L'Astre Tyran

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Les défaites de Yavin et Endor n'ont pas entamé la foi du gouvernement de Yaga Minor dans la doctrine impériale. La Nouvelle République suppose d'ailleurs que les quartiers de l'Ubiqtorat sont toujours dissimulés au fond des grottes et des forêts de cette planète qui abrite également de puissants chantiers navals.
Gouvernement : Empire
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By Zygmunt Molotch
#36635
Flight to LAPD - Hans Zimmer & Benjamin Wallfisch]


Cela faisait bien 3 mois qu'il était attendu, 3 longs mois depuis qu'on l'avait sorti de l'enfer sur Haruun Kal ou il avait passé 3 mois également à subir tortures et maltraitances aussi bien physiques que mentales sans discontinuer. Une longue période de souffrance constante qui l'avait mené au bord de la folie, au point que, afin de sauvegarder un peu de lui-même, son esprit s'était refermé sur lui-même et avait occulté tout ses souvenirs. Mieux valait qu'il ne se rappelle de rien pour y survivre et peu importait qu'il perde toute la mémoire de sa vie entière au passage. On l'avait soumis à toutes sortes de châtiments et de douleurs aussi imaginatives que terribles. Malheureusement, s'il était bien une chose à laquelle Isard excellait, c'était celle de faire souffrir ceux qui la gênaient.

Sauvé par un commando impérial mené par la conseillère de l'Empereur et le chasseur de primes rencontré sur Nouane, il avait été sorti complètement détruit de là avant d'être transféré d'urgence sur Delchon pour y subir des soins les plus complets et efficaces que possible. Et là résidait le premier problème de sa situation. Toute reine, Moff et conseillère qu'elle fut, Helera Kor'rial n'aurait jamais dû pouvoir l'emmener au nez et à la barbe du Bureau, qui n'appréciait nullement qu'on lui enlève un de ses propres éléments. Le BSI s'estimait parfaitement capable de s'occuper de ses propres agents sans intervention extérieure et personne, excepté dans les plus hautes sphères de l'agence, ne devait pouvoir lui couper l'herbe sous le pied comme ça.

A ce problème venait s'en greffer un autre, celui de la longue durée durant laquelle le captif avait été retenu comme patient. Le royaume nelvaanien jouissant d'un statut un peu particulier, pas même le Bureau n'avait pu obtenir de force la permission d'y aller pour réclamer ce qui lui revenait de droit, du moins pas sans risquer un esclandre dommageable. Mais le Bureau était patient et savait que ce n'était qu'une question de temps avant que son tour ne vienne. L'agent senior Aemos avait fait tout son possible pour arranger les choses et faire comprendre à ses supérieurs qu'il était nécessaire de laisser la jeune femme dicter la partie pour le moment. Mais son autorité, plutôt relative somme toute, avait ses limites et elles avaient été franchies au bout d'un mois sans nouvelle.

Certes, des rapports succins provenaient de Delchon chaque semaine pour indiquer l'état de l'agent et tenir au courant le Bureau mais ça n'était pas suffisant. Les supérieurs d'Aemos et de Molotch de fait, exigeaient sans cesse de pouvoir interroger leur agent eux-mêmes afin de cerner au mieux la situation. 6 mois s'étaient écoulés depuis que l'attentat sur Nouane avait été stoppé, malgré les révélations fracassantes au sujet du géniteur de l'Empereur. Les plans d'Isard avaient subi un revers temporaire, non sans qu'elle n'eut marqué un point également. Faute de nouvelle piste, le Bureau était soumis à une pression extrême et cherchait désespérément quelque indice ou coupable.

Toute la question allait être maintenant de voir s'il allait servir de bouc émissaire ou non.

C'est sur cette pensée songeuse et peu enthousiaste que Molotch débarqua du transport qui l'avait mené par diverses destinations depuis Delchon jusqu'au monde-capitale de l'Empire. Il était de retour à la maison en quelque sorte et ce à plus d'un titre. Mais était-il là pour être traité en hôte ou en intrus ? Il n'allait pas tarder à le savoir. L'uniforme du Bureau l'irritait et l'agaçait. Jamais il n'avait aimé cette tenue et sa mémoire défaillante lui avait rapidement rappelé que les tenues civiles plus confortables avaient largement sa préférence. Mais le protocole étant ce qu'il est, il avait jugé logique de s'habiller en conséquence. D'autant que mieux valait ne pas donner de raison supplémentaire à ses supérieurs de le saquer.

On était visiblement en début d'après-midi sur Yaga Minor. Il y avait un petit vent frais plutôt agréable en cette fin d'année qui le fit frissonner malgré tout. Ou bien était-ce autre chose ? Poussant un soupir las après un aussi long voyage, l'agent constata rapidement une fois hors de l'appareil qu'un petit détachement l'attendait à l'entrée du sas. Un vieil homme qui devait probablement être Aemos l'attendait, escorté par 3 autres agents à la mine fermée et au visage neutre. Leurs insignes les identifiaient comme étant de la branche Surveillance comme lui. Peut-être était-ce bon signe de se dire qu'il avait au moins évité l'accueil par des types de Rééducation ou Interrogatoire...

Il fit mine d'esquisser un salut militaire mais Aemos lui tendit la main, le visage sévère malgré une expression indéchiffrable au visage. Surpris, il tendit la main droite avant de se rappeler du léger problème lié et compensa en tendant la gauche. Le vieux ne fit pas de commentaires en découvrant l'absence de main droite et lui serra la main d'une façon qu'il aurait presque cru chaleureuse.

Agent Molotch.
Agent senior.
Bienvenue au quartier général du Bureau.
Je vois que tout a été reconstruit rapidement ici.
Les travaux de rénovation ont commencé immédiatement après que les dégâts ont été constatés. L'Empereur a ordonné de ne pas traîner.
On aurait presque l'impression qu'il ne s'est rien passé...
Suivez-moi je vous prie, il est temps.

Il était plus que temps en effet. Temps de voir ce que l'avenir lui réservait maintenant.
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By Zygmunt Molotch
#37069
Les bruits de pas résonnaient à travers les grands couloirs du palais. Tout semblait immaculé et propre à un point indécent. Il se rappelait pourtant en partie l'attentat et à quoi tout ça avait ressemblé des mois et des mois auparavant. Un champ de bataille, une ruine fumante et instable ou le feu et la mort régnaient de concert, omniprésents. A présent qu'ils progressaient à travers ces vastes couloirs, il aurait presque pu se mettre à douter de ces souvenirs. Mais non, c'était simplement le travail remarquable des maçons et ingénieurs impériaux qui avaient rebâti sitôt que la zone avait été sécurisée après l'attaque.

Ils croisèrent peu de monde malgré tout, au point qu'on aurait pu croire qu'il n'y avait personne dans tout le bâtiment en dehors d'eux. L'aile contenant l'antenne du Bureau était pourtant suffisamment peuplée, il soupçonna donc que ses hôtes avaient fait en sorte que nul ne les dérange jusqu'à ce qu'ils soient arrivés à destination. Ce n'était pas une supposition idiote après tout, moins on serait nombreux à le voir, moins il y aurait de commérages. Même dans la police politique impériale, on ne pouvait pas éviter les bruits de couloir. Le petit groupe continua sa route jusqu'à entrer dans une salle de réunion des plus banales par son aspect avec une table longue et quelques chaises. Molotch s'assit d'un côté et Aemos en face tandis que les troopers se placèrent de part et d'autre dans la pièce, attentifs et silencieux. Bien qu'invisible, un miroir sans tain, blindé, permettait à quelque observateur extérieur d'assister au débriefing sans que nul n'en fut conscient. Quant à savoir qui les épiait...

Bien, agent Molotch, vous voilà enfin. Mettez-vous à votre aise je vous en prie.
Dans la mesure ou on peut l'être quand on se retrouve au quartier général du BSI, sous "escorte" qui plus est.
Ces hommes sont là uniquement à titre de décorum je vous assure. Vous n'êtes pas notre prisonnier ni notre ennemi.
Si vous le dites.

Pour qui le prenait-on, franchement ? Il n'était pas dupe. Peut-être qu'effectivement les troopers n'étaient pas là pour le flinguer ou l'emmener de base mais il ne faisait aucun doute pour lui que si ses réponses ne convenaient pas au Bureau, ça se terminerait mal pour lui. Il connaissait la procédure, après tout il était de la maison. Et s'il n'était pas un traître, il savait très bien que pas même un agent du Bureau ne pouvait s'attendre à un traitement de faveur. Il fallait toujours rester sur ses gardes ici, toujours.

Votre sarcasme m'avait presque manqué.
Si je ne suis accusé de rien, cela veut-il dire que je serais libre une fois cet entretien terminé ?

Il crut voir les épaules du vieux s'affaisser légèrement, comme prises sous le poids d'un fardeau trop lourd à porter. Mais peut-être avait-il rêvé.

