L'Astre Tyran

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By Ranath
#32873
    Héritière


    L’hostile galaxie n’offrait que rarement le couvert d'un refuge rassurant et propice à l’abandon de toute vigilance. Seules des amitiés solides donnaient accès aux soins et à la discrétion dont la Pantoran avait désormais besoin. Le Maître et son Apprentie avaient un temps cherché l'endroit idéal, une cachette qui accueillerait l'enfant en toute sécurité. Mais le navrant constat de la pauvreté de leur carnet d'adresses s'était imposé à elles, rappelant que le nombre de leurs alliés se comptait sur les doigts d'une main humaine. Qui, de suffisamment discret, suffisamment prévenant, suffisamment désintéressé, serait tenu dans le secret de la naissance d’Ophilia.

    Au pied du mur, alors, et pressée par le temps, la Mirialan avait parlé à son élève de sa planète natale. Mirial. Et du temple. Accroché au flanc d'une montagne, perdu aux confins des landes, les tribus s’y rendaient afin d’honorer leurs morts et rendre hommage à la Force. L'endroit s'avérait suffisamment reclus pour s'y cacher un temps. Et les soeurs ne poseraient aucune question embarrassante. La seule précaution à prendre consistait en la dissimulation de l'obscurité dans laquelle baignaient les deux Sith. Rien d’insurmontable étant donné la sensibilité toute relative des soeurs.

    L’acceptation de l’apprentie marqua le début du voyage. Vers la Bordure Extérieure, vers le secteur Illisurevimurasi, et vers Mirial.

    * * *


    Les villes n'étaient pas nombreuses sur Mirial, et de petite taille, leur population variant selon la migration des tribus. Rares étaient ceux qui s’étaient durablement installés et vivaient entre quatre murs. Ceux-là souvent avaient leur affaire dépendante d’un astroport. C'est dans l'une de ces petites villes que l'Odonata se posa.

    Pour venir voir les soeurs, Ranath soignait toujours son apparence. Elle se vêtait d'une longue robe brune de laine sur laquelle elle jetait un épais manteau d'un brun un ton plus sombre. Afin de cacher ses cheveux tirés en un chignon serré, elle portait une coiffe traditionnelle. Ainsi accoutrée, la Dame Sombre n’avait jamais autant ressemblé à un Jedi. À ceci près que la Mirialan n’avait aucun tatouage. Avant de descendre la rampe du cargo, le Maître accrocha son sabre laser à sa ceinture et dispensa les derniers conseils utiles à son apprentie.

    Les soeurs ne savaient rien de la voie obscure suivie par Ranath. Peu d'entre elles étaient en mesure de déceler la nature de Varadesh. Pour autant, la prudence était à l’honneur. Pas de Darth. Pas de Ranath. Pas de Varadesh. Pas de maître. Pas d’apprentie. Rester discrète. Il n'y aurait aucun problème.

    Dès la sortie du vaisseau, le voyage prit une tournure de pèlerinage, car pour se rendre au temple, seuls les moyens de transport traditionnels mirialans étaient accessibles. Un éleveur, en périphérie de la ville, prêta des montures. Deux grands et gros herbivores laineux. Hauts de dos mais courts sur pattes. Leurs doigts griffus leur assuraient une grande stabilité sur les chemins accidentés. Leurs petites oreilles étaient enfouies sous une épaisse fourrure qui ne semblait soumise à aucune gravité. Et leur museau plat s'agitait sans cesse à la recherche d'un tubercule à croquer. Ranath aida la Pantoran à se hisser sur le dos de l'un d’eux. L’étrange équipage se mit en route. Toute une journée de voyage les attendait.

    * * *


    Une neige légère tombait sur le désert rocheux quand le temple apparut enfin à leurs yeux. Il était perché sur une colline herbeuse, elle-même accolée au flanc de la montagne parsemé de hauts et sombres pins. Même à bonne distance du bâtiment, on en distinguait les murs bardés de bois et les pierres tombales éparpillées tout autour. La vue du temple renforça l’appréhension de la Mirialan. L'une de ces tombes était la source de visions récurrentes. Dérangeantes. Persistantes.

    Le maître jeta un regard en arrière, à son apprentie. Elle ne semblait pas non plus à son aise. Il était temps. La Dame Sombre, déjà, atténuait son aura, jusqu'à la restreindre à un petit rien, à un vague halo dont on ne devinait même pas la nature. Elle enjoignit la Pantoran à l’imiter et à dissimuler ainsi ses croyances en la Force Obscure. Et elle ne devait pas l’oublier, parler le moins possible.

    En arrivant aux abords du temple, une enfant survitaminée se précipita vers elles. Elle attrapa la bride de la monture de Ranath tandis que celle-ci posait le pied à terre. Puis elle se dirigea vers le second animal, leva les yeux vers son cavalier. Un air incrédule précéda son cri de stupeur. La gamine s'enfuit en courant. Presque aussitôt, une soeur se présenta, confuse. Les deux Mirialans échangèrent quelques mots. La soeur s'en retourna à l’intérieur et Ranath vint enfin aider Varadesh à descendre. Elles entrèrent ensemble dans le temple.

    La bâtisse était en bois de pin. La première pièce était aussi longue que large. Sa charpente formait une haute voûte dont le sommet semblait cacher une ouverture dédiée à l'évacuation de la fumée produite par le feu qui brûlait au centre de la pièce dans un foyer tailler à même un rocher de granite.

    La soeur revint. Elle s’adressait à Ranath à toute vitesse, dans un galactique approximatif et avec un accent grossier qui rendait son discours incompréhensible. La Jedi pourtant acquiesçait à intervalles réguliers. Cette effervescence fut brusquement calmée par l'arrivée d'une soeur plus âgée, la plus âgée.

      « Mya. »

    Elle était vêtue de lourds effets de laine grise et marchait à l'aide d'une canne. Elle aussi avait la tête couverte, comme toutes les autres soeurs. Sa peau olive était intégralement couverte de tatouages complexes et dont l'intensité avait passé avec le temps. Elle posait sur sa congénère un regard sévère.

      « Pourquoi l’amener ici ? »

    Un court silence laissa un instant planer la question entre les quatre protagonistes en présence. La Sith se décida finalement.

      « Elle est comme ma soeur. Ce temple. Les soeurs. Vous êtes ma dernière famille. La seule à même de prendre soin de ce qui m’est cher. »

    Le silence cette fois dura plus longtemps. La vieille Mirialan ferma les yeux un instant. Quand elle les rouvrit, elle avait pris une décision.

      « Leïss, trouve-lui une chambre. »

    L’autre s’approcha de Varadesh.

      « Venez. »

    La doyenne retint la Sith.

      « Mya. »

    Pendant ce temps, Leïss montrait à la Pantoran le reste du temple, jusqu’à pénétrer dans l’aile dédiée aux chambres. De part son statut particulier, l’étrangère avait le droit à une chambre individuelle. La Mirialan en choisit une et la lui désigna.

      « Ca te plait ? Je vais te montrer la salle d’eau. Venez. Loreena est notre Grande Soeur. Elle n’aime pas trop que Mya n’ait pas les tatouages. »

    Le tour du bâtiment fut vite terminé. Les chambres, le dortoir, la salle d’eau, la cuisine, le réfectoire, la salle de méditation, la bibliothèque, le jardin. Et voilà. La jeune femme ramena Varadesh dans le hall. Ranath et Loreena marchaient désormais côte à côte, dehors. La vieille femme se tourna vers la Pantoran.

      « Comment s’appelle ton enfant ? »
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By Darth Varadesh
#32890
La décision n'avait pas été facile à prendre.

Et pour cause, la jeune fille, dans une vaine tentative d'échapper à la réalité de sa condition, avait tout fait pour repousser l'inéluctable, niant ce qui devait advenir et espérant que cela passerait. C'était un vœu pieux et bien irréaliste évidemment, on ne revenait pas en arrière comme ça. Mais, alors que le dernier mois arrivait à son terme sous peu et qu'elle sentait depuis plusieurs semaines l'étincelle de vie qui grandissait en elle, impatiente de sortir, elle avait dû se résoudre au fait accompli.

