L'Astre Tyran

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Aussi loin que remonte l'histoire du voyage interstellaire, Coruscant demeure la planète-capitale, le centre politique de la Galaxie. Entièrement recouverte d'une vaste mégalopole, elle ne produit aucune denrée, et le trafic aérien dédié à la nourriture remplit à lui tout seul le ciel de la planète.
Gouvernement : Nouvelle République
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By Ménoï Vashins
#40014
Au son de la voix de Jessa, plus calme, plus « normal », plus comme Ménoï l’avait entendu jusque-là, la jeune zeltronne poussa un soupir soulagé mais fatigué.

Elle avait mal au crâne, ses cheveux lui tirant le cuir chevelu et le sang battant lourdement à ses tempes.
La jeune femme mit un moment à se décoller de l’autre zeltronne, le mélange de la sueur et des larmes collant sa joue à la peau chaude de la guerrière.

Il fallait retrouver son équilibre seule dans le noir, seule mais entourée d’autres corps, plus ou moins brisés, plus ou moins amochés.

La douleur n’était pas une émotion en soit, mais comment ne pas savoir reconnaître la douleur ou la blessure lorsqu’on connaît aussi bien qu’elle le cocktail empoisonné qui le composait ?

Elle n’était pas en état de prendre en charge les événements, mais en ce rendant compte qu’il manquait en fait les soldats de la NR auxquels Ménoï appartenait, la zeltronne se força à endosser le rôle.

Epuisée, elle s’accroupi pour rechercher en tâtonnant au sol le casque de Jessa qu’elle avait laisser échapper de ses mains pour la serrer dans ses bras, lui tendant maladroitement son équipement.

-« Tiens, ton casque…
marmonna-t-elle d’une voix pâteuse. Nous ne pouvons pas laisser de traces… Je crois que tu as laissé le reste de tes affaires dans l’autres salle… Ton blaster, tes armes… »

Un goût aigre s’empara de son estomac aux derniers mots, son esprit ne pouvant s’empêcher de penser que Jessa n’avait pas besoin de tout son attirail de chasseuse de prime pour être dangereuse.

Doucement, sa main glissa du casque et des mains de la chasseuse de prime au rebord d’une table renversée, et petits pas après petits pas, Ménoï s’écarta de la grande femme pour se retrouver au milieu de la pièce, un peu plus dégagé.
On ne voyait toujours rien, perdu dans l’ombre laisser par le court-circuit qu’elle avait provoqué, et seuls les phares des rares speeders à l’extérieur donnait par à coup un pinceau de lumière sur le silence pesant du bar.

Essayant de ne marcher sur personne, Ménoï se dirigea jusqu’au comptoir pour s’accrocher à quelque chose de solide, et sorti de sa poche son holocom toujours éteint.
Elle l’essuya un peu car il était toujours humide, puis alluma le petit appareil, provoquant une nouvelle lueur bleu pâle dans la pièce.
Elle avait besoin de voir pour se rendre compte des dégâts réels, et donc savoir comment réagir en premier lieu.
Une bonne dizaine de messages vocaux et plusieurs autres en aurebesh se jetèrent sur elle à l’ouverture de l’holocom, la harassant du nombre de choses qu’elle avait omises, manquées ou simplement oubliées !
Notamment le nombre important d’appel en provenance de son sergent-chef, datant d’un peu avant que leur petit groupe de recrue parte à sa propre recherche !

Secouant sa tête déjà lourde, la zeltronne ignora le harcèlement de messages pour simplement allumer la lampe torche de son appareil, redirigeant le flux lumineux vers le sol.
Alcool et sang, verre cassé et pilé, une dent là, des bouts de vêtement arrachés ici…

Et puis plusieurs Duros avachis et mal-en-point allant de la simple perte de conscience au très probable traumatisme crânien.

Ménoï en blêmit, mais ne dit rien, ne laissant rien paraître, et compta les corps, analysant rapidement les blessés et les blessures, avec la faible lueur des néons et de sa lampe torche.

On pleurerait plus tard, on aurait peur plus tard, on dormirait plus tard.

Pour le moment, il fallait cacher et prévenir.

En même temps qu’elle essayait temps bien que mal d’arrêter ici un saignement, de récupérer un badge de la NR tombé là, Ménoï lançait un appel aux urgences du secteur, espérant qu’ils voudraient bien se déplacer jusqu’à ce niveau-ci de Coruscant.

C’est un urgentiste nautolan qui pris son appel, et la jeune femme du se faire violence pour ne pas se crisper sous la lumière vive de l’holo communication qui lui brûlait la rétine.

Oui elle était témoins, oui elle avait compté une dizaine de duros blessés, et quelques autres presque humains qui c’étaient jetés dans la mêlée et avait finis par terre le nez sur le plancher.
Non elle n’avait pas elle-même participé à la bagarre et non elle n’était pas blessée.
Elle avait l’air un peu pâle, peut être traumatisé ? Madame attendez-nous, rester en ligne- non non ne vous inquiétez pas pour moi, j’ai un rendez-vous je dois y aller…
Elle avait signalé le nombre de victimes mais pas le nombre de participants, et laisser volontairement dans le noir les circonstances de la bagarre.

Ménoï n’aimait pas, en fait, faire partie de l’armée, mais elle était néanmoins solidaire à ses camarades d’escouades et ne voulait pas leur attirer d’ennuie.

Elle espérait simplement que leur absence était une bonne chose plus qu’une mauvaise chose, et que tous allaient bien, même si en elle-même la jeune femme se sentait vaguement déçue d’avoir été laissé pour compte, seule, à l’arrière…

-« Jessa je t’attends dehors » s’entendit-elle dire, franchissant difficilement la barricade de tables qui lui barrait le chemin jusqu’à la sortie.

Alors qu’en rond dans le fond de son esprit se répétait en boucle : « mais pourquoi est ce que tu veux traîner avec ce danger public ? » suivit très rapidement de « je ne peux pas la laisser toute seule maintenant », la zeltronne se sentait en fait recouverte par un voile d’incompréhension qui entachait toute pensée véritable de son cerveau.

Sa tête nageait dans du coton épais, et chaque fois qu’elle croyait suivre le fil d’une pensée cohérente, celui-ci se délitait purement et simplement une fois qu’elle avait pris conscience de ce dernier, la remettant au néant chaotique autour d’elle.

Elle savait, pourtant, qu’user de son empathie si vite et si violemment la rendait malade après coup !
Mais il lui semblait que c’était important.
Important.
Jessa semblait importante.


Elle avait mal à la tête et les choses lui échappaient définitivement.

Elle avait besoin d’air !
Elle avait besoin de sucre aussi, mais l’air, même pourri des bas-fonds, était à portée de main.

La jeune femme dû user de ses deux mains pour pousser le chambranle de la porte, soudainement devenu trop lourd pour elle, avant de se retrouver enfin à l’air libre.
Ménoï inspira l’air vicié de la rue, toujours moins pire que l’air pesant et mort à l’intérieur du bar, et resta là, sans bouger, en état de choc.

Devant elle se trouvait un affreux panneau publicitaire vantant les mérites d’une boisson gazeuse avec pour égérie une chèvre 3D mal faite qui faisait un clin d’œil beaucoup trop insistant (surtout pour une chèvre) aux passants.

Entre deux pensées perdues qu’il faudrait qu’elle trouve de quoi désinfecter et panser les mains et les avant-bras de Jessa, Ménoï ne pu s’empêcher de se demander mais QUI avait eut le mauvais goût de mettre de l’eyeliner et du mascara à une chèvre, même en 3D ?


Alors que la petite zeltronne, choquée et probablement en hypoglycémie, restait bouche béante devant une chèvre animée de trois mètres de haut et maquillée comme une star de ciné, le sergent Takon, caché dans un recoin, notait mentalement tout ce qu’il avait vu jusqu’à présent.

Mauvaise gestion du stress, mauvaise gestion de ses propres forces, mais un certain sens de l’éthique, de l’appartenance au groupe et des urgences à traiter.
Dommage qu’elle n’ait fait que la moitié du travail, songea-t-il.



Et puis la lumière revint d’un coup dans le bar, comme s’il avait simplement fallu appuyer quelque part sur un bouton caché pour que lampe et plafonnier dispense à nouveau leur lueur criarde.

C’était surtout le fait du gérant, l’ami tradoshan de Jessa, qui remontait en grommelant du sous-sol où se trouvait le compteur électrique, et qui avait réussi à remettre en route le circuit de secours, permettant d’allumer un autre groupe de néons réserver au cas particulier.
Avisant tout à la fois Jessa, la zeltronne dehors sur le pallier, et le désordre du bar, il poussa un gémissement impuissant avant de lever les bras et de les laisser retomber le long de son corps, prenant la chasseuse de prime à partie dans un genre de « mais pourquoi » tout à fait compréhensible au vue de la situation.
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By Jessa
#40017
Jessa s’était retenue pour ne pas fondre en larmes, même si elle en avait vraiment envie à cet instant. Elle n’avait pas honte de ce qu’elle avait fait, et cela l’effrayait. Le réconfort que lui apportait l’étreinte de Menoï lui rappela quelque chose de grave, sans personne pour la soutenir, pour l’aider, pour l’empêcher de faire n’importe quoi, la zeltronne perdrait rapidement pied, l’ombre d’elle-même, un monstre. Sans Jessa, Kate aurait détruit de nombreuses vies innocentes, sans Jessa, Erza serait toujours une tueuse à gage, et sans ces deux-là, Jessa serait toujours seule, au bord du craquage mental…
Lorsque Menoï lui tendit son casque, Jessa regarda la visière, pensive. Non, elle n’avait pas honte, pourquoi aurait-elle honte ? Ce n’est pas la première fois qu’elle participe à des bagarres dans des cantinas et des bars, pas la première fois qu’elle envoie des adversaires à l'hôpital. Elle adorait se battre, et même s’ils sont encore en vie, en une vingtaine d’années Jessa a ôté des centaines de vies, une de plus une de moins…
D’autant plus que ce n’était pas son acte le plus horrible, elle avait fait bien pire, des actes ignobles, détestables, qui pourraient détruire non seulement sa réputation, mais aussi ses relations....

