L'Astre Tyran

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By L'Ombre
#29337
Je me levais d'un pied lourd ce matin là. Comme à mon habitude, une heure avant le lever du Soleil. Je profitais d'un dernier aperçu de la nuit avant qu'elle ne laisse sa place à l'astre diurne, celui-là même qui représentait dans d'innombrables cultures la force, la joie, la vie. Pourquoi pas. Mais de ce que j'en savais, c'était juste une boule de gaz qui brûlait. Quel rapport avec la joie ? Les peuplades inférieures m'agaçaient par leur niaiserie héréditaire. Personne ne pouvait simplement tourner le dos aux fausses idoles ?

Je posais ma main sur ma table de chevet et entreprenait de lire un passage d'un de ces mémoires que je lisais assidûment. Celui-ci, écrit à la va-vite par un genre de mage fou, relatait quelques expériences qu'il ratait les unes après les autres.

" Pour faire face au besoin lors d'une mission auto-attribuée, j'entrepris de nouer un contact fort avec les animaux. Les petits rongeurs et les oiseaux de seconde zone se laissaient manipuler, la sollicitation de la Magie étant suffisante et à portée du premier imbécile venu. Mais en cas de coup dur, j'avais besoin d'une aide corporelle complète. Un genre d'aide militaire venu des milliers de bêtes parcourant chaque mètre carré d'une ville ou d'une forêt. "

Je comprenais amplement. Contrôler les insectes et les pigeons était facile, leur esprit si petit et étroit qu'il suffisait de siffler pour s'immiscer dans leurs pensées les plus profondes. Mais contrôler rat et corbeau avait nécessité une vraie symbiose avec un patient zéro. Je commençais à peine à pleinement maîtriser l'usage de cette capacité à communiquer avec le monde animal, et encore, rien qu'avec des petits animaux. Mais le rat et le corbeau semblaient tout deux être des sujets haut-de-gamme pour de telles expériences. Leur intelligence individuelle et collective en faisant des alliés précieux, des espions discrets, et une armée fidèle. Surtout les rats. Un essaim de rats pouvait dévorer un corps en une grosse minute. Et venir de n'importe où, s'incrustant même dans un bunker renforcé.

" Le rat se soumet facilement s'il y voit un intérêt, mais aller contre sa nature brise le charme et le fait vous abandonner. "

Constat affligeant. Une armée de rat permettait un contrôle local plus certain qu'une armée impériale, encore fallait-il réussir à contrôler un esprit collectif aussi puissant jusqu'à la dernière synapse.

" Les corbeaux sont encore pire. L'esprit du rat est tourné du collectif vers l'individu, à savoir que leur intelligence passe par leur société avant l'individu. Le corbeau raisonne à l'inverse. Il se situe comme être individuel au sein d'un groupe, et de fait une nuée de corbeau est plus dur à gérer qu'un groupement de rats. Les rats pourraient théoriquement se contrôler en essaim si on réussit à ployer l'esprit du chef de file. Les corbeaux, pour être contrôlés en nombre, devraient être asservis l'un après l'autre. Ce qui rend la tâche plus compliquée. "

L'auteur n'avait pas tort. Les corbeaux avaient un esprit individuel très puissant pour un animal, et leur intelligence relative était une des plus étoffés du monde animal. Un Gundark adulte n'aurait pas pu rivaliser. Les rats aussi se tenaient dans le haut du panier. Chacun passait tellement de temps à fantasmer sur le Rancor de compagnie qu'ils auraient dans leur palais, leurs élevages de nerfs et autres animaux à l'intérêt artificiel qu'ils en oubliaient les fondamentaux : les rats et les oiseaux. En nombre, discrets, silencieux, rapides... en communauté.

Un réseau d'espions idéal.

" Il faut que je trouve un moyen d'insuffler un intérêt envers moi à tout un groupe de corbeau. "

Les notes concernant cette période s'interrompirent. Je fermais le livre et me levais définitivement. Je fis jouer la pierre d'activation du monolithe dans les bois pour sortir à l'air frais, sans robe, entièrement nu et offert à la nature. Les animaux fuyaient l'endroit comme jamais depuis mon arrivée. Point de chute isolé au milieu des bois, ce monolithe secret était devenu un sanctuaire, surtout depuis que j'avais découvert l'étendue de son contenu. Je le pensais juste couvrant l'espace visible au dehors, mais un réseau de boyaux courait dans l'a-plomb rocheux derrière la cascade à proximité. Le bruit rassurait, et le contenu derrière cette cascade valait le détour. Après une cachette désuette consistant en un panneau coulissant activé avec une phrase clef précise s'ouvraient des escaliers taillés par des artisans ayant un soucis particulier du détail, qui menaient droit vers un couloir en forme d'intestin grêle dans lequel trônaient 4 portes en bois finement sculpté. Et ce que j'avais découvert alors me laissait sans voix.

Un espace de laboratoire laissé à l'abandon, mais qui ne demandait que d'être regarni. Des tables s'enchaînaient le long d'une piste d'atterrissage, avec de vieux nécessaires d'alchimie, des bassines de cuivre, béchers poussiéreux mais encore manipulables, des paillasses rendues propres avec de l'huile de coude, et quelques tuyaux en cuivre, en laiton, et, chose rare, un caisson hyperbare, petit, mais de quoi contenir un petit animal. Pas de quoi en revanche mener des recherches pointues jusqu'au bout. Il faudrait toute une liste de matériel de laborantin pour compléter l'édifice. La deuxième pièce accueillait le nécessaire de nettoyage. La troisième pièce était un débarras pour les vêtements de travail. La quatrième, en revanche, était plus intéressante. C'était une salle qui servait à la fois de prison et de salle de torture. Un chevalet, un siège clouté et un berceau de judas trônaient là, de même qu'un assortiment d'objets de supplice. En face de l'endroit faiblement éclairé se tenaient des cellules, qui elles, baignaient sur une lumière au sol aveuglante. Pour prévenir le sommeil des supplicés sans doute.

