L'Astre Tyran

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Arkania, dans le système Perave, est une planète au climat inhospitalier. Couverte de toundra et de glaciers, elle abrite cependant de nombreuses mines qui sont sa principale source de revenus. Arkania est également connue pour ses centres d'expérimentation génétique qui furent à l'origine de la création de nouvelles races.
Gouvernement : Neutre - Accointances avec l'Empire
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By Harlon Astellan
#32966
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Après le contact avec Nouane, il serait envisagé de lier Arkania à la voie Perlemienne, pour créer une boucle passant par nos deux planètes jumelées qui disposeraient néanmoins de leur voie d'accès chacune.


Le risque pour Arkania était de subir une invasion plus rapide de la part des esprits belliqueux républicains, pour qui l'autodétermination n'existait pas pour autrui. Arkania se liait sans contrainte à l'Empire, mais la chose devait leur paraître insupportable en leurs contrées de pouilleux. La perspective d'affamer Arkania, de détruire ses installations et ses soldats neutres, de lui imposer des garnisons et une flotte en orbite pour "le bien de la population" était certainement un projet libérateur et républicain comme ils aimaient en voir. Il persistait néanmoins une forme de logique dans un tel projet. L'Empire ayant privilégié le dialogue et l'ouverture, il convenait aux républicains d'agir à l'inverse de ce dernier, ce qui incluait souffrances, famines et destruction citées plus haut. Comme l'Empire était le méchant, faire l'inverse revenait à être le gentil.

N'est-ce pas ?

Pour l'heure, ce projet n'est qu'à un stade expérimental. Mais dès qu'un prototype viable sera à disposition, croyez-bien qu'Arkania en sera la première informée.


Après l'Empereur, cela va de soit. La mention d'Eskyrt le laissa... blanc comme neige. Cartographie par les Jedi ? Pourquoi faire ? Quelle était cette collaboration ? Le ton particulièrement grotesque de Velora n'inspira aucune réponse immédiate. Uniquement un regard fixe, exempt de clignement d'oeil, en sa direction, tandis qu'Harlon consommait ses bouchées normalement.

Ce fut d'Essani que vint le salut.

    « La plupart des imports céréaliers d’Arkania viennent de la Fédération. Leurs prix sont imbattables, et …
    Nous envisageons de rompre nos accords avec la Fédération d’Eskyrt. Si cela devait arriver nous serions contraints de trouver très rapidement un accord commercial équivalent. Arkania ne peut se passer de ces imports. »

Adasca - l'éponyme liée à l'homme percuté un soir d'Hiver après un bal populaire à ciel ouvert - reprit en coeur avec une idée de culture hors-sol. Beaucoup privilégiaient en effet l'agriculture et même l'élevage sur des stations-serres géantes, les terres naturelles n'offrant aucune résilience ni aucune garantie qualitative. Arkania avait le défaut d'être seule.

Mais c'était sans compter son voisin bienveillant.

Il est, je trouve, intolérable que l'import céréalier soit organisé avec une nation aussi distante que la Fédération d'Eskyrt. Les surcoûts liés au transport des denrées alimentaires de première nécessité justifieraient à eux seuls l'abandon d'un tel marchandage que d'aucun qualifierait... d'aberrant.


Il ne visait personne en particulier. Si ce n'est les signataires de ce traité original.

Mais devant le désarroi et la pénurie qui pourrait s'en suivre, il convient de vous proposer le concours impérial plein et entier.


L'Empire disposait d'un nombre suffisamment élevé de mondes agricoles pour éviter les famines. Un avantage précieux qui assurait un apport calorique supérieur aux moyennes recommandées. Et permettait surtout l'établissement d'une société de consommation et de denrées alimentaires de luxe, comme les sucreries. L'Empire disposait même d'une ressource inconnue prisée des gourmets : le chocolat. Harlon en offrirait une boîte à Elizabeth un jour. Quand il aurait trouvé comment l'offrir et à quelle occasion, surtout.

Les terres d'Empire disposent de divers Agrimondes dont les rendements permettraient de nourrir largement la population d'Arkania, ainsi même que de Yaka et des autres représentées au Dominion.

Et il va de soit que notre amitié indéfectible se traduirait par l'absence même de notion de prix, même imbattable. Je n'ose imaginer une liaison qui soit sous les hospices d'un profit financier de notre part.


A considérer comme un cadeau alimentaire. Pas la charité. Juste de quoi court-circuiter la Fédération de ses réseaux dans le Nord Galactique. Et avec, les droits de douane de la républicaine sur les containers Arkaniens de céréales.

Dame Adasca, votre projet de Hors-Sol est néanmoins une idée à soumettre avec sérieux à vos pairs. Si l'Empire se ferait une joie certaine de fournir à Arkania ses denrées premières, il est d'une sorte d'importance de permettre à chaque planète d'accéder à l'auto-suffisance.

Avez-vous soumis l'idée au Dominion ?
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By Elysia Astellan
#33774
    À ce stade du repas, fut-il si peu avancé, Elizabeth n’attendait plus rien de la discussion. Elle avait atteint son but. Harlon était parfait. Le savait-il ? Elle le lui dirait. Non, il ne se doutait pas. Stupides idiots du Dominion, bouchée bée devant un Humain qui s’était un jour proclamé Empereur. Jamais ceux-là ne contradiraient le grand Empereur du grand Empire. Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de la Monarque. Ils allaient continuer de lui lécher ainsi les bottes tout l’après-midi, gentils chiens.