Alors, pourquoi ce sentiment de regret, de remords ? La guerrière avait en réalité quelque chose de très important: l’adaptation. On ne peut pas régler n’importe quelle situation n’importe comment, d’autant plus quand on a des alliés. Jessa a toujours travaillé seule depuis la mort de sa famille, et ses premiers alliés furent une psychopathe et une tueuse professionnelle, des gens qui n’étaient jamais choqués par ce qu’elle faisait, car elles faisaient bien pire. Mais cette fois-ci, c’était différent. Menoï n’était pas une meurtrière comme Erza ou Kate, ni une chasseuse de prime comme Sareth. C’était une jeune recrue dans l’armée, sensible et ultra empathique. La mandalorienne a manqué de professionnalisme, en oubliant de prendre en compte les émotions, la mentalité, et les valeurs de son alliée. Certes, elle avait perdu le contrôle, mais au début c’était sa décision de se battre.

Décidément, le professionnalisme était bien ce qui lui faisait défaut. Mais cela était dû à son jeune âge et à son manque d’enseignement dans le domaine. Sareth, l’homme masqué… Elle a déjà eu beaucoup de reproches à ce sujet. Elle devra y remédier, mais pour le moment il y avait à faire.
Jessa se frotta les yeux, et revint calmement à elle. Se dirigeant vers les toilettes, elle vérifia avec son pied si les corps sur son chemin étaient encore vivants, et constata avec soulagement que fut le cas. Prenant ses blasters et sa lame, la zeltronne se tourna en direction de sa congénère. Sa démonstration de force l’avait effrayé, et elle devra également y remédier.

Epuisée, la chasseuse de prime retourna vers la salle principale, et entendit une discussion. Menoï prévenait les autorités, sûrement pour s’occuper des blessés. Le protocole habituel. D’ordinaire, jamais personne ne prévenait les autorités, pour éviter d’avoir des ennuis. Et comme les soldats ne viennent jamais dans ces quartiers, ayant leurs propres bars, tout restait entre les habitants. Mince, tout ça pour éviter d’attirer l’attention, et voilà qu’ils vont quand même se ramener. Boitant, la zeltronne se dirigea vers le comptoir, se coucha sur la table pour récupérer une bouteille, et s’assit sur un tabouret.
“Jessa, je t’attend dehors”
L’intéressée se contenta de hocher la tête, sachant que ce geste ne sera pas perçu malgré tout. Elle passa sa main sur son visage, de haut en bas, afin de retirer les gouttes de sueur et de larmes. Elle ouvrit la bouteille, et se mit à la descendre cul sec. C’est alors que la lumière revint, et qu’elle entendit des bruits de pas derrière-elle. Cela l'éblouit, et elle garda les yeux fermés quelques instants pour se réhabituer.
“- C’est pas vraiment ça que je demandais quand je voulais que tu règles le problème.”

Errsk se trouvait derrière elle, et vu le ton de sa voix, il ne semblait pas particulièrement satisfait. La zeltronne garda ses doigts sur ses yeux, le visage penché vers le comptoir, appuyé sur son bras.

“- Ils ont arrêté de se tirer dessus non ? Alors le problème est réglé.
- Effectivement maintenant ils vont arrêter de tout saccager, vu qu’il n’y a plus rien à détruire ! Bon sang meuf, t’as foutu quoi ? T’as complètement pété les plombs ma parole, regarde le mobilier !”

Jessa se retourna alors, et constata le résultat de ses actions. Le bar était sans dessus-dessous. C’était elle qui avait fait tout ça ? Surprise, elle regarda ses mains, et remarqua alors leur état. C’est alors qu’elle se mit à sentir la douleur, une douleur atroce, tandis qu’elle constata avec effroi son état. Ses mains étaient entièrement couvertes de sang, et la peau arrachée à plusieurs endroits. De profondes entailles étaient visibles, avec parfois des petits morceaux de bois ou de verre enfoncés dans ses mains. Elle voyait des phalanges brisées, et quelques doigts enflés. Mais ce n’était pas les seuls dégâts, son corps entier avait souffert. Elle avait des entailles sur tout le bas du corps, le ventre, les jambes, et même sur le haut avec les bras. Une grande trace de sang retraçait son parcours, et elle manqua de s’évanouir suite au manque de sang. Errsk l’a rattrapa au dernier moment.

“- Oh tu me fais quoi là ? Crève pas, j’aurai des problèmes sinon !”

L’aidant à se rassoir sur le tabouret, le trandoshan prit lui aussi une bouteille et se servit un verre.

“- Je vois que tu n’as pas perdu la main depuis notre dernière rencontre. Mais là, tu y es allée un peu fort.
- Je me suis laissée emporter, ouais c’est moche…
- Pourtant tu n’étais pas de nature sanguine avant, tu te battais pour t’amuser, mais juste quelques échanges jusqu’à ce que l'adversaire tombe au sol, pas plus.
- Une mauvaise passe, j’avais besoin de me défouler.”

Jessa sortit d’une de ses besaces une poignée de crédits républicains qu’elle plaça sur le comptoire.

“- Tiens, 1 000 crédits, pour les meubles, la bouteille, et les sanitaires.”

Le trandoshan prit les crédits, et s’apprêta à refuser mais il fit stopper d’un geste de la main.

“- La jeune soldate, elle a appelé des renforts. Ils viendront essayer de savoir ce qui s’est passé, mais ils vont probablement bâcler l’affaire, comme d’habitude dans ce genre de situations. Mais tu risques potentiellement d’être fermé quelque temps, alors gardes-les.”

La guerrière se releva avec difficulté. Titubant, elle prit appui sur ses mains, ce qui lui fit décrocher un léger râle étouffé. Regardant Errsk, elle lui décrocha un sourire amusé.

“- La prochaine fois, si je m’emporte, je compte sur toi pour m’arrêter.”

Rangeant les crédits, le gérant du bar lui sourit à son tour, ricanant.

“- Comptes là-dessus, et je ne retiendrais pas mes coups, je peux te l’assurer ! Allez, t’es sûre que tu n’as pas besoin d’aide ?
- Non ça va aller, je vais me débrouiller, et j’aimerai éviter d’être dans le coin quand les soldats vont rappliquer, pas très envie de passer la nuit seule dans une cellule moi....”

Quittant également le bar, la zeltronne n’était pas belle à voir. Enfin, elle était toujours extrêmement attirante, mais la quantité de sang séché et frais, avec les nombreuses blessures, ne la mettait pas spécialement en valeur, même si certains adorent. Etant donnée que c’était surtout elle qui donnait les coups, son visage avait été épargné, uniquement couvert de sang. Devant elle se trouvait Menoï, de dos, debout au milieu de l’allée. Jessa voulu lui sortir une petite phrase de détente comme elle avait l’habitude de dire, mais se ravisa, jugeant que ce n’était pas du tout le moment. Alors, boitant, elle se contenta de se décaler, de se coller contre le mur, et de se laisser tomber au sol. Elle mit un peu de temps avant de mettre fin à ce silence.

“- Écoutes, je…”

Marquant une pause, la mandalorienne cherchait ses mots, essayant de trouver quoi dire.

“- … La journée fut mouvementée, n’est-ce pas ? Bon, ce n’est pas vraiment le bon terme. Je… Je ne sais pas ce qui s’est passé, je me suis emportée, et… Je suis allé bien trop loin, et si cela a pu te déranger, te choquer, te faire peur… Sache que je suis vraiment, mais vraiment désolée. Je… Je n’ai pas fait attention à ce qui se passait autour de moi, et je n’ai pas pris en compte si mes actions pourraient te déranger.”

Jessa regarda son casque, caressant le sommet, laissant un léger silence avant de reprendre.

“- Ecoutes, je suis la seule responsable de ce qui s’est passé. Et vu que je n’aurai pas la force de m’enfuir… J’accepte mon sort.”

La guerrière mit ses mains en évidence.

“- Tu peux m’arrêter, je ne me défendrai pas.”

Jessa était sincère. Elle était épuisée, blessée, elle ne pouvait qu’accepter son sort et se laisser faire. De toute façon personne n’est mort, elle resterait quelques jours en prison, avant de se faire relâcher, rien de bien alarmant. Mais ce qui attristait vraiment la zeltronne, c’était d’avoir autant choqué la petite Menoï. Elle était si mignonne, si gentille…
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“- J’espère que je ne t’ai pas apporté de problèmes, ça me ferait chier de détruire ta vie alors que tu as été si gentille avec moi. Mais sache, que j’ai été très heureuse de faire ta connaissance, tu es quelqu’un de formidable. La galaxie aurait bien besoin de plus de personnes aussi mignonnes et gentilles que toi…”


La vision de Jessa devenait de plus en plus floue, due au manque de sang dans son corps. Elle n’avait même plus la force de panser ses blessures, utilisant ce qui lui restait pour ne pas s’évanouir...
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By Ménoï Vashins
#40019
Ménoï était toujours dans une grande bataille de regards avec la chèvre animée en face d’elle, méprisant de plus en plus l’algorithme qui faisait que la zeltronne avait maintenant l’impression que la chèvre au mascara ne regardait plus qu’elle, lui faisant des clins d’œil qui l’indignait totalement.
Est-ce qu’il était vraiment possible de subir du harcèlement de rue de la part de publicités mal foutues ?