Ce sous-sol passionnant m'éclairait maintenant. J'étais venu ici non pas pour apprendre, mais pour découvrir. Mener des expériences, et les utiliser pour Sa Gloire éternelle. Mais d'abord, je devais m'équiper.

Et, en fait, je pensais savoir où chercher les premiers instruments dont j'aurais besoin.

        « Il faut avant tout un cobaye. »
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By L'Ombre
#29365
Un homme ? Trop complexe. Un gros animal ? De même. Un petit animal, pour commencer, serait parfait. Un rongeur principalement. Ce qui se trouvait en masse dans la forêt, c'était le serpent. Le serpent Mober se trouvait à proximité des vieilles ruines Sith, mais sans trop savoir comment, je faisais si peur aux bêtes que je n'aurais jamais pu en capturer, dussé-je parcourir la jungle durant trois jours et trois nuits. Le mieux à faire était encore de capturer la bête quelconque. Une cage, un piège à déclencher, un morceau de viande, un peu de patience, et voilà. Je me nourrissais bien, avec ce que j'attrapais dans mes collets. Le serpent était filendreux, mais leur nombre était si conséquent que je me permettais d'en stocker.

Le Côté Obscur me permettait de survivre une semaine sans boire ni manger, et en dormant sommairement, mais il semblait me rappeler à la réalité mortelle quand je n'étais pas dans le besoin. Et, de fait, je n'étais pas dans le besoin. Le collet avait ses résultats, mais les spécimens n'étaient jamais vivant. Il faudrait un piège solide d'où s'échapper semble une utopie.

Je sortis du monolithe, vêtu de ma bure et de quelques effets, et commençais à arpenter le chemin à travers bois que je traçais depuis peu. Là où avant tout était sauvage, maintenant se tenait un chemin foulé de mon pas leste au milieu des brousses en ligne plus ou moins droite, la terre à vif au milieu de brindilles sporadiques.

A peine écarté de mon antre, je me tournais une dernière fois pour l'observer amoureusement.

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Je pensais avoir trouvé un foyer. Enfin. L'idée qu'on me l'enlève n'était pas une tare à proprement parler. Mais si je pouvais mener des expériences ici bas sans être interrompu par le premier péquin venu, c'était aussi bien. Noyé dans cette jungle épaisse, je pensais pouvoir compter quelques temps d'une tranquillité relative. Dans les prisons se tenait tout un assortiment de cages pour les captivités longues : des grandes à barreaux blindés forgés à froid, des cage normales à barreaux en fer forgé simple, mais aussi des cages de taille variable, allant jusqu'à la cage à gros canidé à mailles blindées. Pour éviter les animaux projetant du poison, certainement. Je me savais en capacité de maintenir en captivité quelques animaux. Et en fait, j'avais une idée précise de ce que je pouvais étudier en premier. Un animal dont j'ignorais le nom, qui ressemblait à un genre de rat à queue touffue et aimait à se balader dans les arbres.

Il me faudrait un piège ingénieux pour capture un animal si volatile...




Cela me prit deux jours entiers à fabriquer, mais j'admirais maintenant le petit chef d'oeuvre. Après avoir sélectionné soigneusement des branches de bonne taille, courbée en dome celles-ci, fermé par des lianes solides les trous dans lesquels l'animal se serait glissé par roublardise, et pensé à un système de déclenchement. Un genre de ressort végétal venait compléter le tableau, tirant le morceau de bois qui maintenait la cage, le tout s'étirant par la pression d'une bête au centre de la cage volumineuse à fond en bois tressée en mailles. La cage était complète et devait résister aux dents acérées des bestioles arboricoles avec le remplacement de la sève par une solution à base de poivre fort. Rien pour empêcher les bêtes de venir, et rien pour leur permettre de s'échapper. Je disposais l'unique appareil au pied d'un arbre et m'en éloignait. Par acquis de conscience, j'entrepris pendant le jour suivant d'en fabriquer un autre. Maintenant que j'avais la méthode de fabrication en tête, il ne me restait plus qu'à reproduire un plan. Plus rapide que de le penser à l'origine.

Après deux jours, rien n'était encore près. Mais j'avais à ma disposition trois pièges de plus, que je disposais à d'autres endroits stratégiques. Je pensais, pour le dernier, à grimper brièvement à l'arbre pour le poser sur le premier embranchement. Je continuais pendant ce temps à réfléchir à mon matériel nécessaire pour la suite. Le caisson hyperbare ne me servirait sans doute pas. Autant le place dans le débarras. Un microscope serait facile à dénicher, mais sans formation de laborantin, cela serait bien... laborieux.

Un réchaut, un assortiment de béchers, de ballons, de fioles, de tubes à essai, de distillateurs et autres pour conduire quelques expériences sur les infusions. Le matériel présent en cuivre convrait une partie de ces besoins, mais j'avais encore besoin de quelques outils banals mais obligatoires. Et d'un accès à l'eau courante froide. Pour ça, creuser un accès de la cascade avoisinante à ici était la solution la plus simple.

Simple. Pas facile.

Mais déjà, j'entreprenais d'aller relever mes pièges. Et je ne fus pas déçu.




Trois pièges avaient marché, les deux autres restaient en place. Cinq spécimens étaient capturés, des genre de rats vert avec une queue double parcourue d'une fourrure épineuse et acide. L'acide en revanche n'agissait que sur les tissus adipeux comme ma peau. Je m'étais brûlé à en transposer un de son piège à sa cage finale. Les propriétés acides par contact cutané les rendait prometteurs. Etonnamment, ils se firent drôlement calmes durant leur séjour. Leur petit nombre me permit aussi d'envisager des expériences mentales avant de commencer à examiner les tissus. Je réunissais du dehors quelque nourriture pour les sustanter durant un long moment et me mit en quête de l'avant-poste situé 200 kilomètres au sud.

