas, ce machin n'était pas léger par rapport à son arc en bois simple qu'il avait ramené de son monde d'origine. Il observait le Mandalorien agir donc ça marchait ainsi. Tseh disposa ses doigts sur la gâchette. Puis il tira, mais loupa sa cible. Il chercha des munitions pour recharger l'arme au sol comme quand on plante des flèches par-terre à côté de soi pour qu'elles soient faciles d'accès. Mais il constata qu'il n'avait pas besoin de recharger l'arme, ça se faisait tout seul. Pas idiot. Il se remit à tirer, mais il ratait encore sa cible, pourtant la tourelle n'était si petite. Tseh soupira, il saisit l'arme avant de la lancer à coup de télékinésie sur la tourelle, cette fois, la cible fût touchée et désactivée.

- Avec un sabre, j'ai l'impression d'être une chèvre qui fait de la poterie. Enfin, le blaster, c'est pareil...

Une fois le souci des tourelles réglé, ils pouvaient de nouveau avancer. Alors qu'ils progressaient, Tseh crut voir une ombre furtive, un rat?! Non trop gros, enfin les rats mutants de Coruscant pouvaient atteindre des dimensions non-négligeables. Mais le jeune homme avait l'impression que c'était pas un de ces rongeurs hideux. Non c'était autre chose.

- J'ai l'impression qu'on nous observe...

#40565
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La montagne de fer caverneuse se dressait comme un I face aux courageux animaux, dernier obstacle à gravir avant de découvrir la vérité... Dans les tréfonds des grottes labyrinthiques du mont se cachait la chose de fer ainsi que ses geôles où était gardé prisonnier le poisson globe qui en savait trop. Il avait avec lui, à son entière disposition un lézard, une salamandre... Et le roi des tigres, maître incontesté de la savane. Face à ces bêtes d'élite, il allait falloir redoubler de vigueur, de volonté et d'ingéniosité. La lionne qui prenait la tête n'en manquait pas, le renard gris en avait vu d'autres, la jument était impétueuse, mais l'oryx restait apeuré et dubitatif, il n'était ni un prédateur agressif et sans remord comme le renard gris ou la lionne ni un herbivore plein de muscles et de ténacité comme la jument... Parviendra-il à coopérer avec le canidé à la ruse finaude ?

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La lampe torche située sur le côté du casque de Sareth éclairait les lieux en pagaille comme le regard agité d'un animal stressé... Sans Ahsoka pour mener la danse c'était au mando d'ouvrir la marche et d'assurer qu'il n'y avait aucun piège ni aucune embûche à l'horizon. Il ne croyait voir aucune grenade, aucune mine ni aucune tourelle auto derrière tout ce papier mâché et ces bureaux renversés mais il suffisait d'un seul regard inattentif pour que l'ennemi démarre avec un avantage non négligeable. Alors il crapahutait au milieu de ce bordel mécanique un blaster à la main, l’œil vif, la démarche prudente, prêt à dégainer au moindre problème... Mais rien n'arrivait. Ils n'étaient pas seuls ici, Sareth le savait parfaitement, mais quiconque les observait semblait se faire désirer et patiemment attendre le moment opportun. Parfois il soulevait précautionneusement un pot à crayon sur le chemin, parfois c'étaient les feuilles et les classeurs qui étaient balayés d'un coup de pied, mais peu à peu ils montaient dans le complexe récemment désaffecté sans la moindre encombre. L'homme de fer avait-il bluffé, n'y avait-il absolument plus personne à part lui ? Le bâtiment avait il était truffé de bombe pour s'auto-détruire et emporter tout le monde dans son effondrement ? C'étaient des idées et des possibilités qui germaient dans l'esprit parano et précautionneux du mando à mesure qu'aucune menace n’apparaissait sous son nez, le menant presque à oublier quelques instant la figure de Tseh qui se rappela à lui avec une question... Il frissonna sur le coup sous la surprise, ne s'attendant pas à ce que son coéquipier ne brise la silence au risque que tout le monde se fasse repérer. Ce n'était vraiment pas le moment pour ça et Sareth hésita à répondre avec véhémence mais, se rappelant que crier ne ferait qu'aggraver son cas il soupira et répondit à voix basse tout en continuant d'avancer.

    - C'est le job qui veut ça... Je gagne ma croûte en envoyant en taule des types dangereux et bien souvent ils ne se laissent pas faire. Souvent le combat est la seule issue... Souvent tuer est la seule issue. C'est un peu moche, mais le temps et l'expérience finissent par te rendre imperméable aux remords... Tuer devient beaucoup moins problématique qu'avant donc pour ne pas sombrer dans la paresse morale il faut un code, définir qui on a le droit de tuer et qui on ne doit jamais blesser sous aucun prétexte, quel est le bon moment pour penser et quand est-ce que ça devient handicapant.

C'étaient des mots durs, mais des mots assez lucides sur sa propre situation... Car si l'on voulait vivre du blaster il ne fallait pas s'illusionner, souvent l'on tuait des gens qui n'étaient pas simplement des ordures mais des types que la vie avait emmené jusqu'ici et qui jouaient avec les cartes que le destin a bien voulu leur donner. Face à ces situations, soit l'on abandonnait le blaster, soit on acceptait les règles du jeu et on rechargeait son arme en se préparant aux conflits moraux suivants. Telle était la vie des guerriers, telle était la voie.

    - Mon père considérait qu'en combat la pensée est parasite... C'est noble d'hésiter, mais tes adversaires auront rarement la même noblesse d'âme... Donc il faut protéger ta vie et celle de ceux qui te sont cher coûte que coûte, ne reprendre tes esprits qu'une fois tes ennemis tous éliminés, même si ça doit finir dans un bain de sang, comme dans cette ruelle. Je prétends pas que ma pensée est la bonne, mais c'est celle qui me convient, j'espère que j'ai pu répondre à ta question.

Si quelqu'un se trouvait vraiment dans le bâtiment il devait déjà savoir où ses ennemis se trouvait au vu du bruit qu'ils faisaient en crapahutant au travers des bureaux, il faut dire qu'emmener la jument ici était une drôle d'initiative, avec une hauteur de plafond comme celle ci il ne pourrait pas grimper dessus, pourquoi la prendre avec lui ? Il soupira et se reconcentra parfaitement sur la mission, il ne pouvait rien y faire, ça ne dépendait pas de lui donc ça ne l'affectait pas. Aussi il tâcha, tandis que le jeune homme derrière lui commençait à enquêter sur les origines de leur adversaire, de rester silencieux et de simplement écouter les observations... Apparemment l'homme machine avait fait des trucs moches dans sa vie, ce qui n'étonnait qu'à moitié le mando, on ne devenait pas chef de gang par hasard. Tous sans exception avaient sacrifié quelque chose de précieux à leurs yeux pour en arriver là, fut-ce des amis, de la famille ou une part non négligeable de leur humanité... Tous les habitués des mondes Hutts avaient l'habitude de ce genre de profil, mais Tseh semblait particulièrement choqué par un comportement pareil, preuve supplémentaire qu'il avait encore beaucoup à apprendre. Il semblait nouveau dans cette galaxie, l'adaptation n'allait guère être simple et Sareth doutait fortement de pouvoir être celui qui lui enseignerait correctement le fonctionnement de la vie ici bas... Aussi écoutait-il son histoire d'une oreille tout en gardant l'autre tendue vers le danger en silence, s'étonnant que son coéquipier se confie aussi facilement sur son passé et ses doutes, pour le mando ça semblait parfaitement surréaliste de faire une chose pareille sans avoir parfaitement accordé sa confiance à l'interlocuteur. Les Jedi étaient réellement des êtres étranges, Dashel avait cette même spontanéité dans ses interactions sociales... Puis soudain la première tourelle du bâtiment révéla enfin sa peau chromée et ses canons d'airain avant de mitrailler en direction du trio. Deux se mirent à couvert mais le troisième n'en avait cure, il leva immédiatement son blaster lourd et explosa le dispositif en face d'un seul tir bien placé, la seconde tourelle pris plus de temps à se faire descendre mais Tseh y parvint de façon non conventionnelle, provoquant un haussement de sourcil chez le mercenaire.

    - T'as encore un ou deux trucs à apprendre, jeter des centaines de crédits à la tronche des ennemis à chaque fois que tu veux les neutraliser c'est pas l'idéal.