    Adasca, elle, s’en tenait à des comportements tout à fait arkaniens. Et pendant que les deux autres se remettaient des émotions intenses procurées par la généreuse proposition de l’Empereur, la Dame répondait avec mesure.

      « L’idée, si prometteuse soit-elle, n’est pas mienne. Je me contente de la soutenir. L’agriculture n’intéresse pas beaucoup les Arkaniens. »

    Et s’il fallait rendre Arkania auto-suffisante … on aurait tôt fait de parsemer de satellites colossaux l’orbite presque vierge de la planète tant l’Arkanien moyen se drappait d’envies à assouvir sans délais. L’import n’était pas un mauvais compromis. Et rendait les mets arkaniens tellement plus appréciables. Pourtant …

      « Nous y viendront. »

    Et pourquoi pas terraformer Arkania ? Qui avait proposé cela par le passé ? Son nom lui échappait … quelle idée saugrenue. Elle la chassa.

    De nouveaux plats succédèrent aux précédents, jusqu’à mener les six politiciens aux desserts. Le personnel s’assura que tous les convives avaient été satisfait du repas, puis l’on invita la petite troupe à gagner un vaste salon où l’on servit des boissons chaudes et proposa des fauteuils confortables mais sérieux. Et c’est Temera qui entama la deuxième partie du jeu.

      « Empereur Astellan. Je suis jalouse. L’Accord Civicius est un joyau d’efficacité. Vous l’éprouvez depuis déjà un an. Une année de perdue pour Yaka. Où dois-je signer ? »

    La cyborg ne semblait avoir peur de rien. Elle parlait sans détour. Ce qui pouvait passer pour une flatterie n’était autre que l’énonciation d’un fait. Malgré bien des mises à jour, Temera avait souhaité conserver un matériel aux procédures épurées, se tenant loin des corrections humoristiques et complaisantes dont étaient friandes les récentes générations natives de Yaka, toujours plus envieuses de l’humanité des races totalement organiques. La première ministre s’était plusieurs fois laissée aller à penser que si l’on voulait préserver son humanité, et son cerveau mou, il suffisait de ne pas s’adonner aux joies du scalpel. Peut-être un jour verrait-on des parents rétrogrades refuser l’implantation de la puce cérébrale initiale chez leur nouveau né. Après tout, elle n’était pas obligatoire, bien que fortement recommandée. Mais que restait-il d’un Yaka s’il n’était pas cyborg ? Une brute molle.

    Un demi sourire accompagna la question de Temera qui fixait sans ciller l’Empereur.

    Au gré des conversations, on aborda d’autres points jugés préliminaires aux négociations qui se tiendraient d’ici deux jours, le lendemain de la visite de la station.

      « De nouveaux imports de denrées alimentaires en provenance de l’Empire rentreraient-ils dans le cadre des négociations commerciales ? »

    Et plus tard une autre.

      « En quoi pensez-vous que le libre-échange pourrait profiter à Arkania ? »

    Et de grâce, pas de cours d’économie. Donnez-moi des arguments pertinents au vu de la situation actuelle de ce petit monde qui tourne déjà très bien tout seul.
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By Harlon Astellan
#33779
Elle ne les intéresse guère ? Curieux. J'aurais cru qu'avec la croûte terrestre Arkanienne entièrement gelée, les carottes auraient été plus prisées que ça.


Ah. Ah. Ah. Blague de glaciologue. Certains pouffèrent, d'autres pouffèrent plus fort sans comprendre. On avait comprit que l'Empereur faisait une blague. Mais il fallait faire le lien entre le carottage des glaciers et l'agriculture. Avec les carottes notamment. Y m'a compris ? Y m'a compris ?

Le repas finit, les compliments envoyés à destination du chef - imaginait-on un arkanien avec une toque bombée et un col frappé des couleurs nationales, avec ses doigts et son air coincé à préparer des plats diplomatiques ? Imaginait-on un genre de Joël Robuchon avec un balais dans le cul, à ne jamais sourire et à rester dos droit, sans mot dire, pas même pour crier sur ses commis ? Improbable ! - on passait au salon pour manger le dessert. L'instant aurait été parfait pour un cigare ou une petite pipe, mais la chose aurait été indécente et aurait mis Elizabeth dans une position inconfortable. Les boissons chaudes étaient des boissons soit de prolétaires soit de femmes ou d'homosexuels - un caf', un vin cuit ou du caf' à l'alcool - ce qui inspira à Harlon de ne rien avaler de liquide présent et de demander un digestif pour remplacer. Un verre d'absinthe par exemple.

La première ministre de Yaka y alla directement. Trop directe pour qu'Harlon en soit bien disposé hélas.

Madame le Premier Ministre, je suis surpris de savoir que vous ne bénéficiez pas de notre accord, étant donné votre proximité politique et géographique avec Arkania.


Et bien, messieurs-dames d'Arkania, on ne partage pas avec ses petits camarades ?

Si votre séjour ici concorde avec le mien, je suggère que nous discutions ensemble d'un traité qui nous seront mutuellement profitables.