Le chemin serait long.
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By L'Ombre
#29384
La marche était longue mais régulière. J'avais le pas allongé, la fatigue lente à venir et la soif qui ne faisait pas défaut. L'endroit était très humide, mais pas plus lourd qu'ailleurs, et j'avais de toute manière une bonne gourde. Ajoutant à cela quelques rations de serpent séché et un sommeil de 2 heures seulement, en deux jours j'aurais couvert la distance. L'avant-poste avait été difficile à trouver la première fois. J'avais trouvé mention de son existence sur une carte froissée dans le Monolithe, mais les indications étaient particulièrement vagues. Histoire de récompenser les plus vaillants, certainement. Mon expédition avait duré une semaine à tourner en rond dans une portion restreinte de la jungle, à chercher les deux troncs soudés en leur centre qui marquait le début d'une énigme en vers.

Il m'avait fallut une surdose de patience et de chance pour trouver l'avant-poste. En fait, je n'avais jamais trouvé le fameux tronc. J'avais trébuché sur une racine retors, dévalé une pente raide, et m'était cogné contre une caisse en métal devant un entrepôt caché. C'est en percevant le "gong" en métal que je réalisais que cette caisse n'était pas poussé dans la nature naturellement.

Depuis, retrouver le chemin une fois découvert s'était avéré facile. Avec mes propres repères, le lieu était rendu accessible en à peine deux jours aller, et autant de retour. J'avais tiré la dernière fois quelques ouvrages, principalement des mémoires. C'était là que j'avais découvert les expériences de ce qui se rapprochait le plus du concept de confrère. L'homme qui tentait de dompter les corbeaux dathomiri.

Le bougre avait découvert que ces animaux discrets possédaient une fidélité naturelle pour les Soeurs de la Nuit, et n'avait jamais pu substituer cet état de fait à son profit. Il était responsable de la propagation de cet animal un peu partout dans le nord galactique et une partie du sud. Rien de grave, les corbeaux n'étaient pas spécialement néfastes au point d'être l'objet d'une traque privée sur les planètes d'accueil.

Parcourir la forêt avait toujours un côté récréatif. On y observait la faune s'ébattre joyeusement, même si je constatais encore une fois que toutes les bêtes, même celles qui auraient du faire office de prédateur, me fuyaient prestement. A force, ça devenait presque vexant. Pourtant, comme un genre de salvation dans cette routine morose, un serpent mober tenta de m'empoisonner en me sautant depuis une branche courant au-dessus de ma tête. Habituée à ne pas être perturbé, je devais avouer n'avoir pas surveillé ce qui pouvait se tenir plus haut que moi. Comme si c'était possible...

Pourtant, cet immondice à deux têtes s'était laissé tombé, la tête principale tentant de m'arracher un morceau du cou, et la tête en queue tentant de me happer le torse. En un réflexe, j'étais néanmoins parvenu à intercepter les deux têtes indigentes avant que morsure ne se fasse. Enervé, le serpent avait courbé son ventre, tenté de me déchiqueter le visage par les deux bouts, avant que je ne mette fin à ses jours. Alors prit d'une petite faim, je me laissais aller, et je crouqia sallègrement en plein milieu du ventre de la bête. Mes deux crocs, héritage de Korriban, percèrent la couche écailleuse, le nerf creux dans ceux-ci se mettant à pomper le sang froid de la bête qui se laissait aller à une panique bien méritée. C'est toujours dur de découvrir que, de prédateur, il suffit d'un pas pour devenir proie.

La pauvre bête mourrue, alors que je déchirais un filament viandeux cru que je mastiquais difficilement. L'odeur de tripes et la nature filandreuse d'une viande trop élastique rendait la dégustation compliquée et peu ragoûtante. Je crachais le morceau et passais un doigt dans les trous fumants que mes appendices avaient oubliés. D'un coup latéral, je tirais un trait sur cet épisode pour évider le serpent et le glisser dans ma besace. Avant de m'installer pour une méditation tranquille, je prendrais soir de le faire cuir à outrance. Il aurait le mérite de constituer ma pitance du lendemain.

Après avoir marché pendant une vingtaine d'heures sans autre arrêt que cet assaut inoppiné, je stoppais brusquement mon pas, et comme si j'avais prémédité tout depuis le début, je plantais campement au pied d'un arbre gigantesque couvert de mousse.

Je m'asseyais devant un espace dégagé à la main, deux branches à terminaison en Y, une branche en travers où trônait un serpent empalé sur toute sa longueur, avant de tendre la mains, doigts bien écartés, et de murmurer une brève incantation.

        « Saud, dasixa buti nuyak bils ir mtoni sis inakas je'as herjta, mazo anas j'us gal... »

Non. Assez des longues incantations. Je réfléchissais de plus en plus à ces incantations à rallonge qui ne m'offraient aucune fenêtre rapide. Non pas que je sois impatient... mais j'avais manqué mourir pour de bon faute de temps pour aligner des incantations différentes. Je procrastinais depuis un moment sur cette question pourtant idiote.

Je sortais un des trois livres que je portais en bandoulière, et tirait un chapitre particulier d'un arcaniste d'autrefois qui incantait à tour de bras par sa simple pensée. Je n'avais lu que la préface jusqu'ici, par curiosité pour l'autre livre sur les expériences animales. Peut-être devais-je sauter ma précédente lecture pour tenter de glaner un conseil judicieux.

Je feuilletais les chapitres jusqu'à tomber sur un mot clef qui sonna la fin de mon tracas.

" L'incantation magique est une obligation rituelle. N'escomptez pas invoquer un vent puissant sans solliciter l'aide du vent. Toutefois, il y a des moyens plus rapides de le solliciter sans qu'il ne se vexe. "

Bingo.

" Il suffit d'associer dans votre esprit un mot court, auquel vous attachez toute la puissance de l'incantation originale. Votre bouche formulera un mot de deux syllabes, mais votre esprit sera entièrement tourné vers l'incantation complète. Les éléments ne semblent pas en prendre ombrage. "

Mais quel idiot ! Bien sûr ! Néanmoins, cela m'étonnait que ce fût aussi simple et facile. Peut-être que le manque de complication m'avait échappé par cette trop grande simplicité justement. On avait toujours du mal à croire que la réponse se fut sous le nez tout du long, au point de ne regarder que l'horizon. Typique.