La conversation vieille de quelques mois avec Ranath lui était revenue en mémoire et elles avaient de nouveau longuement discuté du sujet. Hormis le capitaine Cain, personne n'aurait pu les aider à dissimuler ce secret honteux et dangereux pour leur existence, pas sans qu'elles ne se voient assaillies de questions embarrassantes du moins. Aussi fallut-il trouver autre chose. C'est la Mirialan qui re-proposa sa terre natale comme cachette sûre pour elles, même si proposer était un terme bien trop flatteur. En fait de proposition, l'ordre lui fut imposé parce qu'elles n'avaient guère d'autre choix.

Le voyage jusqu'à Mirial fut aussi plat que banal, si l'on excepte les douleurs qui revenaient toujours à la charge. Aucune des deux ne parlait plus que nécessaire, la tension semblait palpable, faisant remonter des souvenirs amers pour chacune. Varadesh se consolait en songeant que ce serait bientôt fini et qu'ensuite, après avoir pris un peu de repos, elle quitterait alors ce monde et cet enfant pour reprendre la route qui était la sienne. C'était ce qu'elle espérait et l'espoir auquel elle se rattachait en tout cas.

Mirial n'avait en tout cas rien d'un monde paradisiaque avec ses déserts et ses rochers à perte de vue, ses plaines brûlées par le soleil ou peu de choses poussaient. En détaillant le paysage depuis l'Odonata puis dehors une fois sortie, elle songea que bien peu de mondes devaient être aussi peu accueillants que celui-là. On était bien loin de la douce Pantora ou d'une paisible retraite ou on pourrait se la couler douce dans un environnement agréable. Mais bon, elle avait déjà connu des endroits bien pires, le climat local ne serait jamais qu'une nouvelle épreuve à surmonter.

Les Mirialans constituaient en tout cas un spectacle bien curieux, leur couleur de peau n'étant qu'un détail - elle avait bien la peau bleue après tout - mais leurs tatouages, leurs vêtements et leur attitude par contre... En observant à la dérobée les indigènes tandis qu'elles se rendaient en périphérie de la petite ville ou elles avaient atterri, elle se rendit compte que Ranath en était dénuée, du moins à sa connaissance. Une question qu'elle se promit de poser plus tard à son Maître, curieuse d'en comprendre la signification.

Leurs montures étaient bien étranges, même si elles ne faisaient montre d'aucune hostilité ou nervosité à leur encontre. Monter sur le dos d'une de ces créatures constitua une véritable épreuve de force tant elle avait du mal à se mouvoir, sans compter qu'elle n'avait plus guère d'endurance ni de forces. Heureusement que la Mirialan vint l'aider, même si son annonce que leur voyage allait prendre la journée lui plut beaucoup moins. Encore une longue route désagréable, elle en aurait presque eu envie de se maudire toute seule pour toute cette mascarade.



L'édifice ou elles se rendaient semblait grand, collé à une montagne et se dressant sur une colline, il évoquait à la Pantoran un genre de phare dans la nuit, se dressant pour défier les éléments et la rigueur du climat, comme pour dire "nous ne plierons jamais". Sa vue lui inspirait pourtant un sentiment d'effroi diffus qu'elle n'arrivait pas à identifier. Peut-être était-ce parce qu'il symbolisait la fin du voyage, ou bien parce qu'elle avait l'impression de sentir la Lumière qui baignait le temple, ou bien un peu des deux.

Qu'importe, il était maintenant temps de se mettre en condition, comme le Maître lui avait expliqué. Toutefois, dissimuler sa véritable nature n'était pas un art qu'elle maniait à la perfection, elle manquait de pratique et avait du mal à se concentrer. Le temps qu'elles arrivent au pied de l'imposant édifice, elle avait toutefois réussi à plus ou moins convenablement dresser un voile éthéré autour de sa personne, masquant sa véritable nature. Cela ne tiendrait probablement pas un examen un minimum poussé mais après tout, les résidentes locales n'étaient pas très réceptives à ce genre de choses, pas vrai ?

Lorsque l'enfant toute excitée arriva à leur portée puis cria d'étonnement en la voyant, Varadesh lui retourna un regard perplexe. Était-ce donc si peu commun pour les résidentes d'accueillir des étrangers ? En tout cas, à en croire sa réaction puis celle de la matrone qu'elle alla voir, nul doute que leur arrivée avait fait grand bruit. Pour la discrétion on repassera. Une Mirialan sensiblement plus vieille et autour de laquelle semblait flotter un voile de sagesse et de sérénité qui stupéfièrent l'apprentie arriva finalement pour stopper le remue-ménage, avant de se dresser devant Ranath.

Ou plutôt, Mya, comme elle l'appela. Les oreilles tendues, la jeune fille écoutait attentivement, peut-être allait-elle pouvoir en savoir plus sur le passé de sa tutrice durant son séjour en ces lieux. Cela pourrait presque donner un sens à toute cette farce, songea-t-elle d'un air sombre avant de baisser les yeux sur ce ventre arrondi qu'elle ne supportait plus. Elle faillit perdre sa concentration et abaisser la barrière mensongère et se reprit de justesse. Elle n'eut toutefois pas le loisir d'en apprendre plus car déjà une sœur lui faisait signe de la suivre, sur ordre de ce qui devait être un genre de grande prêtresse ou de matriarche. Bah, au moins avait-elle récupéré un nom, c'était déjà ça. Et rien ne l'empêchait de se renseigner plus tard.

On la conduisit dans une chambre et on lui fit faire le tour du propriétaire pour qu'elle prenne ses marques, cet endroit allait après tout être son chez-elle pour quelque temps, ensuite de quoi on la ramena devant la Grande Sœur, comme on l'appelait. La vieille Mirialan darda sur elle un regard perçant qui la fit frissonner. On aurait dit qu'elle pouvait lire en elle comme un livre ouvert et que le moindre détail de sa vie ne lui échappait pas. Même Ranath n'avait pas un impact aussi direct. Son Maître était à côté de la vieille femme et semblait perdue dans ses pensées.

Elle inclina légèrement la tête en signe de respect avant de répondre.

Ophillia, Grande Sœur. C'est le nom que je lui ai choisi.

Qu'ajouter de plus de toute façon ?

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By Ranath
#32919
    Petite fouine qu'elle était, Varadesh trouverait nécessairement, pendant son séjour au temple, un moyen d'en apprendre plus sur son maître ainsi que sur son passé. Ranath l'avait envisagé. Et anticipé. Elle ne disposait d'aucun remède contre cette curiosité légitime. Aussi s'était elle préparée à savoir dévoilées les sombres anecdotes de sa vie. Bien que les soeurs ne détenaient qu’une infime partie de la vérité, elles en savaient assez sur l'enfance du maître pour faire poser des questions à l'apprentie. La Sith s'en accomodait.

    * * *


    Le prénom de l'enfant déclencha chez la Grande Soeur un hochement de tête pensif. Elle se tourna de nouveau vers Mya. Elle n'était pas dupe. La jeune Jedi s'était détournée de sa voie depuis longtemps, et cela ne faisait aucun doute. Malgré l'énergie investie en la dissimulation de ses desseins, la Sith demeurait pour la vieille femme une enfant prévisible. Mya n'était pas la première à goûter au Côté Obscur, et d'autres après elle en viendraient là. Ce n'était pas inquiétant de voir se perdre momentanément une âme noble. Bien entourée, suffisamment canalisée, la fautive revenait souvent à la Lumière. Mais Mya était seule. Elle avait quitté sa famille ; sa famille avait disparu. Son maître avait péri, son guide s'était éteint, bien qu'il ne fut pas le plus lumineux des Jedi. Et son potentiel la rendait dangereuse, et d’autant plus difficile à amadouer. Pourtant, plus la Grande Soeur attendait, plus Mya s'éloignait de la Lumière. Son sort cependant n'était pas encore scellé.

    La vieille Mirialan s’approcha de l’apprentie.

      « Sabina, je vais te présenter Amyelle. Vous devriez vous entendre. »

    Elle l'entraîna dans les couloirs jusqu’à l'atelier de calligraphie, marmonnant quelques mots à peine compréhensibles entre ses dents.