Rien qui ne soit couvert par le traité Civicius donc. Yaka et Arkania, sur deux pieds différents. Politiquement, l'Empreur jouait le clivage entre les deux planètes en ne parlant pas de l'idée de lier Yaka au traité Civicius. Pourquoi ? Quelles raisons l'y conduisaient ?

Mais il fallait aussi répondre aux autres saillies.

Les denrées alimentaires impériales seront données à titre amical. Cela n'entrera pas dans un cadre commercial.


Voyons.

Le libre-échange permettrait à Arkania de traiter le commerce sans tarification douanière avec ses deux voisins que sont l'Empire et la Confédération de Maya Tega. Dans notre cas particulier, cela permettrait de s'exempter d'une clause qui ralentit de beaucoup les échanges commerciaux entre nos deux nations... De plus, cela permettrait à de nombreuses entreprises arkaniennes de bénéficier des avantages d'entrepreneuriat impérial.


Même si le libre-échange concernait avant tout le transport de marchandises et de biens manufacturés, on l'étendait souvent par défaut aux capitaux et à la main-d'oeuvre.

Mais, je pense, Seigneur Essani, que le protectionnisme est ce qui permet à une nation de rester tournée vers sa culture et ses intérêts, plutôt que de participer à l'imbroglio de cultures et de provenances de ses biens, si bien que tout devient mélanges dans nos sociétés, au point d'en faire oublier le principe d'identité nationale. Raison pour laquelle le Traité Civicius mentionne que les frontières commerciales de nos deux nations étaient maintenues. Mais je suppose que vous en étiez déjà venu à cette conclusion. Après tout, vous étiez aux négociations de Télos, n'est-ce pas ?


Petit Essani, venais-tu de glisser dans une flaque de boue ? Non ! Ce que tu prenais pour boue était en réalité m*rde de porc en fermentation. Restait à savoir pourquoi tu venais d'y glisser...
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By Elysia Astellan
#34412
    Arkania ne partageait pas à proprement parler, et elle n'avait pas à le faire. Yaka bénéficiait uniquement de l'effet de bord des flux commerciaux d'Arkania, ce qui en soi représentait déjà un profit. Mais pour les cyborgs, c'était trop peu. Les générations les plus empreintes de servitude arkanienne s'étaient éteintes, laissant place aux versions plus indépendantistes et désireuses d’obtenir la reconnaissance de leurs voisins galactiques. Et la volonté de la Première Ministre ne pouvait qu'être soutenue par la Monarque, qu'on pointait régulièrement du doigt et accusait d'abuser de l'historique soumission yaka. Aussi, se rattacher à l'Accord Civicius n'était pas souhaité, on voulait voir l'Empereur parapher le premier article d'un tout nouveau traité, l'article exposé de la reconnaissance mutuelle des États.

    Le sujet passa, Astellan accordait un temps à chacun, et pour Essani la réponse fut abrupte autant que superficielle. Une simple définition, aucun argument, aucune démonstration. Si l'Empereur voulait convaincre une bande d'aliens autarciques et spécistes qu'ils vivraient mieux leur épicurisme scientifique en votant le libre échange, il lui faudrait trouver mieux que de plates railleries à peine dignes d'un professeur pré-universitaire.

    Le vieil Arkanien ouvrit la bouche pour une réponse des plus mesquines, mais le Monarque le priva de son plaisir.

      « Mesdames, Messieurs, Empereur Astellan, sans vouloir vous brusquer, l’heure tourne, et nous avons encore beaucoup à faire aujourd’hui. »

    Elizabeth se leva la première, aussitôt imitée d’Adasca. Les autres suivirent plus mollement. Essani en son for intérieur grognait qu’on lui eut coupé la parole. Néanmoins, la Monarque disait vrai, il fallait encore discuter les accords, et il avait à ce propos donné beaucoup d’instructions. Il ne pouvait lui-même assister aux nouvelles négociations, c’était impossible, mais il avait défini des objectifs précis pour l’Intérieur, et le Monarque avait pour mission de les atteindre. Tandis qu’on saluait et remerciait avec respect, la Reine donnait déjà la direction d’une salle annexe à ce salon-ci. Les membres du Dominion sortis, le personnel détaché du Praxeum installa les deux dirigeants dans la plus classique des salles de réunion. Lumineuse, confortable, parfaitement équipée et décorée avec goût. La Monarque fournit quelques explications à son homologue dès qu’on eut refermé et verrouillé la porte.

      « Les négociations ne peuvent avoir lieu au Praxeum, symbole de mon pouvoir, le Dominion s’y est opposé compte tenu de ce qui doit être discuté aujourd’hui. On en est là. »

    Elle esquissa un sourire narquois.




    Elle se tenait là, assise devant lui, qui prenait un air sévère.

      « Excusez-moi d’insister, je me permets de vous rappeler que ce traitement est particulièrement lourd. Ce ne sera pas sans conséquences … »

    D’un geste de la main, elle le stoppa. Inutile de se perdre en précautions.

      « C’est pour quelques jours.
      Dans quelques semaines ? »

    Un hochement de tête.

      « Je ne vous garantis pas la stabilité de votre état, vous me prévenez trop tard.
      Ça ne vous sera pas reproché. »

    Au contraire, songea t-elle simplement.