Je me concentrais, trouvais un mot, et m'attelais, yeux fermés, esprit tout tourné vers la tâche, de confondre l'incantation et ce mot de pure invention. Quand je me sentis prêt, je faisais un premier essai. Je tendis les mains, doigts écartés, et lâchais :

        « Shirak. »

Merveille ! Le feu s'était mis à crépiter instantanément. Le succès était énorme et truffé de potentiel pour l'avenir. Je devais travailler dur cette technique d'optimisation temporelle, sans perdre de vue le respect dû aux éléments sollicités. La tâche accomplie, je me fendais d'un sourire, et me défit lentement de ma bure. Je mettais mon corps lacéré à nu et tirais le chat à 9 queues de ma besace. Tourné vers l'est, je tendis à bout de bras mon objet de supplice.

        « Je ne suis que l'instrument de Sa Volonté... »

Slash !

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By L'Ombre
#29426
Il ne restait qu'une journée de marche tout au plus. Ces deux heures de méditation prirent fin. Le serpent sur le feu s'était effondré, et trempait maintenant à même les braises. Je tirais le morceau de bois calciné, et le serpent enfilé dessus par la même occasion. Tellement grillé que la viande s'était raccornie et avait finie carbonisée. Je croquais une fois à tout hasard... immangeable. Heureusement que j'avais des rations séchées pour une semaine. Mais je n'avais jamais goûté de serpent mober. Une expérience ratée. Mais bon.

Je tirais ma bure à moi, l'enfilais d'un geste ample, tirais ma besace et reprit la route. En deux heures, la nuit avait eu le temps de poindre son museau fin, et un croissant de lune impeccable perçait derrière la cime des feuillus épaix en pagaille. Le toit végétal couvrait à peine les rayons divins offert par l'humidité qui semblait augmenter de moitié la gravité planétaire.

J'avais fermé les yeux sur un ciel orangé au soleil disparaissant. Quand je les avais rouverts, la lune me toisait. Je marchais sans discontinuer, sans prendre de pause, sans souffler, grignotant à peine un morceau quand la faim se faisait un peu sentir. A boire un peu de cette eau de cascade dans cette grosse outre de dix litres. Après la lune revint le soleil, à l'opposé de son coucher, comme un dormeur qui se réveille la tête reposant là où il avait posé ses pieds la veille. C'était le seul cycle de sommeil qui différait de celui de toutes les autres existences. Le soleil, de paresseux, devint vif, à son zényth il me brûla les épaules, avant de revenir un peu en arrière, et de me chauffer brièvement le dos.

Quand il allait entammer sa phase d'endormissement, j'aperçus un amas de feuilles de lierre grimpant totalement carré. Le container d'acide borique. J'étais à quelques minutes de là.




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L'avant-poste était une forteresse de liaison entre le Temple Noir et une série de base scientifique avancée plus au sud à en croire les maigres cartes présentes. Distantes de quelques 3.000 kilomètres au sud, c'était une aventure pédestre à laquelle je préférais m'adonner en cas d'acquisition d'un véhicule à même de me faire couvrir la distance en un rien de temps. Mais pour mes ambitions présentes, ce qu'avait l'avant-poste suffisait. J'étais venu une seule fois en repérage, et comme premier trésor, j'avais jeté mon dévolu sur une vingtaine de livres, des journaux personnels, quelques notes pseudo-scientifiques et autres pour en découvrir plus sur l'endroit.

Aujourd'hui, je jetais mon dévolu sur du matériel que je savais présent ici, sous une pellicule lourde de poussière qui rendait l'ensemble particulièrement gras au toucher, mais qu'on devinait de si bonne facture qu'un simple dégraissage suffirait à les remettre d'aplomb. En lice se tenaient les tubes, fioles et ballons divers, au moins 5 de chaque. Il y avait une tour dédiée à l'alchimie, aussi fût-ce ma seule destination. L'endroit disposait de quelques tourelles lasers en mauvais état, mais le tout était en bon état. Si ce n'était les vignes vierges, le lierre, les arbres qui crevaient les dalles de sol et les animaux qui fuyaient, on aurait cru l'endroit abandonné il y avait seulement quelques décennies. Le Côté Obscur qui suintait de partout avait retardé la reprise des droits de la nature.

Arrivé dans la tour, je posais ma besace dont je sortais mon fouet à main et enlevais ma bure, et pratiquais le rituel de purification précédant la phase de méditation sommaire que j'allais m'accorder. Jusqu'au petit matin. Je voulais profiter des lumières diurnes pour ne pas fouiller l'entrepôt à tâton. Ainsi commençait ma quête vers du matériel digne d'un laborantin autodidacte...
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By L'Ombre
#30095
Tout semblait avoir été quitté la veille. Les tourelles de défense, les droïdes sentinelles et les véhicules ne fonctionnaient plus depuis belle lurette, pour peu qu'on en croisâ des en état à peu près correct. Mais l'intérieur des bâtiments, et je m'en étais étonné la première fois, étaient propres comme s'ils étaient nettoyés chaque jour. J'avais pérégriné au tout début, curieux de voir comment c'était possible. Les malins avaient réussi à construire une petite usine marémotrice dans une nappe phréatique attenante. Fort de cette source d'énergie renouvelable impeccable, cumulé à une technologie certaine qui empêchait l'acier de rouiller, tout était briqué par des droïdes de nettoyage régulièrement auto-maintenus en état et s'auto-rechargeant. Voir des grosses rondelles tapisser le sol pour nettoyer chaque parcelle poussiéreuse depuis 3000 ans avait quelque chose de jouissif.

Le savoir-faire Sith était capable de perdurer des milliers d'années en parfaite autonomie. Quitte à piller des ruines, autant piller des ruines de vrais savants.