C'était un euphémisme, quoique l'industrie des armes deviendrait richissime avec le modèle du pistolet jetable... Un sourire discret anima le visage casqué de Sareth à cette idée. Tseh était très maladroit mais il avait un certain instinct de survie et un sens de l'astuce qui lui servirait sans doute plus tard, s'il apprenait à se battre correctement il serait un adversaire parfaitement insupportable, un guerrier efficace donc. Les couloirs étaient à nouveau rythmé par le tintement des éperons de Sareth et le claquement des sabots de Ssaw qui résonnaient dans la mégastructure une bonne dizaine de fois par écho... Le chasseur de primes avait du mal à croire que ce rythme de croisière allait pouvoir être maintenu à l'infini, il devait forcément y avoir quelqu'un en route pour les intercepter, et Tseh confirma ses soupçons, il y avait quelque chose, ou quelqu'un, qui les observait. C'était massif, poilu et ça traversait les couloirs à la vitesse de l'éclair sans le moindre bruit... Sareth savait très bien de qu'il s'agissait et il pestait contre la poisse. Le pire de tous dès le départ, c'était plus de la guigne, c'était un acharnement du destin.

    - Doux euphémisme... Si tu vois le moindre truc arriver dans notre direction tu le sabres, poses pas de question.

L'oryx et le renard gris étaient dos à dos au beau milieu d'un carrefour... Quatre voies possibles pour se faire faucher, c'était très mauvais pour eux. Sareth avait la main sur le blaster et la vibrolame au poignet sortie, générant sa petite vibration si singulière... De la sueur perlait sur son front. Par où allait-il passer ? Allait-il seulement passer ? Un bon chasseur savait attendre le moment de déconcentration propice à l'embuscade. Il ne fallait rien quitter des yeux, ne se laisser déconcentrer sous aucun prétexte, sinon... Ahsoka hurla, où était-elle impossible de dire, sa voix résonnait dans tout l'immeuble. Elle avait engagé le combat et avait été surprise. Sareth guetta en direction du bruit par un réflexe parasite... Perdu. Le rugissement d'un lion résonna. Les deux protagonistes crurent être enfoncés par un train, ils furent projetés six mètres plus loin au fond du couloir. L'immense silhouette massive sauta dans leur direction. Le sang du mando ne fit qu'un tour, ses blasters crachèrent toute leur énergie en direction de la menace sans visage. Le tintement du métal résonna, ses tirs avaient ricoché. La dernière chose qu'il vit fut une main griffue l'agripper par le casque et le faire passer au travers du plafond dans un audible crac. La vision de Sareth devint floue, son bras pendouillant du plafond au travers duquel il était passé... Pour l'heure il était H.S. Constatant que sa proie était déjà vaincue, l'immense bête au pelage pâle et au rictus carnassier se tourna vers l'autre gringalet, espérant qu'il lui offrirait un peu plus de divertissement.

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"Bonsoir petit d'homme."
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Quelques années plus tôt,

Suite à la mort de ses parents, Tseh s'était retrouvé totalement seul. Du jour au lendemain sans repères, chassé de sa maison comme un chien. Il la regardait être investie par son oncle qui se servait déjà dans le mobilier d'un air satisfait. L'enfant avait compris que désormais, il allait devoir dormir dehors. La journée, il regardait les autres gosses, rire, jouer, se blottir dans les bras de leurs parents, alors que lui, il n'avait que les regards méprisants, indifférents, les insultes et les coups comme seules interactions avec des adultes. On lui rappelait sans cesse à quel point il était faible et qu'un faible comme lui ne méritait pas l'At. Du jour au lendemain, il n'était plus personne. Il avait passé la journée à pleurer, ne comprenant pas totalement tout ce qui se passait. Un moment son oncle passa même devant lui d'un air satisfait.


- Voilà la place des faibles comme toi! Au moins, j'ai eu les tripes de faire ce que ton lâche de père n'a su faire...

Histoire de remuer d'avantage le couteau dans la plaie. Puis vont le tour d'A-ha et de sa bande de le martyriser. Et la journée n'était qu'une première épreuve, allait venir alors la première nuit en dehors du cadre rassurant d'un foyer. Tseh regardait peu à peu les gens se coucher, rejoindre leurs huttes, alors que la nuit couvrait peu à peu le village.

Il vit son oncle discuter avec quelqu'un d'autre.


- J'ignore s'il tiendra la nuit...
- Tant pis, toutes manières, qu'il tienne un jour de plus, il est déjà fichu. L'héritage de mon frère disparaîtra avec lui et dans la souffrance, ça paiera amplement ce que ce type m'a infligé.

Tseh avait vite compris qu'il dormirait dehors, s'il venait dans son ancienne maison, le lendemain matin, ça irait sans doutes mal pour lui. Il se blotti contre un arbre. Peu à peu des bruits inquiétants se faisaient entendre. Les steppes regorgeaient de diverses créatures dangereuses et sournoises qui n'hésitaient pas à se rapprocher des villages histoire d'espérer trouver des restes, notamment des carcasses. Elles pénétraient rarement dans les foyers, mais un enfant isolé serait l'occasion d'avoir de la viande fraîche. Les premiers arrivés furent une meute de babouins, des habitués des lieux. À la tête de la troupe, un imposant mâle au corps lardé de cicatrices témoignant de ses nombreux combats pour garder sa place. Celui-ci se faisait appeler Thot par la tribu Iat, signe qu'il venait si souvent que les humains avaient fini par le reconnaître. L'imposant primate envoya ses femelles à la recherche de nourriture. Bien sûr, les singes tachaient d'éviter les Anoobas attachés à des pieux. Et surtout, pas question de les réveiller au risque qu'ils alertent la tribu. Les babouins ramassaient des restes de fruits, des poissons en train sécher, des morceaux de carcasse dans les aires de rejet. Le gros Thot ne tarda pas à repérer Tseh, il s'approchait du sensitif déchu. Les babouins mangeaient rarement de la chair humaine, mais ils ne disaient pas non à un banni incapable de se défendre. Ça serait une proie aisée. Surtout un enfant. Il attrapa le sensitif par la jambe et mordit dedans, les babouins ayant la fâcheuse tendance à dévorer leurs proies vivantes. Tseh se débattait, il commença à hurler. Cela réveilla les Anoobas, mais les hommes ne bougèrent pas, c'était le banni, ils allaient pas chasser les singes juste pour lui. Par prudence, Thot renonça à emmener sa proie. De toutes façons, une des femelles de son clan avait réussi à prendre l'agneau d'une brebis qui venait de mettre-bas.


Cette nuit, Tseh avait survécu, mais il avait encore les marques d'une vilaine morsure. Heureusement, elle n'avait pas atteint des vaisseaux sanguins importants, mais elle risquait de s'infecter. Si le fils du défunt potier avait échappé aux babouins, il allait désormais devoir faire face aux habitants qui avaient constaté la disparition de l'agneau. Ils savaient que la brebis devait accoucher, mais le petit avait disparu. Et faute de pouvoir s'en prendre aux babouins, les Iat allaient se venger sur cet enfant incapable de se défendre.

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La situation s'était soudainement dégradée pour Tseh. Sareth n'avait pas tardé à être mis hors combat par leur assaillant. Le premier réflexe de l'apprenti fût de venir au chevet du Chasseur de primes, mais un obstacle de taille lui barrait la route.

- Bonsoir Petit d'homme...

Devant lui se tenait un imposant Togorien au pelage écru. De nombreuses cicatrices lardaient son corps comme les témoignages sans doutes de combats âpres par le passé. Ou bien des années de maltraitance, mais Tseh en doutait, ce type semblait pas être du genre à se laisser faire. À sa ceinture pensaient des peaux de Wookies, qui allaient également dans le sens de la première hypothèse. Le chasseur toisait sa future proie. Il comptait s'amuser un peu au vu de son sourire carnassier.

- J'aurais aimé affronter la générale Tano, mais peut-être que son apprenti peut valoir le coup... Une Jedi de sa trempe, elle ne doit pas choisir n'importe qui...

Tseh aurait beaucoup aimé que son maître soit là, mais il l'avait entendu se battre avec quelqu'un d'autre. Puis selon Sareth, ils se trouvaient désormais avec les meilleurs éléments de l'Homme Machine.
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Amas de Parthovian, lune d'une géante gazeuse d'un système inconnu.