    Amyelle passait toutes ses journées, pinceaux en main, à tracer, à dessiner et à archiver. Elle avait rempli l'atelier de ses croquis et de ses textes, tantôt suspendus aux murs, tantôt compressés en livres dépourvus de reliure et entassés sur des étagères qui ne feraient plus longtemps. Comme toutes les autres soeurs, elle était sobrement apprêtée. Sa tunique aux tons clairs, ainsi que le foulard qui lui couvrait les cheveux, s’associaient sans jurer à la pâleur de sa peau. Quelques rares tatouages, semblant eux aussi réalisés avec une encre diluée, ornaient sa nuque.

    Quand elles passèrent la porte de la pièce, la calligraphe était assise à même le sol et se plongeait dans la contemplation d’un gribouilli noirâtre. Elle leva vers les arrivantes ses grands yeux turquoises.

      « Kala m’avait prévenue que nous avions une invitée. »

    Puis à l'intention de la Pantoran.

      « Bienvenue. Installe toi si tu veux. »

    Elle lui désigna une chaise dont l'assise avait dû servir de planche à dessin il y avait peu.

      « D’où tu viens ? Tu connais Mya depuis longtemps ? »

    * * *


    Le maître avait profité de l’initiative de Loreena pour s’éclipser. Elle errait désormais sur le flanc de la colline, entre les pierres tombales. Les plus anciennes se tenaient à la lisière de la forêt, les plus récentes au pied de la colline. Ranath longeait une rangée située à mi-chemin entre les deux points extrêmes. Son regard se promenait sur les gravures sans les lire. Ses pas la guidèrent devant une pierre qui ne portait que les initiales du défunt. Immobile sous la neige légère, la Sith ferma les yeux.

      « Deux années complètes. Je pensais que tu ne reviendrais jamais. »

    Quand elle rouvrit les yeux, la silhouette éthérée se tenait face à elle, l’air grave.

      « Je le pensais également. »

    Ranath s’éloigna de quelques pas, il ne la suivit pas. Sa voix rauque résonnait à peine au creux de l’oreille de la Sith.

      « As-tu, finalement, trouvé des réponses ? »

    Un sourire cynique se dessina sur les lèvres de la vivante tandis qu’elle donnait la réplique au spectre dans sa langue natale.

      « Bien plus encore.
      Qu’as-tu appris ?
      Que tu avais tort. »

    Il ne répondit pas, attendant l’explication.

      « Tout ce que je craignais s’est réalisé. À chacun de mes pas je me suis approchée de l’interdit. J’ai franchi la limite, je suis tombée. Je suis devenue ce monstre, et …
      Il existe bien un point de non retour, Mya, mais il n’y a pas de frontière toute tracée entre bien et mal. Nous effleurons parfois le concept d’Obscurité, pour être plus forts, nous puisons en Elle, c’est plus facile.
      Ça n’a rien de facile. Tu sais très bien ce qu’il en est. Pourquoi n’en avoir jamais parlé ? »

    Pour marquer l’évidence, il écarta les mains devant lui.

      « Je suis un Jedi. »

    Elle pivota vers lui, les traits marqués par la colère.

      « Ce sont des mensonges ! »

    Le regard vide du spectre poussa la Sith à se détourner. Elle n’aimait pas ces yeux qui ne brillaient plus d’aucune vie.

      « Le fait est que tu ne m’as prise de cours. Je n’ai pas eu le temps.
      Ma faute ?
      Mya …
      La plaisanterie est malvenue.
      Tu en savais assez. Tu es seule responsable de ce qui t’es arrivé. Chaque choix t’as précipitée vers le prochain. Accélérant si bien les choses que tu as perdu tout contrôle.
      Je ne regrette en rien les choix qui m’ont amenée ici. »

    La neige s’intensifia alors qu’une brise froide chantait entre les tombes.

      « Je ne reviendrai pas. »

    Du mouvement au sommet de la colline, sur le parvis du temple, attira l’attention de Ranath. Sa pensée se tourna instinctivement vers Varadesh. Il était temps de la rejoindre.
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By Darth Varadesh
#32944
Cet endroit était étrange. A peine y avait-elle mis les pieds qu'elle l'avait senti, quelque chose en bordure de sa conscience qui rôdait et refusait de la laisser tranquille. La Force était curieusement étouffée en ces lieux, pourtant elle croyait percevoir que les Mirialans du sanctuaire n'y étaient pour rien, c'était simplement comme ça. Quelque chose ici sonnait bizarrement, faux, creux. Elle pensait savoir quel était le problème. L'endroit respirait le calme et la sérénité, la paix, il appelait à abaisser ses barrières et garder ses sens apaisés. Mais cela lui était impossible car elle savait bien ce qu'il en était vraiment. La paix est un mensonge, il n'y a que la passion.

Elle commençait à craindre d'avoir commis une erreur en venant ici. Cet endroit puait la Lumière si fort qu'elle en avait la nausée. Rien que d'envisager y rester une seconde de plus l'emplissait d'horreur. Vraiment, à quoi pensait Ranath en les menant ici ? Il n'y avait vraiment pas mieux comme cachette retirée du monde que ce temple à la gloire de concepts qu'elle lui avait pourtant appris à rejeter ? Ou bien se faisait-elle des idées ? Cela faisait des semaines qu'elle se sentait au bord du précipice, incapable de se concentrer sur quoi que ce soit, toujours au bord de la crise de nerfs, toujours furieuse contre tout et tous, jamais satisfaite, constamment sur le point de fondre en larmes et de hurler de colère.

Elle savait bien la raison véritable de ces problèmes et elle appréhendait déjà la délivrance qui viendrait sous peu. Très bientôt, elle serait libérée de cette plaie qui la dévorait. Elle eut du mal à conserver son calme lorsque la vieille Mirialan darda son regard perçant et plus vif qu'il n'y paraissait sur elle avant de la mener à un atelier de calligraphie ou l'attendait visiblement une autre sœur du temple. Elle hocha la tête, incapable de formuler un mot tant la douleur et la rage la consumaient. Il lui était si difficile de conserver le contrôle, Ranath lui avait pourtant dit que c'était vital.

Cet atelier lui évoquait celui du vieux Cluggan sur Pantora, si longtemps avant, dans sa jeunesse. Le vieux Pantoran avait été un véritable artiste, passionné par le dessin et la création de portraits de riches clientes. Dans le quartier ou la petite fille avait grandi, on le considérait comme une sorte de porte-bonheur et plus d'une fois elle avait échappé à la vigilance de ses parents pour aller se faufiler jusque chez lui pour admirer ses œuvres. La dénommée Amyelle n'avait pas exactement le même talent mais ses dessins étaient vifs et témoignaient de la forte personnalité de la demoiselle.

Les 2 Mirialans la laissèrent là aux bons soins de la novice, laquelle engagea aussitôt la conversation une fois un siège disponible pour qu'elle se mette autant à l'aise que possible. Elle n'y arriva pas. La douleur ne faisait qu'empirer de seconde en seconde. Elle fit un gros effort pour se concentrer sur les paroles de sa consœur qui semblait avoir à peine quelques années de plus qu'elle. Elle réussit à lui adresser un sourire fragile et glisser quelque réponse d'une voix bien loin de ses intonations habituelles.

Je viens de Pantora, loin dans le Sud. J'ai grandi seule et sans famille pendant des années comme j'ai pu, jusqu'à ce que je fasse la connaissance de... Mya. Elle m'a proposé de la suivre, qu'elle avait du travail à m'offrir et un toit. Comme je n'avais rien à perdre à accepter, je l'ai suivie. Et puis il y a eu cette complication...

Un regard éloquent dirigé vers le bas. Pas besoin d'en dire plus, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure et il était probable que toutes les Mirialans du sanctuaire soient maintenant au courant. Pour le secret et la discrétion on pouvait repasser. Elle reprit, de moins en moins assurée. A présent, elle tremblait légèrement même si les tremblements s'accentuaient petit à petit.

Elle a d'abord suggéré que je règle le problème de manière définitive mais lorsque nous l'avons découvert, c'était déjà trop tard. Et je ne sais pas si je l'aurais fait de toute façon. Je n'ai jamais désiré ça mais je ne sais pas... Je ne sais plus... Je...