Et pour cause, les ouvrages et le matériel avaient tous un sacré cachet. Les outils de distillation, les cuves, les caissons... tout était en cristal poli ou en cuivre. Depuis le temps, du vert-de-gris s'était posé sur tous les ustensiles en cuivre des laboratoires présents. Ce qui aurait été pratique, c'est un landspeeder. Mais impossible d'en trouver un. Ou quoique ce soit qui puisse servir de container pour transporter pas mal de matériel.

Un droïde de maintenance me percuta la jambe, recula, sembla me jauger.

        « Tu n'auras pas une idée par hasard ? »

Il ne répondit pas.

        « Tu n'as pas un collègue porte-charges quelque part ? Un droïde porte-baril ? »

Il ne répondit pas.

        « Tu ne comprends rien de ce que je dis, n'est-ce pas ? »

Il ne répondit pas.

        « Bon... et bien, il ne me reste qu'à chercher ma foi... »

Il ne répondit pas. Il me contourna et se dirigea vers un slot de chargement, une petite case où il stationnait 10 minutes pour repartir, frais comme un gardon, et nettoyer les alentours durant 24 heures. Un droïde porteur, oui... ç'aurait été utile. Je n'avais fouillé que superficiellement le coin des speeders, juste pour m'assurer qu'aucun ne marchait, mais les hangars attenants étaient encore un mystère pour moi. Je sortais en trombe et me dirigeais d'un pas leste vers la zone d'atterrissage. Près de là se tenait un genre de petit parking dévolu aux utilitaires des particuliers et citoyens de seconde importance. Les véhicules étaient en relatif bon état, mais l'électronique avait prit un sacré coup de vieux, et avait fini rongé, soit de rouille, soit par les dents d'autochtones mangeurs de câbles. Des genre de Myonocks mais en plus... terrestre.

Je n'avais ouvert aucun hangar mitoyen de par leurs verrous. Les loquets paraissaient simples pour qui avait une batterie de rossignols. Le fait était que je n'étais guère un bon crocheteur de serrures. Il fallait que je trouve de quoi les forcer. A défaut d'autre chose, je tentais de simplement les ouvrir, pour m'éviter des tourments inutiles avant de m'apercevoir que tout était ouvert aux quatre vents. Mais rien n'y fit : les portes demeuraient scellées, et bien scellées. Je tapotais la serrure de mon doigt griffu, le tintement métallique donnait un aspect encore plus abyssal qu'elle n'aurait pu déjà en avoir.

        « Sésame... ... ... débrouille toi... »

Fichtre. Comment faire ? Faire fondre ? Non, trop grossier. Forcer ? Avec quoi ? Trouver la clef ? Ah bon, où ça ? Dommage qu'il n'y ait pas quelqu'un qui sache où était la clef, malgré tous ces droïdes...

Mais... mais... mais ! Bien sûr... Mais bon sang, que n'y avais-je pensé plus tôt !




Chose rare près d'un campement Sith, il y avait un cimetière. En général les Sith n'enterraient pas. Ils abandonnaient les corps ou les brûlaient. Pourtant, ici devait s'être tenu un culte très spécial pour bénéficier d'une terre consacrée. Mais ainsi se tenait là quelques morceaux de pierre avec des plaques en plaxacier où se trouvaient affichés des noms quelconques. Les tombes n'étaient pas fraîches. Mais les fonctions étaient affichées encore en clair. Nom, Prénom, date et lieu de naissance, pareil pour la mort, mort en lâche / héros / conquérant / traître - biffez les mentions inutiles - et la fonction avant sa mort. "Scientifique", "Soldat", une belle tombe ornée d'un "Général", une désespérément simple avec marqué malgré tout "Seigneur" - un Sith qui avait déçu, certainement - et, enfin, une simple aussi, frappée "Technicien de maintenance". Un être sans intérêt de son vivant, mais terriblement utile de sa mort. je posais un genou à terre, et commençait à tracer un large sillon avec trois doigts serrés, tout autour de la tombe. Sur les extrémités, je dessinais à équidistance 8 cercles joignant la tangente, et à l'intérieur, 4 diagonales reliant les cercles se joignirent au centre de la tombe, sur la dépouille profondément enterrée. Prenant soin de ne pas briser le cercle incantatoire, je me mis en retrait, en position du lotus, et levais une main, tournée lentement... lentement... très lentement...

        « Sulig tave stuporjazia, fasona iv chaosas ir hadzuska, Nu reiklauti tauz, dvasia, mazo anas j'us gal cali nuyak falykas ! »

La main... ma main se mit soudainement à trembler. Petit à petit, le tremblement devint ératique et le mouvement devint flou. Du vert s'échappa de mes ongles, comme un fumigène secret, se déversant particule par particule dans le sol noirci... Au-dessus de moi, les nuages s'amoncelèrent, menaçants, surplombant la région toujours ensoleillée de lourds cumulus d'un gris opaque. Le soleil disparut.

        « Viens à moi ! Par le Pouvoir qui m'a été conféré, je t'invoque ! »

Soudain, il se mit à pleuvoir.




Après 30 minutes d'invocation, tout mon attirail et mes habits étaient trempés. Mais ma main, devenue complètement autonome, continuait d'invoquer les essences magiques pour rappeler le cadavre de sous la terre. Le Voile Mortuaire était quelque chose que même les Sith s'interdisaient, par éthique. Heureusement, je n'étais pas un Sith. Et, après cette longue demie heure d'incantations diverses et d'injonctions, deux bras, un torse, et deux jambes, le tout surmonté d'une tête, émergea du sol. La terre ne remua pas, seul l'esprit remontait. La mort était survenue depuis si longtemps que l'image était floue et approximative. L'esprit capitonné était presque éteint.

        « AAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH ! »
        « Mais... Palsambleu, je n'ai même pas commencé mes questions ! »
        « AAAAAAHHHHH CA BRUUUUUUUUUULEEEEEE ! »
        « De... Mais enfin, je ne fais rien, c'est impossible ! »
        « RHHHHHHAAAAAAAAAAAA PITIE, QUE CELA CESSE CEANS ! ARRETEZ, POUR L'AMOUR DE... »

Il disparut. ma main venait de stopper. Aussi vite qu'elle était venue, la pluie stoppa, laissa sur place un champ de boue compacte. Je me levais sans un son, et marchais sans me soucier de la terre projetée sur mes bottes.