Le Sanctuaire du Maître des Serpents appartenait aux discrets lieux de culte dédiés au dieu Suketh, celui qui refusait de se soumettre aux hommes qui se prenaient pour les descendants des dieux. Souvent des lieux difficiles d'accès connus seulement des quelques nomades. Le Maître des Serpents n'était pas un prêtre ordinaire, c'était également un Gardien, un être ressentant l'énergie des êtres vivants et veillant sur un territoire défini grâce à une puissante connexion avec la Force. Ils étaient plus très nombreux et la plupart étaient des animaux. Des vestiges d'une époque très ancienne où les hommes qui se prenaient pour des dieux n'étaient pas encore pris au sérieux.

Le Maître des Serpents vivait des dons des nomades de passage venus demander la protection de Suketh afin de traverser les territoires sauvages qui étaient les siens en toute sécurité. En plus, ils lui permettaient d'avoir des interactions sociales nécessaires en plus de le tenir au courant de l'actualité. Ils lui étaient un soutien nécessaire. La plupart des nomades avaient appris à comprendre l'environnement qui les entouraient et à vivre avec lui plutôt que de lutter contre comme ce que certains habitants des fleuves faisaient à tort. L'ermite savait grâce à la Force si ceux qui traversaient son territoire avaient de bonnes intentions. C'était pas la première fois qu'il s'en prenait aux guerriers de la tribu Iat car il savait leurs intentions mauvaises. Il en avait bien sauvé un une fois, parce qu'il s'était trouvé avec un enfant et un étranger ayant eu la bénédiction de Suketh comme lui et des intentions nobles.

Cet étranger et ce gamin, il les avait senti plusieurs fois traverser son territoire pour chercher à manger, c'était de bonnes personnes. Et au fil des années, l'enfant avait grandit pour devenir un homme, mais désormais, il avait quitté ce monde pour rejoindre la tribu de l'étranger à tête de chèvre à bord d'une barge céleste. L'ermite se tenait devant la fresque représentant une carte stellaire qui ornait une des parois de la pièce secrète de son sanctuaire. Bien qu'il ne puisse plus voir, il ressentait les choses grâce à la Force. Il fixa une grande peinture à l'effigie de la Vache Nerf Céleste. Puis il désigna son coeur qui regroupait les mondes du Noyau, dont Coruscant. C'était là que se trouvait la tribu de l'homme-chèvre. L'enfant devait réaliser combien le monde était immense. Il avait déjà trouvé sa place. L'ermite sentait qu'il était entre de bonnes mains.

L'homme méditait devant la grande fresque représentant la voûte céleste. Il son visage se crispa. Il sentait que l'enfant Iat était en danger.


*Suketh, protège cet enfant... *

Derrière la paroi de la cachette du sensitif, un reptavien au plumage blanc l'observait depuis un moment. Puis la créature s'envola comme si elle avait pris son message et allait le délivrer à son destinataire.
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Tseh était totalement dépassé par l'adversaire qui lui faisait face. Griffe Blanche était agile puissant, taillé pour le combat, en face, bien qu'il soit sensible à la Force, son adversaire était un maigrichon peureux qui tentait de fuir en jetant ce qu'il trouvait devant lui sur son adversaire à coup de télékinésie, mais à un tel rythme, il fatiguait assez vite. Et ça ne ralentissait pas forcément le Togorien qui esquivait les projectiles avec agilité quand il ne se contentait pas de les détruire avec sa force. Tseh lui jeta en dernier recours sa bure à la figure, mais ça n'arrangea pas forcément les choses. L'être félin arracha le vêtement de ses griffes. Entre temps, le Padawan avait sauté sur sa jument pour fuir.

Griffe Blanche maîtrisait à merveille le terrain et pouvait compter sur son matériel pour arrêter un cheval au galop. Il avait déjà combattu des adversaires sur des montures animales ou mécaniques. Il sorti des sortes de bolas qu'il lança avec une précision redoutable, elles s'enroulèrent autour des pattes de Ssaw et la jument s'effondra. Le jeune homme couru au chevet de sa monture encore sonnée. Le temps que Tseh défasse les liens Le prédateur était déjà sur lui. Il lui en rappelait un autre des années auparavant. Alors qu'il se collait à Ssaw, il se revoyait enfant, tremblant, impuissant prostré sur le corps de Rovar inconscient, incapable de se défendre et d'abandonner son maître et le seul homme lui ayant tendu la main à cette époque. Mais la Dévoreuse l'avait épargné. Elle n'avait pas besoin de s'en prendre gratuitement à des faibles pour prouver sa Force. Elle avait eu ce qu'elle voulait, Tseh n'était pas une menace, elle était donc partie de son côté avec la monture d'un des guerriers dans sa gueule.


- Tsss... Tu es bien décevant... Comment la grande générale Tano a-t-elle put prendre un apprenti aussi faible...

Faible, malgré ses efforts, Tseh le restait, du moins, il en avait l'impression, il n'était pas au niveau d'Ahsoka ou de Sareth. Griffe Blanche attrapa Tseh par sa tunique et le souleva tandis que ce dernier se débattait frénétiquement. Puis il eut l'idée de se défaire de celle-ci et se laissa tomber lourdement au sol. Maintenant torse nu, Tseh dévoilait un corps lardé de cicatrices tout comme son adversaire. Mais elles avaient une histoire bien différente. Ce n'était pas les marques de combat contre des créatures toutes plus dangereuses que les autres, non, c'était juste des villageois poussés par l'influence d'un chef jaloux qui l'avaient battu quand il était gosse, c'était un oncle tyrannique qui le voyait comme un substitut pour y déverser la haine d'un frère mort depuis des années. Sa jambe portait encore la trace de morsure du gros babouin Thot. Ses poignets portaient les traces de tentatives ratées de suicide. Pour échapper aux tyrans, la mort était parfois la solution. Mais même pour se donner la mort, il avait été trop peureux. Ses blessures étaient celles d'un faible qui avait subi sans pouvoir se défendre.

*Les faibles sont comme les ânes, on les croit faibles car ils ne sont pas violents, ils sont humbles et ne se plaignent pas, pourtant, il faut beaucoup de force pour supporter la pression et les charges de travail qu'on leur impose. On dit la même chose des antilopes, mais elles ont réussi à faire de l'art de fuir, une force. Ainsi, elles sont libres en devenant insaisissables.*

Ces paroles, c'était celles du maître des Serpents.

Pour survivre, les faibles devaient se soumettre aux individus violents quand ils ne pouvaient pas les fuir comme des tribus nomades. Ils subissaient, encaissaient les coups, mais quand ils se plaignaient on ne les écoutait pas, donc ils gardaient pour eux. Telle était l'absurde loi du plus fort où les brutes pouvaient imposer leur loi aux autres quand ces derniers ne pouvaient plus fuir. Jusqu'à ce qu'un autre plus fort prenne leur place. Là ils révisaient toujours ce principe. Les faibles, pour la plupart, cherchaient juste à vivre. Et bien souvent, ils survivaient sans avoir besoin de brutes à leur tête. Ce que n'était pas forcément le cas des dominants. Puis comme le Maître des Serpents l'avait dit, la chute de ceux qui seraient au sommet serait terrible. Mais Tseh n'avait pas l'impression que de telles choses puissent l'aider dans une telle situation.

Tseh fit un signe comme quoi il déclarait forfait alors qu'il faisait face au Togorien. Il fermait les yeux, pensant que son heure était arrivée. Il était fichu. Son adversaire n'avait même pas voulu qu'il s'enfuit.


- Tu as gagné... Je me rends...

Tseh se tourna vers Ssaw, puis il l'enlaça.

*Sauves toi, vas rejoindre Ahsoka. Et merci pour avoir veillé sur moi...*

La jument hésita, mais son camarade insista et elle parti en direction de l'endroit où se trouvait la Togruta.

- Quel gâchis d'avoir choisi un apprenti si faible...

Le jeune homme repensa aux mots du Maître des Serpents au sujet des voies que pouvaient emprunter ceux qui pouvaient se battre, la première était celle d'acquérir toujours plus de pouvoir par gloire personnelle, d'écraser les autres, mais au prix de chuter un jour et de n'avoir plus personne pour aider à ce moment-là. Mais il y avait également une autre voie, celle prise par Ahsoka et Rovar, celle de se servir de sa force pour aider et protéger ceux qui ne le pouvaient pas.

- Peut-être parce qu'elle a décidé de mettre sa force au service des plus faibles... Parce qu'un jour où l'autre, on sera tous vulnérables...