La jeune fille s'écroula lentement, comme dans un rêve, inconsciente avant même d'avoir touché le sol. Surprise, Amyelle ne put que constater la chose avant de se précipiter pour vérifier son pouls, léger mais bien présent. Et elle vit la flaque sombre sous les jambes repliées de la Pantoran. Sans perdre de temps, elle appela à l'aide pour qu'on transporte la jeune fille sur un lit ou l'on pourrait mieux étudier son état et savoir ce qu'il en était.




Varadesh ouvrit les yeux. Ce simple fait la surprit car elle n'avait pas souvenir de les avoir fermé, pas plus qu'elle ne se rappelait ou elle était. En fait, elle en aurait bien été incapable étant donné que le décor alentour n'était rien d'autre qu'une obscurité sans fin. Elle se releva et s'aperçut qu'elle était vêtue d'une robe d'un violet clair aux manches courtes, les pieds nus et une couronne de fleurs sur les cheveux. Le décor changea brusquement et elle se retrouva au milieu d'une prairie recouverte d'herbes. Le paysage lui sembla d'une époustouflante beauté, elle n'avait jamais rien vu d'aussi beau excepté sur Pantora lorsque, les jours du printemps, le soleil se levait sur les plaines bordant la capitale.

Elle entendit soudainement un cri surgi de nulle part. Elle tourna la tête en tout sens pour tenter d'en trouver la source, en vain. Elle se mit à courir sans se soucier de la fatigue ou de l’essoufflement ni du sol dur qui lui écorchait les pieds. Quelque chose dans cette voix qu'elle avait entendu lui inspirait un sourd sentiment de terreur, comme si elle ne pouvait pas supporter l'idée que la personne à l'origine ne puisse crier de douleur. Pourtant, elle ne voyait rien, n'entendait plus cette voix et ne sentait plus rien. Tout était vide, noir, silencieux. Elle cria à son tour comme dans l'espoir de se faire entendre par cette inconnue mais seul le silence lui répondit, implacable.

Que se passe-t-il ? Ou est-ce que je suis ? Pourquoi il fait si froid, si sombre ? Pourquoi je me sens si mal ici ?




On l'avait installée aussi confortablement que possible dans un lit de l'infirmerie du sanctuaire. On lui avait enlevé ses vêtements pour lui en mettre d'autres plus adaptés à la situation. La petite Mirialan aperçue à leur arrivée était occupée à éponger son front brûlant de fièvre et trempé de sueur tandis qu'une autre pratiquait divers examens sur son corps. Elle semblait préoccupée et légèrement inquiète. Amyelle discutait avec la Grande Sœur, expliquant ce qu'il s'était passé. Personne n'avait trouvé Ranath, disparue quelques minutes avant l'accident on ne savait ou, plusieurs sœurs la cherchaient en ce moment même. L'une d'elle la trouva, seule parmi les collines voisines du sanctuaire. Elle fut avertie et on la ramena jusqu'à l'infirmerie ou s'affairaient plusieurs de ses semblables.

La sœur qui avait examiné l'apprentie discutait avec Loreena lorsque la Dame Sombre arriva. Varadesh, immobile et étendue, était là, branchée à diverses machines qui mesuraient son rythme cardiaque et son état de santé global. Des intraveineuses avaient été insérées sur ses bras et un masque à oxygène recouvrait en partie son visage. Irtenna, la sœur-guérisseuse, sembla hésiter en voyant arriver Ranath mais un geste de la Grande Sœur la fit poursuivre.

Elle a perdu les eaux comme il fallait s'y attendre, le travail a commencé. Toutefois, j'ai examiné son pouls et palpé son ventre, je crains qu'elle ne soit dans un profond état de stress inconscient et que cela ne les mette en danger, elle et le bébé. Nous l'avons endormie et appliqué quelques cataplasmes mais il est possible qu'il nous faille choisir à un moment entre l'une ou l'autre.

Les 3 femmes se regardèrent. Qui allait décider de devoir possiblement prendre cette décision s'il fallait en arriver là ?




Ce cri avait repris depuis ce qui lui semblait une éternité maintenant. Encore et encore, elle entendait cette voix qui l'appelait. Elle n'avait aucun moyen de l'affirmer car la voix était inintelligible mais elle sentait avec une absolue certitude qu'elle l'appelait. Alors elle avait continué de courir à bride abattue, se relevant avec précipitation lorsqu'elle trébuchait, enjambant des fossés parmi ce décor étrange et presque irréel. Mais elle n'arrivait toujours pas à retrouver la source de ce cri. Soudain, les cris se muèrent en pleurs, des pleurs d'enfant.

Elle s'arrêta brusquement. Que devait-elle faire ? Comment retrouver la source ? Elle n'avait aucun moyen, pas de véhicule, pas de visibilité, pas de force... De force... De Force ! Comment avait-elle pu oublier cela ? Elle qui était pourtant... Quoi déjà ? Apprentie, elle s'en souvenait, mais apprentie quoi et de qui ? Impossible de s'en souvenir. Elle se rappelait seulement cette sensation qui la parcourait maintenant. Cette impression de sentir quelque chose qui la revigorait, qui l'emplissait d'un pouvoir et d'une puissance inouïs. Comment avait-elle pu oublier même brièvement la joie qu'elle ressentait en invoquant ce pouvoir ?

D'un coup, les choses lui semblèrent bien plus claires, plus qu'elles ne l'avaient jamais été. Elle voyait comme une lumière d'un jaune pur prendre forme sous ses pieds et partir en direction des ténèbres. Après un instant d'hésitation, elle décida de suivre ce chemin qui s'offrait à elle. Alentour, les ténèbres se faisaient plus pressantes et pesantes, plus renfoncées sur le le sentier qu'elle suivait. Le temps lui était compté, elle en était certaine. Elle hâta le pas et reprit sa course. Finalement, elle arriva à sa destination.

Une petite fille l'attendait là, assise sur le sol, en tailleur, vêtue d'une tunique d'une blancheur immaculée. Elle n'avait pas plus de 6 ans, de grands yeux jaunes, un visage adorable et l'air insouciant de la jeunesse sur ses traits juvéniles, enfantins. Elle avait la peau d'un bleu exactement semblable à celui de la jeune fille et ses traits évoquaient une ressemblance confondante. Elle savait n'avoir jamais vu cette petite fille tout comme elle savait qui elle était. Elle s'arrêta à deux mètres d'elle, incertaine. La petite lui sourit joyeusement et se précipita vers elle. Sans trop savoir pourquoi, elle l'accueillit et la serra contre elle.

Les mots étaient inutiles, ils ne pouvaient exprimer ce qui passa entre les 2 demoiselles. Sans qu'aucun mot ne fut échangé, tout fut dit, les bonnes comme les mauvaises paroles, les heureuses nouvelles et les terribles prémonitions. Le temps d'un battement de cœur qui dura une éternité, mère et fille ne firent plus qu'une et se comprirent comme nul ne pourrait jamais les comprendre. Et puis...




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Les hurlements firent mal aux oreilles des Mirialans présentes dans l'infirmerie. Puis ils firent place aux gémissements et aux pleurs. Les pleurs d'un nouveau-né. D'une nouvelle vie innocente qui venait d'entrer dans ce monde avec fracas et sanglotait du traumatisme de sa naissance, un traumatisme dont elle ne se souviendrait jamais par la suite comme tout nouveau-né mais qui la porterait jusqu'à sa mort. L'enfant était bien vivante et c'était cela qui rassura probablement les femmes présentes. On coupa le cordon ombilical rapidement sans pouvoir dire laquelle des Mirialans le fit.

L'enfant était trempée du sang de la naissance, un sang rouge, chaud et amer qui recouvrait presque entièrement sa peau bleue. Ses paupières étaient bien évidemment fermées mais on aurait pu jurer que brièvement, une lueur jaune les avait illuminé en-dessous. On la recouvrit d'un linge propre pour lui tenir chaud et on la mit à l'écart, proche de sa mère mais assez loin pour que les sœurs puissent se pencher sur elle, tout en gardant un œil sur la progéniture.