L’odeur de pisse, de carburant, de fumée et de rance lui agressait le nez tandis que son esprit s’épuisait doucement à annihiler la pression qu’elle venait de subir dans le bar derrière elle, cherchant à regagner son calme et son énergie.
Une étape peu facile à accomplir aux vues des éléments qui l’entouraient, encore plus lorsque la porte derrière la jeune femme laissa passer la guerrière, éreintée, qui vint simplement se laisser glisser contre le mur, vide de toute énergie.

Visiblement, l’épuisement se trouvait également psychologique, et Ménoï se trouva à laisser à nouveau quelques larmes perler à ses yeux, toucher par la brisure qui écartelait l’autre zeltronne à côté d’elle.

Quittant du regard la publicité honteuse en face d’elle, la petite zeltronne se tourna vers Jessa, écoutant avec un grand sérieux les excuses de cette dernière.
Elle était désolée, ne comptant plus son propre ego mais s’essuyant au contraire les pieds dessus, et la guerrière se flagellait elle-même, démontant point par point ses actions, sa propre morale.

C’était étrange pour Ménoï d’entendre quelqu’un se descendre lui-même de son piédestal, d’autant plus pour la mettre elle, parfaite inconnue, aux nues.

L’ensemble de la situation était rendu plus insoutenable encore par l’état physique pitoyable dans lequel se trouvait Jessa.
Griffée, coupée, la peau déchirée à plusieurs endroits, ses poings était profondément entaillés et déformés, salis d’une multitude de dépôts.

En un mot comme en cent : Jessa était battue !

Lorsque finalement la chasseuse de prime arrêta son monologue dépréciatif, clairement au bout du rouleau, Ménoï n’était pas du tout sûre qu’elle pourrait même se relever !

La jeune femme faisait la moue, essayant d’arrêter les larmes de s’échapper de ses yeux, puis se pencha vers sa semblable, prenant son temps pour se tenir accroupi à sa hauteur pour mieux ignorer les vertiges qui la prenait.

Il y avait beaucoup de sang, les plaies lui paraissaient par endroit profondes, Ménoï était inquiète.
Il aurait fallu qu’elle la rassure et qu’elle remette son esprit à flot en même temps qu’il aurait fallu que Ménoï soigne son corps blessé, et elle n’avait pas le temps ni l’espace adéquate pour le faire.

Elle voulait lui dire qu’en tant que soldat de la république elle n’avait aucun pouvoir de l’enfermer, d’abord parce qu’elle n’était qu’une recrue, et ensuite parce que même si Jessa avait fait un sacré effet dans le bar, elle n’était pas terroriste, et donc cela ne concernait pas l’armée.
Et puis aussi que Ménoï n’avait aucune envie d’enfermer Jessa et de l’emmener en prison, et qu’en plus elle n’avait de base aucune idée de comment faire.

A la place, la jeune femme aposa sa main sur la pommette de l’autre zeltronne, lui faisant relever les yeux jusqu’à ce que leurs regards se croisent.

Ménoï était fatiguée, mais Jessa était épuisée, et la femme connaissait probablement mieux Coruscant la sombre que Ménoï.
La zeltronne était lasse, mais Jessa n’était clairement pas en état de faire quoi que ce soit.

Alors du bout des doigts le long de son visage, Ménoï lui distilla un peu de ce qu’elle ressentait elle-même, pour effacer l’espèce de cercle vicieux de déferlantes d’auto-flagellation que la chasseuse de prime s’imposait.
Ménoï lui transmis son espoir, son besoin de s’occuper d’elle, son inquiétude à son sujet.
Et puis son amusement plat et un peu sec face à l’état dans lequel elles se retrouvaient toutes deux actuellement.

C’était la dépression la plus totale, et le fait de se taper l’un des plus gros vides de sa vie en face d’une chèvre qui décidément n’arrêtait pas de lui faire du gringue, et tout ça juste pour boire de l’eau pétillante aromatisée…
C’était suffisamment incongru, et elle était suffisamment fatiguée pour en rire intérieurement !

-« Jessa, j’ai besoin de toi, maintenant. » murmura-t-elle, focalisée sur le visage de sa semblable.

Tout ce sang, cela lui rappelait le champ de bataille, les yeux éteints et malades de sa semblable ceux de ses compagnons d’armes.

Ménoï était fatiguée, fatigué, fatiguée…
Mais elle devait l’aider !

-« Je ne connais pas bien ici, et on ne peux pas rester là. Il faut de quoi te soigner, et un lieu où on pourra être en sécurité… J’ai besoin que tu me dises où je peux trouver ça… »

Prenant une grande inspiration, la jeune femme passa son bras sous l’aisselle de la plus grande femme, et usa de ses nerfs plus que de ses muscles quasi inexistants pour lui donner une impulsion.

-« Aller ! Lève-toi ! »

Elle tira vers le haut, se retrouva encombré par le corps un peu mou de la chasseuse de prime et failli retomber avec leurs poids, mais elles s’écrasèrent toute deux contre la vitrine du bar qu’elles venaient de quitter.

Ménoï pesta, gémit mais tint bon, retenant Jessa en tremblant, et revenant difficilement sur ses jambes, soufflant contre ses cheveux longs qui lui arrivait devant le visage.

-« Jessa ! Aller ! Aide moi… Je ne peux pas le faire toute seule… »

C’était difficile.
Entre son manque de force, la grande taille de la guerrière, leur épuisement respectif et les blessures que Jessa portait un peu partout sur elle et qui intimidait beaucoup Ménoï, qui avait peur d’appuyer dessus et de lui faire mal, les deux zeltronnes se retrouvèrent comme deux culs-de-jatte essayant de s’entraider à marcher.

Ca lui tirait sur les bras et les jambes, son ventre tremblait sous l’effort, mais la jeune femme tint son rôle de béquille du mieux possible.

Elle fit un pas en avant, espérant que Jessa suivrait le mouvement et tiendrait le coup :

-« Aller on est parti ! Dis-moi où on va ! »

Maintenant elle espérait juste que ce ne serait pas trop loin…
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By Jessa
#40020
Le cerveau commençait à manquer d’oxygène, penser clairement devenait de plus en plus difficile pour Jessa. Assise sur le sol, elle attendait que Menoï prenne sa décision. Cette dernière l’ignorait, mais l’action choisie pourrait lui coûter la vie, et Jessa s’en rendit compte trop tardivement. Bougeant la tête, elle essayait de se faire voir par Erza. La zeltronne savait parfaitement que son amie était postée quelque part, surveillant ses arrières. Mais la tireuse d’élite ne savait pas ce qui s’était déroulé à l’intérieur du bar, elle n’a vu qu'une Jessa gravement blessée en sortir, précédée par une soldate de la NR. Si Menoï s’était approchée avec des menottes de sa congénère, Erza l’aurait décendue d’un tir dans la tête, avant de venir aider la mandalorienne. Mais Jessa n’avait pas la force de prévenir par holo la jeune humaine...

Fort heureusement, quand la jeune recrue se retrouva au contact de la chasseuse de prime, ce ne fut pas pour lui mettre les menottes. Jessa sentit une main sur sa pommette, et croisa le regard de Menoï. Recevoir des vagues d’émotion de la part d’une autre zeltronne était toujours aussi ironique pour Jessa, mais également bienvenue.
“Jessa, j’ai besoin de toi maintenant”

La guerrière se focalisa sur sa semblable, et malgré sa santé qui continuait sa descente, elle eut une pensée claire. Son regard devint plus affirmé. Qu’est ce qu’elle faisait ? Abandonner ? Jessa n’a jamais abandonné, hors de question de commencer maintenant !

Elle sentit Menoï mettre son bras derrière sa nuque, et essayer de la soulever. La guerrière lui adressa un regard plein de compassion et d’incompréhension. Lâchant un léger ricanement, Jessa posa son autre bras sur le mur, et poussa pour s’aider à se relever. Quand elle s’appuya sur sa jambe valide, la zeltronne vacilla, et sentit son genou se plier, comme s’il menaçait de lâcher à tout moment. Alors pour se donner de l’énergie, de l’adrénaline, elle se mordit suffisamment la lèvre pour la faire saigner, et finit par se retrouver debout, soutenue par son alliée.

“- Malgré tout ce qui s’est passé, tu comptes quand même me sauver… Héhé, je ne sais pas ce qui m’a pris à l’instant... Je m'étais pourtant jurée de ne plus me montrer faible devant autrui, il faut croire que je ne peux rien te cacher à toi… Argh…”

Chaque pas faisait souffrir la zeltronne. En baissant son regard, elle vit effectivement une barre de fer dépassant légèrement son genou, le reste devait toucher son articulation.
“- Je connais un doc pas loin, il pourra me rafistoler… Faut juste marcher jusque là-bas…”

En réalité, ce n’était pas la distance qui inquiétait vraiment la zeltronne. Jessa connaissait l’endroit, et c’était réciproque. Mais elle n’a jamais été aussi blessée dans ce quartier, et cela l’inquiétait. Elle avait beaucoup d’ennemis ici, et beaucoup pourraient profiter de son état. Et ce n’était pas tout, Menoï était une soldate, trahie par son équipement. Même si ce n’est qu’une recrue, elle risquait gros de rester longtemps par ici…
Certes, Erza les surveillait, et pourrait à tout moment intervenir, mais Menoï avait sûrement vu suffisamment de morts pour aujourd’hui.