Le sortilège était un échec complet.

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By L'Ombre
#30727
Bon. Bon bon bon... Que mes vêtements soient immondes, ça, je le supportais. La boue sècherait, il me suffirait de casser les blocs séchés et de passer ce qui restait à l'eau claire. Il y avait un courant naturel qui passait près du monolithe. Mais le goût de l'échec avait quelque chose de profondément amer. Qu'est-ce qui avait raté ? Etait-ce une discipline à laquelle je ferais mieux de ne pas aspirer ? Communier avec les morts n'avait pas grand intérêt, sauf cas exceptionnels. Valait mieux se concentrer sur le général avant de tomber dans l'inutile spécialité. Accéder au garage paraissait dans l'état impossible. J'allais devoir composer avec ce que j'avais sous la main. En attendant d'avoir mieux. Et surtout de quoi ouvrir le garage.

Il devait bien y avoir un truc. De quoi ouvrir ça. Je retournais devant les portes du garage. Je tapais du doigt dessus, et sur la serrure. Le jour sous la porte n'était pas violent, mais je m'allongeais pour en jauger l'épaisseur. A peine un centimètre. Et le noir complet à l'intérieur. La serrure... la clef était électronique. Forcer la chose en démontant le panneau et en bidouillant les fils ? Trop risqué. Et le panneau devait être vissé depuis l'intérieur. Pour éviter qu'un petit malin armé d'un tournevis ne fasse effraction. Peut-être bien que le boîtier était piégé. Venant de Sith, ça n'aurait rien d'étonnant.

Tant pis. Au moins je pourrais peut-être récupérer de quoi transporter pas mal de matériel dans quelque chose. Mon petit baluchon m'obligerait à faire une douzaine de voyages. Au moins ! Ce qu'il fallait, c'était ouvrir de l'intérieur. Le mieux dans ce cas, c'était d'avoir un compagnon pour ce faire.

Un petit couinement à ma jambe retint mon attention.

Image Un petit rat d'un pelage gris soigné qui agitait le museau près de ma botte boueuse. Comme un petit curieux, qui me croise dans la rue en plein désarroi, et qui s'arrête pour me demander si ça va. Comme ça, spontanément, sans arrière pensée. Ce qui était arrivé peut-être. Autrefois. En fait je n'en avais plus vraiment souvenir. Mais des flash semblaient vouloir refaire surface petit à petit.

Que veux-tu, jeune ami ?


Les deux petites pattes fouillaient l'air, grattaient l'espace, les moustaches frétillaient, petites broussailles grises d'un animal pour qui j'avais toujours eu une vraie affection. Les rats et moi, c'était une sorte d'histoire d'amitié impossible. Trop nous séparait. Et tout nous rapprochait. L'intelligence de ces petits animaux injustement détestés leur donnait un statut de paria qui ne m'enviait pas. Ou plutôt, que je n'enviais pas, moi. Mais ce qui était le plus admirable, c'était la résilience que ces êtres de sous la surface pouvait déployer. Rien ne les atteignait. Ils vivaient, mourraient, continuaient, faisant fi de ceux qui jurzaient leur destruction pour leur seule nature. Le rat ne naissait pas mauvais. Il ne le devenait pas. Il faisait ce pourquoi il était né. Pourquoi cette haine envers cet être cent fois plus méritant dans la survie que nombre des imbéciles du petit peuple humanoïde ?

Je consentais à fléchir des genoux pour me planter face à lui, après un bref pivot. Nez à nez.

Si seulement tu pouvais m'aider...


Je tendais une main, et comme mu par un instinct singulier, il s'y nicha. Il renifla ma paume lacérée, mon odeur si spéciale, fit deux tours sur lui-même et se coucha, prêt à y dormir. Je souriais doucement et déposait un petit baiser sur le bout du museau effilé de la bête, avant de le jucher sur une épaule. Il s'y tint stable et m'accompagna durant ma ronde autour du garage, toujours aussi fermé.

Ah si seulement. Si seulement ! Eût-il fallût que je sois en ton corps pour entrer et ronger les fils adéquats.


*Couicouic.*

Hey oui.


Traitez-moi de dingo si ça vous chante, mais je trouvais plus de proximité dans le rat que dans l'homme. Et parler à quelqu'un qui vous écoute sans vous couper avait un côté étrangement réparateur.

A ceci près que celui-ci me mordilla l'oreille assez violemment.

Oui ?


Mal ? Non. La douleur était un concept très abstrait. Je prenais la chose comme une tape dans le dos venant de la petite bête. Elle se jeta au sol et commença à foncer vers le côté. Il s'arrêta après un mètre, me fixa, couina fort, reprit sa route. Je le suivis doucement. Il s'était stoppé près d'un conduit d'aération, dont une grille était planté à même le sol. Il couina devant, pattes dressées.

Et bien ? C'est une voie pour aller à l'intérieur ?


Couinement lent. Un oui ?

Et donc ? Veux-tu que j'y aille de mon corps entier ?


Couinement rapide. Un non ?

Je n'ai hélas pas le loisir d'avoir tes attraits physiques, jeune ami.


Plusieurs couinements. La tête oscille sur ses épaules frêles. Les moustaches se froncent, se contractent. Oh, mais oui. Je comprends. Créature intelligente...

Tu es sûr de vouloir cela ? Tu pourrais ne pas y survivre. Cela pourrait te faire souffrir.


Couinement lent. Couinements lents. Il semble prêt à courir le risque. Je m'agenouille. Lui tend mon doigt. Il le mord brusquemment. Le sang perle doucement sur mon doigt. Il trempe sa petite langue râpeuse dessus. Il tend une patte, se mord un peu jusqu'au sang. Je tend un doigt sec, touche le sang, et l'humecte à mon tour. La Magie du Sang. Un art exceptionnellement dangereux et puissant. Avec la Magie des Os, il forme un des arts tabous de la Magie Obscure, une dicipline que seuls quelques adeptes immaculés du Côté Obscur peuvent maîtriser. Et rares sont ceux parmi ces adeptes à oser y songer. Retorse et perverse, la Magie du Sang implique un sentiment d'abnégation, de partage et d'empathie que l'égoïsme typiquement Sith interdit. Il fallait être déconnecté de la mentalité d'origine pour songer partager son essence vitale. Quel manque de vision.