Varadesh avait le teint atrocement pâle, sa peau bleue ayant presque blanchi d'une manière alarmante. Ses inspirations étaient de plus en plus sporadiques et malgré leurs efforts, les Mirialans n'arrivaient pas à combler son hémorragie. Sa main gauche, que tenait la petite Mirialan, qui jusque-là avait serré inconsciemment celle de la jeune soeur, semblait rachitique. Puis l'emprise faible de l'apprentie se desserra tout à fait. Les machines se mirent à sonner de manière alarmante tandis que les soeurs tentaient tout ce qu'elles pouvaient. En vain. Une larme coula de son visage pour venir s'écraser contre la couverture qui la recouvrait en partie.

Varadesh, apprentie Sith et jeune mère... Ne respirait plus.
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By Ranath
#32967
    La soeur qui vint chercher Ranath était affolée. Le souffle court, elle expliqua à toute vitesse ce qu'il s'était passé. Malgré quelques incompréhensions, elle ne la fit pas répéter, préférant se rendre sur place, la soeur sur les talons. Le parcours jusqu'à l’infirmerie sembla à la Sith bien plus long qu'à l'accoutumée. Comme si ses pas avaient été plus courts, plus lents. La soeur derrière elle devait pourtant trottiner pour la suivre. Quand Ranath passa le seuil de la porte, le silence tomba dans la pièce. Son regard parcourut rapidement le petit groupe, jusqu'à s'ancrer sur Varadesh. La soeur reprit, annonçant déjà le pire.

    La Dame Sombre, tandis que l'on s’affairait autour de son apprentie, se tenait à distance. La situation n’avait rien pour la mettre à l'aise. Elle refusa jusqu'à lui adresser une pensée. La Pantoran était seule, inconsciente. Et Ranath sentait le regard de la Grande Soeur posé sur elle. Elle qui investissait tant de concentration dans le contrôle de son vice. L'angoisse, l’ombre de la mort la mettaient à rude épreuve. Mains jointes devant elle, elle posait sur la scène un regard vide de toute émotion, comme attendant le verdict, sans un sursaut, sans un mot.

    La Pantoran se mit brusquement à crier. Même dans l’inconscience la plus totale, la douleur avait le dessus et lui arrachait des hurlements stridents. L’agitation gagna soudain le petit groupe et la guérisseuse demanda qu'on sortit de la pièce. Seules restaient Ranath et la Grande Soeur. Cela dura peut-être des heures, chaque seconde était plus pénible que la précédente. Jusqu'à ce que soudain tout redevint silencieux, le temps d'un rien. Ophillia, nouvelle née, prit aussitôt le relais, emplissant ses poumons pour la première fois. Irtenna travailla rapidement, et dès que l'enfant fut séparé de sa mère, elle la tendit à la Sith. La Dame Sombre déclina la proposition, elle n’avait que faire de la gamine pour l'instant, son esprit était tourné vers son apprentie, dont la flamme était sur le point de s'éteindre. Elle allait mourir. Et l'inaction de Ranath poussait les deux autres à attendre.

    Souillée. La pire corruption ne vient pas du Côté Obscur. Elle provient de la perte de soi. Tu es perdue. Tu es souillée. Te voilà à bout de souffle, en train d’agoniser au fin fond de nulle part, sans avoir jamais rien fait d'autre que te traîner dans l'échec. Tu es si faible. Tu es si vulnérable. Et pourtant tu cultives la haine. Je l'ai vu dans tes yeux. Tu n'es pas aussi secrète que tu aimes à le penser. Tu me donnes toutes les raisons de mettre fin à ton existence pathétique. De me débarrasser de toi. Il n'y aurait rien de plus facile que de te tuer. Et que de les tuer toutes.

    Les mains de la vieille Mirialan agrippèrent plus fermement leur bâton. Elle sentait l’Obscurité gagner Mya et emplir la pièce d'une aura malveillante. Elle visualisait presque l’ombre envahir le halo du plafonnier. Ranath s’avança. D'une main preste, Loreena pressa l'épaule de l’autre soeur et la fit reculer, elle tenait toujours l'enfant dans ses bras. La Sith se pencha au dessus de son apprentie, entre la vie et la mort, son coeur ne s’était pas tout à fait arrêté.

      « Le masque VMA. »

    Aucune réaction.

      « Irtenna. La VMA. »

    La soeur se précipita soudain, confiant la nouvelle née à sa supérieure, elle attrapa un boitier dans l’étagère, le posa sur le lit. Elle en souleva le couvercle et tendit à Ranath le masque, relié à la pompe par un long tube gris. Ça n’allait pas être très agréable, mais Varadesh était elle en mesure d’apprécier ou non cette nouvelle douleur ? Son maître lui appliqua le masque sur le bas du visage, tout en s’assurant que le tube avait été correctement positionné, de manière tout à fait intrusive afin de garantir le bon cheminement de l’oxygène. Elle maintint le masque un moment d’une main tandis que de l’autre, elle déclencha la respiration mécanique au niveau du boîtier. La première expulsion fut accompagnée d’un bruit peu rassurant, l’air trouvait son chemin. Les expulsions qui suivirent ne provoquaient plus qu’un râle étouffé.

    Difficile de savoir si cela serait suffisant pour convaincre Varadesh d'émerger à nouveau. En silence, Ranath posa sa main sur le front de la Pantoran trempé par l'effort, appliquant le pouce et le majeur sur chacune des tempes. Sa pensée fusa à travers le lien, remontant à la rencontre de la conscience enfouie de l’apprentie.

      Darth Varadesh.

      Apprentie de l’Ordre Sith.

      Tu as surmonté l’épreuve qui t’a été imposée.
      Ta détermination fait honneur à ton rang, Héritière.

      Tu es forte.

      Ophillia t’attend, plus forte encore.

      La paix … est un mensonge ...

    La Dame Sombre crut sentir la mâchoire de son apprentie se crisper autour du court tube en plastique. Un dernier sursaut avant le réveil … ou l’extinction.
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By Darth Varadesh
#33006
Alors ça y est, je suis morte.

Ce n'était pas une nouvelle si terrible qu'elle aurait pu le croire. Bon bien sûr ça n'en était pas non plus une excellente, après tout qui pouvait trouver ça génial de se découvrir trépassé et banni du monde des vivants ? Mais dans un sens, elle n'en était pas aussi choquée qu'elle aurait pu le croire. Ça arrive à tout le monde dans le fond et rien ne lui avait fait croire qu'elle était spéciale et différente des autres au point de ne pas être concernée par ce même couperet qui abattait indifféremment paysans et empereurs, faibles et forts, Jedi et Sith.

Il y avait quelque chose qui refusait pourtant de sortir de sa tête, elle ne savait pas trop quoi mais avait l'impression qu'elle oubliait quelque chose dans tout ça. Elle se souvenait bien de sa discussion avec une jeune Mirialan d'à peu près son âge qui lui parlait d'une certaine Mya et lui posait une question et puis il y avait eu... Oui oui, une douleur soudaine et fulgurante et puis le noir complet, avant de se réveiller ici dans ce décor étrange ou le magnifique chevauchait l'insolite.

Et cette petite fille qui lui souriait et se précipitait sur elle pour finir dans ses bras... Oui, oui à la réflexion il y avait eu ça et puis de nouveau le néant. Hgnngh, ça lui faisait mal au crâne quand elle essayait de se concentrer. C'était vraiment frustrant, elle sentait qu'elle tenait quelque chose d'important, peut-être même de vital. Et puis finalement à quoi bon, hein ? Pourquoi s'évertuer à vouloir se souvenir, cette vie était finie. Terminée. Adieu les échecs répétés, adieu l'impression de faire honte à son Maître, adieu la peur de n'être finalement pas digne d'être celle qu'on lui avait affirmé qu'elle devait devenir.

Juste la paix. Le calme. Le silence. La quiétude. La paix...

La...

Darth Varadesh.

Hein ? Qui parle ? C'est qui ça "Darth Varadesh" d'abord ?

Apprentie de l’Ordre Sith.

Oh là, apprentie de quoi ? C'est quoi cette histoire ?

Tu as surmonté l’épreuve qui t’a été imposée.
Ta détermination fait honneur à ton rang, Héritière.