“- On y est presque, plus que quelques mètres.”

Jessa trébucha, sa jambe n’allait plus tenir très longtemps. Elle respirait difficilement, et le monde autour d’elle semblait bouger, l’espace se distordre… Non, pas maintenant ! Puisant dans ses toutes dernières forces, la guerrière se remit droit, évitant de laisser tout son poids sur la pauvre zeltronne. Au bout de plusieurs minutes, elles arrivèrent dans une ruelle déserte, avec des bâtiments dans un état pitoyable. Il n’y avait pas le moindre signe de vie, mais cela ne choquait pas Jessa. Elle savait où elle était, l’endroit le plus sûr des alentours. Sur les murs de la ruelle se trouvaient des tags de toutes sortes, de couleur vive rose et bleue.

“- Voilà.. On y est.. C’est ic…”

Elle ne réussit pas à finir sa phrase, et sentit ses forces l’abandonner. Juste avant de heurter le sol, elle laissa son poing heurter la porte, la poussant. L’intérieur faisait penser à une décharge mécanique, avec des pièces d’armes, de droïdes et de vaisseaux partout. Les dessins continuaient, des mots, des dessins d’enfants, représentant des scènes d’actions, ou des créatures. Au milieu de la salle se trouvait un grand lit, et à côté du matériel médical. Mais alors qu’elle essayait de se traîner vers le lit, la vision de Jessa devint noire, et les bruits firent place au silence, avant de sombrer. Jessa était allongée à l’entrée de la planque, et venait de s’évanouir...
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By Ménoï Vashins
#40022
La planque, car on ne pouvait pas appeler cela autrement au vu de l’ensemble hétéroclite de choses qui s’y retrouvaient pèle mêle, était un étrange bijou coloré caché au cœur de la noirceur des tréfond de la mégalopole de la Nouvelle République.
Les tags bariolant les murs de couleurs joyeuses et criardes se tressaient de petits dessins enfantins qui se lisaient à la manière d’une folle bande-dessinée, alliant petits-bonhommes en traits aux créatures les plus folles, baroques ou dangereuses de la galaxie.
Certains tenaient même plus que probablement de la mythologie de diverses cultures : des dragons cohabitaient avec des anges, les démons voisinaient les nymphes, les nexus et les rancœurs gambadaient dans de singulier décor de rayures bleues, vertes, violettes ou orange, qui pourraient figurer des champs ou des hautes herbes venus d’une petite tête pleine de rêves.
Les revendications politiques et sociales côtoyaient d’extraordinaires poésies dessinées, les lettres au pochoir et à la bombe se recouvrait de coups de pinceaux et de calligraphies portée par de petits doigts très assurés, et décorées de croix, de ronds et de points.

Ménoï n’a honnêtement pas eu la moindre seconde de respiration pour admirer la fresque magnifique qui ornait cette salle dérobée des sous-sols de Coruscant.
La zeltronne s’accrochait avec les dents à ses lambeaux de nerfs à vifs pour soutenir Jessa, jusqu’au moment où malgré tous leurs efforts combinés, la guerrière s’effondra au sol, perdant connaissance, et entraînant Ménoï avec elle.

-« Non ! Non Jessa, reste avec moi ! » paniqua la jeune femme, s’extrayant difficilement de sous l’armure de la blessée.

Elle tenta de secouer doucement l’autre zeltronne pour la faire revenir à la conscience, mais arrêta rapidement son geste en remarquant que le sang recouvrait ses mains et une partie de ses vêtements.

La jeune zeltronne tressauta sous la révélation et le choc, sautant précipitamment sur ses pieds et observant son propre corps puis la silhouette inerte de Jessa, les yeux écarquillés de détresse, les mains grandes ouvertes et impuissante tendues devant elle.

Il y avait tellement de sang que ce qui s’imprégnait dans sa chemise ne paraissait pas rouge, mais noir, et la peau de Jessa prenait des tours de plus en plus maladif et pâle.

La panique saisie la zeltronne, dont les mains se mirent à trembler, et elle commença à lancer un regard fou tout autour d’elle, se précipitant d’un côté de la pièce pour finalement courir à l’autre bout, cherchant désespérément quoi faire.
Revenant rapidement à Jessa, Ménoï tenta dans un premier temps de la traîner l’autre zeltronne jusqu’au lit qu’elle voyait en face d’elle, presque au milieu de la pièce.
Elle finit par simplement reposer les épaules de la guerrière au sol, gémissant de désespoir : elle n’osait pas la déplacer ainsi, de peur d’aggraver des blessures qu’elle n’avait pas vu jusqu’alors.

Elle se sentait hyperventiler, sa tête lui tournant.
Elle n’avait vraiment pas besoin que la chasseuse de prime se trouve aux portes de la mort pour redresser un peu son adrénaline !

Dans ce même état de précipitation paniquée, Ménoï se jeta sur le lit, arracha littéralement la couverture qui le recouvrait pour venir l’apporter sous le corps de Jessa.

Des sons comme les jappements d’un nexus blessé s’arrachait de sa gorge serrée, mélange entre râle et geignement, alors que la jeune zeltronne poussait, tirait le drap pour faire passer Jessa par-dessus.
Elle s’emmêlait les doigts, ses muscles tressautaient, se crispaient.
Des sanglots lourds lui brûlaient la poitrine, le temps filait comme le sang des plaies : trop vite !

Ménoï essaya de ne pas penser qu’alors qu’elle tirait la couverture par les coins pour faire glisser le corps mou de la chasseuse de prime jusque sur le lit, cela ressemblait à un sac mortuaire encadrant le visage blême de l’autre zeltronne.

Les larmes se nouaient à présent de sueur, tandis qu’elle regardait avec angoisse les différents instruments, pansements, bandages et bacta qu’elle pouvait réunir à travers l’ensemble de bric-à-brac qui noyait l’espace d’un capharnaüm de pièces mécanique et d’autres choses que Ménoï n’avait ni l’envie ni le temps d’identifier.
Elle tenta de rassembler sur un plateau tout ce qui lui semblait utile, faisant claquer violement le métal contre le métal, laissant tomber plusieurs fois de façon maladroite les ciseaux, bistouris et autres outils qui pourraient passer pour « médicaux ».

De ses doigts gourres d’anxiétés elle retira les vêtements et les morceaux d’armures qui pouvaient facilement se défaire, découpant le reste.

Jessa devenait de plus en plus pâle en face d’elle, et les yeux de Ménoï se brouillaient de plus en plus, ses gestes devenant de plus en plus précipités, manquant terriblement de temps.

La jeune femme jeta sans ménagement du désinfectant partout et en grande quantité sur le corps meurtris allongé en face d’elle, rinçant le sang qui tournait du noir à l’orange, nimbant la couverture d’une encre terrible.

Alors que Ménoï voulait à la fois faire le repère des blessures et les points de pression nécessaires à la survie de Jessa, elle essayait, en vain, de se souvenir de ce qu’elle avait pu grapiller comme connaissances lorsqu’elle trainait dans l’infirmerie du campement militaire de campagne où elle avait été.
Mais rien d’utile ne lui revenait.
D’abord parce que les blessures au blaster ne saignaient que très rarement, la chaleur des lasers cautérisant les plaies immédiatement, mais aussi parce que d’ordinaire il y avait un droïde médical pour aider sur les cas les plus difficiles.
Ici elle n’avait rien, et les blessures de Jessa étaient beaucoup trop étendues, et trop graves pour qu’elle puisse elle-même les traiter.

Néanmoins, elle ne pouvait pas rien faire, pas vrai ?

Avec une pince à long manche, elle enlevait les morceaux de bois, de métal et d’éclats de verre qui salissaient les taillades et déchirures les plus larges, avant de les couvrir rapidement de strips pour resserrer les lèvres des plaies, de bacta pour la cicatrisation, d’un pansement pour recouvrir et laisser propre, puis enfin d’un bandage pour maintenir le tout en place.

Mais elle n’avait pas vraiment le geste encore.
Les bandes étaient soient trop serrer soient trop lâche, elle appliquait beaucoup trop de bacta à chaque fois, faisant glisser les pansements, et la zeltronne n’osa pas aborder l’épineux sujet des points de sutures, qu’elle n’aurait certainement pas pu maîtriser si vite.

C’est au moment où elle s’aperçu qu’il fallait qu’elle redresse la tête de Jessa et qu’elle lui ouvre la bouche afin qu’elle ne s’étouffe pas avec sa propre langue que Ménoï constata qu’il y avait trop de choses qu’elle ne pouvait pas contrôler.

Comme la tige de métal qui dépassait très clairement de la jambe de la chasseuse de prime, et que, pour une raison ou une autre, la jeune zeltronne n’avait pas perçu jusqu’à présent.

Le bout de ses doigts la piquait de bacta et de désinfectant, et le sang s’incrustait dans les crevasses de la peau de ses mains, donnant un relief horrifique à ce qu’elle faisait.
Elle n’était pas infirmière, ni docteur, ni aide-soignante !
Elle était en train de faire de la boucherie !