Nous y viendrons. Avant cela, nous devons vous débriefer. Vous savez à quel sujet j'imagine.
Les circonstances de ma disparition sur Nouane après la tentative d'assassinat avortée sur le père de l'Empereur et ma longue captivité j'imagine.
C'est exact. Et également votre séjour dans le royaume nelvaanien. Commencez par le début, après l'attentat du palais de Yaga Minor, vous avez disparu dans la nature avec la Moff Kor'rial, présumée morte alors. Que s'est-il passé ?
Cela remonte et mes souvenirs sont quelque peu flous mais je vais tâcher de répondre de mon mieux. Comme nous ignorions alors qui était derrière cette attaque, j'étais certain toutefois qu'un tel attentat n'avait pu se faire sans de solides liens internes à l'Empire. Ne sachant à qui faire confiance, j'ai pris sur moi de cacher la Moff dont je savais qu'elle était la cible première de la bombe. Une fois que j'ai établi avec certitude à qui me fier, nous avons confié ses enfants à une équipe de protection du Bureau séparément de celle qui veillerait sur elle. J'ai alors entrepris de me joindre à la traque.
Mais vous n'avez pas été bien longtemps avec vos collègues du Bureau sur le terrain.
Non en effet, j'avais toujours des soupçons et ne pouvais écarter la pensée que des membres du Bureau faisaient partie de l'attentat. C'est pourquoi j'avais confié à la Moff un moyen de communiquer en cas d'extrême urgence. Par chance, elle parvint à me contacter juste au moment ou des tueurs étaient sur le point de l'éliminer après avoir eu ses protecteurs. En cavale, nous avons pris sur nous de ne nous fier à personne et de continuer la traque, seuls.
C'était là une décision dangereuse, privés de tout soutien, comment espériez-vous vous en sortir ?
Si vous vous souvenez bien, je vous ai contacté en secret et m'en suis remis à vous. Des agents nous suivaient à distance par souci de prudence. Nous avons remonté la piste jusqu'à un ancien soldat de l'Armée de terre dont le neveu était lié à l'attentat et avons appris qu'ils faisaient partie d'un groupe bien plus vaste et dangereux qui avait déjà prévu son prochain coup.
Ou était-ce prévu ?
Sur Nouane, la planète natale de l'Empereur.

Il y eut un silence relativement long bercé par le bruit des grilles de ventilation qui diffusaient un air frais et agréable dans la salle de réunion. Non, pas de réunion, la salle d'interrogatoire. Molotch posa sa main valide sur la table tandis que son bras terminé par un moignon bien cicatrisé, caché sous les replis de son uniforme, ne montrait guère grand-chose. Il fixait d'un air vide son supérieur qui lui rendait son regard, pénétrant et le front plissé par la concentration.

Comment vous y êtes-vous rendus ?
Nous avons utilisé le vaisseau personnel de la Moff, bien qu'il ait fallu pour cela induire en erreur les autorités afin de ne pas alerter nos ennemis, de peur qu'ils aient leurs espions partout. Sitôt arrivés, nous avons...
J'aimerais revenir sur un point avant que vous ne continuiez. Vous avez pris le vaisseau personnel de la Moff Kor'rial dites-vous. Seuls ? Juste vous deux ? Aucun trooper ou garde de sécurité ? Pas d'agent du Bureau sûr ?
Comme je vous l'ai dit, je n'avais confiance en personne à ce moment-là. Mieux valait ne pas prendre de risque.
Je vois. C'est intéressant. Et il me semble qu'après l'attentat au palais, vous aviez recueilli également la Moff chez vous, exact ?
Tout à fait, pour la même raison que précédemment.
Bien entendu.

Y avait-il sur le visage ridé du vieil homme un sourire narquois ? Suspectait-il quelque chose de la vérité ? Il espérait bien que non ou cela risquait de définitivement compliquer les choses, comme si elles ne l'étaient pas déjà assez. Et il ne croyait pas si bien dire. S'il s'était douté qu'actuellement, à l'autre bout du couloir, dans une pièce parfaitement semblable à celle ou il se trouvait, tout autant truffée de micros et autres dispositif coûteux, était assise la susnommée en attendant qu'on vienne l'interroger, probablement aurait-il été moins rassuré, voire nerveux. Et on ne voulait pas qu'il en soit ainsi, n'est-ce pas. Fort heureusement (ou non, selon le point de vue), elle n'eut pas à attendre bien longtemps avant que la porte ne s'ouvre et que ne fut introduit un homme d'aspect et d'âge moyens, qui n'avait rien de bien particulier quand on le regardait.

Evidemment, c'était le but et le danger. On avait tendance à se représenter les membres du Bureau comme des super-espions rutilants, forts en bouche et portés à l'action explosive, avec un physique soit intimidant soit sexy soit inquiétant soit les trois en même temps. Dans les faits, la grande majorité des agents étaient totalement à l'opposé de l'imaginaire collectif mais cela ne les rendait pas moins dangereux. D'autant que sous un physique souvent ordinaire, parfois ingrat, se cachait souvent des interrogateurs redoutables, sans le moindre scrupule et aucune pitié avec des tendances quelque peu sadiques. Ajoutez le fanatisme le plus aveugle en leur travail et vous obteniez un tableau charmant de ces individus.

Ah... Madame la Conseillère, merci d'avoir bien voulu nous accorder du temps.

Il avait une voix douce, mais pas le genre douce comme la soie, plutôt douce comme un linceul. Pour ceux qui ne saisissaient pas l'image, ça voulait dire qu'il était quelque peu inquiétant le bougre. Et ça n'était pas son air de chien battu ni son expression digne d'un zombie qui allait le rendre plus chaleureux ou accueillant. On lui avait vraiment réservé un sacré cas d'école encore. Il feuilletait un dossier sur son datapad, totalement fasciné par ce qu'il lisait et semblant prêter peu d'attention à la jeune femme en face.

Vous vous sentez bien ? Vous avez soif ou faim peut-être ? Le voyage n'a pas été trop long ni difficile ?

Les politesses d'usage avant tout, ensuite l'interrogatoire allait vraiment commencer. Prête à une petite joute verbale avec les charmants agents du BSI ?
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By Helera Kor'rial
#37124
Ses bottes claquaient sur le sol de pierre, résonnant à travers le couloir austère du bureau. Venant se mêler à ce son singulier, d’autres plus petits, plus discrets, des soldats en noir et arme au poing qui escortaient sans un mot. La luminosité était faible, jaunâtre et rebondissait seulement sur le plafond dans une ambiance que l’on aurait presque pu qualifier de cosy. Mais dans cette ambiance, régnant une atmosphère lourde. Seuls leurs bruits de pas faisaient défauts à ce silence. Quelques portes dans ce long couloir menaient vers des lieux tenus secrets et des pièces invisibles. La reine était pourvue de son uniforme administratif, couloir grise saillante, portant sur les épaules un long manteau grisâtre dont elle n’avait pas enfilé les manches et qui tenait droit par les épaules. Un officier attendait devant une porte sur la droite, les mains jointes dans le dos, le visage caché sous son béret. La reine, arborant son titre de conseillère en cet endroit, se posta devant l’officier, droite comme un « I ». Ce dernier déplaça sa jambe en arrière, et son bras vint se poster devant son buste, tout en inclinant la tête.

« Bienvenu, madame la conseillère. Je serai votre agent pour cet entretien. Si vous voulez bien vous donner la peine. »

« Bonjour Agent », fit-elle simplement.

Elle n’avait pas à saluer autrement que de cette manière, alors elle n’en fit rien, mais marqua tout de même le fossé qui les séparait en le laissant dérouler le protocole. Car d’ordinaire, elle refusait qu’on la salue de manière si prononcé, prenant cela comme une marque désuète de dévalorisation intellectuel. L’uniforme primant sur la réalité psychique et charismatique. Comme indiquée, elle tourna alors sur la droite et pénétra une petite pièce austère avec une seule table au centre et une chaise de part et d’autres. Evidemment, il y avait une vitre en double teint. Mais en revanche, elle nota la présence d’un appareil de distribution d’eau. Surement pour subvenir aux besoins des gorges sèches, affublé à déballer tout ce qu’elles savaient. L’agent servit deux verres qu’il présenta respectivement des deux côtés de la table, l’invita à s’assoir et fit de même. Les soldats quant à eux se divisèrent. Deux restèrent dans la pièce, un dernier monta la garde. Helera regarda ce manège d’un œil sobre, puis croisa les bras et regarda l’agent. Il posa son datapad sur la table et lu quelques instants, avant de commencer :

« Madame la conseillère, nous avons souffert de votre absence un certain temps. Quelques bribes des évènements ayant précédé l’attaque de Nouane nous sont parvenus, mais il reste encore quelques zones d’ombres dont j’aimerai m’entretenir avec vous. »

« Procédez, agent. »

Helera attendit que le protocole soit déroulé et tenta d’accélérer les choses. A quelques mètres de là, Zygmunt subissait le même interrogatoire, elle le sentait.

« Madame la conseillère, après les évènements du palais impérial, il apparait que vous avez disparu de la surveillance du bureau avec l’agent Molotch. Pouvez-vous compléter ? »

« Après l’attentat, dont l’agent Molotch a réussi à m’extirper avec mes proches, le bureau m’a isolée et mise sous surveillance. Mais les agents ennemis ont réussi à éliminer mes gardes et tentez de me supprimer. J’ai donc contacté l’agent Molotch par le communicateur qu’il m’avait tantôt transmis et je me suis enfuie, après m’être débarrassée de l’assaillant. »

« Est-ce que vous seriez pourquoi il vous a confié cet appareil, envers et contre tout ordre de ses supérieurs ? »

« Parce qu’il présumait une attaque, et compte tenu du manque d’informations quant aux personnes à qui faire confiance, il a préféré suivre son instinct. »

Helera n’avait pas bougé, les mains toujours jointes. L’agent non plus, ne montrant aucun signe d’agacement ou à l’inverse de complaisance. Non, par contre, Helera sentait tous les sentiments qui passaient dans son esprit et l’orgueil dont il faisait preuve était blessé. Méfiance.