D'une voix douce, je susurrais l'incantation nécessaire au pouvoir. Sans sentir de modification, je sentis. La différence était énorme. De joues creuse je passais à des joues longues et fines. D'énormes moustaches m'y poussaient en travers. Des yeux chafouins, fouilleurs, qui fixaient une silhouette uniforme et terne, vêtue de noir. Des pattes fines, des poumons en feu, un appendice qui traîne derrière moi. Je me sais encore homme. Mais je me sais rat. Mon esprit se partage. Je suis homme à moitié.

Je suis rat de l'autre moitié. Le rat partage avec moi son esprit. Je vois ce qu'il voit. Il pense ce que je pense. Il est moi, je suis lui. Je passe la grille à mon côté, me faufile entre les carrés de métal découpé.

Je suis entré dans le garage.

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La sensation m'ennivre. C'est comme une renaissance, dans un corps ayant déjà un vécu. Je cours tranquillement, mes poumons s'enflamment, mais je sens une habitude dans la chose. Je cours, trop vite pour ce que mes jambes d'homme m'ont laissé croire, je prends un élan... je saute en avant, par test. Mon dos heurte la canalisation. Je peux faire un bond relatif à mon être gargantuesque. Oh, mais voilé déjà la fin de la grille. Il fait sombre à l'intérieur. Mais je vois malgré tout. Des yeux rompus au noir ambiant. Mon ouïe joue aussi. Tout ici est affûté. Presque parfait. La fin de la grille signe le moment d'un saut complet. Je cours d'autant plus. je vais à une vitesse folle... presque en état de voler... je saute... bigre... j'atterris sur un gros container. Merveilleux ! Un bond de deux mètres. Je m'agrippe à ce que je peux, j'en descends, à pas feutrés. Silencieux comme une Ombre.

Petit rat se glisse jusque l'autre côté de la serrure. Des vis. Mais rien d'apparent. Il doit bien y avoir une commande d'ouverture générale. Un bouton, rouge, en haut d'une passerelle. Ce n'est pas comme ça dans les fictions ? Après tout, la fiction s'approprie avant tout la réalité. Il doit bien y avoir un bouton rouge quelque part qui ouvre tout. Une commande d'urgence, n'importe quoi. Les Sith utilisent des portes sans verrou, pour se la péter avec la Force. Mais les techniciens, eux, ont besoin d'un bouton. Je grimpe des escaliers, bond par bond, je m'efforce de marcher sur les tranches d'un sol ajouré de points multiples. Pas facile les grillages quand on a leur taille ! Bien que j'eus honte de l'avouer, je suis tombé au travers. Deux fois. J'ai du remonter, bond par bond, les escaliers et recommencer jusqu'à atteindre une surface plus sombre. Une sorte de cabine avec un paravent pour faire genre. Le plus dur après, c'était de grimper jusqu'au commandes. Me servant de mes pattes comme d'étaus, j'entrepris une montée en rappel sur la tranche du paravent avant de sauter latérallement. C'était pathétique comme saut, et je dus m'y reprendre plusieurs fois. Malgré les chutes, dont la hauteur faisaient bien 30 fois ma taille - comme si je tombais de 100 mètres sous mon enveloppe natale - je ne sentais qu'une brève douleur vite passée. Trois boutons, qui semblaient relativement monochromes. Dans le doute, je pesais de mon poids suir les trois. Le troisième fit s'ouvrir le hangar en grand, coulissant sans mal. Hourra.

Je sortis par le devant sans m'arrêter, contournais le bâtiment, et rejoignais mon moi d'origine. Bien. Et maintenant ? Comment rompre le charme ?




Je m'étais mordu. Mon enveloppe ne réagissait pas. J'étais là, agenouillé, statique, comme une poupée d'argile habillée avec des vêtements trops humains pour elle. La nuit était tombé, et je commençais à ressentir la faim. La tentation primale m'encourageait à manger l'humain devant moi. Il était immobile, autant en profiter. C'est ce que je mange après tout. Je cours un peu au loin, dans l'espoir de pinailler un peu de nourriture. Il y avait une réserve de pâte nutritive. Deux bouchées et on repart. L'entrée se faisait par la gouttière transversale qui allait presque directement à une grille d'aération donnant directement à l'intérieur. Je m'y glissais prestemment. Un squelette avait le corps à demi coincé sous une tôle en bon état. la t^te était à côté, mais un peu détachée. La tôle donnait place à la pluie pour s'agyer et recréer un semblant de vie, la mousse et quelques organismes fongiques et bactériologiques s'étant développé autour du beau cadavre, comme un petit décor champêtre. Sur le bureau étaient éventrés des dizaines de pâtes sous film qui avait constitué mon vieux garde-manger. Je passais près du dormeur et sautait sur la chaise déguindée qui avait du accueillir son Sithal séant. La petite collation terminée, je devais songer à dormir. Je me roulais en boule dans une pile de couvertures près d'un coin de la pièce. C'est que j'avais sommeil...




En me réveillant, quand le soleil était déjà assez haut dans le ciel, je me sentais tout courbaturé. Pour une raison bizarre, j'étais à genoux. Misère, mais oui ! Le charme avait du se rompre avec les deux esprits au repos. Bon à savoir. A y réfléchir, c'était à croire que j'allais devenir rat pour le restant de mes jours. Je constatais en me relevant que j'avais une douleur lancinante à mon mollet. Du sang en coulait en filets réguliers. Des traces de petites morsures. Et à mes pieds, un petit rats, le museau tout rouge.

Tu exagères ! Je n'étais même pas mort !