Alors que le mercenaire s'apprétait à donner le coup de grâce à sa victime, un reptavien élégant ressemblant à une aigrette au plumage immaculé contrastant avec la crasse ambiante, vint se poser entre Tseh et Griffe Blanche. Le jeune homme reconnut immédiatement l'espèce à laquelle appartenait le volatile, c'était un Bénou Blanc. On disait que les défunts prenaient la forme de ce reptavien pour rejoindre le monde des morts et qu'un Anooba leur servait de guide. Le Togorien semblait avoir remarqué également l'animal. L'aigrette écarta les ailes de d'un air menaçant et siffla. Elle protégeait Tseh. Mais le frêle échassier de petite taille ne semblait pas faire le poids face à l'être félin. Celui-ci éclata de rire.

- C'est ça qui te défend ?! Ce petit animal ridicule ?! Assez joué, dégages oiseau de malheur avant que je change d'avis...

Mais quand le Togorien voulu lui asséner un coup, celui passa à travers le corps de l'oiseau. La surprise s'afficha sur son visage. De son côté, Tseh avait remarqué que son cristal réagissait étrangement depuis l'apparition du Bénou. Le félin sorti son blaster et tira sur le volatile. Mais l'oiseau n'eut rien, le Togorien tentait de chercher si ce n'était pas un hologramme, mais rien ne semblait l'indiquer. Griffe Blanche perdait patience alors que toutes ses attaques contre le Bénou échouaient. Il n'aurait jamais pensé que cet adversaire serait si puissant.

*Quelque soit tes efforts, tu ne pourras me vaincre... *

Cette voix, Tseh la reconnaissait. Elle le ramenait à un lointain passé. À son enfance. Cet individu, c'était l'ancien propriétaire du cristal qu'il avait dans le sac autour de son cou, c'était Tcha!

- Tcha?!

L'oiseau se tourna vers Tseh avant de prendre forme humaine. L'homme était privé des mutilations causées par les tortures infligées par la tribu. Malgré la volonté de l'empêcher de rejoindre l'autre monde en brûlant son corps et en le mutilant, Tcha avait réussi à arriver à destination. Rovar avait eu raison en disant que quelque soit les actes que les Iats avaient commis sur la dépouille du paysan déchu, il avait rejoint la Force qui ne faisait aucune distinction.

*J'ai entendu les prières du Maître des Serpents. Tu as tenu ta promesse, j'ai une dette envers toi... Maintenant, vas rejoindre tes amis... *

Tseh se leva et prit la fuite. Le Togorien s'épuisait au fur et à mesure qu'il attaquait ce nouvel adversaire sans grand succès. Il enrageait. Il voulait poursuivre l'apprenti, mais ce volatile devenu une espèce de sauvage en pagne lui barrait la route.

- Qu'est-tu au juste?! Comment ça se fait?
*Je suis Tcha, un modeste paysan de la tribu Iat... J'ai une dette envers l'enfant d'un ami... *
- C'est une blague?! J'ai combattu les meilleurs guerriers qui soient... Je viens de terrasser un Mandalorien... Comment... Un ... Un paysan... Doublé d'un sauvage pourrait me tenir tête?!
*Je suis déjà mort... J'aide juste un enfant qui a tenu sa promesse et veut se servir de sa force pour aider les autres. Notamment les plus faibles. Ceux qui subissent sans se plaindre l'absurde loi des tyrans comme celui que tu sers. Des lâches qui croient qu'en ayant une armée et des armes seront plus forts. Contrairement à toi qui a décidé de mettre ta force au service d'un despote qui a été jusqu'à détruire sa propre famille juste pour dominer... Une telle force au service d'une telle ordure, quel gâchis... *

Tseh se sentait soutenu. Tcha lui avait fait gagner un temps précieux. Parfois, il était nécessaire de lâcher prise. Il savait ses limites. Pendant ce temps, l'attitude de Griffe Blanche était passée à l'effroi. Le Togorien avait beau tenter de le cacher, il n'y parvenait pas. Il avait été acculé par le paysan contre une paroi. Il faisait face à un adversaire invincible.

- Dégages, c'est plus drôle...
*Je croyais que ça t'excitait de combattre des adversaires toujours plus puissants... C'est bien pour ça que tu voulais affronter Ahsoka... Je dois avouer que tu es un guerrier puissant, mais n'oublies pas que même l'être le plus puissant n'est pas à l'abri de la chute, et pour eux, elle sera forcément brutale... *

Puis la silhouette de Tcha s’évapora. Le mercenaire était encore sonné par une telle rencontre. Il avait vu la mort, celle qui mettait à égalité les faibles et les puissants, un adversaire sournois qui frappait quand on s'y attendait le moins sans distinction. Un adversaire contre lequel on sortait jamais vainqueur. Beaucoup avaient tenté de se soustraire au destin de toute vie, mais ils avaient tous échoués sans distinction.

Tseh empruntait un couloir avec prudence, sous ses pieds, le sol était très fragile. Il progressait doucement, luttant pour rester le plus calme possible et ne pas céder à la panique. Sous ses pieds, si ça cédait, une chute de plusieurs étages l'attendait. À travers une fissure, il voyait une file de speeders défiler lentement au dessus du vide. Effrayé par cette vision, Tseh releva la tête aussitôt. Il se souvint de ce que lui avait dit le Maître des Serpents, la peur pouvait être une alliée tant qu'elle ne prenait pas totalement le contrôle pour se transformer en panique. C'était celle-ci qui pouvait mener à des catastrophes. Le jeune homme était bien content que Ssaw soit pas là, le sol aurait cédé aisément sous son poids. Tseh avait la chance d'être léger, bien que ses maladresses lui donnent un air balourd par moments. Le bâtiment était tellement délaissé et visiblement ancien que le sol n'était plus que du papier par endroits. Pas étonnant que Griffe Blanche ait put aisément faire traverser le plafond au Mandalorien. Le jeune homme espérait qu'il soit encore en vie.

Malgré tout, Griffe Blanche avait reprit ses esprits et s'était remit en chasse, Tcha ne lui avait rien fait bien qu'il n'ait pu le vaincre. Le paysan lui avait fait perdre patience. Hors de question qu'il se fasse humilier parce qu'il avait peur d'un fantôme. Au moins, le padawan ou son maître étaient des cibles qu'il pouvait blesser, voire tuer. Tseh pouvait l'entendre arriver, mais c'était différent. Il semblait très énervé, une sorte de rage primaire. D'ailleurs, si sa proie pouvait l'entendre, c'était un signe qu'il était bien moins prudent. Il tardait pas à rejoindre Tseh afin d'en finir avec lui. Si l'oiseau n'était pas intervenu, il aurait sans doutes épargné l'apprenti. Quand le Padawan se retourna, il vit le Togorien le charger, le regard vide, déterminé à le tuer. Il mettait toute sa force et tout son poids dans sa course. Le jeune homme avait bientôt atteint le bout du couloir en ruines. Son agresseur était sur le point de le rattraper quand soudainement, le sol se déroba sous ses pieds. L'agilité du Togorien n'avait pas suffit à masquer le fait qu'il soit plus lourd. Et dans sa rage, il avait fait preuve de négligence. Cela lui coûta extrêmement cher quand il tomba sans avoir eu la possibilité de s'accrocher à quoique ce soit. Le Bénou apparu devant Griffe Blanche, comme pour lui rappeler que même le plus grand prédateur était faillible. La fissure qui s'était créé dans le sol rattrapait Tseh et lui aussi finit par tomber dans le vide.

C'est là qu'une main lui saisit l'avant-bras. Tseh fût hissé hors du gouffre. Il reconnut son maître. La Togruta l'aida à se hisser. Elle semblait un peu éprouvée par son combat, mais elle s'en était sortie bien moins amochée que son apprenti désormais torse nu avec un corps couverts de blessures et ce qu'il lui restait de vêtements en loques. À côté d'elle se trouvait Ssaw et un Trandoshan dont Tseh ignorait l'identité. Il était heureux de retrouver Ahsoka et Ssaw. Surtout après ce cauchemar.


- Je suis désolée, je ne suis pas arrivée à temps.
- Vous aviez votre propre combat à mener, il attrapa la bourse accrochée à son cou, puis j'ai quand-même eu l'aide d'un ancien ami de mon père.
- Hein ?!
- Je vous expliquerai plus tard, faut qu'on trouve Sareth, après ce que Griffe Blanche lui a infligé, il va avoir besoin d'aide.
- Oui allons-y.
- Au fait, c'est qui ce type?
- Quelqu'un qui a besoin de notre aide.