Quelle épreuve ? Elle ne se souvenait plus mais elle était certaine de pouvoir. Il y avait... Cette femme menaçante se tenant au-dessus d'elle puis la menaçant avec une lame qui lui entaillait la gorge. Elle était furieuse et lui hurlait dessus... Bon sang.

Tu es forte.

Alors que faisait-elle ici, dans ce purgatoire invisible et omniprésent qui l'enveloppait complètement ?

Ophillia t’attend, plus forte encore.

Ophillia... Ce nom lui disait quelque chose. A nouveau cette femme menaçante mais à présent quelque peu apaisée, qui lui demande quelque chose. Un nom. Pas le sien, celui d'une autre, un enfant à venir. Son enfant. Ce fichu mal de crâne qui lui prend de nouveau c'est désagréable !

La paix … est un mensonge ...

Oh mais attendez. Cette phrase, ce sens profond. Oh ça lui revenait maintenant. Oui oui, elle était bien cette Varadesh, cette apprentie de... La Dame Sombre ou quelque chose comme ça. Et il y avait aussi un Ordre Sith. Le leur. Et ce qu'on lui avait appris, leurs préceptes premiers. Un code, le Code Sith. Et surtout, un passage qui lui semblait plus important encore au vu de ces paroles qui lui venaient, elle en était sûre à présent, de son Maître.

Par la victoire, je brise mes chaînes.

Elle avait obtenu la victoire, elle avait triomphé de la chaîne qui l'avait entravé pendant tant de mois. Elle pouvait à présent redevenir l'apprentie et reprendre ce qu'elle n'aurait jamais dû arrêter. La voie des Sith l'appelait, lui revenaient en mémoire les paroles de Tulak Hord des mois plus tôt. "Seule une détermination sans faille envers ta poursuite de puissance". Il ne lui restait maintenant plus qu'à sortir d'ici, ce qui était bien plus facile à dire qu'à faire vu qu'elle n'avait aucune idée de comment elle y était arrivée. Pourtant, la tâche allait se révéler curieusement simple.

Le lien entre maître et apprentie aida, c'est certain. Là ou il n'y avait qu'un grand vide dans cette fraction de son esprit replié sur lui-même et à l'agonie, la puissance du Côté Obscur illumina les ténèbres, si forte qu'on aurait pu craindre que les sœurs Mirialans ne le sentent elles aussi. Heureusement, ce qui vu de l'intérieur semblait flamboyant n'était vu de dehors qu'une brève étincelle. Mais elle fut suffisante pour éveiller l'esprit torturé de la jeune fille et mené au bord du précipice.

Il y eut un nouveau râle presque inaudible puis une profonde inspiration et un grognement rauque. Ensuite, le pouls revint progressivement à la normale et les respirations de la Pantoran redevinrent régulières. Bien qu'elle était encore très faible et aurait besoin de quelques jours pour se remettre du choc et de l'opération, sa vie n'était plus en danger. Lorsque ses yeux s'ouvrirent faiblement et avec difficulté, elle vit le visage de la Dame, sévère, presque sculpté dans la pierre. Une émotion intense semblait poindre dans le fond de ses yeux mais elle n'aurait su dire si elle ne se l'était pas juste imaginé.

Que la passion Mya, il n'y a que la passion...

Puis elle se rendormit, totalement vidée par les efforts fournis. Un sommeil paisible, contre toute attente, sans rêve ni cauchemar, et rien n'aurait pu l'en tirer jusqu'à ce qu'elle se réveille naturellement, presque une demie-journée plus tard. Lorsqu'elle eut recouvré assez de forces, la désormais jeune mère s'éveilla presque à regret. La douleur était toujours présente et assez foudroyante partout dans son corps, au point qu'elle doutait de pouvoir un jour s'en remettre complètement. Mais ça n'était surement qu'une impression, ça finirait par passer.

Encore épuisée, elle tenta de se redresser sur ses coudes afin de mieux apprécier la vue sur sa chambre et ses environs. Elle était dans ce qui semblait être une infirmerie, à priori seule. Enfin pas tout à fait, elle vit à côté de son lit la petite chose qui dormait paisiblement, emmitouflée dans des couvertures. Elle se raidit, immobile, ne sachant que faire. Ça n'avait donc pas été un rêve, elle avait vraiment... C'était donc de là que venait cette douleur dans son ventre qui la faisait serrer les dents. Elle hésita, ne sachant à présent que faire.

Puis la petite Ophillia se mit à toussoter avant de gémir de sa voix terriblement enfantine. Le simple son presque imperceptible de cette voix lui arracha des larmes qu'elle n'avait même pas senties venir. Sans réfléchir, la jeune fille prit délicatement sa fille entre ses bras. Son visage n'était plus maintenant qu'un masque de larmes, de joie, de détresse, d'incompréhension et de peur. Peur de ce qu'il allait se passer à présent que, elle s'en rendait compte, le plus dur restait à faire.

Ma pauvre petite... Ce n'est que maintenant que je me rend compte de ce que je t'inflige... Pardonne-moi...

L'enfant bien sûr ne comprenait ni n'écoutait, pas plus qu'elle ne se rendait compte. L'innocence de sa progéniture contrastait de manière si violente avec le destin obscur de sa mère. Elle n'avait pas pris conscience qu'elle n'était pas seule dans l'infirmerie.
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By Ranath
#33079
    Un sourire. Depuis combien de temps Darth Ranath n’avait-elle pas décroché un sourire franc et sincère. Des lustres. Jusqu’à ce jour.

    Varadesh était tombée dans un sommeil profond après la naissance de son enfant qu'on avait lavée, emmitouflée et nourrie. Et quand on eut jugé que la mère avait été calme suffisamment longtemps, on installa sa fille à son côté. Les soeurs avaient repris leur activité, chacune de son côté. La guérisseuse était venue plusieurs fois, elle guettait la fièvre. Amyelle avait voulu que Mya vint méditer avec les autres. Mais Ranath ne bougeait pas. Elle s'était assise par terre, en face du lit et dos contre le mur. Et elle attendait.

    Une fois de plus, une soeur entra, c'était la calligraphe.

      « Je t’apporte à manger. »

    En témoignait le bol qu'elle tenait dans la main.

    Mya ne répondit pas, ne bougea pas. Amyelle s’approcha. La Sith souriait.

      « Ça ne va pas ? »

    Elle suivait le regard de son aînée. La Pantoran était réveillée et dorlotait sa fille. La soeur ouvrit de grands yeux ravis mais n'eut pas le temps de s’exclamer.

      « Comment te sens-tu ? »

    L'autre enchaîna aussitôt.

      « Tu as faim ? »

    Elle lui tendit le repas initialement destiné à Mya.

    Quelques heures passèrent encore. Il n'y avait pas grand chose à dire, sinon des platitudes. Varadesh aurait peut-être des questions. L’avenir. Qu’allaient-elles faire maintenant ?

    L’arrivée de la Grande Soeur interrompit tout échange.

      « Tu t’es reposée, Sabina ? »

    Elle lui laissa à peine le temps de répondre.

      « Que vas-tu faire de ton enfant, maintenant ? Croyez-vous, toutes les deux, être en mesure de subvenir à tous ses besoins, de la tenir hors de danger, et de garantir son équilibre ? »

    Darth Ranath se leva.
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By Darth Varadesh
#33131
Elle accepta de bon cœur le bol que lui avait ramené Amyelle. Malgré son épuisement, la jeune fille avait une faim de loup et se sentait prête à dévorer un repas pour 10 à elle seule. Bien sûr, la fatigue faisait qu'elle avait du mal à se nourrir et devait y aller lentement, une cuillerée de soupe à la fois et prendre le temps d'avaler. Elle s'était rarement sentie aussi faible et fatiguée, et il était probable qu'il lui faudrait plusieurs semaines pour se remettre complètement. La douleur avait ça de bien qu'elle lui permettait de rester consciente et de rassembler ses pensées.

Elle avait pensé qu'une fois l'accouchement terminé, ses problèmes prendraient fin et elle pourrait repartir l'air de rien avec son Maître, reprendre sa formation et accomplir sa destinée. Mais c'était oublier cette petite vie dont elle était responsable à présent. Bien sûr, elle pouvait tout à fait l'abandonner, c'était même ce qu'elle devrait faire. Tourner le dos à cette chaîne qui l'emprisonnait et l’ôter, redevenir l'apprentie libre et dévouée qu'elle avait été jusqu'à ce problème pesant. Mais les choses n'étaient pas si simples.