Le rat couina doucement et baissa la tête. Il semblait honteux. Je soupirais, tendit ma main devant lui. Il s'y nicha, et je le plaçais sur mon épaule, avant de songer à aller vers ce fameux garage.

On a fait du bon travail hier soir, tu ne trouves pas ?


Couinements rapides. Il semble d'accord. Enfin, ce garage, ouvert ! Je me plantais devant, un air triomphant sur le visage. Et je me laissais à jurer un bon coup.

Hormis les containers, il était complètement vide.
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#34937
Eau, rage, désespoir ! La pluie tombait à gouttes alourdies sur mon caftan élimé. La capuche posée à plat sur mon nez rabougri, plongé dans une ombre qui ne cessait de me suivre, je restais là, planté devant un local qui portait l'espoir de matériel de travail. Quel intérêt que tout cela, pour rien ? Devais-je me résoudre à autre chose, à l'expérience de mes mains, dans des objets que je devais confectionner de la nature ? L'éclair me traversa la tête comme une douleur vive traversait mes os. « De mes mains, propres, je peux bâtir l'ensemble qui me servira à Son dessein... » Il fallait l'imaginer pour le concrétiser. Un trajet pour rien ? Non. J'en tirais un enseignement important. Celui de ne pas se reposer sur la croyance erronée que tout pouvait m'être acquis. « Sens-tu cette pluie ? Elle est celle qui nous lave de nos péchés. » Comme à la réponse d'un appel, je portais mes bras en croix, crucifié mort-vivant posé au milieu de ruines inutiles. « J'accomplis Ta volonté, Ô Seigneur, Maître des Âges et des Choses ! » Le caftan tiré sur moi, je développais d'un coup l'habit de ma main habituée, laissé à glisser dans une flaque de boue naissante, mes pieds à nus sur les chardons, les gravats éventrés, le fer en lamelles coupantes et les insectes retors qui accueillaient le visiteur avec égard. Dans ma nudité la plus totale, corps offert aux éléments, je tombais, pour la première fois, à genoux, pleurant de reconnaissance. « Vous m'avez montré le poids de ma vanité ! Ô Seigneur, merci ! Béni soit-Il ! Loué soit le Côté Obscur, Le Grand Manipulateur ! » Mais cela n'allait pas sans peine. Pouvais-je accepter de lui servir d'esclave, encore, si je ne me repentais point ? Fais pénitence, et attire sur toi les maléfices des pouvoirs qui te sont donnés. « Que Votre Volonté soit faite ! L'Humilité par l'Humiliation ! Punissez-moi, par ma Force, punissez-moi ! » Et par ma Force, je convoquais un à un les esprits qui m'entouraient. Curieux d'abord, la dilution de ma Force n'attira aucun effet notable sur la masse.

« Donnez-moi la Puissance nécessaire à ma punition... » Il me restait à prier. Prier que je sois en phase avec Le Seigneur. Que ma Force serve à Son Dessein... « La Force, pour l'humilité... Point, l'humiliation... A moi, les bénéfices de la douleur... Donnez-moi, donnez-moi, offrez-moi, que Votre Volonté soit faite ! » Et c'est ainsi que je sentis mes doigts piquer. Une dizaine d'aiguilles, posées à bout de mes doigts, glissèrent sous mes ongles, et déchiquetèrent la peau, s'enfonçant d'une longueur de frissons glacés jusque dans mes coudes... Comme autant de traits armés aux arbalètes, je déchargeais ce qu'Il me donnait de rage, de haine, de tout ! Et de la curiosité, je sentis que l'on m'offrait plus encore. L'obéissance ! Le rat, mon ami, sommeillait de son corps face à moi, son museau reniflant les relents qui se dégageaient à mon devant, ses moustaches se trémoussant d'incompréhension. Que faisais-je là, étendu ainsi dans la boue, maintenant tête plongée dans la terre, où je ne pouvais respirer qu'en mangeant de la terre salie, souillée de tant de choses ? Comment pouvais-je supporter d'être à bas, devant un Rat que je venais à peine de rencontrer ?

Et, pourquoi me laisser me dévorer le dos, par cette horde de rats, qui n'avaient pour maître que Sa volonté à travers moi ?






Je repris conscience au milieu de la nuit. La Lune pointait haut, la pluie avait cessé, et la boue était rêche sous mon corps nu. Mon estomac cria famine, et ma tête tourna quand je me redressais. Je compris à l'état de mes doigts que j'étais resté là des jours durant. De la peau en lambeau s'éparpillait autour de moi. Et des rats. Morts, par centaines. Le museau sec de sang, les regards vides, tournés sur le côté, les queues ne battant plus le sol depuis que je m'étais allongé. Je tâtais alors mon dos. Hormis les croûtes qui indiquaient une vilaine plaie, je ne sentis rien. C'en était trop. Etait-ce là ma vie ? Etait-ce là ma servitude ? Comment pouvais-je savoir pourquoi on s'acharnait ainsi ? Comment pouvais-je savoir que Sorzus Syn m'en voulait encore ? « MAÎTRE ! Je vous ai offert ma foi ! Je vous ai donné mon existence ! Pourquoi ? Pourquoi refuser ma mort ! » Les bras, pendus à mon torse, levés en plein ciel, prenant la Lune en coupe, témoin muette et narquoise de mon désarrois... Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette complicité si insupportable ? Il fallait qu'il m'écoute, qu'il m'entende, me réponde ! Pourquoi ?! « MAÎÎÎÎÎÎÎÎÎTRE ! » Puis, il fusa. Un trait violet, partit de mon bras revenu à la charge, avant qu'il ne soit relancé aux cieux, dernière série de plaintes avant l'effondrement. La cime d'un arbre rencontra la chose, énergie froide née de mon émoi. Le bois éclata sous l'impact, et le sommet tomba au fil des branches du dessous. « Oh... Mais bien sûr. » Il remercia de nouveau le ciel. Son maître répondait à son appel. Il devait vivre... Parce qu'il devait porter un message.

Qu'il en soit ainsi.

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