Ahsoka lui expliqua que leur compagnon de fortune reptilien avait sa famille retenue en otage par l'Homme Machine. Là où ce dernier avait sacrifié sa famille à ses fins, le Trandoshan travaillait pour ce tyran car sa famille était en otage par celui-ci. Alors qu'il s'éloignait avec les autres, Tseh jeta un dernier regard en direction de précipice. Il y avait peu de chances que le mercenaire s'en soit sorti vivant. Puis il vit le Bénou posé devant.

- Merci Tcha!

L'oryx était pas aussi expérimenté que la lionne, impétueux que la jument ou aussi rusé que le renard, mais il avait une force que son adversaire le tigre n'avait pas eu. Il était conscient de ses limites, ses faiblesses, il savait quand lâcher prise. Et surtout, il pouvait compter sur des amis fidèles.

#40591
Un bourdonnement ignoble et incessant, le noir complet, une douleur indicible...Tels étaient les seuls compagnons du Mandalorien qui regagnait péniblement conscience suite à son évanouissement involontaire. Il cligna péniblement de l’œil en tentant de se figurer l'endroit où il se trouvait au travers de sa visière. Le bourdonnement redoubla en intensité puis se calma lentement, révélant le bruit des court circuits et des combats lointains... Grognements, cris, tirs de blaster et frappes se mélangeaient dans un brouhaha pénible et indescriptible. Il tenta de péniblement lever son bras mais constata dans un rictus douloureux que malgré tout ses efforts ce bras là n'allait pas pouvoir se lever. Au vu de la position étrange dans laquelle il se retrouvait à pendouiller dans le vide il devait être au moins déboîté... On avait beau s'habituer à ce genre de situations, la douleur restait toujours aussi pénible. L'autre bras allait bien, il s'en servit comme appui. Se relever ne fut pas sans mal, chaque os qui avait percuté le plafond transmettait au moins un peu de douleur sous la force du choc... Rien ne semblait brisé cependant, l'armure avait encaissé le plus gros. Le gantelet en Beskar tenait bien le coup mais le droit était dans un sale état, il ne risquait pas de fonctionner, pas pour rien que Sareth n'y avait mis aucun objet explosif... Le hic c'est que c'était le bras gauche où se trouvait le gantelet fonctionnel qui était incapable de bouger... La barbe.

Il finit par entièrement se redresser. Son bras toujours pendouillant lui faisait un mal de chien, il fallait l'empêcher de bouger... Il retira son poncho et fit un nœud avec pour fabriquer une atèle de fortune, ça devrait faire l'affaire, il n'avait rien de mieux. Il observa autour de lui, le blaster à la main. Il avait formé un horrible trou là où il avait été envoyé bouler, ne laissant que des fils électriques s'en extirper en cracher des étincelles en pendouillant piteusement vers le sol. Le saut pour redescendre fut un peu douloureux à l'atterrissage mais pas le choix, chaque seconde comptait. Il suivit donc l'énorme grabuge laissé par les affrontements entre Tseh et le Togorien, d'abord en clopinant, puis en marchant normalement, puis en trottinant. Se faire avoir aussi simplement lui laissait une certaine amertume dans le coin de la bouche... Le coup à l'égo était évidemment de mise au vu de la défaite bien trop rapide qu'il venait de subir, mais il trahissait encore une fois sa promesse de protéger Tseh, ce qui remettait une fois encore en question son honneur et la confiance qu'Ahsoka pouvait avoir en lui. Il grogna, il y réfléchirait plus tard, pour l'heure il devait presser le pas, mais même en courant il n'entendait ni le padawan, ni le maître, ni personne.

Cela dura une trentaine de secondes, c'était peu, pourtant même en se contentant de trottiner pour laisser à ses muscles le temps de se remettre du choc il suait bien plus que d'ordinaire. Pensant qu'il devait s'agir de la fatigue il tenta malgré tout de continuer, mais la sensation devenait de plus en plus prégnante et de plus en plus éreintante. Il s'arrêta quelques secondes pour souffler un coup, s'approchant d'une fenêtre ouverte pour tenter de prendre l'air, mais la chaleur ne voulait pas s'atténuer, au contraire, elle grimpait d'avantage. Il se sentait de plus en plus à l'étroit dans son armure, il hésitait presque à retirer son casque tant il se sentait étouffé par la chaleur. Il se retourna et jeta un regard plissé et fatigué aux alentours, comme pour tenter de se rattacher à quelque chose qui expliquerait cette hausse insensée de la température. Ce qu'il vit lui arracha un frisson de surprise... De la vapeur était en train de se glisser dans la pièce par petites nuées, et à mesure que la visière de Sareth se retrouvait embuée, il pouvait entendre des bruits de pas se rapprocher et les systèmes anti incendie s'allumer les uns après les autres, jetant de l'eau dans tous les sens dans la panique... Mais avant même que les gouttelettes d'eau n'atterrissent sur le sol, elles se changeaient à leur tour en vapeur chaude et grimpaient vers le plafond.

C'est quand le sol lui même si mit à rougeoyer que Sareth comprit, dans la terreur, ce qui l'attendait au bout du couloir. Malgré la buée il pouvait voir l'ennemi clairement. Une masse rougeoyante à silhouette humanoïde s'approchait doucement d'un pas serein. Sa tête était noire et arborait deux yeux pareils à des fournaises et une bouche rappelant une porte vers les enfers, à chaque pas qu'il faisait le sol se tordait de douleur pour se maintenir en place, il manquait de fondre dans un bruit strident et effroyable. Ses ricanements résonnaient comme ceux d'un diable et étaient dirigés à l'attention du pauvre hère toujours accoudé à sa fenêtre dans un pas de recul. Le visage métallique rappelait celui d'un Duros, et pour le malheur du mercenaire il s'anima et se mit à parler.

Image- Tiens, enfin quelque chose d'autre que du bleu sur ma vision thermique, héhéhé, je commençais à me sentir seul par ici, la solitude ça congèle vite les neurones.
- Qu'est-ce que t'es... ? Comment tu t'es fait ça... ? Marmonna le mando en essayant de rester droit et conscient malgré la chaleur.
- J'm'appelle Cinder, je te demanderai bien ton nom mais j'aimerai pas être à ta place d'ici quelques secondes ! Clama-t-il avec un sourire vicieux.
- Tu m'as l'air d'être un bon gros cinglé... Son regard fuyait vers l'extérieur.
- Naaaaan naaaaan, les cinglés sont tristes et savent pas ce qu'ils font, moi je me marre comme jamais et je sais parfaitement ce que je fais... Bon, tu m'excuseras mais cet endroit manque de rouge, on va lui faire refaire une beauté.

La chose était irréelle, elle irradiait de lumière tant elle était ardente. Des flammes quasi bleues émergeaient de sa combinaison métallique dont la résistance à la chaleur était démentielle, elle semblait parcourue par tant de sous systèmes, de tuyaux et de gaz étranges qu'elle devait valoir à elle seule son pesant de crédits... Et les flammes qui jaillirent de son bras semblaient mille fois plus puissantes et efficaces que celles projetées par l'armure élaborée du mando. Son saut par la fenêtre fut salvateur, car la salve de napalm qui engloutit la pièce la plongea dans un incendie démentiel qui ne mit pas longtemps avant de lentement faire fondre le sol lui même sous l'effort combiné de l'essence enflammée, de la condensation de vapeur et de la chaleur. Un petit morceau de l'immeuble semblait en train de s'écouler le long des fenêtres comme une plaie purulente, et la vision qu'en avait Sareth alors qu'il volait en jet-pack et faisait le tour de l'immeuble lui faisait dire que peut être que Griffe Blanche n'était pas le pire au final. Il traversa une vitre avec fracas et roula par terre en usant de son bras valide avant de souffler... Les températures étaient à nouveau acceptables, mais ça n'allait pas durer, il se doutait que Cinder allait le courser d'ici peu. Et ça ne manqua pas, un regard par la fenêtre suffit à lui faire comprendre que l'étrange comète qui s'approchait de lui n'avait rien à voir avec un météore naturel, Sareth se mit à cavaler comme jamais il ne l'avait fait.

Cinder s'écrasa au travers des couloirs en faisant tout fondre dans son sillage, riant aux éclats comme un enfant. C'était à la limite du cauchemardesque, toute cette chaleur manquait de faire tourner de l’œil au fier combattant qui n'avait jamais ressenti de tel même sur des planètes volcaniques où il s'était rendu. Il lui fallait trouver une solution, n'importe laquelle, à ce stade ce n'était plus de sa survie dont il était question mais bien d'un acte de charité envers la galaxie que de la débarrasser de ce malade et de sa combinaison de malheur.