On lui avait appris que les émotions étaient ce qui guidaient les Sith, qu'ils s'en nourrissaient pour alimenter leur pouvoir. Ses émotions à l'attention d'Ophillia étaient complexes, de l'inquiétude, de la sollicitude, de l'amour, du ressentiment et même de la haine. Oui, elle aimait son enfant autant qu'elle la haïssait car elle personnifiait son échec monumental et sa grande honte. Dans ces conditions, comment choisir ? La question que lui posa Ranath sonna presque comme une porte de sortie pour l'empêcher de songer à tout cela.

Fatiguée. Et j'ai l'impression d'être plus faible qu'un nouveau-né.

Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte de l'ironie de son propos. Contrariée, elle grogna en marmonnant tout bas. Et saisit l'occasion de se nourrir pour reprendre des forces et ne pas avoir à affronter ce regard émeraude si perçant. Elle ne voulait pas, n'osait pas regarder son Maître, de crainte d'y lire un jugement implacable et un verdict sans concession. La confrontation viendrait bien assez tôt, inutile donc de trop s'y attarder pour le moment.

Les heures qui suivirent ne semblèrent pas plus confortables pour les 2 femmes. En guise de conversation, elles se contentaient de monosyllabes et de réponses rapides. Aucune ne semblait vouloir pousser plus loin leur dialogue comme si elles craignaient que cela ne les mène trop loin. Pour Varadesh, Ranath donnait l'impression d'être une statue qui observait et ne disait rien, examinant, jaugeant, absorbant et comprenant. Des questions, elle en avait mais elle n'en dirait mot pour le moment.

L'arrivée de la matriarche Mirialan brisa la tension qui s'était installée. Ou la mit en exergue, c'est selon le point de vue. Le Maître qui jusque-là était resté adossée au mur à observer sans rien dire se leva, visiblement alertée par la question de la Grande Sœur. La Pantoran se redressa du mieux qu'elle put dans son lit pour tenter de faire bonne mesure. La fameuse question de l'avenir.

Je ne souhaite pas la laisser derrière moi. Que cela me plaise ou non, elle est ma responsabilité maintenant. Mais je sais aussi que là ou nous irons, elle ne pourra pas venir avec nous. Mon devoir m'oblige à choisir ce qui est le mieux pour nous deux. Et ce qui est le mieux, c'est qu'elle reste en arrière, loin de moi et du voyage qui m'attend. Mais je ne l'abandonnerai pas pour autant.

Un rapide regard à Ranath, elle avait pris sa décision et espérait que son Maître approuverait.

Grande Soeur, je vous demande humblement de prendre soin de ma fille durant tout le temps ou je serai absente.
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By Ranath
#33246
    La Grande Soeur hocha la tête avec satisfaction, la bouche néanmoins toujours contrite en un rictus sévère. Il lui avait été si facile de sauver des griffes de cette mère obscure une enfant si pure. La petite Ophillia allait être, mille mercis, élevée dans la Lumière. Avec un travail approprié, la petite serait amenée à préférer Mirial à la vie de débauche de sa génitrice, elle rejoindrait le Temple, ou une tribu.

      « Les sœurs s’occuperont de ton enfant comme s'il était le leur. »

    Elles feraient tout pour préserver la pauvre petite de la corruption.

      « Prends le temps du repos, le départ ne presse pas. »

    La Grande Soeur s'intéressa ensuite au cas d’Amyelle à propos de détails insignifiants. Darth Ranath quitta la pièce sans avoir dit un mot.

    * * *


    La Sith s’arrêta un instant sur le pas de la porte. Le brouillard avait envahit la plaine, laissant présager une journée étonnement humide pour la saison. Son regard balaya les alentours à la recherche d'un point d’ancrage, mais ne trouva rien. Elle ne reviendrait pas ici. Mirial lui était désormais étrangère. La Force pourtant semblait lui indiquer le contraire. Il était un mystère encore entier, et la venue en ce temple éveillait chez la Dame Sombre le pressentiment que la résolution prendrait place ici.

    Darth Ranath s'éloigna du temple. Elle marcha en direction de la montagne, jusqu’à la lisière de la forêt de pins, là où les pierres tombales étaient plus espacées. Face à l'une d'elles, elle se figea.

    Lina Tellis.

    C'était bien là le seul attrait de Mirial.

    Perdue dans le néant. Pour toujours. Pourquoi je ne te trouve pas ? Ici, je suis aveugle et la Force est muette.

    La vision frappa avec plus de violence que d’habitude. Le trou béant dans la terre lui donna le vertige. Le squelette enfantin, dans la fosse, tenait contre son coeur le carnet relié de cuir brun. Autour de son cou, attaché par un lacet du même cuir, était accrochée une pierre d’un rouge éclatant. La Sith s’accorda ce moment de faiblesse et s'assit dans l’herbe. Machinalement, son regard glissa jusqu’à la pierre.

    Mya Tellis.

    La stupeur lui arracha un hoquet étranglé, elle porta instinctivement la main à sa gorge. Quand elle regarda à nouveau, les lettres formaient le prénom de sa soeur, et la tombe était couverte d’herbe. Ranath sentait le regard de son maître posé sur elle.

    * * *


    Le séjour avait été plus long que prévu. Les complications liées à l'état de santé de Varadesh avaient nécessité un temps de repos plus conséquent. C'était donc avec un soulagement certain que la Sith observait son apprentie, sur pieds, rassembler ses affaires avant le départ. Comme pour l'aller, le voyage prendrait toute la journée et serait effectué sur le dos de ces bestioles dociles à poils longs.

    Outre la bonne forme de la Pantoran, le départ était motivé par l’arrivée prochaine d'une tribu aux abords du temple. Ranath n’escomptait pas se confronter aux coutumes locales ni au regard accusateur des Mirialans les plus pieux.

    Tandis que les soeurs achevaient leurs adieux à Sabina, la Sith s’entretenait avec la Grande Soeur en des termes peu conviviaux.

      « … et ta suspicion est superflue.
      Le séjour de l'enfant durera bien moins longtemps que tu ne l’imagines.
      Tu lui réserves un sort bien cruel.
      Elle ne grandira pas sur Mirial. »

    Ranath se tourna vers l’apprentie. Avait-elle dit au revoir à Ophillia ?



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By Darth Varadesh
#33379
L'acceptation de la vieille femme engendra des émotions conflictuelles chez la Pantoran. Soulagée de savoir que ce fardeau lui serait enlevé en partie et pris en charge par d'autres tandis qu'elle serait libre de continuer sa formation auprès de son Maître et en même temps, contrariée de l'abandonner là. Elle n'avait aucune base tangible sur laquelle se reposer ni de preuve mais elle avait l'impression désagréable d'avoir été manipulée pour en arriver à cette conclusion. Et puis, il ne fallait pas se voiler la face, sa fille lui manquerait et elle le savait, la savoir loin d'elle serait très difficile.

Mais il en allait ainsi de la destinée qu'elle devait suivre. Pas de place pour l'attachement et l'affection, ces sentiments étaient dangereux, l'enchaînaient à d'autres et créant des failles et faiblesses qu'on pouvait exploiter contre elle. C'était un risque qu'elle ne pouvait pas courir, elle ne voulait pas se retrouver dans une situation ou elle devrait choisir entre la vie de son enfant ou autre chose. Car alors, elle n'était pas sûre du choix qu'elle ferait. Mieux valait taire ses hésitations à Ranath, qui aurait toutes les chances de lui reprocher sa faiblesse.

Elle s'inclina respectueusement devant la vieille Mirialan avant de se préoccuper de la petite Ophillia, oubliant les autres présentes. Ranath s'éclipsa bien vite tandis qu'Amyelle discutait avec sa supérieure. Quelques minutes plus tard, elle fut seule dans la pièce. Elle passa de nombreuses heures, silencieuse, observant le bébé qui dormait paisiblement. Il était étrange de constater combien on était insouciant de tout dans ses premières années, ignorant tout de la vie et de sa dureté.