      « Vous me promettez d’arrêter le plus rapidement possible. Un truc du genre ça peut vous …
      Vous m’avez déjà parlé des risques.
      Ce n’est pas un complément, il s’agit bien là d’une réinjection totale ! »

    Elle en avait assez. Il le comprit aussitôt qu’il aperçut ses sourcils froncés.

      « Bon, bon. C’est sous forme de comprimés. Deux doses par jour suffiront. »

    Au moins avait-il eu le bon sens de ne pas demander
    pourquoi.




    Ils étaient seuls. Elizabeth attrapa du bout des doigts l’un des deux verres remplis disposés sur la desserte. Elle le proposa à Harlon. Un digestif, un autre. Qu’il acceptât ou non son verre, l’Arkanienne se lova dans ses bras.

      « Je suis si heureuse de t’avoir à nouveau près de moi. »

    Il n’y avait pas une once de tristesse dans sa voix.

      « Loin d’être inintéressante, cette nouvelle négociation ne me fait pas envie maintenant. »

    Elle se redressa un rien, juste de quoi pouvoir passer ses bras autour du cou de l’Empereur.

      « La semaine est toute en démonstration et représentation. Je ne vais pas t’avoir beaucoup pour moi … juste pour moi … »

    La Reine guettait les réactions de son aimé, à l’affût de l’autorisation de l’embrasser.
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By Harlon Astellan
#34435
Brusquement. La gentille partie se finissait sur un arrêt du match, donné par un arbitre un peu agacé de voir les joueurs se donner des coups d'épaule l'air de rien. « Soit. » Il termina sa bouchée, aligna ses couverts, plia sa serviette, et attendit que la maîtresse de maison se lève pour en faire de même. « Quel dommage que ce repas s'achève aussi vite. J'aurais souhaité deviser plus avant. » ajouta-t-il en fixant Essani dans les yeux. « Messieurs-dames membres du Dominion, Madame la Ministre... » Le dos raide et le menton relevé, il suivit la Monarque en salle de réunion, une main derrière le dos, l'autre ballante le long du corps. Les portes fermées furent témoins d'une confidence en clair, d'une voix lasse où transperçait un soupçon de menace. « Je te le dis tout net... les repas avec Essani, ou même n'importe qui d'autre du Dominion, tout repas à plus de trois qui ne tourne autour pas de nous ou d'un complot, c'est terminé. » Il soupira lourdement et plissa des yeux, mimant une fatigue accumulée depuis des semaines et prenant même un ton détaché pour évoquer ses souhaits. « Essani et ses rictus, ses remarques, ses insinuations... Encore un peu et je mettrai un commando sur le coup. Accident de quoique ce soit, pour n'importe quoi, dès lors que sa mort soit ridicule et fasse les colonnes gagesques de tes quotidiens. » Ensuite il tapota ses doigts sur le dossier de sa chaise, une fente barrant son visage de façon énigmatique. « D'accord ! Alors tu n'es même plus chez toi... chez toi. C'est formidable. »




Quand elle lui apporta le digestif, il le refusa d'un geste un peu raide. Il était vraiment las, et l'alcool n'arrangerait rien. Il ne se sentait même pas l'humeur à être aimable. Vautré sur sa chaise, il fit l'effort de rendre une étreinte qu'il n'avait pas vue venir. « Je suis si heureuse de t’avoir à nouveau près de moi. » Il ne dit rien. Il respira fort et serra à son tour. Il n'éprouvait qu'une sorte de triomphe à ne pas être à l'initiative d'un partage physique pour une fois. Ils se connaissaient depuis des mois et ils n'avaient jamais rien fait de physique ensemble. Juste une tentative formidablement pitoyable lors de son premier séjour rallongé, après les attentats d'Hiver. Il était à proposer un mariage avec quelqu'un qui ne voulait même pas s'allonger une minute sans trembler comme un lapin au collet. Fallait-il qu'il soit faible à ce point ? Elle se redressa un peu, comme pour le regarder en entier, de ces yeux qui traversaient chairs et tissus, pour se lover dans les ondes thermiques de ceux qui les entouraient. Le chaud de son ventre, la froideur de son torse, sa nuque rougie par cette étreinte soudaine. « Tu m'auras souvent pour toi. Ces négociations ne sont qu'un prétexte. » Il fallait quand même le rappeler, ça et autre chose. « J'ai lâché du lest. Je délègue les négociations à des interlocuteurs impériaux compétents. Une poignée d'ambitieux qui veulent se faire mousser, mais bon, ils ont de pratique qu'ils déploient des trésors de malice pour me satisfaire. Ca fait du boulot bien fait, et ça me fait des vacances. Doubles, triples même. Je passe du temps avec toi, je me vide la tête, et j'évite de les voir... » précisa-t-il en souriant. « Dans cet ordre de préséance. Ton Dominion se chargera bien de ça aussi... Quitte à ce qu'il t'envoie bouler, on peut bien rester ensemble et faire mine de négocier. » Oui, faire mine. Les gens pensaient-ils vraiment qu'on négociait derrière des portes fermées ? La technique était plus triviale. On s'enfermait, on papotait vaguement le temps qu'il fallait, et en sortant l'un disait "on a trouvé une solution" et l'autre acquiesçait, avant d'éventuellement rétro-pédaler après coup.