« Pourquoi vous en remettre à lui, particulièrement ? Vous deviez tout de même avoir des contacts de confiance dans l’empire. »

« Je n’avais aucun moyen de savoir qui était fiable ou non. J’étais également en manque de moyens de communication et on m’avait totalement isolée de tout. L’agent Molotch quant à lui n’a pas hésité à m’extraire du palais en flamme. C’était le seul en qui je pouvais avoir confiance. »

« Pourtant, il vous a engagé avec lui dans la traque de vos agresseurs, mettant votre vie en danger. Je me trompe ? »

Helera se remémora les évènements qui avaient suivi sa tentative ratée de mourir. Elle s’était réveillée dans un lit, seul élément à peu près potable d’un local désaffecté. Changement d’identité à ce moment-là.

« C’était un choix de ma part que de vouloir les traquer. Helera Kor’rial était considérée comme morte, j’ai pris les traits de Katja Zai. »

« C’était en dehors de votre habilitation, madame la conseillère. »

« Oui, mais pas pour une agente du bureau. »

L’autre leva les yeux de son datapad, la fixa quelques instants sans mot dire, face à un visage royal qui restait de marbre, toujours. Il poursuivit.

« L’attentat sur Nouane fait état d’une attaque à la bombe. Mais plus étrange encore, il apparait qu’une tempête de neige s’est déclarée à ce moment-là. Quel est votre ressenti là-dessus ? »

« Il y avait deux bombes, et n’ayant pas le temps pour les équipes de déminage de les désamorcer les deux, j’ai dû les geler. »

« Pouvez-vous étayer ? »

« J’ai utilisé la chaleur de l’air que j’ai condensé et réduit à l’état de glace. Dans la précipitation, je n’avais d’autres choix que de surprendre le mécanisme en surgelant les circuits. Le contre coup fut de plonger la ville dans un hiver non prévu. »

Il fronça les sourcils.

« Quand vous dites que vous avez provoqué la condensation … »

« Je suis conseillère sensitive car je maîtrise la Force, j’ai certaine aptitudes, dont celle-là. »

Un silence pesant s’en suivit. Silence dans lequel il resta fixé sur le datapad, regardant les images prises ce jour-là, l’état des bombes, la quantité de givre. Dans son oreillette, il recevait des ordres, des indications, qui firent froncer les sourcils de la reine, peut-être pour la première fois de l’échange. Elle remonta le regard vers la vitre, observant les deux hommes qui faisaient de même. Ils pensaient peut-être se dissimuler d’elle ? Personne ne le pouvait. Quant aux prochaines questions orientées, elle s’y était attendue.

« Pour vous y rendre, vous avez utilisé votre vaisseau personnel ? »

« Oui. »

« Il n’y avait que l’agent et vous-même ? »

« Oui. »

« Et cela a duré plusieurs jours. Deux si je me souviens bien ? »

« Oui. »

« C’est également chez l’agent Molotch que vous êtes allées vous recueillir après les événements ? »

« Oui. »

« Enfin, c’est de votre royaume que l’agent Molotch venait et où il a passé ces derniers mois de médication. Temps pendant lequel vous avez refusé l’intervention du bureau pour, et je cite, une médication traumatique pour des traitements psychiques et psychologiques. Les apparences appellent à se poser des questions sur la relation que vous entretenez. »

« La prudence quant à elle vous enjoint à vous méfier des déductions trop évidentes, mais également des personnes courroucées à qui vous les proférez. »

Suite au silence, arriva le froid. L’atmosphère était posée, la reine ne bougeait plus, lui non plus.
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By Zygmunt Molotch
#37144
Ça n'avait pas commencé depuis plus de 5 minutes qu'il en avait déjà marre d'être ici. Il avait pratiquement tout donné pour l'Empire et on en était quand même à le soupçonner de... De quoi au juste ? D'avoir tout déballé sous la torture ? Même l'Empereur n'aurait certainement pas résisté bien longtemps face à ce qu'il avait subi. D'avoir protégé sa conseillère ? Ça s'appelle faire son boulot les gars. Alors quoi encore ? D'avoir permis qu'elle use de ses pouvoirs magiques strictement prohibés par loi officielle ? Il y avait la théorie et la pratique, c'était bien beau de vouloir interdire ce genre de trucs pour le bien de la population - et il était ordinairement d'accord en plus - mais dans la situation d'alors, c'était ça ou assister impuissant à l'explosion des bombes. Ils auraient peut-être préféré que tout un coin de la ville soit rasé pour se sentir plus propres ?

Bon, reprenons donc. Il est tout de même étonnant et j'insiste là-dessus que vous ayez choisi d'accompagnez la conseillère dans son vaisseau personnel, vous ne trouvez pas ?
Ouaip, j'aurais probablement dû la laisser partir toute seule, c'était mieux pour sa sécurité.

Regard noir du vieux, décidément, même les mauvais traitements et l'amnésie n'avaient pas suffi à faire disparaître son fichu sarcasme.

Vous auriez pu la confier à nos agents de confiance avant de partir rejoindre les équipes du Bureau de Nouane pour reprendre la traque.
Et perdre un temps considérable en paperasse par la même occasion. Ce sans même parler du fait qu'elle n'aurait probablement pas été d'accord. Vous avez peut-être remarqué que ce n'est pas le genre de femme à aller faire la cuisine et le ménage en baissant la tête.

Ce qui était peu de le dire, pour sûr. Quoiqu'elle cuisinait très bien mais ça n'était pas le sujet.

Et qu'avez-vous fait durant les 2 jours de voyage jusqu'à votre destination ?
Bah c'est évident, on a joué au sabbac, regardé quelques holos de série B en sirotant un whisky corellien et copulé comme des bêtes dans son lit.
Vraiment ?
Evidemment que non ! Vous me prenez pour qui bon dieu ? Vous croyez que j'ai que ça à faire ? En pleine traque de foutus terroristes fermement décidés à faire à un maximum de victimes et de dégâts, vous me voyez ranger ça de côté pour aller m'envoyer la conseillère de l'Empereur ? Mais comment est-ce qu'on a pu en arriver à un sujet pareil...
C'est vous qui avez évoqué la chose, agent Molotch.

Touché. On pouvait bien tourner ça dans le sens qu'on voulait, n'importe qui d'un peu malin saurait facilement déduire qu'il venait de se griller comme un idiot. Bon, ça ne prouvait rien mais au Bureau, on avait souvent pas besoin de plus qu'une intuition pour se lancer, ensuite on appelait la branche Interrogatoire et on obtenait des aveux, peu importe si au final ceux-ci n'étaient qu'un tissu de mensonges pour faire cesser la douleur.

Vous êtes donc arrivés sur Nouane. Que s'est-il passé ensuite ?
Nous avons pris contact avec l'agent Senior local que vous m'aviez recommandé, Winston Garvey, qui nous a aidé du mieux possible. Nous avons appris que le lieu potentiel ou sévissaient certains des terroristes était un cabaret en centre-ville. Nous nous y sommes rendus dans le but d'espionner et nous informer discrètement sans nous faire voir. Il y a eu des complications.
C'est-à dire ?
La femme servant d'agent de liaison entre la cellule terroriste locale et leurs supérieurs était un sosie spécialement préparé et entraîné pour ressembler à la conseillère. Après coup, nous avons compris qu'elle était censée se faire repérer durant l'attentat pour incriminer la conseillère et la faire accuser de trahison. Celle-ci avait réussi à se faire passer pour la terroriste afin d'approcher les agents locaux. Hélas, les 2 femmes se sont rencontrées, il y a eu une fusillade à l'intérieur du cabaret.
Et ensuite ?
Un chasseur de primes est apparu durant la fusillade et nous a aidé. Il semble qu'il était employé par le doyen de l'Université de Nouane pour retrouver des vandales qui apparemment traînaient également dans le cabaret et étaient, selon lui, liés aux terroristes. Nous avons pu en neutraliser une partie mais les autres, dont la sosie, se sont enfuis. Nous avons fait 2 prisonniers que nous avons emmenés pour interrogatoire.

Et ça n'avait pas été une partie de plaisir. Il se souvenait d'avoir demandé à la jeune femme d'user de ses talents pour leur arracher la vérité. Celui lui en avait coûté de le faire, il l'avait bien compris. Même aujourd'hui pourtant, il n'arrivait pas à se sentir coupable excepté pour elle. L'Empire et la sécurité de celui-ci passaient avant toute considération, c'était là le principe sur lequel il avait bâti sa fidélité et son existence. S'il fallait se salir les mains et l'âme pour se faire, ainsi soit-il. Il payait ce prix avec joie si cela pouvait assurer la survie de l'Empire. Et pour que d'autres n'aient pas à le faire.

Mais dans ce cas-là, ça n'avait pas été lui qui avait payé mais elle. La culpabilité qu'il avait ressenti et qu'il ressentait en ce moment en y repensant venait probablement de là. S'il avait agi à la place de la jeune femme, il n'y aurait eu aucun cas de conscience. L'avait-elle pardonné pour lui avoir demandé une chose pareille ? Y avait-il une petite voix dans sa tête qui lui reprochait d'avoir cédé aux exigences de l'agent ?

