L'Armée des Ombres

Saison XI Cliquez ici pour voir l'intro...

Du haut d'une flèche d'acier sombre de cent mètres de haut à la pointe de transparacier, le bureau de l'Empereur se veut un édifice discret et surtout secret, en ce que personne n'en connait son locataire. Le logement spartiate offre une tour ouverte à 360 degrés sur Bastion City, servant de bureau de travail et de salon de réception. Un étage plus bas se trouve une salle de conférence et d'holocommunications privées, au-dessus d'un étage entièrement dédié au repos de l'Empereur, et de fait entièrement couvert de bibliothèques portées jusqu'au haut plafond derrière une chambre typique et sans fioriture.

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By Harlon Astellan
#30104
Acté. Plan figé, ordres donnés, direction assistée. Le directeur des Renseignements avait été prévenu de l'opération à venir. Les cellules sur place avaient pour mission d'abreuver tous les dissidents locaux après les avoir dénichés. Pour la mission parallèle, il fallait un agent qui serve de liaison directe avec l'Empereur, qui représente ses intérêts, qui aille donner la réplique à Calipsa et Tapani, qui se mêle au Service Diplomatique, et qui gère les agents chargés d'éventer la dissidence. Petit brasier pouvant vite devenir incontrôlable. Pour porter ce mouvement, un agent. Il fallait une liste des agents aptes à mener ces opérations.

Le directeur l'avait déjà prête. L'hologramme du directeur du Bureau des Opérations, homme trappu dans les yeux duquel brillait un éclat mêlant intellect fin et cruauté tout aussi fine ne se lassait pas de lister les candidats potentiels. Pour finalement retenir une simple injonction.

        « Qu'en est-il de l'agente que vous affectâtes à la mission d'espionner qui est maintenant titulaire du poste de Grand Vizir ? »

Taillé au couteau, le sourire affiché aurait eu de quoi glacer les sangs de plusieurs gens de la connaissance d'Harlon. Il lui fallut se souvenir de ce qu'il possédait en terme de services personnels pour maîtriser un frisson glacé.

        « Agente... tu-tu-tu... Ariès, cela même. Une Chiss, affectée à quelques missions. Un tableau un peu noirci si vous voulez mon avis. »

Harlon balaya l'air de sa main.

        « Elle a compilé un excellent rapport sur la mission que j'avais appointée. De plus, peut-être se découvrira-t-elle une passion pour les missions à nature diplomatique.

        Supprimez-lui ses accès aux branches actuelles. Donnez-lui un statut hybride Diplomatique, Déstabilisation et Infiltration. Je la brieferai dans 10 minutes.
        »
        « Vous la... Mais, Empereur... »
        « Oui ? »
        « Je... c'est... bien, Empereur Astellan... »
        « Et bien c'est parfait. Au revoir, Directeur. »

Harlon décrocha en premier. Celui qui maîtrisait la fin de la communication avait toujours le dernier mot. Et Harlon avait un appareillage qui lui donnait l'avantage de quelques nanosecondes. Sans compter que personne n'aurait osé lui raccrocher au nez.



Yaga Minor,
Ubiqtorate, 10 minutes plus tard


        « Ariès ! »

Le mess accueillait toute une tripotée d'agents de retour de mission ou en voie de partir vers une nouvelle destination, après les traditionnels débriefings. Ariès, convoquée pour la mission sur Irith, accompagnée de Pélerin qui déjeûnait également dans le mess.

        « p#&!n, agent Ariès, on se bouge un peu là, allez ! »

Un sergent un peu contris l'accueillit, bras croisés, dans l'encadrement de l'entrée du mess.

        « Ca y est ? Tu t'es mise à sucer pour progresser ? Casses-toi en salle de com', ça veut y causer. »

Ariès partie, un des agents pensa à demander de quoi il en retournait. Le sergent haussa les épaules et jura à l'encontre de la Chiss.

        « L'Empereur veut lui parler. »




Il fallut attendre un petit moment pour que la Chiss apparaisse.

        « Agente Ariès. C'est un plaisir. »

Pour les yeux surtout. La Chiss était une très belle femme. Autrement dit, voir un agent parmi tant d'autres n'avait rien d'un plaisir. C'était juste une phase du travail. Contacter les agents en personne avait le bon côté de véhiculer l'image de quelqu'un de proche du petit personnel.