Le lendemain, Amyelle lui tint compagnie, souriante et joyeuse, tentant de la mettre à l'aise et la faire sourire elle aussi. Elle y parvint en partie seulement, racontant quelques plaisanteries d'un goût douteux que l'apprentie ne se serait jamais attendue à entendre dans un lieu saint comme celui-ci. Les apparences pouvaient être trompeuses. En parlant de ça...

Amyelle, connais-tu un peu Mya ? Je sais qu'elle a vécu un temps ici ou y a passé du temps, je me demandais si tu savais quelques anecdotes croustillantes... J'en sais si peu sur elle alors que je passe ma vie à ses côtés...

La jeune calligraphe, occupée jusque-là à contempler la petite fille à la peau bleutée, tourna ses yeux brillants sur la jeune mère, lesquels brillèrent de curiosité et de perplexité.

Vraiment ? Tu ne trouves pas que c'est étrange de fréquenter quelqu'un dont on ne sait rien ?
Si, un peu. Mais bon, c'est ainsi. Allez, ne me fait pas attendre comme ça, je suis sûre que tu sais quelques petites choses !
Désolée, je ne peux rien te dire, c'est un secret.
Oh ! C'est vrai ?
Non.

Varadesh lui jeta un regard faussement furieux puis un de ses oreillers à la tête. La Mirialan l'évita aisément tout en riant doucement. Elles parlaient à voix mesurée, ne voulant pas risquer de réveiller le bébé qui dormait à côté du lit. Pour faire bonne mesure, la Pantoran lui adressa un geste grossier qu'elle n'avait certainement pas appris auprès de son Maître...

Je plaisante. Pour tout te dire, je n'en sais pas autant que tu pourrais le croire sur elle. Comme tu peux le constater, nous avons presque le même âge toi et moi, je suis arrivée ici j'étais encore une gamine. J'ai croisé Mya à de nombreuses reprises mais je ne lui ai jamais beaucoup parlé.
Pourquoi ?
Elle n'était pas très bavarde, plutôt le genre renfermée et silencieuse. Et puis... Elle me faisait un peu peur. Certaines sœurs racontaient des histoires sur elle parfois et j'étais une gamine très impressionnable, j'imagine que ça a joué.
Je vois ce que tu veux dire, elle est un peu "dure" je dirais, elle ne sourit franchement pas beaucoup...
Puisse la Force nous garder que tu finisses comme elle alors !

Varadesh rit tout bas malgré elle. Il y avait peu de chances qu'elle finisse par ressembler à Ranath. Elle avait beau être une Sith, elle n'était pas pour autant l'austère tyran froide et distante qu'était son maître. Elle n'avait pas l'intention de finir comme elle de toute façon.

Mais du coup, que sais-tu sur elle ?
Elle passait souvent au sanctuaire il y a des années, pour s'entretenir avec la Grande Sœur et pour se promener seule dans les environs.
Et tu ne saurais pas par le plus grand des hasards de quoi elles discutaient ?
Non, elles ont toujours tenu à garder ça entre elles. Mais je sais une chose, à de nombreuses reprises j'ai entendu notre maîtresse discuter avec d'autres sœurs. Et à chaque fois, elle semblait un peu plus inquiète et en colère après Mya.

Ce fut au tour de l'apprentie de rester silencieuse, songeant à tout cela. C'était peu, mais c'était mieux que rien. Cela lui apprenait au moins une chose, que Ranath ne pouvait s'empêcher de revenir ici quand bien même il semblait qu'elle n'aimait pas cet endroit ni sa dirigeante. Pour un peu, cela aurait presque ressemblé à de l'attachement pour ce lieu perdu aux fins fonds de Mirial. Une information intéressante, quoiqu'elle doutât que cela puisse lui servir pour le moment.

Je te remercie Amyelle. Dis-moi, tu pourrais me rendre un petit service ?
Dis-moi ?
Je n'ai pas de quoi prendre une photo d'Ophillia et j'aimerais garder une trace d'elle sur moi partout ou j'irai. Tu crois que tu pourrais la dessiner sur un de tes papiers et me le donner s'il te plait ?

La jeune Mirialan la dévisagea sans mot dire pendant quelques instants puis son visage s'illumina, sous la surprise mêlée à de la joie et de la malice. Elle lui offrit un sourire radieux avant de se lever d'un bond.

Bien sûr ! Laisse-moi quelques minutes, je vais chercher de quoi dessiner et je reviens !




Il avait fallu presque 2 semaines de repos à la jeune mère pour qu'elle se sente bien mieux. Il y avait encore quelques traces de fatigue visibles sur son visage mais elle était suffisamment remise pour qu'elles puissent partir. Durant cette période, l'apprentie avait passé son temps à veiller sa fille et discuter et plaisanter avec Amyelle. Les 2 jeunes filles semblaient avoir sympathisé et être devenues complices, veillant souvent tard la nuit et s'échangeant diverses histoires, tantôt farfelues, tantôt drôles, tantôt salaces, tantôt effrayantes. Tout laissait penser qu'elles n'étaient plus que 2 jeunes filles à peine adultes et profitant de la vie.

Mais le temps, comme toujours, était immuable et implacable et la réalité les rattrapa, leur rappelant à chacune leurs responsabilités. Ce fut avec un peu de tristesse qu'elles durent se dire au revoir, mais cela avait eu un effet productif : Varadesh put obtenir d'Amyelle la promesse qu'elle s'occuperait bien de l'enfant en son absence. Pour être honnête, elle n'avait pas trop confiance en la Grande Sœur, ne pouvant se défaire de la sensation qu'elle cachait quelque chose. Des yeux et des oreilles au sein du sanctuaire ne pourraient pas faire de mal après tout.

Alors qu'elle disait au revoir aux nombreuses sœurs, à l'entrée du sanctuaire, elle entendit les derniers mots de l'échange entre Ranath et la vieille femme. Visiblement, elles allaient se quitter en mauvais termes. Encore. La Dame Noire ne s'embêtait même pas à cacher le mépris qu'elle avait pour sa compatriote, comme si elle se souciait peu de ses paroles et sa personne. Puis elle s'en détourna pour jeter un regard perçant à son apprentie, laquelle se retint de frissonner. Ça, c'était le signal pour dire "on se barre illico avant que j'éventre cette vieille peau", compris chef, pas taper, t'énerves pas.

Elle était sortie vêtue de vêtements propres et portant sa fille dans ses bras. Le moment était finalement venu de la laisser là tandis qu'elle continuerait son chemin. Amyelle prit le bébé qui commençait à pleurer, comme si de ses 2 semaines d'âge, elle savait déjà sentir que sa mère l'abandonnait. Ce fut assurément un pénible moment pour Varadesh qui, malgré tout ses efforts, ne parvint pas à cacher la détresse qu'elle ressentait d'agir ainsi. Mais il le fallait. Elle adressa un remerciement muet à la Mirialan puis suivit son Maître qui déjà l'attendait près de leurs montures.

Sans un mot, l'apprentie partit, elle se retourna une seule fois avant de monter sur le destrier. Elle maîtrisait difficilement les larmes qu'elle sentait poindre. Puis elles partirent, direction le spatioport à une journée de là. Durant tout le trajet, la Pantoran ne dit pas un mot et n'offrit aucune conversation à son Maître. Il lui fallait du temps pour encaisser et passer à autre chose. Temps qu'elle n'avait que très peu, raison pour laquelle elle ne disait rien. Sitôt qu'elles furent installées à l'intérieur du Poing de l'Ombre, elle jeta un regard bouillonnant à Ranath.

Je n'ai pas confiance en cette vieille bique. Si elle tente quelque chose, je la tuerai. Et si je n'ai pas d'autre choix, je ferai ce qui devra être fait pour... Ophillia.

L'aura de l'apprentie, profondément obscure, se déchaînait autour d'elle. Le Côté Obscur serait toujours son guide et son but. En cela, son Maître n'avait pas raté son éducation et pouvait être fière, à défaut de l'être sur d'autres sujets.

Je suis prête pour la suite. Apprends-moi tout. Tout ce qu'il me faut savoir pour devenir la Dame Sombre après toi.

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