En fin de compte, vous avez finalement obtenu suffisamment d'informations pour déduire la cible de ces terroristes.
La résidence Astellan. Les parents de l'Empereur en personne. J'imagine que cela aurait été un joli coup de montrer que personne, pas même sa propre famille, n'aurait été hors de portée de ces dégénérés. La peur et la sédition auraient fortement grimpé en flèche partout dans l'Empire après ça. Je soupçonne que même la censure des médias n'aurait pas pu empêcher complètement la nouvelle de filtrer.
Quel était votre plan pour les en empêcher ?
Pour être franc, nous n'en avions pas vraiment. Nous savions en définitive très peu de choses, excepté que plusieurs bombes avaient été dispersées dans un rayon approximatif autour du manoir Astellan. Nous avons prévenu Winston qui a mobilisé la totalité de ses agents et ressources pour fouiller toute la zone. Vu la superficie, ça n'était pas une mince affaire.
Et c'est à ce moment que vous vous êtes séparés, vous et la conseillère.

C'était à ce moment que tout avait sérieusement dérapé en vérité. Il se demanda ce qui avait bien pu merder, avait-il commis une erreur quelconque ? Sa volonté d'éloigner la jeune femme du danger n'avait pas été suffisante pour la décourager de participer, aussi avait-il décidé que le moins risqué était encore de l'entourer d'agents et troopers armés jusqu'aux dents ayant pour ordre de la protéger constamment. Et puisqu'elle disposait de talents uniques, l'envoyer trouver les bombes lui avait semblé le meilleur moyen de faire en sorte qu'elle reste en vie. Peut-être qu'en fin de compte, c'est de l'avoir éloignée de lui qui l'avait condamné, peut-être qu'elle avait été une sorte de porte-bonheur et que lui, stupidement, s'en était séparé.

Ses capacités étaient notre meilleure chance de trouver et désamorcer les bombes tout en la mettant en sécurité, couverte par les troupes en chasse. Quant à moi, je suis allé m'entretenir avec Monsieur Astellan Senior pour m'assurer qu'il allait bien et l'avertir de se préparer à une extraction d'urgence.
Et c'est alors que l'enfer s'est abattu sur vous.

Molotch hocha la tête bien qu'en vérité, il pensait qu'Aemos avait tort sur ce point. Ce n'était pas à ce moment qu'il avait senti que les choses allaient mal se passer mais un peu avant, quand l'ascenseur s'était rouvert de force et que la belle s'était jetée sur lui pour échanger un baiser, inquiète et désireuse de le revoir. Cela avait été un moment plus triste que réconfortant en y repensant et il se souvint avoir pensé, tandis qu'il se noyait dans l'océan de ses yeux, que la promesse qu'elle exigeait de lui en serait une qu'il ne pourrait tenir. Reviens-moi, avait-elle dit. Un ordre qu'il aurait voulu satisfaire mais qu'il avait senti être impossible à suivre. Lui en avait-elle voulu alors d'avoir disparu ? D'avoir donné sa liberté et sa vie en un sens pour protéger Astellan père ? D'avoir placé son devoir au-dessus de tout, même d'elle ?
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By Helera Kor'rial
#37184
Le silence pesant qui régnait dans la pièce n’était soutenu que par les deux piliers bleutés qui sans relâche fixait l’interlocuteur au costume blanc. Ce dernier avait tenté de soutenir son attaque pendant un moment seulement, mais la reine interdite était restée de marbre. Alors il avait baissé les yeux sur ses notes, tentant de chercher un réconfort à travers les lignes qu’il faisait défiler. Son professionnalisme semblait en avoir pris un coup et ce n’est que quand ses oreillettes se mirent à vibrer qu’il reprit consistance. La reine fronça des sourcils et attendit la suite :

« Madame la Conseillère, Zygmunt Molotch est un agent du bureau et il a une place à respecter dans notre société impériale. Les liaisons extra-professionnelles pourraient nuire à son efficacité quand il s’agit de protéger les intérêts de l’empire. »

Au tac-o-tac, elle répondit :

« C’est ce que vous lui avez dit avant ou après l’avoir décoré pour avoir été le seul à protéger une conseillère impériale ? »

« Hmpf. »

Son esprit vibra, et elle leva la tête vers la verrière, observant les deux hommes qui avaient repris la conversation. Elle y nota quelques impressions telles qu’entrave à la procédure ou peloton d’exécution. Rien de nouveau.

« Poursuivez agent. » Fit-elle au pauvre malheureux qui n’arrivait décidément plus à trouver sa place à travers les lignes. Le datapad ne tremblait pas extérieurement, il n’avait aucun mouvement qui trahissait son état d’agacement. Mais intérieurement, il brûlait de rage.

« J’ai bien noté tous les points majeurs qui constitue votre sauvetage et la traque des terroristes à travers l’empire. Je sais également les différents intervenants dans cette histoire, y compris les deux jeunes gens du groupe terroriste. »

Helera attendit.

« Il semble que vous avez utilisez votre pouvoir sur eux, afin de les manipuler. Hors, vous savez ce qu’il en coût d’avoir recourt à ce genre de pratique. Je ne pense pas que cela soit de votre fait, l’agent Molotch vous aurait imposé de le faire ? »

Touché. Helera à son tour se sentait prise dans un étau, et l’autre le savait. Il le savait car elle nota le léger sourire en coin qui se dessina sur son visage. Une esquisse de malice et un écarquillement des iris pour un personnage en joie total.

« Non. Nous avons décidé que c’était la meilleure chose à faire, car le temps jouait contre nous. Et surtout, la vie du père de l’empereur était dans l’équation. J’ose espérer que cet avertissement leur aura servi. »

« En effet, ils ont été exécutés pour autre trahison. »

La reine frappa des doigts sur la table tour à tour, sentant sa patience être tirée à bout. Elle attendit la prochaine question. Il était vrai que la demande venait de Molotch et qu’il avait insisté pour qu’elle n’use de son pouvoir. Mais elle ne l’avouerait pas. Tout simplement parce qu’ils cherchaient un moyen de vérifier qu’il était blanc comme neige. Lui, l’agent capturé et finalement sauvé des griffes de l’ennemi par une conseillère sans foi ni loi. Tout cela sonnait beaucoup trop comme une histoire romanesque et le bureau n’aimait pas cela. Elle, elle n’aimait que Zygmunt. Le reste ne l’intéressait finalement pas.

« Expliquez-moi encore une fois comment faites-vous pour manipuler cette Force dont vous semblez être la seule à percevoir les contours. »

Voyant que l’entretien était terminé, elle se leva et se plaça derrière sa chaine, mains sur le dossier.

« Vous ne pouvez comprendre ce que vous n’acceptez pas. Je suis capable de faire bien des choses, tenez le-vous pour dire. Je peux créer des tempêtes, faire tomber la foudre ou entendre et voir les personnes qui se trouvent derrière la verrière. Je peux sentir quand vous êtes énervés tout autant que quand vous pensez m’avoir piégée. Si je suis ici, ce n’est pas par ordre, c’est par consultation. Je suis ici pour vous aider. Tout autant que je suis dans l’empire pour l’aider à évoluer et devenir encore meilleur. Non, vous ne comprendrez pas ce que je suis ni ce que je fais. Mais je suis ouverte à vous apprendre, si tant est que votre esprit y soit prêt. »

Elle regarda par la verrière, les deux bonhommes qui n’osaient plus parler. Puis vers l’agent.

« Nous en avons terminé. Vous avez vos réponses et mon ressenti. Du reste, je ne cesserai pas de traquer notre ennemi, car il est de mon devoir de protéger les intérêts de l’empire. Comme cela devrait l’être pour tous les citoyens de l’empire. »

Du reste, elle salua une dernière fois ses interlocuteurs et attendit que l’agent la raccompagne. Direction la sortie ? Non, la salle de pause qu’elle avait pu expérimenter quelques mois plus tôt. Elle s’y servi un remontant et attendit patiemment et en silence avec ses deux soldats en pot de fleur de part et d’autres, assise sur la chaise trop basse.
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By Zygmunt Molotch
#37196
Le vieil agent avait les yeux baissés sur son datapad pour la première fois depuis le début de l'entrevue. Jusque-là, il n'y avait pas même accordé un regard comme si rien d'intéressant n'y figurait. Peut-être savait-il déjà tout de ce qui y était marqué ou bien il estimait inutile de faire semblant de s'y intéresser. C'était une technique d'interrogatoire basique, on arrive, on fait mine de s'intéresser à tout sauf à vous et on ne vous parle pas, faisant monter la nervosité parce qu'on se demande quand on va être interrogé. Le fait qu'il ne semble s'en servir que maintenant tendait à lui faire croire que le bougre était soit déstabilisé soit en train de réfléchir à un nouvel angle d'attaque. Molotch décida qu'il n'allait pas lui en laisser l'occasion, lassé de ces petits jeux.

Suis-je ici pour être accusé de quelque chose, agent Senior ?

Aemos se figea de façon presque imperceptible, preuve qu'il ne s'était pas attendu à une question aussi directe. L'agent réprima un sourire amusé, il avait mis dans le mille, il en était certain.

Vous pensez que c'est le cas ?
Je pensais être là pour débriefing avant qu'on me donne ma nouvelle affectation mais au vu de vos questions je commence à avoir des doutes.