        « L'Empire requiert vos compétences. Vous vous êtes vu assigner de nouvelles fonctions auprès des Renseignements en vue d'une affectation particulière. »

Lui laisser le temps de digérer la nouvelle. Crise passée ? Parfait.

        « Au Sud, dans la province de Tapani, se trame un sombre complot dont sont victimes nos alliés de longue date, en l'occurence les maisons Calipsa, Mecetti et Melantha. Rhonan Calipsa nous a adressé un appel à l'aide clair que nous allons traiter avec sérieux.

        Votre rôle sera de service de conseiller impérial, incognito, auprès de ces trois maisons en la personne de leurs chefs de maison. Pour cette occasion, vous représenterez mes intérêts et parlerez en mon nom.
        »

Autre pause.

        « Durant cette période, vous serez également mise en contact avec des agents disséminés dans la région qui auront pour tâche d'alimenter des mouvances populaires capables de mener des actions armées coup de poing sur les positions gouvernementales. Cette information doit rester inconnue des maisons de Tapani jusqu'au bout.

        Votre rôle sera donc de servir de conseillère impérial officieuse, garante de ma voix et de ma foi, en plus de servir d'intermédiaire directe entre moi et les agents sur place dont la tâche est déjà assignée.

        Vous devez partir le plus tôt possible, le temps presse pour cette affaire.

        Acceptez-vous la mission ?
        »
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By Ariès
#30153
En approche de Yaga Minor. Ralentissement des moteurs, vitesse de croisière enclenché.


Une seconde plus tard, Ariès ressentit la décélération qui accompagnait le ralentissement des moteurs, et la navette entama sa longue descente. La lueur de la planète perça le minuscule hublot de la cabine, la Chiss adorait contempler le vide de l’espace constellé par les astres lumineux depuis la vitre sphérique, ils paraissaient si proche mais ils étaient pourtant si loin. Les vaisseaux qu’ils soient de l’Empire comme de la République ou encore d’une quelconque Nation étaient automatisés du sol au plafond et n’avaient guère besoin de repère visuels. Malgré cela, la plupart étaient dotés de plusieurs petits hublots et d’au moins une fenêtre principale souvent au niveau du pont. Surement une tradition humaine s’apparentant à leurs idéaux de conquête, d’exploration et de voyages dans l’espace. Le trajet jusqu’à Yaga Minor avait été long et elle avait passé la majeure partie du trajet les yeux rivés sur le hublot.

Depuis la cabine l’Agente s’étira afin de dénouer ses muscles endoloris par la position statique qu’elle avait prise depuis qu’elle était partie d’Irith. Elle bougea de droite à gauche de haut en bas jusqu’à être récompensé par un craquement de vertèbre, elle vérifia rapidement l’état de son uniforme qui était jusque-là irréprochable. La descente allait prendre plusieurs minutes et la jeune femme allait enfin avoir droit à son jour de repos bien mérité après un débriefing de fin de mission, rien de très inhabituel en soit. L’intercom du vaisseau sortie la Chiss de ses pensées arrêtant de fixer le hublot et reportant son attention sur les dires du pilote.

Amarrage au Mess autorisé. Nous arriverons dans 3 minutes.


Arrivé au Mess, elle se dirigea, elle et son partenaire Pèlerin dans la salle de réunion qui leur avait été attribué. Il ne fallut pas plus d’une vingtaine de minute pour que le rendez-vous s’achève et d’une bonne manière. Attendant dans la salle de repos ou tous les agents en Stand-by attendaient soit l’attribution d’une nouvelle mission ou d’un débriefing soit ils prenaient une pose avant de rentrer chez eux dans leur domicile respectif. La deuxième possibilité fut celle de la jeune femme qui attendait dans la pièce, l’esprit visiblement ailleurs repensant à sa dernière mission, à ce qu’elle avait vécu là-bas.

Ariès !


Ce court moment de plénitude fut interrompu par un bruit venant de l’extérieur de la pièce, un individu criait un nom avec force et cela de manière répétitive. Son pas se voulait pressé et il se dirigeait en direction de la pièce où se trouvait Ariès. Adossé à sa chaise l’Alien se retourna en direction de la source de bruit qui avait attiré son attention, un homme de grande taille, l’uniforme ressemblant à celui d’un sergent déboula dans la salle. L’individu croisait les bras tout en écrasant son flanc droit dans l’embrasure de la porte, fixant l’Agente d’un regard emplit de fureur.

p#&!n, agent Ariès, on se bouge un peu là, allez !