Sareth n'avait plus d'essence dans son jet-pack, il l'avait tant utilisé pour échapper à Cinder pour sauter de couloirs en couloirs qu'il l'avait épuisé au delà de sa réserve... Il ne pouvait plus compter que sur ses jambes, mais jamais ne s'était-il senti autant porté par l'adrénaline qu'à ce moment précis. Il avait peur, il n'avait pas honte de l'admettre, qui ne le serait pas face à la perspective de la mort la plus douloureuse qui soit face aux flammes ? Mourir ne le gênait pas, ça lui arriverait bien un jour comme à tous dans cette galaxie, mais à choisir il préférait encore que ça soit de sa belle mort ou d'une honorable, pas au beau milieu des flammes à entendre les rires d'un psychopathe irrationnel ayant perdu tout lien avec la réalité. Mais sa course était loin d'être erratique et hasardeuse, et c'est ce que le pyromane était trop euphorique pour réaliser... Les échanges de tir, les dizaines de pièces réduites en cendre ou en métal fondu, peut être qu'à ses yeux c'était des attaques désespérées, mais pour le mando c'était une analyse méticuleuse de l'adversaire. Les tirs de blaster n'étaient pas assez brûlants pour traverser l'armure, les balles de fusil non plus, quand aux missiles il ne pouvait s'en servir avec son bras ballant mais il ne s'attendait guère à un meilleur résultat. Techniquement, la chose de feu et de fer était donc bel et bien virtuellement immortelle, mais il lui restait peut être un point faible, et c'était après cette ultime chance que Sareth courait avec sa vision thermique activée. De loin, l'on pouvait voir l'immeuble lentement se faire dévorer par le feu et le chaos, comme un gigantesque ver lumineux se gavant d'une pomme métallique de l'intérieur. Le mercenaire descendit d'étage en étage, se rapprochant de plus en plus des sous sol, guidé par la vision prophétique de sa vision thermique, son parcours incompréhensible lui fit gagner de l'avance sur le pyromane qui commençait à perdre le rythme et à ressentir de la fatigue physique, car un être aussi inhumain pouvait visiblement en ressentir après de longues minutes de course poursuite.

    - Tu espères quoi, me faire crever de... Koff... D'épuisement ? Mieux, attendre que l'un de nous casse sa pipe de vieillesse ?!

Cinder enragea et tenta de retrouver la signature thermique de son adversaire, mais à sa grande surprise, et à son agacement, il ne vit rien qui ressemblait à une silhouette humanoïde dans les environs. Impossible, les humains ne pouvaient pas camoufler leur température, du moins c'est ce que le Duros était persuadé de savoir, aussi l'absence d'explication à ce qui venait de se passer le laissa pantois un instant, le faisait déambuler dans les bureaux calcinés avec un air confus sur son masque métallique bouillant. Il haleta en reprenant son souffle puis se concentra sur le sol... Et bingo, sa vision thermique lui révéla des traces de pas encore chaudes, il les traça avec un regard satisfait, le bras déjà prêt à vomir ses torrents de flammes sur le premier venu. Il abandonnait peu à peu les bureaux pour descendre le long des étages inférieurs, là où l'on rangeait le matériel légal ou non. Ici les beaux murs de métal noir lustrés laissaient leur place aux plaques métalliques blanches rouillées et rarement nettoyées, il n'était pas rare qu'on en voit certaines quasiment arrachées ou pliées. La piste dura quelques minutes jusqu'à ce qu'elle ne s'arrête quelques mètres avant qu'une porte métallique blindée ouverte bien en évidence n’apparaisse sur la droite... Elle vomissait du bleu et du violet, deux couleurs que le Duros détestait voir sur son capteur. La fameuse chambre froide du patron... Il y avait les geôles pas très loin pour les vivants que le patron voulait conserver, et il y avait la chambre froide pour les morts que le patron voulait aussi conserver, les deux étaient évidemment inaccessibles aux employés. Cinder ricana et s'approcha doucement de la porte.

    - Héhé... Tu veux que je rentre, c'est ça ? Tu me prends vraiment pour un couillon ? J'ai pas besoin d'entrer dans la pièce pour te cramer à l'intérieur.

Il leva son bras et le pointa au beau milieu de cet entrepôt macabre plongé dans le froid, il allait tout arroser dans un élan de sûreté et cette maudite course poursuite serait enfin terminée... Mais ce qu'il avait omis de vérifier, c'était de savoir si son adversaire n'aurait justement pas prévu la possibilité que son adversaire ne rentre pas dans la pièce. Juste derrière lui se trouvait une plaque métallique couverte de saletés, d'insectes et de rouille, légèrement pliée et entamée par endroits, et juste derrière elle... Une charge explosive ramassée sur l'un des nombreux mercenaires envoyés pour massacrer le trio. L'explosion ne brûla pas le moins du monde le pyromane, mais son souffle était assez proche et puissant pour l'envoyer au beau milieu de la chambre froide, le tout en claquant violemment sa porte. Pour la première fois de la bataille, Cinder exprima une légère inquiétude face à tout ce bleu, presque de l'angoisse.

    - Tu... Tu te crois malin ?! Je produis peut être moins de chaleur, mais j'en produis assez pour survivre, toi tu vas juste crever de froid dans la pièce, abruti !!!

Il se releva et désactiva la vision thermique qu'il affectionnait tant, forcé de revenir dans ce monde des vivants qu'il répugnait tant. Son armure était toujours rougeoyante mais elle ne produisait plus de flammes ne faisait plus fondre le sol à son contact. Dans sa chute il avait entraîné avec lui plusieurs étagères remplies de sac noirs à taille humaine, si Cinder avait autre chose que l'odeur du napalm dans les narines, sans doute qu'il aurait pu flairer les effluves de viande fraîche et de fromage de pied. Ses pas le guidèrent jusqu'à la porte qu'il tenta d'ouvrir, il frappa, cogna, rien, elle ne voulait pas bouger... Mais Sareth possédait une vibrolame au poignet, il pourrait s'en servir pour la découper une fois l'ancien propriétaire massacré. Très bien, il ne restait plus qu'à retrouver cette ordure, au vu de la température cela tenait du miracle s'il n'était pas déjà un glaçon. Il commença à errer dans la chambre en regardant dans chaque étagère, frappant dans chaque sac, renversant chaque conteneur avec agacement. Il retira la buée sur ses capteurs en pestant contre la vapeur qui lui brouillait la vue et s’acharna d'avantage, tout fut passé au peigne fin mais rien ne fut trouvé...

Jusqu'à ce qu'arrive cette armoire métallique. Elle était là, assez grande pour héberger des humains, tout au fond de la salle, presque cachée, timide, réservée, faisant tout pour que nul ne pose le regard sur elle. Il ricana, il avait compris. D'un revers de bras il en ouvrit les portes. Il poussa un soupir de dégoût. Il y avait au moins trois cadavres sans sac pour les cacher à l'intérieur... Un advozce avec un tournevis dans l'orbite, un malastarien à la gorge tranchée et un wookie aux tripes béantes. Mais avant que le pyromane n'ait le temps de réaliser qu'il y avait une père de bottes en trop au beau milieu de ces jambes, il se prit les trois corps à la figure et recula de quelques pas en grognant, ce farceur commençait vraiment à l'énerver. Il se jeta en direction de l'armoire mais ses portes se refermèrent et malgré qu'il y mette toute sa force, le tueur ne parvint pas à la rouvrir. Il cogna dedans, hurla sa frustration dessus mais elle ne céda pas. Il frotta à nouveau ses visières, cette buée devenait vraiment TRÈS agaçante, tout s'alignait pour lui faire passer une mauvaise journée.

    - TRÈS BIEN LE MANDO, TU VEUX JOUER A CA ?! J'AI ENCORE DE L’ÉNERGIE EN RÉSERVE, TU VAS VOIR CE QUE J'EN FAIT DE TON ARMOIRE !!!