Le vieux soupira d'une façon qui paraissait authentique. La fatigue se lisait sur chaque ride de son visage, sans oublier ses yeux âgés qui en avaient trop vu dans leur vie. Ou peut-être que tout ça était simulé et qu'il se faisait mener en bateau, allez savoir.

C'est compliqué, vous savez comment ça marche. Il y a de nombreux facteurs à prendre en compte dans cette affaire. Parlez-moi de l'après-Nouane.

Evidemment, ils voudraient tout savoir de cette période, une qu'il n'avait guère envie de revivre en la racontant. Mais il savait bien ne pas avoir vraiment le choix. Croisant le regard du vieil homme, le caridan ne fit aucun effort pour cacher la vague de malaise qui le traversa. Qui voulait revivre un cauchemar pareil ?

Sale époque, comme vous le savez j'ai réussi à mettre en sécurité Astellan senior avant que les tueurs ne mettent la main sur lui. Malheureusement, je n'ai pas pu leur fausser compagnie et bien que j'en ai éliminé plusieurs, j'ai été capturé. Je me souviens avoir compris que le commanditaire de cette attaque et probablement de l'attentat du palais était une femme qui se faisait passer pour la secrétaire d'Astellan, ou une collaboratrice proche. Je l'ai vue quand ils m'ont emmené, elle donnait les ordres. Ensuite, tout est très flou, je pense qu'ils m'ont assommé puis drogué. Je revois une soute très large, probablement un transport. Je suis à peu près certain qu'ils ont quitté l'espace impérial mais aucune idée d'ou on était.
Vous vous rappelez d'ou vous avez finalement atterri ? Le lieu de détention ?
Non, je n'ai su qu'après coup qu'on m'avait retrouvé dans un camp secret sur Haruun Kal.
Ils vous ont interrogé j'imagine.

Cela fit éclater l'agent d'un rire sombre et amer et une expression désabusée passa sur son visage. Il restait bien peu de cicatrices et de marques de ces mois de supplice sur sa chair mais celles de son âme, elles, allaient persister encore longtemps. Peut-être même pour toujours. Il soupçonnait qu'il en serait hanté jusqu'à la mort, perspective peu réjouissante s'il en est.

Vous avez l'art de l'euphémisme. "Interroger" n'est pas le mot que j'aurais choisi. Dès le premier jour, ils m'ont passé à tabac, m'ont soumis à diverses tortures et sévices physiques pour me faire parler. J'ai tenu ma langue pendant plusieurs jours. Alors ils sont passés à la vitesse supérieure, ils ont mis en place des "protocoles expérimentaux" comme ils disaient. Contamination par agents viraux dans un environnement sous contrôle, techniques de domination psychologique. Je n'avais rien d'autre qu'un matelas pour me reposer et pratiquement jamais le temps de le faire. Aucune toilette ni douche, presque rien à manger et boire, pas d'assistance médicale excepté le minimum pour me garder à vie. Quand ils sont passés aux choses sérieuses, j'ai su que je n'arriverai pas à me taire plus longtemps.
Que leur avez-vous dit ?
Absolument tout. Tout ce qu'ils voulaient savoir sur ce que nous avions à leur sujet. Autrement dit, pratiquement rien. Je ne sais toujours pas si ça ne leur suffisait pas, s'ils croyaient que je cachais encore quelque chose ou s'ils avaient juste envie de tuer le temps. Mais ça a continué, encore et encore. J'ai perdu le compte du temps passé et probablement aussi l'esprit.

Il y eut un long silence inconfortable durant lequel il sentit tout le poids des regards conjugués d'Aemos et des troopers en faction. Ceux-là devaient probablement le mépriser pour sa faiblesse, pensant qu'il ne valait pas mieux qu'un traître pour avoir tout balancé au lieu de résister vaillamment. Leur opinion n'avait même pas le début d'un intérêt vague pour lui. Pour Aemos, c'était différent, il espérait ne pas être jugé trop durement par le vieux. Finalement, il se leva et lui fit signe d'en faire de même. La porte s'ouvrit, le vieux fit un geste dans sa direction.

Nous allons faire une petite pause, le temps pour vous d'aller prendre un petit café. Par ici.

Il n'avait pas vraiment soif mais bon, ça valait mieux que de rester ici à se faire accuser silencieusement, probablement jugé par quelque interrogateur ou agent senior de l'autre côté du miroir. Sans un mot, Molotch suivit le vieil homme hors de la pièce, à travers le long couloir. Il était tellement plongé dans ses pensées, ruminant, qu'il ne fit pas attention à l'endroit ou ils allèrent, à quelques mètres de la pièce d'ou ils sortaient. Ce ne fut qu'en apercevant les 2 troopers en faction à l'intérieur et la personne qu'ils accompagnaient qu'il revint à la réalité. L'étonnement couvait dans ses yeux, bien trop soudain pour qu'il pense à se contrôler. Son visage redevint vite impassible mais il y avait fort à parier que les caméras n'en avaient rien perdu.

Madame la conseillère.

Elle était là, vêtue de son uniforme officiel bien loin des quelques atours bien plus affriolants de leur dernière rencontre quelques semaines plus tôt. Bien que cela ne la rende pas moins belle pour autant, elle semblait plus sévère et stricte ainsi, image plutôt convenable pour la conseillère de l'Empereur si on y réfléchit. Le bleu de ses yeux océans se tournèrent vers les nouveaux arrivants et se verrouillèrent au moins brièvement sur les siens. Une fois encore, il fut frappé de constater combien il était facile de se perdre dans ces profondeurs azures et ce ne fut qu'au prix d'un effort conséquent qu'il se retint de lui adresser un sourire affecté mais sincère.

Joue ton rôle Zygmunt. Ils savent peut-être la vérité mais ils n'ont pas de preuves. Il n'y avait pas de raison de leur en fournir. A côté d'eux, Aemos semblait mécontent de constater la présence de la jeune femme. Et en vérité il était très convaincant, mais il le connaissait trop bien pour y croire et savait voir sous la façade. Le vieil agent avait voulu qu'ils se rencontrent pour jauger de sa réaction. C'était probablement un moyen comme un autre d'obtenir plus d'informations l'air de rien. Et bien si il voulait du spectacle, il allait en avoir. Après avoir hoché la tête en s'inclinant légèrement en signe de respect, Molotch n'accorda plus guère d'attention à la jeune femme et se contenta d'aller se servir un café, s'asseyant ensuite à une table quelques mètres plus loin de celle ou siégeait la belle.

Oh, mes excuses conseillère, j'ignorais que vous étiez là. Vous avez rendez-vous avec le Directeur peut-être ? Ou pour affaires privées ? J'espère que nos agents sur Nelvaan n'ont pas commis une erreur quelconque tout de même.

Molotch observait l'échange sans mot dire, s'efforçant de ne pas paraître trop intéressé. Il regardait dans le vide en tentant de penser à tout sauf à la jeune femme non loin de là. Ne pas se trahir, ne rien faire ou dire qui puisse les commettre tout les deux. Heureusement pour lui, la réputation de salopard renfermé et solitaire qui lui collait à la peau l'aidait considérablement à jouer le jeu et en surface, il semblait aussi concerné par ce qui se passait que par la nouvelle que Tia Dzal, la star de musique harmonique de Serenno, était en tournée dans tout l'Empire en ce moment.
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By Helera Kor'rial
#37247
Les jambes croisées, elle attendait patiemment, les deux mains posées sur la cuisse supérieure. Son regard furetait de droite à gauche, se plongeait à travers les cloisons et espionnait chaque membre à sa portée. Certains semblaient anxieux en frappant frénétiquement sur leur clavier. D’autres faisaient les cents pas, devant des holo en toiles d’araignées représentant quelques enquêtes. Elle épiait dans le silence le plus total, pour ce qui lui aurait valu la décapitation pour trahison. Mais elle n’en avait rien à faire, car personne ne pouvait savoir. Elle prit une grande inspiration quand un bruit de plastique attira son attention. Ses yeux cherchèrent l’origine du bruit et se heurtèrent à la botte du soldat. Celui qui normalement devait être invisible.

« Dites, prenez une pause, je ne vais pas vous disputer si vous prenez un peu de temps. »

« Les ordres sont de … »

« Oui je sais parfaitement. Et que croyez-vous qu’il puisse m’arriver ici ? Si jamais ce bâtiment devait être la cible d’un attentat, on se ferait tous pulvériser. Oh et puis zut, c’est un ordre, allez prendre l’air. »

Elle agita la main en direction de la porte de la cabine anti-grav puis étira un sourire vers son escorte. Ces derniers se regardèrent un instant puis rangèrent l’arme dans le dos et disparurent. Elle resta enfin seule et pu fermer les yeux pour se concentrer sur les bruits et les odeurs, repérant tout d’abord les effluves de café de la machine, la transpiration et l’eau moisie, à cause d’une aération défectueuse. Elle perçut également les salles d’interrogatoires et se focalisa sur celle où l’agent se trouvait, ou s’était trouvé. Car il n’y était plus. En réalité, il se trouvait en face d’elle, l’air de rien. Son cœur manqua de se retourner en voyant de nouveau sa tête d’ange se profiler avec sa déprime habituelle et ses traits tirés. Elle le suivit du regard en fronçant les sourcils, cachant en réalité on flot de sentiments qui bouleversaient son intérieur. Elle aurait aimé faire tant de choses interdites ici … Et comme marque finale de la torture, termina par :

« Agent. »

Helera détourna alors le regard, passant par toute sorte d’émotion interne tout en prenant bien soin de réguler sa température corporelle et ses mimiques de paralangages. Car il y avait un gars derrière la caméra qui les épiait pour vérifier ce qu’ils étaient venus chercher plus tôt. Mais la reine savait désormais y faire et ils n’auraient rien qu’elle ne veuille montrer. En plus de cela, c’était elle qui avait décidé de rester. Elle lui lança un imperturbable :

*Cet uniforme a beau être moche, il sert vraiment où il faut.*

Mais elle ne bougea pas, attendant toujours le prochain interlocuteur.