Le Sergent venait d’ébranler le calme de la pièce, étant la cible des hurlements de son supérieur la Chiss se leva de la chaise faisant un salut militaire sommaire comme tout bon soldat qui se respecte. L’homme regardait la jeune femme de tout son haut, parlant d’une voix narcissique, les yeux pétillants de jalousie.

Ça y est ? Tu t’es mise à sucer pour progresser ?


Je vous demande p... ?


Casses-toi en salle de com’, ça veut y causer.


La situation était incompréhensible pour l’Agente, d’où venait ce soudain excès de colère ? Pourquoi était-il aussi crue ? Le ton des discutions entre les agents et leurs supérieurs se voulait d’habitude cordiale voir neutre. L’humain n’avait laissé aucune chance à Ariès de répliquer, crachant son venin sans discontinuer, ce qui choqua le plus la femme fut la réflexion clichée et très dégradante pour l’image de la femme. « Tu t’es mise à sucer pour progresser », Ariès avait pris pleinement conscience de son potentiel d’attraction envers la gente masculine mais jamais elle n’avait fait usage de cette arme pour obtenir les faveurs de qui que ce soit.

Le pragmatisme de la jeune femme lui dicta de ne pas se soucier aux dires blessant de son supérieur, une foule de regard était braquée sur la Chiss. L’agitation mené par le Sergent s’était faite rapidement remarqué, de nombreux agents observèrent la scène, plaçant leurs commentaires discrètement derrière l’oreille d’un de leurs camarades de tables. Détournant le regard et dévisageant son supérieur, l’Agente sortit de la pièce au pas de course préférant se concentrer sur son nouvel objectif. A peine était-elle sortie de la salle que le Sergent se mit à discuter avec un agent, elle aurait aimé en savoir un peu plus mais la distance s’agrandissait et elle ne put entendre les mots sortir de la bouche de son supérieur. Sa vitesse de course s’intensifiait, chaque seconde était précieuse, tournant dans le couloir de droite plus dans celui de gauche, prenant l’escalier adjacent au couloir précédemment emprunté, elle finit par atterrir dans le couloir dédié aux communications. Freinant de manière assez brutale, la Chiss était posté devant la salle attribuée ; ajustant son uniforme et remettant une mèche derrière l’oreille elle patienta quelques secondes avant de recevoir la personne qui souhaitait la contacter. Elle était d’une humeur mauvaise, s’étant faite interpelé une première fois par le Sergent puis par un autre Agent qui avait failli la bousculer et qui avait eu la finesse de lâcher un juron sans le moindre remord.

p#&!n ! Fait gaffe ! Regarde ou tu vas l’Alien !


Si elle en avait eu le droit et la possibilité, elle aurait infligé une correction appropriée à l’agent en question pour l’outrage et les propos plus que limites qu’il avait débitées. Mais revenons au plus important l’hologramme ! L’image holographique crépita pendant un bref délai, le léger parasitage habituel, le temps que la connexion se stabilise ; celle-ci apparut avec une netteté peu commune. L'individu était âgé d’une quarantaine de printemps, de grande taille, sa carrure était tout à fait normale pour un humain de sa corpulence. Son visage était fin, ses yeux verts se voulaient perçant et transperçait votre être de part en part semblant vous sonder au plus profond de vous. Une barbe impeccablement taillée et ses cheveux brun tirés en arrière mettaient en valeur son visage. Quoi qu'un peu grave, le visage terne aucun sourire, une expression de pure neutralité avec une touche de froideur.

Il fallut une fraction de seconde à la Chiss pour reconnaitre son mystérieux interlocuteur qui n’était autre que la personne la plus haut placé et influente de l’Empire, l’Empereur lui-même en chair et en os. Il fallut encore moins de temps à l’Agente pour que son cerveau soit submergé de question, pourquoi la personne la plus haut placé de l’Empire voulait-elle parler à un simple Agent des Services Secret ? Pourquoi ne pas utiliser un autre individu pour transmettre les ordres à sa place ?