Elle s’écarta avec un haut-le-cœur, incapable d’en supporter plus !

Quoi qu’elle fasse, quel que soit les petits bandages supplémentaires qu’elle allait rajouter sur le corps déformé de coups et de coupes, Jessa continuait à perdre son sang.

-« Je peux pas… je peux pas… »

Sa respiration rauque s’étrangla avant qu’elle n’éclate en sanglots monstrueux.
Ca partait d’un gémissement pour devenir comme un cri qui explose comme un pétard prisonnier d’une bulle de savon.
Ca lui arrachait un bout des tripes d’en bas pour les vomir par le haut, et ses ongles noirs de sang séché rentraient à présent dans la peau de ses propres bras tandis que Ménoï se raccrochait à elle-même, cachée derrière ses cheveux, tirant le rideau sur le théâtre, l’improvisation de compétences médicales qu’elle n’avait pu mener à bien.
Ni côté cour, ni côté jardin, partie sans révérence, elle s’étouffait entre cris et sanglots.

C’était la première fois qu’elle était responsable toute seule de la vie de quelqu’un.

Elle ne le vivait pas bien.

-« Moi j’étudiais les insectes ! DES INSECTES ! »

Les sanglots redoublaient, incapable de sortir la tête de la carapace qu’elle c’était mise au-dessus d’elle, enfermée sur son épuisement et son désespoir.

-« JE PEUX PAS LE FAIRE ! POURQUOI TU AS FAIS CA ? POURQUOI ? »


Alors que gémissement, plaintes et cris volaient chacun leur tour son souffle, alors qu’elle était dans le noir, derrière sa crinière de cheveux écarlates retournés sur ses yeux fermés de larmes, quelqu’un poussa la porte dérobée de la planque, avec une discrétion qui n’existe qu’avec la force d’un entraînement acharné.

-« Jessa, je suis désolée… Je suis désolée … »

Acculée au pied du lit ensanglanté, recroquevillée, Ménoï tendis juste la main, mêlant ses doigts à ceux froids de Jessa.
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By Jessa
#40023
Quelques heures plus tôt.

Lorsque Jessa quitta le vaisseau, Erza réfléchissait à ce qu’elle pourrait faire pour passer le temps. Son amie lui avait dit de s’amuser, mais c’est encore un concept étrange et nouveau pour elle…
Mais elle lui a aussi dit de faire ce qu’elle voulait, alors la jeune humaine savait parfaitement ce qu’elle allait faire: couvrir Jessa. Cette dernière savait parfaitement qu’Erza la surveillait souvent, mais ne lui faisait aucune reproche à ce sujet, sachant que cela lui faisait plaisir. Alors la tireuse d’élite attendit quelques minutes, puis sortit également du vaisseau. Bondissant de toit en toit, elle retrouva les traces de Jessa, qui entrait alors dans un bar. Alors comme à son habitude, l’ex tueuse à gage se coucha sur le ventre, fusil pointé sur le bâtiment, et attendait que la zeltronne sorte. Elle n’avait malheureusement aucune visibilité sur l’intérieur, mais elle pourrait quand même surveiller les alentours. L’attente fut longue, mais cela ne dérangeait pas Erza, elle avait l’habitude de rester des heures, camouflée, attendant le bon moment.

Elle entendit des bruits venant de l’intérieur, un tir de blaster, puis plus tard des bruits de casse, de coups, des cris… Mais la voix de Jessa exprimait surtout de la rage. Elle devait probablement se battre aux poings, s'amuser, comme à son habitude, rien d’alarmant. Pendant le combat, elle vit des soldats quitter rapidement les lieux, alors elle se méfia. Mais fort heureusement, les combats continuaient, ils ne s'en sont donc pas pris à son amie.

Au bout d’un moment, il n’y eut plus aucun bruit. Puis une autre soldate sortit. Elle semblait sur le choc, mais Erza n’y prêta pas vraiment attention. C’est alors que Jessa sortit à son tour du bar, très gravement blessée. Cette vision de la mandalorienne s'effondrant contre le mur choqua la tireuse d’élite. Jessa était vulnérable, même un enfant malade pourrait l’achever. Inquiète, elle surveilla les moindres gestes de la femme près d’elle. Sa tête était au centre du viseur. Erza était calme, pas le moindre tremblement. Au moindre geste suspect, elle descendra d’un tir bien placé la jeune femme, soldat ou non. Mais Jessa semblait lui dire des choses, et pour le moment il ne s’était rien passé entre les deux, alors elle attendait. Elle savait que Jessa n’aimerait pas qu’elle intervienne.
Quand l’autre zeltronne s’approcha de la chasseuse de prime, Erza mit le doigt sur la gâchette. Mais c’est avec soulagement et étonnement qu’elle vit la soldate aider Jessa à se lever, et à marcher.

Jessa perdait beaucoup de sang, et cela inquiétait grandement son amie. Elle voulait venir aider, venir la secourir, mais elle ne pouvait pas, elle n’avait pas le droit. Elle décida plutôt de surveiller les alentours, de couvrir le duo, prête à éliminer les présences hostiles…

C’est alors que le duo s’engouffra dans un lieu désert, une ruelle sans aucun bruit, avec des dessins sur les murs. Erza avait une vue d’ensemble sur la zone, et pouvait voir des choses que les deux autres ne pouvaient pas. Des corps suspendus, des bâtiments explosés, des restes d’explosifs… Aucun doute, Kate était passée par là. Ces dessins, ces explosions, tout cela était clairement sa signature.
Mais elle ne pouvait rester à observer les dessins de sa défunte amie, car Jessa venait de s'effondrer devant la porte…

Que fallait-il faire ? Intervenir, et désobéir à Jessa, ou rester en retrait, et risquer de la perdre ? La jeune femme à côté d’elle ne semblait pas être infirmière ou médecin, et vu la panique sur son visage, elle semblait surtout dépassée par les évènements… Tant pis ! La santé de son amie valait bien plus que ses ordres !

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Erza bondit au sol, et pénétra dans la pièce. Jessa était allongée sur un lit, la peau pâle, perdant de sa couleur. Elle avait les yeux fermé, et la femme pleurait près du lit. Le sang de la mercenaire ne fit qu’un tour, tandis que la surprise et la peur vinrent l’instant de quelques secondes s’emparer d’elle.
Il fallait agir, et vite.

La jeune humaine retrouva rapidement son calme, et dit d’un ton neutre:

“- Je prend la relève.”

Elle s’approcha rapidement du lit, et sortit une vieille boîte. La jeune zeltronne avait retiré les vêtements de Jessa, ce qui était une bonne chose. Elle pourra respirer plus facilement, et avait de quoi faire des garros. Prenant les bouts de tissus, elle serra au niveau des deltoïdes, des cuisses, pour maintenir le sang, et ensuite au niveau des plaies. Puis elle sortit de la boîte une aiguille et du fil, et rapidement, dans des gestes rapides, précis, et sans le moindre stress, se mit à fermer une par une chaque plaie. La zeltronne avait retiré les morceaux, ce qui facilitait la tâche.

Ce fut l’une des rares fois où le calme à tout épreuve de la tireuse était utile. Jessa ne perdait plus de sang, et Erza put coudre, raclant les couches de sang séché ou les croûtes mal formées, pour que le résultat soit propre.
Puis elle remarqua la barre de fer. Elle se leva, cherchant du regard ce qui pourrait être utile dans la pièce. Allez Kate, tu as sûrement laissé quelque chose dans ta planque… Voilà ! Erza sortit un petit laser, parfait pour raccourcir la barre derrière le genou. Découpant la barre, elle voulu demander à la jeune zeltronne de l’aider en tenant la jambe, mais elle remarqua l’état psychologique de la femme. Elle était complètement traumatisée. Cela étonna la tueuse professionnelle, qu’un soldat de la Nouvelle République puisse être choqué de “si peu”, mais bon, chaque être vivant a ses limites, alors elle ne le releva pas.
Mettant bien à plat la jambe de Jessa, elle s’assit sur le tibia, et mit ses deux mains sur la barre.

“- Désolée.”

Elle tira d’un coup sec, et cela provoqua un léger spasme chez la mandalorienne. Aussitôt après avoir retiré la barre, Erza utilisa le laser pour cautériser la plaie, trop grosse pour être juste recousue. Mais si elle savait recoudre, appliquer les premiers soins, elle n’était pas chirurgienne, alors elle ne pouvait soigner l’intérieur. Il fallait espérer que la barre n'avait pas touché les articulations…

Toutes les plaies recousues, Erza retira les bandages pour permettre au sang restant de recouler. Ensuite, elle fouilla dans sa boîte, et sortit deux aiguilles médicales et un tube. Elle allongea son bras, espérant que ça allait marcher, et planta ce cathéter de fortune dans une de ses veines, tandis qu’elle planta l’autre côté dans une des veines de Jessa. Il fallait lui donner du sang, suffisamment pour qu’elle puisse survivre le temps que son corps en fabrique, mais pas trop pour éviter que Erza ait des problèmes. Tandis que le tuyau vira au rouge, montrant que la transfusion commençait, Erza se laissa tomber sur un tabouret, fusil dans la main de son bras valide, ne lâchant pas du regard la jeune soldate, son regard neutre habituel. Consciente que la transfusion allait prendre du temps, elle décida de briser le silence.

“- Elle va survivre…




… Merci.”