*Je suis contente de te revoir Ziggy. Tu m’as manquée.*

Oui, ils avaient déjà parlé par télépathie et il devait en être habitué. Si tant est qu’il se souvienne comment faire. Son amnésie avait été partiellement réparée et il manquait quelques impressions que même le dur labeur de leur travail n’avait pas su réparer. Ils avaient pourtant travaillé au corps pour faire ressurgir la moindre parcelle d’informations. Cette simple pensée lui donna envie de frissonner, ce qu’elle contint tout de suite. L’agent senior arriva à la suite, et elle se leva pour lui.

« Bonjour Agent Senior. J’avais rendez-vous avec des agents, en réalité, avec lesquels nous avons pu parfaire quelques points de l’histoire, si je puis dire. »

Il savait parfaitement, alors à quoi jouait-il ? Zygmunt ne devait pas être au courant ? C’était étrange comme réaction et cela lui laissa un goût amer.

« Il n’y a pas d’agent du BSI sur Nelvaan, du fait de son statut particulier, donc aucune raison de produire d’impaire. Je vous remercie pour votre sollicitude. »

Elle sourit, d’un sourire sincère.

« Non, en réalité, j’ai laissé une pause à ces pauvres agents qui ont eu le malheur de tomber sur moi. Mais je crois qu’ils sauront mesurer que ma décision est prise quant à mon prochain mouvement. Mais nous en parlerons probablement avec l’agent Zai. »

Lui, il savait, mais peut-être pas le bureau. Quoi qu’il en soit, l’agente en question n’existait peut-être plus. Ou n’avait jamais existé. Et elle ne savait pas si Aemos avait mis au courant ses collègues. Beaucoup d’inconnues dans l’équation.

*Ils m’ont interrogé sur les évènements du palais. Visiblement ils doutent pour nous deux. Je ne leur ai rien laissé mais ça sent mauvais. Je ne sais pas pourquoi ils se concentrent sur notre relation plutôt que sur Ysanne…*

« Madame la conseillère ! »

Elle se tourna vers le nouvel arrivant, son agent.

« Il apparait que vous pourriez être un atout non négligeable dans une mission prochaine. J’ai bien compris que vous ne souhaitez pas attendre, alors nous avons pris les devants. Cela concernera également l’agent Molotch. »

« A la bonheur, de quoi s’agit-il ? »
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By Zygmunt Molotch
#37248
Le café était bien chaud comme il faut et son goût fort avait le chic pour réveiller même un mort. Ce qui, songea-t-il non sans ironie, pouvait bien s'appliquer à lui quand on y réfléchissait. En prime, il avait bon goût, ce qui clochait, le bon café n'existant en principe que chez les gens assez riches pour s'en payer. La plèbe n'avait droit qu'au truc dégueulasse qui vous réveillait en vous donnant l'impression de vous arracher les tripes, d'habitude. Soit ils avaient décidé d'investir dans du bon matos au Bureau, soit c'était spécialement parce qu'il y avait une personnalité de l'Empire aujourd'hui. Ou alors il avait juste oublié à quoi ressemblait un bon café et se prenait le chou pour rien, possible également.

*Cet uniforme a beau être moche, il serre vraiment où il faut.*

Hein ? C'était quoi ce bordel ? Il faillit renverser la moitié de son café sur la table alors qu'il avalait une gorgée ou deux quand il entendit dans sa tête une voix qui n'était pas la sienne. Le drame fut évité mais il ne parvint pas à bien avaler et s'étouffa à moitié, toussant et grognant malgré lui. Un beau spectacle bien classe à n'en pas douter. Mais putain de merde qu'est-ce que c'était que ça ? D’où ça venait au juste ?

*Je suis contente de te revoir Ziggy. Tu m’as manquée.*

Allons donc, quoi encore ? Qui... Un rapide regard en direction de la jeune femme et ça sembla lui revenir. Mais bon sang, comment aurait-il pu se souvenir d'un truc aussi particulier attaché à une époque pré-captivité dont il peinait encore aujourd'hui à se remémorer tout les détails ? Des images fugitives lui revenaient par fragments. Oui, la conseillère dans sa tenue moulante un peu bizarre et... Le camp... Les troopers... Le Grand Amiral Thrawn... Des voix dans sa tête... Bon, on pourrait légitimement penser qu'il était vraiment long à la détente mais à sa décharge, avoir reçu une éducation plutôt cartésienne quand à tout ce qui touchait à la Force, ajoutée aux traumatismes encore récents, ça relativisait quand même pas mal.

Mais comment ça marchait au juste ? Son truc là, ça lui permettait de s'introduire dans sa tête comme bon lui semblait et hop-là, elle pouvait faire ce qu'elle voulait là-dedans ? Pas très agréable comme pensée, même pas du tout agréable. Le bougre semblait intérieurement paumé (jusque-là rien de bien neuf vous me direz) et complètement à l'ouest. Allez, un petit essai pour voir hein, qui ne tente rien...

Euh, Helera ? Pourquoi j'entend ta voix dans ma tête ?

Il se sentait parfaitement ridicule à être comme ça, extérieurement impassible malgré qu'il ait attiré l'attention sur lui en ayant failli s'étouffer avec son café sans raison apparente, alors qu'intérieurement il pensait fort. M'enfin, à cheval donné...

Enfin je ne dit pas, tu m'as aussi manqué attention. Mais je ne comprend pas. Enfin je crois me souvenir d'un truc semblable. Mais c'est vraiment bizarre d'entendre une autre voix que la mienne dans ma tête. C'est bien toi ou je deviens cinglé ?

Oui mais du coup question piège, s'il était déjà maboul, il n'allait pas s'entendre dire que c'était le cas, sa folie allait forcément le pousser à penser que c'était bien la belle conseillère dans sa tête, pas une simple manifestation de sa folie. Ou alors elle allait lui souffler qu'en effet il était fou, histoire de le faire douter de tout et ainsi le pousser encore plus loin. Houlà ça devenait vraiment trop compliqué tout ça. C'est un peu chamboulé comme il était qui expliquait qu'il ne suivit que péniblement la petite conversation entre la conseillère et le vieil agent, lequel esquissa un sourire très bref à la mention de l'agente Zai, qui contrastait nettement avec l'expression assombrie de son visage lorsque fut rappelé que Nelvaan restait hors de portée du Bureau. Pour l'instant.

Ah. Oui. L'agente Zai. Un officier doué, malgré sa tendance à ne pas suivre la hiérarchie et les ordres. Elle et l'agent Molotch ont ça en commun d'ailleurs.

C'est assez simple en fait. Le Bureau n'apprécie pas de ne pas pleinement contrôler la situation. Et un agent à eux qui tombe dans les griffes d'une personne qui a tant obtenu de l'Empereur tout en étant un électron libre comme toi, c'est une combinaison qui leur déplaît au plus haut point. Ils doivent craindre que je te serve de grouillot et d'homme à tout faire pour tes projets persos. C'est tellement habituel dans le BSI de voir des huiles nous utiliser pour leurs petites affaires...

Et ce qui gênait donc dans cette situation n'était pas tellement l'idée d'une énième personne haut placée se servant d'un agent comme tueur personnel ou l'Empereur seul savait quoi mais bien que ce soit une personne aussi peu... Influençable, qui le fasse. Qu'elle fut une femme et une au passé chargé et trouble au sein de l'Empire ne devait probablement pas aider à faire confiance. Le Bureau aimait garder ses agents sous contrôle. En fait, le fait qu'ils cherchent tant à connaître la vérité avait un certain rapport avec leurs méthodes directes. Ils auraient pu ordonner à Molotch de jouer les infiltrés mais ça n'était pas trop dans leurs cordes sauf de temps en temps. La subtilité était laissée à ces abrutis des Renseignements en général.

Et j'imagine qu'ils se méfient de moi et de ma libération aussi soudaine. A leur place aussi je serais prudent, un agent porté disparu et enlevé par une ennemie de l'Empire aussi dangereuse qui soudainement est retrouvé loin de nos frontières, en vie et qui plus est librement restitué par ladite ennemie, ça ne sentirait pas bon pour n'importe qui avec un peu de jugeote.

Discussion spirituelle dûment interrompue par un trouble-fête venu leur apporter une nouvelle qui pouvait être vue comme intéressante ou inquiétante, selon le point de vue adopté. On avait besoin de les voir tout les deux pour quelque mission importante pour l'Empire, soit disant. La dernière fois qu'il avait entendu un truc dans le genre ça avait fini en attentat à la bombe et un peu de captivité pour lui.

J'imagine qu'on ne peut pas se resservir un café avant d'y aller.