Ariès était dans une confusion certaine, l'Empereur en imposait par sa stature et sa présence, il avait quelque chose en plus que les autres n'avaient pas. Une sorte d'aura, une force invisible qui ne pouvez que vous faire plier le genou. Pourtant la Chiss était toujours debout, elle refusa pendant de longues secondes de s'incliner genou à terre, elle ne cherchait pas à se montrer irrespectueuse envers son supérieur. Mais par sa faute même indirectement, il venait de lui causer une broutille avec le Sergent, une broutille certes mais qui risquait de s’ébruiter dans les quatre coins du Mess ; bientôt tous les agents de son rang ne parleraient plus que de la Chiss qui a vendu son corps pour avoir les faveurs d’un quelconque supérieur. Poussé par un élan d'audace et de fierté qui la fit tenir elle resta imperturbable, toujours debout sans bouger du moindre centimètre. Hélas elle finit par poser le genou au sol, inclinant la tête vers le sol, quel que soit la ténacité qu'elle avait pu montrer, un poids imperceptible la fit plier le genou à croire qu’il était impossible de tenir face à cet homme. Ayant respecté le protocole Impérial, la jeune femme se releva reprenant sa précédente position, mains derrière le dos et jambes écartés.

Comme à l’accoutumé l'Empereur commença en premier et ce constat serait surement le même pour la fin de la conversation

Agente Ariès. C'est un plaisir


Tout le plaisir est pour moi, vous rencontrer en personne est un honneur pour moi Votre Majesté Impériale


De toute évidence, il n’y avait dans la déclaration de la Chiss ni flagornerie, ni obséquiosité, elle ne faisait qu’exprimer son ressenti. Tout en refaisant une légère révérence en signe de respect, la jeune femme venait pour la première fois de sa vie, parler à la personne la plus importante de sa Hiérarchie. Il était assez difficile de soutenir le regard de l’Empereur qui était percutant et difficile à cerner. La mine neutre la Chiss fit place à un sourire de joie, rencontrer une personne de sa trempe était impensable pour elle et le fait de le rencontrer lui procurait un certain plaisir, une certaine satisfaction.

L'Empire requiert vos compétences. Vous vous êtes vu assigner de nouvelles fonctions auprès des Renseignements en vue d'une affectation particulière.


Ariès déglutit, un frisson lui parcouru l’échine, le voile venait d’être levé pourtant elle n’était pas au bout de ses surprises. Faisant un léger pincement de lèvre, elle écouta avec assiduité et discernement les dires de Sa Majesté Impérial.

Au Sud, dans la province de Tapani, se trame un sombre complot dont sont victimes nos alliés de longue date, en l'occurrence les maisons Calipsa, Mecetti et Melantha. Rhonan Calipsa nous a adressé un appel à l'aide clair que nous allons traiter avec sérieux.
Votre rôle sera de service de conseiller impérial, incognito, auprès de ces trois maisons en la personne de leurs chefs de maison. Pour cette occasion, vous représenterez mes intérêts et parlerez en mon nom.


Mots par mots les dessins de l’Empereur prit une forme dans la tête de l’Agente.

Durant cette période, vous serez également mise en contact avec des agents disséminés dans la région qui auront pour tâche d'alimenter des mouvances populaires capables de mener des actions armées coup de poing sur les positions gouvernementales. Cette information doit rester inconnue des maisons de Tapani jusqu'au bout.

Votre rôle sera donc de servir de conseillère impériale officieuse, garante de ma voix et de ma foi, en plus de servir d'intermédiaire directe entre moi et les agents sur place dont la tâche est déjà assignée.

Vous devez partir le plus tôt possible, le temps presse pour cette affaire.

Acceptez-vous la mission ?


La Chiss soupira le plus discrètement possible, il lui fallut quelque seconde pour tout encaisser. Brisant le Silence, elle fit son choix avec détermination, les yeux brûlant de détermination.

J’accepte cette mission Empereur Astellan, je ferais tout mon possible pour faire en sorte que vos dessins et ceux de l’Empire se réalises.