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Même si on ne dirait pas, Erza était réellement reconnaissante envers cette inconnue, qui a tout fait pour maintenir Jessa en vie, malgré les difficultés. Sachant qu’elle était également une zeltronne, la mercenaire fit en sorte que l’inconnue puisse facilement sentir la gratitude, car n’était pas expressive de nature, cela marcherait plus que des traits sur le visage.

“- … Erza. Une amie. Ça va prendre du temps. Tu devrais te reposer.”

Ne sachant pas ce que comptait faire la jeune recrue, c’était la première chose qui est venue à l’esprit de la jeune humaine. Car dans son état, à la fois mental comme physique, elle ne pourra aller bien loin, mieux valait qu'elle se repose. Elle lui montra d’un signe de la tête un canapé au fond de la pièce, puis tourna son regard vers le visage de Jessa, toujours aussi pâle, mais sortie d'affaires...
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By Ménoï Vashins
#40025
L’arrivée impromptue d’une parfaite inconnue vêtue de noir et arrivant par les toits dans la petite salle cachée (et non par la porte, comme tout le monde) propulsa à nouveau le sang de Ménoï beaucoup trop vite dans ses veines.

Le temps que la jeune zeltronne ressaute sur ses pieds, en panique, la femme humaine (enfin, peut être car sous ça capuche on ne voyait pas grand-chose) était déjà en train de s’occuper de Jessa, serrant des garrots improbables à chaque membre de la guerrière.

D’abord stupéfaite, la jeune femme vira clairement au blanc crème lorsque l’humaine encapuchonnée monta sur la jambe de l’autre zeltronne, et tira d’un coup sec sur la barre de métal qui dépassait du corps de Jessa.
Elle faillit vomir en sentant l’odeur de chair et de sang brûlé qui l’éleva dans l’air, âcre et épaisse, lorsque la plaie qui en résultat fut cautérisé à l’aide d’une lame laser de petite taille.

La zeltronne regarda, blême, le moment où l’étrange humaine (qui dégageait si peu d’émotion, si peut de chose, même si Ménoï ressentait vaguement une forme de stress émanant d’elle) s’auto-piqua pour faire une transfusion de sang à la chasseuse de prime, se demandant si c’était réellement une bonne idée.

Il y a eu un grand blanc (pas le requin mais le silence) durant lequel la pauvre zeltronne observait d’un regard vide et apeuré, les bras balant, incapable de faire quoi que ce soit d’autre.
Face à ce vide très pesant, l’autre femme sembla se faire violence et ouvrit la bouche pour laisser sortir le strict minimum syncidal : « Elle va survivre … ».
Ménoï ne pu s’empêcher de se demander si réellement c’était le cas, mais elle n’arrivait réellement plus à réfléchir.
La jeune femme en face d’elle semblait être reconnaissante, et la zeltronne se demanda vaguement si c’était une amie de Jessa, ou si c’était une ennemie qui tentait de se débarrasser de l’autre zeltronne.

“- … Erza. Une amie

AH !
Bah on aurait peut-être pu commencer par là non ?
Ca aurait pu éventuellement éviter le début de tachycardie qui menaçait le pauvre petit cœur fragile de Ménoï.
Au moment où ladite Erza prononça le merveilleux mot de « reposer », se fut au tour de Ménoï de laisser échapper par vague entière un sentiment improbable de reconnaissance et de soulagement.

C’est vrai ?
Elle pouvait se reposer ?
Vraiment ?

Ignorant le regard de l’humaine vers le canapé de l’autre côté de la pièce, les yeux de Ménoï se révulsèrent presque instantanément, roulant vers l’arrière de son crâne, et son corps tomba droit comme un « i » sur le sol de la planque.
Cela promettait un futur merveilleux cocard, mais pour le moment, la jeune zeltronne se glissa dans l’oubli avec reconnaissance…

Et pendant ce temps, un peu plus loin, dans les bas-fonds de Coruscant…

Il enlevait les débris divers de ses cornes, pestant dans sa barbe alors qu’il remontait les ruelles mal éclairées des tréfonds de la mégalopole.
Le sergent instructeur Takon ne quittait plus des yeux le petit point rouge qui clignotait devant lui, sur l’holocom qu’il avait ouvert sur le traqueur Gps mis sur le communicateur du soldat Vashins.
Encore une fois il l’avait perdu, encore une fois il devait aller la chercher, et encore une fois elle lui cassait les pieds avec un art qu’il pourrait presque apprécier… Si ça ne se retournait pas contre lui-même !
La différence était cependant cette fois notable !
Maintenant que la jeune zeltronne avait allumé son holocom, Takon pouvait à nouveau suivre ses déplacements à peu prêt n’importe où dans Coruscant, et il était cette fois très confiant de pouvoir la retrouver facilement, et lui passer un tel savon que la jeune femme devrait être propre jusqu’à la fin de sa vie.

Le zabrak avait perdu pas mal de temps à prendre en charge la débâcle absolue qu’avait été la situation au bar, surveillant l’état des Duros, attendant avec le gérant non pas les soldats de l’armée mais les urgences médicales du quartier (des civils en somme) qui avaient finalement décidé que, peut-être ils passeraient, et soudoyant et menaçant le tradoshan Errsk pour qu’il ne divulgue, sous aucun prétexte, la venue de lui-même ou de ses recrues ici-bas.

Et évidemment, le temps de faire tout ça, Takon, qui avait repéré sa petite zeltronne immature en train de respirer à l’extérieur, devait à nouveau la rechercher.

Cela faisait trois fois qu’il passait et repassait devant le point rouge clignotant sur la map affichée en bleu clair devant ses yeux, prenant ici la rue de droite, là le chemin à gauche, tentant même de franchir une grille pour finalement se retrouver dans un cul-de-sac.

-« Mais où est-ce qu’elle est cette andouille… ? » siffla-t-il, bas, agacé.

Agacé mais néanmoins inquiet !
S’il avait été quelque peu impressionné par la capacité de sa recrue (d’ordinaire incapable) à calmer la zeltronne qu’il supposait être chasseuse de prime, il n’avait pas grandement apprécié de voir sa charge se rapprocher un peu trop de cette vermine des bas-fonds, grands créateurs de situations inextricables sous les yeux de l’éternel !

Il redoutait, autre le très habituel risque de rapt de zeltrons, que la chasseuse de prime n’influence en mal la jeune zeltronne dont il avait la charge.
Vashins était déjà très mal partie dans l’armée, il se sentirai assez mal de la voir passer devant un peloton d’exécution.

Bloquant, incapable de rejoindre le point rouge qui le narguait, le zabrak imposant se laissa souffler une seconde en s’appuyant contre un mur…
Avant de se redresser d’un bond, lorsque le mur sembla s’affaisser sous son poids !

Intrigué, il observa soigneusement le mur derrière lui…
Découvrant avec stupeur une porte dérobée dans ce qui ressemblait à un mur infranchissable.
Elle était bien cachée, bien dissimulée… Et menait directement au point rouge clignotant devant lui.

Vashins n’aurait jamais pu trouver ça d’elle-même, c’était probablement sa nouvelle connaissance chasseuse de prime qui l’avait amené jusqu’ici…
De gré, ou de force…

Prudemment, il s’arma de son blaster, remettant son casque sur sa tête cornue et en abaissant la visière, ne sachant pas sur quoi il allait tomber.

Et le sergent-chef se trouva en effet fort surpris lorsqu’il se retrouva à l’entrée d’une pièce colorée pleine de bric-à-brac de matériels divers, une zeltronne par terre, une autre à moitié morte dans un lit, et une humaine armée en pleine intraveineuse au plein milieu de la pièce.

Takon grogna, le canon de son arme ayant instinctivement pointé dans la direction de la seule menace visible : Erza.

C’était quoi ça ? Chasseur de prime également ?
Tueur à gage ?
Hmm… Possible !

Découvrant ses dents pointues, menaçant de son arme et de sa stature, Takon n’avança pourtant pas d’un pas.
Il avait peut-être encore une chance de négocier… Même si l’appel paraissait serré !
Cynique dans la politesse dégoulinante de son ton, il apostropha l’humaine encapuchonnée qui berçait dans son bras valide un fusil de sniper :

-« J’imagine que les gens de votre profession connaisse le vieil adage : il vaut mieux demander poliment une arme à la main que seulement poliment… »

Il redressa un tout petit peut le viseur de son blaster, la tête de la femme en pleine ligne de mire.
Perdant tout sourire, et mortellement sérieux, Takon repris sèchement :

-« Alors je vous demande poliment : posez le fusil au sol ! »

Et comme il se sentait affreusement agacé par l’amateurisme qui transpirait de toute la situation, le zabrak gronda à nouveau, faisant un signe de tête vers la « transfusion sanguine » en cours :

-« Et arrêtez vos stupidités, vous voulez quoi ? La tuer ? Ne vous inquiétez pas, parti comme c’est vous allez y arrivez… C’est une mort plutôt originale, je n’y aurais pas songé moi-même ! »
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By Jessa
#40027
Sous les effets de l’épuisement, Menoï s’était laissée s’écrouler par terre, face contre le sol, dans un bruit sourd. Se penchant vers elle, tout en restant assise, Erza voulut vérifier si elle était toujours en vie, et constata avec soulagement qu’elle respirait.
Soupirant un bon coup, la jeune humaine regarda le plafond, puis les murs, les graffitis, les dessins… Tout cela lui rappelait des souvenirs, c’était donc ça la planque de Kate, là où elle a vécu pendant des années, là où Jessa et elle se sont rencontrées pour la première fois…
Ironique que ce soit à cet emplacement précis où Jessa a été le plus proche de la mort. Après ça pourrait s’aggraver… Non, il ne fallait pas penser ça, elle va s’en sortir, il le faut !