« Va donner tes ordres, restons-là et sortons ce soir. » L'autorisation de l'embrasser ne vint pas. Il n'avait pas sincèrement envie tout de suite, maintenant. Ce dîner modèle avait tôt fait de l'achever dans ses envies, son transport et son côté démonstratif. A ce moment, elle découvrait la face d'un Harlon qui traversait âge et frontières. On le nommait "Homme de Glace" après tout. Ca n'était pas devenu "Le Souriant" ou "Le Transit" depuis le mois dernier. « Dis-moi... quel était ce morceau informe de Ministre Yaka ? J'ai connu des androïdes d'accueil qui paraissaient plus authentiques en tant qu'humanoïdes. »
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By Elysia Astellan
#34575
    Faire mine de négocier. Elizabeth n’en demandait pas moins, car elle n’avait pas envie de déblatérer des âneries économiques et diplomatiques dont la moitié étaient directement sorties de la tête d’Essani et approuvées en masse par le Dominion. Alors faire mine, se trouvait être une alternative confortable, et comme l’Humain s’était assis, la Reine en fit de même, sur un fauteuil proche. Elle observait l’Empereur en silence, un rien inquiète. Elle quitta son mutisme lorsqu’il lui exposa son programme.

      « Oh, je n'ai pas très envie de sortir. Je voudrais n'être qu’avec toi. C'est un jour spécial. »

    Un vague sourire traînait sur ses lèvres. Il l'avait tout de même demandé en mariage. Ce n’était pas rien, et ça n’allait pas être balayé du revers de la main, à la table d’un grand restaurant, ou du simplement tintement de deux coupes de cristal.

      « On pourrait fêter ça juste tous les deux ... »

    Elle doutait désormais de le réceptivité de son ami. Il avait passé son masque de glace, elle tâchait de ne pas en faire autant. Bouder, comme elle en avait l’habitude n’arrangeait jamais rien, surtout avec cet Empereur là. Pourtant, comment se dépêtrer de la situation ? Elle ne croyait pas avoir fait tous ces efforts pour rien. Dès qu’elle avait appris la nouvelle de sa venue. Et cela avait été des semaines atroces. De saute d’humeur et en saute d’humeur, la fatigue en prime, et les nerfs à vif. Elle avait lutté pour rester la plus calme possible, en toute circonstance, l’effort devait être payant. Caprice en approche.

    Il se la jouait bougon. Pas la peine d’insister selon Elizabeth, Harlon était capable d’un enfermement total, que rien ne saurait contrer. Elle le croyait en tout cas. Sa seule mission se résumait donc à ne pas contrarier son aimé.

    Non vraiment, il n'était pas réceptif. C'était Temera qui occupait ses pensées. Et c’était un peu blessant. L’Arkanienne fit mine de réfléchir une paire de secondes.

      « Les Yakas natifs de Yaka sont très différents des ressortissants arkaniens. Ici on cultive aussi l'apparence. Là-bas la performance est leur seul objectif. Temera a été complètement optimisée, et son aspect lui importe peu. Elle ne conserve un visage organique que parce qu'elle le trouve élégant. »

    La Reine connaissait bien Temera. C'était une femme droite et déterminée. Mais il fallait avouer qu’elle était assez désagréable à regarder. À se demander si on pouvait encore la qualifier de femme. Avait-elle un mari ? Était-elle … suffit.

      « Leurs rêves d'autonomie et de reconnaissance les poussent à se distinguer des générations arkaniennes. Il n'y a pas si longtemps la Nouvelle République taxait encore Yaka de colonie arkanienne. »

    Ce n'était pas tout à fait ce qui avait été dit. Mais c'est ce qu'on en avait retenu. Et avec ça, on l'avait mal pris.

      « Temera espère avoir la considération de l'Empire. Personnellement, je ne le souhaite pas. »

    Il y avait mille raisons de ne pas le souhaiter. Le simple désir d’avoir la mainmise sur Yaka était une raison suffisante. Avec tous leurs délires indépendantistes, on peinait à calmer les ardeurs yakas, alors si l’Empire s’en mêlait ...
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By Harlon Astellan
#34580
Il renifla. « Et bien, elle sera déçue. » fut sa première déclaration. « Personne ne m'a donné d'avis en faveur d'un tel partenariat. » Soupirant avec exagération, il joignit le bout des doigts et exhala avec silence le souffle qui courait dans ses poumons. Ce dîner avait été une horreur autant qu'une erreur. Il assumait mal. Mais après son souffle, il se tira des yeux ses miroirs qui bloquaient la vision qui était face à lui. Celle d'une femme qui le recevait, qu'il voulait voir, qu'il voulait marier. Profitant qu'elle se fut retournée, il glissa de son fauteuil, flottant sur le sol pour se glisser dans son dos. De là, il posa ses mains sur les frêles épaules féminines, tapotant la peau de ses doigts. « Et à quoi bon ? Qu'importent Yaka et son monstre de chef fantoche. Je suis là, avec toi... ton parfum sur la peau... » Sentir des cheveux de femme, un fantasme étrange, mais les gens comprennaient quand ils en avaient l'occasion. « Et tes cheveux dans mes yeux. » Cela allait amplement.