Sa tentative d'humour tomba à plat, évidemment. Déjà parce que son sens de l'humour était aussi développé que celui d'un Rancor et en plus parce que de toute façon ici tout le monde avait un balai enfoncé dans un second balai lui-même enfoncé dans l'arrière-train. Prérequis obligatoire pour faire partie de la police politique la plus répressive de la galaxie. Signez ici et là je vous prie et vous êtes embauché. Voilà, parfait. Il emboîta le pas à la conseillère qui suivait l'agent, par respect et courtoisie. Et aussi parce qu'il préférait ne pas avoir à affronter ce regard azur, ça aurait risqué de compliquer la façade qu'il jouait avec brio jusque-là.

Il fut surpris de noter qu'Aemos était également de la partie lorsqu'ils entrèrent dans une nouvelle pièce, cette fois-ci pas d'interrogatoire mais bien de réunion. Point de vitre invisible ni d'observateur extérieur - enfin à priori - et probablement pas trop de caméras et d'enregistreurs. Pour un peu ça aurait presque été une vraie réunion entre amis et informelle. Molotch s'installa prestement, à distance suffisante de la conseillère pour ne pas donner plus de grain à moudre aux théories en vogue. Aemos s'assit également tandis que l'autre agent, un trentenaire au physique quelconque si l'on exceptait le grain de beauté sur la joue qui le rendait assez laid restait debout. Il allait probablement leur faire son petit exposé avant de balancer une projection holo pour faire son intéressant, comme s'ils étaient des bleus sortis d'école. Encore un amateur de conneries bureaucrates. Soupir las rien que d'y penser.

Cette réunion est tenue comme confidentielle et il est attendu de chacun de vous de n'en rien dire à personne en dehors de cette salle et excepté auprès du Directeur Herklir. Tout manquement à ces règles sera passible d'une lourde sanction.

Oh seigneur, c'était un bleu à tout les coups pour sortir ce genre de conneries. A tout les coups il ne va rien avoir d'intéressant à nous dire.

Conseillère Kor'rial, que savez-vous de l'ex-Inquisitorius impérial ?

Ah, peut-être que si finalement.
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By Helera Kor'rial
#37261
Quand elle commença à échanger par télépathie avec l’amant du Bureau, ce dernier faillit s’étouffer, si bien qu’il produisit ce genre de renâclement semblable à celui que l’on produit quand on apprend une mauvaise nouvelle. Ou au moins une nouvelle surprenante. La conseillère et l’agent Senior se retournèrent, jugeant l’agent sans vraiment y tirer de conclusions. Visiblement, le café était trop chaud et il n’avait plus l’habitude. Oui, surtout qu’il joua son rôle à merveille. Etait-ce de sa faute, ou pas, d’ailleurs ? Oui, c’était de sa faute, car elle était désormais dans son esprit et avait accès à toutes les sensations primaires. Exceptait alors les souvenirs et autres étages inférieurs que seule une incision mentale aurait su révéler. Dans le doute, elle continua de parler dans sa tête, tout en saluant l’agent Senior. Suivre deux conversations n’était sans doute pas la chose la plus difficile qu’elle eut à faire, mais sans doute celle qui nécessitait le plus de concentration. Il ne fallait pas mélanger les mots ni les phrases, et ne pas se tromper d’interlocuteur. Imaginons alors la tête d’Aemos si la conseillère de l’empereur l’appelait « chouchou » ? Non, définitivement, c’était risqué.

Quant à Zygmunt, il avait perdu cette partie de sa mémoire. Problématique. Il était décontenancé, cela se sentait. Croyait-il devenir fou ? Oui, surement. Il était un cartésien convaincu, même après qu’elle lui ait montré le verre d’eau gelée ou ses quelques manipulations. Ce n’est pas qu’il n’y croyait pas, c’est qu’il avait été élevé ainsi, de ses propres paroles. Aussi, elle ne fut pas surprise quand il répondit en pensée non sans hésitation, avec la petite voix des jours malheureux, jours normaux dans le cas de l’agent. Non, il doutait, péniblement. En revanche, il la récompensa d’une simple phrase qui provoqua une vague d’émotion dans tout son corps, tandis qu’elle avait débuté la discussion avec Aemos. Une vague qui remonta jusqu’à dans ses joues et l’obligea à tirer un sourire un peu trop sincère.

*Oui, c’est moi*, continua-t-elle … *Heu … Comment je peux te le prouver … Ah ! Je porte un sous vêtement noir avec un petit ruban rose derrière! *

Pour ainsi dire, information dont elle était seule à connaître, en soi. La précision comptait alors comme preuve irréfutable d’un non partage de l’information. Zygmunt aurait alors la preuve qu’il ne pouvait inventer quelque chose avec une existence dans le monde réel. Ou avec la Force, mais il s’en savait dépourvu. Helera haussa les épaules quand la discussion tourna vers l’agent Zai et plaça ses mains dans son dos, réajusta son pantalon en remontant d’abord le sous vêtement, montrant la preuve irréfutable à l’agent du petit ruban rose, si tant est qu’il daigne la regarder, puis remonta le pantalon par-dessus, tout en continuant de faire mine de réajuster sa tenue.

« L’agente Zai a œuvré en tout bien tout honneur pour protéger les intérêts de l’empire. Elle est probablement désolée de ne pas en être un modèle pour cela. »

Termina la conseillère en ajustant sa veste. Pour ainsi dire, elle n’était en effet pas le meilleur élément du bureau, mais avait su avec l’aide de son agent, protéger le père de l’empereur, sauver la capitale Nouanaise, arrêter les flammes d’un palais en feu … Bref, elle avait probablement plus fait en quelque semaines qu’un agent lambda en plusieurs années. Cela évidemment, personne ne le prenait en compte. Mais ce n’était pas grave, car elle ne cherchait pas les éloges.

*Pourquoi ? Tu n’es pas déjà tombée dans mes griffes pour satisfaire mes petites affaires ?*

C’était déjà le cas, bien qu’elle n’ait pas de griffes, qu’elle n’ait pas de petites affaires et qu’elle ne cherchait pas à l’influencer. Ou seulement sur les sujets sensibles tels que la Force, pour lequel elle s’était fait cheval de bataille. Que les autres pensent qu’elle était une sorcière, c’était une chose, mais que son amant ne croit pas en elle, cela lui enserrait son petit cœur.

*Tu n’as pas été restituée, un commando impérial t’a sauvé la vie. Ysanne ne comptait pas te laisser partir, on l’a eu sur ce coup-là. *

Mais elle douta, par la simple phrase de Zygmunt. Si tout ceci était un coup monté pour le faire revenir ? Si Zygmunt avait été manipulé depuis le départ ? Non, elle refusait d’y croire. La Force n’aurait pas pu lui mentir sur ce point. Quant à savoir si oui ou non c’était un plan de l’ancienne chef des RI, c’était tout à fait possible. Et c’était un problème de taille. Mais tout cela fut vite soufflé quand son agent affecté refit son apparition sur le devant de la scène. Et malgré la tentative de blague de Zygmunt, accueillie avec des visages constipés, ils emboitèrent le pas à l’agent. Des balais dans les fesses, c’était la manière de se comporter en ce bas monde. La reine marcha à côté de l’agent Senior, laissant Zygmunt derrière. Ils abandonnèrent la salle de pause pour une salle plus modeste, plus sobre encore dont une table centrale trônait fièrement, un holoprojecteur posée dessus.

L’agent débuta son discours, sous-titré par un commentaire de l’agent qui lui tira un léger sourire. Helera ne s’était pas assise, contrairement aux deux autres, et faisaient des allées retours, incapable de tenir en place.

« Il était dirigée à sa reprise en l’an 28 du calendrier impérial par Jenna Jatine, haute inquisitrice et ancienne inquisitrice de l’empire de Delaviel. Ils ont participé à la récupération du SDS Executor dans les régions inconnus, ont sauvé plusieurs personnalités impériales d’attaques terroristes, ont traqué et tués les anciens inquisiteurs renégats et débutés la traque du chef de Guerre Zsinj pour le traduire en justice. Mais la haute-inquisitrice a été assassiné avant d’avoir terminé sa mission, et c’est son apprentie qui a repris le flambeau, c’est-à-dire moi. »

Helera croisa les bras et se figea, toisa l’agent et fronça légèrement les sourcils.

« J’imagine que tout ce que je viens de vous dire est également confidentiel. Je ne suis pas sûre que la version officielle relate ces événements. L’inquisitorius a dans tous les cas été dissout quand Ysanne m’a nommée traîtresse impériale. »

Des jours bien sombrent qui avaient vu la naissance de ce qu’elle était actuellement. Un mal pour un bien, mais un mal tout de même. Ysanne était déjà dans les rouages à l’époque et elle avait commencé ses malversations. Helera n’en fut que la première victime.

« Vous avez été graciée par l’empereur Astellan depuis et les décisions d’Ysanne Isard avortées. Le bureau a décidé de vous redonner la responsabilité de cette branche.
»


Les sourcils de la reine se froncèrent à tel point que ses yeux azurs semblèrent disparaître. L’agent pianota sur le datapad qu’il appréciait tant et une image apparue. Celle d’une Sith lui ressemblant comme deux gouttes d’eau. Mais son sabre était rouge. Dans la tête de Zygmunt, Helera ne parlait plus et semblait même totalement fermée.