Il n'aimait pas user d'autant de carburant, mais face à un emmerdeur pareil le Duro se fichait pas mal des conséquences sur le court et long terme, il pressa sur le bouton interdit de sa tenue, celui qui pouvait à tout moment exposer la tenue à son propre point de fusion, celui qui permettait de produire des flammes blanches pareilles à celles du magnésium. La salle fut complètement illuminée. Cinder se sentait tout puissant, extatique... Mais la buée recouvrit une fois encore ses capteurs. Cette fois c'était trop ! Il les essuya en long, en large et en travers, mais cette fois ci ça n'eut aucun effet. Il récidiva nerveusement, comme prit d'un tic ou d'un toc mais rien à faire, la buée revenait à chaque coup de doigt successif. C'est alors qu'il s'arrêta et qu'il put tout à coup entendre un étrange bruit strident tout autour de lui, comme le bruit que poussait une théière ou une cocotte minute. Il fut parcouru d'un frisson. Il était entouré de vapeur. Les liquides de refroidissement projetés dans la pièce se changeaient en vapeur... Mais la porte de la chambre froide était hermétiquement fermée. Pourtant il allait bien falloir que la vapeur s'en aille, c'était sa raison d'être.

    - NOOOON !!! NON !!! MANDO, FAIT PAS LE CON, FAIT NOUS SORTIR, J'ARRÊTE, J'ABANDONNE, T'AS GAGNE !!! Sanglotta-t-il de toutes ses forces en tapant désespérément sur la porte de l'armoire. COMMENT TU T'APPELLES ?! O-O-ON PEUT S'EN SORTIR TOUS LES DEUX !!!
    - Je t-t-t-t-t-te dirais bien mon n-n-n-n-n-nom m-m-m-mais j'aimerais p-p-p-p-p-p-pas être à t-t-t-t-t-ta place d'ici quelques s-s-s-s-s-s-s-s-secondes, grelotta Sareth, toujours caché dans son armoire métallique en se tenant à la porte comme si sa vie en dépendait.


Depuis combien de temps est-ce que le Rodien était retenu ici ? Trop longtemps pour qu'il s'en rappelle... Quelques micros posés chez des politicards au nom d'un vieux client pas net, et des années passées dans les geôles de l'Homme Machine en récompense... Ça lui semblait déséquilibré comme quota. Mais au fond il finissait par s'y habituer, ça lui permettait de réfléchir sur sa vie de voyou, sur les choix qui l'avaient mené ici, sur son avenir, sur son milieu et sa condition. Au bout d'un an il avait fini par arrêter de vouloir s'enfuir, il acceptait la nourriture sans la jeter par terre, parlait poliment aux gardes et passait le reste de ses journées à penser ou à méditer... Mais ce soir il était surpris que personne ne soit allé lui emmener sa ration habituelle. Pourtant ce n'était pas dans les habitudes de l'homme machine d'oublier une chose pareille, lui qui était si ponctuel et obsédé par les chiffres ronds. Aussi s'était il approché des barreaux de sa cellule pour observer autour de lui et tendre l'oreille. Aucun garde, aucune visite, aucun bruit de pas, le néant... Quelque chose devait clocher là haut. Son maton avait-il fini par tomber sur le mauvais rival ? Lorsqu'une armoire métallique traversa le mur en face de sa cellule et vint s'écraser violemment contre les barreaux, il eut sa réponse. Il éternua en clignant des yeux face à la poussière soulevée, essayant de se figurer ce qui avait bien pu avoir lieu. Il grelotta aussi, ressentant tout un coup un vilain courant d'air glacé dans la pièce. L'armoire avait traversé au moins trois murs, quel genre d'explosion pouvait bien projeter un objet aussi fort et aussi loin... ?! Le rodien était déjà secoué, mais ceci n'était rien à côté du sursaut et du cri de surprise qu'il poussa en voyant une armure couverte de glace s'extirper péniblement de l'armoire en poussant d'horribles respirations au travers de son casque. Une fois extirpé de là, Sareth retira frénétiquement les glaçons de son armure en grelottant et en reniflant... L’hypothermie n'était pas passée loin.

    - Qu-qu-qui êtes vous ?! Cria Gradio complètement confus.
    - Un-un-un am-m-m-m-m-m-mi...
#40595
Quelques années plus tôt,

Tseh avait bien grandit, il avait désormais atteint l'âge de quinze ans. Il n'était pas le seul, les enfants de sa génération entraient ou étaient déjà entrés en pleine adolescence. Un âge où ils devenaient autonomes et pouvaient assurer seuls le travail de leurs parents sans accompagnement. Pour beaucoup, ils pouvaient déjà à dix, onze ans, faire de telles tâches. Même si parler d'adolescence n'avait pas vraiment de sens dans un monde où le passage à ce qu'on pouvait qualifier d'adulte était si rapide. Mais contrairement aux adolescents d'autres mondes, ils n'avaient pas vraiment loisir pour les amourettes. Pour la plupart, c'était les parents qui choisissaient leur futur conjoint. Ça n'empêchait pas les histoires d'amour, bien au contraire. Mais c'était prendre des risques.

Tseh n'était pas vraiment préoccupé par de telles choses. Même en grandissant, il était resté un individu timide et plutôt calme. Également, il restait soumis aux adultes. En même temps, il avait très tôt été éduqué à rester à sa place, même quand ses parents étaient encore en vie. Tout le contraire d'A-ha, enfant gâté et capricieux qui ne s'était pas arrangé du tout avec l'âge. Il était devenu bien plus violent. Les animaux ne lui suffisaient plus. Il lui fallait des jouets humains. Afin qu'il ne s'en prenne pas à la tribu, Taharqa envoyait ses guerriers capturer les membres de tribus nomades errantes du moment que c'était pas des marchands. Depuis, de plus en plus de nomades évitaient soigneusement les alentours du territoire Iat hormis le domaine du Maître des Serpents.

Alors qu'il amenait un panier de bouse de nerf au séchoir, Tseh remarqua sa cousine en train de discuter avec un jeune homme à peu près du même âge qu'elle aux cheveux roux bouclés dont il savait que c'était le fils d'un paysan. Le sensitif se doutait bien qu'il y avait de l'amour dans l'air. Seul souci, c'était comment allait le prendre le père. Il savait combien son oncle était très à cheval sur son honneur et de voir sa fille être avec un garçon de plus basse caste était un affront. Les deux intéressés remarquèrent le paria et le jeune homme s'approcha d'un air menaçant. Puis il plaqua Tseh contre le mur en brique crue d'une habitation.


- Tu dis quoi que ce soit, tu auras des soucis!
- Euh... Oui... D'accord... Promis, je dirais rien!
- T'as intérêt, avec son vieux qui flique tout!
- Je suis bien placé pour savoir...

Le garçon le lâcha et Tseh tomba lourdement au sol. Il lui lança un regard noir comme un avertissement avant de repartir suivi de la cousine du paria. Le sensitif revint à sa tâche et déposa le contenu du panier sur le séchoir avant de rejoindre Rovar qui était normalement parti chercher leurs rations du jour. Le Bothan était déjà en chemin pour venir le chercher. C'était pas dans les habitudes de son apprenti d'être en retard.

- Dis-donc tu en as mis du temps !
- C'est compliqué...

Rovar était loin d'être un idiot et se doutait bien que c'était pas du tout l'endroit où parler de ça. Il fit un signe de main comme quoi ils rentraient au vaisseau. Tseh le suivi. Mais avant de manger, une toilette s'imposait. Au moins pour les mains étant donné qu'ils les avaient mis dans les déjections animales. Pour se faire, ils utilisaient une bassine en plastique délavée par le soleil et se flottaient le corps au gant de toilette. L'eau était stockée dans des bidons fermés et mis à l'ombre. Le tout dans la salle de bain du vaisseau dont les installations ne servaient plus vu que c'était plus alimenté en eau. Se laver tous les jours était littéralement un luxe, surtout en raison des quantités d'eau limitées. Surtout en saison sèche. Le repas se passa sans encombres.

- Je te propose qu'on fasse un cours de télépathie cet après-midi.

Le Bothan fit un clin d'oeil à son apprenti. Tseh comprit que Rovar voulait qu'il se confie, mais qu'il prenait aussi en compte qu'on pouvait les espionner. La télépathie était vite devenue une précieuse alliée pour les deux sensitifs. Pouvoir se parler sans être entendu se révélait être un véritable luxe avec un proche aussi toxique comme Awnib qui surveillait les moindres faits et gestes.