Ariès répondit avec aplomb prenant conscience des responsabilités qui lui étaient imposés, la mission serait loin d’être facile et un énorme poids, une énorme responsabilité venait de s’écraser sur les épaules de la Chiss. Cette mission serait clairement quitte ou double, la fin de cette histoire qui ne faisait que commencer pouvait très bien signer le début d’une carrière brillante ou une fin prématuré et tragique. L’Agente était une femme d‘esprit, il est vrai que quelque fois elle avait fait l’erreur de parler trop rapidement comme au Palais sur Têta mais à ce moment-là chacun des mots qui étaient sortis de sa bouche avaient été pesé.

Je ne souhaite pas abuser du temps qui doit vous être si précieux. Avez-vous une dernière chose à me dire Votre Majesté Impérial ?


L’Agente était prête à sortir de la salle dès que l’Empereur aurait raccroché le premier, elle savait précisément quoi faire et quoi prendre. Ce ne serait plus qu’une course contre la monte pour s’équiper, se préparer et s’habiller. La suite des opérations se dessinait petit à petit dans la tête de la jeune femme bleu.
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By Harlon Astellan
#30160
Juste, le Mess n'est pas un lieu de débriefing, mais une cantine pour officiers.

L'hésitation de l'agente... ne plût pas vraiment à Harlon. Être oublieux du protocole n'était pas une excuse.

        « Y a-t-il un soucis Agent Ariès ? »

L'invective se voulait neutre de formulation, mais la faux glacée qui coupait les syllabes ne trompait guère sur l'interprétation à s'en faire. Comme comprenant enfin la situation, l'Agente s'inclina enfin et posa le genou à terre. Le procotole. Une connerie née pour que chacun se souvienne d'où était sa place. S'il n'y avait pas eu d'intérêt sociologique derrière cette organisation établie par des milliers d'années d'échanges diplomatiques, Harlon se contenterait de le supprimer et de supporter une brève accolade.

Mais, hélas pour Ariès, il y avait une étiquette à respecter.

La flatterie évidente qui suivit tira une absence d'expression d'Harlon. Cela sonnait comme un petit discours répété à l'avance. Le style de l'Agente ne plaisait pas franchement à l'Empereur.

        « Hmm hmm. Et bien j'en suis ravi... maintenant si vous voulez bien... »

Pas de longue phrase, jeune fille. L'Empereur n'aime pas perdre de temps. Au moins acceptait-elle la mission. Le contraire eut été étonnant... et aurait signé la fin d'une carrière qui avait commencé sur des chapeaux de roue. Refuser une mission de l'Empereur, c'était comme se refuser une prolongation de l'espérance de vie.

        « Bien, Agente. Je n'en attendais pas moins de vous. Vous n'avez pas été conseillée pour cette tâche. Vous ne devez votre position présente qu'au brio de votre mission auprès du Grand Vizir Fanrel.

        Faites attention agente. Je ne crois pas aux troisièmes chances.
        »

La dernière phrase fut de trop. Harlon offrit un regard sincèrement mauvais à l'agente.

        « Oh, mais je vous remercie de votre mansuétude... Et merci de me proposer de rajouter quelque chose. Qui suis-je après tout, n'est-ce pas ? Profitez bien de cette mission, agente. Il se peut que ça soit la dernière. »

Harlon coupa brutalement la communication et rédigea un pamphlet contre Ariès.

Agente irrévérencieuse, oublieuse du protocole et qui semble être en position de donner les ordres et de congédier les supérieurs.

L'Agente aurait du le savoir avec Pélerin. Dire "Je ne souhaite pas abuser de votre temps" ou "Voulez-vous rajouter quelque chose ?" était un signe subliminal de domination. Raison pour laquelle c'était le dominant qui demandait d'ordinaire si un rajout devait se faire, et certainement pas l'inverse. L'Agente Ariès se rendit "coupable" d'usurpation d'importance. Devant un sergent ce n'était pas grave. Devant un Empereur c'était plus embêtant.

Ariès venait de signer son arrêt de mort. Harlon s'apprêtait à envoyer le rapport. Quelque chose l'en empêcha toutefois. Etait-elle hautaine ou juste stupide et naïve ? On n'en parlait guère en bien, mais pas en mal spécialement. Il convenait parfois de remettre les gens dans le droit chemin. Peut-être que l'Agente Ariès avait la naïveté nécessaire pour travailler avec Harlon.

Harlon effaça le rapport complètement et envoya un tout autre message au directeur.