« Vous avez ici la copie de la conseillère, une sensitive ennemie à la solde de Isard. Ces informations nous laissent à penser que l’ancienne cheffe des RI s’est entourée de puissants alliés, dont des personnes avec ces … aptitudes spéciales. »

La manière dont il prononça les derniers mots tenaient plus du vomi que de l’énonciation. Il la méprisait, Helera et ses « pouvoirs ».

« Il apparait alors au bureau la formation d’un corps d’élite pour contrer cette menace, à arme égale et avec votre soutien conseillère. »

Puis vers Zygmunt.

« Evidemment, cette branche serait une partie du bureau, et vous êtes l’agent le plus qualifié pour encadrer ces personnes, Agent Molotch. »

Helera sembla se détendre et tourna la tête vers Zygmunt. Cela, c’était sans doute la meilleure nouvelle de cette mauvaise nouvelle.
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By Zygmunt Molotch
#37317
Comme dit le dicton, tout est dans les détails. Il y en avait qui n'avaient pas d'importance dans le grand ordre des choses et d'autres qui en avaient une, selon la personne et le point de vue. Par exemple, la vue au jugé, rapidement, du sous-vêtement royal, comme preuve de vérité quand à la voix dans sa tête, en était un qui comptait surtout pour lui (voire probablement pour quiconque s'en rendrait compte aussi, ne nous mentons pas). Le spectacle lui aurait presque arraché un sourire si l'endroit n'avait pas été aussi inapproprié, ce fut donc intérieurement qu'il apprécia le spectacle, lequel lui procura un frisson de désir à travers l'échine. Mais ça n'était ni le lieu ni le moment pour explorer plus avant le sujet.

Puis il fut temps de passer aux choses sérieuses, bien qu'à voir la tête du nouveau venu, il y avait de quoi douter qu'il y eut quelque chose de sérieux dans la réunion qui allait suivre. Et de fait, il était un peu surpris que le débriefing ait été si rapide et peu consciencieux. Il se serait attendu à des jours entiers d'entretiens sans guère de repos ni tranquillité mais visiblement, le Bureau avait mieux à faire. Ou il jouait avec eux, possible aussi. En tout cas, il ne fallut pas longtemps pour que le sujet brûlant fut jeté sur la table avant que parole ne soit laissée à la jeune femme qui résuma tout ce qu'elle savait du défunt Inquisitorius.

Et elle en savait visiblement beaucoup. Il n'avait pas eu accès à grand-chose sur son dossier vu son statut, ajouté à son rang de simple agent, mais le peu qu'il avait pu consulter mentionnait une carrière dans cette structure plusieurs années auparavant avant d'être déclarée Excommunicate Traitoris. Que cela fut le fait d'Isard en revanche était une nouvelle pour lui et pas franchement agréable. Il réalisa alors que c'était probablement la raison pour laquelle elle avait fui l'Empire et renoncé à sa citoyenneté et sa vie en son sein pendant longtemps. Se faire un ennemi d'Ysanne Isard n'était jamais bon pour la santé, il était bien placé pour le savoir.

Reniée par l'Empire et traquée par les chiens d'Isard... Putain de Cœur de Glace, encore une sociopathe dont l'Empire aurait pu se passer...

Mais il semblait bien qu'au contraire, l'Empire collectionnait ce genre de dégénérés. C'était à croire qu'il les attirait volontairement parfois. Songeant à ses estimés collègues du Bureau sur Yaga Minor, Molotch se fit sombrement la réflexion que, plus que de les attirer, il les recherchait même activement et les acceptait à bras ouverts. L'exposé terminé, leur interlocuteur leur annonça la couleur et le moins qu'on puisse dire, c'est que ça devenait aussi intéressant que surprenant. Reformer l'Inquisitorius ? Reprendre la traque des Jedi et des sensitifs traîtres à l'Empire ? N'était-ce pas là la tâche du Bureau depuis toujours ? Et si ils avaient été dissous, peut-être fallait-il se poser la question de pourquoi ? Qu'Isard en fut l'instigatrice ne leur disait pas franchement pourquoi.

Mais on n'en avait pas encore fini avec les nouvelles qui fusaient car alors la réponse à sa seconde question fut donnée lorsque leur fut montrée l'image d'un sosie parfait de la conseillère si l'on exceptait le sabre laser rouge. A la réflexion, pendant qu'il observait soigneusement ce visage, il parvint à voir les subtiles différences morphologiques entre les 2 femmes. Peut-être était-ce le résultat de ses quelques maigres talents ou peut-être que le temps passé à observer de très près ce visage unique l'avait-il imprimé dans son esprit au point que chaque détail était gravé dans sa mémoire. Il n'existait de toute façon qu'une seule vraie Helera, les autres ne seraient jamais que de pâles copies méprisables.

Il avait de nombreuses questions en tête et se demandait s'il pourrait en poser quelques-unes avant la fin de cette réunion quand l'agent se tourna vers lui et lui annonça d'emblée sa nouvelle affectation. Molotch cligna des yeux, l'air interdit, avant de froncer les sourcils et de regarder l'agent puis la conseillère avant de revenir sur l'agent. L'incompréhension teintait son regard.

Excusez-moi, j'ai dû mal comprendre, j'ai cru entendre que vous me disiez de superviser l'encadrement d'un nouvel Inquisitorius mais ça ne devait pas être le cas.
Vous avez bien entendu. Cela vous pose-t-il un problème, agent Molotch ?
Eh bien, disons que je m'attendais à reprendre mon poste d'avant ou même à continuer la traque d'Isard. Au lieu de ça on m'annonce que je vais devoir surveiller des gens aux capacités largement supérieures aux miennes. Vous réalisez que je n'ai aucune expérience de ces individus quand même ?
Vous apprendrez. Et la conseillère Kor'rial et vous, vous vous connaissez assez pour pouvoir vous entendre à ce sujet.
Je ne suis qu'un simple agent, comment voulez-vous me confier une tâche pareille ? Je ne suis pas habilité à de tels niveaux de responsabilités.
Vous aurez accès aux ressources nécessaires et votre niveau d'accréditation au sein du Bureau sera mis à jour.

Promotion, meilleur salaire, plus de moyens, n'importe quel individu normalement constitué aurait adoré. Mais le caridan n'était pas exactement n'importe qui et encore moins normalement constitué. Cette nouvelle était loin de le ravir. Se retrouver propulsé d'un coup à plusieurs échelons, théoriques ou réels, au-dessus de sa modeste condition était un choc en soi. Si on ajoutait le fait de devoir surveiller - comprendre, être prêt à les descendre - des sensitifs adeptes de trucs capables de l'atomiser en un clin d’œil tout en devant gérer ses relations avec la belle ex-inquisitrice, ça commençait à ressembler à une mauvaise blague. Peut-être que c'était la punition qu'ils avaient choisi pour ses longs mois passés sur Delchon, qui sait.

Okay... Mettons, comment le Bureau a-t-il décidé d'organiser les choses ? Quelles seront nos responsabilités chacun, quelles missions, quels ordres, la totale.
Vous aurez pour tâche, conseillère, de recruter, d'entraîner et de superviser les individus capables de s'opposer aux alliés de la traîtresse Isard. Vous disposerez des fonds et d'une base d'entraînement sécurisée par le Bureau pour se faire. Nous vous fournirons une liste de tout les individus potentiellement intéressants que nous avons capturé. A votre charge de leur rappeler leurs devoirs envers l'Empire et l'Empereur.
Ah parce qu'en plus ces gens ont été capturés ?

Formidable, rien ne valait ce genre de petite annonce pour débuter une relation de confiance. Il n'aurait plus manqué que lorsqu'elle irait leur rendre visite, les individus en questions étaient torturés et tenus en joue et on était bon. Parfois, Molotch se découvrait la tentation d'aller casser quelques bouches impériales. Putains d'amateurs.

Vous vous attendiez à quoi ? Qu'on passe une offre d'embauche dans les petites annonces ? Nous parlons de gens très semblables aux terroristes Jedi, pas question de prendre le moindre risque avec ces engeances.
Ouais bon, on se débrouillera. Je dois faire quoi de mon côté ?

Il avait surpris le regard azur de la jeune femme et avait immédiatement compris qu'il allait falloir changer de sujet avant qu'elle ne repeigne les murs avec la cervelle de l'imbécile. Ça aurait fait tâche sur leurs dossiers et accessoirement sur le décor.

Vous travaillerez de concert avec la conseillère et aurez pour tâche de vous assurer que chacun de ces gens n'oublie jamais leur devoir et leurs responsabilités envers l'Empire. Les méthodes que vous jugerez nécessaires pour se faire seront laissées à votre entière discrétion, le Bureau vous fait confiance, agent Molotch.
Et j'imagine que toute la structure, l'organisation et tout le tintouin liés à cet Inquisitorius c'est aussi à ma charge ?
Vous supposez bien.

Donc, non content de devoir surveiller étroitement une bande de gens capables de le buter d'un claquement de doigts au cas ou il faudrait les descendre, il allait devoir se coltiner la paperasse et la gestion. C'était officiel, ils avaient vraiment la haine pour cette histoire de Delchon. Quelle journée de merde. Son regard croisa celui d'Helera et il crut lire un reflet de sa propre désillusion dans l'océan qu'il contemplait. Il esquissa un très léger hochement de tête à son encontre avant de soupirer bas. Que disait le dicton déjà ? Quand faut y aller...
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