Durant le fameux cours de télépathie, Tseh expliqua tout à Rovar, que sa cousine avait une relation amoureuse avec un garçon qui avait le malheur d'être d'une caste plus basse. Et ça risquait de leur attirer des ennuis. Surtout connaissant les capacités de nuisance de son oncle. Le petit copain de sa cousine l'avait même menacé car ils les avait remarqué. Finalement, Rovar quitta le vaisseau après la séance de télépathie laissant son apprenti s'accorder une sieste. C'est alors qu'il croisa Awnib. Le comportement de ce dernier faisait que les rapports entre les deux hommes étaient assez tendus. Le potier avait bien de la chance que le Bothan ait ses principes de Jedi. Rovar affichait tout de même un air hostile et agacé de voir cet homme sans cesses dans leurs pattes. Curieusement, ce fût Awnib qui décida de calmer les tensions.

- Oh... Je vous embête pas plus, j'ai d'autres choses à faire...

Puis l'homme s'en alla visiblement frustré qu'il n'ait pas eu d'informations au sujet du comportement étrange de sa fille ces derniers temps. Rovar haussa un sourcil avant de tourner les talons et rentrer au vaisseau pour également s'accorder une sieste. Il était encore surpris par le comportement de ce type qui était au contraire bien du genre à chercher les embrouilles. Tseh dormait déjà dans son hamac. Le Bothan s'allongea sur sa couchette après avoir poussé du pied une caisse contenant du matériel de soins.

Malgré les promesses de Tseh, les choses au sujet de sa cousine se firent savoir au bout d'un moment quand on découvrit qu'elle était enceinte. Pour Awnib, c'était une honte qu'un roturier ait engrossé sa propre fille. Le lendemain, l'adolescente disparu. Elle aurait fugué selon le potier, mais tout le monde se doutait qu'il l'ait assassiné. Surtout que l'intéressé ne s'en cachait pas vraiment. Il était connu pour être obsédé par son honneur, mais quelqu'un avait bien compris que c'était surtout une prétexte pour une autre motivation vieille comme le monde. Tandis qu'Awnib pleurait le fait qu'il ait dû tuer sa fille, Rovar passa à côté de lui. Le Jedi avait bien compris que c'était des larmes de crocodile.


- Est-ce qu'un honneur qui repose sur le meurtre et l'humiliation de gosses mérite d'être défendu...

Awnib lui lança un regard noir.

- Si vous êtes prêt à détruire votre famille et les autres pour votre petite personne, attendez vous à finir seul...

Le Bothan s'éloigna suivi de son apprenti. Dernière eux, le potier vociférait et proférait.

- J'aurais toujours mon fils, lui il ne me décevra jamais. Pas comme ce faiblard de Tseh, il est comme son père, c'est qu'un lâche, un faible !

Rovar ne répondit pas. Il savait au bout d'un moment combien cet homme était toxique et argumenter avec était une perte de temps. Malheureusement, ils ne pouvaient pas autant prendre leurs distances vis à vis de lui. Si seulement, l'Ordre Jedi n'avait pas disparu, il aurait put éloigner son apprenti de cet individu.
___________________

Awnib n'en était pas encore au stade de l'homme-machine. Ce dernier avait été un temps au sommet en sacrifiant toute sa famille et ses hommes. Mais désormais il était seul. Ses lieutenants les plus puissants étaient vaincus ou l'avaient trahis. Tseh et Ahsoka savaient que le Duro pyromane était vaincu en ayant retrouvé Sareth. Mais il n'était pas non plus seul. Gradio, le Rodien qu'ils cherchaient, était en sa compagnie, mais les deux hommes étaient en bien piteux état. Aussitôt les deux Jedi accoururent vers les deux blessés, Tseh en tête surprenant son maître par sa réactivité après un combat si éprouvant. Le Rodien semblait surpris de voir des Jedi.

- Ça ira ?
- Je devrais survivre, par contre eux, ils ont vraiment besoin de soins! Sareth, il a l'épaule déboîtée. Ça va être compliqué pour moi de gérer ça.
- Moi par contre je peux. Sur le champ de bataille, les épaules déboîtées, on avait l'habitude, j'ai appris à gérer ça, car on avait pas toujours un médecin dans le coin.

La Togruta s'approcha du Mandalorien. Après avoir averti que ça risquait de faire mal, elle s'occupa de remettre ça en ordre et ça se voyait que c'était clairement pas la première fois. Pendant ce temps, Tseh se chargeait de soulager Gradio avec une revitalisation de Force. C'était pas aussi efficace que les meilleurs soins de Force, mais ça pouvait soulager.

- Son précédent maître l'a bien formé...

Il fallait également réchauffer Sareth qui était littéralement congelé. Tseh se demandait ce qu'il avait put faire pour finir dans un état pareil.

Les deux sensitifs se regardèrent en cherchant de quoi couvrir Sareth afin de l'aider à se réchauffer. Tseh n'avait plus rien sur lui hormis un pantalon et des bottes. Puis il regarda Ssaw. Il ne pensait pas à une solution aussi extrême que de lui ouvrir les entrailles afin de mettre le Mandalorien dans son ventre pour le réchauffer. Non, il voulait simplement utiliser la peau de chèvre qui servait de tapis à la jument. Mais pas sûr que ça suffise.

Au final la solution vint du mercenaire Trandoshan et ancien lieutenant de l'homme-machine. Prendre quelques couvertures dans les dortoirs et les appartements des invités. Un tel bâtiment ne devait pas s'entretenir et se défendre tout seul. Sans doutes que jadis, il n'y avait pas que des mercenaires à l'apogée du maître des lieux. Ahsoka accompagna le Trandoshan à la recherche de draps. Il avait affirmé qu'il y avait sans doutes ce qu'il fallait pas très loin. Ça serait sans doutes plus confortable et efficace qu'une peau de chèvre.


- Tu les surveilles!
- Entendu. Eh vous pourriez me ramener une veste ou quelque chose pour me couvrir aussi, c'est qu'il fait un peu froid... Enfin... Oubliez...

Le Padawan se sentait un peu mal de demander ça devant le chasseur de primes frigorifié. Tseh n'avait tout de même pas perdu de temps. Une fois de plus Ssaw serait utile. Il fit allonger la jument près du Mandalorien.

- Ça devrait aider à réchauffer le temps que les couvertures arrivent.

Tseh avait diverses plaies sur son corps qui saignaient encore de manière superficielles. Malgré tout, il jugeait les blessures de Sareth et Gradio prioritaires. Le jeune homme appliquait une revitalisation au chasseur de primes.

- Ça devrait aider le temps qu'on trouve un hôpital où il y a des places, sinon, il y a l'infirmerie de l'Ordre. Là on est sûr qu'il y aura des places.

Tseh regarda sa jambe sur laquelle se trouvait la trace de morsure du babouin. Thot ne l'avait pas loupé ce jour-là. Cette morsure aurait dû le tuer en s'infectant, mais il n'en fût rien. La Force l'avait protégé. Il avait survécu. Pareil pour son oeil, et cette fois, c'était grâce à l'aide de Rovar.

- J'ai du mal à croire de m'en être mieux sorti face à cette brute, que face à un babouin ou à un gamin...

Finalement Ahsoka et le mercenaire Trandoshan revinrent avec des couvertures afin d'aider Sareth à se réchauffer. Ils allaient pouvoir avancer et quitter ces lieux. Enfin, pas encore, ils devaient trouver des réponses sur le pourquoi de l'espionnage de deux sénateurs aux bords politiques opposés. Peut-être que l'homme-machine en savait quelque chose, mais pas sur qu'il se rendent si facilement. Sur le chemin, Ahsoka demanda à Tseh ce qu'il s'était passé avec Griffe Blanche.

- J'étais totalement dépassé. Je crois qu'on jouait pas dans la même cour. Si je m'en suis sorti, c'est grâce à Tcha et au Maître des Serpents. Tcha est apparu et a défié Griffe Blanche de l'attaquer. Il a dit que le Maître des Serpents l'avait envoyé. Il nous avait aidé Rovar et moi il y a quelques années.
- Tcha, c'était pas l'homme qui t'a confié le cristal?
- C'est ça, mais vu que Tcha était déjà mort, Griff Blanche ne pouvait rien faire et quand il l'a réalisé, je l'ai vu complètement effrayé. Tcha m'a permis de gagner du temps. Puis j'ai atteint un couloir où le sol n'était pas stable et sur le point de s'écrouler. C'est là que Griffe Blanche est revenu, mais il était enragé. Il a pas fait attention au sol fragile et son poids l'a fait s'écrouler.

Il regarda Sareth frigorifié.

- Enfin, je penses que j'ai surtout de la chance, je n'ai fait que fuir...

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