« Allez, viens là. » La prendre par la taille, peser sur son poids plume, la regarder en face, lui donner un peu d'attention... l'acte était le témoignage de la patience des Titans, de ceux qui déplaçaient les éléments pour créer leur monde, mais capables d'abandonner le divin par amour pour une mortelle. « Reprenons cinq minutes avant... tu aimes à venir sur mes genoux on dirait... » Souple comme un tulle envoyé au vent comme tribut, sa main gauche vint la prendre aux genoux, la droite lui tenant la nuque au dernier instant. Il s'autorisa à l'embrasser, à lui offrir un sourire, transmis des yeux et de la bouche. « Mais comment, comment rendre hommage à ce qui est, jusqu'au mariage, le plus beau jour de ma vie ? » Il s'interrompit le temps de songer. « Déjà, si j'avais l'intime conviction que c'est aussi ton cas... mais après ? Baste, comment t'offrir de la magie de mes doigts gourds... » Balayant la salle des yeux, son royal présent dans ses mains de palefrenier, il chercha en vain ce qui pouvait un instant en fragment d'obsidienne pur. « Tu sais, je me faisais la réflexion... » Il la posa à terre d'une exquise délicatesse, qu'il la voit à hauteur, mais surtout qu'elle ne se sente pas prise au piège de sa question. « Nous nous connaissons depuis deux ans maintenant. Je t'ai présenté mes hommages, mon affect, et en ce jour, j'avais décidé que la seule fin possible était de te demander ta main. » Un temps. « Pour autant, ça n'est jamais allé plus loin qu'un baiser. » Pour le soin de son ego, et poir se perduader qu'il allait dans le juste chemin, il fallait qu'il demande. « Si je te plaisais, si je te plais, si tu penses que je continuerai à te plaire... pourquoi te refuser à moi depuis tout ce temps ? »

Envisageait-elle un mariage platonique ? Arrangé et même pas consommé ? Juste pour un titre, des terres, des crédits, et de la honte..?
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By Elysia Astellan
#34586
    L’Empereur chassa la Yaka, elle n’avait rien à faire là, c’était bien l’avis d’Elizabeth. C’était demander beaucoup, elle en avait conscience, ce n’était pas sérieux, que de n’être pas un chef d’État pendant quelques heures. Parviendrait-elle à l’arracher à son devoir. Cette fois encore, oui. Harlon se laissait, plus ou moins, facilement distraire par la compagnie de sa dame, et la fonction passait parfois au second plan. C’était en soi une petite victoire qu’on savourait comme la plus fine des pâtisseries. S’ils savaient, les autres, que l’Empereur, sur Arkania, passait plus de temps à courtiser qu’à officier. Mais ça ne faisait pas rougir Elizabeth pour autant, désormais qu’il voulait l’épouser.

    L’affaire cependant, n’était pas limpide pour l’Humain, qui se posait mille questions. On eût cru que les rôles alors s’inversaient. Lui s’interrogeant, elle le rassurant, afin de gommer tous ces obstacles qui malgré leur évidente proximité les séparaient encore de quelques doutes. Avant toute réponse, l’Arkanienne se pensa libérée des réflexions humains. Or non, il revint à la charge.

      « Tu sais, je me faisais la réflexion… Si je te plaisais, si je te plais, si tu penses que je continuerai à te plaire... pourquoi te refuser à moi depuis tout ce temps ? »

    Alors qu’elle avait passé ses bras autour de son cou, elle profita de sentir à nouveau le parquet sous ses pieds pour dénouer son étreinte. La tête en biais, les sourcils légèrement froncés, elle lui offrait à voir une moue faussement contrariée.

      « Harlon … »

    Elle se tenait encore tout proche de l’Humain, mais se détourna de lui, et se posta face à l’horloge silencieuse qui ornait le mur, au-dessus de la desserte.

      « Pourrions-nous en reparler plus tard ? »

    Cette horloge amputée de quelques heures, et qui avait traversé les âges, purement mécanique. Tournée vers elle, Elizabeth tendit les bras pour rabattre les deux aiguilles au sommet du cadran. Aussitôt qu’elle les eut les lâchées, le temps reprit son cours.

      « Donne-moi une heure. Et nous parlerons de tout ce que tu voudras. »

    Le regard invisible de l’Arkanienne tomba devant elle, entre le mur et la desserte. Avec habileté, elle se défit de sa veste criante de bon goût, l’abandonna sur le dossier d’un fauteuil voisin.

      « Consacre-moi une heure. »

    D’un mouvement léger par dessus son épaule, elle jeta un coup d’œil à l’Empereur.

      « Maintenant, tu veux bien m’aider ? »

    Il ne put que constater les deux petites mains pâles qui s’affairaient déjà dans le dos de l’Arkanienne, et qui seules ne viendraient pas facilement à bout du laçage complexe de ce corset en soie sauvage.