Après la mission, quel que soit le résultat, il convient de classer le dossier de l'agente Ariès et de la renvoyer des Renseignements Impériaux. Son dossier sera classé confidentiel et transféré à mon bureau personnel. Des accréditations spéciales seront alors éditées.

A son retour de mission, menez-la vers Bastion. Yaga Minor ne sera plus pour elle.


Harlon aimait à jouer les mentors.
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By Ariès
#30172
Les Dires de L'Empereur étaient sans équivoques, c'était terrifiant et il s'était permis de rajouter une touche d'ironie dans sa dernière phrase.

Je .... je .... Votre Maj...


Ariès n'eut pas le temps de s'expliquer, de se justifier, rien. L'Empereur avait fermé le canal de discussion de manière assez brutale. Un lourd silence prit place . La Chiss ne bougeait pas, immobile dans la position qu'elle avait adopté depuis le début de l'entrevue. Interdite, elle n'osait pas bouger, tout lui paraissait trop irréaliste. Que venait-il de se passer?

Revenant à elle-même, l'agente ressentit une vive douleur à la poitrine et sentit ses jambes tressaillir, elles qui pourtant étaient bien callées sur leurs appuis. Sentant la faiblesse arriver, elle tenta de s'agripper au premier meuble venu qui hélas était trop loin. N'ayant rien pour empêcher la chute inévitable, elle se laissa tomber sur le sol. Qu'avait-elle fait ? Pour avait-elle prit du temps pour faire le protocole? Pourquoi avait-elle parlait sur ce ton ? Pourquoi n'était-elle pas restait à sa place?
Elle avait pourtant un scénario bien en tête au moment ou elle allait parler à l'Empereur, par qu'elle malchance avait-elle dévié de sa route ? Pourquoi avait-elle voulu se montrer différente des autres Agents ?

La chose était dure à encaisser, tout ses rêves d'ascensions, toutes ses ambitions futures venaient de se briser en éclat. Son futur au sein du RI était plus qu'hasardeux. La dernière phrase de l'Empereur la fit appréhender la mission avec une peur plus grande encore, "Profitez bien de cette mission, agente. Il se peut que ça soit la dernière". Serait-ce sa dernière mission ? En n'en savait trop rien tout se chamboulait dans sa tête, allait-elle se faire arrêter, exécuter ou une nouvelle fois banni mais cette-fois-ci de l'Empire après la fin de sa mission ?

Ariès murmura quelque, chose d'inaudible.

Mon... mon heure est-elle venue ?



L'ange de la mort est-il tout prêt ? Me tourne t'il autour ?
Après un effort dantesque, elle réussit à se remettre debout. Marchant d'un pas hésitant vers les vestiaires. Marchant comme une âme en peine, la jeune femme était perdu dans ses pensées, les yeux dans le vide, le pas lourd. Hélas pour elle, la Chiss du passait à proximité de la cantine pour officiers. L'agente n'était pas aux bouts de ses peines, les regards se faisaient plus insistant, le Sergent était toujours là et les murmures se firent plus présent quand ils virent la jeune Alien. De nombreuses personnes tentèrent d'aborder la Chiss mais les paroles des individus ne parvenaient pas à ses oreilles, elle était trop ailleurs pour y prêter une quelconque attention.

Malgré cela, elle se retenue de pleurer ou d'exprimer un quelconque désarroi, n'affichant qu'un visage neutre, perdue. Ce retenir, ce retenir à tout prix, ne jamais perdre le contrôle même pendant une seconde, ne jamais laisser surgir les émotions. Souviens toi de ce moment, souviens toi de ce que tu as fais, tire en des leçons puis efface ce mauvais moment de ta mémoire. Il faut oublier, oublier pour mieux le supporter.

Allant dans les vestiaires, la jeune femme, soupira retenant les émotions qui menaçaient de sortir, ses yeux étaient embués de larmes. Tenir, tenir, tenir. Prenant une grande inspiration, faisant par la même occasion le vide en elle, Ariès fit ce qu'elle faisait depuis longtemps. Encaisser. Après s'être changée, la jeune femme sortie en direction du hangar ou une navette devait surement l'attendre. Pleine d'appréhension, la réussite de la mission sur Tapani était aussi incertaine que son futur au sein de la RI.
Ecrasant son dos contre le dossier de siège du vaisseau, la jeune femme reprit la contemplation habituel, s'échappant de sa situation en observant les corps célestes.

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