La tireuse d’élite regarda le visage de son amie, et de sa main valide lui caressa la joue. Cette dernière était presque froide, et cela alarma Erza. Y avait-il un problème ? Pourtant elle avait réalisé la transfusion comme il fallait… Certes, d’ordinaire elle passait par une poche, elle ne l'avait jamais fait directement, mais cela n’était pas si différent… Si ?
Elle lui attrapa le menton, lui ouvrit en grand la bouche, se pencha pour écouter le souffle… Elle respirait, mais si faiblement…
Elle voulut sortir de sa boîte un stimulant, quelque chose pour booster le cœur de Jessa. Elle en utilisait souvent lorsqu’elle était blessée mais devait continuer à se battre ou se déplacer. Mais elle se ravisa, car avec si peu de sang les effets pourraient être néfastes.

Tout cela dépassait la mercenaire. Elle savait appliquer les premiers soins, elle le fait depuis des années sur elle quand elle part en mission, mais l’état de Jessa était trop grave, même pour elle. Pire encore, son état semblait s’aggraver de plus en plus. Mais ce qu’Erza ignorait, c’était que sa transfusion, partant d’une bonne attention, était en train de tuer celle qu’elle cherchait désespérément à sauver…

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Soudain elle entendit des bruits provenant de l’extérieur. Quelqu’un s’approchait, elle le sentait. Prenant son fusil, elle voulut se mettre en position, mais ne pouvait bouger à cause du cathéter. C’est alors que la présence pénétra dans la pièce, armé et équipé.
Quand elle le vit, Erza fronça les sourcils, mettant son bras invalide devant Jessa comme pour essayer de la protéger de cette potentielle menace.
L’étudiant attentivement, elle put identifier la silhouette en armure: Un soldat de la Nouvelle-République, et vu la tenue un gradé. Un sergent instructeur, oui elle en était certaine. Elle en avait déjà tué un ou deux dans sa carrière, mais là elle n’était pas en position de force. Un seul bras valide, l'impossibilité de se mouvoir correctement, de s’éloigner de la zeltronne, et la proximité avec son adversaire… Le temps qu’elle change d’arme, elle serait morte.

“Arrêtez vos stupidités”

Avait-elle eu tort ? Etais-ce une mauvaise idée d’avoir tenté cette perfusion ? Vu l’état qui s’aggravait de minutes en minutes de Jessa, et les dires de l’homme, il en avait tout l’air. Mais d’un autre côté, peut-être étais-ce un piège ? Pourquoi vouloir aider Jessa ?
Mais pouvait-elle se permettre de douter ? Sans bouger la tête, une goutte de sueur sur le visage, elle soupira, puis posa contre le mur son fusil. Sachant qu’elle ne pourrait éviter un tir de blaster dans cette situation, elle se permit de détourner le regard pour regarder Jessa, et de répondre d’un ton sec.

“- J’espère pour vous que vous avez raison, sergent instructeur.”

Prenant de sa boîte un bandage, elle retira le cathéter et se dépêcha de recouvrir le bras de Jessa, avant de faire de même pour elle. Désormais détachée, Erza se leva, et se mit face au sergent. Elle était bien plus petite et plus fine que lui, mais n’était pas du tout impressionnée. Reprenant son regard habituel, le regard vide d’une tueuse professionnelle, elle dévisagea son interlocuteur, prête à agir au moindre problème. Elle était loin d’être stupide, foncer sur lui serait du suicide, mais s’il tentait la moindre action sur Jessa, elle serait là pour la défendre.
Jetant un œil à la zeltronne couchée au sol, elle reprit la parole.

“- Je suppose que vous êtes venus à la recherche de votre recrue… A moins que ce soit elle qui vous ai appelé ici… Elle est vivante, juste épuisée. Reprenez-la, puis repartez, et tout le monde sera content.”

Non, tout le monde ne sera pas content. Qu’allait-il se passer pour Jessa ? Erza ne connaissait pas le coin, elle ignorait où se trouvait l'hôpital le plus proche, et combien de temps Jessa pourrait encore survivre… Mais quelles étaient les options ?
La tireuse d’élite ne faisait confiance à personne d’autre que Jessa. Mais là, sa vie est en jeu. Que ferait-elle à sa place ?

Cet homme est probablement venu pour la jeune soldate. Mais Jessa lui a offert sa confiance, et elle a fait tout son possible pour la sauver. Tant pis, même si ça ne lui plaisait absolument pas, Jessa passait avant tout. Elle était tout pour elle, son monde, son univers, sa raison de vivre.

“- … Sauvez…”

Parler était difficile, car en plus de ne pas particulièrement aimer ça, parler à un inconnu potentiellement dangereux était un calvaire. Mais elle finit par prononcer une phrase entière.

“- Sauvez-la. Je n’en ai pas les capacités, son état… Son état est trop critique, elle est… Si proche de la mort... J’ai nettoyé et pansé ses plaies, j’ai retiré tout ce qui pouvait bloquer la cicatrisation, et j’ai cautérisé certaines plaies trop profondes mais… Elle manque de sang. Elle a besoin de sang. Si elle n’est pas prise en charge dans les minutes qui suivent…”

Elle ne finit pas sa phrase, cela était trop difficile pour elle. Juste imaginer Jessa mourir était impensable pour elle. Faire confiance à un officier était pour elle une très mauvaise idée, elles étaient toutes les deux des criminelles, il pourrait à tout moment profiter de la situation pour les livrer à la police et gagner en prestige. Car même si les deux jeunes femmes faisaient partie de la Guilde, Erza restait une criminelle de guerre, une rebelle, une terroriste, ayant éliminé de nombreuses personnes, femmes et enfants compris, et même si elle a changé de voie, le passé reste. Elle savait que le jour où elle se ferait arrêtée, son passé allait sûrement la condamner, elle pourrait même être renvoyée sur Doan où elle sera jugée comme rebelle et condamnée à mort, ou pire…
Mais si c’est pour sauver Jessa, le risque était prenable.
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By Ménoï Vashins
#40031
La méfiance et le dédain était partagé des deux parties.
Ils se lorgnaient en nexus de faïence, prêt à bondir à la gorge de l’autre en moins d’une seconde.

Lorsqu’enfin la jeune humaine accepta de déposer son arme, le sergent Takon esquissa un sourire mauvais qui retroussa un pan de ses lèvres, sentant la satisfaction se répandre dans ses veines : il avait très nettement l’avantage sur la jeune femme.

Malgré les dires de l’inconnue, il avança à pas mesurés jusqu’à sa jeune recrue, face contre terre, sans jamais quitter des yeux l’énergumène encapuchonnée qui le toisait avec tout le mépris qu’elle pouvait rassembler.
La tenant toujours en joue, il porta deux doigts à la gorge de Vashins, observant en silence les pulsations qui tambourinaient contre la pulpe de ses doigts forts.
Le zabrak ne pu s’empêcher d’esquisser le début d’un soupir de soulagement en constatant que l’humaine n’avait pas menti, et il se permit même un regard léger vers sa jeune recrue évanouie, retournant un instant le corps inconscient de Ménoï pour observer son visage.
Un œil au beurre noir parfaitement rond était en train de poindre depuis le haut de son arcade sourcilière, qui avait malencontreusement rencontrer le sol un peu violemment, mais le sergent ne nota rien d’alarmant chez elle.

Reprenant une posture verticale, il évalua la situation autour de lui, n’oubliant en rien la femme postée près du lit où respirait à peine l’autre zeltronne, visiblement sur la défensive.

La salle dans laquelle il se trouvait ressemblait non plus à un débarras puant, comme il l’avait d’abord pensé, mais plus à un nid.
C’était dysfonctionnel et parfaitement pas organisé, mais personne ne peignait son local à poubelle avec des couleurs aussi chatoyante, et normalement on ne jetait pas ce qui était censé resservir.
Hormis les pièces mécaniques qu’il apercevait au milieu de tout le reste semblait en bon état, bien que souvent usagées, et au milieu de tout se trouvait différent stock de médicaments, de matériel médical ou esthétique, des vêtements, un peu de tout en fait !

“- Sauvez-la. Je n’en ai pas les capacités, son état… Son état est trop critique, elle est… Si proche de la mort... J’ai nettoyé et pansé ses plaies, j’ai retiré tout ce qui pouvait bloquer la cicatrisation, et j’ai cautérisé certaines plaies trop profondes mais… Elle manque de sang. Elle a besoin de sang. Si elle n’est pas prise en charge dans les minutes qui suivent…”


La voix de la femme, plate, ne correspondait pas au plaidoyer qu’elle tentait de mettre vainement en place pour son « amie » chasseuse de prime.
Pourtant sa détresse semblait réelle, derrière le masque immuable de son visage à demi masqué.