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By Harlon Astellan
#34607
La Force, par convenance, n'était pas avec Harlon. Son entreprise de décoder les pensées profondes, volages ou fabriquées de ses interlocuteurs se vouait à l'échec le plus fatal, se heurtant aux barrières de chair et d'os, et ne lui laissait que le loisir de l'interprétation. Etait-ce mieux ainsi ? En un sens non, vu qu'il interprétait mal les femmes une fois sur deux. En un sens oui, comme ça il s'évitait de sermonner Elizabeth sur son jugement. Il ne courtisait pas plus sur Arkania qu'il n'officiait. D'une part, il officiait de son existence même ; son être étant tout tourné vers l'incarnation de la droiture impériale, de l'idée d'ordre et de domination damocléenne ; courtiser se faisait sur ses heures intimes, des heures auxquelles il s'accordait un droit inaliénable. Il officiait de retour à l'ambassade, entre l'ambassade et ses lieux de rendez-vous, sur ces lieux de rendez-vous. On le réveillait parfois pour qu'il soit informé d'un incident politico-militaire majeur qui pouvait amener à une décision expéditive que le Commandant Suprême n'osait pas prendre, bien que ce fut rarement le cas. Et des fois, lui-même dormait aussi, et on réveillait le plus accessible. Il voulait passer du temps avec sa future sur Arkania. Ca ne laissait à personne le droit de le juger sur ses envies de passer du temps pour lui et les siens, ni de croire qu'il n'officiait pas sur le côté...

« Harlon... Pourrions-nous en reparler plus tard ? » L'analyse en clair : si l'un passait en pôle positif, l'autre le devenait aussitôt. A se repousser à tour de rôle, à trouver des raisons de gâcher le moment. Dans l'espoir d'éviter les décisions lourdes au coeur plus tard, quand le temps aurait attaqué la relation, tuant les derniers boucliers qui les séparaient de disputes au potentiel ultra-violent ? Ou étaient-ils deux âmes dans une peine si indicible qu'ils ne voyaient de phare à leur existence que dans la souffrance d'autrui ? Vivre par la mort de l'autre. C'était le résumé vital de chaque guerrier... et de chaque succube. « Donne-moi une heure. Et nous parlerons de tout ce que tu voudras. » Une heure. Un jour, un mois, un siècle aussi si elle l'avait voulu. Il restait qu'il demandait une réponse, là, maintenant. « Consacre-moi une heure. » Pourquoi ce verbe ? Consacrer ? Devait-il abandonner sa volonté à... à... « Maintenant, tu veux bien m'aider ? » Sans le regarder, devant un fauteuil, avec une lenteur qu'Harlon jugeait minutieusement calculée, elle commença... à se déshabiller. Intégralement. Etait-ce ainsi que la partie se jouait ? « Elizabeth... » Il couvrit la distance de deux foulées, calmes mais appuyées, pour que les fines mains ne délacent plus rien du corsage. « Ce n'est pas un chantage que je te fais. » Des femmes, il aurait pu aller les chercher ailleurs. Il les avait connues humaines depuis cent générations, aux hanches ciselées pour la reproduction, charnelles et pétillantes. Il s'était tourné vers une femme, alien, inféconde, chaste et mélancolique. Non dans la recherche des antipodes de ce qu'il fréquentait puis toujours, mais par la trouvaille de quelque chose de plus concret. « Je demandais juste... comme ça... » Il entreprenait maintenant de relacer le corsage. Il l'avait déjà vu nue. Il l'avait déjà imaginée plus nue encore. Mais maintenant, là, il n'avait pas le désir de voir quoi que ce soit. Surtout pas après une question qui amenait pareille réponse. « Ne te force pas... ne te force à rien... Tu es complètement... libre... De tout, vis-à-vis de... moi... » Il se démenait, mais les liens passaient dans trop de boucles pour qu'il aille vite. « N'en parlons plus... n'en parlons plus... » C'était son droit le plus sacré de vouloir garder son intimité. Même avec son futur mari. Même après qu'il fut son mari. Mais ne pouvait-on pas trouver, en toute légitimité, étrange qu'un conjoint n'ouvre pas la dernière porte de son jardin secret devant son amant ? On disait bien "sa moitié", on admettait une notion de fusion. Spirituelle, mais aussi corporelle. Refuser l'un, c'était laisser l'autre incomplet. Raison pour laquelle l'Empereur n'avait jamais aimé une seule de ses amantes. La spiritualité n'avait pas prit le pas. Là, maintenant, le corps ne donnait rien. Si Elizabeth voulait franchir le cap, ça ne serait certainement pas en enlevant son ensemble en soie, en écartant les cuisses et en disant "bon tu as dix minutes et après je dors".

« Pardonne-moi, essaie de l'oublier. Je suis trop curieux parfois... souvent. Je ne veux pas te forcer la main... » Il l'avait retournée doucement, qu'il lui fasse face.
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By Elysia Astellan
#34675
    Quoi encore ? A toute vitesse, il laçait le ruban en sens inverse. Une course contre la montre que l'Arkanienne lui laissa gagner. Elle le laissa faire, écoutant d'une oreille le plus classique des discours. Pas du chantage, ne te force pas. Encore heureux. Il la fit pivoter vers lui. Sans un mot elle le repoussa gentiment, avec une grande douceur, et trouva un point de chute sur l'assise du fauteuil le plus proche. D’un regard fixe, elle toisait son aimé, les sourcils légèrement froncés. Ses mots étaient des insultes. Néanmoins elle n’en releva aucune. La correction menait souvent au conflit avec les hommes orgueilleux. Mais qu'en savait-elle après tout ? Elle qui ne désirait que le pouvoir.