Accrochant son regard à celui d’Erza de manière pénétrante, le zabrak souffla par le nez d’énervement.
Contrairement à elle, il tenait toujours son blaster à la main, se trouvait toujours en contrôle de la situation, là où la tueuse à gage venait de reconnaître son abandon de la partie.
Sa position de force lui paraissait de plus en plus stable, aussi se permit-il de répondre avec un sadisme assez satisfaisant :

-« Et en quoi, je vous prie, la vie pathétique d’un chasseur de prime concerne-t-elle la grande armée de la Nouvelle République ? »

Takon laissa sa phrase résonner dans le crâne de son interlocutrice qu’il braquait toujours, tandis que se formait sous ses cornes le début d’un plan.
Il avait eu vent, via de multiples connaissances dans le secteur de l’espionnage militaire de l’armée, de myriades de planques non-encartées minant les bas-fonds de Coruscant, et qui échappaient la plupart du temps à tout contrôle et à tout regard de la République ou de ses alliés les Jedis.
Il n’avait malheureusement pas le grade pour accéder à de telle informations, aussi n’avait-il eut le droit qu’aux miettes, qu’aux rumeurs, qu’aux prémices d’une informations plus ou moins valable !

Ménoï Vashins n’avait pas découvert ce lieu perdu de l’œil géant des caméras de surveillances.
La chasseuse de prime, qui était en train de mourir devant lui, oui!

Elle, elle pouvait avoir certaines de ses informations !

Et autant la vie ou la mort de la grande zeltronne ne lui faisait ni chaud ni froid, autant l’intérêt qu’elle pouvait représenter pour lui comme pour l’espionnage et la protection de la Nouvelle République pouvait être grand, même à une si faible échelle. De plus, si elle se sentait redevable envers sa triste petite zeltronne à lui, elle serait d’autant plus facile à manipuler.

Pour une fois que Vashins lui permettait d’avoir des opportunités !

En plus de cela, imaginer un chasseur de prime à la botte de l’armée le rendait assez agréable.
Takon ne pouvait cependant pas se permettre de faire savoir qu’il pouvait avoir besoin d’elle (et donc qu’il avait également à cœur, finalement, la survie de Jessa), aussi il commença à énumérer :

-« Trouble à l’ordre public, attaque potentiel contre un agent de l’armée de la NR, coups et blessures graves… Est-ce une chasseuse de prime ? Hmm ? Fait-elle partie de la guilde au moins ? Avait-elle un contrat spécifique lui permettant d’avoir accès a cet étage de Coruscant ? »

Il jeta sa main devant lui d’un geste autoritaire, coupant toute possibilité de réponses à la femme en face de lui, appréciant le pouvoir qu’il avait actuellement sur elle.
Il était en parfait contrôle !

-« Les soins qui pourraient lui être apporté ne seront certainement pas gratuit, surtout que si je lis bien l’histoire, il se pourrait que votre… « amie » se trouve redevable de l’armée ». Il fit un rapide signe de tête vers Ménoï, toujours à plat ventre par terre, baignant dans l’inconscience la plus totale. Oui, c’était ça le machin envers qui l’autre zeltronne était redevable. S’il ne l’avait pas vue de lui-même, il ne l’aurait pas cru non plus ! « Maintenant, l’armée n’a pas besoin de l’argent sale venu du portefeuille d’un chasseur de prime ! Néanmoins elle devra payer ces dettes ! »

Takon surplomba Erza de toute sa stature, muscles en avant sous son armure, grognement désapprobateur à l’appui.

-« Je me charge personnellement de sa remise à un poste de soin militaire compétent, en échange de ses services. Attention, je ne parle pas d’un contrat, elle ne gagnera pas d’argent, peut être à peine sa liberté, si les résultats se montrent… Satisfaisant… »

Et comme il avait un petit côté salaud bien prononcé, le sergent instructeur se permit un sourire narquois insupportable :

-« Dans son état, elle ne répondra pas. Vous avez sa charge… Dépêchez vous de prendre votre décision voyons, le temps passe… Tic tac tic tac… »
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By Jessa
#40037
Quand Erza vit le sourire mesquin du sergent, elle comprit qu’elle avait fait une grave erreur. Ce n’était pas le genre de soldat amical, typique de la propagande républicaine, aidant son prochain par plaisir le sourire aux lèvres. De toute façon, ce genre d’image n’existe pas.
Il aurait été stupide de croire qu’il baisserait également son arme, et Erza détestait se sentir aussi démunie. Jetant des regards rapides dans la salle, elle cherchait une option de sortie pour Jessa et elle, au cas-où la situation dégénérait. Vu l’amour malsain que portait Kate aux explosifs en tout genre, elle devrait en trouver un rien qu’en se baissant, et l’utiliser en diversion.

“La vie pathétique d’un chasseur de prime”... Ces mots énervèrent d’autant plus Erza. Cet homme était exécrable, méprisable au plus haut point. Non mais pour qui se prenait-il ? Il n’était qu’un sergent instructeur, au bas de l’échelle hiérarchique de l’armée, et il se permettait de parler de “grande armée de la Nouvelle République”.
Dans les faits, il était loin d’être le premier à avoir ce genre de comportement devant elle, et loin d’être le plus détestable du lot. Mais cette fois-ci, c’était différent. Il se permettait de se moquer de la survie de Jessa, qui ne pouvait même pas se défendre ! Ce couard déchaînait toute sa haine, sa rancune et son égo sur une personne inconsciente et aux portes de la mort, alors qu’il ne la connaissait ni d’Eve ni d’Adam !

Erza avait entendu parler de la haine portée par l’armée de la NR envers les chasseurs de primes, mais elle ne pensait pas que ça serait à ce point. Cela ne faisait qu’augmenter ses idéaux: Personne n’est digne de confiance dans cette galaxie, il n’existe pas de bons samaritains. Les gens sont mauvais, la corruption règne partout. Seule Jessa lui a tendis la main, l’a prit sous son aile, s’est occupée d’elle, sans rien n’attendre en retour…

Alors ce n’est pas cet instructeur de pacotille qui allait leur faire la morale. Elle a beau être bien plus jeune, Erza est une enfant née de la guerre, qui a pris les armes très tôt. C’est une véritable vétéran, avec une quinzaine d'années d’expérience derrière elle. Après autant d’années, beaucoup de soldats prennent leur retraite. Il y a des chances qu’elle ait plus d’expérience que lui, malgré son âge avancé. C’est pour ça que malgré les attaques gratuites et provocatrices de son interlocuteur, la tireuse d’élite gardait son sang froid. Il cherchait à l’énerver, il voulait sûrement se délecter de sa colère, de sa détresse, se sentir puissant, hors de question de lui accorder ce plaisir. Elle n’était pas intimidée du moins du monde, pas apeurée. S’il voulait les tuer, il l’aurait déjà fait.

Comme elle s’y attendait, le sergent prononça à voix haute la liste des actes reprochés à Jessa. Il ne lui laissait pas répondre, typique de ceux n’ayant pas d'argumentaire, ou trop égocentriques pour se permettre de se retrouver sans défense solide. Il voulait juste apprécier sa supériorité partielle. Déplorable…

Il refusait de la soigner gratuitement, et il refusait de l'argent sale venant d’une chasseuse de prime. Parce que son argent à lui était propre peut-être ? D’autant plus que comme elle, il n’avait pas toutes les informations sur cette affaire.
Quand il s’approcha d’elle, essayant de l’intimider, se sentir plus grand qu’elle par sa carrure, elle monta les yeux vers lui, son regard toujours aussi vide, aussi effrayant. Il voulait un service en échange de ses soins, il voulait acheter une vie ! Mais il n’avait rien pour l’arrêter, car elle n’avait rien fait de suffisamment grave pour perdre “sa liberté”.

Tic, tac… Ce sourire narquois et ce ton étaient suffisant pour énerver beaucoup, mais Erza trouvait juste cela pathétique. Elle aurait même eu pitié de lui s’il ne jouait pas autant avec la vie de Jessa. Après que le sergent ait fini son monologue, elle prit enfin la parole.

“- … Vous êtes pathétique. “La grande armée de la Nouvelle République” ? Je ne vois qu’un instructeur, proche de la retraite. Vous avez fait la guerre ? Ou pensez-vous pouvoir m’intimider avec ce genre de jeu mesquin ? En tant que corps de l’armée, vous devez montrer l’exemple, et protéger les intérêts de la NR. En refusant d’aider une personne mourante, vous entachez la réputation de la NR. Nous sommes toutes deux des chasseuses de primes, et nous travaillons pour la Guilde. Pas besoin de contrat, elle vit à cet étage. Vous parlez sans savoir, mais cela ne marche pas avec moi. J’ai fait la guerre, j’ai vu énormément de soldats, d’officiers de tout genre, de tout camp. Votre discours marche sur les petites frappes, les criminels, mais pas sur moi.”

Erza parlait énormément, c’est même la première fois qu’elle parlait autant à la suite. Contrairement à son interlocuteur, elle ne prenait pas plaisir à tenter de déstabiliser l’adversaire. Elle disait ce qu’elle pensait, c’est tout.

“- Vous comptez obliger mon amie à travailler pour vous en échange de sa survie ? Ridicule. Si vous refusez de nous aider, soit. Prenez l’autre zeltronne, et au-revoir. Je me débrouillerai.”

Lui tournant le dos, Erza tenta de soulever Jessa pour partir avec elle. Mais la tueuse professionnelle n’est pas très puissante, et Jessa était plus lourde que son propre poids. Si on ajoute le fait qu’un corps inerte est d’autant plus difficile à soulever, la tâche sera complexe. Mais parmi le bric à brac de Kate, elle devrait pouvoir trouver de quoi l’assister. Sans se retourner, tout en vérifiant le pou de son amie et la température de sa peau, elle reprit.

“- Au final, soldats impériaux ou de la NR, vous êtes les mêmes.”
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