    A la manière des grandes dames, Elizabeth croisa les jambes, tibias parallèles à l'inclinaison maîtrisée, mains posées l'une sur l’autre au sommet des genoux.


      « Je ne me force pas. Quand tu as annoncé ta venue j'ai imaginé, puisque tu m'aimes et que je t'aime, que je pouvais chercher une solution au problème que nous avons eu la dernière fois. La première fois. »


    Elle avait ce ton méthodique qu'on entendait parfois chez ceux qui ne cherchaient plus à camoufler leur frustration et qui s'en remettaient à une explication très clinique de leur problème.


      « Je n'ai pas envie de toi. Pas comme tu as envie de moi. Je te veux près de moi, j'aime être dans tes bras, mais je ne te désire pas. Je cultive un amour spirituel. Ma seule frustration vient du fait que toi tu n'es pas et ne seras pas heureux ainsi. Et je ne t'en veux pas, je ne peux pas t'en vouloir. Et je ne peux pas te refuser ce contact physique qui ne m'évoque plus rien à moi. Ça n'existe plus pour moi. »


    Elle avait un air triste, ses yeux vides étaient assez éloquents, pour une fois.


      « Je suis toujours avec cette vieille histoire, tu sais. Non pas que ce fantôme me hante encore, je crois que tu me l'as fait oublier. Mais je ne t'ai pas tout raconté, je n'ai pas osé. J'ai honte, certainement. »


    Elle n'allait pas pleurer, elle n'était pas de cette humeur.


      « Je me rappelle t'avoir dit que j'ai eu un accident. J'ai perdu mon fiancé, c'est une chose, le deuil ne relève pas de l'exploit. Mais j'ai aussi perdu mon enfant. J'étais enceinte quand cela s'est produit. Le foetus a été pulvérisé, et nombre de mes organes endommagés. C'est un traumatisme en soi, c'était il y a plus de dix ans. Mais ça n'explique pas notre problème. Tout de ce qui avait été détruit était réparable. L'estomac, les viscères, une partie des poumons, et même l'utérus, si tu veux tout savoir. Si tu fais partie de ceux qui ont la curiosité morbide, la liste des interventions est consignée dans un rapport très détaillé. »


    Il n'était pas question qu'Harlon répondit à cela, elle ne le laissait pas parler.


      « Tu sais, ici sur Arkania, on peut soigner pratiquement n'importe qui de n'importe quoi. Dès lors que l'organe d'origine est dans un état à peu près correct. Et que la fonction dudit organe n'est pas excessivement complexe. Toutefois tu entends déjà la restriction, les gonades sont de cette catégorie des trop complexes pour être clonés avec élégance. On ne sait pas, même GENOME ne sait pas, comment réactiver une gonade qu'on aurait cloné. Voilà, de fait, comment s'est opérée ma castration physique. »


    Pendant un instant, elle ne dit rien. Elle regardait Harlon avec calme. Sa voix chantante de nouveau combla le silence.


      « Cependant ça n'explique pas cet état frigide par lequel on me qualifie si souvent. Pour Stefan Civicius, mon père, la privation de ma seule capacité à engendrer ne suffisait pas. Pour le déshonneur que j'avais infligé à ma famille, il fallait une punition plus radicale. Il s'est acharné à trouver un moyen de me faire passer toute envie volage du genre. Et il a trouvé. Une castration chimique. Non par implant, comme on pratique couramment, mais par ablation. Ce sont des fonctions hormonales qu'on ne sait rétablir. Et même si les muscles et les nerfs sont en parfait état, tu l'as toi même constaté, la partie la plus importante, le cerveau, est déconnectée. Je n'ai pas eu l'occasion d'apprendre à faire germer ce désir cérébral. Je sais qu’il peut exister. Mais cela implique que nous soyons en parfaite communion. Et j'ai encore beaucoup de retenue lorsqu’il s'agit de laisser s'exprimer ton envie. »


    Il devait pouvoir le comprendre. L'exercice demandait de la pratique, et on pouvait au moins ne pas reprocher à Elizabeth son manque d'entraînement.


      « Pour pallier à mon problème, pour guérir, j'ai créé GENOME. Mais la solution tarde à se révéler. Pour l'heure, les seules options qui s’offrent à moi sont celles-ci : prélever les organes manquants sur un clone, ou me gaver de médicaments. J'ai pensé que pour cette semaine, la deuxième option suffirait. J'ai imaginé pouvoir franchir une étape en comblant le vide hormonal. Finalement je me ridiculise. »


    Elle ne l'avait pas lâché des yeux. Dans ces derniers mots, il n'y avait plus d'émotion, ce long monologue n’était pas une plainte. Aussi la réponse de l'Empereur n’avait pas de réelle importance. Elle avait raconté ce qu'il devait savoir, selon elle. Sa réaction, quelle qu'elle fut, ne changerait pas la réalité présente. Elizabeth aurait souhaité que la solution vint en silence, mais face à ce nouveau contretemps, elle avait préféré le long discours désagréable à la simple invitation. Un viens, fais moi l’amour de plus aurait peut-être définitivement fait taire l'Empereur. Une issue temporaire. Maintenant il savait à quoi il avait à faire. Et fuir était encore possible.
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